00:01Tech & Co, la quotidienne, l'invité.
00:05On parle beaucoup de déserts médicaux aujourd'hui, alors dans tout un tas de domaines.
00:08Alors, tiens, on en parlait ce matin sur BFM Business dans le domaine de la dermatologie.
00:15Eh bien, c'est aussi le cas dans l'ophtalmologie.
00:18Et on va parler de Lilleou, une solution de télé-ophtalmologie avec vous, Jean-Valéry Desens.
00:24Bonsoir.
00:25Bonsoir, merci pour votre invitation.
00:25Merci d'être avec nous, vous êtes confondateur de Lilleou.
00:28Alors, si vous écoutez en radio, ça s'écrit L-Y-L-E-2-O.
00:32Alors, vous êtes opticien de formation, vous avez vous-même des boutiques d'optique, justement.
00:38Et puis, un beau jour, vous vous êtes dit, mais voilà, on a quand même un souci en France.
00:43On n'est pas tous égaux devant l'ophtalmologie.
00:47Il y a de moins en moins d'ophtalmo partout.
00:50Peut-être que nous, il y a un magasin d'optique, on peut résoudre ça grâce à la technologie.
00:57C'est celle-là dont tu as eu l'idée de Lilleou ?
00:59Vous avez parfaitement décrit la situation.
01:00Je suis opticien, j'ai des magasins, ils n'enseignent la branche.
01:03Et dans mes magasins, j'ai fait le constat de la carence en ophtalmologie sur le territoire français.
01:07Il faut s'imaginer qu'aujourd'hui, vous avez 55 départements où il manque d'ophtalmologistes.
01:12Vous en avez 8 qui répondent même pas à 50% du besoin.
01:15Et il y en a un, la Haute-Saône, qui répond à 25% du besoin.
01:18Je pense même à l'île de Mayotte où vous avez 300 000 habitants.
01:21Et vous savez combien il y a d'ophtalmologistes ?
01:22Zéro.
01:23Et donc, c'est une vraie problématique sur ce territoire.
01:25Voilà, on sait que les écrans, on est moins à la lumière du jour, donc on s'abîme les yeux.
01:31Exactement.
01:32En fait, on est en pleine pandémie de Mopi, donc il y a un besoin qui est de plus en plus important.
01:35Et on a voulu répondre à cette situation en participant à la lutte contre les déserts médicaux.
01:40Alors justement, que fait Lilleou ?
01:42En fait, Lilleou, c'est très simple.
01:44C'est une solution de tes expertise qui va mettre en relation un patient avec un ophtalmologiste
01:48par l'intermédiaire d'un opticien directement dans le magasin d'optique.
01:52En fait, pour vous la faire clair, vous êtes patient, vous n'avez pas d'ordonnance
01:55et vous avez besoin de faire vos lunettes.
01:56Eh bien, vous allez vous rendre chez un opticien qui a un contrat avec Lilleou.
01:59Il y en a 1 600 en France, un opticien sur 8.
02:02Et l'opticien vous permet de faire un parcours de télé-expertise.
02:04Ça veut dire qu'il va vous poser un certain nombre de questions.
02:06Vous allez répondre à un questionnaire médical où il y a 200 items, donc très détaillés.
02:10Il va ensuite faire un examen de votre correction visuelle.
02:12Parce qu'ils ont déjà les appareils.
02:14On a les appareils en magasin pour faire, exactement.
02:16Ensuite, il va collecter vos anciennes données, l'histoire de la santé de votre œil,
02:21si vous avez une histoire de la santé.
02:23Et puis, l'ensemble de ces éléments vont être transférés de manière sécurisée
02:27à des ophtalmologistes qui sont partenaires de Lilleou
02:30et qui vont analyser ces données à l'aide de l'intelligence artificielle.
02:34Donc, sans vous voir.
02:35Sans voir le patient, exactement.
02:37C'est pour ça qu'on dit que c'est asynchrone.
02:39Et là, l'ophtalmologiste va analyser ces données,
02:41puis il va vous délivrer un avis médical,
02:44des conseils de prévention personnalisées
02:46et, s'il n'y a pas de contre-indication,
02:48une prescription de lunettes ou de lentilles.
02:51Et tout ça en moins de 48 heures.
02:52C'est ce qui fait la force du produit.
