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  • il y a 7 semaines
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, est notre invité pour évoquer la crise qui frappe toujours de plein fouet les agriculteurs, alors que l'épidémie de dermatose se poursuit et que le traité européen avec le Mercosur est en passe d'être signé. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mercredi-17-decembre-2025-8640226

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Transcription
00:00Et dans le grand entretien avec Benjamin Duhamel, nous recevons donc ce matin le président de la FNSEA,
00:05premier syndicat agricole. Vos questions sont déjà nombreuses au standard.
00:10Allez-y pour les autres au 01, 45, 24, 7000 et sur l'application Radio France.
00:16Bonjour Arnaud Rousseau.
00:17Bonjour.
00:18Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:20Vous êtes l'un des principaux acteurs de la crise que traverse de nouveau le monde agricole.
00:26On va tenter de comprendre avec vous ce qui se joue sur la dermatose nodulaire avec les dernières annonces du gouvernement sur le Mercosur.
00:34C'est une semaine décisive et vous appelez à manifester demain à Bruxelles.
00:38Arnaud Rousseau, on sent une grande colère dans le monde agricole.
00:42On la voit encore ce matin avec des blocages dans plusieurs départements.
00:46Les éleveurs mobilisés ne se sentent pas écoutés.
00:50Vous n'êtes pas associés à ce mouvement de contestation contre la gestion de l'épidémie, je précise.
00:56Mais vous la voyez s'étendre, cette colère.
00:58Vous sentez qu'elle va encore monter ?
01:01Cette colère n'est pas une surprise.
01:02Cette colère, elle s'est exprimée il y a deux ans, au mois de janvier.
01:06Souvenez-vous, partout en France, les agriculteurs avaient crié leur colère pour dire que finalement ce pays n'avait pas de vision pour son agriculture.
01:14Que tous les indicateurs étaient au rouge et qu'il y avait besoin d'une réaction vive et qu'il y avait besoin d'une ligne à donner.
01:21Elle n'a pas été donnée.
01:22Et donc ce qui se passe en ce moment n'est pas une surprise, malheureusement.
01:27Et la dermatose nodulaire dont vous parlez, qui est une maladie qui touche les vaches, n'a été que le déclencheur.
01:33Vous savez, on en parle au mois de décembre, mais la dermatose est là depuis le mois de juin.
01:37Et vous avez dit que nous n'étions pas associés.
01:39Pardon, mais ça n'est pas exact.
01:40Depuis le mois de juin, la FNSEA est aux côtés des éleveurs, d'abord dans les Savoies, puis dans le reste de la France, pour faire en sorte qu'on surmonte ce drame pour les éleveurs.
01:50Mais qu'on le fasse de sorte qu'à la fois, on ait le moins de vaches qui puissent contracter cette maladie.
01:57Et faire en sorte aussi que nous n'effondrions pas les prix parce que les agriculteurs vivent de prix.
02:01Mais contrairement aux agriculteurs qui sont mobilisés ces derniers jours sur les routes qui bloquent, etc., vous, vous êtes d'accord avec le protocole que suit le gouvernement,
02:11c'est-à-dire abattage des troupeaux quand il y a contamination, vaccination alors qu'il s'élargit, on va en reparler, mais ça c'est quelque chose que vous ne contestez pas, contrairement aux éleveurs mobilisés.
02:21Écoutez, nous, depuis le début, sur cette maladie qui est extrêmement contagieuse, on est allé voir les scientifiques, ceux qui ont des compétences.
02:28Et vous savez, dans le monde scientifique, il y a des débats aussi.
02:31Et nous, on s'est appuyé sur le consensus scientifique pour faire en sorte que ceux qui savent puissent nous éclairer.
02:36Et c'est la ligne qu'on a tenue jusqu'à maintenant.
02:38Elle est très difficile à tenir, cette ligne, dans le monde dans lequel on vit.
02:41Mais je crois que pour un agriculteur responsable, c'est la ligne qu'il faut tenir aujourd'hui.
02:45Et moi, j'entends mes collègues qui m'appellent toutes les minutes pour me dire, mais est-ce qu'on ne peut pas faire évoluer ce protocole ?
02:50Nous l'avons demandé au gouvernement.
02:52J'ai entendu que la ministre mettait en route une commission indépendante avec des scientifiques.
02:56Si le consensus évolue, nous évoluerons.
02:58Juste, on va revenir dans le détail, et c'est important ce que vous dites sur la possibilité que ce protocole évolue.
03:03On va prendre dans le détail la question de la dermatose.
03:05Le Mercosur, dans un instant, on ira au standard entendre des éleveurs.
03:09Mais juste sur le parallèle que vous faisiez il y a quelques instants avec le mouvement agricole que l'on a vu en janvier 2024,
03:15où là encore, peut-être nos auditeurs s'en souviennent, des tracteurs qui, pour certains, avaient comme objectif de bloquer Paris.
03:22Est-ce que vous sentez qu'on peut, en arrivée là, là, on voit des blocages ici ou là, surtout localisés dans le sud-ouest.
03:26Ça commence à essaimer un petit peu dans le nord.
03:29On peut aller vers une situation comme celle-là, où à l'approche des fêtes, il y aurait davantage de blocages, des autoroutes coupées.
