Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 semaines
Astrid de Villaines, journaliste et productrice de "L'Esprit public" sur France Culture, son livre "Décrypter les institutions politiques" (Larousse), Eric Fottorino,écrivain et fondateur du "1hebdo" et de "Légende", Bruno Jeudy, directeur délégué de La Tribune Dimanche sont les invités de 8h20.

Retrouvez tous les entretiens de 8h20 sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-du-week-end

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Et un grand entretien ce matin consacré à la crise politique après Sébastien Lecornu.
00:06Sébastien Lecornu, comment comprendre les raisons d'Emmanuel Macron ?
00:10Son silence également, comment imaginer la suite de ce qui s'apparente ou ce qui est décrit comme un feuilleton politique ?
00:17Une situation politique en tout cas inédite.
00:20Vos questions chers auditeurs, vos réactions au 01 45 24 7000, on attend vos questions au standard ou l'application Radio France.
00:29C'est trois invités au micro d'Inter et ils sont là pour nous aider à comprendre ce qui s'est produit hier à 22h.
00:37Astrid De Vilaine, bonjour.
00:39Bonjour.
00:40Productrice de l'Esprit Public chez nos amis de France Culture, c'est tous les dimanches à 11h.
00:45Et je rappelle votre livre Décrypter les institutions politiques.
00:49Et on va avoir besoin de ce décryptage, justement, livre publié chez Larousse.
00:53Eric Fautorino, bonjour.
00:55Bonjour Alim.
00:55Écrivain, ancien directeur du journal Le Monde, fondateur de l'hebdole 1 et de légende avec un dernier numéro magnifique consacré justement à Robert Badinter, au Panthéon.
01:07Bruno Jeudy, bonjour.
01:08Bonjour Alim.
01:09Grande plume du journalisme politique, directeur délégué de la tribune dimanche.
01:14On va démarrer par une question toute simple, en un mot.
01:17Qu'avez-vous ressenti ou comment qualifier ce qui s'est produit hier à 22h lorsque vous appreniez ou que vous étiez conforté dans l'idée qu'Emmanuel Macron reconduisait Sébastien Lecornu à Matignon ?
01:32On commence avec vous Bruno Jeudy.
01:34Alors personnellement, je n'ai pas été surpris puisque moi je m'attendais à cette nomination la veille.
01:40Elle a juste été retardée de quelques heures.
01:42Mais s'il faut la qualifier d'un mot, je dirais quand même qu'elle est votre villesque.
01:46Astrid De Vilaine.
01:47Je dirais entêtement.
01:48Entêtement ? Et quant à vous Eric Fautorino ?
01:50C'est tôt de citer Marx ce matin, mais l'histoire se répète deux fois, d'abord sous le mode tragique et après comme une farce. Là c'est la farce.
01:58Un homme politique est condamné à se répéter ou à se contredire.
02:01On aurait pu citer Léon Blum également.
02:04Mais revenons sur les raisons d'Emmanuel Macron.
02:06Est-ce que vous les comprenez tout simplement, Astrid De Vilaine ?
02:10Non honnêtement, sans vouloir paraphraser son ancien Premier ministre Gabriel Attal,
02:13ça fait plusieurs mois, voire années, que je ne comprends pas du tout les décisions.
02:18La dissolution a été comme une forme de suicide politique et depuis il commet les mêmes erreurs,
02:23c'est-à-dire nommer des premiers ministres qui ont des tout petits socles à l'Assemblée nationale.
02:26Prenons évidemment Michel Barnier, une cinquantaine de députés LR qui tombent.
02:32Prenons François Bayrou, 35 députés Modem.
02:35Il tombe, Le Cornu 1, il tombe en moins de 24 heures, c'est du jamais vu.
02:40Alors, et on oublie un peu, qu'il avait mis un mois à essayer de composer un gouvernement
02:44qui finalement avait la même tête que celui d'avant, sans aucune piste dévoilée de son budget.