02:53Oui, parce qu'il y a bien la prescription,
02:55parce qu'on sait qu'évidemment, dans ce domaine de l'optique,
02:58les prescriptions, les remboursements par la Sécurité sociale,
03:01par les mutuelles sont très importants.
03:03Aujourd'hui, justement, tout ce qui est la caisse première d'assurance maladie,
03:08les mutuelles, elles sont OK avec ce dispositif ?
03:11Et pourquoi ? Parce que dès le début, on a compris que si on voulait que ça fonctionne,
03:16il fallait rassurer la filière et donc faire preuve d'une grande déontologie
03:20et être très strict dans l'organisation et le fonctionnement de notre solution.
03:24Et c'est pour ça qu'il est où ?
03:25En quelques mois, il est devenu le leader, on a 85% du marché aujourd'hui,
03:29tout simplement parce qu'on a réussi à rassurer le marché
03:31et à montrer que chez nous, les choses étaient parfaitement encadrées.
03:34Demain, vous arrivez chez votre opticien, vous avez par exemple du diabète,
03:37vous n'êtes pas suivi, vous n'obtiendrez évidemment pas de prescription.
03:41Et là, l'opticien va jouer son rôle de vous orienter vers un ophtalmologiste en présentiel.
03:45Ah oui, on est bien orienté en présentiel.
03:49En présentiel, si, on soupçonne le moindre doute.
03:52D'accord.
03:53En fait, vous l'avez compris.
03:53Par contre, si on a une myopie assez bénigne,
03:57enfin voilà, on a une maladie des yeux assez...
03:59enfin, une correction assez faible,
04:03là, le côté télé-ophtalmologie suffit.
04:06C'est à partir du moment où on se dit, tiens, il y a peut-être un petit souci...
04:10D'où le questionnaire médical, qui va permettre de mettre en évidence cela,
04:13mais quoi qu'il arrive, vous l'avez compris,
04:14ça ne remplacera pas de toute façon la consultation en présentiel,
04:17où on va vous faire le fond de l'œil, etc.
04:18Mais ça va vous permettre d'accéder à une paire de lunettes
04:20dans un délai raisonnable sur tout le territoire français,
04:23et de manière sécurisée.
04:25Ça veut dire qu'aujourd'hui, tous les opticiens,
04:27donc les 1600, je crois que vous visez 3000.
04:29Presque 1700 même.
04:30Il y a combien d'opticiens en France ?
04:32Il y en a 13 000.
04:33Aujourd'hui, il y a un opticien sur 8 qui a un contrat avec nous,
04:35et on vise les 3000 en fin d'année.
04:36Ça veut dire que tous sont formés aussi,
04:39ont les mêmes outils,
04:41il y a une homogénéité selon ce que j'aille,
04:43que je sois au fin fond de la Bretagne,
04:44au fin fond de la...
04:45Il y a une liste de matériel qui est obligatoire, évidemment.
04:48Évidemment, c'est un opticien qui va faire l'examen de vue,
04:50c'est sa formation, durant ses études,
04:52il est formé à l'optométrie,
04:53qui sont les examens de vue.
04:55Et puis en plus,
04:58c'est l'intérêt de l'opticien,
05:00puisqu'après, il est susceptible de vous vendre des verres,
05:01donc il faut que la correction soit impeccable,
05:03parce qu'il va vendre des verres derrière,
05:04sinon il sera obligé de changer les verres à sa charge.
05:06Alors oui, les syndicats d'ophtalmologiques,
05:09comment ils ont accueilli ça ?
05:11Parce qu'évidemment,
05:12voilà, en même temps,
05:14oui, ils voient de toute façon ses clients,
05:16qu'ils les voient en physique ou en distanciel,
05:19mais est-ce que ça, c'est un procédé qu'ils ont accueilli ?
05:21Non, alors il y a un distinguo à faire
05:22entre le syndicat d'ophtalmologiste,
05:24qui est catégoriel,
05:25qui va être sur préserver ses acquis,
05:27et les ophtalmologistes en ville,
05:29qui eux, sont très contents.
05:31Pourquoi ?
05:32Tout simplement parce que l'opticien,
05:33l'ophtalmologiste va lui déléguer une tâche,
05:35qui est l'examen de vue,
05:36ce qui va permettre à l'ophtalmologiste
05:38de gagner du temps médical
05:39et de se concentrer sur son art,
05:41qui est la pathologie de l'œil et de ses alexes,
05:44et donc on va lui redonner du temps médical.
