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  • il y a 2 semaines
Devant les armées, Emmanuel Macron a regretté le « retard » de l'industrie de défense française et annoncé un effort de 36 milliards d'euros pour notre réarmement d'ici à 2030. Face au contexte international tendu, sommes-nous prêts pour une économie de guerre ? La ministre des armées Catherine Vautrin est l'invitée de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 27 janvier 2026.

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Transcription
00:00Va !
00:01Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Elle est la ministre des armées et des anciens combattants dans un monde où le bruit des bottes semble se faire entendre un peu plus chaque jour.
00:08Catherine Vautrin est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Catherine Vautrin.
00:12Bonjour Thomas Soto.
00:13Avons-nous une armée de planqués ?
00:15Nous avons une armée d'hommes et de femmes courageux, engagés, l'armée la plus entraînée d'Europe.
00:20Vous savez pourquoi je vous dis ça en rapport au pot de l'Afrique ?
00:21Oui, je vois très bien et je rends immédiatement hommage aux anciens combattants et aux victimes en Afghanistan.
00:27Nous avons eu 90 morts, c'est une insulte absolument inacceptable.
00:31Quand il dit que nos soldats étaient loin de la ligne de front en Afghanistan ?
00:34Je pense aux familles des victimes qui, à juste titre, ont signifié leur mécontentement.
00:40Vous en voulez à Donald Trump pour ses propos ?
00:43Je pense que rien n'autorise à ne pas respecter la mémoire des victimes.
00:47Donald Trump, qui soutient coûte que coûte sa police anti-immigration, ICE, en a appris hier soir, en regardant le 20h de France 2,
00:53que le groupe français Capgemini travaille pour cette police anti-immigration aux méthodes tellement contestées.
00:59Capgemini qui aide ICE dans sa chasse aux migrants. Est-ce que ça vous choque, Madame la Ministre ?
01:04Moi, je n'ai pas pour habitude, évidemment, de commenter ce qui se passe dans un pays qui n'est pas le nôtre.
01:09C'est un groupe français.
01:10Pour autant, bien évidemment, les contrats des groupes français méritent toute vigilance, quel que soit le lieu et le respect des droits de l'homme.
01:18Ça veut dire quoi ? Que ce n'est pas forcément le rôle d'un groupe comme Capgemini d'aider ICE dans sa chasse aux migrants ?
01:23Vous savez, c'est facile de faire un commentaire un matin sur une radio quand on n'a pas le détail du contrat.
01:29Mais ce qui est certain, c'est que le respect des droits de l'homme partout dans le monde est un sujet.
01:32Donc vous serez vigilante sur le sujet ?
01:34Ceux qui travaillent avec Capgemini ont à être vigilants sur un sujet comme celui-là.
01:39Au sens militaire du terme, est-ce que vous diriez que les Etats-Unis de Donald Trump sont aujourd'hui des alliés pour nous ?
01:44C'est une question qui revient souvent mais qui est fondamentale.
01:46Je pense que nous pouvons dire que les Etats-Unis sont des alliés mais que nous ne sommes pas toujours alignés.
01:51C'est ça le sujet. Parce qu'on ne peut pas oublier l'histoire de la France et des Etats-Unis.
01:56Évidemment, si je prends un passé récent, je vais prendre le débarquement de 44.
02:01Si on va plus loin, on va à l'indépendance des Etats-Unis, 250 ans cette année.
02:05Donc il y a un lien historique.
02:07Et à l'instant, je faisais allusion à la mémoire des combattants.
02:12J'ai évidemment le même respect pour la mémoire des combattants américains de 44.
02:17Et donc, il y a avec les Etats-Unis une histoire commune, des partenariats communs.
02:24Pour autant, la France n'est pas forcément systématiquement alignée.
02:28Est-ce qu'on n'est pas trop désaligné aujourd'hui ? Est-ce que ça ne devient pas un problème pour nous ?
02:32Le sujet aujourd'hui, et on le voit bien, et quand on regarde nos grands accords,
02:37et si je prends le cas de l'OTAN, très concrètement,
02:40ce qu'on voit, c'est la nécessité du pilier européen de l'OTAN, pour être très concrète.
02:44C'est-à-dire que l'Europe a une partition à jouer.
02:47Et c'est d'ailleurs ce que le Président de la République dit depuis 2017.
02:51Comment renforcer le pilier européen de l'OTAN ?
02:54Et c'est ce que nous faisons.
02:56Et ça a des conséquences extrêmement concrètes, y compris sur nos achats en matière d'armement.
03:01Très concrètement, tout à l'heure, évidemment, l'anglais faisait allusion à l'Inde.
03:08Et bien voilà un exemple très concret.
03:10Quand on voit que l'Europe va en Inde, c'est demain, ce que disait François Langlais,
03:15c'est la BITD, c'est-à-dire la base de défense européenne, qui va aller vendre à l'Inde.
03:20Et bien là, très concrètement...
03:21Mais il y a beaucoup de pays européens qui s'équipent aux Etats-Unis,
03:23et on sait, Natacha Polini nous en parlait l'autre jour,
03:25quand on achète un avion américain, si on n'a pas le go des Américains pour s'en servir, on ne peut pas.
