00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:05Toujours accompagné et bien accompagné par Adrien Matou de Marianne et Louis Ozelter du Figaro,
00:10685 occurrences, 685 fois le nom de Jack Lang dans les Epstein Files,
00:18sur différentes occurrences et notamment cette photo que vous avez peut-être vue sur les écrans de télévision
00:25qui est disponible aussi sur notre site europe1.fr où l'on voit devant la pyramide du Louvre,
00:30Jack Lang avec Jeffrey Epstein.
00:33Écoutez la tentative, je dis bien la tentative de défense de Jack Lang,
00:39c'était ce matin face à Marc-Olivier Fogel sur RTL.
00:43Je ne l'ai pas connu comme prédateur sexuel.
00:46Je ne savais pas, écoutez, je n'étais pas l'œil tourné vers les jurisprudences américaines.
00:51Aujourd'hui on a tendance à, pour des raisons justifiées,
00:55les crimes qu'il a commis qui ont été révélés ultérieurement.
00:58On a tendance à oublier que cet homme était un homme, que j'ai connu en tout cas,
01:04un homme cultivé, passionné d'art, passionné de culture.
01:08J'ai eu la chance dans ma vie de rencontrer beaucoup de gens comme lui.
01:11Quand on sait que quelqu'un est un pédo criminel, on ne peut pas devenir son ami.
01:15C'est grotesque.
01:16Alors, c'est évidemment un collage, entre guillemets, de plusieurs séquences de cette interview avec Marc-Olivier Fogel ce matin.
01:27Et là, à la fin, quand il dit, c'est quand on lui repose la question,
01:31mais est-ce qu'aujourd'hui, si vous étiez au courant, parce qu'il passe toute l'interview à dire que non,
01:35qu'il ne savait pas que c'était un pédo criminel, un criminel sexuel,
01:42et qu'ici, aujourd'hui, vous saviez, est-ce que vous auriez les mêmes relations ?
01:46Eh bien, c'est complètement absurde.
01:49Cela dit, comment Louis Osalter vous appréciez,
01:53j'allais dire, à la fois le fond et aussi la forme de cette interview ?
01:58On a l'impression que Jack Lang n'est pas sur un ton méprisant,
02:02mais en tout cas, il survole un peu.
02:05Il se demande pourquoi est-ce qu'il doit répondre à ces questions.
02:07Oui, il a l'air un petit peu surpris qu'on lui demande autant de comptes
02:12sur les liens qu'il avait avec Epstein.
02:14Et en fait, je crois qu'il ne mesure pas à quel point ce genre d'affaires
02:18est une déflagration, fait des dégâts considérables dans l'opinion publique,
02:23qui, en plus, c'est l'opinion publique mondiale.
02:25Parce que là, ce que réalise l'opinion publique mondiale,
02:27les habitants de tout l'Occident, voire du monde entier,
02:30parce que les ramifications du réseau d'Epstein allaient jusqu'à l'Inde.
02:34Il y a un proche du président Andi Amodi qui est mis en cause.
02:36Alors, ce n'est pas parce que le nom est cité qu'il y a forcément une affaire.
02:40Attention, on est prudent sur l'opinion.
02:42C'est pour ça que dans cette affaire, même pour nous journalistes,
02:45c'est compliqué, parce que si on n'en parle pas,
02:48évidemment, on est coupable, et ce serait évidemment un tort de ne pas en parler,
02:52parce qu'on nous soupçonnerait, à raison,
02:53de vouloir couvrir des agissements graves ou des possibles connexions graves.
02:59Mais il faut en parler prudemment,
03:01parce que la matière dont nous disposons,
03:03ce sont des millions et des millions de documents bruts,
03:06révélés d'ailleurs par le ministère de la Justice américain,
03:10sous la pression d'opposants à Donald Trump,
03:12révélés de manière parfois très problématique pour les victimes,
03:16puisque certains n'ont pas été anonymisés,
03:18ni certaines photos floutées,
03:20ce qui est donc une deuxième violence qui est faite aux victimes de ce pédocrimineux.
