00:02La rue de presse, Olivier Delagarde, est-il en train de se passer quelque chose dans la vie politique française
00:07?
00:07Eh bien, vous en parliez à l'instant, Dimitri, c'est effectivement la question du jour,
00:10alors que l'onde de choc de la mort du jeune Quentin à Lyon n'en finit pas de se
00:13propager.
00:15Certains estiment que oui, que plus rien ne sera comme avant, que les masques tombent enfin,
00:19et que les insoumis vont quand même avoir du mal à se remettre de cette affaire.
00:22Bon, ok, prudence, présomption d'innocence, mais quand même, rappelle le Parisien aujourd'hui en France,
00:27hier, neuf personnes proches de la mouvance ultra-gauche et du député LFI,
00:32Raphaël Arnaud, ont été interpellés, la jeune garde en garde à vue, résume le journal.
00:37Autrement dit, les LFistes ne vont plus pouvoir continuer à dire qu'ils ne sont pour rien dans cette affaire.
00:43Et c'est d'ailleurs la thèse de l'excellent papier de Jules Torres dans le JD News de cette
00:47semaine.
00:47La mort de Quentin marque un tournant politique majeur, écrit-il.
00:52Ce drame met fin à une forme d'aveuglement collectif, à cette tolérance implicite,
00:57dont la France insoumise a longtemps bénéficié au nom de la radicalité politique.
01:01L'heure des comptes a sonné, affirme aussi Yves Tréhard, à la une du Figaro.
01:05C'est à Mélenchon de s'expliquer, parce que la violence qui a tué Quentin de Ranck n'est pas
01:09résiduelle.
01:10Elle est permanente, souhaitée, soutenue par son clan pour conduire le pays au chaos.
01:16Alors, moment de bascule, comme nous le disait Pascal Praud, pas sûr en tout cas.
01:21En tout cas, l'aveuglement demeure à gauche.
01:24Et si vous en doutez, jetez un coup d'œil à la une de l'humanité de ce matin.
01:28Après la mort de Quentin, croyez-vous que le quotidien communiste
01:30commencerait à faire un embryon d'examen de conscience sur la violence d'extrême-gauche ?
01:34Pensez donc.
01:36À Lyon, la contagion fasciste.
01:38C'est le gros titre du journal.
01:39Quentin a succombé sous les coups d'énervi LFiste,
01:41mais le vrai danger reste évidemment l'extrême-droite.
01:44Tout cela n'est pas très important, me direz-vous.
01:47Non, le plus grave, c'est sans doute la réaction de la gauche dite de gouvernement.
01:52Une réaction que l'on pourrait résumer ainsi.
01:57J'ai compris.
01:58Le silence donc.
02:00Oui.
02:00Qu'il est pesant ce silence des principaux dirigeants du parti socialiste
02:05sur la mort de Quentin de Ranck, écrit Nicolas Béthou à la une de l'opinion.
02:09Qu'il est gênant, ce refus d'Olivier Faure, de faire le moindre commentaire de peur de fâcher Jean-Luc
02:15Mélenchon.
02:15Quelle est étrange cette aphonie de Boris Vallaud et que dire du parti communiste à des verts
02:20qui toussent ses vertus à intenter à l'extrême-droite un procès en récupération politique de ce drame, poursuit-il.
02:26Pour les héros de la gauche dite morale,
02:28rien avant les municipales ne doit pouvoir empêcher de sceller des alliances avec l'extrême-gauche.
02:33Tous les accommodements sont les bienvenus, toutes les pudeurs sont étouvées.
02:37Et l'on songe tout d'un coup aux tartuffes de Molière.
02:41Le scandale du monde est ce qui fait l'offense.
02:44Et ce n'est pas péché que de pécher en silence.
02:46Quoi d'autre dans les journaux ce matin, Olivier Delagarde ?
02:49Et tout d'un coup, le souvenir m'est apparu.
02:51Ce goût, c'était celui du petit morceau de Madeleine que le dimanche matin accombrait.
02:56Parce que ce jour-là, je ne sortais pas avant l'heure de la messe.
02:59Quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre,
03:01« Ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempée dans son infusion de thé ou de tilleul ».
03:07Après Molière, Proust excusait du peu, évidemment, le fameux passage de la Madeleine, cet exhausteur de mémoire.
03:12Et si l'on discute, si l'on déguste ce style, ce n'est pas juste pour oublier celui de
03:17Jean-Luc Mélenchon.
03:18C'est parce que la Bibliothèque Nationale vient de lancer une souscription publique
03:22afin d'acquérir les archives retrouvées de l'écrivain.
03:25L'histoire est racontée par Christophe Henning dans La Croix.
03:28C'est après la mort de l'éditeur Bernard de Fallois que l'on a retrouvé brouillon et autres travaux
03:33préparatoires.
03:34Et c'est une mine pour tous les proustophiles.
03:37Mais nous, l'on a découvert que dans une première version,
03:40la fameuse Madeleine n'était pas une Madeleine, mais une biscotte.
03:44Et soit dit en passant, Marcel a bien fait changer.
03:47Parce que la biscotte de Proust, ça sonnait quand même un peu moins bien.
03:50Et enfin, toujours au registre, exhausteur de mémoire,
03:54cette musique devrait rappeler des souvenirs aux plus de 50 ans en tout cas.
04:08Générique des cinq dernières minutes signé Jacques Marchand.
04:11Pourquoi est-ce que je vous le fais écouter ?
04:13Eh bien, pour évoquer le maître absolu du roman policier, Georges Chimnon,
04:16et son héros immortel, le commissaire Maigret.
04:19Alors aujourd'hui, Laurie ne nous en parlait pas,
04:21mais sort au cinéma une nouvelle adaptation portée par Bruno Pedaledes.
04:25Et c'est le Parisien qui consacre un joli papier à tous les films dont Maigret fut le héros.
04:30Tenez-vous bien, il y en a eu plus de 70 au cinéma et 350 à la télévision.
04:35Pierre Renoir, Harry Bord, Albert Préjean, Michel Simon, Jean-Richard
04:39auront interprété le commissaire plus près de nous.
04:41Bruno Crémer, mais aussi Gérard Depardieu.
04:43Mais qui ? Qui fut le meilleur Maigret ?
04:47S'interroge Yves Géglet.
04:49Eh bien, pour Chimnon, il n'y avait pas photo.
04:51Il y avait un genre qui ne me plaît pas, lui,
04:53mais qui pourrait plaire au juge d'instruction.
04:54C'est pourquoi je vous conseille de mettre votre avocat en veilleuse et votre montre à l'heure.
04:58L'affaire Saint-Fiacre, un livre de Georges Simnon.
05:01C'est Jean Gabin, et d'ailleurs Simnon lui-même disait ne plus pouvoir voir Maigret
05:06que sous les traits de Gabin.
05:08Merci Olivier Delagarde, votre revue de près.
Commentaires