- il y a 8 heures
On en débat avec Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l’Europe et des affaires étrangères et Fabrice Epelboin, entrepreneur et enseignant. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat/le-debat-de-la-grand-matinale-du-mercredi-04-fevrier-2026-1256896
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00:01Lorsqu'Elon Musk écrit
00:02Pourquoi le gouvernement britannique est-il si fasciste ?
00:06French Response réplique, une photo de Musk
00:08en train de faire ce qui ressemble fortement à un salut nazi.
00:13Une réponse courte mais éloquente, vu plus de 8 millions de fois.
00:18C'est une innovation diplomatique donc qui fait beaucoup, beaucoup, beaucoup parler.
00:22Elle s'appelle French Response, un compte officiel du ministère des Affaires étrangères
00:27sur le réseau X, qu'on appelait avant Twitter,
00:29qui veut répondre à la désinformation et aux attaques
00:32en adoptant les codes satiriques des réseaux sociaux.
00:36Donald Trump, chef d'Etat, balance des blagues, des détournements,
00:41des images fabriquées avec l'IA, des mêmes, soit.
00:44Mais est-ce que la France doit utiliser le même langage ?
00:48Est-ce que ça n'est pas rabaisser, salir, ridiculiser notre parole officielle ?
00:53France Inter, la grande matinale, Sonia Devillers.
00:58Alors, pour ou contre ce compte French Response ?
01:01On en débat ce matin avec Pascal Confavreux.
01:03Évidemment, on n'allait pas se passer de vous.
01:05Vous êtes porte-parole du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.
01:08Bonjour.
01:08Bonjour.
01:09Et merci d'avoir accepté de débattre sur ce compte.
01:12Qui est votre bébé, si je comprends bien, à peu près ?
01:15C'est le bébé déjà du ministre Jean-Noël Barreau.
01:17Et puis évidemment, ensuite, de toute l'équipe et de tout le ministère.
01:19Vous êtes à nous, donc voilà.
01:20Fabrice Eppelboin, bonjour.
01:22Bonjour.
01:23Vous êtes entrepreneur et enseignant.
01:25Donc, on va commencer avec Pascal Confavreux.
01:27Le 10 janvier, donc on l'a dit, Elon Musk, je ne redis pas tout ce qu'on vient d'entendre.
01:32Mais simplement, du clash, de l'humour, du mème,
01:37toutes les techniques qu'utilisent les trolls.
01:39Et peut-être que Fabrice Eppelboin nous fera un petit cours sur ce que c'est que le trolling.
01:42Mais c'est le langage qu'assume désormais la diplomatie française.
01:46Vous êtes là en costume cravate devant moi.
01:47On est attaqués.
01:50Nos intérêts, notre image sont attaqués dans le domaine informationnel.
01:54Notre intuition, c'est qu'il faut monter le son, hausser le ton pour pouvoir nous défendre.
02:00Et donc, effectivement, aussi adopter les codes sur les plateformes sur lesquelles nous sommes attaqués.
02:05Donc, c'est ça.
02:06On ne change pas la ligne diplomatique.
02:08On est pour, bien sûr, le multilatéralisme, la défense de la Charte des Nations Unies, etc.
02:13On met une corde supplémentaire à notre arc pour pouvoir, au fond, défendre la France, les Français, nos intérêts,
02:20dans ce champ hybride qu'est la lutte informationnelle.
02:22La lutte informationnelle sur les réseaux sociaux et particulièrement sur X.
02:26Je dis particulièrement parce que X est le réseau de Elon Musk.
02:31Et il s'exprime lui-même énormément sur son réseau.
02:34Donc, c'est, comment dire, s'exprimer là où ont lieu les attaques.
02:39C'est mettre le doigt dans des engrenages viraux dont se servent les Américains.
02:44Notre but, c'est d'avoir de l'impact.
02:45Donc, oui, on va aller...
02:46De l'impact, de l'impact, de l'impact.
02:47C'est d'avoir, comment dire, un canal réactif pour pouvoir répondre très vite face, comment dire,
02:54à des manipulations d'informations qui peuvent être très virales et qui peuvent parfois être graves.
02:57C'est pouvoir aussi apporter de l'information à des audiences qui sont victimes de cette manipulation d'informations
03:02et qui peuvent ne pas forcément avoir cette info.
03:05Donc, on va les poster là où le débat se fait.
03:08On a commencé par XTwitter il y a maintenant trois mois.
03:11C'est un compte qui est vraiment tout récent.
03:13Il a des bonnes stats.
