00:00La revue de presse d'Europe, Olivier Delagarde, on commence ce matin avec un accessoire vestimentaire.
00:07Et oui, parce que contrairement à ce que dit l'adage, l'habit fait parfois le moine.
00:12Il s'agit en l'occurrence d'un pull, mais pas n'importe quel chandail, précise Alain Raymond, le facétieux chroniqueur de la Croix.
00:19Un pull collant V à 39,90€ et qui, à en croire les experts, pourrait même être légèrement troué.
00:26Et ce pull, aussi sûrement que les chaussettes dans les mocassins de Chirac ou que les lunettes de soleil de Macron,
00:31est devenu l'image, symbole d'un homme et peut-être même d'une politique.
00:35Ah, le pull de Lecornu, ça lui donne un look modeste pour sur Raymond, disons même provincial, avec ses poireaux dans le cabard.
00:43On sent qu'il aime bien ce look, qu'il le cultive, qu'il y tient.
00:47C'est son costume de Superman à lui, ajoute-t-il, le slip par-dessus le collant en moins.
00:51Avec son pull collant V à 39,90€, il se sent invincible.
00:56Il déjoue les pronostics, vient à bout des motions de censure, signe des budgets réputés impossibles.
01:01Lecornu conclut-il, c'est Superman, pull troué, collant V.
01:05Mais ce matin, Sébastien Lecornu se retrouve face à un dilemme.
01:08Eh oui, parce qu'on l'imagine, ce matin, devant son tiroir à chaussettes.
01:12Que faire maintenant que le budget a été adopté ?
01:14Continuer à la jouer profil bas ou bien abandonner son pull collant V ?
01:18C'est la question que se pose aussi, finalement, en d'autres termes.
01:21Cécile Cornudet, des échos, à quoi lecornu peut-il encore servir ?
01:27Notre Premier ministre a beau avoir rempli la mission budget, il a maintenant un problème.
01:30Nous persuader que le quinquennat n'est pas fini.
01:33Et pour ce faire, il doit déployer les qualités et l'image inverse à celles qui lui ont servi depuis son arrivée à Matignon
01:39pour faire oublier la Macronie triomphante, modestie, discrétion, pull troué.
01:45Il paraît que lecornu s'est donné une semaine pour réfléchir à sa prochaine mission.
01:49Alors, est-ce que l'on a idée des chantiers qu'il pourrait lancer ?
01:52Non, mon cher Dimitri.
01:53En revanche, on connaît déjà les dossiers dont il ne va pas s'occuper.
01:56Le chômage des jeunes, par exemple, et cette proposition du MEDEF
02:00de créer un statut spécial pour les entrants sur le marché du travail.
02:04Ouh là là là là ! Non, non, non, non, non !
02:05Contacté par le Parisien, raconte Olivier Beaumont.
02:08Matignon confie avoir découvert cette idée du patronat dans la presse,
02:13tout en expliquant qu'elle n'est aucunement à l'ordre du jour du gouvernement.
02:17Le Premier ministre s'est donné suffisamment de mal pour enterrer la réforme des retraites.
02:21Ce n'est pas pour lancer un grand chantier sur le chômage des jeunes
02:24qui pourrait fâcher le Parti Socialiste.
02:26Non, dormez tranquille, braves gens.
02:29Mais je vous préviens quand même, le réveil va être difficile.
02:32Enfin, je vous préviens, ce n'est pas moi.
02:34C'est Nicolas Dufourque qui nous alerte dans le Figaro.
02:37Alors un mot quand même pour rappeler qui est Nicolas Dufourque.
02:39Ce n'est pas un iroquois extrémiste.
02:41Ce haut fonctionnaire, passé par l'ENA, chef d'entreprise, inspection des finances,
02:46préside depuis une douzaine d'années au destiné de BPI France.
02:50Il est de ce fait à un poste d'observation privilégié de la réalité de l'économie
02:54et de la situation française.
02:57Le retard pris dans le redressement de nos finances publiques
02:59est maintenant trop important pour éviter un moment de vérité, écrit-il.
03:02« Un long moment d'effort vient, une austérité qui pourrait durer dix ans. »
03:07Les pays du sud de l'Europe savent ce que c'est.
03:10Ils l'ont vécu avant de se redresser.
03:12Ce sera bientôt au tour de la France de vivre ce long moment,
03:16probablement après la présidentielle, prédit-il.
03:18Les partis qui promettent encore d'y échapper
03:20ne pourront pas être pris au sérieux.
03:23Quel qu'il soit et quel que soit son programme,
03:26le candidat élu devra faire atterrir le pays.
03:29« Mieux vaudra avoir dit la vérité aux Français avant le scrutin,
03:34car la réaction populaire sera terrible
03:36si la nouvelle majorité improvise un tête-à-queue au bout de six mois
03:40avec un risque de dislocation sociale. »
03:44Et là, soyez-en sûr,
03:45les problèmes de trous dans les pulos verts seront le cadet de nos soucis.
03:48Si l'on termine avec le concerto numéro 23 de Mozart,
04:04ce n'est pas juste pour insister sur la gravité du moment politique, Dimitri.
04:08C'est pour illustrer un magnifique papier signé Ariane Bavelier dans « Le Figaro ».
04:12Cette musique, c'est effectivement celle qui est utilisée par le chorégraphe
04:16Angelin Preljokaj dans son ballet « Le Parc »,
04:18qui est redonné à l'Opéra de Paris, rappelle-t-elle.
04:21Un ballet qui a déjà plus de 30 ans
04:23et qui reste à jamais inoubliable pour la scène du baiser.
04:27Oui, un baiser volant.
04:30D'une petite minute qui donne l'impression
04:32que les danseurs sont accrochés l'un à l'autre par les lèvres.
04:35Si vous ne l'avez pas vu,
04:36trois clics sur Internet vous permettront de découvrir
04:38ce moment de grâce absolue
04:40et qui est aussi une prouesse pour les danseurs,
04:43nous raconte le Figaro.
04:44Anna O'Neill, qui reprend le rôle, raconte
04:46« Je dois me tenir très fort aux lèvres de mon partenaire
04:50et il ne me touche pas,
04:52mais l'envol est magique à vivre.
04:55Je ferme les yeux et je perds le contrôle
04:57comme un premier baiser avec des papillons dans le ventre. »
05:02Voilà, je vous laisse avec nos arts
05:04et moi aussi je vous embrasse.
05:17Merci beaucoup Olivier Delagarde.
05:19Un stand de grâce dans l'envue de presse d'Europe 1 ce matin.
05:21Merci à vous pour ces mots que vous avez eus.
05:23Merci à vous.
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