02:49Et là il renomme Le Cornu 2.
02:51Honnêtement, je pense qu'il y a de l'incompréhension.
02:53Et j'espère que tous ceux qui étaient dans la petite pièce,
02:55enfin la grande salle des fêtes de l'Elysée, vont aller sur le terrain ce week-end
02:58voir ce qu'en pensent les Français.
03:00Parce que je pense qu'il y a une grande interrogation, voire de la colère.
03:03Les raisons d'Emmanuel Macron, Bruno Jeudy,
03:04parce que cette décision ne peut pas être qu'incompréhensible ou irrationnelle.
03:08Oui absolument.
03:10Je crois quand même que dans cette confusion qu'il a lui-même créée,
03:14il essaie maintenant de trouver une solution pour éviter la dissolution
03:19qui, faut-il le rappeler, est l'objectif de la plupart des formations politiques
03:24représentées à l'Assemblée nationale.
03:25Il ne faut pas se tromper, à part le Rassemblement national,
03:28toutes veulent éviter la dissolution, même s'ils vont en répétant
03:32« on ira à la dissolution ».
03:33Non, ils ne veulent pas aller à la dissolution.
03:35Et surtout, la dissolution qui a coûté cher,
03:38il y a aussi une pression du monde économique,
03:42de beaucoup de l'environnement aussi national,
03:48qui pensent que de toute façon, il faut éviter la dissolution
03:53parce que ça coûte cher, parce que ça bloque le pays,
03:56et parce qu'on va attendre les échéances qui viendront,
04:01tôt ou tard, la présidentielle.
04:03Et c'est ce qu'a essayé d'éviter le président,
04:05avec la seule solution qu'il avait sous la main,
04:08Sébastien Lecornu, au risque de prendre le risque,
04:11peut-être de se retrouver la semaine prochaine,
04:13à la même place, a dit, avec peut-être un Premier ministre censuré.
04:16Donc, un début d'explication, Éric Fautorino,
04:19les raisons d'Emmanuel Macron, est-ce que vous les comprenez ?
04:21Est-ce que vous pouvez les expliquer ?
04:22Je crains de les comprendre, mais elles relèvent peut-être plus,
04:26en plus des éléments édents très politiques.
04:27C'est dans l'Hébdole 1 qu'Emmanuel Macron, candidat,
04:30avait décrit le rôle du président de la République
04:32comme véritablement celui d'un monarque et d'un monarque républicain.
04:35Oui, vous avez bonne mémoire.
04:37C'est vrai qu'il avait dit, il y a la place du roi qui n'est plus occupée.
04:40Il y a eu deux moments importants,
04:43après qu'on a coupé la tête au roi,
04:44c'était le moment napoléonien, le moment gaulien.
04:47Et lui s'installait en creux dans ce fauteuil, dans ce trône.
04:52Non, moi, c'est plus la folie au sens d'Einstein,
04:57quand il dit que la folie, c'est de croire qu'en faisant toujours la même chose,
05:02on va avoir un résultat différent.
05:04Ce n'est pas possible.
05:05Et là, effectivement, on refait la même chose depuis la dissolution,
05:08comme l'a dit Asri de Villene.
05:09Depuis la dissolution, ce n'est pas tellement lisible.
05:12Ou alors, ça veut dire qu'on a un président adolescent
05:14qui joue à quelque chose, c'est son jouet.
05:17Il l'a cassé à moitié, mais il ne veut pas que les autres jouent avec.
05:20Donc, c'est lui qui veut garder la main
05:22pour essayer de trouver des combinaisons
05:24dont on voit qu'elles sont vraiment vouées à une forme d'échec.
05:28Alors justement, Asri de Villene, refaire la même chose
05:30en espérant des résultats différents,
05:31là quand même, on essaye de donner le message
05:34que ça va changer.
