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00:00Avec nous en plateau sur France 24, Pascal Confavreux, bonjour et merci d'être présent.
00:05Vous êtes porte-parole du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères ici en France.
00:08La riposte à Donald Trump sera-t-elle européenne ou elle sera absente ?
00:14Déjà je veux redonner un peu de contexte.
00:17Nous avons depuis ce week-end mené une très importante coordination avec nos partenaires européens,
00:24y compris les Britanniques, tous ceux qui ont été à la fois touchés par cette menace d'augmentation des droits de douane au 10 février
00:33et puis tous ceux qui font partie du bloc de l'Union Européenne.
00:37Pourquoi ? Parce qu'en fait nous avons un allié qui est le Danemark avec le Groenland.
00:42Le Groenland appartient d'abord aux Groenlandais et aux Danois et que nous sommes en solidarité avec eux.
00:48Deuxièmement parce que cette menace doit cesser et que nous sommes allés dans une autre dimension
00:54puisque c'est désormais sur le devait économique que cette menace a été étendue.
00:58Et puis troisièmement parce que pour faire cesser, il faut aussi qu'on puisse déployer l'ensemble des instruments
01:02qui sont possibles à notre disposition et ça nous le faisons en coordination avec les Européens.
01:06Alors dont l'instrument anti-coercition porté par Emmanuel Macron, il veut la mettre sur la table, pourquoi faire ?
01:13Il y a différents instruments. Les textes sont clairs mais c'est vrai que depuis la présence française de l'Union Européenne en 2022
01:21et en fait dans son sillage, c'est-à-dire en 2023, a été adoptée cette possibilité d'avoir un instrument anti-coercition.
01:28Mais encore une fois il y en a d'autres et c'est un instrument concret en dernier...
01:31Mais quelles mesures pourront être mis en place alors ?
01:32C'est un instrument qui est en fait destiné à être proposé par la commission au conseil, voté à la majorité au conseil
01:40et qui ensuite ouvre différents types d'options.
01:44Ça peut être des droits de douane, ça peut être de l'interdiction, disons, du marché européen à des entreprises étrangères,
01:49ça peut être des sujets aussi sur la partie propriété intellectuelle.
01:52C'est tout ce type de choses qui peuvent être adoptées.
01:54L'importance, ce qu'il faut retenir de cet instrument, c'est que c'est un instrument de dissuasion.
01:58C'est-à-dire qu'il est tellement fort que normalement nous ne voulons pas le dégainer.
02:01Et notre but, ce n'est pas du tout d'être dans une mesure escalatoire.
02:04Notre but, c'est de dire, en fait, là on s'attaque à une histoire de souveraineté européenne.
02:09Mais on entre quand même dans un rapport de force avec Donald Trump.
02:12Il faut pouvoir dire que nous sommes là aussi pour défendre notre souveraineté.
02:16Donc un rapport de force quand même.
02:17Notre idée, c'est de pouvoir lui adresser effectivement un message.
02:21Le message de notre détermination.
02:23Mais notre détermination à être quoi ?
02:24À être solidaire vis-à-vis d'un État de l'Union Européenne.
02:26Mais aussi solidaire, et ça c'est très important, de la sécurité dans l'Arctique.
02:31Ce qu'il y a, et c'est ce que nous faisons déjà désormais depuis quelques années.
02:36Il y en a eu un l'an dernier, il y en a un nouveau cette année.
02:38À la demande des autorités danoises, il y a un exercice que nous conduisons avec eux,
02:43auquel nous sommes partie prenante.
02:44C'est les Danois qui sont nation cadre.
02:46Et nous sommes là-bas.
02:48L'administration Trump, elle tente de justifier cette volonté d'annexer le Groenland.
02:56Elle évoque la sécurité nationale et même internationale.
02:59En gros, elle dit, si ce n'est pas les Américains, ce seront les Russes et les Chinois qui prendront l'Arctique et le Groenland.
03:05Qu'est-ce qu'on peut opposer à ces arguments très trumpiens ?
03:09Mais ce qu'il faut dire, c'est qu'en fait, il faut dézoomer un peu.
03:12Le Groenland, derrière, c'est l'Arctique.
03:13C'est ça qui est important.
03:14Et c'est là où il y a un lieu de rivalité de puissance qui est colossal, qui est réel.
03:19Avec ces nouvelles routes maritimes, avec la fonte des glaces notamment.
03:22Avec effectivement le fait qu'il va y avoir des routes maritimes de plus en plus ouvertes.
03:26Mais qu'il se passe beaucoup de choses.
03:28C'est en fait l'Atlantique Nord pour une partie.
03:30Et cette importance, ce lieu de rivalité de puissance, nous ne la sous-estimons pas.
03:38Et est-ce qu'on veut être plus présent ?
03:39Tout à fait.
03:40C'est cette idée des différents exercices que nous menons.
03:44Et donc nous voulons être présents.
03:45Parce que nous aussi, nous pensons, mais collectivement, mais comme membres de l'OTAN,
03:49qu'il y a quelque chose qui se joue là et que nous devons être présents.
03:52On parlait donc de cet instrument d'anticorecition qui est mis sur la table par Emmanuel Macron.
03:59Il l'avait déjà évoqué, je crois, le Président de la République à l'été 2025.
04:02Alors qu'il y avait cet accord qui était en train de se dessiner entre l'Union Européenne et les Etats-Unis.
04:09Il n'avait pas été entendu.
04:10Qu'est-ce qui ferait qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron pourrait plus convaincre les 27, les 26 ?