03:14On a 150 000 followers et on a 15 millions d'impression par semaine.
03:19Mais on y va très humblement.
03:20On ne dit pas que c'est l'alpha et l'oméga.
03:21On ne dit pas que désormais la parole diplomatique, elle est faite uniquement là.
03:24Du tout, au contraire.
03:25On continue, bien sûr, une parole d'institutionnelle.
03:27C'est intéressant, c'est aussi un moyen de toucher des gens qui ne lisent pas ni Le Monde, ni Le Figaro, ni Les Echos,
03:34qui n'écoutent pas France Inter, qui n'écoutent pas RTL et qui ne regardent plus les journaux.
03:37Exactement, vous avez une part considérable de personnes qui ont leur première source d'informations sur les réseaux sociaux.
03:43Et par ailleurs, nous, encore une fois, on répond à des agences numériques étrangères.
03:48Et donc, notre but, c'est aussi de parler aux audiences étrangères avant tout.
03:52C'est ça notre principal cible.
03:53Fabrice Epelboin, vous êtes à la fois séduit, mais en même temps assez sceptique face à ce compte et face à son succès.
04:01En tout cas, vous vous mettez en garde contre les dérives possibles.
04:05Moi, ce qui m'intéresse, c'est que pendant des années à Sciences Po, vous avez donné des cours justement sur cette culture du même et du trolling,
04:12cette culture politique, parce que c'est une culture politique, expliquez-nous.
04:17C'est une culture politique, ça a été introduit de façon massive par Steve Bannon lors de la campagne de 2016 de Donald Trump.
04:23Rappelez qui était Steve Bannon.
04:24Steve Bannon est l'un des conseillers de Donald Trump, sans doute le plus flippant, celui qui représente vraiment ce qu'on peut pour le coup qualifier de fascisme,
04:32de white supremaciste dans la droite américaine qui est très diverse.
04:36Très complotiste aussi, très conspirationniste.
04:38Oui, si vous voulez. Mais concrètement, ça reste un intellectuel des médias, un petit génie de la désinformation, c'est le patron de Breitbart News.
04:46Et il a mis en place une technique militante qui consistait à hanguer des millions de militants pour produire autant de mèmes quotidiennement
04:54et compter sur le phénomène de buzz pour que décantent les meilleurs qui servent à cette confrontation informationnelle.
05:01Donc on a des modalités de production qui sont irritées de sites comme 4chan, des entrailles de l'internet et des sous-cultures internet
05:09qui se basent sur une production de masse et une armée de personnes qui font émerger le meilleur pour porter le message.
05:16Message qui, à l'origine, est plutôt anonyme, un même n'est pas signé.
05:19Là, on est dans des modalités de production différentes.
05:21On a un même signé du Quai d'Orsay, avec des modalités de validation qui forcément compliquent un peu les choses
05:27et qui obligent d'assumer la paternité du message.
05:30Mais quand même, vous voyez deux cultures se télescoper.
05:33Une culture diplomatique, une voie gouvernementale et une culture qui est vraiment une culture du web, du trolling.
05:42On ne s'attendait quand même pas à ce qu'elles se rencontrent.
05:44Moi, j'ai enseigné ça pendant la guerre informationnelle et la production de mèmes à des fins politiques.
05:48J'ai enseigné ça pendant 10 ans dans les masters d'administration publique de Sciences Po.
05:51Donc je me désespérais que ça arrive.
05:54Je suis ravi que ça arrive.
05:56J'attends maintenant de voir la réalité d'une telle confrontation.
05:58Alors pour l'instant, on en est au tout début, début.
06:01L'objectif, enfin le résultat concret de cette initiative du Quai d'Orsay,
06:05pour l'instant, ça ressemble plus à fédérer une communauté qui fera office d'armée troll le jour où il y aura une vraie confrontation.
06:12On est au tout début, c'est tout à fait normal.
06:14Il faut commencer par le commencement.
06:15Le commencement, c'est qu'on est des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes
06:19qui, le jour où il y a vraiment bataille, on n'en est pas là.
06:22Je pense à un énorme leak ou des choses comme ça.
06:24C'est-à-dire que là, en fait, c'est le pot de terre contre le pot de fer.
06:30C'est-à-dire que le compte du Quai d'Orsay est minuscule et que les Américains ont une immense antériorité,
06:37sont beaucoup plus nombreux à manier ces outils-là.
06:39Les Américains sont sur des phénomènes de masse, pas sur un phénomène d'un ministère qui communique par les mêmes.
