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  • il y a 2 jours
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Michel Barnier, député LR de Paris et ancien Premier Ministre.

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Transcription
00:00Bonjour Monsieur le Premier Ministre, merci d'avoir accepté l'invitation des 4 V1.
00:06Conseil de Défense est réuni en ce moment depuis quelques minutes à l'Elysée.
00:11Des militaires français sont en route pour le Groenland en vue, je cite le message du Président de la République sur X,
00:17en vue d'éventuelles contributions militaires destinées à soutenir le Danemark.
00:23Est-ce que nous nous apprêtons, nous Européens, nous Français, à défendre militairement cette île du Nord ?
00:30On doit être prêt à jouer notre rôle de membre de l'OTAN et de pays européens.
00:35Contre un autre pays de l'OTAN ?
00:37Je ne sais pas ce qui va se passer, même si Monsieur Trump fait toujours ce qu'il dit, il est parfois imprévisible.
00:42Vous savez d'abord, Monsieur Bernstein, nous sommes dans un monde de plus en plus dangereux, instable, injuste,
00:47on le voit en Iran, on le voit en Ukraine, on le voit un peu partout dans le monde.
00:51Dans ce monde-là, plus personne ne nous attend, nous Français ou nous Européens.
00:55Donc c'est à nous de prendre notre place ou de la reprendre et de nous organiser.
00:59S'agissant de Groenland, ce qui se passe est insensé.
01:03Si c'est une question de sécurité pour Monsieur Trump et Monsieur Vance, nous sommes dans l'OTAN,
01:08et l'OTAN doit jouer son rôle, c'est ce que veut dire sans doute ce Conseil de défense.
01:11Et à la demande du Danemark, pays membre de l'OTAN et puis membre de l'Union Européenne,
01:15nous pouvons envoyer des troupes, en tout cas des experts ou des militaires,
01:19pour préparer une opération de planification.
01:21Le seul pays qui peut poser un problème dans cette région, c'est la Russie actuellement.
01:24Et donc, il faut être prêt à préserver l'intégrité du territoire du Groenland et à assurer la sécurité.
01:31Ça veut dire qu'il faut être prêt à défendre, je repose, mais il faut-il être prêt à défendre militairement, éventuellement, le Groenland ?
01:38Ça paraît fou, mais quand on voit que des militaires de différents pays partent sur zone...
01:42Les militaires, les sous-marins, les bateaux, ils viennent de la Russie, dans cette région.
01:46Donc, il faut être prêt à se protéger.
01:48Contre la Russie, pas contre les États-Unis ?
01:50Je n'imagine pas que les États-Unis, que M. Trump fasse cette folie d'attaquer un pays membre de l'OTAN.
01:57Parce que, qu'est-ce qui se passerait, M. Bonnevalle, pour dire les choses très clairement ?
02:00Il ferait, M. Trump, exploser l'Alliance Atlantique.
02:04Il mettrait fin à la toute forme de coopération en Atlantique.
02:06Il y a beaucoup de choses qu'on n'imaginait pas, qu'il a fini par faire.
02:09C'est pour ça qu'il faut être prêt et lui montrer la détermination des pays européens.
02:12Et ce que nous ne ferons pas, nous, pour l'Europe, pour notre sécurité, pour notre économie,
02:16pour notre industrie, pour notre agriculture, personne ne viendra le faire à d'autres places.
02:19Personne. Donc, c'est le moment de s'en apercevoir.
02:21Mais si Donald Trump veut le Danemark et tout laisse à penser qu'il veut le Danemark,
02:25on se dit qu'il l'aura.
02:26Il ne peut pas avoir le Danemark.
02:27Dont il est question, c'est le Groenland, ce n'est pas le Danemark.
02:30Le Groenland, pardon, le Groenland. Excusez-moi, c'est un lapsus.
02:33S'il veut le Groenland, évidemment, il l'aura.
02:35Mais je ne crois pas que tout soit possible.
02:36Je ne crois pas que le Groenland soit à acheter.
02:39D'ailleurs, les Groenlandais le disent eux-mêmes.
02:41Et je pense que M. Trump devrait, peut-être encouragé par le Congrès américain
02:45et par beaucoup de responsables démocrates et républicains aux États-Unis
02:47qui commencent à s'inquiéter,
02:49ferait bien de se rendre compte que,
02:51à force d'être agressif à l'égard de l'Union européenne,
02:54il va perdre ses meilleurs amis, ses meilleurs alliés
02:56et rendre la situation des Américains beaucoup plus difficile.
