00:00La revue de presse d'Europe 1, Olivier Delagarde.
00:03On commence par le résultat d'une élection législative en Haute-Savoie hier.
00:07Oui, la nouvelle est intervenue un petit peu tard pour vos quotidiens nationaux,
00:10mais le résultat fait les gros titres du Dauphiné libéré.
00:12L'alliance UDR-RN l'emporte.
00:15Il l'emporte sur le candidat, Les Républicains, avec presque 60% des voix.
00:21Cette fois-ci c'est passé, écrit Pauline Moisy, qui rappelle qu'il y a 18 mois,
00:24Antoine Valentin était déjà arrivé en tête,
00:26mais c'était finalement incliné face au LR au second tour.
00:29Et ce qui est intéressant dans ce résultat est peut-être moins à chercher dans le succès du vainqueur
00:33que dans l'échec des vaincus.
00:35Mais où est passée la droite ? s'interroge le Parisien aujourd'hui en France.
00:39En gros titre, les LR pécachent leur politique de compromission avec l'exécutif,
00:44semble répondre le journal, qui est allé à la rencontre des électeurs Les Républicains.
00:49À Nice, beaucoup de sympathisants ne le cachent pas leur désarroi.
00:52Tout est fait en dépit du bon sens, je ne m'y reconnais plus.
00:55à Seine-Claire, chirurgienne de 45 ans, électrice de droite,
00:59les Républicains ont perdu leur âme, dit-elle.
01:02Les députés LR ont effectivement approuvé un budget à peu près contraire à tout ce qui jusqu'ici
01:08les définissait, écrit Nicolas Charbonneau dans son éditorial.
01:11Et il faudra un jour faire l'autopsie de ce renoncement, poursuit-il.
01:15Que les esprits les plus honnêtes admettent que ce qui s'est joué
01:19relevait surtout de cette piètre politique qui consiste d'abord à sauver sa tête avant ses idées.
01:25Voilà, il y a eu la troisième circonscription de Haute-Savoie.
01:28Il y en aura d'autres.
01:30Et l'on songe à la célèbre phrase de Churchill,
01:32que l'on aurait presque envie de paraphraser.
01:34Ce matin, ils avaient le choix entre le déshonneur et la défaite.
01:38Ils ont choisi le déshonneur, ils auront la défaite.
01:41On passe à d'autres sombres prédictions.
01:42Oui, d'abord celle de Nicolas Baverez.
01:44Depuis l'apparition de son best-seller, La France qui tombe, c'était déjà il y a 20 ans,
01:48cet économiste historien n'en finit pas de documenter le déclin français.
01:52Du coup, on pourrait ressentir comme une certaine lassitude à le lire.
01:56Le seul problème, c'est que tout ce qu'il nous annonce s'est produit.
01:59Que nous dit-il aujourd'hui ?
02:01Que la France est en voie de tiers-mondisation.
02:03La paupérisation de la France et des Français s'emballent,
02:06écrit-il en préambule, avant de documenter cela par une impressionnante série de données statistiques
02:11toutes plus implacables les unes que les autres.
02:14À trajectoire inchangée, la France ne figurera plus parmi le top 10,
02:19les 10 premières économies mondiales à la fin de la décennie.
02:23Alors, je sais ce que vous êtes en train de vous dire,
02:24que Baverez exagère que ce penseur libéral a des arrières-pensées politiques.
02:29Bon, admettons.
02:31Mais lisez alors dans le même Figaro l'interview de Peter Boghossian.
02:34Lui est américain, philosophe, et notre tambouille politique franco-française,
02:39il s'en fiche pas mal.
02:41Ce qui l'intéresse et qu'il étudie depuis longtemps,
02:44ce sont les effets de l'immigration islamique sur notre société.
02:47Il répond aux questions d'Eugénie Bastier.
02:49Lui aussi parle de notre paupérisation,
02:52mais surtout du déni autour de la question de l'immigration.
02:56Vous savez, raconte-t-il à Eugénie Bastier,
02:57« Avant de venir en France, j'étais à un dîner,
03:00et lorsque j'ai dit que je venais ici,
03:02plusieurs personnes m'ont répondu
03:03« Pourquoi fais-tu ça ? Laisse tomber, n'y va pas.
03:07La France est perdue. »
03:08Je pense que beaucoup d'Américains du centre à la droite
03:12ne croient pas que la France existera encore à la fin du siècle, dit-il,
03:17et de conclure fataliste,
03:19si une société ne veut pas se battre pour ce qu'elle estime important,
03:22alors elle mérite ce qui lui arrive. »
03:25Tout à l'heure on pensait à Churchill,
03:26maintenant on pense à Tchékov,
03:28qui au début du XXe siècle nous prédisait la fin d'un monde,
03:31lorsqu'une aristocratie russe déclinante s'inquiétait
03:33dans une douceur de fin d'été de la disparition de la ceriselle.
03:37Il y a tout de même des politiques qui donnent envie de redresser la tête ?
03:40Oui, ou de leur couper la chique, c'est selon.
03:43En tout cas ce matin, ne loupez pas l'interview du jour,
03:46celle d'Amélie Oudea-Castera dans le Figaro.
03:49Alors, petit rappel du CV de l'impétrante,
03:52elle fut joueuse de tennis, puis énarque, macroniste,
03:55ce qui lui valut d'être ministre des Sports,
03:57avant d'accéder au Graal, ministre de l'Éducation nationale.
04:01Mais là, c'est le drame,
04:03elle se crache n'assumant pas d'avoir placé ses enfants dans le privé.
04:07Elle sera donc exfiltrée de la rue de Grenelle au bout de 28 jours.
04:11Mais comme la Macronie s'est récompensée ses plus brillants soldats,
04:14elle est ensuite recasée à la tête du Comité national olympique français.
04:17Cinq jours du début des JO d'hiver,
04:22elle accueille donc les journées d'exercice,
04:24d'autosatisfaction assumée.
04:25La France vise le top 5, déclare-t-elle.
04:27Mais le top du top, c'est quand le journal lui demande
04:30si le monde politique est plus brutal que le sport de haut niveau.
04:35Réponse de notre ex-ministre,
04:36Ce qui est formidable dans le sport,
04:38c'est que vous êtes jugé sur vos résultats.
04:41Et je pense que si je suis jugé sur mon action de ministre,
04:44le bilan ressort comme formidablement positif
04:47et de manière assez unanime.
04:50Fermez les guillemets.
04:51Voilà, quel dommage que la suffisance
04:53ne soit pas encore discipline olympique.
04:55Assurément, nous avions là une championne du monde.
05:03Bon, on a une pensée quand même pour toute la délégation française
05:05qui part au J.O. d'hiver dans 4 jours.
05:08Pour la présidente du CNSOSF.
05:10Oui, voilà, le CNOSF, comme disent les spécialistes.
05:14On en reparlera de ces J.O. d'hiver.
05:15Merci beaucoup Olivier Delagarde.
05:16Allez, je vous souhaite une excellente journée.
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