00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Patrick Roger.
00:047h13, c'est à la une.
00:07Après le grand déballage dans l'affaire Epstein,
00:09vous avez vu des noms de personnalités jetés en pâture
00:12et les liens aussi avec Jack Lang qui s'est un peu expliqué hier.
00:17Est-ce que la justice française doit ouvrir une nouvelle enquête ?
00:20Nous sommes avec Omaira Cellier, présidente d'Innocence en danger,
00:25porte-voix des victimes françaises d'Epstein.
00:28Bonjour à vous.
00:30Bonjour, est-ce que vous permettez que je corrige quelque chose ?
00:33Je ne suis pas la porte-voix des victimes.
00:35Oui, oui, vous êtes ?
00:36Je suis la présidente d'Innocence en danger
00:38et j'ai mené une action en 2019 dans cette affaire.
00:43Mais dire que je suis la porte-voix des victimes françaises n'est pas exact.
00:47D'accord, d'accord, d'accord.
00:48Présidente d'Innocence en danger ?
00:50Non mais parce que, évidemment, vous travaillez sur ce dossier.
00:53Parce que, ce qu'il faut dire, c'est qu'il y a eu une première enquête,
00:59puisqu'il y avait eu Jean-Luc Brunel, un agent de mannequin français,
01:04proche de Jeffrey Epstein, qui avait été accusé de violences sexuelles.
01:09Il s'est depuis d'ailleurs suicidé.
01:11Et c'est là où il y a déjà eu des actions qui avaient été entamées.
01:15C'est ça ?
01:16J'avais reçu une information d'une journaliste enquêtrice américaine
01:23me dire que Jeffrey Epstein avait pris son avion,
01:29avait atterri à Paris,
01:30et que cet homme dont je ne connaissais pas le nom à l'époque
01:33est un délinquant sexuel
01:35et devrait normalement porter un bracelet électronique,
01:38qu'il est à Paris et qu'il a un appartement ici.
01:41Donc j'ai effectivement écrit une lettre au procureur de la République
01:47parce que je n'imagine pas que les prédateurs
01:50laissent derrière eux, dans une autre frontière,
01:54leurs habitudes de ce type d'activité.
01:59Et donc il y a eu une enquête, effectivement.
02:02On savait à l'époque qu'Epstein avait un partenaire,
02:06je ne sais pas comment l'appeler,
02:07un partenaire ami, etc.,
02:09qui s'appelait Jean-Luc Brunel,
02:12et qui n'est plus là.
02:14Donc l'enquête s'est arrêtée malheureusement,
02:17l'action publique s'est arrêtée malheureusement,
02:19au décès de cet homme.
02:21Oui, c'est ça.
02:22Et là, avec ce grand déballage,
02:26des millions de documents,
02:27trois millions de pages et de photos,
02:30ce week-end révélé, etc.
02:32Alors, il y a de tout,
02:34y compris des conversations, en fait,
02:37sur des affaires du business, etc.
02:39Mais il y a plein de noms qui apparaissent.
02:41Est-ce que vous...
02:41Et notamment aussi les liens avec Jack Lang,
02:44je le disais,
02:45sa fille qui a démissionné du syndicat des producteurs indépendants avant-hier.
02:49Est-ce que vous demandez, aujourd'hui,
02:51à la justice française,
02:53d'ouvrir une enquête en France ?
02:56Ah oui, tout à fait.
02:57Je trouve que ne pas le faire serait ne pas permettre aux Français et aux victimes
03:04qui sont sur le sol français aujourd'hui,
03:07ou étaient à l'époque, au moment des faits,
03:10d'avoir une petite lueur,
03:14une lueur d'espoir, de justice,
03:16de savoir qui a fait quoi,
03:18quelles étaient les complicités,
03:20qui a couvert quoi.
03:21Il y a beaucoup de questions qui devraient se poser,
03:24autant aux Etats-Unis qu'en France.
03:26Donc j'espère qu'il y aura...
03:29Que l'enquête se rouvrira, absolument.
03:32Mais alors, pour qu'il y ait ouverture d'une enquête,
03:34il faut aussi qu'il y ait une plainte.
03:36Alors la justice peut s'en saisir.
03:38Sur quel motif ?
03:39Est-ce que vous, par exemple,
03:40vous allez essayer
03:42de pousser la justice
03:44à ouvrir cette enquête ?
03:46Écoutez, nous sommes en train de réfléchir
03:48à une action, effectivement,
03:51avec notre équipe d'avocats,
03:53parce que je pense qu'il faut arrêter
03:55de vouloir que les victimes parlent.
03:58Les victimes, à l'époque,
03:59j'avais fait des appels aux victimes, etc.
