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##LA_FRANCE_DANS_TOUS_SES_ETATS-2026-01-13##

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News
Transcription
00:00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états.
00:00:06Prends la serre, qu'est-ce que je vous ai donc fait pour que vous me parliez avec si peu de respect ?
00:00:11Certains vous diront qu'il est mort comme un parent.
00:00:13Pourquoi ça frappe les esprits ? Parce que c'était le jour de l'enterrement de sa mère.
00:00:17Alain Orsoni, assassiné d'une balle en plein cœur.
00:00:21L'ancienne figure nationaliste corse descendait ses escaliers quand il a été abattu.
00:00:26En Corse, aller tuer quelqu'un dans son village, c'est un signal qu'on envoie.
00:00:31Il était président de la CAJ Action, leader nationaliste.
00:00:34Vous ne seriez jamais à l'abri nulle part.
00:00:37Les enquêteurs sont encore sur place, autour de cette scène de crime inhabituelle, au pied d'un cimetière.
00:00:45Bonjour, vous êtes bien sur Sud Radio en ce mardi 13 janvier 2026.
00:00:50Je continue à m'appeler Péry Colégas et Maud Coffler continue à me soutenir avec vaillance à mes côtés.
00:00:58L'exceptionnel Julien Delmas continuera, lui, à jouer de la console pour nous donner une émission 5h5.
00:01:06Et l'immense Emmanuel Galasso attend vos appels au 0826-300-300 pour recueillir vos témoignages.
00:01:13Et vous écoutez parce que vous aurez des choses à dire sur l'actualité d'aujourd'hui.
00:01:18Nous serons d'abord tout à l'heure en direct avec Christine Bouillaud qui est sur le barrage de l'autoroute A64
00:01:24qui vient d'être levée sur intervention des forces de l'ordre.
00:01:29Et on entendra évidemment la colère des agriculteurs qui ont décidé de ne rien lâcher
00:01:33et qui ont bien précisé qu'ils n'ont pas dit leur dernier mot.
00:01:39À quoi joue le président de la République en appelant à la création d'un haut commissariat à la diversité
00:01:45dont il propose la présidence à des gens comme Lilian Thuram, Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem
00:01:52ou Papandiaï. Nous en discuterons avec Dries Galli qui est spécialiste des questions de diversité
00:01:59et auteur de certains ouvrages, notamment français.
00:02:03Ouvrez les yeux.
00:02:04Et si Marine Le Pen ne peut pas se présenter à l'élection présidentielle
00:02:08parce que le tribunal devant lequel elle comparait invalide sa candidature,
00:02:14que deviendra le Rassemblement National, quels sont les scénarios possibles et variés.
00:02:20Nous en discuterons avec Maître Gilbert Collard qui a fréquenté cet univers de près
00:02:25et qui en sait beaucoup sur la question.
00:02:28Tu me fends le cœur !
00:02:30Tu me fends le cœur, et oui, c'est la réplique de Rému dans la partie de cartes
00:02:34du célèbre film Marius de Marcel Pagnol.
00:02:36Et nous serons avec le petit-fils de Marcel Pagnol, Nicolas Pagnol,
00:02:40et il témoignera évidemment de l'héritage de son grand-père
00:02:44qui est un instant de l'histoire de France.
00:02:46Et nous verrons avec lui que reste-t-il de la France,
00:02:49que reste-t-il de l'époque de Marcel Pagnol qui a bercé et qui a bercé notre enfance.
00:02:54La malédiction corse à l'Avidion, l'assassinat d'Alorssoni alors qu'il enterrait sa mère,
00:02:59a plongé l'île dans la consternation, collusion entre dérives mafieuses et nationalisme,
00:03:04les dessous d'une tragédie insulaire, on essaiera de le décrypter ensemble.
00:03:09Le destin de Charlie Hebdo ne passe pas aux yeux de certaines familles
00:03:12qui ont porté plainte en Suisse.
00:03:13On va voir jusqu'où l'humour a le droit de, j'allais dire, de rire de la tragédie humaine.
00:03:20Et puis Maud Coffler nous racontera les aventures d'un député RN
00:03:25que l'on a retrouvé errant dans la rue, curieuse affaire.
00:03:29Voilà le menu de ce jour. A tout de suite.
00:03:33Sud Radio. La France dans tous ses états. L'humeur de Péricault.
00:03:39Alors le président de la République n'a pas seulement en projet la création d'un haut commissaire à la diversité,
00:03:45il est revenu à la charge, c'est le cas de le dire, pour le service national, son projet de service national.
00:03:50Alors il y avait un projet de service national universel qui n'aura pas de suite.
00:03:55Et là il entend instaurer un service national de 800 euros, voilà, des dix mois ouverts sur le volontariat.
00:04:04Je veux bien, je veux bien, et c'est une initiative tout à fait louable,
00:04:08mais le but du service national, comme son nom l'indique, c'est de mobiliser la nation.
00:04:12Et au moment où l'on nous dit à grand fort de déclarations tragiques
00:04:17qu'il faudra un jour envoyer nos enfants peut-être au front pour défendre la France
00:04:21contre l'agression de méchants envahisseurs,
00:04:24mais le bien c'est d'avoir une armée populaire, une armée nationale.
00:04:29Et l'on se doute que si on est sur le volontariat,
00:04:32ceux qui iront exercer leur mission, leur service national,
00:04:38sont ceux qui sont déjà acquis à cette idée,
00:04:40sont ceux qui ont déjà une certaine idée de la discipline,
00:04:42de certaines valeurs, certains attachements à la République.
00:04:46Le service national, il sert quand tout le monde y passe,
00:04:48et ça permet justement, et c'était une des vertus de cette fonction du service militaire,
00:04:54du service national, c'est de voir, à un moment donné,
00:04:56d'avoir une vision globale de la société française
00:04:59et de repérer ceux qui avaient besoin, plus ou moins,
00:05:02d'être accompagnés, intégrés, insérés dans la vie sociale, dans la vie républicaine.
00:05:07Donc là, ça sera du volontariat.
00:05:09Bon, c'est toujours ça de pris, on peut dire.
