- il y a 10 heures
Les invitées du Grand Entretien de Benjamin Duhamel et Florence Paracuellos sont Mickaëlle Paty, sœur de Samuel Paty et Emilie Frèche, autrice et réalisatrice, elle publie "Un séisme" (Albin Michel). Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-lundi-02-fevrier-2026-6866159
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00:00C'est une nouvelle épreuve pour la famille de Samuel Paty et pour le corps enseignant.
00:04Le procès en appel de quatre personnes condamnées en première instance pour leur rôle dans l'assassinat du professeur
00:11commis par un jeune djihadiste tchétchène en octobre 2020.
00:14Ce procès a commencé la semaine dernière après des propos sidérants de l'avocat du prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui
00:23qui accuse Samuel Paty d'avoir discriminé les élèves musulmans.
00:27Deux invités sont avec nous ce matin pour le grand entretien Benjamin.
00:30Bonjour Mickaël Paty.
00:31Bonjour.
00:32Merci d'être avec nous ce matin.
00:33Vous êtes la sœur de Samuel Paty.
00:35Vous vous êtes portée partie civile lors du procès en première instance fin 2024
00:39et vous serez de nouveau entendue à la barre demain avec nous Émilie Frèche.
00:43Bonjour.
00:43Bonjour.
00:44Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:46Vous êtes autrice, réalisatrice.
00:47Vous avez suivi le premier procès Samuel Paty à la cour d'assises spéciales de Paris pour l'hebdomadaire Le Point.
00:53Vous en avez tiré un livre illustré de croquis d'audience sorti mercredi dernier.
00:57Chez Allemain Michel, ça s'appelle un séisme.
00:59Et chers auditeurs, n'hésitez pas, venez échanger avec nos invités au 01 45 24 7000
01:04et sur l'application Radio France.
01:07Mickaël Paty, vous allez donc de nouveau témoigner cette fois devant la cour d'assises d'appel spéciale de Paris.
01:14Ce sera demain.
01:14Que ressentez-vous ce matin, cinq ans après l'assassinat de votre frère ?
01:20Et qu'attendez-vous de ce nouveau procès ?
01:22En fait, cette année, ce nouveau procès en appel est sans doute encore plus douloureux.
01:28Parce que je pense qu'également les propos de M. Villemin ont fait que je vivais un procès dans un procès en fait.
01:34Parce qu'il fait exactement le procès contre mon frère.
01:38Et qu'il, comme une petite musique dans son texte, il l'accuse quelque part d'être responsable de son propre sort.
01:45Donc je l'ai abordé totalement différemment.
01:50Ou demain, dans le texte que je produirai, j'essaierai de remettre de l'ordre, un petit peu comme ce qu'Emilie a expliqué dans son livre Un séisme.
02:00Où elle explique que pendant un procès, la plupart du temps, les mots ont perdu leur sens.
02:06Et il faut bien qu'à des moments, que ce soit soit les partis civils qui viendront témoigner, soit les avocats qui nous représentent, qui viennent essayer de remettre de l'ordre dans tout ça.
02:16On va évidemment parler de ce qui a été dit par M. Villemin, des propos évidemment en dépit du bon sens et en dépit aussi du contenu du dossier.
02:24Mais juste sur la déposition que vous allez faire demain à la barre et sur ce que vous avez envie de dire au jury.
02:32Ce que j'ai envie de leur dire, globalement, pour ne pas dévoiler ce que je vais pouvoir raconter,
02:38mais d'essayer de leur expliquer qu'il ne faut pas être dupe face à des stratagèmes qui peuvent paraître grossiers,
02:45mais qui seront pourtant présents tout le moment du procès.
02:49Et globalement, je vais leur demander d'être peut-être plus sévère envers ceux qui ont fait preuve d'arrogance cette année.
02:56Émilie Frèche, vous qui connaissez ce dossier par cœur, le titre de votre livre, c'est le séisme.
03:06Pourquoi ce mot de séisme pour qualifier la mort de Samuel Paty ?
03:10Parce que c'est un choc énorme avec énormément de répliques.
03:14D'abord, il faut qu'on se remette dans l'acte de cette décapitation.