03:36Ça peut ressembler à ça dans les jours qui viennent ?
03:38Écoutez, vous savez qu'il y a aussi le sujet du Mercosur, Jean-Marc Duhamel.
03:41Et si le Mercosur devait être signé à la fin de la semaine,
03:45évidemment que ça mènerait à des mouvements beaucoup plus importants.
03:50Vous savez, la question de fond pour un agriculteur, c'est quel sens a mon métier ?
03:55Et qu'est-ce qu'on veut faire demain de la production alimentée en France ?
03:58Encore une fois, nourrir les Français avec une alimentation de qualité, c'est notre fierté.
04:01Si demain, on nous explique que finalement, il n'y a pas d'avenir,
04:05que tout ce qui vient d'ailleurs, produit dans des conditions qui ne sont pas les nôtres,
04:08peut arriver sans aucun contrôle,
04:10évidemment que ça remet tout en question.
04:12Et vous savez qu'en ce moment, on ne cesse de dire qu'on a besoin d'une vision,
04:16qu'on a besoin de réciprocité,
04:17qu'on a besoin aussi de continuer à porter avec fierté la qualité de l'alimentation française,
04:22parce qu'il y a aussi un prisme culturel très fort.
04:25C'est ça qu'on veut.
04:25Mais quand on ne sait pas où on va,
04:27quand en permanence ce sont des contraintes,
04:28quand en permanence on est montré du doigt,
04:30et quand on nous explique après que ce qui vient d'ailleurs ne pose pas de problème,
04:33il y a un moment où il y a évidemment de bonnes raisons d'être dans la rue.
04:38On va revenir sur ce qui met la fièvre au monde agricole ces derniers jours.
04:42C'est donc la dermatose nodulaire.
04:44Et nous avons Martine qui nous appelle du Jura.
04:48Bonjour Martine.
04:49Vous, vous seriez quoi pour un protocole différent de celui qui est mis en place aujourd'hui
04:54d'abattage systématique des élevages touchés ?
04:57Bonjour.
04:58Écoutez, je ne prétends pas être spécialiste,
05:00mais je suis fille, mère et soeur de paysans.
05:02Et dans le doux, le troupeau qui a été abattu était vacciné.
05:05Il y a eu un cas, est-ce que ce n'était pas l'occasion justement de tester la surveillance ?
05:12Ça aurait peut-être pu faire avancer la recherche et la compréhension de tout ça.
05:18Bon, et la FNSEA, d'après ce que j'entends un peu autour de moi,
05:22est-ce que vraiment vous défendez les paysans ou d'autres intérêts ?
05:25Bon, vous êtes peut-être plus dans l'industrie.
05:27Moi, j'habite au Jura, donc c'est de l'élevage en bio,
05:30avec un système de coopérative qui marche plutôt bien.
05:34Et je pense que les gens se sentent peut-être un peu loin des raisonnements de la FNSEA.
05:39Surtout, est-ce qu'on n'aurait pas pu tester la surveillance ?
05:43Merci, merci Martine.
05:45Donc alors, un autre protocole d'abord, et ensuite, quels intérêts défendez-vous ?
05:49Alors, je vais essayer de répondre à Martine d'abord.
05:51Moi, Martine, je suis agriculteur dans une petite commune qui s'appelle Trocy-en-Mulcien,
05:55dans laquelle ma famille habite depuis des générations.
05:57Et moi, je défends une agriculture qui vit de son métier,
06:02qui produit et qui s'intéresse aussi à la valeur que créent ces produits au-delà de la ferme.
06:05Et je crois l'avoir déjà beaucoup exprimé.
06:09Et est-ce que notre protocole était possible ?
06:11Martine, nous avons évidemment posé cette question aux autorités sanitaires.
06:15Il y a déjà bien longtemps, en plein cœur du mois de juillet,
06:18quand dans les Savoies, la maladie explosait
06:20et qu'on expliquait qu'il fallait abattre les troupeaux contaminés,
06:24nous avons posé ces questions il y a plus de six mois.
06:26Et aujourd'hui, les spécialistes nous disent, et encore une fois, je ne le suis pas,
06:31les spécialistes nous disent que la science aujourd'hui, pour protéger les troupeaux,
06:34pour protéger les troupeaux et pour faire en sorte qu'on ait le moins d'abattage,
06:38même si je sais que c'est un drame absolu pour un éleveur qui est obligé d'abattre son troupeau,
06:44c'est la meilleure solution de défendre l'élevage français dans son intégralité.
06:48Parce que si on ne le fait pas, on risque d'avoir des conséquences bien plus graves.
06:54C'est en tous les cas, encore une fois, ce que nous dit le consensus scientifique.
06:57Alors Arnaud Rousseau, hier, la ministre de l'Agriculture a annoncé l'accélération de la vaccination généralisée des bovins dans dix départements.
07:05Pour autant, ça ne calme pas la colère de ceux qui sont mobilisés aujourd'hui.
07:10Et nous avons avec nous le porte-parole national de la Confédération Paysanne.
07:15Bonjour, monsieur.
07:16Bonjour.