03:23Dont l'ambassadeur anglais envoie en petite tenue avec une dame en peignoire.
03:28Et lui-même, c'est plus grave,
03:29il est soupçonné d'avoir transmis des informations confidentielles
03:31sur la sécurité du Royaume-Uni à Epstein.
03:33C'est pour ça qu'il y a les agissements pédocriminels d'une part,
03:35d'Epstein et éventuellement d'autres,
03:37et puis il y a ces liens, ces simples messages échangés
03:40entre lui et des connexions qu'il avait dans énormément de pays,
03:43dont la France, dont Jacques Lang.
03:45Voilà, donc le danger, évidemment, c'est de mélanger tout ça,
03:47d'impliquer tout le monde,
03:49et de rejoindre les théories conspirationnistes
03:52sur le fameux complot pédocriminel mondial.
03:54Et en même temps, il faut s'intéresser à cette affaire
03:56et à ce qu'elle produit.
03:58Parce que ce qu'elle raconte,
03:59c'est quand même l'existence d'une élite internationale
04:02qui interagit entre elles de manière très décomplexée,
04:05qui est aussi à l'aise à Paris, à Dubaï, à New York,
04:07que dans la fameuse île où Epstein invité faisait apparemment des fêtes
04:11qui avaient des dessous un petit peu sordides parfois.
04:15Ai-je cru comprendre ?
04:17Donc ça conforte cette opinion,
04:20et d'ailleurs ça la documente,
04:21ça conforte cette opinion qu'il y a une élite
04:23qui se croit au-dessus des pays et au-dessus des lois,
04:27et qui se croit autorisé.
04:28Ce n'était pas les soirées bonga-bonga
04:29de notre ami italien, mais...
04:32On est sur une échelle un peu plus planétaire là-dedans.
04:34Mais ça accrédite ça, et je pense que ça fait des dégâts immenses
04:37dans la relation qu'ont les pays à leurs élites.
04:40Alors en tout cas, tout à l'heure,
04:41William Molinier nous a dressé les quelques lignes,
04:45ou en tout cas les choses qu'on a pu trouver dans les Epstein files
04:47concernant Jack Lang, avec notamment des échanges.
04:51L'ancien ministre de la Culture fait parvenir un texte
04:54dans lequel il livre une réflexion sur une méthode d'éducation libérale.
04:57L'enfant, écrit Jack Lang, doit prendre conscience de son propre corps,
05:01acquérir force physique et beauté.
05:03Réponse de Epstein.
05:06Faut-il l'initier ?
05:07L'enfant à la religion ?
05:08Nouvelle sexualité ?
05:09Le tester ?
05:10À quelle fréquence ?
05:11Voilà ce qu'on peut retrouver dans ses files, dans ses dossiers.
05:15Et également, en 2017, le financier prête son avion à l'ancien ministre
05:21pour se rendre au Maroc.
05:23Voilà une série d'échanges autour de la vente d'un Riyad à Marrakech.
05:27Adrien Matou.
05:28Écoutez, je vais quand même être extrêmement prudent,
05:31parce que, comme le dit Louis,
05:33le problème, c'est qu'on ne peut pas commencer à dire
05:36que chaque personne qui a été en lien avec Epstein a participé avec lui.
05:39Non, il y a Mick Jagger aussi, par exemple, dans un autre genre.
05:41Ça, ce serait l'extrême.
05:43Les réseaux conspirationnistes qui pensent que chaque personne,
05:46membre du showbiz, est impliquée dans les orgies pédophiles, non.
05:49En revanche, ce qu'on peut dire, en tout cas à ce stade sur Jack Lang,
05:53c'est que, visiblement, il avait des liens plus étroits
05:56que la plupart des personnes qui sont citées pour l'instant dans ces fichiers.
06:01Ils ne pouvaient pas, en tout cas, ils pouvaient difficilement ignorer
06:03que dès 2008, quand même, Epstein avait été condamné
06:07pour avoir sollicité les services de prostituées mineures.
06:10Donc, c'était quand même assez, il y a assez longtemps,
06:13on savait déjà qu'il y avait ce genre d'enjeu autour de ce personnage.
