- il y a 5 semaines
La France a convoqué l'ambassadeur d'Iran pour dénoncer la répression en cours dans son pays. Alors que le rapatriement d'une partie du personnel diplomatique français à Téhéran a commencé, les tensions en cours ont-elles des conséquences sur la situation de Cécile Kohler et Jacques Paris, Français détenus et actuellement assignés à résidence à l'ambassade de France à Téhéran ? Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères, est l'invité de Thomas Sotto.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 14 janvier 2026.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 14 janvier 2026.
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00:00On va Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Et c'est donc le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barraud qui est l'invité d'RTL Matin.
00:06Bonjour et bienvenue sur RTL Jean-Noël Barraud.
00:08Bonjour Thomas Soto.
00:09Que pouvez-vous nous dire ce matin de la situation en Iran, du nombre de victimes ?
00:13Que savez-vous de ce qu'il s'y passe vraiment ?
00:16Nous ne savons que peu de choses malheureusement, puisque les autorités de l'Iran ont décidé de couper Internet,
00:22sans doute pour mieux masquer l'étendue de l'horreur,
00:25qui nous a toutes et tous profondément choqués.
00:29Mais ce que nous soupçonnons, c'est qu'il s'agit là de la répression la plus violente dans l'histoire contemporaine de l'Iran,
00:36et qu'elle doit impérativement cesser.
00:37On entend des ONG, un officiel iranien sous couvert d'un image qui parle de milliers de morts.
00:42C'est un chiffre qui vous paraît crédible aujourd'hui ?
00:45Des rares images qui nous sont parvenues.
00:47Nous voyons des manifestants abattus à bout portant par des armes d'assaut,
00:53des cadavres qui s'entassent dans des sacs, dans des hôpitaux saturés.
00:57Nous voyons des familles iraniennes endeuillées, et nous entendons des appels de détresse auxquels nous pouvons rester insensibles.
01:05Est-ce qu'aujourd'hui la France soutient officiellement les manifestants ?
01:08La France a condamné avec la plus grande fermeté la violence d'État qui s'est abattue sur les manifestants.
01:14Elle a rappelé, par la voix du président de la République, par la mienne,
01:16lorsque j'ai pris la tâche du ministre des Affaires étrangères de l'Iran,
01:21mais aussi lorsque l'ambassadeur a été convoqué hier au Quai d'Orsay,
01:25à cesser cette répression d'une violence inouïe contre des manifestants pacifiques.
01:30Mais vous souhaitez la chute du régime ? Est-ce que la France souhaite la chute du régime des Mollah ?
01:34Nous souhaitons que le peuple iranien puisse disposer de lui-même et de son propre avenir.
01:38Donc au moins qu'on lui pose la question, qu'on lui laisse la possibilité d'un changement politique ?
01:41C'est aux Iraniens qu'appartient à leur propre avenir, et c'est cela que doivent entendre les autorités du pays.
01:46Vous le disiez, vous avez convoqué l'ambassadeur d'Iran en France,
01:49alors ce n'est pas vous qui l'avez reçu directement hier,
01:51mais la vraie question Jean-Noël Barraud, est-ce que ce monsieur,
01:53représentant d'un pouvoir qui massacre son peuple, a encore sa place en France ?
01:56Est-ce qu'il n'est pas le temps de le renvoyer dans son pays ?
01:58Il est temps d'agir, et c'est la raison pour laquelle j'ai entendu hier
02:02la présidente de la Commission européenne annoncer le travail
02:05sur de nouvelles désignations des responsables de cette expression
02:09pour qu'ils puissent être ciblés à leur tour par des sanctions européennes.
02:12Des sanctions économiques ?
02:13Des sanctions individuelles qui gèleront leurs avoirs,
02:16qui leur interdiront l'accès au territoire européen,
02:19ce qui a évidemment une vertu dissuasie.
02:21Est-ce qu'il faut rompre les relations diplomatiques avec l'Iran,
02:24ou est-ce qu'on n'en est pas là ce matin ?
02:26Il faut exercer, alors d'abord, s'agissant de ce qu'il faut faire,
02:29puisque vous me posez la question, la première de nos responsabilités,
02:32c'est d'assurer la sécurité de nos ressortissants,
02:35qui se comptent à peu près au nombre de 900 en Iran,
02:39la sécurité de nos agents, de notre ambassade,
02:42et puis bien sûr de nos deux compatriotes,
02:44Cécile Colleur et Jacques Paris,
02:45dont nous appelons la libération immédiate,
02:50et le retour sans délai.
02:52Ensuite, évidemment, c'est la pression.
02:55Est-ce que vous envisagez de les rapatrier ?
02:58Est-ce qu'aujourd'hui, c'est une question ?