06:43Ça arrive, mais c'est relativement récent.
06:45La force des Américains, c'est que derrière, il y a des dizaines de millions de producteurs d'eux-mêmes
06:49qui, en cas de confrontation, et on n'en est pas là, j'insiste,
06:52vont tous se mettre à produire du même pour aller dans une confrontation typiquement avec un pays comme la France
06:57où les relations sont un peu tendues.
06:58Pascal Confavreux, oui, allez-y, répondez.
07:00Non, mais sur communauté, vous avez tout à fait raison, parce que ce qu'on voit depuis quelques jours,
07:04c'est qu'on a plein de gens qui nous écrivent en France pour nous dire
07:07« ça nous fait chaud au cœur que vous avez fait ça », etc.
07:09Et à l'étranger aussi pour nous dire « mais… »
07:13C'est ce qu'on appelle une armée de trolls.
07:14Et pour se battre contre des armées de trolls, il faut une armée de trolls.
07:17Cet aspect de communauté, on ne s'attendait pas forcément d'ailleurs,
07:19cet aspect de communauté de gens qui veulent nous rejoindre,
07:22on veut vous aider, on veut vous contribuer, eh bien…
07:25Moi, pardon, mais je suis complètement sciée par ce que vous racontez.
07:28Je pense qu'il y a une partie des auditeurs aussi qui ne sont pas forcément familiers de la culture numérique.
07:34Ça signifie quoi ?
07:35Ça signifie que le temps de la diplomatie et le temps des réseaux sociaux sont aujourd'hui identiques ?
07:40Ça signifie que vous cédez à une forme d'accélération ?
07:43Que tout devient éphémère dans les messages qu'on poste ?
07:46Qu'il n'y a plus des hiérarchies entre des grosses blagues et des images fausses fabriquées pour faire rire ?
07:52Et des messages diplomatiques ?
07:53Au contraire. Ça nous permet de pouvoir préserver la parole diplomatique
07:58et la parole du ministre et la parole, disons plus généralement du cas d'Orsay,
08:03sur ce que l'on veut mettre en avant.
08:04Et d'avoir, être dans cette forme de réaction en passant par un canal qui est différent.
08:08Quel est le canal French Response ?
08:10Donc le ministre, il n'est pas forcément à avoir à répondre à chaque nouveau tweet sur True Social.
08:15Mais est-ce qu'il faut répondre ?
08:17En tout cas, la parole politique, non. On est calme.
08:19Vous avez bien vu par exemple sur le Groenland, etc. On nous demandait toutes les demi-heures
08:22« Ah, il y a cette nouvelle information, que pensez-vous ? »
08:24« Ah, il y a cette nouvelle information, que pensez-vous ? »
08:26Nous, on était dans une réponse qui était calme, qui était résolue, qui était dans la défense.
08:29Voilà, notre position, c'est la défense de la souveraineté, d'un allié, etc.
08:32On n'était pas dans une réponse à chaque fois.
08:34Par contre, il pouvait y avoir ce canal, par ailleurs, qui s'occupait de répondre
08:38et d'être dans cette temporalité qui était beaucoup plus réactive.
08:41Donc au contraire, ça fait vraiment deux cordes différentes.
08:43Fabrice Eppelboin, quand Jean-Noël Barraud s'adresse à toutes les ambassadrices
08:48et à tous les ambassadeurs qui ont rejoint la France au mois de janvier
08:53pour les inviter à faire de même et à prendre le pas,
08:56il y a un moment où vous vous inquiétez quand même de cette...
08:58C'est parfaitement suicidaire.
09:00C'est suicidaire ?
09:00Les chances qu'il n'y ait pas un hiatus et un problème dans la production...
09:04C'est quand même une culture étrangère, une langue étrangère.
09:07Il faut apprendre les codes, il ne faut pas se planter, il ne faut pas faire de contresens.
09:10Ce n'est pas à la portée de tout le monde, ça demande une formation.
09:13C'est pour ça qu'on enseigne à Sciences Po d'ailleurs.
09:15Si demain, tous les diplomates aux quatre coins du monde se mettent à improviser des mêmes,
09:19on va avoir des couacs dans tous les sens, on va avoir des incidents diplomatiques.
09:21Mais c'est surtout, on va être complètement ridicule, non ?
09:23Enfin, je vous pose sincèrement la question.
09:25Il n'a pas dit à toutes les ambassadrices et ambassadeurs
09:30de faire des mêmes tous les jours.