00:05:11Mais je trouve cette idée incomplète, bancale,
00:05:15et on sent une fois de plus que le président de la République a besoin d'exister.
00:05:19Alors, les prérogatives militaires sont les siennes, je conviens,
00:05:22mais enfin, le service national, volontaire, à 800 euros par mois,
00:05:25il y a le risque que quelques-uns aillent s'y planquer en disant
00:05:28il y a le couvert, le logis, c'est gratuit,
00:05:31en plus on a un peu d'argent à la fin du mois,
00:05:32c'est au frais de la collectivité,
00:05:34et bien on va se la couler douce, et on passera un bon moment.
00:05:37Si c'est ça la démarche, évidemment, ça poserait un problème,
00:05:39on s'en rendra compte assez vite,
00:05:41si tant est que le projet voit le jour,
00:05:42parce que pour l'instant, nous sommes dans une situation
00:05:44où beaucoup d'idées surgissent du cerveau présidentiel,
00:05:48et peu aboutissent, ou quand elles aboutissent,
00:05:50elles aboutissent mal.
00:05:54Vous restez bien avec nous,
00:05:56on va parler dans un instant de cette idée,
00:05:58ce grenu de l'Elysée,
00:06:00de créer un haut commissariat à la diversité et au diaspora.
00:06:04On en parlera avec Drizgali dans un petit instant,
00:06:06n'hésitez pas à nous appeler en direct pour poser vos questions,
00:06:08pour réagir au 0826 300 300.
00:06:11A tout de suite sur Soudan.
00:06:12La France ne reconnaissait officiellement jusqu'à présent
00:06:15aucune autre communauté que la communauté nationale,
00:06:18mais ça c'était avant la proposition de l'Elysée
00:06:20de créer un haut commissariat à la diversité et au diaspora,
00:06:24composé d'un certain nombre de personnalités
00:06:26incarnant cette diversité,
00:06:28Teddy Riner, Liliane Thuram,
00:06:29Najat Vallaud-Belkacem,
00:06:30Amel Bent ou encore Christiane Taubira.
00:06:33Un projet qui pourrait être officiellement annoncé
00:06:35lors du sommet Africa Forward,
00:06:37où se réuniront Emmanuel Macron et des dirigeants africains.
00:06:40L'ambition est de fédérer toutes les diasporas de France
00:06:42pour contrer la vision trumpienne de l'Europe
00:06:44et la guerre des civilisations qui se préparent.
00:06:47Tout un projet, et on en parle avec un spécialiste
00:06:49des relations internationales, Drizgali.
00:06:51Bonjour.
00:06:52Oui, bonjour.
00:06:53Bonjour Drizgali.
00:06:54Merci d'être sur Sud Radio
00:06:56pour décrypter un petit peu cette étrange information,
00:07:00curieuse initiative du président de la République,
00:07:02qui remet un peu en cause le concept,
00:07:03comme disait Maud à l'instant,
00:07:04de communauté nationale.
00:07:07Il créerait donc une catégorie de citoyens
00:07:10qui serait un petit peu différent des autres
00:07:11et qui rentrerait dans le cadre d'une diversité,
00:07:14surtout du terme diaspora.
00:07:16Ça vous inspire quoi, cette démarche ?
00:07:18Elle est républicaine ou elle n'est pas très républicaine,
00:07:20cette initiative ?
00:07:22Bon, je vais peut-être vous étonner.
00:07:24Je pense que Macron a en partie raison
00:07:26parce qu'il a compris qu'on est passé dans une dimension
00:07:29qui n'est plus tout à fait républicaine,
00:07:31comme on l'entendait.
00:07:32Il y a eu tellement d'immigrations,
00:07:34mais tellement d'immigrations dans le monde,
00:07:35mais en particulier en France,
00:07:37qu'on a maintenant des peuples en formation
00:07:38que nous appelons diaspora.
00:07:40Vous avez au moins 1,2 million de Marocains en France,
00:07:44au moins 1 million de Tunisiens.
00:07:46C'est un petit peuple.
00:07:47C'est un petit Maroc et une petite Tunisie en France.
00:07:49Vous avez au moins 4 millions, 5, 6 millions d'Algériens.
00:07:51On ne sait pas vraiment.
00:07:52En France, c'est une annexe de l'Algérie.
00:07:53Donc, je veux dire qu'on est dans un contexte
00:07:55qui est différent d'il y a 30 ans.
00:07:57Ces diasporas ont une existence religieuse
00:08:00traversée par un islamisme parfois beaucoup plus fort en France
00:08:04qu'au Maghreb, si on ne parle que des diasporas maghrébines.
00:08:07Vous avez des phénomènes mafieux.
00:08:08Je pense notamment à la diaspora chinoise, etc.
00:08:11Donc, il y a des enjeux de diaspora.
00:08:13C'est bien de s'en occuper.
00:08:15Malheureusement, Macron va la faire à la mode de M. Macron.
00:08:17C'est-à-dire, je le dis comme je pense, n'importe comment.
00:08:20D'abord avec cette espèce de justification par rapport à M. Trump
00:08:23qui n'a rien à voir avec ce phénomène-là.
00:08:24Et puis, comme d'habitude, ce sera mon dernier point
00:08:27pour cette réponse.
00:08:29C'est que les diasporas, ça va être contre la France.
00:08:32Parce que pour M. Macron, il y a une nouvelle France
00:08:34à exhiber, à mettre devant tous les Français
00:08:37pour leur dire la France d'avant,
00:08:39la France blanche, chrétienne, c'est fini.
00:08:40Maintenant, nous sommes black-blanc-beurre.
00:08:41C'est surtout inefficace.
00:08:44Parce que ce dont la France a besoin aujourd'hui,
00:08:46c'est de puissance.
00:08:47Face à Trump, parce que Trump, il a tous les défauts du monde,
00:08:50mais ces diasporas, lui, elles sont patriotes.
00:08:53Vous avez Marco Rubio, un cubain.
00:08:55Vous avez Cash Patel, patron du FBI,
00:08:56qui est ougandais hindouiste.
00:08:59Et j'en oublie d'autres.
00:09:00Eux, pour le coup, ils sont pour l'empire américain.