05:35Par exemple, Sébastien Lecournu a demandé
05:37que sa future équipe n'ait personne
05:39qu'il y ait des ambitions présidentielles,
05:41qu'il y ait un renouvellement, qu'il y ait une diversité.
05:44Est-ce que ça peut éviter le même résultat ?
05:47En tout cas, je pense que dans cette période,
05:48Sébastien Lecournu est une sorte de pôle rassurant,
05:50même si, à mon avis, d'un point de vue des ressources humaines,
05:53il n'aurait pas fallu le sortir des armées,
05:55puisque c'était le seul pôle de stabilité
05:57dans cette période internationale très chargée.
05:59Mais bon, en tout cas, il a fait ses preuves quand même
06:01dans ce rôle de préfigurateur
06:02pendant ces trois jours de négociations.
06:05On a vu une sorte de désintérêt de sa part.
06:07Et c'est vrai que c'est intéressant
06:08ce qu'il a dit au Journal de France cette semaine,
06:11en disant que j'aimerais qu'il y ait deux équipes.
06:13Une équipe qui s'occupe de la présidentielle
06:14et une équipe qui gère le pays.
06:16Mais on n'avait jamais vu ça,
06:17à part dans des moments très courts,
06:19comme je pense à Bernard Cazeneuve en 2017.
06:21Une sorte de gouvernement, pas technique,
06:23mais vous voyez qu'il va juste gérer les affaires courantes
06:25le temps que la présidentielle se passe.
06:27Donc ça, je trouve que ça en dit long quand même
06:28sur nos institutions,
06:29sur la place centrale de l'élection présidentielle,
06:31qui se tend raccourci finalement en politique.
06:33Tout va beaucoup trop vite.
06:34Il reste encore 18 mois.
06:36Alors, est-ce qu'il va réussir à trouver des ministres
06:38en un temps record ?
06:39Parce que vous savez qu'il y a quand même
06:40cette échéance du budget.
06:41Sans ambition présidentielle.
06:42Oui, alors qu'il y aurait moins de poids politique.
06:46On est dans l'inédit de toute façon
06:47depuis plusieurs mois.
06:49Il faut décrypter tout ça.
06:50Après, je pense qu'il peut y arriver.
06:51Il a quand même du sens politique.
06:53Et vraisemblablement, par rapport à la dernière fois,
06:54il semble avoir obtenu les mains plus libres
06:56par rapport à Emmanuel Macron.
06:58Voilà, justement.
06:58Bruno Jeudy, quand Emmanuel Macron dit
07:00qu'il donne carte blanche à son Premier ministre,
07:02qu'est-ce qu'il fait ?
07:03Il essaye de l'aider ou il s'en lave les mains ?
07:05Bon, c'est une drôle d'expression, une carte blanche en République,
07:09en démocratie.
07:10C'est peut-être une référence encore à ce qu'il disait
07:14il y a quelques années.
07:17Non, je pense qu'Emmanuel Macron essaie d'aider
07:20son nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu,
07:22en essayant de lui donner un peu d'autonomie,
07:26en lui offrant un peu d'indépendance.
07:29Parce qu'ils ont tous les deux diagnostiqué
07:31que les Français, quand ils voyaient Sébastien Lecornu,
07:33et je suis d'accord avec Astrid, il a plutôt fait
07:35une bonne performance à la télévision.
07:38Il s'installe en homme sincère,
07:40homme de peu de mots.
07:42Modeste.
07:42Modeste, humble.
07:43Et quelque part, le choix est contesté,
07:48mais sa personnalité n'est pas du tout remise en cause.
07:51C'est quand même un élément.
07:52Hier, personne n'a dit
07:53« Oh là là, quelle horreur, Sébastien Lecornu ! »
07:55Personne.
07:55Donc c'est peut-être le seul atout qu'il a.