07:17Qu'est-ce que vous souhaitez dire à Arnaud Rousseau ?
07:20Eh bien, vu que monsieur Rousseau semble pour une fois se ranger du côté de la science,
07:25pourrait-il nous dire pourquoi vous êtes-vous opposé à l'ouverture vaccinale sur l'ensemble du territoire dès le début de la crise ?
07:32Position que nous avons portée depuis le début avec la Confédération Paysanne
07:35et qui aurait pu éviter les drames que nous subissons aujourd'hui dans le sud-ouest.
07:40Cette position aurait pu permettre une couverture vaccinale effective.
07:44Et comme le dit l'EFSA, nous aurions pu nous passer de l'abattage total.
07:49Réponse d'Arnaud Rousseau sur cette question de la vaccination généralisée sur tout le territoire.
07:55C'est ce pourquoi certains plaident et vous vous y opposez.
07:57Vous n'êtes pas les seuls d'ailleurs.
07:58Le lobby de la viande, également réponse aux porte-parole de la Confédération Paysanne.
08:03Oui, je suis un peu surpris de cette question de mon collègue, mais je vais essayer de l'éclairer.
08:07En fait, le sujet est double.
08:09Je l'ai dit, c'est comment nous abattons le moins possible d'animaux,
08:13parce que c'est quand même ça l'objectif avec le drame que ça représente, je l'ai dit,
08:16et comment de l'autre côté, le prix de nos produits pour lesquels nous nous défendons depuis des années,
08:21ne s'effondre pas.
08:22Parce qu'aujourd'hui, ce que nous disent, encore une fois, les autorités européennes,
08:27et nous sommes en train de le vérifier,
08:30c'est que le risque majeur, c'est que la France sorte du caractère indemne de la maladie.
08:35Aujourd'hui, la France est considérée, au regard de Bruxelles, comme étant indemne de la maladie.
08:40Parce qu'il faut expliquer, pour ceux qui nous écoutent,
08:42quand des bovins sont vaccinés, quand il y a des zones vaccinées,
08:46elles sortent de cette catégorie-là, et donc c'est plus difficile à l'export ?
08:49C'est même plus difficile sur le marché intérieur,
08:52parce que vous savez, là, quand on va dans l'arc pyrénéen vacciné,
08:55et je l'espère le plus rapidement possible,
08:57les animaux ne bougent plus.
08:59Et quand les animaux ne bougent plus, ils ne peuvent pas sortir de cette zone,
09:02si ce n'est pour aller à l'abattoir dans la zone ou tout à fait à côté,
09:07et qu'évidemment, il y a des impacts de marché.
09:08Ils ont déjà commencé ces impacts de marché.
09:11Vous savez, quand vous allez voir un éleveur de bovins à l'étang de la Loire, par exemple,
09:16qui a déjà subi la vaccination parce que nous avions eu un cas dans le Rhône,
09:20il nous dit, le prix de mon produit qui valait de l'ordre de 6 euros du kilo est passé à 5.
09:24Donc il y a des impacts.
09:25Mais donc, Arnaud Rousseau, vous entendez ce qu'ils disent.
09:28En réalité, la FNSEA s'oppose à un protocole de vaccination généralisée
09:31pour des raisons économiques, commerciales ?
09:34Mais bien sûr, nous, on représente les éleveurs.
09:36Mais que se passera-t-il pour tout le reste de la France ?
09:39Vous savez, il y a aujourd'hui 11 départements qui sont touchés.
09:42On en a plus de 90 en France.
09:44Moi, j'ai la préoccupation de ceux qui sont en ce moment dans la panade.
09:47Mais j'ai aussi la préoccupation des autres.
09:49Il y a d'autres grandes zones d'élevage en France.
09:50Je pense notamment au Grand Ouest.
09:52On doit veiller à ce que les prix...
09:54Enfin, pardon, mais vivre du prix des produits,
09:56c'est ce qu'on porte depuis des années.
09:58Je ne vais pas dire le contraire aujourd'hui.
09:59Donc, si ça ne devait pas tenir,
10:01parce que la maladie se développe trop vite,
10:03on sera nécessairement amené à vacciner toute la France.
10:07Et si c'est la seule solution, il faudra le faire.
10:10Pour peu que, un, on ait les vaccins,
10:11ce qui n'est pas nécessairement le cas aujourd'hui,
10:14et que, deux, on n'en ait pas d'alternative.
10:15Mais nous, on veut défendre aussi le prix de nos produits.
10:18Avant de continuer à dérouler
10:19et d'essayer de comprendre votre position
10:21sur la dermatose nodulaire contagieuse,
10:22un mot sur les toutes dernières annonces du gouvernement.
10:24Florence l'évoquait.
10:26Annie Gennevard, qui, hier soir,
10:28veut accélérer la vaccination localisée.
10:30Elle parle de 750 000 animaux,
10:33avec la mobilisation de vétérinaires,
10:35volontaires, de l'armée aussi.
10:37Est-ce que ça, c'est des annonces que vous soutenez,
10:39qui vont dans le bon sens,
10:40et qui sont à même, selon vous,
10:41d'endiguer la progression de l'épidémie ?