02:59Le rapatriement des 900 Français qui sont en Iran ?
03:01Nous prenons contact avec chacun de nos ressortissants
03:04inscrits sur nos registres,
03:05et nous appelons les ressortissants français
03:08formellement à ne pas se déplacer en Iran,
03:12du fait notamment du risque de détention arbitraire.
03:15Mais il n'est pas temps de rentrer en France pour eux, aujourd'hui ?
03:17Au moment où nous parlons ce matin,
03:18ce n'est pas encore ça, la Consigne ?
03:19Il faut rester en sécurité,
03:20répondre aux appels du consulat
03:22et de l'ambassade,
03:23qui permettront de les mettre à jour
03:26de toutes les informations dont nous disposons.
03:28Rester en sécurité.
03:29Est-ce que Cécile Colleur et Jacques Paris,
03:30ce que vous évoquiez,
03:31dont le Premier ministre Sébastien Lecornu a dit hier,
03:34que leur situation était préoccupante,
03:36sont en sécurité ?
03:37Ces deux Français qui ont été détenus justement en Iran.
03:39Est-ce qu'ils sont en sécurité ?
03:40Ils sont en sécurité à l'ambassade de France.
03:41À l'ambassade de France.
03:42Est-ce qu'on peut les rapatrier ?
03:45Ou est-ce que ce n'est pas possible aujourd'hui ?
03:47Nous voulons, nous devrons,
03:50sans relâche, depuis des mois,
03:52depuis que la décision de leur sortie de prison
03:54a été prise par les autorités iraniennes,
03:56pour obtenir leur retour définitif en France.
04:00Et nous restons...
04:01Mais ça discute toujours avec le régime.
04:02Bien sûr.
04:02On ne peut pas prendre cette décision.
04:03On ne peut pas les exfiltrer.
04:06Non.
04:07C'est en quelque sorte une procédure iranienne
04:10qui doit aller jusqu'à son terme
04:11et sur laquelle nos exigences sont constamment répétées
04:15aux autorités iraniennes.
04:17Cependant, évidemment,
04:18que nous entourons nos deux compatriotes
04:20de tout notre soutien sur place,
04:22avec l'équipe qui est présente,
04:25et bien sûr que nous tenons leurs familles,
04:28ici, en France,
04:29au courant de tout développement.
04:30C'est à cause, entre guillemets,
04:31de Cécile Collère et de Jacques Paris
04:33qu'on est obligés d'être un peu modérés
04:34avec le pouvoir iranien,
04:35qu'on ne peut pas rompre les relations diplomatiques ?
04:37Je vous invite à vous retourner sur l'année 2025
04:39pour vous demander si, oui ou non,
04:42nous avons été...
04:43Quel était votre terme ?
04:45Modérés avec le régime iranien.
04:46Je vous rappelle qu'au mois de septembre dernier,
04:48quelques jours à peine
04:49avant que nous obtenions leur sortie de prison,
04:51nous avons, la France a réactivé
04:54les embargos mondiaux,
04:56les embargos des Nations Unies,
04:57qui avaient été levés il y a dix ans
04:59sur les armes, sur les banques
05:01ou sur les équipements nucléaires.
05:03Donc, nous agissons
05:05pour protéger la sécurité,
05:08les intérêts de la France et des Français,
05:10comme nous l'avons toujours fait
05:11et comme nous continuerons de le faire.
05:13Est-ce que vous souhaitez,
05:14comme le demande le ministre
05:15des Affaires étrangères israéliens,
05:16que l'Union Européenne inscrive
05:17les gardiens de la révolution
05:18sur la liste des organisations terroristes ?
05:20Est-ce que la France le souhaite ?
05:21Je vous l'ai dit,
05:22l'année dernière,
05:23nous avons pris un certain nombre de sanctions
05:25à l'encontre de l'Iran.
05:26S'agissant de ses activités
05:27de transfert de missiles
05:28et de drones à la Russie,
05:29par exemple.
05:30S'agissant ensuite,
05:31et c'est la France,
05:32c'est moi-même qui ai proposé
05:33ces sanctions,
05:34de sa politique d'otage d'État.
05:36Et puis, je rappelais à l'instant
05:37les embargos que nous avons réactivés.
05:39La Commission Européenne
05:42a lancé un travail
05:43de désignation
05:44de nouveaux responsables
05:45des répressions en cours
05:47à Téhéran et en Iran.
05:48Nous allons y contribuer.
05:49Pardon, monsieur le ministre,
05:49vous ne répondez pas à ma question.
05:49Est-ce que les gardiens de la révolution
05:51qui dirigent d'une main de fer
05:52et qui massacrent leur peuple aujourd'hui
05:53sont une organisation terroriste
05:55pour la France ?