04:14Là, vous revenez sur l'accord de l'été 2025, qui est l'accord dit de Turnberry.
04:18Il avait été conclu.
04:20Nous n'étions pas complètement favorables à cet accord à l'époque parce qu'il mettait une forme de différence entre les tarifs des deux côtés de Paredo,
04:31de l'Union Européenne et des Etats-Unis.
04:32Mais nous y avions finalement donné notre soutien parce que ça donnait de la visibilité aux entreprises.
04:37Ça donnait de la visibilité aux entreprises aussi à condition, et c'est ce que nous avions dit,
04:41qu'il n'y ait pas de changement à terme, disons des engagements pris par les Etats-Unis ou disons de nouvelles mesures.
04:47Là, on est en fait clairement dans une nouvelle mesure qui nous est menacée, enfin qui est mise en avant.
04:53C'est une menace de surtaxe.
04:54C'est une menace de surtaxe possible.
04:56Effectivement, l'accord de Turnberry, il est menacé de ne plus être complètement en corps d'actualité.
05:01Vous pensez pouvoir amener avec vous des pays que l'on dit plus atlantistes, comme l'Italie, les pays baltes, les roumains aussi ?
05:12Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, a eu dans le week-end l'ensemble de ses homologues,
05:20les 7 ou 8 qui sont déjà fixés, qui sont particulièrement visés par la mesure de l'administration américaine.
05:26Nous avons eu aussi nos homologues anglais et nous avons des discussions avec la Commission, avec les Européens.
05:33Donc oui, notre but, c'est de ramener, effectivement, d'avoir une unité maximale autour de cela.
05:37Il y a eu hier une réunion des ambassadeurs à Bruxelles dimanche après-midi.
05:42Il y a différents formats de réunion qui sont en train de se caler et de se réunir dans les jours à venir.
05:47Et puis le président de la République, à son niveau, a aussi été à l'initiative totalement, ce week-end, samedi et dimanche,
05:53pour pouvoir mener ces initiatives et se coordonner en Européen.
05:58Frédéric Schmerz, le chancelier allemand, a dit il y a quelques minutes,
06:02Donald Trump va arriver à Davos, je crois qu'il y sera mercredi.
06:06Essayons de le rencontrer, essayons encore la négociation.
06:09On imagine que c'est aussi le point de vue partagé par le président de la République.
06:12Mais personne n'a un intérêt à l'escalade.
06:14Personne n'a un intérêt à des divisions au sein de l'OTAN.
06:18Donc nous, nous sommes très clairs sur le fait que la diplomatie, elle est, comment dire, évidemment, la voie que nous souhaitons poursuivre.
06:28Un dernier mot, Pascal Confavreux, sur, finalement, la riposte aussi écrite et orale de la France,
06:36puisque le Quai d'Orsay a mis en place un compte qui s'appelle le French Responses sur X, en anglais.
06:45Et en français.
06:45Et en français aussi, je ne l'ai pas vu en français.
06:47En gros, vous prenez le pari de répondre de manière humoristique et vraiment un peu à la française aux attaques, aux fake news.
06:57Pourquoi avoir changé de stratégie ?
07:00C'est que le sujet informationnel est aussi un lieu de guerre et de rapport de force.
07:09Et si nous ne l'investissons pas, nous ne pouvons pas gagner la bataille si nous ne la menons pas.
07:14Et donc, c'est ça qui a été pris.
07:16C'est à la fois, comment dire, un changement de posture, parce qu'il pouvait y avoir par le passé de se dire, de toute façon, ce sont des fous, ils disent des choses complètement folles, laissons-les là-dedans.
07:26Oui, sauf qu'à partir d'un moment, certaines choses peuvent être un peu crantées, certaines choses peuvent un petit peu solidifier.
07:31Et donc, non seulement si, un, nous, on ne montre pas que d'une certaine manière, on va dire, vous ne pouvez pas nous accuser sans en réalité un coup éventuellement pour vous.
07:40Et puis, deuxièmement, pour montrer aussi nos lignes rouges et notre posture.
07:44Et puis, troisièmement, c'est pour ça que ça s'appelle Response, c'est-à-dire qu'il va poster sur des conversations où on n'est pas.
07:49Quand il y a parfois des discussions dans certaines sphères hors de France, ils ne vont pas avoir forcément le réflexe d'aller, et ils ont tort, mais d'aller voir France Diplo, vous voyez.
07:58Eh bien, on va aller poster cette conversation pour que là où les gens, on peut être attaqué ou nous attaquent, ils voient au moins une réponse.
08:05Alors, je ne dis pas qu'ils vont être forcément convaincus immédiatement, mais en tout cas, ils auront cette deuxième information qui est souvent de leur dire, soit de manière humoristique, soit de manière parfois très factuelle, voilà la réalité.
08:16Et c'est une manière, effectivement, de mener aussi la bataille dans le sujet informationnel.
08:20C'est quelque chose qui est très cher au ministre Jean-Noël Barraud, au président, et donc c'est ce que nous faisons depuis trois mois.
08:25Depuis trois mois, nous avons désormais à peu près 13 ou 14 millions d'impressions par semaine de nos différents postes.
08:32Et là, on est à 55 000 ou 60 000 followers.
08:34Donc, c'est pour quelque chose qui a été lancé il y a trois mois, vous voyez, c'est quand même déjà une première étape.
08:41Merci beaucoup, Pascal Confavre, d'avoir été notre invité porte-parole du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.
08:45Merci à vous.
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