00:00La revue de presse d'Europe 1, Olivier Delagarde. On commence ce matin avec la faillite des élites. Rien que ça.
00:06Dans quelques années, lorsque des historiens se pencheront sur la chute de nos sociétés occidentales à la manière d'un Marc Bloch,
00:12ils s'interrogeront sans doute sur l'étrange défaite de nos dirigeants.
00:17Ce qu'ils découvriront, ce qu'ils dénonceront, ce ne sera pas un défaut de formation.
00:21Nos responsables politiques sont généralement des têtes bien faites.
00:24Ils ne dénonceront pas non plus des erreurs de prévision, des analyses erronées.
00:28Mais non, les armoires des ministères sont remplies de rapports où tout est dit, écrit noir sur blanc.
00:35Ce qui explique l'impasse dans laquelle nos élites nous enfoncent est l'absence d'une qualité qui ne s'apprend pas, qui ne s'achète pas, c'est le courage.
00:44La crise du courage, c'est le titre de l'édito de l'opinion ce matin.
00:47L'épilogue du débat budgétaire qui s'annonce, explique Gautier Vaillant, restera et pour longtemps le symbole du manque de courage politique.
00:54Et cette lâcheté semble assez largement répartie.
00:58Manque de courage de Sébastien Lecornu, d'abord, qui ayant promis de renoncer au 49-3 et de ne pas endosser n'importe quoi, s'apprête à endosser n'importe quoi avec un 49-3.
01:10Manque de courage de la droite, ensuite, qui ayant exclu par principe l'option de la censure, s'est lié les mains et n'ose même plus protester contre les concessions faites au PS.
01:19Manque du courage du bloc central, enfin, qui a résolu tous les dilemmes en adoptant le bien commode.
01:25Mieux vaut un mauvais budget que pas de budget du tout.
01:31Mais apparemment, Olivier, on peut manquer de courage et garder le sens de l'humour.
01:34Oui, c'est ce que l'on découvre effectivement dans les échos.
01:38Le quotidien économique a effectivement reçu une lettre du Premier ministre à l'adresse des dindons de cette farce budgétaire, les entreprises, car c'est elles qui vont payer la facture.
01:47Alors, cette lettre qui aura peut-être en fin d'année le prix de l'humour politique, les échos n'osent même pas la publier next inso.
01:53L'exégèse qu'ils en font, personne du journal n'ose même la signer.
01:57Mesdames et messieurs, les chefs d'entreprise, c'est comme ça que commence la bafouille.
02:01Votre première attente était la visibilité.
02:04Ce message a été entendu.
02:06Sique.
02:07Suis la douloureuse et les larmes de crocodile, dans un contexte budgétaire contraint, il a fallu choisir au détriment, malheureusement, de la baisse de la CVAE.
02:15Tu parles. Pour les très grandes entreprises, poursuit le Premier ministre, un peu ragaillardi, le gouvernement reprend le barème arrêté en 2025.
02:23Là, il faut comprendre que la surtaxe décidée l'an passé, qui ne devait s'appliquer qu'une seule fois, c'était promis, juré, craché et reconduite.
02:31Cet argent contribuera à abonder le budget de la Défense, ajoute Lecornu, avant de conclure.
02:36C'est une expression concrète de leur patriotisme économique.
02:40Et nous les en remercions.
02:42Les entrepreneurs apprécieront, non seulement on leur fait les poches, mais en plus, on se paie leur tête.
02:48Mais apparemment, le pire est à venir, Olivier ?
02:50Oui, parce que le pire, c'est que le déficit va exploser.
02:52Les échos ont aussi fait les comptes.
02:54Les mesures annoncées pour complaire aux socialistes et sauver les 34 ministres de la censure vont s'élever à 8 milliards d'euros, affirme Stéphane Loignan.
03:02Le déficit en fin d'année devrait donc approcher les 5,5%.
03:06Mais l'essentiel est sauf.
03:08Pour le Premier ministre, le gouvernement ne sautera pas, alors d'aucuns penseront peut-être que tout cela est cher payé.
03:14Et le calcul est simple, 8 milliards pour sauver 34 ministres, cela fait 235 284 118 euros par membre du gouvernement qui garde son portefeuille.
03:26Voilà le prix du manque de courage politique.
03:29On abandonne la politique, Olivier Delagarde, pour le sport.
03:32Oui, et je vous préviens, ce n'est pas beaucoup plus reluisant.
03:34Parce qu'hier soir se déroulait la finale de la Coupe d'Afrique des Nations, la fameuse Cannes.
03:39Et si vous n'avez pas regardé le match, vous avez apparemment loupé un des grands scandales de l'histoire du foot.
03:44Rien de moins, vainqueur par KO, c'est le titre de l'équipe.
03:47KO, c'est H-A-O-S.
03:50Le quotidien sportif évoque pudiquement en une de lourds incidents.
03:54En fait, tout avait été bien organisé par les Marocains qui accueillaient la compétition
03:58et qui s'étaient assurés en amont de la finale la bienveillance de l'arbitrage.
04:03Ce qui s'est quand même un petit peu trop vu pendant le match.
04:06Mais le pire, c'est que cela n'a pas suffi.
04:08Malgré un pénalty imaginaire accordé aux Marocains
04:10et loupé de manière spectaculaire par la vedette de l'équipe,
04:14c'est le Sénégal qui l'a emporté.
04:16Dans l'équipe, Vincent Duluc préfère pudiquement ne se souvenir que d'une émotion folle,
04:20d'un miracle et d'une malédiction.
04:23Mais sur le site du Figaro, Sébastien Vaud, lui, se fiche bien de fâcher le supporter marocain.
04:28Il parle d'un consternant spectacle, plombé par une décision arbitrale scandaleuse.
04:33Cette finale a pris une tournure cauchemardesque, entrant tristement et honteusement dans l'histoire de ce sport.
04:40Et vive le foot !
04:41Allez, on va terminer sur une note quand même plus joyeuse.
04:44On va terminer en fanfare !
04:46Mais oui, une fanfare !
04:51La chose a échappé à tout le monde, sauf à la croix.
04:54Aujourd'hui débute la semaine du son de l'UNESCO,
04:57qui s'achèvera par le week-end des orchestres.
04:59Il s'agit de valoriser la pratique collective de la musique.
05:01Alors, on n'est pas très bon en France.
05:03Moins de 5% de la population joue d'un instrument.
05:06Or, c'est essentiel, affirme Nathalie Lacubbe.
05:09Dans les périodes de tension sociale, celles que nous vivons,
05:12c'est très important de pouvoir jouer collectif.
05:14S'exprimer par la musique permet d'être en relation, d'écouter l'autre, de le comprendre.
05:19En Issa, bref, ce n'est pas nouveau.
05:21Mais à la différence de la politique et du football, la musique adoucit les meurs.
05:25N'est-ce pas Philippe Balle, qui joue trompette ?
05:27Non, moi je joue de la guitare et du piano.
05:29Guitare-piano.
05:30Ah, c'est bien.
05:30Et votre fils est un mélomane déjà incroyable.
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