05:56Les gardiens de la révolution
05:57sont déjà sous sanctions européennes
06:00au titre de trois régimes différents
06:02et nous allons poursuivre dans cette voie.
06:03Bon, donc vous n'avez pas répondu
06:04sur cette question.
06:05Autre sujet,
06:06le Groenland avec une réunion
06:07qui s'annonce tendue
06:08à Washington tout à l'heure.
06:09D'un côté,
06:09le vice-président américain,
06:11J. Devance,
06:11de l'autre,
06:12les dirigeants danois
06:13et groenlandais.
06:14En fait, Trump,
06:15il utilise la méthode de Poutine.
06:17Je veux, je prends.
06:17Il fait avec le Groenland,
06:18il menace de faire avec le Groenland
06:19la même chose
06:20que ce que Poutine
06:21a fait avec l'Ukraine, non ?
06:22En tout cas,
06:23le Groenland n'est pas à vendre
06:24puisque le Premier ministre
06:25du Groenland l'a exprimé
06:26avec beaucoup de force,
06:27beaucoup de clarté
06:28et beaucoup de calme hier soir.
06:30Le Groenland ne veut
06:31ni être possédé,
06:33ni être gouverné,
06:35ni être intégré
06:36par les Etats-Unis.
06:37Le Groenland a fait le choix
06:38du Danemark,
06:39le choix de l'OTAN
06:40et le choix de l'Union Européenne.
06:41Réponse de Donald Trump,
06:42je m'en emparerai
06:43d'une manière ou d'une autre.
06:45S'il s'agit
06:46de s'en emparer autrement
06:48qu'en achetant le Groenland,
06:50bien évidemment,
06:51ça paraît
06:52évidemment très incongru
06:53parce que pour un membre
06:54de l'OTAN,
06:55cette alliance de sécurité
06:56qui depuis presque 80 ans
06:58associe l'Amérique du Nord
07:00avec l'Europe,
07:02s'en prendre à un autre membre
07:04de l'OTAN,
07:04ça n'aurait aucun sens,
07:05ça serait contraire
07:07même aux intérêts
07:08des Etats-Unis
07:09et j'entends
07:10de plus en plus de voix
07:11aux Etats-Unis
07:12le dire.
07:13Donc ce chantage
07:13doit évidemment cesser.
07:15Parce qu'on a quand même
07:15l'impression que le droit
07:16international d'aujourd'hui
07:17c'est ce qui reste
07:17quand Donald Trump
07:18a fait ses choix, non ?
07:19On en est là ou pas ?
07:20Le droit international
07:21est piétiné
07:23et de toute évidence,
07:24les premiers jours
07:24de l'année 2026
07:26l'ont montré,
07:27c'est désormais
07:27la loi du plus fort
07:28qui régit les rapports
07:30entre les nations.
07:30Et c'est la raison pour laquelle
07:31dans ce moment
07:32il est impératif
07:34que nous puissions
07:35nous renforcer
07:36et c'est d'ailleurs
07:37la raison pour laquelle
07:38il est vital
07:38de donner rapidement
07:40à la France un budget
07:41et à nos armées
07:42parce que dans ce monde durci,
07:44dans ce monde régi
07:44par la loi du plus fort,
07:46nous devons pouvoir
07:46nous défendre.
07:47Mais Jean-Noël Barraud,
07:48c'est pas parce qu'on aura
07:49ou qu'on n'aura pas de budget
07:49que ça nous empêche
07:50d'aller planter un drapeau européen
07:52aux Groenlandais.
07:52Alors détrompez-vous.
07:53Est-ce qu'il faut le faire
07:54pour montrer à Donald Trump
07:55qu'il n'est pas chez lui là-bas ?
07:57Détrompez-vous,
07:57notre capacité à peser
07:59à l'extérieur
07:59dépend très directement
08:01de notre force intérieure,
08:03notre force militaire
08:04mais aussi notre force budgétaire,
08:05économique
08:05et d'une certaine manière
08:06aussi de notre force morale.
08:09Alors s'agissant
08:10du Danemark
08:11et du Groenland...
08:11Est-ce qu'il faut aller mettre
08:12un drapeau de lieu là ?
08:13On va sur la neige,
08:14on dit voilà c'est chez nous.
08:15Ce qu'il faut évidemment
08:15c'est soutenir le Danemark
08:17comme nous aimerions
08:18que le Danemark
08:19et nos partenaires européens
08:20nous soutiennent
08:21si nous étions
08:21dans la même situation.
08:23C'est ce qui explique
08:24les nombreux échanges
08:25qui ont été pris
08:26par les autorités françaises
08:27avec les autorités danoises
08:28et groenlandaises
08:29ces derniers jours.