10:43Plus on ira vite pour vacciner
10:45les départements qui sont aujourd'hui concernés,
10:48mieux ce sera, évidemment.
10:49Et ça ne suffira pas d'aller vite,
10:51puisque vous savez que derrière,
10:51il faut attendre près d'un mois
10:54pour qu'on soit sûr que l'inocuté
10:56soit au rendez-vous.
10:56Et encore faudra-t-il que tout le monde le fasse.
10:58Donc, plus ça va vite
10:59et plus les gens sont mobilisés.
11:00Et d'ailleurs, nous avons appelé, nous,
11:01nos réseaux à nous mobiliser
11:03pour vacciner le plus vite possible.
11:05Mais en entamant,
11:06la maladie continue à être présente
11:08et on a besoin absolument de la contrôler.
11:09Je rappelle aussi
11:10qu'on a impérieusement besoin
11:12qu'il n'y ait pas de déplacement d'animaux
11:14qui soient contrevenants à la règle
11:17pour éviter de transporter la maladie.
11:19Donc, on est dans une course contre la montre
11:20et tout ce qui arrive vite aura du sens.
11:22Et puis, il faut préparer le coup d'après,
11:24c'est-à-dire préparer des vaccins
11:25si on devait avoir à se déployer
11:29à d'autres endroits.
11:30Mais je le redis,
11:32dans ce moment de grande tension,
11:35il y a vraiment quelque chose à faire.
11:37Je voudrais dire un mot sur l'Occitanie
11:38parce que vous n'en avez pas parlé.
11:40Mais cette région,
11:41qui est une grande région agricole,
11:42elle cumule tout ce que l'agriculture subit
11:44depuis des années.
11:45Le changement climatique,
11:46l'absence de vision,
11:49l'absence de déploiement de filières
11:51qui permettent de rapporter des choses,
11:53ça met les gens dans la désespérance.
11:55Et pourquoi la DNC,
11:57la dermatose a fait la goutte d'eau ?
11:59Parce que sur ces réponses,
12:00et notamment sur les sujets de stockage de l'eau,
12:03nous n'avons pas avancé.
12:03Pour faire de l'agriculture,
12:04il faudra continuer aussi
12:05à donner les moyens à l'agriculture de vivre.
12:07Pour vacciner,
12:09il faut des vétérinaires.
12:11Il va y avoir des...
12:12On va mobiliser des vétérinaires militaires,
12:14des volontaires.
12:16Or, ces vétérinaires,
12:17ils font l'objet de menaces,
12:18jusqu'à des menaces de mort.
12:20Est-ce que c'est déjà arrivé ?
12:22Normalement, ce sont vos...
12:23Vous travaillez étroitement,
12:24le monde agricole travaille avec les vétérinaires.
12:26Qu'est-ce qui se passe dans un moment comme ça
12:28pour qu'on menace les vétérinaires ?
12:31Écoutez, moi, c'est quelque chose
12:32qui me perturbe beaucoup.
12:34Vous savez, le vétérinaire dans un élevage,
12:36c'est le médecin de famille.
12:36C'est celui qui vous connaît.
12:38C'est celui qui rentre chez vous depuis des années.
12:41C'est celui qui a la compétence.
12:42C'est celui que vous appelez à des heures avancées
12:44parce que vous avez un village qui ne se passe pas bien.
12:48Enfin, c'est celui qui vous accompagne.
12:50Et aujourd'hui, un certain nombre de gens
12:51ont perdu la raison et menacent des vétérinaires.
12:54Moi, je voudrais d'abord dire aux vétérinaires
12:56qu'on a besoin d'eux.
12:58Que ce qui se passe en ce moment n'est pas acceptable
13:00et que nous dénonçons les menaces dont ils font l'objet.
13:03Je le redis, le vétérinaire,
13:05c'est le partenaire nécessaire d'un élevage
13:07et on a besoin d'eux.
13:08Et vous savez, ma crainte,
13:10c'est que déjà, les vétérinaires ruraux
13:11sont de moins en moins nombreux
13:12et que si on ne les soutient pas,
13:14un jour, un certain nombre d'entre eux disent
13:15« moi, j'arrête ce métier ».
13:16On a besoin d'eux, on les soutient.
13:18Et moi, je veux qu'ils sachent que,
13:20pour ce qui nous concerne, on est à leur côté.
13:21Juste avant de parler du Mercosur,
13:23est-ce que vous voyez dans certains discours
13:25des résurgences ou des parallèles
13:28avec ce que l'on a vu au moment du Covid ?
13:30Des discours anti-sciences, anti-vax ?
13:33Est-ce que vous avez l'impression
13:34qu'on est dans une forme de parallélisme des situations ?
13:37Oui, c'est évident.
13:38C'est évident, c'est ce qu'on observe.
13:42Et d'ailleurs, l'analyse des réseaux sociaux en témoigne.
13:46On a aujourd'hui des gens qui remettent en cause
13:50le consensus scientifique.
13:51Encore une fois, je le dis, sur la dermatose,
13:52je ne suis pas compétent.
13:55On parle à des gens qui travaillent depuis 20 ans
13:57sur cette maladie en France et à l'international.
13:59Est-ce qu'on remet en cause leur expertise ?
