00:00L'immigration d'abord, j'en parlais dans mon sommaire, Gérald Darmanin, hier interrogé par l'un de nos confrères,
00:05a évoqué l'idée d'une suspension de l'immigration pendant deux ou trois ans.
00:09C'est une idée qu'il avance pour la première fois aussi clairement et qu'il pose aussi clairement dans le débat politique.
00:14On va écouter sa proposition et puis on va dire qu'il y a d'autres qui l'ont proposé avant lui, notamment Philippe Devilliers.
00:19Est-ce qu'elle est réalisable ? Est-ce qu'on peut la mettre en place ? On écoute d'abord le garde des soins.
00:23Si on veut un débat qui consiste à dire par exemple, imaginons une suspension de l'immigration pendant deux ou trois ans,
00:30on pourrait imaginer cela.
00:32Monsieur Barnier avait parlé de moratoire, pourquoi pas ?
00:34La contrepartie, c'est qu'il y a une augmentation des salaires pour que les métiers qu'aujourd'hui,
00:38ce que Marc s'appelait l'armée de réserve, que les étrangers font à très peu de frais,
00:42ce soit les étrangers en situation régulière ou les français qui le font.
00:45Vous y seriez favorable à ça ? Le moratoire ?
00:47Une suspension, oui.
00:49Une suspension pendant deux ou trois ans.
00:50On peut trouver quelques exceptions, notamment pour les médecins, pour des chercheurs, pour quelques étudiants.
00:55Et puis ensuite, comme je vous l'ai dit, je pense qu'il faudrait demander aux français directement la politique des quotas
00:59pour dire combien vous voulez, c'est ce que font les Canadiens par exemple.
01:02Voilà, ça veut dire un référendum, pour être très clair, Gauthier Lebrecht.
01:04C'est ce que propose Vérald Darmanin, ce qu'a jamais voulu mettre en place Emmanuel Macron,
01:08qui a pourtant promis, lors de ses voeux du 31 décembre 2024, des référendums, des référendums, des référendums.
01:15Si on fait la liste de tout ce qu'a promis Emmanuel Macron et qu'il n'a pas fait,
01:17on n'aura pas suffisamment de votre émission.
01:19Vous avez raison, Laurence, pour le faire.
01:21Un référendum sur l'immigration, à chaque fois, c'est la même réponse.
01:23On nous dit que ce n'était pas constitutionnel et que la constitution ne permet pas d'interroger les français sur les questions migratoires.
01:28Là, il propose les quotas.
01:29Oui, les quotas.
01:30Question sur les quotas.
01:31Quotas de quoi ? Quotas d'immigration.
01:34Oui.
01:35En fonction des métiers.
01:36Faut-il changer la constitution pour pouvoir interroger les français ?
01:39Mais la proposition de Gérald Darmanin est intéressante, suspend l'immigration pour deux ou trois ans.
01:43Vous avez cité Philippe Devilliers.
01:45Philippe Devilliers propose aussi de sortir de l'Union Européenne.
01:48parce que si vous suspendez l'immigration de trois ans, très bien, vous pouvez le faire,
01:53mais il faut au minimum sortir de Schengen.
01:55Parce que si vous ne sortez pas de Schengen, ça ne sert à rien.
01:57Un clandestin qui arrivera en Espagne, il peut être le surlendemain en France.
02:02Donc, il faut sortir de Schengen, il faut mettre des contrôles aux frontières.
02:05Il faut que Menton, la frontière entre la France et l'Italie, soit une frontière qui ne soit plus une passoire.
02:11Donc, il faut des hommes.
02:12Il faut assumer de fermer les frontières et de remettre des policiers, des gendarmes sur les postes frontaliers.
02:19Ce n'est pas juste comme ça une proposition.
02:21Je veux dire, si on suspend l'immigration de trois ans, il faut s'en donner les moyens.
02:24Et il ne faut pas que ce soit une fausse promesse, comme Emmanuel Macron, par exemple,
02:27qui promettait d'expulser 100% des OQTF.
02:29Ça a des conséquences.
02:30Ce n'est pas juste une parole en l'air comme ça.
02:32Ça a des conséquences visuelles dès le lendemain matin, avec des bouchons aux frontières,
02:37pour qu'on voit qui entre sur le sol de France.
02:41Bien sûr.
02:41L'argument économique est intéressant, Éric Revelle, dans ce qu'avance à Thural Darmanin.
02:46L'armée de réserve, dit-il, que constituent ces travailleurs immigrés,
02:52et donc clandestins, donc payés, évidemment, aux lances pierres, et pas protégés.
02:56Ils sont souvent corvéables, presque à merci, souvent pas déclarés.
03:00Ça intéresse plusieurs secteurs économiques.
03:02Il y a des secteurs en tension.
03:03En France, c'est indéniable.
03:05Mais moi, à mon avis, il faut quand même être très clair.
03:07Quand j'entends Gérald Darmanin parler d'immigration, il parle d'une immigration légale.
03:11On ne peut faire un moratoire sur une immigration que légale.
03:15Que fait-il des immigrés illégaux ?
03:19Alors là, le sujet, il reste entier, pardonnez-moi.
03:21Moi, j'ai toujours pensé que des quotas étaient une bonne solution.
03:24Parce qu'au Canada, ça fonctionne, il a raison.
03:25Mais comment est-ce qu'on fait pour empêcher les immigrants illégaux de rentrer en France ?
03:30Il n'y a pas 36 solutions.
03:31D'ailleurs, ça fait partie des promesses de la seconde campagne électorale très courte du président Macron,
03:37puisqu'il avait dit qu'il faut revoir de fond en comble Schengen.
03:40Il n'en a rien fait.
03:42Donc, en fait, on peut avoir des quotas sur une immigration légale pour des secteurs en tension,
03:47mais l'immigration illégale, le problème demeure entier.
03:50Alain Bobard, qu'est-ce que vous en pensez ?
03:52C'est faisable ? C'est irréaliste ?
03:55C'est une promesse électorale qui vaudra le lot des promesses électorales.
03:59Le premier à avoir proposé ce genre d'élément était Julien Dregues.
04:03Vous pourrez sans doute réinterroger sur vos plateaux il y a 40 ans.
04:07Parce qu'il avait dit, pour des raisons très marxistes aussi, ou marxiennes en tout cas,
04:12vu l'origine historique de Julien, de dire, attention, les problématiques d'immigration,
04:18c'est aussi une baisse des prestations sociales, c'est aussi une baisse des salaires,
04:21c'est une tentative de contourner toute l'égalité sociale que l'État-providence veut promouvoir.
04:28Donc il faut trouver une immigration choisie, une immigration par quota, une immigration, etc.
04:34Donc on est toujours au même point.
04:36Et Schengen ou pas Schengen, et Gauthier Lebray t'a parfaitement raison là-dessus,
04:41ce qu'il y a derrière est plus important que ce qu'on voit facilement.
04:44C'est-à-dire qu'il faut revoir l'intégralité de la problématique de la gestion des immigrations.
04:49Mais il se trouve que la plupart des États européens se posent désormais la même question,
04:52avec les mêmes pressions électorales.
04:56Mais l'Allemagne a fermé ses frontières.
04:57Oui, mais vous voyez ce que fait l'Italie, un certain nombre de pays, la Hongrie,
05:02qui est toujours dans l'Union européenne aux dernières nouvelles.
05:04Chacun a trouvé les moyens de répondre à sa manière aux problèmes qui étaient posés.
05:08Il y a un seul point que je retiens, c'est celui que vous avez abordé au début.
05:13Moi, je pense que les seuls qui ont le droit, le pouvoir et la nécessité de décider,
05:18ce sont les Français.
05:19Moi, je suis pour le référendum pour tout et pour tous.
05:21Je pense que c'est un enjeu majeur,
05:23que la noblesse d'État doit enfin comprendre qu'il y a un peuple dans ce pays
05:26et d'arrêter de s'étonner que les populistes parlent au peuple
05:29et donc qu'ils progressent alors qu'eux ne lui parlent jamais,
05:31lui donnent des injonctions souvent contradictoires
05:33et surtout se refusent à lui poser des questions.
05:37François Mitterrand avait déjà eu cette idée en voulant modifier la Constitution
05:40au moment du débat sur l'école dite libre ou privée,
05:45chacun verra midi à sa porte.