07:57Et le deuxième atout, c'est dans sa nomination,
08:00carte blanche, qui lui offre peut-être la possibilité
08:03de créer ce gouvernement un peu débarrassé
08:06des ambitions présidentielles.
08:08Peut-être revenir à des ministres
08:10qui s'occupent vraiment de leur dossier.
08:12Vous aviez l'air sceptique tout à l'heure
08:13quand Astrid De Villene parlait
08:14de l'absence d'ambition.
08:16Vous hauchiez la tête.
08:17C'est-à-dire que l'absence d'ambition,
08:19franchement, on va le voir à l'œuvre
08:22aujourd'hui ou demain,
08:23lorsque le gouvernement va sortir.
08:25Il faut aller jusqu'au bout.
08:25Il faut aller jusqu'au bout.
08:27C'est-à-dire que là, il faut vraiment
08:28mettre un gouvernement avec des gens
08:30qui soient éloignés des contingences politiques
08:36de premier plan.
08:37Sinon, il aura là aussi raté son coup.
08:39Quand même, ce cocktail gouvernemental,
08:42soit lui donnera un petit peu plus de chances,
08:45soit ruinera ses chances.
08:47Alors, je rappelle votre livre
08:49décrypté les institutions politiques
08:50Astrid De Villene.
08:51Lorsqu'on regarde la constitution
08:52de la Ve République,
08:53« Le gouvernement conduit la politique de la nation ».
08:56Ce sont les termes consacrés.
08:58Ce qui est assez frappant,
08:59Éric Fautorino,
09:00c'est que Sébastien Lecornu
09:01avait mis 27 jours
09:02pour composer un gouvernement
09:04qui ressemblait furieusement
09:05au gouvernement précédent.
09:07Et que là, il a 24 heures à peu près
09:08pour composer quelque chose
09:09Le précédent était raté, Ali.
09:11Comme une nouvelle équipe gouvernementale
09:13qui devra incarner
09:14le renouvellement
09:15et la diversité des compétences.
09:18Qu'est-ce que ça change
09:19par rapport à la rupture
09:20qu'il était censé porter
09:21lorsqu'il succédait à François Bayrou ?
09:24Je pense que sur le papier
09:26ou dans l'énonciation,
09:28en tout cas,
09:28ça doit changer beaucoup de choses.
09:29C'est vrai que vous avez raison
09:31de souligner le critère du temps
09:32quand même,
09:32parce que ça doit aller très vite.
09:34Il a dit lui-même d'ailleurs
09:35qu'il avait accepté
09:37par devoir d'une certaine manière.
09:39Moi, je me suis demandé
09:39si ce n'était pas presque par sacrifice.
09:42Par sacrifice ?
09:43Oui, je pense qu'il y a
09:45un côté un peu sacrificiel.
09:46Par devoir, c'est dans son message
09:47sur Twitter.
09:48Absolument.
09:49Pourquoi ?
09:50Parce que je pense qu'aujourd'hui,
09:52son patron,
09:53dont il est très très proche,
09:54ça a été beaucoup beaucoup dit
09:56depuis des années,
09:57est devenu inaudible
09:59et il n'y a non plus
10:01une impopularité,
10:02il y a un rejet.
10:03Ce n'est pas tout à fait
10:03la même chose.
10:04Il y a des sondages
10:05qui parlent,
10:0661, 70 %,
10:07c'est quand même très important.
10:09Donc, effectivement,
10:10que Macron lui laisse
10:11une carte blanche,
10:12c'est pour faire quoi ?
10:13C'est pour le faire
10:15oublier un peu Macron
10:16jusqu'à quand ?
10:18Est-ce que ça va durer
10:18six mois,
10:19trois mois,
10:20huit mois comme Beyrou ?
10:21Donc, je pense que c'est quand même
10:22un peu Mission Impossible.
10:23Alors, Mission Impossible
10:24pour vous aussi,
10:25Astrid De Villene
10:26et ce gouvernement
10:27qui n'est même pas constitué
10:29et qui est déjà
10:30sous la menace de la censure,
10:31quel avenir lui prédire ?
