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  • il y a 7 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 19h, 21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours avec Adrien Matou de Marianne et Louis Oselter du Figaro, parlons un peu de politique intérieure.
00:10Quoique, c'est la politique internationale qui fait qu'on ne va pas voter la censure, nous dit Laurent Wauquiez.
00:19Écoutez-le.
00:20Dans le contexte international de danger qui est celui de la France et de menace d'une guerre commerciale,
00:25il ne serait pas sérieux de faire tomber un gouvernement et de laisser la France sans budget.
00:30Et notre conviction profonde, c'est que dans cette période de menace géopolitique,
00:34la France ne peut pas être un bateau-ivre sans gouvernement et sans budget.
00:37Et donc nous en tirons les conséquences sur nos votes de vendredi.
00:40Il le dit de façon très sérieuse, Adrien Matou.
00:42Et écoutez ce que dit David Lysnard également, DLR, maire de Cannes.
00:46Lui pense le contraire.
00:47Bruno Rotaillot a dit hier, président de LLR, qu'il était contre ce budget.
00:51Donc il faut censurer le gouvernement ?
00:52Bien sûr.
00:52Je dis que ma conviction, c'est qu'il faut censurer une politique que l'on combat.
00:57La vie est simple.
00:58Soit on estime que ces dispositions sont positives pour le pays,
01:01qu'elles correspondent à nos convictions et on les soutient ou on leur permet de passer par une abstention.
01:06Soit on estime qu'elles sont négatives.
01:08Il me semble qu'elles sont très négatives.
01:10Ça a été dit par d'autres.
01:11Ça a été dit par Franck Louvry, ça a été dit par Bruno Rotaillot, etc.
01:14Il faut être cohérent.
01:16Et je comprends ce que vous dites.
01:18Je doute de la cohérence de LLR.
01:19Pour ma part, je resterai cohérent et constant.
01:21Adrien Matou, alors, qui a raison, qui a tort ?
01:25C'est très simple.
01:26Il y a une cohérence qui est très claire.
01:27C'est que tous ceux qui sont députés LR ne veulent pas censurer le budget, le gouvernement.
01:32Et tous ceux qui ne sont pas députés, ils sont prêts.
01:35C'est là la césure.
01:36Parce que quoi ?
01:37Parce que tout simplement...
01:38Ils craignent tous une dissolution et ils pressentent, sans doute à raison, que leur siège serait menacé.
01:48Ça paraît un peu caricatural de dire comme ça, mais c'est pas loin de la réalité.
01:51Moi, je dis souvent, on dit la vérité sur Europe 1, ou les vérités si vous préférez,
01:55puisque j'entendais encore quelqu'un dire que la vérité, ça n'existait pas, c'est dans votre journal.
02:00Mon cher Louis Ozelter.
02:01Mais voilà, appelons un chat un chat.
02:04Voilà, c'est ça.
02:05C'est qu'il y a aujourd'hui des députés, les Républicains, qui ne veulent pas se retrouver nus, sans rien, sans circonscription,
02:17parce qu'il y a cette dure réalité de la vie de se retrouver devant les électeurs.
02:22Et donc, il y a brouhant, précisément...
02:24Et qu'est-ce qu'ils doivent dire, les électeurs, en disant, mais si on ne me donne pas la possibilité de donner mon choix,
02:29alors qu'on est dans un contexte, comme le dit M. Wauquiez, international qui est dur,
02:33mais pas qu'international, on a envie de dire, quand même, regardez autour de vous.
02:36Non mais, qui...
02:37Ozelter.
02:38Donc, ça veut dire que le groupe des députés dits de droite avalise 8 milliards d'euros de taxes sur des grandes entreprises,
02:46là où le corpus idéologique dits de droite prene à peu près l'inverse.
02:50Donc, vous avez raison, s'il y a encore des électeurs qui sont allés jusqu'au bout du suivi de la discussion budgétaire et de ces 49.3,
02:56heureusement pour la droite, le groupe de droite républicaine, je pense qu'il n'y en a plus beaucoup,
02:59mais ceux qui ont vu ça ont dû se dire, bon d'accord, ce groupe de députés de droite n'applique pas le programme de droite.
03:05Je vais vous dire, on aura tout vu.
