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  • 2 days ago

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00:00On en vient maintenant à ce chantage, ce coup de pression de Donald Trump.
00:03Le président américain promet d'imposer de nouveaux droits de douane.
00:07La réponse européenne se précise.
00:10Le président Macron a appelé aujourd'hui à activer l'instrument anti-coercition de l'Union européenne.
00:16C'est un outil juridique qui permet de se défendre contre des pressions économiques jugées illégitimes.
00:21C'est l'objet de notre échange avec vous, Anne Corpé. Merci d'être là, Anne.
00:25Le président américain a donc menacé au moins 8 pays européens d'augmenter de 10%.
00:29Les droits de douane, on revient un petit peu sur le détail de ces annonces, à compter du 1er février,
00:35s'il continue de s'opposer en réalité à la convoitise qu'il a pour le Groenland.
00:40Parmi les mesures envisagées, l'activation de cet instrument anti-coercition, on parle d'armes redoutables. De quoi s'agit-il ?
00:47On le surnomme le bazooka de l'Union européenne.
00:51C'est un instrument qui a été créé en 2023 pour faire face à la Chine.
00:57Il n'a en réalité jamais été utilisé.
01:00Il permet de déployer un large arsenal de mesures, de représailles.
01:05Par exemple, la restriction ou l'interdiction d'importer certains produits,
01:11la suspension des autorisations d'exercer pour des entreprises,
01:14ou la limitation ou l'interdiction de l'accès au marché public européen.
01:21En clair, ça permet de priver certaines entreprises d'accéder au marché de 450 millions de consommateurs que forme l'Europe.
01:30Le Parlement européen fait régulièrement référence à ce bazooka pour contrer l'agressivité de la Maison-Blanche.
01:38Jusqu'à présent, l'exécutif s'y était opposé.
01:40Mais la donne change avec ces nouvelles menaces de Donald Trump.
01:44Le problème, c'est que le président américain menace de mettre en œuvre ses nouveaux droits de douane dans deux semaines.
01:51Or, l'activation de l'instrument anti-coercition prend du temps.
01:57Il faut d'abord que la Commission lance une enquête pour établir la coercition.
02:01Ensuite, elle soumet la question au Conseil européen qui doit statuer à la majorité qualifiée,
02:07c'est-à-dire 55% des États membres qui représentent 65% de la population européenne.
02:13Ça veut dire que les six États membres de l'UE concernés par les droits de douane brandis par Donald Trump
02:21doivent convaincre au moins neuf autres pays membres de l'Union européenne d'agir.
02:26Et en cas de feu vert du Conseil, il y a encore une phase de médiation entre la Commission et le pays concerné.
02:33Ce n'est que quand l'échec des négociations est constaté que la Commission peut mettre en œuvre la riposte qu'elle juge la plus adaptée.
02:43Il va donc s'écouler un certain temps avant que ce bazooka tire son premier coup de feu.
02:48Mais en attendant, l'accord conclu l'été dernier entre Ursula von der Leyen et Donald Trump risque fort d'être suspendu.
02:58Et ça, c'est un premier revers pour le président américain puisque c'est un accord qui était largement favorable aux États-Unis.
03:04Le chef du PPE, le parti le plus important, le groupe le plus important au Parlement européen,
03:10a en effet déclaré hier soir que dans le contexte des nouvelles menaces du président américain,
03:15l'accord ne pouvait pas être approuvé.
03:18Le Parlement devait se prononcer les 26 et 27 janvier à ce sujet.
03:21Les 8 pays concernés, tous membres de l'OTAN, ont réagi dans un communiqué commun.
03:26Ils soulignent leur engagement à renforcer la sécurité dans l'Arctique,
03:28ce qui relève de l'intérêt transatlantique commun en substance.
03:33Est-ce que ces tensions au Groenland créent une crise sans précédent au sein de l'alliance qu'est l'OTAN ?
03:39Absolument, parce que les 8 pays visés par Donald Trump sont ceux qui ont envoyé cette semaine du personnel militaire au Groenland
03:47à la demande du Danemark.
03:50Dans leur communiqué, ils affirment que cet exercice ne représente une menace pour personne.
03:55C'est leur réponse à Donald Trump qui, dans son message fleuve hier sur son réseau social,
04:00qualifiait l'envoi de ses troupes de jeu très dangereux.
04:04Il estime que les Européens ont pris un risque inacceptable.
04:08Or, en envoyant ces quelques dizaines de soldats, en fait, les Européens voulaient montrer aux Etats-Unis
04:14qu'ils étaient capables de s'investir pour la sécurité de l'Arctique
04:17afin, en fait, d'apaiser les tensions.
04:20Et en retour, ils ont reçu cet ultimatum et cette menace d'imposer des droits de douane aux alliés européens
04:26qui s'opposent à l'annexion, pur et simple, du Groenland par les Etats-Unis,
04:31en fait, rassemblent deux domaines de tension, le commerce et la sécurité,
04:36en une forme de cocktail explosif qui plonge, effectivement, l'alliance dans une crise extrêmement grave,
04:44une forme de guerre économique, a dit la ministre déléguée aux armées françaises.
04:48La première ministre danoise avait déjà dit que l'annexion forcée du Groenland par les Etats-Unis
04:55signifierait la fin de l'OTAN.
04:59Le scepticisme de Donald Trump à l'égard de l'alliance atlantique est manifeste depuis des années,
05:05mais son agressivité à l'égard des alliés est de plus en plus énorme.
05:11Et les membres de l'alliance ont tout fait pour tenter de l'apaiser, la flatterie.
05:16Vous vous rappelez que le secrétaire général de l'OTAN avait appelé Donald Trump papa
05:21juste avant le dernier sommet de l'alliance, en juin dernier.
05:25Les alliés sont engagés à augmenter considérablement leurs dépenses militaires,
05:29mais tout cela n'a rien donné.
05:31Donald Trump a récemment douté que l'OTAN intervienne pour défendre les Etats-Unis
05:36si le pays était menacé.
05:39Il ne faut pas exclure que l'objectif de Donald Trump
05:41est de mettre effectivement un terme à l'alliance atlantique.
05:45Dans ce cas, les Européens devraient construire leur propre alliance
05:49au prix de très importants sacrifices financiers.
05:52Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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