00:09:04M. Macron s'entoure de gens qui sont plus ou moins
00:09:06dans une pensée de gauche,
00:09:08très fiéleuse par rapport à ce qu'est la France.
00:09:11Et on est vraiment dans une espèce
00:09:12de syndicat de liquidation de l'image du pays.
00:09:17Driss Galli, la France a toujours procédé
00:09:20par intégration des diasporas
00:09:22depuis la civilisation gallo-romaine.
00:09:24Et c'est ce qui fait sa richesse.
00:09:25Et la diversité est au cœur de l'esprit républicain.
00:09:28Pour autant, elle passe par un concept,
00:09:30alors pour le coup de communauté nationale,
00:09:32communauté de destin,
00:09:34le citoyen français est d'abord un individu.
00:09:37Et puis, il y a le phénomène de l'intégration.
00:09:40Est-ce que cette vision,
00:09:41à travers ce haut commissariat
00:09:42de la diversité au diaspora,
00:09:44est une remise en cause de l'intégration,
00:09:47est une remise en cause du concept
00:09:48de communauté nationale
00:09:50où on tolérerait des sous-communautés
00:09:52qui représenteraient une identité différente ?
00:09:54Je pense que M. Macron a choisi cette vision-là.
00:10:01Il est dans cette vision-là de la Poste-France,
00:10:02d'une communauté nationale déjà fracturée.
00:10:06Je pense très sincèrement,
00:10:08et je suis assez gêné d'être d'accord avec Macron
00:10:11parce que je sais qu'il va...
00:10:12Ça n'empêche pas que l'idée puisse être au départ.
00:10:16On comprend, c'est la finalité qui est inquiétante.
00:10:19C'est ça, exactement.
00:10:19Parce que la finalité, c'est, encore une fois,
00:10:21c'est humilier le peuple de France pour lui dire
00:10:23« La France d'avant, c'est fini.
00:10:25Maintenant, on préfère des Français venus d'ailleurs. »
00:10:28Et si tu n'es pas d'accord...
00:10:29Autrement dit, je vous interromps,
00:10:30il refait au peuple français
00:10:31la réponse qu'il a faite à Jean-Luc Bourleau
00:10:34en lui disant « Oui, ton projet de ville,
00:10:36finalement, c'est celui d'un mâle blanc depuis 50 ans. »
00:10:38Et là, il dit la même phrase à tout le pays.
00:10:42Exactement.
00:10:42Et en plus de ça, il nous dit
00:10:44« Anti-Trump, au fait, c'est ultra-américain. »
00:10:48Cette diversité que Macron célèbre,
00:10:50c'est la diversité à l'américaine,
00:10:51c'est-à-dire une diversité racialiste.
00:10:53À l'anglo-saxonne, on peut même dire.
00:10:54À l'anglo-saxonne.
00:10:56Alors, il le fait à un moment qui est très mal choisi,
00:10:59au moment où le modèle multiculturel anglo-saxon s'effondre.
00:11:01Mais oui.
00:11:02Vous voyez ce qui se passe à Londres.
00:11:03Mais oui.
00:11:04Donc, nous avons des chefs qui sont tellement,
00:11:05mais vraiment à côté de la plaque
00:11:07qu'ils n'ont même pas le sens du ridicule.
00:11:09Parce qu'il y a 30 ans,
00:11:10cet élément de langage passé.
00:11:12Là, vous avez Londres,
00:11:13l'Angleterre qui est au bord de la guerre civile,
00:11:15en tout cas qui est très malheureuse,
00:11:17à cause de son multiculturalisme.
00:11:19Et je ne parle même pas des gangs de viol,
00:11:21tout ça, de Bradford et tout ça.
00:11:23M. Macron, au fait, est un Américain
00:11:25qui se refoule.
00:11:26Et il est comme tellement d'Américains
00:11:28qui se refoulent dans notre état profond,
00:11:30il est en rage contre M. Trump
00:11:32qui sort un peu du narratif
00:11:36de l'état profond américain,
00:11:38d'une diversité anti-blanche.
00:11:40M. Trump est une diversité
00:11:42qui est patriote impérialiste,
00:11:45voire agressive.
00:11:46Parce que Marco Rubio,
00:11:48Caspatelle, etc.,
00:11:50ne sont pas des gentils.
00:11:51Ils défendent les intérêts américains.
00:11:53Dries Galli, vous avez écrit
00:11:54« De la diversité au séparatisme,
00:11:56le choc des civilisations ici et maintenant ».
00:11:59Quelle est l'origine de l'échec
00:12:00du communautarisme
00:12:01qui a longtemps fonctionné
00:12:02en Angleterre avec le Commonwealth ?
00:12:04Tout d'un coup, le système s'effondre.
00:12:05C'est quoi ?
00:12:06C'est un effet du mauvais libéralisme
00:12:08ou c'est de la globalisation
00:12:09qui pervertit les bonnes intentions ?
00:12:12Je pense qu'il y a eu
00:12:14deux effets principaux.
00:12:17Il y a l'effet du choc de civilisation
00:12:19qui s'exprime partout
00:12:22où il y a un contact
00:12:23entre deux civilisations
00:12:24à très forte personnalité.
00:12:26Donc pour vous,
00:12:28le choc est une réalité ?
00:12:29D'accord.
00:12:30C'est une évidence.
00:12:32Dans le choc,
00:12:33il y a aussi le choc électrique.
00:12:34Parfois, il y a certaines étincelles
00:12:36qui font des belles choses.
00:12:38Vous avez des grands artistes,
00:12:40vous avez des grands hommes d'affaires.
00:12:44Vous savez,
00:12:46nous avons eu un choc des civilisations
00:12:47durant la coalition française
00:12:50au Maghreb et en Afrique noire.
00:12:52Il était dur,
00:12:53mais il a permis
00:12:53de faire la guerre ensemble
00:12:54contre Hitler,
00:12:56les goumiers,
00:12:57les tirailleurs.
00:12:57Donc le choc,
00:12:58c'est le choc.
00:13:00Il peut avoir un aspect très brutal,
00:13:02un aspect très positif.
