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  • il y a 11 heures

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00:00On continue avec vous, Louis Gauthier, ancien secrétaire général de la Défense et de la Sécurité Nationale.
00:03On voit que Trump multiplie les annonces fracassantes sur le Groenland, sur le Canada.
00:10Est-ce que vous voyez dans cette suractivité, ces annonces, la volonté d'un affrontement avec la Chine et la Russie ?
00:20C'est la théorie des sphères d'influence, oui, qui se décline, et ici même, vous l'avez souvent décrite.
00:25Ce qu'il y a, c'est qu'en changeant de pied de manière permanente, comme il le fait d'ailleurs dans la gestion de l'Iran,
00:30comme il l'a fait sur le Venezuela avant, en étant quelque part insaisissable par ses réactions,
00:38il rend beaucoup plus difficile un jeu diplomatique rationnel.
00:43Mais en même temps, si vous regardez bien, ces dernières déclarations sur le Groenland,
00:48elles interviennent au moment où les Européens se réunissent, la coalition, avec les Canadiens sur l'Ukraine.
00:53Donc le lien que nous-mêmes nous faisons sur la hiérarchie de nos objectifs,
00:57il le fait forcément implicitement lui-même.
00:59Ce n'est pas innocent.
01:00Oui, de Ragnel, une question à Lou Gauthier.
01:02Moi, ce qui me frappe beaucoup, c'est depuis quelques mois, quelques années maintenant,
01:06c'est le fait que la voix de la France soit de moins en moins écoutée.
01:10On voit bien qu'on est, moi j'ai l'impression vraiment qu'on est en train de décrocher.
01:13Vous avez des communications, soit du président de la République, soit du ministre des Affaires étrangères,
01:18et puis il ne se passe pas grand-chose, ça n'a pas d'impact, ça n'a pas d'incidence.
01:21Comment est-ce que vous analysez ça, vous ?
01:24Je pense qu'à la fois, la France a eu des positions courageuses, un peu en avance de face sur l'Europe,
01:31et en même temps, montre ses limites pour peser sur le débat européen.
01:36Peut-être que sa position, pour elle-même, n'est pas suffisamment claire et ferme
01:41pour d'une certaine manière entraîner les autres, obliger les autres à se positionner.
01:45Je le vois sur plusieurs dossiers, par exemple la problématique de l'usage de ces 90 milliards
01:50pour aider l'Ukraine à acheter des armes. Est-ce qu'on achète européen ? Est-ce qu'on achète américain ?
01:55Et puis globalement, ce qui est quand même atterrant, c'est cette attitude européenne,
02:01la peur des coups de courteline, c'est-à-dire qu'on essaye d'esquiver les coups américains,
02:05on essaye d'adoucir les risques, mais jamais on les affronte.
02:12– Oui, Gauthier, je vous prends un exemple. La réaction de la France, la immédiate, à chaque fois,
02:17c'est de condamner les assassinats contre la population civile en Iran,
02:23mais à aucun moment dans les messages de la France, il y a un appel à un changement de régime,
02:29il y a un appel à changer, à faire advenir un régime plus démocratique
02:34ou qui représente les aspirations des Iraniens.
02:36On a l'impression que toujours la France s'arrête à la moitié du raisonnement
02:39et ne va pas au bout, là où de l'autre côté, vous avez un Donald Trump
02:42qui lui va au bout de son raisonnement, vous avez un Vladimir Poutine
02:46qui va au bout de son raisonnement ou un président chinois qui pareil va au bout de son raisonnement.
02:49– Sur ces crises, c'est vrai que la France procède souvent en deux temps,
02:52on l'a vu sur le Venezuela, on vient de le voir quand même sur l'Iran
02:54où les propos du ministre des Affaires étrangères étaient plus nets dans la condamnation.
02:58– Oui, mais il n'y a pas la fin.
03:00– Oui, mais on condamne, mais il ne se passe pas grand-chose.
03:02– C'est vrai que c'est un élément dont on doit tenir compte quand même
03:06que la problématique, il a parlé des ressortissants,
03:09mais il y a la problématique de nos otages, Cécile Collère et Jacques Paris,
03:14qui pèsent aussi, je dirais, dans la manière dont on s'exprime
03:17et les éléments de langage à l'égard du régime iranien.
