00:01La revue de presse d'Europe 1, Olivier Delagarde.
00:03Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde.
00:06Ne pas les nommer, c'est nier notre humanité.
00:09Oui, la citation de Camus ne serait pas usée jusqu'à la corde.
00:12On se permettrait de la rappeler humblement à certains commentateurs.
00:15Ce matin, au lendemain de la mort de Quentin à Lyon,
00:19une autre bataille, effectivement, bataille rangée à débuter,
00:22la bataille des mots par médias interposés,
00:25celle de ceux qui préfèrent parler d'une rixe plutôt que d'un lynchage.
00:29Une rixe, c'est pourquoi pas une dispute, une chamaillerie,
00:32dont les auteurs seraient les gentils garnements de la jeune garde.
00:35Parce que pour un grand nombre de médias de toute évidence,
00:38la victime n'est pas du bon côté.
00:40Parce qu'il ne s'agit pas comme lors de la mort de Clément Méric
00:42de dénoncer l'ultra-droite.
00:44Alors, quand c'est l'ultra-gauche qui est pointé du doigt,
00:47il est juste temps d'enfiler les perles.
00:49Aucune vie ne mérite d'être brutalement interrompue,
00:51nous dit par exemple l'humanité.
00:53Pour un commentaire pertinent, ça c'est pertinent.
00:56Mourir pour un engagement politique, quel qu'il soit, est insupportable.
00:59Écrite aussi de manière insipide.
01:01La croix en première page, il faudra éclairer
01:03les circonstances exactes de la mort de Quentin,
01:06poursuit l'éditorialiste.
01:07Bref, on verra plus tard.
01:10Mais encore plus insupportable que ces mots creux,
01:15le relativisme.
01:16À la lune des échos, Dominique Seu,
01:18que l'on a connu plus inspiré,
01:19estime que ce n'est pas l'ultra-gauche qu'il faut pointer du doigt,
01:22mais plus largement l'extrémisme,
01:25qui est un danger mortel.
01:26C'est le titre de son éditorial.
01:28Ben oui, parce que la police et les magistrats diront
01:30si les antifascistes de la jeune garde en sont responsables,
01:33sachant, rappelle-t-il,
01:34que l'extrême-gauche n'a pas le monopole de la violence,
01:37comme l'a montré la mort en 2013 de Clément Méric,
01:42CQFT.
01:43Et puis il y a des médias, pardon,
01:44qui n'ont pas peur d'appeler un chat un chat.
01:46Et un antifa, un fasciste.
01:48À la lune du Figaro,
01:49Vincent Trémolet de Villers ne prend pas de gants
01:50pour dénoncer ces médias qui se voilent la face.
01:54Avec le mouchoir du Tartuffe,
01:56l'extrême-gauche n'a pas simplement son entrée dans les facs.
01:58Sa carte dans l'audiovisuel public,
02:00écrit-il, elle, paradossie à l'Assemblée.
02:02Pourquoi ?
02:03Parce qu'une coalition coupable
02:05qui va de Gabriel Attal à Marine Tondelier
02:06en passant par François Hollande,
02:08la fait élire.
02:09Ensuite, parce que des milices depuis des années
02:11sèment la terreur en toute impunité.
02:13Celles qui ciblent notamment l'ERN,
02:15Éric Zemmour, Bruno Retailleau,
02:17qui pourchassent les jeunes femmes de Némésis,
02:19qui intimident les catholiques
02:20et protègent les islamistes.
02:22Le fascisme peut revenir sur scène,
02:25à condition qu'il s'appelle antifascisme,
02:28nous a prévenu Pasolini.
02:29Quentin, dans cette histoire,
02:30n'est pas un militant pris dans une rixe,
02:33conclut-il,
02:33mais un martyr de la liberté d'expression
02:36que l'extrême-gauche veut remplacer
02:37par son hideuse loi de la meule.
02:40Quoi d'autre dans nos journaux ce matin, Olivier ?
02:42Alors évidemment, les crues dans l'ouest de la France,
02:44la vie sous les eaux.
02:45C'est le gros titre à la une de sud-ouest,
02:48au-dessus d'une grande photo d'un village totalement inondé.
02:50Un panneau indicateur qui affleure,
02:53donne juste une idée du niveau de la montée des eaux.
02:56« Bienvenue à Bari, désormais une île,
02:59au milieu de la Garonne, en cru.
03:01C'est donc en bateau que le reporter du journal s'est rendu sur place.
03:05Accoudé à sa fenêtre, alerté par le bruit du moteur,
03:07une jeune femme répond aux questions.
03:09Je n'ai plus d'électricité, plus rien. »
03:12Au milieu de l'eau, sa maison de village a des allures de phare isolée.
03:15« J'étais là en 2021, alors j'ai appris, »
03:18« Telle fataliste, elle a prévu des livres, des bougies,
03:22une réserve de nourriture, elle plisse les lèvres.
03:24On ne sait pas si ça va durer quelques jours ou plus.
03:28Que faire ? »
03:29En attendant, je ne suis pas sûr que ce soit particulièrement
03:31la préoccupation des sinistrés de ces inondations,
03:33mais ils diront dans aujourd'hui en France un papier
03:35sur le remaniement gouvernemental qui se prépare
03:39et qui prend du retard.
03:39On nous l'avait promis pour demain.
03:41Eh bien, le Premier ministre évoque maintenant juste le 22 février
03:44comme date butoir.
03:45Il s'agira notamment de remplacer Rachida Dati
03:47et trois de ses collègues ministres qui briguent
03:50des mandats municipaux.
03:52Mais le journal affirme que Sébastien Lecornu
03:54pourrait aussi en profiter pour renvoyer dans leur foyer
03:56Roland Lescure et Catherine Vautrin.
03:58On verra ça.
03:59Quant aux entrants, selon Olivier Beaumont et Thomas Soulier,
04:02c'est Catherine Pégard qui tiendrait la corde
04:04pour le ministère de la Culture.
04:11À propos de culture,
04:12c'est un grand monsieur qui nous a quittés jeudi.
04:15On a appris qu'hier, Michel Portal,
04:17à qui toute la presse rend un hommage appuyé ce matin.
04:20Alors là, on entend un extrait de son album
04:21« Turbulence ».
04:23Dans le Figaro, vous lirez un « Le joli portrait »
04:25signé Olivier Nuc.
04:28Clarinettiste, saxophoniste,
04:29son répertoire était extrêmement large du classique au jazz.
04:32Il était l'un des musiciens européens
04:34les plus détonnants et inclassables
04:36des 60 dernières années, écrit-il.
04:38Il est l'un des musiciens français
04:40les plus célèbres à l'étranger.
04:41Il avait fait de sa carrière
04:43une réinvention permanente.
04:45Il avait 90 ans.
04:47Au revoir, monsieur Portal.
04:56Philippe Val aime bien Michel Portal.
04:58Oui, je l'ai rencontré,
05:00j'ai eu la chance de jouer avec même.
05:02Et c'était un gentleman,
05:04un homme adorable,
05:05un immense musicien.
05:06Le jazz européen lui doit beaucoup.
05:08de son départ.
05:09Merci beaucoup.
05:10Le jazz est classique aussi.
05:12Il jouait avec Paul Meyer,
05:14qui est en tête de Mozart.
05:15Souvent dans le jazz,
05:16il y a eu son compagnonnage
05:20avec la musique classique.
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