00:13:04Là, vous avez le choc des civilisations
00:13:05entre une civilisation anglaise
00:13:07ultra enracinée,
00:13:08ultra, on peut dire,
00:13:09fossilisée,
00:13:10tout ce qu'on veut,
00:13:10mais qui est la civilisation d'origine.
00:13:12Et vous avez une civilisation
00:13:12qui vient de l'Asie,
00:13:14notamment Pakistan-Inde,
00:13:15qui est très forte,
00:13:17forte personnalité.
00:13:18Et vous avez une concurrence,
00:13:21au fait,
00:13:22des légitimités.
00:13:23Chacun dit
00:13:23« Ma loi est la meilleure ».
00:13:24Bien sûr.
00:13:25Et c'est très difficile
00:13:25de dire à quelqu'un
00:13:26que sa loi n'est pas bonne
00:13:27alors qu'il vient
00:13:28d'une civilisation ultra millénaire
00:13:29qui a inventé le Bouddha
00:13:30et autre chose.
00:13:31Et vous avez en même temps,
00:13:32et c'est aussi également
00:13:33de la même importance,
00:13:34vous avez un affaiblissement
00:13:36de l'âme anglaise.
00:13:38Vous voyez
00:13:38les politiciens anglais.
00:13:40Le niveau s'effondre.
00:13:41On n'est plus du tout
00:13:42dans Nelson,
00:13:43sur-field.
00:13:44Ils ne sont pas les seuls
00:13:45à perdre leur spécificité.
00:13:47Mais bon,
00:13:47là pour le coup...
00:13:48Et c'est ce qui nous arrive
00:13:48en France.
00:13:50Parce que les gens,
00:13:51déjà de base,
00:13:52les gens sont paresseux.
00:13:53Les diasporas sont paresseuses.
00:13:55Les gens ne veulent pas
00:13:55s'intégrer.
00:13:56Parce que c'est un travail mental
00:13:57de s'intégrer,
00:13:58de se transformer.
00:14:00Changer ses habitudes,
00:14:01c'est plus dur.
00:14:02C'est plus facile
00:14:02d'acheter un McDonald's
00:14:03que de changer d'habitude.
00:14:04Et en plus,
00:14:05changer d'habitude,
00:14:06ça veut dire que mes habitudes
00:14:07ne sont pas bonnes
00:14:08et que les vôtres sont bonnes.
00:14:09Pour cela,
00:14:09vous devez me convaincre
00:14:10que vous êtes meilleur que moi.
00:14:11Or,
00:14:11quand on voit les leaders anglais,
00:14:12français, belges,
00:14:13j'en parle même pas,
00:14:14hollandais,
00:14:15tout ça,
00:14:15on se dit,
00:14:16bah écoutez,
00:14:16finalement...
00:14:17Voilà.
00:14:18C'est pas évident.
00:14:19C'est à cause de ça
00:14:19que nous avons un effondrement
00:14:21de ce modèle multiculturel
00:14:22qui aurait pu marcher
00:14:23quand on a un peuple d'accueil
00:14:25qui est extrêmement...
00:14:27Solide.
00:14:28Avec un socle.
00:14:29Avec un socle.
00:14:29Solide,
00:14:29exactement et puissant.
00:14:32Vous voyez en France aujourd'hui,
00:14:33juste un point,
00:14:34à chaque fois que des imbéciles
00:14:36brûlent un commissariat
00:14:38ou jettent un mortier
00:14:39sur un commissariat,
00:14:40ils tuent 10 000 vocations
00:14:43à l'intégration.
00:14:44Parce que pourquoi voulez-vous
00:14:44que je m'intègre un pays
00:14:45dont la police se fait casser la gueule ?
00:14:47C'est bon.
00:14:48Maud Coffler.
00:14:48Maud Coffler.
00:14:49Idriss Galli,
00:14:50alors là,
00:14:50Emmanuel Macron,
00:14:51effectivement,
00:14:52avec ce commissariat,
00:14:53devrait juste désunir
00:14:54et fracturer un peu plus
00:14:55la communauté nationale.
00:14:56Et je pense qu'elle
00:14:57n'en avait pas besoin.
00:14:57Est-ce qu'on ne va pas...
00:14:59Vous parliez en quelque sorte
00:15:01d'un basculement civilisationnel.
00:15:03Est-ce que là,
00:15:03on n'est pas arrivé vraiment
00:15:04à une espèce de point de rupture
00:15:06où décidément et définitivement,
00:15:08Emmanuel Macron va instaurer,
00:15:10institutionnaliser le fait que,
00:15:12de fait,
00:15:13la France blanche catholique
00:15:14qu'on imagine désormais,
00:15:16parce que comme le diraient
00:15:17certains intellectuels français,
00:15:19la France blanche n'existe plus,
00:15:22est-ce qu'on n'est pas arrivé
00:15:22à ce stade de grand basculement
00:15:24civilisationnel
00:15:25que redoute tout le monde
00:15:26mais qu'Emmanuel Macron
00:15:27finit par provoquer ?
00:15:29Oui, dans ce sens,
00:15:30il est mélenchonien
00:15:31et il fait partie
00:15:32du même camp.
00:15:34Mélenchon parle
00:15:34de la nouvelle France
00:15:35créolisée.
00:15:36Oui, c'est ça.
00:15:37Oui, c'est la question
00:15:38que j'allais vous poser.
00:15:39C'est la question
00:15:39que j'allais vous poser.
00:15:40Est-ce qu'on n'est pas
00:15:41dans le projet de créolisation
00:15:42avec d'autres mots,
00:15:44de façon plus institutionnelle,
00:15:46habillés,
00:15:46habillés, j'allais dire,
00:15:47d'un masque politique,
00:15:49mais politicien même d'ailleurs.
00:15:51Mais ça veut dire quoi ?
00:15:52Que le peuple français,
00:15:53la notion de peuple français
00:15:55n'existerait plus ?
00:15:56Il y aurait les peuples de France ?
00:15:59Nous touchons le cœur du système.
00:16:02Vous avez aujourd'hui
00:16:02un système de gouvernement
00:16:04qui ne peut pas,
00:16:05qui ne veut plus,
00:16:06ne peut plus fonctionner
00:16:07avec son peuple historique.
