00:00Allez, on passe à votre choix du 20h, Elsa Vidal, alors qu'on apprend il y a quelques minutes que Zelensky annonce qu'il ira bien en Arabie Saoudite.
00:08Ce sera donc lundi à partir du début de semaine prochaine.
00:11Le discours tenu hier par Emmanuel Macron, Elsa, a fait réagir Moscou et pas seulement les responsables russes,
00:19non, le président russe, Vladimir Poutine, il est sorti du silence et il a affirmé que la Russie est une menace pour la France et pour l'Europe.
00:27Absolument, mais c'est Donald Trump qui va m'occuper.
00:30C'est vrai, pardon, vous revenez-vous sur Donald Trump Elsa, qui serait une excellente nouvelle pour l'Union Européenne.
00:38Je comprends que ça ne paraisse pas tout à fait intuitif au premier abord parce que Donald Trump, c'est avant tout une posture absolument opposée à la nôtre
00:48sur la question de la guerre en Ukraine, on voit comment il s'est comporté avec Volodymyr Zelensky,
00:53il est aussi extrêmement offensif à notre égard avec des dépenses de défense qu'il demande que nous montions à 5%
01:01avec une guerre commerciale qu'il nous annonce parce que l'Europe, voyez-vous, c'est un problème pour Donald Trump.
01:07Il nous l'a dit à plusieurs reprises et notamment que nous lui posions des problèmes dans le domaine commercial.
01:15Est-ce que je vais imposer des droits de douane à l'Union Européenne ?
01:19Vous voulez une réponse sincère ou bien une réponse politique ?
01:23Absolument. Absolument. L'Union Européenne nous a tellement maltraités.
01:30Et puis encore récemment, il allait un tout petit peu plus loin en s'affranchissant, qui plus est, des règles de la correction la plus élémentaire.
01:39L'Union Européenne a été formée dans le but d'emmerder les États-Unis.
01:43Je veux dire, soyons honnêtes, l'Union Européenne a été créée pour emmerder les États-Unis.
01:48C'est son but. Et ils ont fait du bon travail. Mais maintenant, je suis président.
01:54Alors la brutalité de ces actions, Elsa, on l'a vu, engendre des prises de conscience douloureuses pour les Européens.
02:00Mais si ça nous rend des services ?
02:02Oui, un service que nous n'avons pas demandé, c'est vrai, et que Donald Trump non plus n'avait pas prévu de nous rendre.
02:07Il n'en reste pas moins que, comme on l'a dit souvent, l'Europe se structure dans les crises et elle sera la somme des solutions que nous aura apportées à ces crises.
02:15C'est ce que disait Jean Monnet. L'exemple du Covid, on est un assez bon, on a trouvé des facilités de paiement, on a fait preuve de solidarité.
02:22Et avec la guerre en Ukraine, avec la question de la défense européenne, il y a eu des effets inattendus.
02:31On a vu, comme vous le voyez à ce moment-là, Volodymyr Zelensky jouir d'un soutien non seulement des membres de l'UE, mais aussi de l'Alliance Atlantique.
02:41Alors, surprise, sans les Etats-Unis, mais quand même avec le Canada et la Turquie.
02:46Il nous oblige à trouver des solutions innovantes à de vieilles questions sur lesquelles nous avons échoué jusque-là.
02:52C'est le cas de la défense européenne, puisque nous assistons à une révolution copernicienne, celle de l'Allemagne, qui se réarme avec un plan bazooka
03:01et qui amène son futur chancelier, Friedrich Merz, à considérer qu'il n'aurait jamais pensé dire ça à la télévision, mais il va falloir faire sans les Etats-Unis.
03:13Il nous fait franchir des tabous, puisque désormais on parle même d'une dissuasion nucléaire française élargie à d'autres Européens.
03:23Il fait renaître des industries de défense, là où nous avions ou nous paraissions avoir renoncé, et c'est le cas du plan de réarmement, le plan RearmEU,
03:33avancé par Ursula von der Leyen et qui a été adopté aujourd'hui à 26, sans Viktor Orban, mais ce n'était pas une surprise.
03:42Et aujourd'hui, Emmanuel Macron, Volodymyr Zelensky, à Bruxelles, ont pu faire preuve de cette solidarité,
03:51ce qui fait que Donald Trump, en empruntant finalement à ce registre non-interventionniste qui existe aux Etats-Unis depuis le XVIIIe siècle,
04:00il se promène, et c'est ce que faisait le président Roosevelt, en parlant doucement, mais avec un gros gourdin.
04:09C'est une caricature qui courait sur Roosevelt, c'était le principe même de la non-intervention.
04:14Il nous libère l'horizon, et nous pouvons, nous, les Européens, choisir enfin de nous affranchir d'une domination américaine et d'une domination russe,
04:23au même moment, avec peut-être cette caricature pour conclure cette chronique, si on la retrouve, et si on ne la retrouve pas, voilà.
04:32C'est ainsi que Theodore Roosevelt était représenté dans la mer des Caraïbes, ça parle pour le Mexique, pour le Panama, sur le Pacifique,
04:41pas de guerre, mais des tarifs douaniers, c'était la formule déjà.
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