14:02Et je ne dis pas l'expertise de 1,
14:03parce que j'ai compris qu'il y avait du débat scientifique,
14:05et tant mieux.
14:06Mais à la fin, après le débat scientifique,
14:08il y a un consensus scientifique.
14:10Donc oui, on observe la même chose que pendant le Covid.
14:12Mais encore une fois, je laisse ça de côté.
14:14Et ce qui m'intéresse, c'est comment on neutralise la maladie,
14:17qui n'a pas de caractère politique.
14:19Elle s'en moque de ces débats-là, pardon.
14:20Et comment on fait pour aller le plus vite possible,
14:22pour l'éradiquer ?
14:23Alors, l'autre grande inquiétude,
14:25et qui est une inquiétude à plus long terme
14:27que vous avez à la FNSEA,
14:29c'est ce traité du Mercosur,
14:31que la Commission européenne espère pouvoir signer,
14:35en fait, espère pouvoir aboutir en fin de semaine.
14:37Vous allez, vous, au sommet des chefs d'État,
14:40jeudi, vous appeler à manifester.
14:41On attend 10 000 agriculteurs à Bruxelles, c'est demain,
14:44pour essayer de faire pression,
14:46parce que vous refusez absolument
14:48ce traité de libre-échange avec les pays d'Amérique du Sud.
14:52Est-ce que vous espérez encore être entendu
14:54là où Emmanuel Macron, manifestement,
14:57ne l'est pas auprès de Bruxelles ?
14:59Alors évidemment, on sera nombreux à Bruxelles demain.
15:02De tous les pays européens, vous savez,
15:03tous mes collègues agriculteurs de tous les pays européens
15:05seront présents pour dire non à cet accord.
15:08Nous, pour ce qui nous concerne en France,
15:09on a deux objectifs.
15:10D'abord, que la France dise non.
15:13Et pas parce que...
15:14Quel point de vue ?
15:15Attendez.
15:16Moi, vous savez, je vais attendre de voir
15:18ce qu'est la décision du chef de l'État.
15:20Je le dis parce que
15:22ce n'est pas un parti pris corporatiste.
15:25C'est que la France a la première agriculture d'Europe.
15:28Et que le rôle d'un chef d'État,
15:29c'est de défendre les intérêts de son pays.
15:30Vous ne le trouvez pas clair ?
15:31Parce que là, honnêtement,
15:32les prises de parole ces derniers jours
15:34des membres du gouvernement sont assez claires.
15:35Ils disent tous,
15:36le Mercosur est inacceptable en l'État.
15:37Très bien.
15:39Eh bien, écoutez, nous verrons.
15:40Moi, je souhaite en tous les cas
15:41que la France vote non.
15:42C'est clair.
15:43Et j'attendrai de voir
15:44ce qu'est la position du président de la République.
15:46Je dis ça parce que,
15:47Benjamin Duhamel,
15:48depuis quelques mois,
15:49on a vu quand même
15:50quelques mouvements
15:51entre
15:52nous sommes contre en l'État
15:54et nous sommes pour,
15:55mais vigilants.
15:56Donc voilà.
15:57Je souhaite que le chef de l'État
15:58s'oppose.
16:00Et puis ensuite,
16:01la question,
16:02c'est celle du poids de la France à Bruxelles.
16:04Le président de la République,
16:05président de la République française,
16:06pays fondateur
16:08de ce qu'a été l'Europe,
16:10de ce qu'est l'Europe,
16:11a-t-il les moyens
16:12d'expliquer à ses collègues
16:13qui, par ailleurs,
16:14ont des intérêts ?
16:15Moi, je comprends
16:15que les Allemands
16:16veulent défendre leur industrie.
16:17Je dis d'ailleurs
16:18qu'il peut y avoir
16:18des intérêts offensifs
16:19pour l'Europe
16:20dans cet accord.
16:21Mais pour nous,
16:22le fond du sujet,
16:23c'est qu'on ne peut pas
16:24importer en Europe
16:25des produits agricoles
16:26qui ne respectent pas
16:27les normes
16:28qu'on nous impose.
16:29C'est assez simple à comprendre.
16:30Vous mettez le doigt
16:31là où réside
16:32la principale difficulté.
16:34Même si Emmanuel Macron
16:35est d'une clarté absolue
16:36sur son refus du Mercosur,
16:37la France n'a pas
16:38la capacité seule
16:39de s'y opposer.
16:40Vous allez vous mobiliser demain,
16:4110 000, 15 000 agriculteurs.
16:43À la fin des fins,
16:44en l'état,
16:45l'hypothèse la plus probable
16:46est que ce Mercosur
16:47soit signé,
16:47même si la France
16:48s'y oppose.
16:48Donc, il y a une sorte
16:49d'impuissance,
16:50malgré vos mots ce matin
16:51et malgré la mobilisation ?
16:53Alors, non,
16:54puisque vous avez entendu
16:55que depuis quelques jours,
16:56des pays s'interrogent
16:57pour dire qu'il ne faut pas
16:58le faire tout de suite,
16:58l'Italie notamment.
17:00Et puis, pardon,
17:00mais il y a un co-législateur.