10:33En tout cas,
10:34on peut faire des calculs simples.
10:35C'est-à-dire que si on compte
10:36tous ceux qui ont déjà dit
10:37qu'ils allaient censurer
10:39de toute façon Sébastien Lecornu,
10:41il reste une soixantaine de voix.
10:42Alors, faites les maths, justement.
10:44Expliquez-nous,
10:45c'est un peu compliqué.
10:46Je n'ai pas de papier sur moi,
10:47mais vous avez,
10:48en gros,
10:49attendez, ne bougez pas,
10:49177 députés.
10:50123 RN plus
10:52ceux d'Éric Sautier,
10:53on est à 138,
10:55plus LFI,
10:56209 qui censurent,
10:57plus les communistes
10:58qui viennent le dire,
10:5917.
11:00Donc là,
11:00il reste plus que 63 voix,
11:02il est à 63 voix de la censure.
11:0463 voix de la censure ?
11:06Le groupe du Parti Socialiste,
11:07en gros,
11:07pour le dire vite.
11:08Je pense que ça...
11:09En plus,
11:10si on essaie
11:11de rentrer dans les détails,
11:13ce qui va être complexe,
11:14c'est que je pense
11:15que les socialistes
11:15vont se diviser
11:16et je pense que
11:18ce n'est pas sûr
11:18qu'il y ait tout LR
11:19qui vote...
11:20LR qui se réunit ce matin
11:22et vous connaissez bien
11:22la droite française,
11:23Bruno Jolie.
11:24LR,
11:24ce qui est très compliqué,
11:25c'est que là,
11:25on est dans une situation
11:26vraiment incroyable
11:27où le président du parti
11:28qui a été élu
11:29très largement
11:30il y a quelques mois
11:31est aujourd'hui
11:33quasiment en situation
11:34de minorité.
11:34Il a été piégé un peu
11:36par son challenger
11:37Laurent Wauquiez.
11:38Laurent Wauquiez
11:38qui ne voulait pas y aller.
11:39Qui lui,
11:39qui ne voulait pas
11:40être au gouvernement
11:41mais qui aujourd'hui
11:41soutient l'idée
11:42peut-être de soutenir
11:43ce gouvernement
11:44parce que les députés LR
11:46en majorité
11:46ne veulent pas
11:46dire la dissolution
11:47et même une partie
11:48d'entre eux
11:49n'est pas contre
11:50un geste sur les retraites.
11:52Et donc là,
11:52ça devient très compliqué
11:53et je crois que
11:54ça ne va pas se jouer
11:55à 63
11:56mais ça va se jouer
11:56peut-être à 5 ou 10 députés
11:59et on va compter
11:59toute la semaine
12:00puisqu'il y aura
12:01un vote de censure
12:02à la fin de semaine
12:04et vous verrez
12:05on va compter
12:06vraiment
12:07à mon avis
12:09à moins de 10 députés
12:09On verra si Astrid de Bilen
12:10est bonne en main
12:11Je disais 60 fois
12:13aujourd'hui
12:13Je suis d'accord
12:14ça va se mener
12:16Merci pour la précision
12:17Eric Fautorino
12:19justement
12:19il y a cette question
12:20des retraites
12:21qui a l'air complètement clé
12:22puisque le groupe socialiste
12:24réclame
12:24a mis vraiment
12:25sa ligne rouge
12:26c'est qu'elle veut
12:26une suspension des retraites
12:28Emmanuel Macron parle
12:29d'un gel
12:29c'est-à-dire d'un report
12:31et pour LR
12:32a priori
12:33c'est aussi une ligne rouge
12:33mais dans l'autre sens
12:34c'est-à-dire si on touche
12:35à la réforme des retraites
12:36finalement on censure
12:36C'est ça le point clé ?
