00:00Je le disais donc, une réunion d'urgence des ambassadeurs de l'Union Européenne est prévue dans la journée à Bruxelles.
00:04On y retrouve Pierre Benazé. Pierre, bonjour. On vient d'entendre quelques réactions.
00:08Quelles sont les plus fortes à ce stade, après cette annonce qui a sonné, si je puis dire, tout le monde hier, de la part du président américain ?
00:19Alors, il y a évidemment une grande indignation qu'on sent.
00:23Vous en avez cité quelques-unes en Suède et celle d'Emmanuel Macron.
00:27Le ton est le même ailleurs, parmi les huit pays concernés, ceux qui ont déclenché cette mission militaire au Groenland qui provoque la fureur de Donald Trump.
00:37Par exemple, un euphémisme intéressant, celui du ministre danois des Affaires étrangères, Lars-Lock Rasmussen,
00:46qui était justement à Washington cette semaine avec son homologue groenlandais.
00:50Pour lui, cette annonce est, je cite, surprenante.
00:55On sent un peu la prudence du Danemark qui espère toujours pouvoir arriver à quelque chose,
01:01qui espérait toujours pouvoir arriver à quelque chose avec Washington.
01:04Keir Starmer, le premier ministre britannique, estime que cette réaction américaine est totalement déplacée.
01:11Il reste que, dans l'ensemble, sur les huit pays, il n'y a que la Norvège et le Royaume-Uni qui ne sont pas membres de l'Union européenne.
01:18Et les autres sont évidemment tous sur cette ligne qu'il faut une réaction commune.
01:23On a vu, dès le départ, la réaction d'Antonio Costa, qui était au Paraguay pour signer l'accord du Mercosur.
01:31Antonio Costa, qui a comparé les déclarations et les menaces de Donald Trump avec la nécessité pour les Européens de se lever
01:39quand l'État de droit est menacé partout dans le monde, que ce soit en Ukraine ou bien pour défendre le territoire souverain
01:47d'un État membre de l'Union européenne, même si c'est qu'un territoire autonome rattaché à la couronne du Danemark.
01:54Et puis, bien évidemment, les Européens qui, maintenant, font un front uni.
01:58C'est la bonne nouvelle pour ces six pays concernés au sein de l'Union européenne,
02:04même si dans la déclaration commune formelle par la suite entre Antonio Costa et la présidente de la Commission,
02:10Ursula von der Leyen, il est aussi mention du besoin de dialogue, ce qui est évidemment bien en deçà de ce qu'espèrent les Européens.
02:18Un front uni, certes, Pierre. Quelles stratégies peuvent adopter réellement les Européens face à de telles menaces ?
02:28On espère avoir la réponse après la réunion aujourd'hui du Corépaire,
02:33c'est-à-dire le comité des représentants permanents, les 27 ambassadeurs
02:37qui sont la plus haute instance politique permanente des États membres de l'Union européenne à Bruxelles.
02:43Plusieurs pistes peuvent être évidemment évoquées.
02:46On le sait, il y avait eu des droits de douane de rétorsion que l'Union européenne avait préparés
02:52lorsque Donald Trump a déclenché son offensive commerciale.
02:56Ses droits de douane sont suspendus, il pourrait éventuellement être remis sur la table.
03:00Le Parlement européen, de son côté, doit voter la semaine prochaine
03:04pour savoir si effectivement on accorde aux États-Unis des droits de douane réduits sur certains secteurs,
03:11comme par exemple l'acier.
03:12Et évidemment, ce vote risque de mal se passer pour les États-Unis
03:17si Donald Trump maintient son attitude.
03:20Et puis il y a aussi, pour aller plus loin, ça pour l'instant,
03:24cette option n'a jamais vraiment été mise sur la table, même si on en a beaucoup parlé,
03:28le fameux instrument anti-coercition de l'Union européenne,
03:32celui qui permet par exemple de couper la fourniture d'accès des fournisseurs de services américains,
03:38en particulier les géants de l'Internet,
03:40qui permet aussi d'émettre des droits de douane punitifs ou de rétorsion.
03:44Bref, il y a une panoplie d'instruments.
03:46La grande question à l'heure qu'il est est de savoir que va choisir l'Union européenne.
03:52Est-ce qu'elle va choisir effectivement une réponse coordonnée et unie, comme elle le dit,
03:57pour bien faire comprendre à Donald Trump que ce type de menace est inacceptable,
04:02comme le disent l'ensemble des pays européens concernés aujourd'hui.
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