17:03Il y aura besoin
17:03que le Parlement,
17:04que les eurodéputés
17:05se prononcent également.
17:06Donc, le combat
17:07n'est pas fini.
17:08Mais bien sûr,
17:09observer le poids
17:10de la France à Bruxelles,
17:11c'est pour nous aussi
17:13un crève-cœur
17:13si ça ne devait pas aller au bout.
17:15Nous, on reste mobilisés.
17:16C'est notre job de le faire.
17:18C'est notre mission de le faire.
17:19C'est la mission
17:20d'attirer le pouvoir public.
17:21Et puis, quand même,
17:21un petit mot pour vous dire
17:23que les deux chambres françaises,
17:26le Parlement,
17:27l'Assemblée nationale
17:28comme le Sénat hier,
17:29ont dit non.
17:30L'opinion publique
17:31est majoritairement contre.
17:32Mais quand le Parlement dit non,
17:33quand le président de la République
17:34dit non,
17:35ça pose aussi la question
17:36de ce qu'est la France aujourd'hui
17:38et de ce qu'elle pèse à Bruxelles.
17:39Alors, la France,
17:40jusqu'ici,
17:41elle a quand même obtenu
17:41ces mesures de sauvegarde
17:43qui ont été approuvées hier,
17:44qui permettent de suivre
17:45un certain nombre
17:46de produits sensibles
17:47et de marcher le bœuf,
17:49la volaille, le sucre
17:50qui, en cas de souci
17:52avec l'importation
17:54de produits d'Amérique latine,
17:56on pourrait réinstaurer
17:57les droits de douane,
17:58ces mesures de sauvegarde,
18:00elles ne sont pas suffisantes
18:01pour vous ?
18:02Alors, non,
18:03elles ne sont pas suffisantes,
18:04même si c'est mieux que rien.
18:05Et surtout,
18:06moi, la question que je pose,
18:07c'est est-ce qu'il a été voté
18:08hier au Parlement à Strasbourg
18:10va tenir aujourd'hui en trilogue ?
18:12Puisque vous savez qu'une fois...
18:13Alors, trilogue,
18:13il faut expliquer...
18:14C'est la discussion
18:15entre le Parlement,
18:17les chefs d'État
18:17et de gouvernement
18:18et la Commission.
18:19Voilà, donc c'est
18:20les trois acteurs
18:23des décisions européennes
18:24qui se voient aujourd'hui
18:26et il est tout à fait
18:28à parier que ce qu'a voté
18:29le Parlement hier
18:31ne tienne pas,
18:32en tous les cas,
18:32dans les amendements
18:33qui ont été proposés.
18:34Voilà, donc moi,
18:35vous savez,
18:35je laisse le débat démocratique
18:37s'opérer en Europe
18:38mais encore une fois,
18:38les inquiétudes sont là
18:39et elles sont fondées.
18:40Pardon Rousseau,
18:41projetons-nous,
18:41puisqu'on parlait tout à l'heure
18:42de ces blocages,
18:44de cette colère,
18:44si, en fin de semaine,
18:46le Mercosur est adopté,
18:47si la présidente
18:49de la Commission européenne,
18:50Ursula von der Leyen,
18:51va paraffer définitivement
18:52au Brésil
18:53ce traité de libre-échange.
18:55Que se passera-t-il ?
18:56Est-ce que ça veut dire
18:57qu'au moment des fêtes,
18:58il y aura des mobilisations massives ?
18:59Qu'à ce moment-là,
19:00la colère agricole
19:01prendra des proportions inégalées ?
19:03Qu'est-ce que vous dites
19:04ce matin au gouvernement
19:07si ce traité de Mercosur
19:08est adopté ?
19:09Mais on dit
19:10ce qu'on dit depuis des mois,
19:11Benjamin Duhamel,
19:12il n'y a pas de nouveauté
19:12sous le soleil.
19:13On explique que pour nous,
19:14c'est inacceptable
19:15parce qu'on ne peut pas
19:16en voir en France
19:17pour protéger le consommateur,
19:19pour assurer une alimentation
19:20de qualité des standards élevés
19:21et nous expliquer
19:22que ça vient d'ailleurs.
19:23Donc évidemment
19:24qu'on se mobilisera
19:25sur le sujet.
19:26Ça sera comme on le fait toujours
19:27à la discrétion des départements
19:28parce que tout le monde
19:30n'a pas les mêmes contraintes
19:31en ce moment
19:31en fonction de là
19:32où ils se trouvent.
19:33Mais on appellera nos réseaux
19:34à se mobiliser évidemment.
19:36A bloquer des axes autoroutiers ?
19:39Chacun décidera là où il est,
19:40à aller contrôler dans les ports
19:41les importations de marchandises,
19:43à faire en sorte
19:43d'alerter l'opinion publique.
19:45Ça n'est pas tenable pour nous
19:46et ça n'est pas un sujet
19:47de volume
19:48parce que j'entends dire
19:49de ci de là
19:49que finalement c'est assez peu.
19:51Ce n'est pas un sujet de volume,
19:52c'est un sujet de réciprocité.
19:54Est-ce que les règles
19:55que nous avons choisies
19:57en Europe
19:58et qui s'appliquent en France
19:59s'appliquent quand ça vient d'ailleurs ?