02:58Vous savez, c'est la première fois, je le dis à ceux qui nous écoutent,
03:01depuis 60 ans,
03:02que des deux côtés, Est et Ouest,
03:04nous avons deux puissances, les Russies d'un côté,
03:06qui veulent détruire l'Union européenne.
03:08Donc c'est à nous de mesurer
03:09que nous sommes dans une situation vitale pour nous
03:12et de défendre nos intérêts.
03:13Et d'abord, bien sûr, on doit agiter
03:16les droits de l'homme,
03:17la charte des Nations unies,
03:19défendre les valeurs et l'état de droit.
03:22Et nous devons le faire, c'est notre responsabilité.
03:24Mais nous devons aussi défendre nos intérêts
03:25et ne plus avoir de complexe pour les défendre,
03:27parce que ni les Chinois, ni les Russes, ni les Américains
03:29ont de complexes pour défendre leurs intérêts.
03:31– Alors vous avez parlé de droits de l'homme,
03:32il y a un endroit où ils sont bafoués, c'est l'Iran.
03:35On ne sait pas trop où ça en est.
03:37Là, il semble que les représailles massives aient cessé,
03:40c'est ce qu'a dit le président Trump.
03:41Quelle doit être l'attitude de l'Union européenne ?
03:43– D'abord la solidarité,
03:45avec ce peuple formidable de courage,
03:48les femmes en particulier en Iran,
03:49et depuis de longues années,
03:51contre cette dictature islamiste.
03:52Donc il faut marquer notre solidarité par tous les moyens,
03:56et puis dire aux Iraniens
03:57qu'ils vont subir des sanctions.
04:01Vous savez, l'Iran est un très grand pays,
04:03est un très grand peuple, très ancien,
04:05et depuis des dizaines d'années,
04:07ce régime utilise son influence extérieure
04:09pour consolider sa base intérieure,
04:12créer un certainement patriotique et nationaliste.
04:15Or depuis quelques mois,
04:16et depuis quelques années,
04:17son influence extérieure diminue.
04:18On l'a vu en Syrie,
04:19on l'a vu au Liban,
04:22on le voit avec l'affaire nucléaire,
04:24donc il se replie, il se recroqueville,
04:26il se tend, et c'est ce qui explique cette tragédie
04:28de plusieurs milliers de jeunes,
04:30de familles, d'enfants
04:31qui ont été assassinés par ce régime.
04:33Donc il faut soutenir ce peuple.
04:36Retour en France.
04:37Le Premier ministre doit-il,
04:38pour donner un budget à la France,
04:40dégainer vite le 49-3,
04:43voire les ordonnances ?
04:45Évidemment qu'il faut agir vite maintenant,
04:46ça suffit.
04:47Il y a une fatigue générale,
04:49une lassitude,
04:49les Français ne comprennent plus
04:50ce qui se passe à l'Assemblée nationale.
04:53Moi-même qui suis revenu dans cette Assemblée,
04:55comme député de Paris,
04:58je constate une ambiance
05:00qui a beaucoup changé,
05:01parfois même une ambiance à peu près
05:02insurrectionnelle
05:03entre l'extrême droite et l'extrême gauche.
05:05Je trouve que la situation est très grave.
05:07Elle est d'autant plus grave
05:08qu'elle est décalée
05:08par rapport à ce qu'attendent
05:09les Français sur le terrain.
05:11On est à la veille des élections municipales
05:12dans les communes,
05:13on sait s'entendre,
05:14on sait se mettre d'accord même
05:15si on n'a pas les mêmes opinions.
05:16Et encore plus décalée
05:18par rapport à ce qui se passe
05:18autour de nous dans le monde.
05:20Le débat est totalement hexagonal.
05:21Donc il est temps que ça se termine.
05:23Il faut que le Premier ministre
05:24prenne sa responsabilité.
05:25Ça veut dire ?
05:26Ça veut dire pour moi,
05:27j'ai regretté qu'il annonce
05:28qu'il n'utiliserait pas le 49-3.
05:30On peut laisser le débat se dérouler.
05:31Je l'ai fait comme Premier ministre
05:33l'année dernière.
05:34Et puis à un moment donné,
05:34on dit ça suffit.
05:35Et il faut surtout éviter
05:36que le Parti socialiste
05:38continue son chantage.
