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00:0014h30 à Paris, bienvenue dans votre rendez-vous derrière l'image.
00:05On prend le temps comme chaque jour de décrypter l'info à partir de photos qui font sens.
00:10Et cette fois on va se rendre en direction de Los Angeles pour la 68ème cérémonie des Grammy Awards
00:16qu'on va commenter avec vous James André.
00:17Bonjour James, séquence très politique hier soir qui mérite que l'on s'arrête dessus quelques instants.
00:24Oui absolument, c'est vrai que c'est toujours un grand moment culturel.
00:27Et donc hier soir c'était très intéressant parce qu'évidemment on sait que les Etats-Unis sont en ébullition.
00:33Et ce qui a commencé comme une cérémonie finalement très polie avec notamment un humoriste à sa tête
00:39qui a fait le choix de rester très consensuel et bien a pris un virage assez radical après cette image que vous voyez
00:46et donc qui est celle que j'ai choisie pour cette chronique qui est donc une image de Bad Bunny
00:50qui est donc une star du reggaeton très clairement pour ceux qui ne connaissent pas.
00:56C'est l'artiste le plus streamé de 2020 à 2022 qui a sorti un album l'année dernière qui est donc un énorme succès.
01:03Et à 31 ans et bien il est le premier artiste latino chantant en espagnol à obtenir donc ce précieux trophée, le Grammy Award.
01:12Et donc il va prendre la décision au moment de recevoir ce prix.
01:17Alors que bon on a vu évidemment sur le red carpet déjà sur les tapis rouges des gens qui avaient des pins avec marqué Ice Out.
01:24Donc vous savez Ice c'est la fameuse police anti-immigration américaine dont on a beaucoup parlé ces derniers temps.
01:28Et bien lui il a décidé de dire tout haut ce que beaucoup d'artistes présents pensaient tout bas.
01:32Je vous propose de l'écouter.
01:33Avant de remercier Dieu, je vais dire Ice dehors.
01:43Nous ne sommes pas des sauvages, nous ne sommes pas des animaux, nous ne sommes pas des étrangers, nous sommes humains et nous sommes américains.
01:50Il prend des risques ?
01:51Oui.
01:52Voilà, une prise de position finalement assez ferme.
01:56Il n'y a pas de questions à se poser quand on l'entend.
01:59Bad Bunny quand il s'exprime ainsi, il prend des risques ?
02:03Dans une certaine mesure oui tout simplement parce qu'évidemment on est dans un contexte de polarisation extrême.
02:07Et dans une semaine Bad Bunny va notamment chanter à la mi-temps du Super Bowl, cette fameuse compétition de la National Football League.
02:17C'est toujours quelque chose d'extrêmement attendu.
02:18Donc c'est toujours les plus grands artistes du moment qui jouent.
02:22Et là aussi ça va être une autre première, ça va être la première fois là aussi qu'un artiste latino va chanter à la mi-temps du Super Bowl.
02:31Et cela évidemment n'a pas manqué de faire réagir.
02:33Alors évidemment il y a cette prise de parole d'hier mais d'une manière générale déjà l'administration Trump en général et les MAGA, là aussi le mouvement,
02:43ont tout à fait condamné cette décision donc de la National Football League de choisir Bad Bunny.
02:49C'est-à-dire qu'évidemment il n'est pas du tout neutre ce faisant quelque part et bien ce choix montre en fait l'opposition de cette ligue de football
02:57aux politiques sur l'immigration de Donald Trump.
03:00Aussi l'objectif, alors c'est ce que dit la direction de la NFL et son service marketing,
03:04l'objectif est d'ouvrir la base des fans du football américain, d'élargir le public, de le rendre plus international.
03:11Et donc ce choix de Bad Bunny, finalement c'est un geste assez fort.
03:14Alors dans l'administration, on le sait, Bad Bunny en fait a toujours eu des positions très claires sur la politique anti-immigration de Donald Trump.
03:22Par exemple il a annulé toute la partie Amérique continentale de sa dernière tournée pour ne pas être un lieu de rendez-vous
03:30où des officiers de l'ICE pourraient venir arrêter des gens.
03:33Lui-même ne risque rien, techniquement il est un citoyen des Etats-Unis d'Amérique.
03:37Non mais très suivi par les Latino-Américains.
03:38Il est extrêmement suivi par les Etats-Unis d'Américains et donc c'est un geste fort, donc condamné en des termes forts aussi.
03:45Donc Donald Trump trouve que c'est un très mauvais choix, il l'a dit, il pense que c'est une manière de pousser la haine.
03:50Christine Noem qui est donc la responsable de la sécurité nationale a dit que ICE, entre guillemets, serait all over the Super Bowl,
04:00c'est-à-dire serait présent en masse pour potentiellement arrêter du monde.
04:04Donc la pression est très très forte.
04:06Alors très clairement, il y a extrêmement peu de chances, on ne voit pas comment Bad Bunny pourrait être supprimé de la set-list de cette mi-temps des Grammy Awards.
04:14Ça a été annoncé en septembre 2025, ça a déjà provoqué une grande polémique.
04:17Mais en tout cas, ce qu'on peut dire, c'est que ça a été un moment tout à fait tendu sur le plan politique aux Etats-Unis,
04:22ce Super Bowl qui habituellement est quand même assez consensuel.
04:25Bon, lui, il s'élève contre la politique migratoire de l'administration Trump, mais il n'est pas le seul.
04:29Vous le disiez tout à l'heure, il y a un certain nombre d'artistes qui ont pris la parole hier.
04:33Oui, alors absolument. Donc hier, il y a eu plusieurs artistes.
04:36Il y a notamment Billie Eilish qui, elle aussi, a utilisé son discours pour envoyer un message que je ne répéterai pas ici,
04:41car je serai bipé aux Etats-Unis sur Ice.
04:44Nous avons également Bruce Springsteen, la superstar, qui lui a fait autre chose.
04:47Il n'était pas pour le coup au Grammys, il s'est rendu lui à Minneapolis pour faire un concert,
04:53notamment à l'appel avec plusieurs autres artistes.
04:56Là aussi, un concert anti-ice, très clairement, avec pour objectif, évidemment, de mobiliser la population,
05:01de pousser des manifestations dans la ville.
05:05Et cela a d'ailleurs plutôt bien fonctionné.
05:08Plusieurs milliers de personnes se sont ralliées dans les rues de Minneapolis.
05:12Cette ville qui est vraiment l'épicentre de cette situation avec Ice.
05:17Et d'une manière générale, on le sait, c'est vrai que le monde de la culture est généralement plutôt démocrate
05:22et plutôt opposé aux politiques de Donald Trump, comme on a pu le voir depuis son premier mandat.
05:28On le sait à chaque fois, notamment, par exemple, pour les inaugurations.
05:30Eh bien, il n'est pas toujours simple de trouver des têtes d'affiches,
05:33si on l'avait vu, notamment lors de sa première inauguration en 2017.
05:38Bref, on va dire qu'il y a de la tension.
05:42La tension qui, effectivement, persiste.
05:45Les artistes se mobilisent.
05:46D'anciens présidents démocrates aussi, on l'a déjà largement commenté ici.
05:51Ils sont sortis de leur réserve pour appeler les Américains à dénoncer les actions d'Ice.
05:55Est-ce qu'ils sont entendus ?
05:56Est-ce que ces différentes étapes, ces derniers développements,
06:01pourraient provoquer un tournant au sein de la société américaine ?
06:03Écoutez, c'est difficile à dire.
06:05C'est-à-dire que, pour l'instant, ce qu'on voit, c'est qu'on a des manifestations.
06:08Il y a eu des manifestations, je le disais hier, à Minneapolis.
06:10Il y a eu des manifestations à Los Angeles.
06:12Il y a eu des manifestations à New York.
06:14Mais il s'agit, malgré tout, de manifestations qui n'ont pas une très grande ampleur.
06:17Il faut quand même préciser que la météo est cataclysmique, on peut le dire aux Etats-Unis.
06:21Il y a un froid extrême.
06:23Et donc, évidemment, cela n'aide pas.
06:23Et la lamotte filée est sortie, donc ça va encore durer plusieurs semaines.
06:27Ça va encore durer.
06:28Les fans de Bill Murray, Groundhog Day.
06:31Bref, donc oui, il y a une météo qui, clairement, est en faveur pour le coup de l'administration.
06:37Donc oui, ces images, on le voit, c'est Minneapolis.
06:40Plusieurs milliers de personnes dans les rues.
06:41Un mouvement peut-être moins suivi au niveau de l'ensemble des Etats-Unis.
06:44J'ai consulté les derniers sondages.
06:45Si on prend un sondage, là, pour le coup, qui date du 29 janvier,
06:49donc on est bien après à la fois la mort de René Goud et d'Alex Préti,
06:53donc on est vraiment, le 29 janvier, c'était il y a trois jours,
06:57donc on est tout à fait dans le point de tension maximale,
07:00eh bien, on a encore 39% des Américains qui approuvent la politique sur l'immigration de Donald Trump.
07:07Il a perdu deux points depuis le sondage précédent dans du 26, où c'était 39%.
07:12À titre de comparaison, quand même, Joe Biden, en moyenne sur l'ensemble de son mandat,
07:19était à entre 30 et 35%.
07:20Donc la grande question, c'est, est-ce qu'il y a réellement un mouvement ?
07:25C'est vrai que si on prend les médias américains, tout cela est extrêmement commenté,
07:28tout le monde en parle, il y a beaucoup d'intellectuels qui sortent du bois pour condamner ce qui se passe avec ICE.
07:33Il y a quand même 58% des Américains, donc toujours dans cette étude du 29 janvier,
07:37qui considèrent que ICE va trop loin et que c'est trop violent.
07:40Pour autant, est-ce que ça veut dire qu'on condamne complètement l'administration Trump ?
07:44On n'y est pas, on n'a pas des centaines de milliers de personnes dans les rues.
07:47Donc la grande, à mon avis, on va vraiment voir ce qui se passe au moment des midterms,
07:52ce qui a quand même une particularité par rapport à ce qui s'est passé, d'ailleurs, à Minneapolis également.
07:55C'était, vous vous en souvenez, la tuerie de George Floyd qui avait déclenché tout le mouvement Black Lives Matter.
08:02Là, on a affaire à deux citoyens américains blancs.
08:05C'est donc finalement la majorité.
08:07On n'a pas une minorité qui se mobilise pour manifester.
08:10On a une majorité finalement, entre guillemets, silencieuse.
08:13Et on va probablement voir comment toute cette séquence a été perçue.
08:18Elle est sans doute mauvaise, mais la question est-ce que les gens soutiennent plus la politique sur l'immigration de Donald Trump
08:24qu'il avait annoncée lors de sa campagne ?
08:25Il avait promis d'expulser 10 millions de personnes ?
08:30Ou est-ce qu'au contraire, ce qui est en train de se passer est en train de faire changer d'avis l'Amérique ?
08:35Et ça, on va le voir notamment au midterms.
08:39Et c'est vrai que je reviens une minute sur l'histoire du Super Bowl.
08:41Le Super Bowl, c'est vraiment quelque chose de très marquant.
08:44C'est-à-dire que certains observateurs voient le football américain comme le terrain, si vous voulez, de Middle America.
08:51C'est-à-dire que c'est peut-être plutôt républicain, mais c'est un événement extrêmement populaire.
08:56C'est un événement qui rassemble toutes les classes sociales, toute l'Amérique en réalité, y compris l'Amérique profonde, y compris les magas, y compris tout le monde.
09:04C'est quelque chose qui est normalement tout à fait, je dirais peut-être consensuel, en tout cas très américain.
09:09Et c'est vrai que ce choix de Bad Bunny est très symbolique.
09:13Est-ce que cela représente un changement dans les opinions publiques et un changement du Middle America, comme on l'appelle ?
09:21Ou est-ce que c'est simplement un symptôme, mais qu'en réalité, il n'y a pas de changement de fond ?
09:28C'est-à-dire que pour avoir couvert les Etats-Unis pendant maintenant près de 15 ans, 20 ans presque pour France 24,
09:35j'ai vu des manifestations de centaines de milliers de personnes dans les rues à Washington.
09:40On ne les a toujours pas.
09:41On n'arrive toujours pas à ces chiffres.
09:46Le Super Bowl, c'est aussi une manifestation sportive.
09:50On a assisté à quelques mobilisations de sportifs, des basketteurs seulement pour le moment.
09:55Il faut voir aussi si là aussi la mayonnaise prend ou pas, parce que pour en revenir à nos Grammy Awards,
10:01finalement, les milieux culturels, ils ont pris pour habitude de cibler Donald Trump depuis qu'il s'est lancé en politique.
10:07Ça, ce n'est pas nouveau.
10:08Alors non, ça, ce n'est pas nouveau. J'évoquais tout à l'heure les difficultés parfois à booker des stars pour les inaugurations de Donald Trump.
10:14Mais il y a quelque chose qui a été perçu par le monde de la culture comme une attaque directe dessus.
10:20Et c'est évidemment le Kennedy Center, cette fameuse salle de spectacle extrêmement connue à Washington, D.C.,
10:30dont Donald Trump a pris le contrôle en prenant le pouvoir sur ce deuxième mandat,
10:34dont il s'est auto-nommé président de l'exécutif, qu'il a cherché à modifier, dont il a mis son nom dessus.
10:43Et tout ça a été perçu, évidemment, comme une provocation.
10:45Donc ça, il a été annoncé il y a maintenant à peine quelques jours.
10:48C'était au moment de l'inauguration, enfin pas de l'inauguration, du lancement du documentaire Melania,
10:52donc par Melania Trump et Donald Trump le 29 janvier.
10:56Eh bien, il a annoncé qu'il allait fermer le Kennedy Center pour deux ans
10:59et qu'il allait y avoir des travaux de rénovation complète sur le bâtiment.
11:04Alors ce qu'il faut savoir, c'est que ce bâtiment a été restauré déjà.
11:08Les restaurations sont terminées il y a deux ans pour un coût de 250 millions de dollars.
11:14Eh bien, Donald Trump, qui veut toujours en faire plus, veut faire 257 millions de dollars de travaux.
11:19Alors ces critiques, eux, avancent que cela ait fait tout simplement pour masquer
11:23la catastrophe qui est en train de se passer au Kennedy Center.
11:27C'est-à-dire qu'il y a plusieurs artistes de renom qui ont décidé de renoncer à des dates au Kennedy Center.
11:35Le public aussi s'est effondré, notamment on peut parler du National Philharmonic Orchestra,
11:40qui est donc l'orchestre rattaché au Kennedy Center,
11:44qui faisait qu'à Salle Comble, il y ait une chute de la fréquentation de 50% de ses spectacles.
11:49Et donc une sorte de mouvement, de boycott à la fois du public et des artistes,
11:53qui fait que le Kennedy Center est aujourd'hui en perte de vitesse.
11:56Donc certains dénoncent une stratégie finalement pour enlever le centre de la table
12:02au moment où il est en une situation complexe à cause de Donald Trump.
12:05Mais en tout cas, il fermera le 4 juin pour deux ans.
12:10Voilà, ce sera une étape aussi importante.
12:12Il y a aussi des artistes qui sont ouvertement pro-Trump.
12:15Et le casting peut parfois être assez surprenant, James.
12:17Oui, alors tout à fait. Je pense notamment à Nicki Minaj,
12:20qui récemment a fait savoir qu'elle était, je cite, la fan numéro 1 de Donald Trump.
12:25Elle a fait ça notamment d'ailleurs à la Maison Blanche.
12:27Et elle a obtenu une Trump Gold Card.
12:30Il s'agit d'une carte permettant de faciliter l'immigration des personnes riches.
12:37Elle s'affiche volontiers aux côtés de Donald Trump, comme on peut le voir.
12:41Et elle, juste de sa popularité.
12:44Alors notamment, elle fait partie aussi d'un programme qui s'appelle les Trump Accounts.
12:48Il s'agit d'un programme qui fait que 1000 dollars sont placés sur un compte d'investissement pour les jeunes.
12:55Donc elle participe à ça elle-même.
12:58Donc c'est un pivot complet pour cette artiste qui était plutôt anti-Trump par le passé.
13:03qui finalement dit qu'elle se voit alignée sur les valeurs, qu'elle aussi est victime de harcèlement.
13:09Et donc qui se considère finalement comme une sorte de...
13:12Qui se considère comme proche de Donald Trump dans sa situation de tous les jours.
13:16Il faut noter aussi, et ça beaucoup d'observateurs le disent, pas elle,
13:19Mais que Kenneth Petty, son mari, est évidemment visé par une procédure, notamment en harcèlement sexuel.
13:27Et qu'elle potentiellement travaille à ce que lui puisse être blanchi dans cette affaire.
13:32Puisqu'il est notamment sous un contrôle judiciaire qui l'empêche de voyager.
13:35Ce qui ne l'arrange pas.
13:36Mais ça, elle n'en a jamais parlé, elle directement.
13:39Quoi qu'il en soit, elle s'affiche volontiers aux côtés de Trump.
13:42Merci beaucoup, James André.
13:44Merci pour ce décryptage.
13:46Donc après cette séquence des Grammy Awards hier soir à Los Angeles.
13:49Évidemment, on vous reste à nos côtés.
13:51Paradis Arrête n'est pas encore terminée.
13:53On poursuit tout de suite avec le grand format du jour.
13:55C'est l'heure du Focus. Regardez.
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