05:46Mais le moment est probablement venu de se dire qu'en 2027,
05:49les candidats qui doivent parler aux Français,
05:51ils doivent leur proposer de dire le référendum, c'est pour vous tous
05:54et sur toute question importante,
05:56pas seulement celle sur l'organisation des services publics,
05:59ce qui en limite beaucoup l'apporté.
06:00Écoutons juste, Philippe Le Villier,
06:02c'était au mois de septembre,
06:03qui est venu, comme toujours, rappeler l'urgence
06:05de la question de l'immigration à travers un référendum.
06:09Le message est le suivant.
06:10Depuis des années et des années,
06:12vous nous dites que l'immigration est un sujet secondaire.
06:15Et nous, nous pensons,
06:20et c'est cela que nous vous disons,
06:23nous pensons que l'immigration est la question centrale
06:25qui commande toutes les hôtes,
06:27c'est une question existentielle,
06:30c'est la question de l'urgence vitale.
06:32Une urgence vitale ?
06:33Oui, évidemment, c'est une urgence vitale.
06:38On voit bien les conséquences de l'immigration
06:40dans tout un tas de pans de la société.
06:43Évidemment, le lien entre immigration et délinquance,
06:45même si ça fait toujours un peu débat.
06:47Et puis, vous avez des conséquences sociales très fortes
06:49avec la pauvreté.
06:51Saturation du logement social,
06:52on en parle très peu.
06:54Il y a 200 000 places d'hébergement d'urgence
06:55aujourd'hui en France
06:57et qui sont saturées très largement par des immigrés.
07:00Et puis, on voit bien que le pays n'arrive plus à gérer.
07:02En réalité, il n'y a plus de politique
07:04qui permet de gérer, de maîtriser,
07:06de conduire même cette politique d'immigration.
07:09Et ensuite, il y a le...
07:10C'est la première fois qu'on entendait ces chiffres
07:11de la part du garde des Sceaux.
07:12600 000 à 800 000 personnes...
07:15Ils n'ont pas les mêmes avec Laurent Nunez.
07:16Oui, voilà.
07:17Ils n'ont pas les mêmes avec Laurent Nunez.
07:18En fait, on a des estimations qui sont faites
07:20sur la base du nombre de bénéficiaires
07:22de l'aide médicale d'État
07:23qui est exclusivement destinée aux clandestins.
07:25Là, le delta entre 600 et 800...
07:26C'est une estimation.
07:29On est en dessous d'un million,
07:31ce qui est considérable.
07:32Mais ce qu'il faut bien avoir en tête,
07:34il y a deux sujets.
07:35Le premier, c'est la question de la hiérarchie des normes.
07:38Alors, en français, qu'est-ce que ça veut dire ?
07:40Si vous avez beau faire toutes les lois
07:42au Parlement national, à l'Assemblée nationale et au Sénat,
07:45tant que vous ne vous battez pas
07:48contre des normes qui sont plus importantes
07:49que le droit français,
07:50je pense par exemple aux traités internationaux,
07:52l'accord de 68 avec l'Algérie, par exemple,
07:54écrase la valeur...
07:55C'est pas ce qu'ils nous empêchent de renvoyer
07:56nos clandestins.
07:57Bah, en partie ici.
07:58C'est les sépassés consulaires,
07:59c'est le fait que certains pays
08:00ne veulent pas les reprendre.
08:01Mais par ailleurs, il y a des traités bilatéraux
08:02entre plusieurs pays.
08:03La France est liée à d'autres pays
08:05via ces traités internationaux.
08:07Et donc, ils nous entravent complètement.
08:09Donc, l'idée, c'est vraiment de reprendre
08:11le pouvoir juridique
08:12pour pouvoir être souverain totalement.
08:13Le deuxième sujet, quand même,
08:15parce que...
08:15Alors, je vois aussi les railleries
08:18dont va faire l'objet
08:19ou dont il fait déjà l'objet Gérald Darmanin.
08:22C'est qu'il a quand même été ministre de l'Intérieur
08:23pendant plus de trois ans et demi de mémoire.
08:26Et la question, par exemple,
08:27la primo-délivrance des titres de séjour,
08:29c'est ce qu'on fait venir
08:30et que l'État français labellise,
08:33d'une certaine manière,
08:34il n'y a jamais eu autant
08:35de premiers titres de séjour délivrés.
08:36L'an dernier, on était à 333 000
08:38premiers titres de séjour délivrés.