03:20Mais voilà, ce n'est pas forcément pour autant plus satisfaisant.
03:24– Eric Nolo.
03:24– Oui, Louis, le rappelait, du point de vue de la France,
03:26les dossiers se suivent et se ressemblent,
03:28l'Ukraine, l'Iran, le Groenland, le Venezuela,
03:30mais il y a quand même un cas particulier, c'est celui du Groenland,
03:33parce que là, ça concerne l'Europe.
03:35Quelle est la marge de manœuvre de la France ?
03:36Quelle peut être la stratégie française ?
03:38Si il a l'habitude de passer à l'acte,
03:41après avoir prononcé des paroles,
03:43M. Trump, que se passerait-il ?
03:45Que pouvons-nous faire si vraiment
03:47il essayait de mettre la main sur le Groenland ?
03:49– La situation est d'autant plus difficile
03:51que nous ne sommes pas une grande puissance militaire arctique,
03:54nous avons d'ailleurs peu de moyens,
03:55même si les armées françaises ont développé
03:57dans les années récentes
03:58plusieurs manœuvres avec des partenaires.
04:01Nos partenaires eux-mêmes ne sont pas très clairs.
04:04Ils ont trouvé une solution qui est intelligente,
04:06c'est de dire, eh bien,
04:07donnons des apaisements dans l'OTAN
04:09à Donald Trump,
04:11qui s'inquiète de la présence russe
04:12et de la présence chinoise,
04:14en faisant patrouiller davantage,
04:15en densifiant y compris les moyens militaires de l'OTAN.
04:19Les Danois eux-mêmes ne seraient visiblement pas hostiles
04:22à un renforcement de la présence militaire américaine.
04:26Mais oui, mais c'est ça.
04:26Sauf que le projet de Trump,
04:28et c'est là où à un moment,
04:29en 2026,
04:30le rideau va se déchirer sur beaucoup de dossiers,
04:32dont celui-là,
04:33est-ce qu'il veut un titre de propriété ?
04:34Parce que tout le reste est discutable,
04:36l'accès à des ressources,
04:37la présence militaire américaine, etc.
04:39Est-ce qu'il veut un titre de propriété ?
04:41Et est-ce qu'il veut figer, finalement,
04:43d'une façon qui rappelle la géopolitique du XIXe siècle,
04:47des zones ?
04:48Et donc il les fixe à l'Est pour l'Europe
04:50sur la manière dont il va traiter le cessez-le-feu en Ukraine,
04:53et il le traite là, au Groenland.
04:56Et d'ailleurs, il y a quelque chose qui ne trompe pas,
04:58qui était déjà un avance de signes,
05:00c'est que le Groenland était traité
05:01par le commandement américain Europe-Afrique du Nord,
05:06et qu'il est déjà rapatrié
05:07sur le commandement militaire central Amérique.
05:10Donc tout ça, ces signes,
05:12ils sont quand même très évidents.
05:13Et donc c'est là où les Européens,
05:15ne savent pas quand même à quel sens se vouer,
05:19par faute, finalement, de réfléchir,
05:21non pas à la réaction qu'ils vont avoir par rapport à l'autre,
05:24mais à ce que sont leurs propres intérêts
05:26et la position qu'ils déterminent
05:28et qu'ils défendent ensemble.
05:29Et pour ça, c'est vrai qu'il y a des hiérarchies dans les crises.
05:32Le Venezuela est plus loin
05:34que la problématique de l'Ukraine.
05:36Mais ce que je crains, c'est que dans cette méthode,
05:38y compris sur l'Ukraine,
05:39même si on peut se réjouir des conclusions
05:41du sommet de la coalition,
05:43finalement, on se retrouve seul,
05:45britannique, français,
05:46les Allemands, c'est mi-chèvre, mi-chou,
05:48les Polonais, on n'interviendra pas.
05:50Donc quelles seront in fine ces assurances
05:53et à quoi pourra se raccrocher l'Ukraine
05:55si on obtient à cesser le feu ?
05:57Et sinon, c'est encore le pourrissement
05:59sur l'année 2026,
06:00après quatre ans de guerre.
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