08:30Est-ce que vous avez prévu
08:30comme on l'entend
08:31d'ouvrir un consulat
08:32au Groenland ?
08:34Oui, c'est une décision
08:34qui a été prise
08:35l'été dernier
08:36lorsque le président de la République
08:38s'est rendu sur place.
08:39Je m'y suis rendu pour ma part
08:40à la fin du mois d'août
08:41pour préfigurer ce consulat
08:42qui sera installé
08:43le 6 février.
08:44Le 6 février.
08:45Donc ça on imagine
08:46que ce n'est pas uniquement
08:46pour simplifier la vie administrative
08:48des...
08:48Je crois qu'on a 6 expatriés
08:49là-bas, c'est ça ?
08:50C'est d'abord pour marquer
08:51notre volonté
08:52d'approfondir notre présence
08:55dans toutes les dimensions
08:57de ce territoire
08:58du royaume du Danemark.
09:00C'est un signal politique.
09:01C'est un signal politique
09:02mais qui s'associe
09:03à une volonté
09:03d'être plus présent
09:05au Groenland
09:06y compris dans le domaine scientifique
09:07puisque c'est là d'ailleurs
09:09où l'histoire
09:10entre la France
09:11et le Groenland
09:12a commencé à s'écrire.
09:13Jean-Noël Barraud,
09:14soyons honnête,
09:14est-ce qu'on a perdu
09:15la bataille
09:16contre le Mercosur ?
09:18Vous savez,
09:18la France s'oppose
09:19à cet accord
09:20depuis très longtemps
09:21et si elle ne l'avait pas fait,
09:22ça ferait longtemps
09:23que cet accord
09:24aurait été adopté.
09:26On a mené la bataille
09:26mais est-ce qu'on n'a pas
09:27perdu la guerre ?
09:28On n'a pas perdu la guerre,
09:29la messe n'est pas dite,
09:30cet accord doit encore être
09:32adopté par le Parlement européen
09:34puis ratifié
09:35par les Etats membres.
09:36Et donc,
09:37la balle est dans le camp
09:38des parlementaires européens,
09:39des forces politiques
09:40qui y sont représentées
09:41et qui ont l'occasion
09:43d'utiliser
09:45toute leur influence
09:46pour convaincre
09:47désormais
09:48leurs collègues européens
09:50de repousser l'accord
09:52comme nous nous sommes
09:53efforcés de le faire
09:54en s'appuyant d'ailleurs
09:54sur le vote
09:56de la France,
09:56le vote de la Pologne,
09:57le vote de la Hongrie,
09:58le vote de la Belgique.
10:00Aujourd'hui,
10:01on est minoritaire en Europe
10:02et ce traité,
10:02il risque de passer.
10:04Est-ce que la France,
10:04elle a aussi une arme,
10:05c'est de saisir
10:06la Cour de justice européenne.
10:07Est-ce que la France
10:07va le faire ?
10:08C'est le Parlement européen.
10:10Ce n'est pas que le Parlement,
10:10c'est le Parlement
10:11qui peut le faire.
10:12Le pays,
10:14s'il saisit la Cour de justice
10:16de l'Union européenne,
10:17n'interrompt pas la procédure.
10:19Le Parlement européen,
10:20s'il le fait,
10:21interrompt la procédure.
10:22Et c'est la raison
10:23pour laquelle,
10:23dans quelques jours,
10:24à Strasbourg,
10:26pourrait avoir lieu
10:27un vote très important
10:28où le Parlement européen
10:30pourrait saisir
10:30la Cour de justice
10:31en disant
10:32est-ce que cet écor
10:33a bien été préparé ?
10:34Et c'est à ce moment-là
10:35que les forces politiques
10:37représentées au Parlement
10:38doivent...
10:39Donc, juste parce qu'on arrive au bout,
10:40la balle est l'encant du Parlement,
10:42mais la France ne saisira pas
10:43elle-même...
10:44Mais ce n'est pas la question.
10:45La question,
10:45c'est d'interrompre la procédure
10:46et qui peut l'interrompre,
10:47c'est le Parlement européen.
10:48Bon, et bien on verra
10:49ce qu'en pense.
10:50Et pas une saisine
10:51par un État membre.
10:52On verra ce qu'en pense
10:53à Arnaud Rousseau,
10:53le président de la FNSEA
10:54qui sera à 8h15.
10:55L'invité de Marc-Olivier Fogial
10:56sur RTL.
10:57Restez avec nous.
10:58Dans un instant,
10:58c'est Philippe Cavrivière
10:59qui nous rejoint.
10:59A tout de suite.
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