00:16:08C'est-à-dire que la République
00:16:09dont on aura à bas les oreilles,
00:16:10elle a réussi à enlever
00:16:11la souveraineté
00:16:12au peuple historique de France
00:16:13et elle est en train
00:16:14de donner à des peuples nouveaux,
00:16:16issus de l'immigration,
00:16:16qui ont été naturalisés.
00:16:18À juste titre ou pas,
00:16:19ce n'est pas le problème.
00:16:20Ils sont ici aujourd'hui.
00:16:21Et M. Macron tire ces conclusions-là,
00:16:22il veut gouverner
00:16:23avec ces peuples nouveaux
00:16:24qu'il appelle diversité.
00:16:26Mais au fait,
00:16:27ce sont des peuples nouveaux,
00:16:28des peuples qui illustrent
00:16:31cette espèce de transfert
00:16:32de pouvoir du peuple de souche.
00:16:34C'est un acte ultra-antidémocratique.
00:16:37Ce n'est pas du tout démocratique.
00:16:38Tu veux transférer le pouvoir
00:16:39d'un peuple à un autre.
00:16:40Et ils vont vous dire
00:16:41que c'est la diversité.
00:16:42Or, en fait,
00:16:43c'est divisé pour mieux régner.
00:16:44Nous avons aujourd'hui une...
00:16:45Pardon.
00:16:46Non, non, non.
00:16:47Je dis ça ressemble.
00:16:49C'est quand même
00:16:49à une forme de remplacement.
00:16:51On remplace l'unité nationale
00:16:52par la diversité nationale.
00:16:54C'est un remplacement.
00:16:55Tout à fait.
00:16:56C'est un remplacement.
00:16:57Et on peut même aller plus loin.
00:16:59Nous sommes dans des logiques
00:17:00un peu impérialistes,
00:17:01un peu coloniales.
00:17:02C'est ce que nous faisions
00:17:03dans l'empire colonial.
00:17:05Nous avions les uns
00:17:07contre les autres.
00:17:08En Algérie,
00:17:09on a intégré les juifs
00:17:11pour les retirer des musulmans.
00:17:12Après, le décret crémieux.
00:17:14Après, on a commencé
00:17:14à diviser les uns
00:17:15contre les autres.
00:17:15Vous avez aujourd'hui
00:17:18tout ça derrière
00:17:18un masque managérial.
00:17:20La diversité,
00:17:21ça sonne très Wall Street,
00:17:22très à 40.
00:17:23Or, ça n'a rien
00:17:24de managérial.
00:17:25C'est une logique politique
00:17:27ultra cynique.
00:17:29Et moi, le pire dans tout ça,
00:17:30moi, je veux bien
00:17:31être très ouvert.
00:17:32Parce que je pense
00:17:32qu'il faut être
00:17:33les hommes de demain.
00:17:34Et je pense que la République,
00:17:35elle a besoin d'une réforme.
00:17:36Est-ce que cela, au moins,
00:17:38nous mènera
00:17:38vers plus de puissance ?
00:17:39Moi, la France
00:17:39qui vient sortir de tout cela,
00:17:40elle ne sera pas plus belle.
00:17:42Elle ne sera pas plus forte.
00:17:43Est-ce que la France
00:17:44qui sortira de cette diversité-là
00:17:46imposera le nom
00:17:49au Mercosur ?
00:17:49Pas du tout.
00:17:50Ce que M. Macron nous fait,
00:17:51c'est une France
00:17:52qui est Benetton,
00:17:54Black Blumber,
00:17:54OK, très bien,
00:17:55effectivement,
00:17:56mais qui est une France
00:17:58qui sera,
00:18:01étalée par terre
00:18:02devant Ursula von der Leyen.
00:18:04Donc, on est vraiment
00:18:04dans la survie
00:18:06d'un régime
00:18:07qui ne sait plus
00:18:08quoi faire, au fait,
00:18:09pour garder électoralement
00:18:11le pouvoir.
00:18:12Donc, il se remet
00:18:14à des minorités.
00:18:14Est-ce que vous pensez
00:18:15que l'effondrement
00:18:16de l'école,
00:18:16de l'éducation nationale
00:18:17est une des causes
00:18:19de cette,
00:18:21j'allais dire,
00:18:21dissolution
00:18:23de l'esprit du national ?
00:18:25Jules Ferry,
00:18:26Jean Jaurès
00:18:26et De Gaulle
00:18:27doivent se retourner
00:18:28dans leur tombe
00:18:28quand ils entendent
00:18:29de tels propos.
00:18:31Bien sûr, bien sûr.
00:18:32Bien sûr.
00:18:32Moi, je pense que,
00:18:34en fait,
00:18:34le problème,
00:18:35c'est qu'on va se prendre
00:18:36plusieurs crises en même temps.
00:18:39Et c'est difficile
00:18:39de les analyser.
00:18:41parce que,
00:18:42d'un côté,
00:18:44même De Gaulle,
00:18:46Jules Ferry,
00:18:47ce n'étaient pas
00:18:47des assimilationnistes.
00:18:49Non,
00:18:49ce sont des intégrateurs.
00:18:52C'est des intégrateurs
00:18:53et puis,
00:18:53ils ne se sont jamais
00:18:55mis dans une position
00:18:56où ils avaient
00:18:57des millions
00:18:57d'Africains
00:18:58et de Maghrébins
00:18:59et aujourd'hui,
00:19:00d'Argan
00:19:00et de Spilanké
00:19:01et de Pakistanais
00:19:02à intégrer en France.
00:19:03parce que ce sont
00:19:05des gens
00:19:05qui avaient affaire
00:19:06à qui ?
00:19:06À une ultra-élite
00:19:08africaine-arabe
00:19:10ou indochinoise
00:19:11qui s'était intégrée.
00:19:12Je pense
00:19:13à Léoport
00:19:13d'Arsenghor.
00:19:15Je pense
00:19:16à certains Marocains,
00:19:17à certains Algériens,
00:19:19à certains médecins
00:19:20indochinois.
00:19:21Donc,
00:19:21c'était des petites masses.
00:19:23Donc,
00:19:23moi,
00:19:24je pense qu'aujourd'hui,
00:19:25on ne peut pas
00:19:25assimiler tout le monde.