03:19C'est le rétablissement du délit de blasphème.
03:21Le dernier Français à avoir été décapité pour ce délit, c'est le chevalier de la barre, en 1766,
03:28sur le torse duquel on avait épinglé une page du dictionnaire philosophique de Voltaire.
03:33Et les souffrances infligées à ce chevalier avaient été telles que les Français, ce jour-là, ont basculé dans le droit à l'irrévérence.
03:40Samuel Paty, en fait, c'est le retour à l'obscurantisme.
03:43C'est le refus des Lumières dont nous sommes les héritiers.
03:46Et c'est un séisme, car c'est à la fois un acte terroriste qui ébranle la République en son cœur,
03:53là où elle se fabrique, mais là aussi où elle se perpétue, c'est-à-dire à l'école.
03:57Et c'est une mécanique, un enchaînement causal qui révèle une montée du fait religieux dans notre pays.
04:02Et c'est ce qui fait la spécificité de cet acte terroriste.
04:05C'est un acte terroriste d'une barbarie absolue qui doit être replacé dans le long continuum des fatwas
04:12édictés par les islamistes contre les libres-penseurs, de Salmane Rejudi en 1989 aux journalistes de Charlie Hebdo.
04:20Toute la stratégie de la défense aujourd'hui est de faire comme si Samuel Paty,
04:25c'était un simple problème pédagogique qui avait mal tourné.
04:28Non. A l'origine, à l'origine de cette cabale, il y a un prédicateur islamiste qui s'appelle Abdelhakim Sifrioui,
04:36qui avec son collectif Sheikh Yassine a été pendant plus de 15 ans la voix du Hamas en France.
04:42Le Hamas, c'est une organisation qui est assez terroriste depuis 1993.
04:46On va préciser tout cela parce que c'est important effectivement de replacer ce procès en appel,
04:52ce qui est arrivé à Samuel Paty dans une longue histoire qu'effectivement vous décrivez dans votre livre.
04:57Il faut qu'on revienne, puisque c'est l'actualité la plus brûlante, si j'ose dire,
05:00sur les propos de Francis Vimin, l'avocat du prédicateur islamiste Abdelhakim Sifrioui.
05:06Cet avocat qui accuse Samuel Paty de discrimination envers les élèves musulmans.
05:13Michael Paty, comment est-ce que vous avez pris ces propos comme une volonté d'inverser la responsabilité
05:21de ce qui était arrivé comme un coup de poing dans le ventre ?
05:25Alors ce coup de poing je l'avais pris avant parce que heureusement je m'en étais inquiétée
05:29de savoir quels allaient être leurs arguments de défense.
05:33Donc les avocats de Sifrioui ont fait une conférence de presse le 15 décembre dernier
05:36où déjà ils annonçaient, à qui voulait bien l'entendre,
05:40quelle attitude ils allaient défendre pour assurer la défense de Sifrioui.
05:44Donc ça m'a permis d'avoir un petit peu le temps de digérer et de m'y préparer.
05:48Et du coup j'ai pu assister à ce que j'appelle moi une plaidoirie dans les pas perdus
05:54alors que ce n'est pas son lieu face à un parterre de journalisme
05:59et de pouvoir du coup réenchaîner derrière et au moins pouvoir parler directement aux journalistes
06:04et dire ce que j'en pensais.
06:06Alors après par rapport à cette défense qui peut paraître un petit peu grotesque
06:09parce que moi je ne vois pas très bien en quoi salir la mémoire de Samuel
06:13viendrait rendre son honneur à M. Sifrioui.
06:17Et deuxièmement, je voudrais juste rappeler quand même un fait qui est très important
06:21c'est que M. Sifrioui n'est pas mis en accusation pour dénonciation calomnieuse
06:25mais pour association de malfaiteurs terroristes.
06:28Donc quand bien même il arrivera à prouver qu'il n'a pas menti
06:31ce n'est pas sur ce fait qu'il est jugé à l'heure actuelle.
06:34Il faut rappeler que cet homme a été condamné à 15 ans de prison en première instance
06:39pour avoir alimenté avec des vidéos de la haine contre Samuel Paty.