03:29Mais vous avez parfaitement raison, en Europe, au moment où je vous parle,
03:32vous avez 13 pays qui ont du matériel américain.
03:35C'est un problème ?
03:36Pour eux, ça peut être un jour un problème.
03:40La France est totalement souveraine.
03:41Et ça, c'est l'enjeu majeur de la France,
03:44c'est que l'ensemble des armements français sont souverains.
03:47C'est d'ailleurs la grande différence entre le Rafale produit en France par une entreprise française qui est Dassault,
03:55et le F-35 qui est typiquement un avion américain qui, effectivement, peut un jour ne pas pouvoir voler.
04:03D'où cette importance de souveraineté.
04:05Et vous savez, aujourd'hui, on voit que finalement, le sujet de la souveraineté,
04:09il va des fonds marins jusqu'à l'espace.
04:11Et tout le sujet, c'est cette capacité.
04:14C'est pour ça, par exemple, que sur l'espace, Eurostat, face à Starling, c'est un élément important.
04:21Demain, avoir des satellites souverains, c'est l'accès à la communication.
04:25Bon, l'armée française, Catherine Vautrin, a raisonné un pétrolier, le Grinch, jeudi.
04:29Tout à fait, jeudi. C'est le deuxième.
04:31Est-ce que vous avez aujourd'hui la certitude qu'il s'agissait d'un bateau fantôme russe ?
04:34Alors, vous savez, on n'arraisonne pas un bateau comme ça.
04:37Vous imaginez que quand un bateau est arraisonné,
04:40c'est une opération de police menée avec la justice.
04:44Et c'est donc le procureur de Marseille qui a vérifié que ce bateau circulait sans les papiers nécessaires.
04:53Et on était au sud de la Sardaigne, pour être précise.
04:55Et c'est la raison pour laquelle le bateau a été arraisonné.
04:59C'était bien le bateau fantôme russe.
05:00Et que le capitaine du bateau...
05:02Vous êtes ouï avec la tête, mais à la radio, on ne l'entend pas.
05:03Et que le... Je finis ma phrase et je vous réponds.
05:06Et que le capitaine du bateau est aujourd'hui, devant la justice, en train de s'expliquer.
05:11Même chose que ce qui avait été fait avec le borraquet au mois d'octobre dernier.
05:16Il y en a beaucoup.
05:17En tout cas, c'est la deuxième fois, très concrètement,
05:20que la France montre sa capacité à lutter contre la flotte fantôme russe.
05:25Pourquoi est-ce qu'on fait ça ?
05:26Parce que la flotte fantôme russe, c'est tout simplement du pétrole qui est vendu par la Russie,
05:33alors même que les mesures de sanctions qui visent la Russie interdisent l'exportation.
05:41Pourquoi ? Parce que cette exportation, c'est ce qui finance pour la Russie la guerre en Ukraine.
05:46Il faut bien qu'on explique la raison.
05:47Est-ce que c'est aussi pour faire de l'espionnage ?
05:48Est-ce que ces bateaux sont les espionnés ?
05:49La vraie question, c'est déjà de ne pas financer l'armement des Russes face à l'Ukraine.
05:56Le sujet aujourd'hui, il est là.
05:58C'est que la Russie est en économie de guerre, produit de plus en plus de matériel,
06:04et il lui faut évidemment des revenus pour ça, d'où ses sanctions.
06:09Et c'est logique que l'Europe fasse respecter ses sanctions.
06:13C'est avant tout un problème de respect des sanctions qui sont imposées à la Russie.
06:18Savez-vous, Catherine Vautrin, si les Américains qui mobilisent leurs forces en masse en ce moment vont intervenir en Iran ?
06:24Je ne le sais pas.
06:25Ce que je sais, en revanche, c'est que ce qui se passe en Iran est dramatique.
06:30Vous le savez, les communications ont été coupées.
06:33Je reviens à la notion de souveraineté en matière de satellite.
06:37Il est donc très difficile de suivre ce qui se passe.
06:39Ce que nous condamnons, évidemment, c'est la persécution de la population iranienne.
06:44C'est pour dire les choses clairement, que les Américains fassent tomber le régime ?
06:47Mais, vous savez, aujourd'hui, je n'ai aucune certitude de la capacité des Américains à faire tomber un régime.
06:54Ce que je souhaite, en revanche, comme partout dans le monde, c'est le respect de la volonté des peuples.
07:00Parce que c'est ça les Nations Unies.
07:02Et c'est ça le droit international.
07:04Et, incontestablement, il faut que ce soit la volonté des Iraniens qui soit respectée.
07:10Mais, ça nécessite probablement de les accompagner.
07:13Donc, ne pas faire en Iran ce que Trump a fait au Venezuela, c'est ça ?
07:14On ne parle pas tout à fait de la même chose.
07:17Maduros, vous le savez, était un tyran qui avait confisqué le pouvoir.
07:22Les Molas ne sont pas des grands démocrates.
07:24Clairement.
07:24Mais, vous n'êtes pas sur la même situation.