00:19:26Je pense que c'est vraiment
00:19:27se mentir à nous
00:19:28que de dire
00:19:28qu'on va assimiler tout le monde.
00:19:29Et c'est ça,
00:19:30le grand défi.
00:19:31C'est pour ça
00:19:31que nous avons besoin
00:19:32d'une rénovation politique
00:19:33et de ne pas
00:19:36nous accrocher
00:19:37au mythe
00:19:38de l'assimilation
00:19:38parce que,
00:19:39malheureusement,
00:19:40les gens ne peuvent pas
00:19:41s'assimiler à 100%.
00:19:42On ne peut pas
00:19:43assimiler un peuple entier.
00:19:45Surtout quand on va mal,
00:19:46comme le peuple de France
00:19:46ou le peuple anglais
00:19:47ou britannique.
00:19:48Sur l'école,
00:19:48l'école,
00:19:49c'est le cimetière
00:19:50de l'intégration.
00:19:53C'est, en fait,
00:19:53le cimetière
00:19:54de la République
00:19:55parce que la République
00:19:56ne fait plus société.
00:19:57Parce que la République,
00:19:58c'est un...
00:19:58parce que nous l'avons
00:19:59divinisée en France,
00:20:00évidemment,
00:20:01grâce à la gauche,
00:20:02mais c'est un instrument.
00:20:04Elle doit maintenir
00:20:05l'état-nation.
00:20:06Or, vous avez
00:20:06de l'école,
00:20:08vous avez des gens
00:20:09qui sortent
00:20:09qui vous disent
00:20:10qu'ils n'aiment pas la France.
00:20:11Ils ne savent même pas
00:20:12ce que c'est que la France.
00:20:12Dréz-Ghali,
00:20:13on a entendu votre message
00:20:15qui ne nous rassure pas,
00:20:15mais je pense qu'on aura
00:20:16l'occasion d'en discuter
00:20:18parce que c'est un dossier
00:20:18qui va évoluer
00:20:19et on appellera
00:20:20votre témoignage.
00:20:21Merci d'avoir été
00:20:22sur Sud Radio aujourd'hui.
00:20:23A très bientôt.
00:20:23Vous, c'est bien avec nous.
00:20:24Nous allons parler
00:20:25d'Alain Orsoni,
00:20:25abattu aux obsèques
00:20:26de sa mère en Corse hier.
00:20:29C'est un événement
00:20:30en Corse,
00:20:30mais un événement
00:20:31pour la France également
00:20:32qui vous fait sûrement
00:20:32réagir.
00:20:330826 303.
00:20:35La France dans tous ses états,
00:20:37Perico-Légas,
00:20:39Maud Koffler.
00:20:40Nous sommes en direct
00:20:42avec Christine Bouillaud
00:20:43qui se trouve...
00:20:43Alors qu'on n'a pas encore,
00:20:44mais qu'on va retrouver
00:20:45parce qu'elle est sur le terrain.
00:20:46Oui, oui, oui.
00:20:46Mais les aléas du direct,
00:20:48c'est la preuve
00:20:48que c'est du vrai direct,
00:20:49ce n'est pas du direct sous vide.
00:20:51Christine Bouillaud
00:20:51est sur le barrage
00:20:52de l'autoroute A64
00:20:53qui a été levé
00:20:54suite à l'intervention massive
00:20:56des forces de l'ordre.
00:20:58On entendait la colère
00:20:59de Jérôme Bayle
00:21:00auquel le préfet
00:21:01avait assuré
00:21:02qu'il n'y aurait pas
00:21:04d'action policière.
00:21:06Malgré tout,
00:21:07les agriculteurs
00:21:08ont accepté
00:21:08de lever le barrage
00:21:09parce que, bon,
00:21:09effectivement,
00:21:10les forces de l'ordre
00:21:10étaient là
00:21:11de façon plutôt véhémente.
00:21:15Ils se sont donnés rendez-vous
00:21:16puisqu'on ne baisse pas la garde.
00:21:18Christine Bouillaud,
00:21:19ils sont très en colère
00:21:21d'avoir dû lever le barrage
00:21:22ou ça s'est passé
00:21:23de façon consensuelle ?
00:21:25Alors, non,
00:21:26ça ne s'est pas passé consensuel.
00:21:28Il y a eu plusieurs heures
00:21:28de discussion, évidemment.
00:21:30Et puis, à un moment donné,
00:21:31un coup de tension,
00:21:32comme on dit,
00:21:33dans le jargon, on va dire,
00:21:34du maintien de l'ordre
00:21:35quand les agriculteurs
00:21:37qui étaient bloqués
00:21:37à l'extérieur
00:21:38sur le rond-point
00:21:39à 300 mètres
00:21:40de ce campement
00:21:42de l'autoroute A64
00:21:43ont voulu rejoindre
00:21:44Jérôme Bayle
00:21:45et tous les représentants
00:21:46qui avaient discuté
00:21:47depuis 4h30 ce matin
00:21:49avec le préfet
00:21:50ou en tous les cas
00:21:51les services de la préfecture.
00:21:52Donc, tout ça,
00:21:53c'est fait avec une forme
00:21:54de tension.
00:21:55Mais le mot d'ordre général,
00:21:56ça a été de dire,
00:21:57bon ben voilà,
00:21:58on a réussi à négocier
00:21:58quelques avancées,
00:22:00toutes petites avancées.
00:22:02En tous les cas,
00:22:02on a pu déposer des dossiers
00:22:03et faire des demandes
00:22:04sur des points précis
00:22:05pour l'agriculture d'Occitanie.
00:22:07et en contrepartie,
00:22:09on s'engage à digérer en bail
00:22:10à faire comme on a toujours fait,
00:22:11c'est-à-dire nettoyer
00:22:12notre campement et partir
00:22:14et que ça ne coûte rien
00:22:15aux contribuables,
00:22:17cette opération de blocage
00:22:18depuis 32 jours ici
00:22:19sur cette autoroute A64.
