00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Patrick Roger.
00:04Il est 7h41, c'est à la une ce matin et Sud Radio vous explique.
00:09Trop, c'est trop, c'est un collectif de patrons qui a rédigé une tribune,
00:16qui a alerté le gouvernement, qui dénonce le budget 2026,
00:20qui est, alors je ne sais pas s'ils sont entendus, écoutés véritablement,
00:24parce que visiblement ce budget a été voté,
00:27sans qu'il n'y ait eu de concessions pour les chefs d'entreprise.
00:31Nous sommes avec Erwann Lenouane, chef d'entreprise, bonjour.
00:34Bonjour.
00:35Vous êtes justement dans ce collectif qui a vu le jour Trop, c'est trop.
00:39Vous êtes par ailleurs membre du cabinet de conseil Altermind
00:44et membre du conseil scientifique et d'évaluation de fonds d'Apple.
00:47Alors ce collectif de Trop, c'est trop, a tenté de se faire entendre depuis quelques semaines.
00:53Est-ce que le gouvernement véritablement vous a écouté ?
00:56Est-ce qu'il a tenu compte de ce que vous lui avez dit ?
00:58Oui, le Premier ministre nous a répondu deux fois,
01:01une courrie cette semaine, une courrie en novembre.
01:03Écoutez, non, parce que le bilan de ce budget, c'est qu'une nouvelle fois,
01:07c'est les entreprises qui vont trinquer, et pas que les grandes entreprises,
01:09parce que la facture va augmenter de plusieurs milliards d'euros d'impôts,
01:14et qui vont toucher une partie des grandes entreprises,
01:18et par voie de conséquence, et les autres entreprises et les ménages.
01:21Il y a une espèce de fantasme qui consiste à dire que les ménages ne vont pas être touchés.
01:24Ce n'est pas vrai.
01:25Quand on augmente la facture des entreprises de plusieurs milliards,
01:29je crois qu'on est à près de 10 milliards d'augmentation d'impôts,
01:32ça va avoir une conséquence sur l'ensemble de l'économie.
01:35Comment ça se traduit, en fait, pour le grand public qui le comprenne bien,
01:39l'ensemble de ces augmentations ?
01:41C'est quoi ? C'est des taxes supplémentaires ?
01:44Alors il y a deux choses.
01:45Il y a des augmentations de taxes,
01:47alors qu'en fait, qu'il y a la reconduction d'augmentation qui devait s'arrêter.
01:51Donc on va poursuivre l'augmentation de l'impôt sur les sociétés,
01:56il va y avoir une surtaxe de près de 8 milliards d'euros,
01:59alors que le total de l'impôt sur les sociétés, c'est à peu près 70 milliards d'euros.
02:03Et il y a des baisses qui étaient promises de charges,
02:06des baisses de la taxe comme la CVAE, qui n'auront pas lieu.
02:08Donc en fait, on va augmenter la charge fiscale
02:12et rester à un niveau de charge fiscale énorme sur des entreprises françaises,
02:16alors qu'on est déjà le pays, les entreprises qui sont parmi les plus taxées au monde.
02:19Oui, ça c'est vrai, parce qu'on le dit couramment, mais c'est vrai ça.
02:23Parmi les entreprises françaises, ils sont parmi les plus taxées au monde ?
02:26Exactement, on est parmi les plus taxées,
02:28et on est face à des concurrents qui sont...
02:30Il n'y a pas besoin d'aller chercher très loin.
02:32Nos concurrents, nos voisins, les pays d'Europe, sont souvent moins taxés,
02:37ont des dispositifs fiscaux plus attractifs,
02:39pas pour faire plaisir aux patrons,
02:40mais parce que c'est ce qui permet de créer de la croissance, de la richesse,
02:43et ensuite de la redistribuer.
02:44Oui, Erwan Lonoan, certains disent,
02:46oui, mais ce sont des cadeaux aux entrepreneurs que l'on fait,
02:50parfois quand on baisse la fiscalité.
02:52Est-ce que ce sont véritablement des cadeaux ?
02:55Ou alors est-ce que...
02:56Ben non, vous le voyez, j'imagine, différemment.
03:00Déjà, il y a une idée, il y a quand même une façon assez étrange
03:03de dire que quand on laisse de leur argent aux gens,
03:06on leur fait un cadeau.
03:07Bon, mais ensuite, ce qui va surtout se passer,
03:10c'est que là, je ne sais pas si on ne leur fait pas de cadeaux,
03:13ce qui est certain, pardon, c'est qu'on ne leur fait pas de cadeaux,
03:15et on va augmenter la charge fiscale de manière considérable,
03:18ce qui va ralentir l'ensemble de l'économie.
