00:00Président Macron qui fera ses voeux à la mi-journée aux forces armées sur la base aérienne d'Istres,
00:05et d'ailleurs vous pourrez le suivre en direct sur France 24,
00:08a tenu tôt ce matin un conseil de défense à propos précisément de la situation au Groenland.
00:14Il sera question aussi de l'Iran qu'on évoquait à l'instant.
00:18Bonjour Karim Yahoui.
00:20Bonjour.
00:20Pour revenir sur le Groenland, faut-il s'inquiéter de ce déploiement de forces,
00:25alors qu'il n'est pas massif, mais sur cette mission présentée comme une mission de reconnaissance
00:30à laquelle vont participer des troupes françaises, mais aussi suédoises, allemandes et norvégiennes
00:34dans ce Groenland convoité par Donald Trump ?
00:37Alors il ne faut pas forcément y voir la possibilité d'un affrontement immédiat avec les Etats-Unis.
00:44Ça a évidemment une valeur symbolique extrêmement forte.
00:47Vous l'avez souligné, c'est un nombre extrêmement limité d'hommes qui vont participer à ces exercices.
00:53Emmanuel Macron a évoqué la présence de troupes de montagne françaises.
00:58Certaines d'entre elles sont déjà parties, d'autres vont arriver.
01:00Les Suédois ont envoyé plusieurs officiers de l'armée suédoise.
01:05C'est surtout pour envoyer un message, un message de solidarité pour dire on est là,
01:12on veut garantir l'intégrité territoriale du Groenland.
01:15Ce n'est pas forcément négociable.
01:17En tout cas, évidemment, il n'est pas question là d'affrontement militaire.
01:21Il n'y aurait pas d'affrontement militaire qui soit en quelque sorte envisageable
01:27puisque la puissance militaire américaine est tellement supérieure
01:31que ça tournerait véritablement à un jeu de massacre.
01:36Les Européens peuvent toutefois espérer en regardant du côté de l'opinion américaine.
01:42Seulement 17% selon un sondage des Américains sont favorables à cette annexion.
01:4871% des Américains sont défavorables à une opération militaire.
01:55En tout cas, les Européens qui s'aperçoivent que Donald Trump ne veut pas reculer sur cette question du Groenland,
02:02il en a fait quasiment une obsession, veulent envoyer des signaux forts.
02:07On est là, on se rassemble et on peut se rassembler extrêmement vite
02:10puisque plusieurs pays vont participer à ces exercices militaires.
02:14On le disait, alors est-ce que les Groenlandais et les Danois étaient arrivés avec beaucoup d'espoir à Washington hier ?
02:21Pas sûr. En revanche, ce qu'a dit la réunion, c'est ce désaccord fondamental.
02:26Ce sont les mots employés par les responsables Groenlandais et Danois.
02:31Est-ce qu'il est envisageable que Donald Trump renonce à cet appétit territorial ?
02:36Alors du côté Groenlandais et Danois, on espère encore.
02:40Le ministre des Affaires étrangères du Danemark expliquait que Donald Trump, par le passé,
02:45était obsédé par le canal de Panama avant finalement de se détourner de cela.
02:51Mais c'est vrai que Donald Trump est beaucoup plus insistant sur le Groenland.
02:56Il a encore une fois répété la nécessité stratégique de l'obtenir.
03:01Il a évoqué pour la première fois ce fameux Dome d'Or, ce système antimissile extrêmement coûteux, extrêmement sophistiqué,
03:10pour expliquer qu'il a besoin du Groenland pour le déployer.
03:14On sait très bien que cette question de la sécurité des États-Unis n'est pas la véritable raison
03:20qui pousse Donald Trump à vouloir prendre le Groenland, puisque les Américains, au gré d'accords signés en 1941, en 1951,
03:28ont tout loisir de déployer autant d'hommes et de bases militaires qui le veulent sur le territoire groenlandais.
03:35Il y en a une actuellement. Il y en a parfois eu 15 jusqu'à 10 000 hommes déployés.
03:39Donald Trump a laissé passer en quelque sorte ce qui pourrait être la vraie raison.
03:45Tout simplement, il a expliqué que psychologiquement, j'ai l'impression que ça serait une victoire et que ça serait une bonne chose pour les États-Unis.
03:54Lorsqu'on connaît la psyché de Donald Trump, on peut se dire que c'est tout à fait suffisant pour aller conquérir le Groenland.
04:02Alors, peut-on résister ? L'histoire nous raconte que c'est possible.
04:05Le général de Gaulle l'a fait du côté de Saint-Pierre-et-Miquelon en 1941.
04:11A l'époque, Roosevelt considérait que ce petit confetti français perdu bien loin de la métropole
04:16était à la base de diffusions d'informations qui profitaient à l'Allemagne.
04:23Il a donc décidé de... Enfin, il a voulu envoyer des hommes.
04:26Le général de Gaulle lui a coupé l'herbe sous le pied en envoyant quelques hommes prendre, reprendre Saint-Pierre-et-Miquelon,
04:32qui a été le premier territoire libéré en France.
04:34Une façon de dire qu'on peut parfois résister, même si Roosevelt n'est pas Donald Trump.
04:40C'est certain. Et le général de Gaulle non plus.
04:43Maintenant, si on pousse un peu le scénario du pire qu'arrive,
04:45et si les États-Unis s'emparent effectivement d'une façon ou d'une autre du Groenland,
04:50est-ce que ce serait la fin de tout, comme l'a dit la première ministre danoise ?
04:53En tout cas, ce serait la fin d'un ordre hérité de la Seconde Guerre mondiale,
04:57un ordre d'équilibre où Américains et Européens marchaient dans la main,
05:01en tout cas en matière de défense et de sécurité.
05:04Notamment grâce à l'OTAN.
05:06Tout ça s'effondrerait.
05:08Donald Trump a montré à quel point il n'avait cure de cet article 5
05:12qui prévoit que lorsqu'un membre de l'OTAN est attaqué,
05:15les autres ripostent pour le défendre.
05:19Eh bien, ce scénario est du jamais vu,
05:21puisque c'est un membre de l'OTAN qui attaquerait un autre membre de l'OTAN.
05:24Il y a tout de même d'autres dispositifs prévus pour défendre un membre de l'OTAN,
05:32notamment un article qui prévoit que les autres pays membres de l'OTAN
05:36lui apportent assistance économique, politique et éventuellement militaire en cas d'agression.
05:43Mais tout ça, Donald Trump a montré à quel point ce n'était pas important.
05:47Il l'a montré pour le Venezuela en expliquant que les limites qu'il se posait
05:54n'étaient pas des limites liées au droit international,
05:57mais simplement liées à sa propre morale.
06:00Et là-dessus, lorsqu'il faut conquérir des nouveaux territoires,
06:04Donald Trump n'a semble-t-il pas beaucoup de morale.
06:07D'autant plus que le Groenland, les Américains ont à maintes reprises tenté de mettre la main dessus.
06:11Il y a eu une offre d'achat après la Seconde Guerre mondiale.
06:14Donald Trump veut sans doute être le président qui y sera parvenu.
06:18L'appétit américain sur le Groenland remonte à bien avant l'arrivée de Trump au pouvoir.
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