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  • il y a 2 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Alors je le disais j'ai William Golnadel, je voulais avoir votre avis, puisqu'on balaie l'actualité de la semaine, un homme de 55 ans, condamné hier à 18 ans de prison, il a tué un octogénaire juif en le passant par le balcon, c'était en 2022 à Lyon, il a dit qu'il avait des difficultés psychiques, les jurés ont estimé que son discernement a été altéré au moment du meurtre,
00:23ce qui évidemment, vous allez nous l'expliquer, atténue sa responsabilité pénale, et le mobile antisémite n'a pas été retenu.
00:31Avant de vous entendre, écoutez Maître Alain Jakubowicz, conseil de la Ligue contre le racisme et de l'antisémitisme, et du conseil représentatif des institutions juives de France, partie civile dans la procédure.
00:40Le monsieur qui a tué le malheureux monsieur Hadjad n'a pas hurlé à Allahu Akbar au moment du passage à l'acte, mais faut-il être radicalisé pour commettre un crime antisémite ?
00:50C'est ça le sujet, c'est que la judaïté de la victime était au centre des débats. On n'a parlé que de ça, on n'a parlé que de juifs, c'est lui qui a dit qu'il avait une rancœur à l'égard des juifs venant de son enfance, etc.
01:02Tout ça est totalement balayé. Donc en fait, c'est ne pas tenir compte simplement de la volonté du législateur qui considère qu'il y a une circonstance aggravante lorsque le crime est commis en considération de la religion, et voilà, c'est comme ça que ça passe, comme si finalement c'était un non-sujet.
01:18J'ai William Golnadel.
01:20Je vais encore être obligé de dire du mal de la justice française, il n'y a rien à faire.
01:24Moi, dans l'affaire Sarah Halimi, on m'a expliqué que, puisque j'étais l'avocat de la famille, on m'a expliqué que le coupable ne serait pas condamné, il ne serait pas mis en prison,
01:37si ça se trouve, au moment où on parle, il est sorti de l'hôpital psychiatrique, mais parce qu'il fumait trop de cannabis.
01:44Qu'est-ce que c'est qu'il vous dit ? Donc, à ce degré.
01:48Donc lui, alors...
01:49Lui, il a toujours nié le caractère anticipé.
01:51Enfin, d'accord, je veux bien, je veux bien, mais enfin, j'ai découvert, j'ai découvert que sur Twitter, il avait considéré que j'étais un agent d'influence secrète de l'État sioniste.
02:02Ça ne sent pas le philosémitisme exacerbé, quand même.
02:08Bon, donc, non, mais je ne sais pas ce qui se passe dans la tête des juges, s'agissant de certaines affaires, très sincèrement.
02:17Est-ce que c'est de l'idéologie ? Est-ce que c'est de l'ignorance ? Est-ce que c'est de l'indifférence ?
02:21Je n'ose pas trouver d'autres hypothèses, mais c'est encore une décision de justice qui est très insatisfaisante pour la famille.
02:30Alors, je ne sais pas d'ailleurs, je veux dire, je ne suis pas dans la jouissance extrême de considérer que tel acte est antisémite.
02:41Vous voyez ce que je veux dire ? Mais j'attache de l'importance à la justice.
02:48Vous voyez, il n'y a rien à faire. J'y crois encore.
02:51Et je soupçonne que lorsqu'on ne veut pas considérer quelque chose qui est antisémite...
02:57On ne veut pas le nommer, c'est ça ?
02:59On ne veut pas le nommer, c'est parce que, d'une certaine manière, il est des criminels qu'on ne veut pas considérer comme antisémite.
03:06Je peux vous dire que si c'était un type d'extrême droite, ça serait beaucoup plus facile à qualifier son acte. Je le constate.
03:15Maître Muriel Wagnin, qui conseille des membres de la famille de la victime, a déclaré
03:20« La décision est à l'image de notre société. Elle est à l'image tout simplement de la manière dont la France traite le fléau de l'antisémitisme. »
03:28Oui, je pense qu'on a du mal à regarder en face ce qui se passe et qui traverse le pays.
03:36Ce nouvel antisémitisme qui s'est imposé de plus en plus, à tel point qu'aujourd'hui, il y a une sorte de jurisprudence du déni dans la justice,
03:47où plutôt que de considérer ce qui est, on préfère finalement minimiser, euphémiser, trouver, pathologiser les circonstances pour ne pas s'attaquer peut-être à la racine du mal.
04:04Mais c'est grave, ça veut dire qu'on ne lutte pas assez contre l'antisémitisme.
04:07C'est une évidence. C'est une évidence. Mais lorsque des personnes qui ont toutes les caractéristiques de l'antisémite,
04:17au moment où ils commettent leur hâte, deviennent fous et donc on ne les juge plus en tant qu'antisémite,
04:25mais on relève des circonstances atténuantes...
04:28Peut-être qu'il y avait aussi des problèmes psychiatriques.
04:31C'est-à-dire que quand vous prenez dans les affaires récentes, c'est-à-dire qu'il faut soulever aussi Gilles William,
04:36c'est que ça vient de loin quand même. Ça fait quand même plusieurs années que de manière répétée et presque systématique,
04:42cette circonstance aggravante de l'antisémitisme n'est même plus retenue.
04:47Encore dernièrement, c'était cette femme de ménage qui avait tenté d'empoisonner le couple...
04:54Et les enfants aussi, d'ailleurs.
04:56Et les enfants, pour qui cette circonstance aggravante de l'antisémitisme n'a pas été retenue.
05:02Donc oui, on est en droit de s'interroger et sur la justice et sur la société.
05:07Un dernier mot, Gilles William Bernadette.
05:08Dans l'affaire Knoll, j'étais l'avocat de la famille, les deux avocats assez idéologisés
05:15se préoccupaient beaucoup plus de ne pas avoir reconnu le caractère antisémite de ces gens-là issus de l'immigration.
05:24Parce qu'encore une fois, quand c'est l'extrême droite, ça ne pose aucun problème.
05:27Mais ça les gêne, ça gêne politiquement, ça gêne idéologiquement
05:31qu'on fasse le lien entre l'islam, l'immigration et l'antisémitisme.
05:38C'est comme ça.
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