00:00Très simple, est-ce que Donald Trump va écraser l'Europe ?
00:02Oui, question tout en simplicité, tout en subtilité, que vous l'aurez remarqué.
00:06C'est tout moi ça, voilà.
00:08C'est en effet, faute de réaction, le destin que nous prédit le Premier ministre François Bérou,
00:14enfin plutôt qu'il nous l'a prédit hier, devant son conseil municipal à Pau,
00:19auquel il présentait ses voeux, et on peut l'écouter.
00:23Les Etats-Unis ont décidé d'une politique qui est une politique incroyablement dominatrice,
00:32et si nous ne faisons rien, notre destin est très simple, nous allons être dominés, nous allons être écrasés.
00:40Nous ne pouvons nous ressaisir que si nous nous réunissons.
00:43« Écrasés », ce n'est pas mon mot, c'est le mot du Premier ministre ?
00:45Oui, « dominés », il faut se ressaisir.
00:47Et c'est une inquiétude qui est partagée par l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin,
00:53qui lui a assuré que les alliés de l'Amérique sont à l'heure de la soumission, de la vassalisation,
01:00et que nous risquons de passer du statut d'allié au statut de vassal.
01:03Et donc, on peut se réjouir d'une chose, en France, on est relativement unis sur le constat,
01:08en revanche, assez désunis, avec la Maison-Blanche, tout autre son de cloche.
01:12Donald Trump, lui, lorsqu'il a signé une partie de ses décrets,
01:16a rappelé à quel point l'Europe vraiment se défend trop bien sur le marché commercial,
01:22et là aussi, on l'écoute, c'était hier, c'était cette nuit, en direct sur BFM, regardez.
01:28Les Européens sont durs, très durs.
01:32Ils n'achètent pas nos voitures, ni nos produits agricoles, ils n'achètent presque rien.
01:40Nous allons donc régler ce problème en imposant des droits de douane
01:43ou en obligeant les Européens à acheter notre pétrole et notre gaz.
01:50Voilà, on n'achète pas ses voitures.
01:51Oui, et je dois reconnaître à mon corps défendant que Donald Trump dit des choses plutôt justes,
01:56parce qu'on en déplaise au soutien du déclinisme européen et français.
02:00En fait, l'Europe s'en sort très, très bien commercialement avec les États-Unis,
02:04puisque les États-Unis nous achètent beaucoup plus de biens qu'ils ne nous en vendent.
02:10Et pour Donald Trump, c'est extrêmement gênant.
02:12C'est pour ça qu'il en est revenu à ce qu'il aime, le mot qu'il préfère dans la langue américaine,
02:17les tarifs, les taxes, douaniers.
02:20Et Stéphane Séjourné a une idée sur ce qu'on peut faire.
02:25Vice-président de la Commission européenne.
02:26Merci. Vice-président de la Commission européenne propose de faire un deal.
02:30On nous dit que Donald Trump est transactionnel.
02:33Allons-y, faisons un deal.
02:34Augmentons les dépenses pour la défense en France, mais aussi en Europe.
02:39Mais dans ce cas-là, obtenons que nous n'entrions pas en guerre économique.
02:44Eh bien, le remède ne plaît pas à un autre homme politique français,
02:47qui est notre ministre de la Défense, Sébastien Lecornu,
02:50qui, lui, a refusé d'échanger la sécurité de la France contre des hamburgers.
02:55Donc, on est d'accord sur le danger, on n'est pas d'accord sur la solution.
02:59C'est souvent comme ça. Le diagnostic, c'est facile, c'est le remède qui est plus compliqué.
03:02Exactement. Mais à Davos, on a vu, c'est ce qui sait quelques discours.
03:05L'unité, eh bien, c'est Volodymyr Zelensky qui nous a appelés à l'unité.
03:09Et puis, c'est Ursula von der Leyen qui a été un petit peu trop silencieuse
03:13au goût de nombreux interlocuteurs ces dernières semaines sur la question Trump.
03:18Eh bien, elle, elle a rappelé quand même quelques données.
03:20En fait, nos économies, l'économie américaine et les économies européennes,
03:24sont extrêmement imbriquées.
03:26L'Europe embauche et fait travailler plus de 3,5 millions d'Américains
03:31qui, eux-mêmes, nous fournissent déjà énormément de leur gaz liquéfié.
03:35Donc, la guerre économique, d'accord, mais à quel prix ?
03:38Je pense que le mot de la fin, c'est la présidente mexicaine
03:41qui aujourd'hui a rappelé qu'il fallait avant tout garder la tête froide.
03:45On garde la tête froide, évidemment.
03:46Et il y a peut-être une chose aussi améliorosique,
03:48c'est quand on regarde ce qu'a fait Trump ces dernières heures,
03:53où il explique régulièrement qu'il y aura des taxes sur les Canadiens,
03:57sur les Mexicains, sur les Européens, etc.
03:59Peut-être que ces électeurs, ça ne les arrangera pas à la fin.
04:02Peut-être que ces électeurs qui doivent acheter des voitures européennes
04:05ou qui doivent acheter des produits qui viennent de l'étranger
04:07vont se dire, attendez, si vous mettez des taxes en plus, on va les acheter comment ?
04:10C'est toujours la question, on va dire le gouffre qu'il peut y avoir
04:13entre l'idéologie politique, l'affichage politique, le bon mot, la bonne parole,
04:18ce que ça vient dire de nous et de la puissance américaine
04:21et derrière la réalité économique.
04:24Et souvent, les hommes politiques, et pas seulement américains,
04:26sont rattrapés par les réalités économiques
04:30et pas ceux qui sont les mains dans le cambouis.
04:31Et là, je pense aux entrepreneurs.
04:33Et je ne pense pas aux grands entrepreneurs de la Silicon Valley et de la tech.
04:37Je pense aux entrepreneurs aux équivalents des PME de chez nous.
04:41Et aux Texas qui ne pourront pas travailler sans cette main-d'oeuvre étrangère.
04:44Demain, dans le journal France Tireur, Antoine Armand,
04:47l'ancien ministre de l'économie et de Michel Barnier,
04:48dit que nous devons inverser nos logiciels.
04:51Nous avons en France un logiciel étatiste qui protège notre modèle en France
04:56et puis au niveau européen, on a tout ouvert.
04:58On est dans la mondialisation la plus sauvage.
05:00Il dit non, il faut être beaucoup plus sévère dans un protectionnisme européen
05:03contre ce type d'attitude économique de l'extérieur.
05:07Chine ou États-Unis, en revanche, dans notre pays,
05:10être beaucoup plus libéral pour faire surgir les entreprises.
05:13C'était un peu le protocole proposé par Emmanuel Macron en 2017.
05:17La mondialisation heureuse, donc contrôlée, et la start-up nation.
05:21Ça n'a pas vraiment fonctionné.
05:22Là, on pourrait presque penser à un choc salutaire en réalité.
05:25Peut-être que le discours de vérité extrêmement brutal,
05:28très loin des pratiques européennes de Donald Trump,
05:30peut nous amener à se dire que le temps nous est compté.
05:33Maintenant, on doit s'unir.
05:34On doit créer un marché et aussi une régulation
05:37qui favorise un protectionnisme européen.
05:39C'est le principe de l'ennemi commun.
05:41On a un ennemi commun et on s'unit autour de ça.
05:43Donc, pourquoi pas, si ça peut aider l'Europe in fine, j'ai un petit doute.
05:46Par ailleurs, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées.
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