12:38Oui c'est vrai
12:39que cette question des retraites
12:41rejaillit comme étant
12:42un peu la ligne de démarcation
12:44et peut-être
12:45le point sur lequel
12:46ça peut achoper
12:48Ce qui est quand même
12:49assez lunaire
12:50c'est de cette question
12:52des retraites
12:52on a l'impression
12:53qu'on est en pleine régression
12:54qu'on est en marche arrière
12:56en permanence
12:57parce qu'il y a l'économie
12:59il y a le budget
13:00il y a la dette
13:01il y a tout ça
13:01donc effectivement
13:02de faire des retraites
13:04un élément
13:04presque politicien
13:06devient évidemment problématique
13:08Mais allant plus loin
13:08parce que
13:09les retraites
13:10en l'occurrence
13:11LR
13:12n'avaient pas voté
13:13la réforme borne
13:14ils ont contraint
13:15le gouvernement
13:16à passer
13:17à utiliser
13:18le 49-3
13:19et désormais
13:19ils refusent
13:20la suspension
13:20de cette réforme
13:22là aussi
13:23Bruno Jeudy
13:23Astrid de Villene
13:24vous comprenez
13:25un peu
13:25cette situation ?
13:26Non
13:26c'est très compliqué
13:28à comprendre
13:28et c'est incompréhensible
13:30Oui
13:31c'est incompréhensible
13:31d'autant plus
13:32qu'une partie
13:33de ses députés
13:34n'est pas contre
13:36un geste
13:37il faut bien voir
13:38que les LR
13:39se sont divisés
13:40sur la question
13:40des retraites
13:41sous Elisabeth Borne
13:42et se redivisent
13:43aujourd'hui
13:44sur cette même question
13:45avec un président
13:46du parti
13:47qui est absolument
13:48contre tout geste
13:49sur les retraites
13:50et Laurent Wauquiez
13:51qui sans le dire
13:53est plus souple
13:53ou laisse une partie
13:54de ses troupes
13:55parce que de toute façon
13:56la droite
13:59n'est plus claire
14:00sur cette question
14:01plus autant
14:02qu'elle l'a été
14:02La situation politique
14:03elle est fragmentée
14:04incompréhensible
14:05Astrid de Villene
14:06ce matin
14:06Oui
14:07la recomposition
14:08ou la clarification
14:09que voulait Emmanuel Macron
14:10au début de son premier quinquennat
14:11et ensuite
14:12après la dissolution
14:13est en train
14:14de continuer
14:15en fait sous nos yeux
14:15et j'allais dire
14:16les LR
14:18ne sont pas divisés
14:18que sur la réforme
14:19des retraites
14:20ils sont divisés
14:20sur à peu près
14:21tous les sujets
14:22et je crois
14:22que cette grande clarification
14:23c'est aussi ça
14:24et la législative partielle
14:27qui a lieu en ce moment
14:28dans le Tarn-et-Garonne
14:29nous le dit aussi
14:30c'est-à-dire qu'ils sont
14:30en train de préférer
14:31la droite d'Éric Ciotti
14:33au parti socialiste
14:34soutenu par le RN
14:35voilà
14:35voilà donc on voit bien
14:36qu'ils sont tiraillés
14:37entre leurs deux flancs
14:39le flanc extrême droite
14:40et le flanc macroniste
14:41vous disiez Bruno Jeudy
14:42peut-être une motion de censure
14:43à la fin de la semaine
14:44mais ça c'est si le premier ministre
14:46décide de faire une déclaration
14:47de politique générale
14:48c'est ça ?