00:22:21On a pu discuter avec le préfet
00:22:23qui lui, de l'autre côté,
00:22:24oppose évidemment la durée
00:22:25qui devenait vraiment
00:22:27trop importante
00:22:28de ce blocage
00:22:29dans les deux sens
00:22:30de l'autoroute
00:22:31et donc il fallait absolument
00:22:32qu'il y ait une sortie.
00:22:33Alors, je dirais que chacun
00:22:34s'y retrouve un tout petit peu,
00:22:37mais dans les esprits
00:22:38des agriculteurs,
00:22:39je peux vous dire
00:22:39que l'ambiance est certes
00:22:41au soulagement
00:22:42de partir sans
00:22:43qu'il y ait de gaz
00:22:44lacrymogène
00:22:45et d'affrontement
00:22:45avec les forces de l'ordre,
00:22:48mais on a le cœur gros
00:22:49de partir
00:22:50et d'avoir été traité
00:22:51comme ceci,
00:22:51c'est-à-dire avec cet énorme
00:22:53dispositif de gendarmerie.
00:22:54Il y avait quoi ?
00:22:55Entre 400 et 500
00:22:57gendarmes mobiles,
00:22:59c'est ça à peu près ?
00:23:00Oui, oui, oui.
00:23:01Absolument.
00:23:02On entendait la colère
00:23:03de Jérôme Bayle
00:23:04qui disait
00:23:04le préfet n'a pas tenu parole.
00:23:06Est-ce qu'il y a quand même
00:23:07des engagements
00:23:07qui n'ont pas été tenus
00:23:08sur ce barrage ?
00:23:10Malheureusement,
00:23:11Péricault,
00:23:12et vous le savez très bien
00:23:13sur ce dossier agricole,
00:23:15les engagements
00:23:15avaient été pris
00:23:16de voir si on pouvait changer
00:23:17le protocole
00:23:18de la dermatose modulaire.
00:23:19Ça n'a pas été le cas.
00:23:20S'il y avait eu
00:23:21des avancées également
00:23:22sur le Mercosur
00:23:24et d'autres problématiques
00:23:26spécifiques
00:23:26à la culture
00:23:28et à l'agriculture
00:23:29en Occitanie.
00:23:30et l'allusion
00:23:32de Jérôme Bayle
00:23:32c'est que le préfet
00:23:33s'était engagé
00:23:34ce qui n'est pas
00:23:34de violence
00:23:35de la part des gendarmes
00:23:36et quand effectivement
00:23:37les agriculteurs
00:23:39ont voulu rejoindre
00:23:39le reste des troupes
00:23:40sous l'autoroute
00:23:41à 64,
00:23:42il y a eu effectivement
00:23:42un moment de tension.
00:23:43Là, les forces de l'ordre
00:23:44se sont opposées.
00:23:45Oui, bien sûr.
00:23:46Exactement.
00:23:46Et là,
00:23:46c'est là que les représentants
00:23:48et les responsables
00:23:49des ultrôles à 64
00:23:51ont lancé ce cri
00:23:52en disant
00:23:53la préfecture,
00:23:54le préfet ne tient pas
00:23:54ses engagements
00:23:55si effectivement
00:23:56les forces de l'ordre
00:23:56entrent en action.
00:23:57Donc, véritablement
00:23:58une fin de manifestation
00:24:01mais qui en donne d'autres.
00:24:03Je peux vous assurer
00:24:03qu'ils sont prêts
00:24:04à repartir au combat.
00:24:05C'est ce que j'allais vous poser.
00:24:05C'est ce que je vous posais
00:24:06comme question.
00:24:07Est-ce que vous les sentez
00:24:07déterminés ?
00:24:08Ils ne lâchent rien
00:24:09et on les retrouvera
00:24:10certainement ailleurs.
00:24:11Ils peuvent se déplacer
00:24:12mais pour eux,
00:24:12il n'y a pas satisfaction
00:24:13à leurs vendications.
00:24:15Non, et surtout
00:24:16la façon dont ils sont traités,
00:24:17je crois que c'est ce qu'il y a
00:24:17de pire en fait
00:24:18dans les esprits des agriculteurs.
00:24:20C'est de voir
00:24:21ce dispositif impressionnant
00:24:23des forces de l'ordre
00:24:24qui vient les cueillir
00:24:27en gros leur demander
00:24:28de quitter un lieu
00:24:30de revendication finalement.
00:24:32C'est ce traitement-là
00:24:33qu'ils ne comprennent pas.
00:24:35Et sachez que
00:24:35les ultras de la 64
00:24:36ont commencé à faire
00:24:37des petits en France.
00:24:38Il y a des collectifs
00:24:39qui se sont montés
00:24:40au Pays Basque,
00:24:41qui se sont montés en Isère,
00:24:43qui sont en train
00:24:43de se constituer dans la Somme,
00:24:45dans d'autres départements
00:24:46et ça fait tâche d'huile
00:24:48et ça gêne effectivement.
00:24:50Et Paris était le terrain
00:24:51d'une manifestation importante
00:24:52ce matin.
00:24:53Merci Christine Bouillaud
00:24:54pour votre témoignage
00:24:55et maintenant vous restez sur place
00:24:57vous nous rappelez
00:24:58s'il y a du nouveau
00:24:59sur le barrage
00:25:01de l'autobot de la 64.
00:25:02Merci.
00:25:03Sud Radio,
00:25:05la France dans tous ses états,
00:25:07les perles du jour.
00:25:09C'est l'un des sujets
00:25:10du jour,
00:25:11Péricault,
00:25:12l'ancien dirigeant nationaliste
00:25:13corse.
00:25:14Alain Orsonia
00:25:14a été abattu hier
00:25:15durant les obsèques
00:25:16de sa mère
00:25:16dans le cimetière de Véro
00:25:18en Corse du Sud,
00:25:19du jamais vu.
00:25:20Oui absolument,
00:25:21j'allais dire
00:25:21que ça a plongé l'île
00:25:23dans la consternation
00:25:24et le désarroi.
00:25:25surtout que les Corses
00:25:27sont des gens
00:25:27très attachés
00:25:28aux valeurs familiales,
00:25:29aux traditions
00:25:30et que jusqu'à présent
00:25:31c'est très rare
00:25:32qu'il y ait eu
00:25:33un crime,
00:25:34une action violente
00:25:34dans le cadre
00:25:36d'un enterrement
00:25:36ou d'une cérémonie familiale.