03:06Pour des raisons qui tiennent à leur surface.
03:07On aura tout vu depuis la dissolution.
03:09On aura tout vu.
03:09Je pense qu'on est arrivé au bout du bout de ce...
03:12Du jeu.
03:12Vous savez, on aurait eu ces discussions...
03:16On les a eues d'ailleurs, avant juin 2024, jamais on n'aurait imaginé...
03:21Moi, je ne veux pas sortir des grandes phrases en disant, mais où est l'honneur en politique ?
03:25Mais sérieusement, c'est quand même des élus de la...
03:28On est en démocratie représentative, c'est-à-dire que, rien que sur la sémantique,
03:33ces gens-là représentent les lecteurs dans l'hémicycle pour prendre les décisions que 70 millions ne peuvent pas prendre tous en même temps,
03:42parce qu'on n'a structurellement pas les possibilités.
03:45Peut-être qu'avec l'IA, un jour, on n'aura plus besoin de parlement,
03:48parce que chacun pourra voter sur son smartphone avec une appli, et puis on verra.
03:52Mais vous rigolez, mais est-ce que le résultat sera très différent ?
03:55Ça va être un chaos, tout le monde dit, mais vous comprenez, on ne peut pas demander...
03:59Alors, il n'y a pas 70 millions déjà d'électeurs, il y en a quoi ? 48 millions, c'est ça ?
04:02Oui, au cours électoral, c'est entre 40 et 50.
04:04C'est ça ? Il y a 48 millions de contribuables, donc ça doit être à peu près ça.
04:09Donc, voilà. Enfin, il n'y a pas 48 millions de contribuables, il y a moins de 30 millions.
04:13Mais, sérieusement, comment est-ce que vous voulez qu'on continue ?
04:17Ce qui est vrai, Pierre, c'est que, pour essayer d'enchaîner sur votre prise d'opposition,
04:22c'est que, en fait, moi je pense que les grands perdants de cette séquence budgétaire interminable,
04:28c'est les partis qui ont accepté de jouer le jeu, quelque part, parlementaire, de négociations, de compromis.
04:35On n'avait pas l'habitude de ce genre de schéma, parce qu'on est quand même dans une situation assez inédite,
04:40puisque sous la cinquième, en général, il y a une majorité, une opposition, c'est assez clair.
04:43Et les tractations parlementaires sont assez sans importance.
04:49Là, ça l'était.
04:51Au fond, tous les partis qui se sont prêtés à ce jeu sont perdants.
04:54Je pense que même le parti socialiste, qui apparaît comme le gagnant à court terme de la séquence,
04:58se verra reprocher, un peu plus tard, d'avoir joué le jeu, d'avoir sauvé la tête du gouvernement,
05:03de s'être accroché à son poste, de s'être compromis.
05:06Et en réalité, les deux forces qui ont été sans ambiguïté contre LFI et le RN,
05:13apparaissent, je pense, gagnantes, parce qu'elles sont restées en dehors de tout ça.
05:15J'ajoute un dernier perdant.
05:17Tous ceux qui défendent, depuis longtemps, le fait qu'on doit revenir à un régime plus parlementaire,
05:22qu'on doit revenir à un modèle allemand ou quatrième république,
05:27là, je pense que le spectacle qui a été donné
05:28va quand même tuer cet argument pour un petit peu de temps.
05:31Là où vous avez raison, Adrien, c'est que cette situation ubuesque a levé le lièvre,
05:37en tout cas le rideau, sur les vraies oppositions.
05:40Qui sont les vraies oppositions aujourd'hui ?
05:42Vous l'avez dit, le RN et LFI.
05:44Oui, c'est ceux qui ont le positionnement le plus clair dans le jeu actuel.
05:48Et je rebondis sur ce que dit Adrien, sur le fantasme du retour du régime parlementaire.
05:54Nous n'allons pas devenir allemands dans la mesure où nous avons une élection présidentielle française.
05:58Si on supprime l'élection présidentielle, les partis ne se sauraient pas du tout comporter de la même façon.
06:03Parce qu'ils ne seraient pas tous à préparer l'échéance d'après, à essayer de voir.
06:05Mais alors attendez, est-ce que j'apparais comme une béquille du macronisme, comme un opposant ?
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