14:48oui bien sûr
14:49il n'est pas obligé
14:50oui il n'est pas obligé
14:51mais moi je pense
14:53qu'on voit bien
14:54dans son entourage
14:54ils disent
14:55à un moment
14:55il va falloir se compter
14:56donc je pense
14:58que ce sera le moment clé
14:59ensuite
15:00vu qu'il n'utilisera pas
15:01le 49-3
15:02s'il passe ce premier vote
15:04il peut
15:05en tous les cas
15:06laisser aller
15:07le débat budgétaire
15:09et ensuite
15:09le débat budgétaire
15:10vous savez
15:11on verra jusqu'où il ira
15:12peut-être qu'ils ne pourront pas
15:13le conclure
15:13et le budget
15:15passera par ordonnance
15:16ça c'est le connu 1
15:17qui disait qu'il ne recourrait pas
15:18au 49-3
15:19on l'enverra
15:20le connu 2
15:22honnêtement
15:22il a fait beaucoup de concessions
15:24qu'on le veuille ou non
15:24le 49-3
15:25c'est une énorme concession
15:26et le début de geste
15:28sur les retraites hier
15:29ça paraît peu
15:30mais c'est énorme
15:31Emmanuel Macron
15:31lui-même dans sa bouche
15:32hier
15:33a expliqué
15:34qu'il était prêt
15:35c'est un étal
15:36c'est même un décalage
15:37c'est-à-dire qu'on le fera quand même
15:39c'est ça
15:39bien sûr
15:39mais c'est un décalage
15:40donc c'est quand même
15:41dans sa bouche
15:41c'est la première fois
15:42donc moi je trouve
15:43que tout ça
15:44est quand même
15:44assez spectaculaire
15:45alors beaucoup de questions
15:46sur l'application de Radio France
15:48beaucoup de questions
15:49qui pourraient se résumer
15:50en un mot
15:51incompréhension
15:52incompréhension
15:53pour la raison
15:54pour laquelle
15:55Sébastien Lecornu
15:57a été reconduit
15:57pourquoi Jordan Bardella
15:58n'est pas au poste
15:59de Premier Ministre
16:00d'autres qui parlent
16:01de sur place
16:02est-ce qu'Emmanuel Macron
16:04s'est obstiné
16:05ou est-ce que personne
16:06n'a accepté
16:06d'être Premier Ministre
16:07ça c'est Bernard
16:08Dominique
16:09Isabelle
16:09Emma
16:10et une question
16:11pourquoi ce silence
16:12une question qui revient
16:13Jean-François
16:14et Monique se demandent
16:15pourquoi ce silence
16:16d'Emmanuel Macron
16:17alors qu'il a parlé
16:18longuement
16:19et solennellement
16:21au moment de l'entrée
16:22de Robert Badinter
16:23au Panthéon
16:23il a pris la parole
16:24pour parler
16:25du conflit
16:26à Gaza
16:27Eric Fautorino
16:28une explication là aussi ?
16:30Alors c'est vrai
16:31qu'il y a le comment
16:32et le pourquoi
16:33comment c'est
16:34comment il s'y prend
16:35en ce moment
16:35pour essayer
16:36de redresser
16:37la gouvernance
16:38de ce pays
16:39et pourquoi
16:40pourquoi je crois
16:42qu'il ressent
16:44intuitivement
16:45qu'il n'a pas intérêt
16:46à parler
16:46que moins il parle
16:48et mieux ça vaut
16:49Mais vous voyez
16:49la situation
16:50d'incompréhension
16:51dans laquelle nous sommes tous
16:52et vous vous êtes
16:52des spécialistes
16:53à Street de Villene
16:54il n'a pas intérêt
16:55à parler ?
16:57Non je partage
16:57ce que vient de dire
16:58Eric Fautorino
16:59je pense qu'il sait
17:00que sa parole
17:00plus il parle
17:01plus il peut encore
17:02descendre dans les sondages
17:03et vous avez vu
17:03qu'il est très bas
17:04il est au niveau
17:05de François Hollande
17:06en dessous
17:06hier ça m'a frappé
17:09cette espèce de
17:10entre deux
17:11ces 48 heures
17:12avec ces décomptes
17:12qu'on voyait
17:13sur les chaînes info
17:13et l'entourage
17:14du président de la république
17:15qui nous disait quand même
17:16le président de la république
17:17n'exclut pas de s'exprimer
17:18mais ne le confirme pas non plus
17:20Qu'est-ce que ça veut dire ça ?