06:46Émilie Frèche, vous qui avez donc suivi le premier procès
06:50qui suivait attentivement ce second procès
06:52cette défense de Francis Villemin dont on signale qu'il a été l'avocat de Maurice Papon
06:57comment vous la comprenez ?
07:00Vous comprenez ça comme une tentative de transformer le procès en islamophobie ?
07:05Oui tout à fait et nous l'avons vécu Mickaël et moi le soir du verdict
07:10il faut que les français comprennent ça
07:13c'est-à-dire que j'étais avec Mickaël Paty assise au premier rang des partis civils
07:19et quand il y a eu l'énoncé du verdict et du quantum des peines
07:23nous avons entendu derrière nous dans la salle une jeune fille hurler
07:26en disant que c'était une injustice
07:28que Mickaël Paty était responsable de cette injustice
07:31et là nous avons eu des policiers qui nous ont encerclés
07:34avec une pression totale derrière nous
07:37et à un moment donné on a entendu
07:39il faut qu'on les exfiltre
07:40et donc on s'est levés
07:42on a été accompagnés
07:44on a fait le tour du box des accusés
07:46on est passés par des escaliers en colimaçon
07:49on s'est retrouvés à l'extérieur du palais de justice
07:51embarqués dans un taxi
07:53et on a vu ensuite sur les chaînes d'information
07:56le conseil de Sifrioui expliquait que la grande victime de ce verdict
08:00c'était la liberté d'expression
08:02c'est-à-dire le titre même du cours de Samuel Paty
08:05et que son client, ce prédicateur islamiste
08:09était un prisonnier politique
08:11et finalement Maître Villemin s'inscrit complètement dans cette logique
08:14essayer de transformer une fatwa numérique en une discrimination
08:18non, cette fatwa numérique
08:20il faut rappeler qu'elle a été édictée dans un contexte très particulier
08:24qui est l'ouverture des procès de Charlie Hebdo
08:27qu'il y avait eu la republication de ses caricatures
08:31et que le prédicateur a fait de Samuel Paty
08:35l'émissaire d'Emmanuel Macron
08:37qui le 2 octobre au Mureau
08:39et ça c'est très important de le dire
08:40le discours d'Emmanuel Macron
08:42parce que la référence de Macron
08:44elle va se retrouver dans le tweet de revendication d'Anne Zoroff
08:47Emmanuel Macron il dit quoi ?
08:49il dit
08:49je ne demande à aucun de nos concitoyens
08:51de croire ou de ne pas croire
08:53ça n'est pas l'affaire de la République
08:55mais je demande à tous les citoyens
08:57quelle que soit sa religion ou pas
08:59de respecter toutes les lois de la République
09:02et Sifrioui va chercher à fédérer la communauté des croyants autour de lui
09:06Émilie Frèche
09:07et vous nous disiez cela en préparant cette interview
09:09et c'est important aussi de rappeler
09:11à nos auditeurs
09:13avec ces attaques du conseil d'Abdelhakim Sifrioui
09:16ce qu'était le cours de Samuel Paty
09:18qui était l'inverse absolu de la discrimination
09:21qui était un cours sur la liberté d'expression
09:23sur la pédagogie de ce que sont des caricatures
09:27et de ce qu'en République le délit de blasphème n'existe pas
09:30oui c'est pour ça que c'est un signal très dangereux
09:32envoyé au professeur
09:35c'était un cours sur la liberté d'expression
09:37dans le cadre d'un programme d'éducation morale et civique
09:40dispensé aux élèves de 4ème
09:42il faut bien comprendre que l'école
09:44ce n'est pas simplement un supermarché
09:46où on va chercher un peu de mathématiques, un peu d'histoire, un peu de français
09:49non, l'école de la République telle qu'on l'a conçue
09:52c'est la fabrique des citoyens
09:54c'est la fabrique d'esprits critiques
09:56et c'est la possibilité pour tous nos enfants de s'émanciper
10:00pas l'obligation mais la possibilité de s'émanciper de son milieu d'origine
10:05et ce cours était très bien fait sur le plan de la pédagogie
10:08c'était une situation dilemme avec deux colonnes
10:12une colonne, être Charlie
10:14et publier les caricatures pour faire vivre la liberté d'expression
10:17ne pas être Charlie
10:19pour ne pas offenser les croyants
10:21et c'était aux élèves eux-mêmes
10:23d'avoir cet esprit critique
10:25et de remplir ce tableau
10:26alors il faut qu'on
10:28qu'on resitue les événements
10:29et qu'on reparle des protagonistes
10:32jugeants en appel parce qu'ils sont 4
10:33on a d'abord le père de l'élève qui a menti
10:36Brahim Shnina, sa fille lui a raconté
10:38que Samuel Paty avait demandé aux élèves musulmans de sortir du cours
10:42qu'il était donc en train de donner sur les caricatures
10:44c'était un mensonge
10:46lui l'a pris pour argent comptant
10:48l'a relayé
10:48tenté de mobiliser la communauté musulmane
10:51Michael Paty, comment est-ce que vous voyez le rôle
10:55de ce monsieur, de ce père d'élève
10:57dans la mécanique qui se met en marche
11:00et qui aboutit à la mort de votre frère ?