09:31Il a dit qu'il y a un sujet qui est la lutte informationnelle,
09:35qui est un sujet de lutte hybride dans lequel nos intérêts sont attaqués.
09:39Il faut qu'on soit dedans.
09:40Mais la conclusion, ce n'est pas que chacun fait des mêmes.
09:42Il y a un compte French Response qui est...
09:43Peut-être qu'on peut rappeler ce que c'est qu'un même.
09:45Un même, c'est une image qui a beaucoup tourné sur Internet et qu'on détourne.
09:50Le même consiste à prendre une image qui est totalement assise dans la culture populaire,
09:55qui est associée à une émotion chez chacun d'entre nous en l'espace d'un centième de seconde.
09:59C'est ça.
10:00Et sur cette image, je vais superposer un message.
10:01C'est un petit bout des Simpsons.
10:02N'importe quoi qui suscite chez vous immédiatement une réponse vraiment de la moelle épinière
10:07de l'ordre de l'émotionnel.
10:08Ce qui fait qu'en superposant un message texte,
10:10le message texte, je vais mettre quelques dixièmes de seconde à le lire et à l'interpréter.
10:13Je vais faire arriver ce message sur un sentiment préinstallé.
10:19C'est une technique de manipulation vieille comme le monde.
10:21Il y a très peu aujourd'hui de reportages à la télé dans lesquels on ne vous met pas une petite musique
10:25qui est là pour installer une émotion sur une information qu'on va vous délivrer par la suite.
10:28mais celle-là a l'avantage de pouvoir être utilisée en une seconde.
10:32Mais est-ce que vous, vous voyez un risque de désinhibition de la parole officielle française ?
10:37Non, de désinhibition de la parole officielle française, je ne pense pas.
10:40Parce qu'il y a quand même des circuits de validation, c'est des gens sérieux.
10:43Et j'imagine qu'ils ont très sérieusement étudié les codes.
10:46Je vois un problème de montée en charge.
10:48Des escalades ?
10:49Non, de montée en charge.
10:50La parole française ne pourra pas faire face à une avalanche
10:53parce qu'il n'y a qu'un seul compte avec une seule équipe
10:56et sa capacité à créer des mèmes, même en étant assisté d'intelligence artificielle,
11:00sera mécaniquement limitée si en face on a des millions de personnes qui attaquent.
11:03Et l'autre problème que je vois, c'est qu'on est quand même en train d'apprendre une langue étrangère
11:07et de parler à une culture étrangère, celle du XXIe siècle,
11:11avec nos habits de diplomate du XXe et de bien avant.
11:15Et qui font toute la grandeur de la France.
11:17Donc c'est quand même, on est dans un terrain étranger.
11:21Et au sens de Sun Tzu, c'est forcément un terrain compliqué
11:25et dans lequel on est par nature à découvert.
11:28Si demain, typiquement, les Américains répliqués sous forme d'attaque informationnelle
11:32à travers du leak, ce dont ils sont friands, qui toucheraient la France,
11:36et ce n'est pas comme si ça manquait de dossier à la CIA
11:38qui permettrait de mettre la France en difficulté,
11:40on serait dépendant de cette fameuse communauté d'armes.
11:43Ne tombons pas dans le conspirationnisme.
11:45C'est la stratégie officielle des Etats-Unis, ce n'est pas du conspirationnisme.
11:48C'est vraiment dans la stratégie officielle de Peter Seale
11:50qui a fait un éditorial dans le Financial Times
11:53pour prôner cette stratégie avant l'élection.
11:55Ce n'est absolument pas du conspirationnisme.
11:57C'est vraiment leur stratégie.
11:58Pascal Confabreux.
11:59On ne vise personne.
12:01C'est-à-dire ?
12:02On répond à des attaques qui nous viennent.
12:05Donc on parle beaucoup des Etats-Unis là, etc.
12:08Donc on est toujours en défense.
12:09De Russie.
12:10Il y a des attaques qui viennent par exemple aussi
12:13de se faire pseudo-panafricanistes en Afrique.
12:17Donc on répond là où on est attaqué.
12:19Ça c'est le premier point.
12:19Le deuxième point c'est que sur le sujet lutte informationnelle
12:21et c'est ça que voulait dire le ministre à ses ambassadeurs.
12:25C'est-à-dire qu'il y a différents éléments.
12:27Ça c'est le truc le plus visible,
12:29le plus évidemment qui choque les esprits,
12:33qui marque les esprits.