05:47Aujourd'hui, je crois que c'est 130 000 patients
05:49que vous avez vus en 2025,
05:51il y en a combien qui ont été orientés
05:53vers une consultation physique ?
05:55Alors, on n'a pas les chiffres exacts,
05:57parce qu'il y a deux moments où ils peuvent être orientés,
05:58un, au moins du questionnaire médical,
06:00et deux, dans le cadre d'un refus de l'ophtalmologiste,
06:02mais on doit être autour, je pense,
06:04d'entre 15 et 20 %.
06:05Et j'imagine qu'aujourd'hui,
06:07avec l'intelligence artificielle,
06:08c'est là où vous analysez toutes ces données,
06:11que vous fournissez des dossiers
06:12de plus en plus complets.
06:13Exactement.
06:14L'intelligence artificielle intervient à deux moments,
06:16au moment du questionnaire médical,
06:18et au moment de l'analyse de l'ophtalmologiste.
06:19Et j'ai même un troisième moment,
06:21c'est-à-dire qu'il y a une certaine donnée,
06:22comme par exemple les fonds d'œil,
06:23qui peuvent être envoyés dans certains cas,
06:25qui sont analysés en plus.
06:26L'opticien ne peut pas faire de fonds d'œil ?
06:28Non, l'opticien ne peut pas faire de fonds d'œil,
06:29mais comme on travaille aussi
06:30avec des médecines du travail
06:31qui, elles, font des fonds d'œil,
06:32le fonds d'œil, dans ce cas-là,
06:33il est analysé en plus
06:34par un logiciel d'intelligence artificielle
06:36qui permet de corroborer
06:37le diagnostic de l'ophtalmologiste.
06:39Est-ce que vous êtes allé,
06:40vous êtes dit aussi,
06:41chez Lille et Où,
06:43pourquoi pas aller voir des pharmaciens ?
06:44Alors, c'est une stratégie
06:45qui est tout à fait envisageable.
06:47Aujourd'hui, on travaille
06:48sur une certaine forme de diversification.
06:49On va lancer la même chose
06:51en cardiologie,
06:52on va lancer la même chose
06:52dans d'autres activités.
06:54Et en effet, le pharmacien,
06:56à un moment,
06:56pourrait potentiellement être un relais,
06:57sauf qu'aujourd'hui,
06:58il n'a pas cette capacité
06:59à faire l'examen de vue.
07:00Parce qu'on l'a vu au moment du Covid,
07:01les pharmaciens ont repris un peu
07:03de leur métier d'homme ou de femme
07:08de la profession médicale.
07:10Ils ne sont plus des logisticiens
07:11de médicaments,
07:11donc ça, ça pourrait être un débouché.
07:13Aujourd'hui, il est où ?
07:14Le business model,
07:15vous vous rattrapez comment ?
07:16Le business model,
07:17c'est un business model
07:17qui fonctionne sur un abonnement.
07:19D'accord, c'est la part fixe.
07:20Et après, une part variable,
07:21c'est le nombre de dossiers soumis.
07:22C'est l'opticien qui est facturé.
07:24L'opticien, il adhère à...
07:26Exactement, il adhère à la solution.
07:28C'est lui qui est facturé.
07:29Et ensuite, l'Ileu a un contrat
07:32avec les ophtalmologistes
07:33et rémunère les ophtalmologistes.
07:35Évidemment, il n'y a pas de rémunération
07:36entre opticiens et ophtalmologistes,
07:37sinon il y aura une forme de complérage.
07:39Donc 1 600 opticiens partenaires aujourd'hui
07:41et l'objectif,
07:423 000 opticiens partenaires.
07:44En fin d'année.
07:45C'est ça, en fin d'année.
07:46C'est tout le succès que l'on souhaite
07:47à votre start-up L'Ileu.
07:50Et puis évidemment,
07:50tout ce qui permet de concurrencer,
07:55de réduire cette pénurie,
07:58ce désert médical,
07:59nous, ça nous intéresse,
08:00notamment sur la télé-ophtalmologie.
08:03Merci Jean-Valéry Desens
08:05d'être venu nous parler,
08:06cofondateur de L'Ileu.
08:07Voilà, si vous êtes intéressé,
08:08opticien que vous nous écoutez,
08:10vous allez sur L'Ileu
08:11et voyez comment tout ça peut se passer.
08:12Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
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