11:02Déjà pour essayer de bien rétablir une sorte de chronologie
11:05c'est que mon frère il avait deux classes de quatrième
11:07donc la quatrième 4 et la quatrième 5
11:09le lundi il va dispenser un premier cours
11:12à la fameuse quatrième 5
11:14où il va proposer à ceux qui pourraient être offensés
11:16de sortir quelques instants
11:17c'est-à-dire quelques 2-3 minutes
11:20comparé bien que par rapport à un cours d'une heure
11:23c'est infime
11:24et puis il leur propose, il n'y a aucune obligation
11:26il leur propose
11:27il y a un fait que je vais quand même essayer de réappuyer
11:29qui n'a pas encore été vraiment soulevé pour l'instant
11:32c'est que monsieur Villemin dit qu'il a discriminé les élèves musulmans
11:36alors du coup j'aimerais bien savoir
11:38les 5 élèves qui étaient dehors
11:39monsieur Villemin, comment fait-il pour savoir qu'ils étaient musulmans
11:43puisque dans les PV d'audition
11:44on ne leur demande pas quelle est leur confession
11:46est-ce que c'est juste parce qu'ils ont des noms
11:49à connotation maghrébine
11:50qu'ils le jugent comme tel
11:51et ceux qui sont restés à l'intérieur
11:53qui eux aussi, parce qu'il y en avait qui sont restés
11:55qui avaient des noms à connotation maghrébine
11:57j'aimerais savoir
11:58en quoi ils pensent que c'est des apostas
12:00et autrement, voilà
12:01le rôle du père
12:03le rôle du père c'est que c'est lui
12:05qui va prendre pour argent
12:08le mensonge de sa fille
12:09et va partir d'emblée
12:12dans une rage pas possible
12:14et enchaîner 3 messages
12:16qu'il va envoyer quand même
12:17à 1200 de ses contacts
12:19ce qui n'est pas rien
12:20en appelant à faire relayer ce message
12:23et c'est ainsi que M. Sifriwi
12:25va être happé
12:26et va contacter dès le premier soir
12:29donc Brahim Shnina
12:30Il va surtout faire pression
12:32sur les familles musulmanes
12:34du collège du Boisdonne
12:34et je tiens à dire que
12:36aucune des familles musulmanes
12:38de ce collège
12:39n'a apporté son soutien
12:41malgré la pression
12:42nous avons retrouvé
12:43des témoignages des enquêteurs
12:45des mamans au jardin d'enfants
12:48où ce père d'élève
12:49va les voir pour obtenir des témoignages
12:51et elles se font traiter
12:53de mauvaises musulmanes
12:54donc ça dit aussi
12:56la pression des islamistes
12:57sur leur propre communauté
12:58ça c'est très important
12:59de mentionner
13:00qu'il n'y a eu
13:01aucune dénonciation
13:03de discrimination
13:04d'aucune part
13:04d'aucune famille
13:05Abdelhakim Seffrioui
13:07c'est le personnage central
13:08notamment de ce nouveau procès
13:10il a parlé à la cour
13:13vendredi
13:14il s'est défendu
13:15de toute radicalité religieuse
13:18comment est-ce que vous avez reçu
13:19cette déclaration ?
13:22Mickaël Paty
13:22Déjà l'année dernière
13:24il se revendiquait
13:25que c'était un grand modéré
13:27je pense que c'est surtout
13:30un fin connaisseur de l'islamisme
13:31il a vécu dans un pays maghrébin
13:34il a tenu une librairie
13:36qui vendait
13:36la force des mots
13:37la force des mots
13:38qui vendait uniquement
13:39donc des ouvrages
13:40très orientés
13:42son parcours militant
13:44prouve le contraire
13:46il était déjà
13:47fiché
13:50non pas S
13:50mais FSPRT
13:52donc c'est le fichier
13:52des personnes
13:53qui sont déjà radicalisées
13:55et reconnues comme telles
13:56avec un passage
13:58à l'acte susceptible
14:00donc il ne sera pas
14:03très convaincant
14:03il y avait même
14:05pardon la question
14:05éventuelle du financement
14:07de terrorisme
14:07parce qu'Abdelhakim Sifrioui
14:09avec son collectif
14:10Cheikh Yassine
14:10a opéré des virements
14:12il avait dans son téléphone
14:14les numéros de téléphone
14:15de haut dignitaire
14:16du Hamas
14:17il a acheminé
14:19à peu près
14:1950 000 euros
14:20de dons
14:21dans l'enclave palestinienne
14:23entre 2004 et 2020
14:25ces deux hommes
14:26Abdelhakim Sifrioui
14:27et Brahim Shnina
14:27ont été condamnés
14:28pour association
14:28de malfaiteurs terroristes
14:30vous le disiez
14:30Mickaël Paty
14:31pour avoir
14:32dit le verdict
14:33je le cite
14:33préparer les conditions
14:34d'un passage
14:35à l'acte terroriste
14:36mais il ne connaissait pas
14:37le tueur
14:39il ne connaissait pas
14:40non plus son projet
14:41d'attentat
14:42Émilie Frèche
14:44il continue d'y avoir
14:45ce débat
14:45sur la qualification
14:46d'association
14:47de malfaiteurs terroristes
14:48d'ailleurs vous en parlez
14:49dans votre livre
14:50comment est-ce qu'on le comprend
14:53ce débat
14:54sur la qualification
14:55retenue
14:56pour condamner
14:57ces deux individus ?
14:59la motivation de la cour
15:00est une nouveauté
15:02sur le plan
15:02de la jurisprudence
15:03en effet
15:04c'est de dire
15:05que ces deux personnes
15:06se sont associées
15:08à un contexte
15:10qui était très important
15:10qui est le contexte
15:12de l'ouverture
15:12du procès
15:13de Charlie Hebdo
15:14et de la republication
15:15des caricatures
15:15il faut savoir
15:16qu'à ce moment-là
15:17en tendance haute
15:19sur les réseaux sociaux
15:20il y a le hashtag
15:21je suis charia
15:22et que donc
15:23c'est le principe
15:24en fait
15:25c'est le principe
15:26du droit de la charia
15:28c'est-à-dire
15:28c'est comme avec
15:29les versets sataniques
15:30de Salman Rushdie
15:31il y a une autorité sachante
15:33qui va édicter
15:35cette fatwa
15:35et puis
15:36c'est le cri
15:37et le glaive
15:39ce sera Anzorov
15:40ce qu'il faut dire
15:41c'est qu'ils sont quatre
15:42dans le box des accusés
15:43depuis la semaine dernière
15:44il y a aussi
15:44deux jeunes hommes
15:45qui sont des amis du tueur
15:47il y a un jeune homme
15:48qui s'appelle