20:00Nous on dit oui
20:01mais on dit oui
20:02vous savez pour l'agriculture
20:03mais j'ai entendu les débats
20:05sur Chine il y a quelques semaines.
20:06C'est le même sujet.
20:07Si on veut maintenir
20:08une capacité productive
20:09en Europe
20:10et singulièrement en France
20:11on a besoin
20:12de mettre de la réciprocité
20:13et des contrôles
20:14parce que ça
20:15personne n'en parle non plus.
20:16Juste un mot sur le symbole.
20:17Le 21 février
20:18le salon de l'agriculture
20:19s'ouvrira.
20:20C'est un moment important
20:21pour les Français
20:21pour les responsables politiques
20:22qui s'y rendent à chaque fois.
20:24Si le Mercosur
20:24rentre en vigueur
20:25vous promettez
20:26un salon de l'agriculture
20:27agité, musclé
20:29pour les membres du gouvernement
20:31l'exécutif
20:32qui s'y rendront ?
20:33Vous savez
20:33on a déjà vécu
20:33un salon de l'agriculture
20:34cataclysmique
20:35il y a deux ans
20:35au moment où le président
20:37de la République
20:37avait proposé un débat
20:38avec les soulèvements de la terre
20:39qui avait rendu
20:40les agriculteurs
20:40absolument dingues.
20:42Aujourd'hui
20:43le salon de l'agriculture
20:44c'est le rendez-vous
20:44des agriculteurs
20:46avec les Français
20:47et nous on souhaite
20:48qu'ils soient
20:48le plus apaisés possible.
20:50On n'a pas du tout envie
20:50d'un champ de bataille
20:52au salon de l'agriculture
20:52parce que c'est aussi
20:53le moment où on veut
20:54faire passer des messages.
20:55Enfin disons les choses clairement
20:56si c'était le chaos
20:59d'ici le salon de l'agriculture
21:00je doute qu'il se passe bien.
21:02Et le chaos
21:03ça veut dire
21:03le chaos
21:04ça veut dire
21:04qu'il n'y a pas de réponse
21:06à la crise
21:06il y a
21:07la continuité
21:09d'une politique
21:09qui ne permet pas
21:10l'agriculture
21:11de se relever
21:12enfin je le redis
21:13on avait en France
21:14une balance commerciale
21:15excédentaire
21:15depuis près de 45 ans
21:16elle va être à zéro
21:17cette année
21:18que ce soit
21:19j'ai parlé de l'Occitanie
21:20on a beaucoup parlé
21:21de l'élevage
21:21mais pardon
21:22je n'oublie pas
21:22la viticulture
21:23qui traverse une crise majeure
21:24les productions
21:25de grandes cultures
21:26en Occitanie
21:26mais dans le reste
21:27de la France
21:28en zone intermédiaire
21:29mettre les exploitations
21:30dans des situations
21:31intonables
21:31nous n'avons pas
21:33de vision agricole
21:34nous la réclamons
21:35depuis des années
21:36on n'est pas fichu
21:37de savoir ce qu'on veut faire
21:38de l'agriculture
21:38mais si on veut arrêter
21:39mais qu'on ait le courage
21:40de nous le dire
21:41la viticulture
21:42qui pourrait tirer
21:43quelques bénéfices
21:43du Mercosur
21:44la filière des vins
21:45des spiritueux
21:46oui mais vous avez noté
21:48que par ailleurs
21:48ils sont malgré tout
21:49en crise
21:49et qu'ils ne réclament pas
21:50à Coréa Christa
21:51parce que le sujet
21:52c'est aussi les vins
21:53qui arrivent
21:53avec de la francisation
21:54c'est-à-dire en fraude
21:55c'est l'organisation
21:57de la structure
21:57le changement climatique
21:59qui frappe
22:00donc c'est toujours
22:01un cumul de raisons
22:03mais ce qui manque
22:03encore une fois
22:04c'est une vision
22:05et surtout des décisions
22:06nous avons Jean-Louis
22:08au standard
22:08puisque vous parlez
22:10de vision
22:10de l'agriculture
22:11lui a une question
22:12à vous poser
22:12il se projette
22:13Jean-Louis
22:13bonjour
22:14bienvenue
22:15oui bonjour
22:16François Inter
22:16bonjour
22:17monsieur Rochon
22:18si l'on se projette
22:19un petit peu
22:20dans l'avenir
22:20si l'on se projette
22:23vers 15 ou 20 ans
22:24quel est selon vous
22:26le choix
22:26le plus difficile
22:27mais indispensable
22:28que l'agriculture française
22:30devra faire
22:31pour rester à la fois
22:33productive
22:33et désirable
22:35pour ceux qui voudront
22:36encore devenir
22:37agriculteurs
22:38merci
22:39merci Jean-Louis
22:40merci beaucoup
22:41de cette question
22:41parce que c'est
22:42la question de fond
22:43moi je crois
22:44qu'il y a trois niveaux
22:45pour répondre
22:46à Jean-Louis
22:47sur l'avenir
22:48de l'agriculture
22:49la manière
22:50dont on la structure
22:51d'abord c'est le cadre
22:52dans lequel on va évoluer
22:54est-ce que oui ou non
22:55on a des règles
22:56et un cadre