17:21C'est le en même temps
17:21de la communication
17:22macronienne
17:24qui honnêtement
17:24montre bien
17:25qu'il y a une vraie
17:26improvisation
17:26Le silence
17:27le silence Bruno Jeudy
17:29Il s'est lui-même
17:32mis dans un corner
17:32c'est très compliqué
17:33pour lui de s'exprimer
17:34sa parole sera aussitôt
17:36rejetée
17:37critiquée
17:37et il va sans doute
17:38encore un peu plus
17:39Mais il a décidé
17:40il a tranché
17:41il a usé de son rôle
17:42de chef de l'État
17:43hier
17:44On est dans une situation
17:45absolument incroyable
17:46c'est-à-dire qu'il a dissous
17:47il y a 15 mois
17:48il a fait une dissolution
17:49sans raison
17:50alors qu'aujourd'hui
17:51la seule
17:52la meilleure solution
17:53et d'ailleurs
17:53la constitution le prévoit
17:55lorsque vous êtes
17:56dans une situation
17:56de blocage
17:57la dissolution
17:57est la raison
17:58la plus évidente
18:00mais il fait exactement
18:02le contraire
18:03de ce qu'il faudrait faire
18:04Justement au standard
18:05on a une question
18:05sur la dissolution
18:06d'Aurélien
18:06on va le prendre
18:07avant la fin de l'entretien
18:08Aurélien ?
18:10Oui, bonjour
18:11Bonjour
18:12alors en préambule
18:13je voulais dire
18:14que j'étais militant socialiste
18:15dans une ville socialiste
18:17Oui, posez votre question
18:18Aurélien
18:19Et ma question est simple
18:20c'est
18:21est-ce qu'on ne s'achemine pas
18:23avec la nomination
18:24de Le Corne 2
18:26vers une nouvelle dissolution
18:28et est-ce que
18:29Macron
18:30n'ouvre pas
18:31ainsi un boulevard
18:33au Rassemblement National ?
18:34On a quelques secondes
18:35Eric Fautorino
18:36dissolution annoncée ?
18:37Je crois que la réponse
18:39elle est dans la question
18:40le risque est très important
18:42qu'à un moment donné
18:43même si ça a été rappelé
18:44beaucoup de partis
18:45ne veulent pas de dissolution
18:46il y aura dissolution
18:47et dans ce cas-là
18:48on ne sait pas
18:49s'il ne va pas
18:49il ne veut pas démissionner
18:51mais à un moment donné
18:52la pression sera peut-être
18:53très très forte
18:53Merci en tout cas
18:54à tous les trois
18:55de nous avoir aidés
18:56à comprendre ce matin
18:57Bruno Jeudy
18:58bon courage
18:58pour boucler la tri
18:59vous avez déjà le titre de une
19:02non je suis en train de le chercher
19:03mais surtout ça dépend aussi
19:04si on a le gouvernement
19:05d'ici la fin de journée
19:05d'ici ce soir
19:06c'est pas impossible
19:07et parce que vous avez
19:08des urgences
19:09et des impératifs
19:10vous aussi
19:10Astrid De Villene
19:11rendez-vous pour l'esprit public
19:14sur France Culture
19:14dimanche à 11h
19:16vous aussi
19:16bon courage
19:17pour le boulot
19:18et vous Eric Fautorino
19:19vous avez un peu de temps
19:20avec l'hebdo
19:21et le rythme
19:22hebdomadaire le 1
19:23et légende
19:25dernier numéro
19:26consacré à Robert Badinter
19:27merci à tous les trois
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations