- il y a 11 heures
Serge Papin, ministre du Commerce et des PME, répond aux questions de Sonia Mabrouk.
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00:00La grande interview européen CNews, Sonia Mabrouk.
00:05La grande interview sur CNews et européen. Mon invité ce matin est l'ex-patron de Système U.
00:10Aujourd'hui, il est ministre. Il est ministre du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du pouvoir d'achat.
00:16Bref, ministre du quotidien. Bonjour et bienvenue Serge Papin.
00:19Bonjour Sonia Mabrouk.
00:20Merci de votre présence ce matin de commerce. Il en sera question dans cet entretien au sujet, bien sûr, des menaces américaines.
00:26Mais tout d'abord, le Premier ministre a donc actionné le premier 49-3 hier.
00:30Il s'apprête à affronter deux motions de censure tout en comptant sur la clémence des socialistes qui ont imposé leurs mesures dans ce budget.
00:38Comment vous expliquez cet argument, Serge Papin, et comment vous le défendez ?
00:41Selon lequel il vaudrait mieux un mauvais budget que pas de budget ?
00:46Écoutez, ce n'est pas le budget qu'on aurait voulu, mais en tous les cas, c'est le budget dont on a besoin.
00:52Vous savez, un budget, c'est à la fois un cap et des priorités.
00:56Alors le cap, c'est d'être en dessous les 5% par rapport à la dette.
01:02Donc on arrive de 5,8, on est passé à 5,4, et là on se dirige l'année prochaine sur ce budget à moins de 5%.
01:11Donc ça, c'est le cap.
01:12Puis après, ce sont des priorités.
01:14Moi, je vais vous dire, j'ai une conscience économique de tous les instants.
01:17Et en même temps, je ne suis pas mal à l'aise avec ce budget.
01:24Comment ? Comment c'est possible alors qu'il est bourré de dépenses nouvelles et lardé d'impôts ?
01:28Non, mais attendez, je vais vous dire, parce que ce budget, il est tourné vers l'économie de proximité.
01:33Il est tourné vers les TPE.
01:35Il protège les PME.
01:38Il les... les commerces.
01:40Vous n'allez pas me dire qu'il est pro-business ce matin ?
01:42Mais sur l'économie de proximité, c'est neutre.
01:45Et sur le reste ?
01:45C'est neutre, sur les ménages.
01:4710 milliards au bon bout de prélèvements supplémentaires sur les entreprises.
01:50Alors, il y a... il est tourné vers les jeunes aussi.
01:54Alors oui, il y a un effort qui est demandé aux très grandes entreprises, aux 320 à peu près très grandes entreprises.
02:01Il y a un effort qui est demandé aussi à l'État.
02:03Il y a un effort qui est demandé aux collectivités.
02:04Donc aux Français, disons les choses.
02:06Oui, mais en tous les cas, pour ce qui concerne le cœur des actifs et l'économie de proximité,
02:14moi j'y tiens beaucoup parce que c'est 98% des entreprises.
02:18C'est le quotidien des Français.
02:20Donc moi, je suis assez à l'aise aussi avec ça.
02:22Non, non, mais je vous parle aussi des autres.
02:23Ce sont 400 quand même entreprises, vous dites grandes entreprises, mais quand même, derrière chaque entreprise...
02:27C'est la continuité.
02:28Bien sûr, bien sûr.
02:29J'ignore pas ça.
02:30Mais là, on est dans la continuité.
02:32Donc, ce qui a été demandé l'année dernière, donc en 2025, cet effort était déjà demandé en 2025.
02:39Il est donc prolongé en 2026.
02:42Moi, je souhaite après, évidemment, qu'il s'arrête à un moment.
02:45Et là, il y a un effort.
02:47En effet, il y a un effort qui est demandé aux très grandes entreprises.
02:49Je ne sais pas, c'est un effort qui vous a été, comment dire, imposé par le Parti Socialiste ?
02:55C'est donc un budget socialiste ?
02:56Non, mais ce que je vous ai dit, c'est pas...
02:59J'ai commencé par vous dire, c'est pas le budget qu'on aurait voulu.
03:02Mais en même temps, c'est un budget qui vise à l'intérêt général.
03:07Donc, c'est un budget qui a du sens, aussi.
03:10Mais vraiment, la question est importante, parce qu'on a beaucoup d'entrepreneurs qui nous écoutent.
03:13Ils ne touchent pas les ménages.
03:15Vous savez, à chaque fois qu'on dit, attention, les entreprises ont fait un effort derrière, c'est les Français qui payent.
03:18Non, mais il n'y a pas d'augmentation de prélèvement sur les ménages.
03:24Écoutez, c'est l'engagement.
03:26Ce budget, il est transparent.
03:27Il est vérifiable.
03:29Il est vérifiable.
03:30Donc, les 10 milliards au bas mot de prélèvement supplémentaire sur l'intérêt sont...
03:338, chère Sonia Mabouche.
03:35Je vous le concède.
03:36C'est déjà pas mal.
03:37On s'y perd dans les milliards.
03:39Mais ceux qui s'y perdent, honnêtement, là, ce sont les entrepreneurs qui sont découragés
03:42et qui ne comprennent pas qu'au départ, il y a un exécutif qui soutienne autant une politique de l'offre
03:47et qui l'abandonne aujourd'hui.
03:47Non, mais attendez, les entreprises, moi, je discute avec elles chaque jour.
03:52Elles ont besoin de stabilité.
03:54Elles ont besoin de visibilité.
03:56Elles sont dans l'attente de ce budget parce qu'il faut faire redémarrer l'investissement.
04:00Il faut faire redémarrer les emplois.
04:03Il faut aussi que les ménages soient rassurés parce que je rappelle qu'on a un taux d'épargne dans ce pays
04:08parce qu'on voit bien, les gens sont inquiets.
04:11On est à 20% de taux d'épargne.
04:13Donc, il faut que les gens remettent aussi dans la consommation.
04:15Ce budget va nous amener de la stabilité.
04:17J'en suis sûr.
04:18C'est le maître mot stabilité et en même temps, nous avons une défaillance visibilité.
04:24Certains disent aussi soumission aux socialistes, mais je vois que vous le contestez.
04:28J'aimerais qu'on dise un mot, Serge Papin, des défaillances d'entreprises.
04:31Là, les chiffres sont inquiétants.
04:32Est-ce que vraiment, ça va être difficile, voire impossible, d'inverser la courbe ?
04:36C'est l'objectif, c'est d'inverser la courbe.
04:39Alors, ces défaillances, elles ont des explications.
04:41D'ailleurs, au passage, il y a plus de créations qu'il y a de défaillances.
04:45Alors, on est en fin de traîne du PGE Covid.
04:50Il y a des endroits qui n'étaient pas en forme et qui ont été préservés grâce aux prêts garantis par l'État.
04:56Je rappelle aussi que les micro-entreprises, vous savez, c'est très facile aujourd'hui de créer.
05:01En trois clics, on crée son entreprise.
05:03Encore faut-il se maintenir après, c'est ça le plus important.
05:05Exactement.
05:06Et donc, là, on a beaucoup aussi qui arrêtent.
05:09Donc, ça fausse les statistiques.
05:10Et puis, alors, moi, évidemment, je suis attaché à ce projet de loi qui va arriver et qui va être sur les délais de paiement.
05:21Alors, vraiment, moi, je suis en attente de ça.
05:24Dès que le budget est passé, on va être sur cette proposition de loi.
05:28Et elle va faire quoi, cette proposition de loi ?
05:30Elle va déplafonner les sanctions pour les délais de paiement.
05:34Et vous savez combien ça concerne d'entreprises.
05:37C'est le minimum.
05:37Service minimum.
05:39Ça concerne.
05:40En compte, le contexte qu'on présente à nos entreprises.
05:42Non, mais d'accord.
05:43Mais on va.
05:44Moi, je suis sur le ballon, comme on dit.
05:47Très bien.
05:47On attend que vous marquiez le but.
05:49Voilà.
05:50C'est 20 000.
05:5120 000 entreprises qui sont concernées, qui défaillent à cause des problèmes de trésorerie.
05:56C'est 15 milliards d'enjeux.
05:58Donc, vous vous rendez compte.
05:59Donc, évidemment, ça, ça va nous aider à inverser la tendance.
06:03Il faut aussi que les entreprises, vous savez, parfois, c'est les premiers signes.
06:07Et il faut que ceux qui accompagnent, je pense, aux médiateurs des entreprises, je pense aux chambres de commerce, etc.
06:13Il faut aussi que tout le monde soit mobilisé.
06:15Et le gouvernement aussi.
06:17Alors, on va passer à l'international.
06:18Je le suis.
06:18Oui.
06:19J'ai une question un peu politique.
06:21Je sais que vous venez de la société civile, mais elle s'impose.
06:23On se demande en ce moment, parce qu'on montre beaucoup les muscles,
06:25comment on peut montrer les muscles à l'international, sur le commerce, face à Donald Trump,
06:29quand sur un budget, pardonnez-moi, on est soumis à Olivier Faure.
06:34Alors, vous parlez de ce qui se passe, là, sur la menace des droits de douane.
06:38Est-ce qu'on est vraiment crédible quand on voit que sur le budget, on n'est pas arrivé à un projet civil ?
06:42Je vais vous dire, ce qui se passe, alors là, c'est une situation un peu inédite.
06:45Au titre de l'intégrité d'un territoire qui fait partie de l'OTAN, donc qui est allié, il y a une menace.
06:55Alors, pour l'instant, ça reste une menace.
06:57Je pense que le président de la République s'est exprimé, il a dit qu'il faut à la fois de la fermeté,
07:04et puis en même temps, il faut de la cohésion en Europe.
07:06Et là, j'y viens.
07:07Parce qu'on s'en sortira.
07:08Non, mais moi, je pense que l'Europe...
07:09Vous permettez que je parle de la menace, parce que, monsieur le ministre du Commerce,
07:12200% de taxes éventuelles douanières sur nos vins et champagne,
07:15surtaxer les vins demain aux Etats-Unis,
07:17c'est quand même le premier marché export en valeur de nos produits d'appellation.
07:21Reconnaissons que ça serait dramatique.
07:23Dramatique, bien sûr.
07:24Bien sûr, alors, c'est pour ça que la diplomatie est à l'œuvre.
07:27On en est au stade des menaces.
07:29Avec le président Trump, c'est difficile de mettre les choses en perspective.
07:32Moi, je vais vous dire que le président Trump, il n'a pas le monopole du Trump.
07:38Et on peut faire aussi en Europe du Trump.
07:40Il n'y a pas de raison.
07:41L'Europe est le marché le plus important du monde.
07:45Et on ne va pas devenir les vassaux des Etats-Unis.
07:49Ce n'est pas possible, ça.
07:50Donc, on ne peut pas rester une maison...
07:51Mais on va devenir les vassaux de qui ?
07:53Parce qu'hier, on a entendu parler maintenant que les Chinois investissent.
07:56Il faut préférer être les vassaux chinois...
07:58Non, il faut être nous-mêmes.
07:59Il faut être nous-mêmes.
08:00C'est-à-dire ?
08:00Il faut qu'ils comprennent la mesure de notre puissance aussi.
08:05Et c'est en train de...
08:07C'est en train de monter, ça.
08:09Cette perception.
08:09Et en effet, la France est aussi le fer de lance de cette volonté-là, de cette énergie-là.
08:18Là, je parle vraiment au ministre de Kuma.
08:19C'est qu'à la conséquence, ceux qui nous regardent et nous écoutent sont inquiets.
08:22Oui, je comprends.
08:23Je pense que vous n'avez pas de doute que les pays qui ne seront pas visés par les surtaxes douanières vont se dire à un moment,
08:28« Écoutez, on va appeler au dialogue, à l'esprit de modération et pour laisser la France bien de seule. »
08:32C'est une menace pour l'instant.
08:33On n'en est pas là.
08:34Moi, ce que je sais, c'est dans mon modeste couloir de nage,
08:38quand on a mobilisé pour se battre contre les plateformes chinoises,
08:42et on se bat chaque jour contre les plateformes chinoises,
08:45on a mobilisé les volontaires, nous aussi, au niveau de l'Europe,
08:50c'est-à-dire huit pays qui nous suivent.
08:53Et on voit bien qu'on commence à faire bouger les lignes.
08:55Il y a la taxe douanière sur les colis qui va être mise en œuvre par l'Europe à partir du mois de juillet.
09:04Nous-mêmes, nous avons une taxe petit colis.
09:05On va avoir une taxe de 5 euros qui est mise en place.
09:10Non, on n'est pas petit bras.
09:12Attendez-moi, vous parlez d'unité européenne.
09:14Normalement, c'est très intéressant.
09:15Elle était où, cette unité, quand il s'est organisé de se dresser face à l'accord du Mercosur,
09:19quand l'Allemagne a dit que c'était un traité historique,
09:21alors que nos paysans se font en partie, je vais essayer d'être nuancé,
09:25saigné.
09:26Oui, bah, on est...
09:27Écoutez, nous, on défend nos intérêts dans cette affaire.
09:30Nous n'avons pas signé l'accord.
09:32Nous sommes en train toujours de discuter.
09:35On a saisi la commission.
09:36Nous discutons sur ce qu'on appelle les clauses miroirs,
09:39pourquoi c'est la réciprocité.
09:41Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures.
09:42Vous m'avez dit qu'elles sont extrêmement difficiles à appliquer.
09:44Oui, mais l'ex-commissaire Thierry Brouton...
09:47Je vous signale, Sonia Mabrou, qu'on a pris un arrêté avec ma collègue Annie Gennevard
09:54sur des pesticides scientifiquement avérés comme dangereux.
10:00Cinq.
10:01On l'a fait, on a pris l'arrêté.
10:03Et vous savez ce qui se passe ?
10:04L'Europe nous a suivis et en a aussi interdit trois.
10:08Donc, vous voyez, quand on est capable aussi de s'engager sur un terrain,
10:13eh bien, on montre l'exemple.
10:14On va voir les eurodéputés, y compris Macronis,
10:17puisqu'il va y avoir un réglateur avec ce vote.
10:20Attendez, j'explique, pardonnez-moi, il est important ce vote.
10:22C'est-à-dire qu'on peut ajourner, si je puis dire, l'accord ou la signature du Mercosur
10:27en saisissant la Cour de justice européenne.
10:30Donc, il n'y a pas de sujet.
10:31Les eurodéputés du camp de l'exécutif vont tous voter comme un seul homme ou une seule femme.
10:36Ben, écoutez, on va voir.
10:38Moi, je ne suis pas de boule de cristal.
10:40Ah, moi, je suis pour.
10:43C'est-à-dire que, bien sûr, le gouvernement s'est exprimé,
10:47le président de la République, le Premier ministre,
10:49on est contre cet accord à date.
10:51Je voudrais à présent évoquer avec vous, Serge Papin, un sujet que vous connaissez bien.
10:55Je le disais en tant qu'ex-patron de Système U,
10:57à l'époque où vous discutez d'ailleurs âprement les prix.
10:59Aujourd'hui, vous êtes au gouvernement,
11:00donc vous appréhendez depuis ce poste les relations entre distributeurs et industriels.
11:04C'est un sujet vraiment du quotidien pour ceux qui nous écoutent et nous regardent.
11:07C'est important.
11:08Enjeu, ce sont les prix affichés dans les rayons des supermarchés.
11:12Ce sont souvent des négociations qui virent au psychodrame.
11:15À quoi on peut s'attendre aujourd'hui, surtout dans nos rayons et dans notre panier ?
11:18Alors, on a fait signer une charte de bonne conduite.
11:21J'étais en réunion du comité de suivi des négociations il y a deux jours.
11:25On peut s'attendre à une stabilité.
11:26Donc, je suis quand même assez content parce qu'il y a des rapports qui sont apaisés.
11:32On va faire le bilan à la fin.
11:34Les PME, auxquelles je tiens beaucoup, sont, comment dirais-je, traitées un peu différemment.
11:42Les grands groupes, il y a beaucoup plus de bienveillance.
11:44À aujourd'hui, alors on ne va pas se battre sur les chiffres, mais il y a 40% des accords qui sont signés avec les PME.
11:54Il y a l'accord, ils sont signés.
11:56Et il y a à peu près 70 à 80% d'accords établis.
12:02Moi, j'ai entendu stabilité.
12:03Donc, je suppose, pour parler concrètement dans notre panier, ce qu'on va voir, il y a des prix qui vont augmenter.
12:08En moyenne.
12:09J'ai vu hier, en faisant tout simplement, les viandes hachées ont augmenté, surgelées.
12:14Les desserts, pâtes surgelées.
12:16Les biscuits, pâtisseries ont augmenté.
12:17D'autres baissent.
12:18D'autres, par exemple, tous les produits à base de blé baissent.
12:21Vous allez me dire dans un contexte d'inflation métrique.
12:23Oui, parce que la France, c'est quand même le pays d'Europe qui a le moins d'inflation.
12:28Il faut quand même...
12:29Il y a le ressenti, la réalité.
12:30À chaque fois qu'on dit ça, on vous dit, monsieur le ministre.
12:32Je suis d'accord.
12:33Regardez ce qu'elle veut dire.
12:33C'est le ressenti, mais ça va être stabilité.
12:36Vraiment.
12:37Ce qui correspond, en effet, à l'inflation.
12:39Une petite parenthèse, je pense à nos confrères du magazine
12:4260 millions de consommateurs, où vraiment, on a des enquêtes formidables.
12:46On peut dire les comparaisons sur les prix et les différents produits.
12:50Ce magazine, il est menacé.
12:52Est-ce qu'on peut se couper à partir du soutien ?
12:54Alors, moi, évidemment, je suis attentif à 60 millions de consommateurs.
12:59Pour l'instant, ce qui a été voté, c'est le budget des recettes.
13:07Je n'ai pas encore les arbitrages du budget des dépenses,
13:10dont fera partie 60 millions de consommateurs, mais j'y suis attentif.
13:15Vous êtes attentif à cela ? Vous êtes attentif aux produits Made in France accessibles ?
13:21Alors là, vous êtes le promoteur du Made in France accessibles ?
13:23Oui.
13:24C'est un nouveau monde bourg, en fait.
13:26Oui, peut-être.
13:26Une comparaison flatteuse, ou elle ne vous convient pas ?
13:29Oui, ça me convient.
13:31Parce que, alors, moi, je suis...
13:34Parce que, si on veut être une vraie alternative aux produits d'importation,
13:39il faut qu'on ait, dans notre quotidien, des produits fabriqués en France,
13:44et qu'ils ne soient pas des produits de niche,
13:45et qu'ils soient des produits de masse,
13:47et qu'ils correspondent au quotidien des Français.
13:51Et j'ai un petit exemple, un petit clin d'œil.
13:53Alors, je...
13:54Voilà.
13:55Dans votre poche, oui.
13:56Dans ma poche, je vous ai amené, parce que j'étais...
13:59Ah, une brosse à dents.
14:01La stratégie de la brosse à dents.
14:03Vous savez, cette entreprise qui s'appelle la brosserie française,
14:07elle faisait des brosses à dents un peu haut de gamme, etc.,
14:10et on ne vendait pas beaucoup.
14:11Je l'a...
14:12Oui.
14:12Voilà, je vous l'offre.
14:14Et en fait, elle s'est dit,
14:17pourquoi pas, je vais essayer de faire un produit accessible en prix,
14:24et qui va se mettre dans les besoins quotidiens des Français.
14:29Il a fait ce pari.
14:31Cette brosse à dents-là, elle vaut 90 centimes d'euros.
14:34Moins cher que les brosses à dents chinoises,
14:36qui sont faites par des entreprises américaines.
14:38Si vous l'achetez par 4, elle vaut 75 centimes d'euros.
14:42Voilà.
14:43Et c'est symbolique pour moi.
14:45Et vous savez ce qui se passe ?
14:47C'est que ce sont des machines-outils qui font ça.
14:51Et ces machines-outils, elles ont une forme
14:53qui permet de faire ces brosses à dents.
14:55Et ces formes-là, qui est le cœur du savoir-faire,
14:58c'est fait à côté de l'usine par des jeunes ingénieurs.
15:01Alors, coco...
15:01C'est comment...
15:02En fait, on fonctionne comme les Chinois.
15:05Ça nous redonne le sourire, alors.
15:06Oui.
15:06Et c'est ça, c'est symbolique.
15:08Pardonnez-moi.
15:08On se prend dans les dents aussi le manque de pouvoir d'achat,
15:11qui est en baisse.
15:13Et vous êtes aussi le ministre qui veut doper la consommation.
15:16Je rappelle que vous aviez proposé
15:18que les salariés gagnant moins de 2 SMIC
15:20puissent débloquer sans fiscalité 2 000 euros
15:23de leur plan d'épargne d'entreprise.
15:25Vous parlez, et vous avez dit,
15:26un serre-chopin d'un surplus de pouvoir d'achat.
15:28C'est aussi l'argent qui nous appartient.
15:30Alors...
15:30Non, mais alors...
15:31Un peu à peu.
15:31On ne passe pas sympathique.
15:32Non, mais...
15:32Ce pouvoir d'achat au budget,
15:35quand même, je réitère que la prime d'activité
15:37va être augmentée.
15:38Pour les salaires entre 1 SMIC et 1,4 SMIC,
15:44de 600 euros par an en moyenne.
15:47Donc ça, c'est une mesure pouvoir d'achat concrète tout de suite.
15:51Après, moi, je suis pour la liberté.
15:53Et je vais donner la liberté,
15:54parce que je vous ai dit tout à l'heure,
15:55on a trop d'épargne dans ce pays.
15:57Et il faut que les gens qui ont des épargnes salariales,
16:01ils puissent, en cash, comme on dit,
16:03les mettre dans leur consommation.
16:06Et j'ai eu beaucoup de demandes de ce côté-là.
16:08Encore faut-il qu'il y ait la confiance,
16:09encore faut-il qu'il y ait la stabilité que vous prenez,
16:12que vous promettez.
16:13Et vous verrez, on se reverra.
16:14Oui, avec plaisir.
16:15Et bien, vous allez voir qu'après ce budget,
16:17il va y avoir...
16:18On va retrouver de la stabilité.
16:19Sauf que, sachant, vous avez les mains...
16:21Enfin, oui, si je puis dire, les mains liées.
16:23Difficile de porter quand même de grandes ambitions
16:25sur le pouvoir d'achat
16:26quand les caisses sont vides et les poches sont trouées.
16:29Vous le reconnaissez ?
16:31Non.
16:32Non, mais attends.
16:34Les poches sont trouées de...
16:36De l'État.
16:37Ah, ben, l'État fait des économies.