04:01Il n'y a aucune raison
04:03qu'on mette les victimes en avant
04:06alors qu'on ne va pas faire d'enquête.
04:08Vous vous rendez compte ?
04:09À l'époque, j'avais fait un appel à témoins
04:11et heureusement pour elles,
04:14les victimes, à l'époque,
04:16n'ont pas souhaité parler publiquement
04:19parce que quelques mois après,
04:21l'enquête s'est arrêtée.
04:22On ne peut pas faire ça aux victimes.
04:25On ne peut pas faire ça.
04:27Donc oui, je pense qu'il faudrait
04:28qu'il y ait une enquête
04:29sur les autres aspects
04:31pour savoir qui a fait quoi,
04:33pourquoi, etc.
04:34Parce qu'il y a plus de noms de Français
04:37que Jacques Lang et sa fille.
04:39Il y en a d'autres.
04:39Donc il faut qu'il y ait une enquête, bien sûr.
04:42Il faut qu'il y ait une enquête
04:43de la part de la justice.
04:45Est-ce que vous, depuis ce week-end,
04:47avec cette nouvelle révélation,
04:48vous avez eu des contacts
04:50de personnes qui travaillaient déjà
04:52ou qui étaient sur le dossier
04:53ou alors vous avez parlé de victimes
04:55puisqu'il y avait eu des mannequins français
04:57concernés avec Jean-Luc Grenelle
04:58qui vous ont appelé pour dire
05:00il faut qu'on fasse quelque chose.
05:03Écoutez, les victimes,
05:05je les laisse de côté.
05:06Les victimes ne m'ont pas contacté.
05:08Et je trouve ça normal.
05:11Et j'insiste pour dire que
05:13même s'il y a des révélations
05:16qui ont été faites effectivement
05:18des milliers de pages,
05:20ce que je reproche à la justice américaine
05:23c'est de ne pas avoir masqué
05:24le nom des victimes
05:26mais avoir masqué
05:28quelques noms de personnes
05:30qui sont probablement des acteurs de crimes.
05:33Et dans la même prolongation,
05:36il faut laisser les victimes tranquilles
05:38parce qu'elles ont assez
05:40payé le prix des incompétences,
05:44des corruptions, etc.
05:47Il faut ouvrir une enquête
05:49sur les complicités.
05:50Vous savez, par exemple,
05:52Brunel, il avait une agence de mannequins.
05:56Je sais qu'il est mort.
05:57Je sais qu'il est mort.
05:59Mais aujourd'hui, on dit
06:00qu'il y avait beaucoup de victimes
06:03qui étaient des pays balcans.
06:05Pour moi, dans ma logique,
06:08je ne suis pas enquêtrice
06:10mais je dis simplement
06:11qu'à l'époque,
06:13aucune personne de ces pays-là
06:16ne pouvait obtenir de visa
06:18pour aller aux Etats-Unis.
06:20Donc pour moi, le chemin était
06:22leur pays,
06:24un des pays de l'Est,
06:26Paris, Paris, Etats-Unis.
06:29Mais il y a les vols privés,
06:31on a les jetlogs des avions
06:35et des vols.
06:35Mais pourquoi est-ce qu'on ne les étudie pas ?
06:37Il y avait des vidéos partout
06:39dans son appartement,
06:40à l'extérieur de son appartement.
06:43Mais où sont-elles, ces vidéos ?
06:45Pourquoi est-ce qu'on ne les a pas utilisées
06:47à l'époque ?
06:48Et qu'est-ce qu'on attend
06:49pour le faire aujourd'hui ?
06:50Donc voilà, vous demandez effectivement
06:53à ce qu'il y ait
06:56une enquête
06:57pour essayer d'éclairer
07:00un peu les choses
07:01et ne pas laisser
07:02l'air du soupçon complet
07:04qui nourrit
07:05une forme de complotisme
07:07général autour de ça.
07:10Alors que là, on pourrait savoir
07:10un petit peu plus clairement
07:11ce qui s'est passé.
07:12Parce qu'il y a forcément,
07:13de toute manière,
07:14on le voit,
07:15un certain nombre de choses
07:16et de faits
07:16qui ont déjà été établies
07:18qui ont conduit
07:19à la mort déjà aussi
07:20de Brunel
07:21et puis de Epstein aussi
07:22qui est mort.
07:24Merci Omaïra Cellier,
07:26donc présidente,
07:27je le rappelle,
07:27d'Innocence en danger.
07:29Vous travaillez depuis des années
07:30pour la protection de l'enfance.
07:31Merci d'avoir été avec nous
07:32ce matin
07:33en direct sur Sud Radio.
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