05:39Parce qu'on a déjà payé.
05:40Les Français ont payé
05:41avec le projet de loi
05:42sur la Sécurité sociale.
05:43On a reporté des réformes.
05:45Vous savez, moi,
05:46je pense que le sujet maintenant,
05:47c'est de penser à la prochaine génération,
05:49pas seulement à la prochaine élection.
05:50penser à la prochaine génération.
05:52On ne peut pas tout reporter
05:53sur les jeunes de ce pays.
05:55Un 49-3,
05:55ça veut dire un accord de non-censure.
05:58Et ça veut donc dire
05:58qu'il faut traiter,
05:59comme on dit, le Parti socialiste.
06:00On peut discuter avec lui.
06:01Le gouvernement ne peut pas faire
06:02sans le Parti socialiste.
06:02Mais il a déjà commencé à le faire.
06:04Et même au-delà,
06:05puisque je ne vous ai parlé de chantage.
06:07Donc il faut qu'on discute
06:08avec tous ceux qui sont prêts
06:09à éviter une censure
06:10et à encourager l'instabilité.
06:13Mais le Parti socialiste
06:14doit être aussi à la hauteur.
06:15Il n'a pas été à la hauteur
06:16l'année dernière
06:17en ce qui me concerne.
06:17Il faut qu'il le soit maintenant.
06:19Et qu'au bout d'un certain temps,
06:20la discussion a eu lieu.
06:21Ils ont obtenu beaucoup.
06:23On a augmenté à nouveau les déficits.
06:25On a reporté des réformes
06:26sur les générations futures.
06:28Il faut que ça s'arrête
06:29et qu'on ait un budget
06:31et qu'on prépare aussi
06:32les enjeux de demain
06:34qui sont extrêmement graves.
06:35Vous le voyez,
06:35le courage de la réforme
06:36et puis une présence internationale.
06:39Ce que j'ai appris de vous,
06:40c'est un livre
06:40que vous avez fait paraître
06:41il y a quelques mois
06:42chez Calman-Lévy
06:43où vous relatez 120 expériences.
06:46Vous avez une immense expérience.
06:47Vous avez à peu près tout fait.
06:48Premier ministre,
06:49ministre des Affaires étrangères.
06:51Par ailleurs,
06:51personne ne se détache à droite.
06:53Le match n'est pas plié.
06:54La période appelle
06:56des hommes ou des femmes
06:56d'expérience.
06:57Barnier, président.
06:59Est-ce que c'est possible ?
07:00Est-ce que vous en avez envie ?
07:01Si, mais la question,
07:02si vous la personnalisez,
07:04elle est encore plus difficile.
07:05La règle...
07:06Oui, mais à un moment,
07:06il faut un ou une président.
07:07Ce n'est pas un collectif
07:08qui est président.
07:09Je réponds à votre question.
07:10Ce moment n'est pas venu.
07:10Le moment est maintenant
07:11de travailler sur un projet politique.
07:13C'est ce qu'attendent
07:13les gens qui nous écoutent.
07:17J'ai envie d'y travailler.
07:19Et puis ensuite,
07:19il faut se battre
07:20pour un candidat commun
07:21ou unique de la droite
07:22et du centre.
07:23C'est la seule clé
07:23pour être présent au premier tour,
07:26en deuxième ou première position
07:28et être gagnant au deuxième tour.
07:30On n'y est pas.
07:31Donc moi,
07:31je veux travailler
07:32au projet politique,
07:33à un projet courageux,
07:34tenace.
07:34Il faudra du courage
07:35pour gouverner ce pays.
07:36Et puis, à l'unité.
07:38Et puis, le moment viendra
07:39de répondre aux questions
07:39que vous posez.
07:40Mais moi, je pense que
07:41tous les candidats
07:42devront se poser trois questions.
07:43Est-ce que je suis capable
07:44d'être président de la République ?
07:46C'est une question importante.
07:46par respect pour les Français.
07:48Est-ce que j'ai le bon projet ?
07:50Est-ce que je rassemble
07:51au-delà de mon camp
07:52et de mon propre parti ?
07:53Le moment n'est pas venu
07:54et je n'ai pas toutes les réponses
07:55à ces questions.
07:55Ça ressemble quand même
07:56à un autoportrait.
07:58Merci beaucoup,
07:58monsieur le Premier ministre,
07:59d'être venu au 4V.
08:01Très bonne journée à tous.
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