07:27Est-ce que la France pourrait participer à une intervention militaire aux côtés des Etats-Unis ?
07:30Est-ce que ça se discute ?
07:30Nous n'en sommes pas là.
07:31C'est hors sujet, aujourd'hui ?
07:32C'est, en tout cas, pas le sujet au moment où je vous parle.
07:35Mais, ça discute ?
07:36Je ne sais pas.
07:37Ou si, vous savez, vous ne voulez pas dire ?
07:39Je ne sais pas.
07:40La tension est un peu retombée, en revanche, autour du Groenland.
07:43Vous nous confirmez qu'Emmanuel Macron recevra bien demain les premiers ministres danois et groenlandais ?
07:47Je l'ai, comme beaucoup d'entre vous, entendu depuis deux jours.
07:50Je voudrais insister sur la façon dont l'Europe s'est mobilisée.
07:54Le Groenland a choisi le Danemark.
07:55Le Danemark est un pays souverain, membre de l'Alliance de l'OTAN.
08:00Et, ce qui est très important, c'est évidemment que les pays de l'Alliance se respectent.
08:04Et les Européens ont montré cette volonté de respect.
08:07Et du coup, nos soldats, les soldats français, vont rester là-bas ou pas ?
08:10Mais, vous savez, les soldats français étaient aux côtés des soldats danois pour un exercice qui était article endurance.
08:18Ça fait partie régulièrement...
08:19Il est fini l'exercice ou pas ?
08:20Mais, ça fait partie régulièrement des exercices qui sont menés.
08:23Au même moment, vous avez en Estonie d'autres qui s'aguerrissent au froid.
08:26Mais là, en ce moment, ce matin, ils sont combien en Groenland ?
08:28Mais, ça fait partie aujourd'hui d'entraînements qui sont menés dans le cadre de préparation.
08:35Vous me parliez tout à l'heure d'une armée opérationnelle.
08:37Pour qu'elle soit opérationnelle, il faut qu'elle soit entraînée au chaud comme au froid.
08:41Vous ne m'avez pas répondu. Ils sont combien ?
08:42Le sujet, aujourd'hui, c'est la capacité d'avoir fait ces entraînements et de montrer la responsabilité de l'Europe.
08:49Mais, c'est ma réponse.
08:50Vous n'avez pas assez secret de dire combien il y en a ?
08:52Mais, le sujet, ce n'est pas le nombre, c'est les faits.
08:55Ce qui était important, c'était le symbole de tous ces pays européens qui se sont mobilisés
09:00et qui sont allés, finalement, tous montrer leur soutien au Danemark.
09:04La France n'a toujours pas de budget, Catherine Votrin.
09:05Qu'est-ce que ça change pour nos armées alors qu'on voit que tout peut s'enfermer ?
09:08C'est absolument majeur, puisque le budget 25, c'est 50 milliards d'euros.
09:12Et que le budget 26, ça doit être 57 milliards.
09:15Donc, c'est indispensable pour les armées, pour qu'elles soient entraînées,
09:18pour qu'on achète des munitions, qu'il y ait un budget.
09:20C'est-à-dire que sans budget, on n'est pas prêt à faire la garde-main ?
09:22Ça veut dire qu'on n'a pas les mêmes moyens pour acquérir, par exemple, des munitions.
09:25On est en difficulté ?
09:26On est moins préparé si on ne peut pas acquérir ces munitions.
09:29Parce que pour être entraîné, il faut pouvoir tirer.
09:31Pour pouvoir tirer, pardonnez-moi, c'est assez basique, il faut des munitions.
09:33On avait entendu parler de Renault, qui allait fabriquer des drones.
09:35C'est toujours d'actualité ?
09:36Oui, c'est un projet qui s'appelle le projet Corus, avec Turgis et Gaillard.
09:40Et c'est un projet qui se fait notamment avec l'Ukraine,
09:46et qui va permettre de produire des drones rapidement, et à un coût assez rapide.
09:50Je rappelle...
09:51La CGT, à Cléon, veut un statut d'objecteur de conscience pour les salariés.
09:56Ceux qui n'ont pas envie de fabriquer des armes de guerre.
09:58Mais je crois qu'aujourd'hui, ce qui est extrêmement important, et on voit l'intérêt,
10:02c'est la capacité de l'industrie française d'évoluer et d'apporter des réponses très concrètes.
10:07On ne peut pas dire...
10:08Vous ne pouvez pas répondre à une question la dernière ?
10:11Non, mais attendez-moi, je vous dis très concrètement.
10:13On ne peut pas dire qu'on doit être un pays souverain et défendre notre pays,
10:16et ne pas avoir capacité à pouvoir produire des éléments dont on a besoin.
10:22Si vous regardez l'Ukraine...
10:23Donc il n'est pas question de statut d'objecteur de conscience, c'est hors-sujet ?
10:25C'est un problème chez Renault, et laissons les partenaires sociaux discuter avec Renault.
10:30Mais en tout cas, moi je trouve que c'est un bel exemple de l'évolution de l'industrie française,
10:34et c'est pourvoyeur d'emploi.
10:35Merci Catherine Votre.
10:36Merci.
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