15:49Naïm Boudaoud
15:50qui a conduit
15:52Anzorov
15:53jusqu'au collège
15:54ce jour-là
15:55sa mère dit l'avoir élevé
15:56dans des valeurs
15:57de respect
15:57de tolérance
15:58lui dit qu'il n'avait
15:59pas conscience
16:01de la radicalisation
16:02de son ami
16:03et Émilie Frèche
16:03vous dites que vous avez
16:05de l'empathie pour lui
16:06expliquez-nous
16:07je dis que
16:10justement
16:10ça témoigne aussi
16:11de la montée
16:12du fait religieux
16:13et qui raconte aussi
16:15le sondage IFOP
16:17de novembre 2025
16:18qui dit que
16:19pour 57%
16:20des jeunes musulmans
16:21entre 15 et 24 ans
16:22ils estiment
16:23que les règles
16:23de leur religion
16:24est plus importante
16:25que les lois
16:25de la république
16:26Naïm Boudaoud
16:27a dit au président
16:28de la cour
16:29oui Anzorov
16:31ne voulait plus
16:32serrer la main
16:32aux femmes
16:33mais ce n'est pas
16:34une exception
16:34dans les gens
16:35de mon entourage
16:36beaucoup de gens
16:38de mon entourage
16:39pratiquaient
16:40la même chose
16:41et ça doit
16:43nous interpeller
16:43on ne peut pas faire
16:44comme si cette réalité
16:45n'existait pas
16:46cette banalité
16:46là n'existait pas
16:49voilà c'est ça
16:50que je questionne
16:50dans le livre
16:51c'est plus ça
16:52que de l'empathie
16:52Mickaël Paty
16:53il faut rappeler
16:54que vous avez engagé
16:54un recours administratif
16:55en mars 2024
16:56contre l'Etat
16:57que vous accusez
16:58de négligence
16:59les jours qui ont précédé
17:00l'attentat
17:00est-ce qu'aujourd'hui
17:02en plein procès
17:02en appel
17:03vous considérez
17:04que les leçons
17:06de cet attentat
17:07ont été tirées ?
17:10moi je vais être
17:11assez clair sur le sujet
17:12je vais vous dire que non
17:13et puis pour preuve
17:14il suffit d'avoir
17:15écouté hier
17:17monsieur Edouard Geoffray
17:18qui est le nouveau ministre
17:19de l'éducation nationale
17:20qui est passé sur LCI
17:21où il sort une phrase
17:24qui m'a particulièrement choqué
17:26où il ose dire
17:26nous ne laisserons pas
17:28passer n'importe quoi
17:30donc cette phrase
17:31elle est assez choquante
17:33parce qu'il explique
17:33dans son interview
17:34que pour l'instant
17:35il n'allait avoir aucun recours
17:37par rapport aux propos
17:38de Maître Villemin
17:39puisqu'il était questionné
17:40sur le fait
17:41qu'il n'avait pas réagi
17:42en ce sens
17:43donc tant bien de mal
17:44il essaye de s'en défendre
17:45mais moi je vais surtout
17:46lui rappeler
17:47c'est que
17:47je crois que déjà
17:49en 2020
17:50on a laissé passer n'importe quoi
17:51et je pense que là
17:52à l'heure actuelle
17:53en laissant passer ses propos
17:54on laisse passer n'importe quoi
17:56Vous considérez qu'il n'y a pas eu
17:57suffisamment de réaction
17:58dans la classe politique
17:59suite aux propos
17:59de Maître Villemin
18:01vous auriez aimé
18:02qu'il y ait une sorte
18:03de réaction générale
18:05d'indignation ?