12:33Mais il y a un élément qui est plus traditionnel
12:37et qu'on continue à faire
12:38qui est le soutien aux écosystèmes médiatiques
12:40et aux journalistes à l'étranger.
12:42On l'a fait traditionnellement
12:43dans le cadre des investissements solidaires,
12:45de l'aide publique au développement.
12:46Il y a un élément qui est aussi par exemple
12:48d'augmenter la résilience des Français,
12:50de nos concitoyens sur ces ingérences numériques étrangères.
12:53Ça a été par exemple des attributions
12:54qu'on a faites il y a un an ou il y a deux ans
12:55sur des modes opératoires informationnels
12:59qui nous touchent.
12:59C'était Matrioshka, c'est Portal Combat.
13:00Je pense que c'est le moment d'apporter une précision
13:02absolument fondamentale.
13:04C'est que ce mode de communication
13:06par l'administration Trump,
13:08par Donald Trump lui-même
13:09et par Elon Musk
13:10se double d'une guerre
13:12faite aux médias traditionnels
13:14et d'une défiance alimentée
13:15envers les médias traditionnels.
13:16Ce n'est absolument pas le cas de la France.
13:18C'est-à-dire que vous empruntez
13:20un canal numérique
13:21et vous utilisez ce langage-là
13:22sans pour autant...
13:24Ils ne sont pas dans le même camp.
13:25Ils sont pour autant oublier nos valeurs.
13:26C'est important de le rappeler.
13:28C'est la symétrie qui est fondamentale dans cette lutte.
13:30Et le troisième élément,
13:31c'est évidemment ensuite
13:32de défendre la régulation.
13:34Donc le DSA, le DMA, etc.
13:35De défendre cette régulation
13:36qui protège notre débat.
13:38Et donc ça fait aussi partie
13:39des attributions...
13:40Et alors, puisque Fabrice Eppelboin
13:41a soulevé à peu près douze fois la question,
13:43il faut vraiment que je vous la pose.
13:44C'est quoi les circuits de validation
13:46avant de poster un mème,
13:49un détournement,
13:50une image fabriquée par IA
13:52et un gag sur X ?
13:55Alors on ne pose pas que des mèmes.
13:56Parfois on va poster des images,
13:57parfois on va poser juste des faits,
13:59des histoires de chiffres, etc.
14:01Il va y avoir toute une équipe de veille,
14:03y compris dans notre réseau diplomatique,
14:05qui va détecter des signaux faibles, etc.
14:07Et ensuite, il y a une autre équipe
14:10qui va analyser à la fois la viralité
14:13et la gravité de l'information.
14:15La viralité, parce que ce qu'on veut éviter,
14:16c'est le fameux effet Streisand,
14:18c'est-à-dire qu'admettons qu'il y a une information
14:19qui n'est pas très bonne
14:20ou qui est très mensongère, etc.
14:22Si on va la reposter là-dessus,
14:23on va lui donner la viralité qu'elle n'avait pas.
14:25Donc ça, on veut éviter.
14:27Et puis ensuite, c'est vraiment du cas par cas.
14:29Mais c'est un schéma qui va être très réactif,
14:31qui inclut les différentes hiérarchies
14:35pour qu'on puisse pouvoir être dans le tempo.
14:37Le mot de la conclusion, Fabrice Eppelboin,
14:39vous voulez ?
14:40Ça va être très intéressant à observer.
14:43On a une dissymétrie complète.
14:45Si les Américains répondent,
14:46pour l'instant,
14:47ils ne prennent pas en compte
14:49cette initiative française.
14:50Mais en cas de confrontation,
14:52et avec l'élection présidentielle,
14:54ça serait étonnant qu'on n'en ait pas une,
14:56on va vraiment avoir les armées de trolls.
14:57Et là, ça va être beaucoup plus intéressant.
14:59On va avoir la puissance MAGA
15:01avec des millions de rednecks américains
15:03qui, eux, savent faire des mêmes
15:04depuis une génération,
15:06contre ce qu'on est en train de mettre en place en France
15:09avec une petite armée de trolls
15:10qui est plutôt faite d'intellectuels
15:12qui écoutent France Inter, pour le coup.
15:13Pour l'instant.
15:13Et qui va devoir répliquer à ça.
15:15Donc la bataille va être épique.
15:16Je vous remercie beaucoup tous les deux,
15:18Fabrice et Pelleboin.
15:19Et je vous remercie aussi,
15:20merci au ministère des Affaires étrangères
15:23d'être venu au micro de France Inter
15:24expliquer cette initiative French Response.
15:27Merci.
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