16:39Non, mais attendez.
16:39L'État fait des économies.
16:41Elles sont réquiquies.
16:42Ah, non, non, non.
16:43On a...
16:43C'est les économies sur les ministères.
16:46J'en sais quelque chose.
16:48J'en sais.
16:48Eh bien, il y a des véritables économies qui sont faites
16:52au niveau de l'État,
16:54au niveau des collectivités territoriales,
16:57au niveau de ce qu'on appelle des agences aussi de l'État,
17:00des opérateurs de l'État.
17:01Donc là, il y a une économie
17:03qui est au total de la moitié des 40 milliards.
17:08Donc c'est quand même pas rien.
17:10Une question plus personnelle, si vous permettez.
17:12Je parle beaucoup de téléspectateurs et auditeurs.
17:14Ce matin, vous connaissez,
17:16entendez vraiment que l'ancien patron emblématique
17:18de système U.
17:20Vous êtes un enfant, d'ailleurs,
17:21de la grande distribution.
17:22Je crois même que...
17:22Je suis tombé, comme disait...
17:24Je suis tombé dans la marmite quand j'étais petit,
17:26comme disait mon président.
17:27C'est votre père qui était dans ce...
17:27Mon père était à démarrer sa carrière comme épicier,
17:31avec une enseigne
17:32que les moines de 20 ans ne peuvent pas connaître,
17:36qui s'appelait Conec.
17:37Donc, je la connais, oui.
17:39Si t'as rappelé l'âge.
17:41Et vous faites partie, comme on dit,
17:42de la société civile.
17:44Ce qui est à la fois fascinant
17:46et qui peut nous interjuer,
17:48c'est que vous entrez dans un gouvernement
17:49dans un moment difficile.
17:50Et moi, je voudrais vous demander
17:51comment on décide de monter dans le Titanic
17:54au moment où on se cogne l'iceberg ?
17:56Écoutez, moi, j'ai rien à perdre,
17:58j'ai rien à gagner.
18:00Je veux simplement aider.
18:02Et je trouve, au moment où j'en suis,
18:04dans ma vie, dans ma carrière,
18:09que servir l'intérêt général,
18:12c'est une dimension qui est intéressante.
18:14Je suis vraiment content
18:15d'être aux côtés du Premier ministre.
18:17On peut vraiment avoir la liberté
18:18de le faire dans un moment aussi compliqué ?
18:20On parlait d'un budget,
18:22des mains qui sont liées,
18:23d'une situation financière catastrophique.
18:25Non, mais le Premier ministre
18:27est en train de trouver,
18:30par son rôle de médiateur,
18:32des compromis.
18:33Des compromissions ou des compromis ?
18:34Non, des vrais compromis.
18:36Vraiment.
18:37Et moi, je suis...
18:39Je le soutiens et je l'aide.
18:41Et je suis venu, pour modestement,
18:43contribuer à amener un peu de sérénité
18:47dans ce chaos.
18:49Alors, je ne sais pas si je réussirai tout.
18:50Vous l'avez vu ce matin ?
18:51C'est une voix différente
18:52des politiques que nous recevons habituellement.
18:54Voilà, bon, écoutez,
18:55en tous les cas, je suis confiant.
18:58Et puis, si on peut être là
18:59à un petit moment
19:00à pouvoir gérer autre chose
19:02que le budget
19:03et passer aux ambitions
19:04du Made in France accessible,
19:06eh bien, moi,
19:07j'aurais eu le sentiment
19:07d'avoir été utile.
19:09Avec ces produits ou d'autres.
19:11Voilà, exactement.
19:11Il y en a plein d'autres.
19:13On n'a pas le temps d'en parler,
19:14mais il y en a plein d'autres.
19:15Merci Serge Papin.
19:15Merci Sonia Maman.
19:16Merci d'avoir été notre invité.
19:17Je vous dis à bientôt.
19:18À bientôt.
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