18:06Moi je pense
18:07qu'il faut réagir
18:08alors autant
18:08moi je veux bien comprendre
18:09qu'on laisse le temps
18:10de la plaidoirie
18:11du débat
18:12se finir
18:14mais je rappelle quand même
18:15à tout le monde
18:15que par rapport
18:16à des propos tenus
18:17il y a quand même
18:18un délai de trois mois
18:19qui permet justement
18:20de pouvoir lancer
18:21des procédures
18:22je pense que ça aurait été
18:23assez simple
18:24au ministre de l'éducation nationale
18:25de se positionner clairement
18:27et moi je trouve que
18:28tout le temps
18:29il ne se positionne pas clairement
18:31et ce n'est pas lui personnellement
18:32mais c'est tous les ministres
18:33qui ont enchaîné
18:34Comme employeur
18:36du coup le ministre
18:37de l'éducation nationale
18:38comme employeur
18:38de votre frère
18:39Oui exactement
18:40Au standard
18:41nous avons un auditeur
18:42c'est Jean-Louis
18:43Bonjour Jean-Louis
18:44Bienvenue
18:45Bonjour Florence
18:46Bonjour
18:46Bonjour Benjamin
18:48Bonjour Mesdames
18:49Bonjour
18:49En m'inspirant
18:51de Victor Hugo
18:52et de Jean Jaurès
18:53je voulais vous poser
18:54la question suivante
18:55Peut-on dire
18:56qu'un des drames
18:58de la disparition
18:58de M. Patti
18:59tient à ce qu'il ait porté
19:01seul
19:02le courage
19:03d'enseigner
19:03ce qu'il était
19:04pour que recule
19:06l'ignorance
19:06et progresse
19:07la liberté
19:08Merci
19:09Réponse
19:11Merci beaucoup
19:12Jean-Louis
19:13pour votre question
19:14Oui
19:14évidemment
19:15la mort
19:17de Samuel Patti
19:18et le positionnement
19:20non clair
19:21de l'éducation nationale
19:22que vient de relever
19:22Mickaël
19:23elle nous pose la question
19:24de qu'est-ce qu'on veut
19:25pour notre école
19:26demain
19:27c'est-à-dire
19:29être
19:29continuer à être
19:31la fabrique
19:32de citoyens
19:33éclairés
19:34d'esprits critiques
19:35de
19:36je le rappelais
19:37au début
19:37c'est-à-dire
19:38de cet héritage
19:39des lumières
19:39que portait Voltaire
19:40ou alors
19:41céder
19:42moi j'ai été
19:43très impressionné
19:44aussi de voir
19:45j'ai été le réceptacle
19:46de beaucoup de témoignages
19:48de professeurs
19:48qui me disent
19:49mais aujourd'hui
19:50la question des caricatures
19:52elle est révolue
19:52cinq ans plus tard
19:54ce qui est remis en question
19:55c'est d'autres savoirs
19:57c'est la notion
19:57d'infini en mathématiques
19:59Donc révolue
20:00c'est-à-dire
20:00on ne montre plus les caricatures ?
20:02Très peu
20:03ou en tout cas
20:03les professeurs
20:05ne sont pas accompagnés
20:06ils sont seuls
20:06avec leur courage personnel
20:08à le faire
20:08ou à ne le pas faire
20:09et on peut comprendre
20:10que les professeurs
20:11aient peur
20:12quel professeur
20:13a envie de mourir
20:14pour un dessin aucun
20:15et on les comprend
20:16Et vous dites que
20:16maintenant
20:17cette auto-censure
20:20s'élargit
20:21à d'autres domaines ?
20:22Oui
20:22les témoignages
20:24que j'ai eu
20:24de beaucoup d'enseignants
20:25c'est la remise en cause
20:26d'autres savoirs
20:27la musique
20:28les nus dans les musées
20:30et beaucoup de tribunes
20:32ont été écrites
20:33par des enseignants
20:34en ce sens
20:34donc on ne peut pas faire
20:36comme si cette réalité
20:36n'existait pas
20:37Michael Paty
20:38sur ce métier
20:40d'enseignant
20:41et sur effectivement
20:41cette auto-censure
20:43sur cette crainte
20:44de montrer des caricatures
20:46de mener certains enseignements
20:47qui peuvent aller
20:47à l'encontre
20:48des principes religieux
20:51ou du moins
20:51ce que croient
20:52certains élèves
20:53plus de 5 ans après
20:56la mort
20:57de votre frère
20:58ça veut dire
20:59que la société
21:00n'a pas suffisamment
21:01pris en compte
21:01ce qui s'était passé
21:02en 2020 ?