03:21À nouveau, il faut bien se dire que ce n'est pas les entreprises,
03:23à travers les entreprises, ce n'est pas que les entreprises qu'on pénalise.
03:25On va pénaliser les ménages,
03:27des entreprises qui payent plus d'impôts,
03:29c'est des entreprises qui investissent moins,
03:30qui embauchent moins,
03:31et surtout qui se projettent moins dans l'avenir.
03:34On nous avait promis qu'on aurait une stabilité fiscale,
03:37elle n'est pas là,
03:38qu'il y aurait une stabilité politique,
03:39elle n'est pas là non plus.
03:40Oui, c'est ça.
03:41Et puis, vous avez dit, oui, on recrute moins, etc.
03:44On augmente moins aussi,
03:45parce que l'une des questions,
03:47c'est un peu le pouvoir d'achat,
03:49c'est les salaires, etc.
03:50Et si les entreprises sont pressées à ce niveau-là,
03:55elles n'augmentent pas,
03:56sauf celles qui réussissent à faire de super profits.
03:59Exactement, mais en fait,
04:00les entreprises, elles sont dans un monde,
04:02comme vous et moi,
04:03où il y a de la concurrence,
04:04et donc, comme vous et moi,
04:05sur la vie de ménage,
04:07quand les charges augmentent,
04:08c'est des dépenses qu'on ne peut pas faire.
04:10Et donc, si on augmente l'argent qui va aux impôts,
04:13c'est de l'argent qui va en moins au salaire,
04:15qui va en moins à l'investissement.
04:16Et pour un certain nombre d'entreprises,
04:19notamment celles qui ont la possibilité
04:20d'aller investir à l'étranger,
04:22c'est des entreprises qui vont moins investir en France.
04:24Et donc, les conséquences économiques,
04:26sur le moyen à long terme,
04:28vont être assez désastreuses pour le pays.
04:29D'un mot, le budget qui a été adopté,
04:32c'est un budget de quoi ?
04:34De droite ? De gauche ? Socialiste ?
04:37Je ne sais pas si c'est un budget de droite ou de gauche,
04:40que la gauche et la droite sont assez bonnes l'une et l'autre
04:42pour augmenter les impôts.
04:43C'est un budget clairement, pour le coup,
04:47politiquement dicté par le Parti Socialiste aujourd'hui.
04:50Et puis, il y a un budget qui est clairement orienté
04:52vers la hausse d'impôts.
04:53Il n'y a rien en termes de rationalisation des dépenses.
04:56C'est ça aussi le sujet.
04:57C'est-à-dire qu'on fait tout peser sur l'augmentation des impôts.
04:59Il n'y a pas un moment où la question s'est posée
05:02de se dire, est-ce qu'en réalité,
05:03on ne peut pas dépenser mieux
05:05tout l'argent qui est aujourd'hui déjà prélevé ?
05:06Et Rawan Lenoan,
05:08est-ce que les perspectives d'apport 2026
05:10des entreprises moyennes et grandes ?
05:13Quelles sont-elles ?
05:14C'est l'incertitude immense, en réalité,
05:17puisque les promesses qui avaient été faites
05:19par le gouvernement ne sont pas là.
05:21La solidité politique de la ligne économique n'est pas là.
05:25Et donc, il y a une question sur le prochain budget.
05:27C'est-à-dire qu'on se dit qu'aujourd'hui,
05:28le gouvernement a cédé sur toutes les augmentations d'impôts.
05:31Qu'est-ce que ça va être l'année prochaine
05:32à quelques mois de l'élection présidentielle
05:35et des élections législatives ?
05:37Comment vont réagir les autres entreprises
05:39aux augmentations d'impôts ?
05:41Donc, il y a une inquiétude,
05:43une défiance et une colère aussi,
05:46je crois, parmi les chefs d'entreprise.
05:47– Oui, merci Erwan Lenoan du collectif.
05:50Donc, c'est trop des chefs d'entreprise
05:53pour tirer un peu la sonnette d'alarme
05:55et puis s'inquiéter, en fait, de l'avenir
05:57et se dire, bon, attendez,
05:59c'est quand même pas fini.
06:00Évidemment, il faut qu'on travaille,
06:01qu'on travaille ensemble,
06:02mais c'est quand même bien compliqué.
06:04Merci d'être venu ce matin au micro de Sud Radio.
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