08:41Et je pense qu'en fait,
08:41il y avait plein de choses
08:42qu'on pouvait faire réellement
08:43qui étaient à la main
08:44des ministres de l'Intérieur successifs.
08:46Qui n'ont pas été faits.
08:46À commencer par réduire
08:47le nombre de titres de séjour délivrés.
08:49Voilà, il y a plein de choses
08:50qui pouvaient être faites
08:51et qui n'ont pas été faites.
08:51Mais oui, bien sûr.
08:52Françoise, rapidement,
08:57vous avez raison de souligner
09:01les titres de séjour
09:02parce qu'il me semble
09:02que dans les titres de séjour,
09:03il y a un motif,
09:04notamment, d'en obtenir un,
09:05c'est en cas de maladie psychiatrique.
09:08C'est formidable.
09:09Les motifs humanitaires.
09:11Si on est malade mental,
09:13on a droit à un titre de séjour
09:15plus facilement.
09:16Comme si on n'était pas déjà
09:17assez perturbé,
09:19si je puis dire,
09:20par un certain nombre
09:20de malades mentales.
09:21Ça, c'est le premier point.
09:22Le deuxième point que je note aussi,
09:23c'est que l'attirance
09:25vers un pays
09:26dépend aussi des circonstances
09:27et des facilités médicales
09:30d'habitation et autres.
09:31L'attractivité du pays.
09:33Merci.
09:34L'attractivité du pays.
09:35Et en effet,
09:35on a un pays en France
09:36où on est extrêmement attractif
09:37à bien des égards.
09:39Vous avez cité
09:39l'aide médicale d'État.
09:41Pendant très longtemps,
09:41par exemple,
09:42le Portugal ne gardait pas
09:43les émigrés
09:43parce que même si
09:44Mme von der Leyen
09:45leur disait
09:46vous êtes contraint
09:47d'accueillir un quota
09:48d'émigrés
09:48parce que ça fait partie
09:49de la politique européenne,
09:50ceux qui se voyaient
09:51attribuer le Portugal
09:52repartaient aussitôt
09:53parce qu'ils ne bénéficiaient
09:55d'aucun système
09:55de soutien et de secours
09:57sur place.
09:58Donc le fait que nous
09:59on offre,
10:00alors c'est la grandeur
10:01de la France,
10:02c'est très bien
10:02de venir en aide
10:03en effet aux populations
10:04qui sont.
10:04Je ne sais pas si c'est
10:06aujourd'hui la grandeur
10:07de la France.
10:07Mais à un moment donné,
10:08ça fait quand même
10:09un poids certain
10:11et il faudrait peut-être
10:12qu'on réfléchisse
10:13à l'attractivité
10:14de la France
10:14qui reste quand même
10:16considérable
10:17pour ces populations.
10:17Mme Kahn, Rachel,
10:18que je n'ai pas entendu l'être.
10:19Oui, déjà pour souligner
10:21la clarté de votre édito
10:26et notamment parce que
10:28vous avez mis en lumière
10:29l'inhumanité en fait
10:30qui se cache derrière tout ça.
10:32Et moi je suis allée
10:32pendant de nombreux mois
10:34à Lampedusa
10:35où j'ai pu quand même
10:37écouter les parcours
10:38de l'immigration,
10:40ce qui peut se passer
10:41alors du côté algérien
10:43mais aussi du côté tunisien
10:45mais du côté libyen
10:46avec de la maltraitance.
10:48Et je suis heureuse
10:48en fait que le débat
10:49se pose non pas
10:50entre le bien et le mal
10:51dominants, dominés
10:52mais entre des personnes
10:54en responsabilité
10:56par rapport à l'humain en fait.
10:58Parce que là on a vu
10:58encore ces derniers jours
10:59ce qui s'est passé en Algérie
11:01avec des personnes
11:02qui sont refoulées
11:04mais de manière barbare
11:07avec parfois
11:09il y a des passeurs
11:10oui mais aussi
11:11des personnes
11:11qui les maltraitent
11:13en leur tirant dessus
11:14etc.
11:14Donc je pense que
11:15d'avoir une position française
11:17responsable
11:18par rapport à ce drame humain
11:21c'est une bonne chose
11:22que le débat soit posé ainsi.
Commentaires