21:04moi je pense
21:05qu'elle a pris en compte
21:06justement
21:06ce qui s'était passé
21:07en 2020
21:08et c'est pour ça
21:09qu'à l'heure actuelle
21:09tout le monde
21:10est tétanisé
21:11et que les dernières enquêtes
21:13IFOP
21:13qu'on a pu voir également
21:14on a quand même
21:14un enseignant sur deux
21:15qui se censure
21:16c'est quand même
21:18un chiffre qui est énorme
21:20et comme Émilie
21:21le souligne
21:21ça touche effectivement
21:24presque tout
21:26l'enseignement
21:26qui peut être dispensé
21:27ils gagnent du terrain
21:29de plus en plus
21:30et aucune réponse
21:33courageuse
21:33n'est avancée
21:34pour essayer
21:35d'enrayer ce mécanisme
21:36moi je pense
21:37qu'on n'a pas réarmé
21:38je pense que
21:39nous ne sommes pas
21:41réarmés
21:41sur le plan idéologique
21:43sur la question
21:43de la laïcité
21:44expliquer aux gens
21:46que la laïcité
21:46c'est ce qui nous protège
21:48et qu'en l'absence
21:49de la laïcité
21:50il n'y a pas
21:51un vivre ensemble
21:52heureux des religions
21:52il y a la religion
21:54du plus fort
21:54qui prend
21:55le dessus
21:57sur les autres religions
21:58et ça s'appelle
21:59une théocratie
22:00qui a envie
22:00de vivre en Iran
22:01quand vous expliquez ça
22:02à des élèves
22:03ils le comprennent très bien
22:04c'est un débat
22:05qui traverse
22:05le débat politique
22:07on a des élections
22:08présidentielles
22:09qui arrivent
22:09dans un an et demi
22:10est-ce que vous pensez
22:11qu'il peut être
22:12apaisé
22:13ce débat
22:14qu'on peut réussir
22:15à se retrouver
22:16sur des valeurs communes
22:18moi je crois que oui
22:19parce qu'il faut marcher
22:20sur ses deux jambes
22:21c'est-à-dire
22:21à la fois défendre
22:22très fermement
22:23la laïcité
22:24qui nous protège
22:25tous croyants
22:26et non croyants
22:27et lutter
22:28contre le racisme
22:29et notamment le racisme
22:30anti-musulman
22:31en mettant en place
22:32des politiques de lutte
22:33contre les discriminations
22:35à l'embauche
22:36au logement
22:36le contrôle au faciès
22:38qui était une promesse
22:39de la campagne de Hollande
22:40qui n'a jamais été
22:41mise en place
22:42on peut justement
22:43pour ne pas nourrir
22:44ces discours mensongers
22:47sur des discriminations
22:48qui n'existent pas
22:49Mickaël Patib
22:50pour terminer
22:51qu'est-ce que vous attendez
22:51des responsables politiques
22:52pour qu'ils soient
22:53à la hauteur
22:54de l'héritage
22:55que laisse votre frère
22:56je pense qu'il va falloir
22:58qu'ils comprennent
22:58qu'il va falloir briser
22:59la chaîne
22:59notamment la chaîne
23:00du terrorisme
23:01avec un peu
23:02des idées assez simples
23:03je crois qu'il n'y a pas de
23:05donc en essayant de travailler
23:07donc surtout
23:08en valorisant l'éducation
23:09en apprenant donc
23:11à distinguer
23:11la critique d'une croyance
23:12de l'insulte d'une personne
23:14à travailler
23:15sur les réseaux sociaux
23:16en neutralisant
23:17la diffusion de la haine
23:18et du doxing
23:18dans la justice
23:20en poursuivant
23:21les instigateurs
23:21avec autant de rigueur
23:22que les tueurs
23:23dans la morale publique
23:25en cessant de confondre
23:26respect des croyances
23:27et soumission à celles-ci
23:28Merci beaucoup
23:30Merci Mickaël Patib
23:31Merci Émilie Frèche
23:33d'être venue ce matin
23:34au micro de France Inter
23:35je rappelle que
23:36votre pièce
23:38Le Professeur
23:39est en tournée
23:40avec Carole Bouquet
23:42Exactement
23:43dans toute la France
23:44et la sortie
23:45de votre livre
23:46également
23:47le séisme
23:47concernant
23:49cet événement
23:50l'assassinat
23:50de Samuel Paty
23:51Merci à toutes les deux
23:53d'être venus ce matin
23:54Merci beaucoup
23:54Merci à tous
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