22:56qui finalement
22:57protège ces règles
22:58donc pas pour se refermer
23:00sur nous-mêmes
23:00on aura besoin
23:01de continuer à échanger
23:02mais c'est le cadre
23:03d'action
23:03c'est-à-dire que pour faire
23:04des choses
23:05il faut qu'on ait un cadre
23:05et que ce cadre
23:06soit respecté à l'intérieur
23:07et soit respecté à l'extérieur
23:09première chose
23:09le cadre
23:10ensuite
23:11on aura besoin
23:12de la confiance
23:12des consommateurs
23:13parce que
23:15continuer à produire
23:16une alimentation
23:16parmi les plus durables
23:17de la planète
23:18nécessite aussi
23:19qu'on ait la confiance
23:21des gens qui achètent
23:22nos produits
23:22et moi je suis désolé
23:23je vous ai parlé du prix
23:24tout à l'heure
23:24pour continuer à vivre
23:26on a besoin
23:27de vendre nos produits
23:28que ces produits
23:29soient reconnus
23:29comme étant de qualité
23:30contrôlés
23:31et que les consommateurs
23:32aient confiance
23:33ce qui n'est pas toujours
23:35le cas
23:35on l'a vu
23:36notamment avec la loi
23:37du plomb
23:37la réintroduction
23:38des pesticides
23:39ça contrarie
23:40un certain nombre
23:41de consommateurs
23:41ce qui n'est pas toujours
23:41le cas
23:42et puis vous savez
23:42il y a beaucoup de gens
23:43qui disent
23:43qu'ils veulent consommer
23:45français
23:45mais dans lequel
23:46l'acte d'achat
23:46ne traduit pas
23:47le déclaratif
23:48voilà
23:49c'est très bien documenté
23:50mais qu'est-ce que vous leur dites
23:51on a beaucoup de questions
23:52d'auditeurs
23:53qui pointent
23:55l'utilisation massive
23:55des pesticides
23:56des agriculteurs
23:57et qui semblent
23:58en tout cas
23:59perdre confiance
24:00de ce point de vue là
24:01je leur dis qu'il ferait bien
24:03d'aller faire un tour
24:04dans les pays du Mercosur
24:05pour voir qu'on a fait nous
24:06des progrès absolument dingues
24:07et que la plupart des produits
24:08utilisés là-bas
24:09par exemple sur le maïs
24:10qu'on importe
24:1175% des matières actives
24:13utilisées sur le maïs
24:14dans les pays du Mercosur
24:15est interdite en Europe
24:16mon troisième point
24:16pour aller jusqu'au bout
24:17et juste pour prolonger
24:18ce que dit Florence
24:19des auditeurs qui soulignent aussi
24:20on a beaucoup de commentaires
24:21sur l'application
24:22qui soulignent une sorte
24:23de double discours
24:24sur la science
24:25c'est-à-dire
24:25monsieur Rousseau
24:26il vient au micro
24:26parler de la science
24:28sur la question
24:28de la dermatose nodulaire
24:29mais quand il était question
24:30de la loi du plomb
24:31et des pesticides
24:32là il entendait moins la science
24:33qu'est-ce que vous répondez
24:34à cette argument ?
24:34Non non je ne dis pas ça
24:36vous savez je rappelle
24:37que l'acétamipride
24:37pour revenir à ce vieux souvenir
24:39de l'été
24:39il est autorisé en Europe
24:40dans tous les pays européens
24:41sauf en France
24:42et qu'il est autorisé
24:43par une autorité sanitaire
24:44qui s'appelle l'EFSA
24:45donc vous voyez je suis très cohérent
24:46et moi si l'EFSA demain dit
24:48on interdit l'acétamipride
24:49en Europe
24:50ça ne me pose aucun problème
24:51ce sera un sujet de santé publique
24:52mais quand elle dit
24:53que c'est autorisé partout
24:54sauf en France
24:54je suis cohérent
24:55avec ce que je vous ai dit tout à l'heure
24:56c'est la science
24:57toute la science
24:58c'est réclasante
24:58mon troisième point
24:59malgré tout pour la question
25:00parce que je pense à la jeunesse
25:01c'est le revenu des producteurs
25:03vous savez si on veut attirer des jeunes
25:04il faudra qu'ils puissent vivre
25:06de ce métier
25:06parce qu'on peut raconter
25:07l'histoire qu'on veut
25:08mais si à la fin du mois
25:09à la fin de l'année
25:10on ne vit pas avec un revenu décent
25:11et qu'on ne peut pas se projeter
25:12alors il n'y aura plus d'agriculture
25:14et c'est notamment le sujet
25:15de la réforme de la politique agricole commune
25:17mais on n'a pas le temps d'en parler
25:18ce sera pour une autre fois
25:19merci beaucoup Arnaud Rousseau
25:21permettez-moi de dire
25:22tout mon soutien aux agriculteurs
25:23parce que je sais que c'est très difficile
25:24sur le terrain en ce moment
25:25merci Arnaud Rousseau
25:26d'avoir été avec nous ce matin
25:27sur France Inter
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