06:16Et ce qui est vrai aussi, c'est que Jack Lang a fait partie d'une génération
06:21d'une certaine gauche libertaire dans les années 70,
06:25qui, à l'époque, la société a bien changé depuis.
06:27Vous allez parler de Maznef.
06:28Alors, pas forcément Maznef, mais il y avait toute une tendance libertaire à gauche
06:34qui estimait, dans les années 70,
06:36que défendre les relations sexuelles avec les enfants était tout à fait normal.
06:40Et Jack Lang a même fait partie des co-signataires d'une tribune dans Libération.
06:44Il s'en est expliqué sur Europe 1, au micro de Sonia Mabrouk,
06:47il y a quelques années, c'était d'ailleurs les années Covid.
06:49Donc, ce qui est vrai, c'est que tout ça alimente, en tout cas,
06:52les soupçons autour de Jack Lang.
06:54Après, voilà, en absence de preuves, on ne va rien affirmer.
06:57C'est vrai que la défense de tous ceux qu'on retrouve impliqués dans les échanges,
07:01il y a des gens qui ont juste croisé Epstein et qui figurent dans ces documents
07:05alors qu'ils n'ont rien à se reprocher.
07:06Honnêtement, ceux qui l'ont croisé dans un dîner sans même savoir exactement qui c'était,
07:09évidemment sans savoir ces agissements,
07:11on ne va pas leur faire des reproches.
07:13Mais on constate quand même que la ligne de défense d'un grand nombre de personnalités
07:17aux États-Unis, comme en Europe,
07:19qui ont fréquenté de près Epstein, qui sont allés à ses soirées,
07:22qui ont eu des conversations suivies, des échanges de messages suivis avec lui,
07:26c'est toujours la même ligne de défense.
07:27C'est « Ah, on n'était pas si proche ! »
07:29« Ah, je ne savais pas ! »
07:30Et les révélations qui tombent au compte-gouttes,
07:32parce que là, c'est une nouvelle save de révélations,
07:34alors qu'il y avait déjà eu des documents publiés par le ministère de la Justice américain,
07:37ces révélations viennent contredire les déclarations passées
07:40d'un certain nombre de ces personnalités,
07:41qui avaient minimisé leur lien avec Jeffrey Epstein.
07:45Donc, je ne sais pas si d'autres révélations interviendront.
07:48Là, à nouveau, ça va nous donner de la matière à manier avec la plus grande prudence.
07:53Mais cette dernière save de documents publiés est venue quand même
07:56affaiblir la ligne de défense de certaines personnalités.
08:02Je pense à Bill Gates, par exemple,
08:03qui lui aussi avait des échanges très suivis avec Epstein.
08:07– Oui, et on se souvient de l'interview aussi très très maladroite du Prince Andrew,
08:12où il y avait eu, effectivement…
08:14En fait, pourquoi est-ce que je reparle ?
08:15C'est parce que quand tu es convoqué,
08:17ou quand tu dis « ok » à une interview,
08:19et en cohérence, là, ce matin,
08:21Jack Lang est allé à la fois chez BFM TV et chez RTL,
08:25il faut la préparer.
08:26C'est-à-dire qu'on ne peut pas arriver les mains des poches en disant « bonjour, c'est Jack ».
08:30Je trouvais que c'était assez étonnant.
08:34C'est une affaire extrêmement grave qui a, encore une fois,
08:37on l'a dit, une résonance internationale.
08:40– C'est un peu comme le disait Louis tout à l'heure,
08:42c'est-à-dire qu'on a l'impression que ces personnalités
08:44ne se rendent pas compte qu'on a changé d'époque.
08:46Et qu'il y avait une espèce d'insouciance et d'impunité
08:50qui n'existent plus parce qu'il y a les réseaux sociaux,
08:53parce que la société a changé.
08:55– Et que les vérités sont dites aujourd'hui, et c'est tant mieux.
08:57– Et que les gens sont sensibilisés.
08:58– Bien sûr.
08:59– Donc c'est vrai qu'il y a un décalage.
09:00– Sous-titrage ST' 501
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