00:25:39Il y a déjà le cas
00:25:39de François Santoni
00:25:41qui était le partenaire
00:25:42de Jean-Michel Rossi.
00:25:44Ils avaient écrit
00:25:44deux livres
00:25:45sur les collusions
00:25:46entre le nationalisme
00:25:48et la mafia.
00:25:49Ils ont été abattus
00:25:50tous les deux.
00:25:51Jean-Michel Rossi
00:25:53à l'île Rousse
00:25:54en août 2000
00:25:55et François Santoni
00:25:57à l'issue
00:25:57d'un mariage
00:25:58en août 2001.
00:26:01Là,
00:26:01c'est Alain Orsonia
00:26:02qui aujourd'hui
00:26:03tombe sous les balles
00:26:05d'un tueur
00:26:06à 200 mètres
00:26:07à la façon
00:26:07de Charlie Kirk.
00:26:08Il était aux obsèques
00:26:10de sa mère.
00:26:11Alain Orsoni
00:26:12était un des leaders
00:26:13du Front National
00:26:14de Libération
00:26:15de la Corse
00:26:16avec les scissions
00:26:18et les fractions
00:26:18qui ont compliqué
00:26:19beaucoup la donne
00:26:20dans la lecture politique
00:26:21entre nationalistes
00:26:23et nationalistes radicaux,
00:26:25le canal habituel,
00:26:26le canal historique.
00:26:28Il faut comprendre
00:26:28qu'en Corse,
00:26:29le mouvement nationaliste
00:26:30a toujours été divisé
00:26:31en deux tendances.
00:26:32Ce qui faisait
00:26:33de l'idéologie pure
00:26:34un combat
00:26:35de libération nationale
00:26:36qui représentait
00:26:38la tendance
00:26:39de la famille
00:26:41Simeoni.
00:26:41Aujourd'hui,
00:26:42c'est le fils
00:26:44d'Edmond Sénoni,
00:26:44le neveu de Max
00:26:45qui est président
00:26:46de la communauté
00:26:47du territoire
00:26:48de la Corse
00:26:49qui d'ailleurs
00:26:50est en train
00:26:51d'obtenir
00:26:51un statut
00:26:52territorial
00:26:53encore particulier.
00:26:55Alain Orsoni
00:26:56faisait partie
00:26:57de cette tendance
00:26:58qui mélangeait
00:26:59le combat nationaliste,
00:27:02la revendication
00:27:02nationaliste
00:27:03avec des activités
00:27:06illicites.
00:27:07Est-ce un règlement
00:27:08de compte ?
00:27:09Est-ce que c'est
00:27:10une vente d'État ?
00:27:11Il y a l'omerta,
00:27:11bien entendu,
00:27:12on ne saura rien.
00:27:13Ce que l'on sait,
00:27:15c'est ce qui s'est dit
00:27:15en Corse,
00:27:16c'est que lorsqu'on a
00:27:17un crime de cette nature,
00:27:18d'une telle violence,
00:27:19ce ne sont pas forcément
00:27:20des Corses
00:27:21qui commettent l'action.
00:27:23On va chercher
00:27:23la mafia
00:27:24de Sardes.
00:27:25On va en Sardaigne
00:27:26chercher des membres
00:27:27de la mafia
00:27:28et c'est à eux
00:27:29que l'on confie
00:27:29cette mission
00:27:32de liquidation.
00:27:33Ça ressemble aussi
00:27:34à ça
00:27:35avec la mort
00:27:35d'Alain Orsoni
00:27:36devant le cercueil
00:27:38de sa mère,
00:27:38devant sa famille,
00:27:40abattue d'une pâle
00:27:41en plein cœur
00:27:41d'un tireur
00:27:42qui était entre 100,
00:27:43150, 220.
00:27:44Je vous dis,
00:27:44ça ressemblait
00:27:45à Charles-Léquer.
00:27:46Donc,
00:27:46la Corse continue
00:27:48à vivre cette tragédie.
00:27:50On en conclut simplement
00:27:52que les règlements
00:27:53de compte sont là,
00:27:54que les nationalistes
00:27:55qui voulaient faire
00:27:55du travail propre
00:27:57conformément
00:27:58à des idées
00:27:59de libération nationale
00:28:00se sont toujours opposés
00:28:01à ceux qui ont dérivé
00:28:03un peu vers la mafia
00:28:04et que tous ceux
00:28:05qui ont dénoncé
00:28:06le mafiosisme en Corse
00:28:08ont été abattus,
00:28:10sont morts
00:28:10de mort violente.
00:28:11Le dossier n'est pas coup.
00:28:12Évidemment,
00:28:13l'enquête ne fait que commencer
00:28:14mais la fracture
00:28:15au sein du mouvement
00:28:15nationaliste corse
00:28:16n'est qu'est plus béante
00:28:17et qu'est plus saignante.
00:28:18Il y a toujours des gangs.
00:28:19Le gang de la brise de mer,
00:28:21le gang du pibar,
00:28:22le gang des bergers.
00:28:24Voilà,
00:28:25une situation
00:28:25de plus en plus tragique
00:28:28auxquelles on pensait
00:28:29avoir trouvé une solution
00:28:30mais ça ne sera pas le cas.
00:28:31Réponse dans quelques jours
00:28:32évidemment
00:28:32au fur et à mesure
00:28:33que l'enquête évoluera.
00:28:37Ma chère Maud,
00:28:38hier on a retrouvé
00:28:38un député.
00:28:39Oui, national,
00:28:40du Rassemblement National
00:28:41qui a été hospitalisé
00:28:42de force dimanche.
00:28:43Antoine Vildieu,
00:28:45député du Rassemblement National
00:28:46de la première circonscription
00:28:47de Hudson
00:28:48a été retrouvé blessé
00:28:49à la tête ce dimanche
00:28:50en début de matinée
00:28:51dans une rue de Vesoul
00:28:51près de la Permanence.
00:28:52L'élu de 36 ans
00:28:54présentait une plaie saignante
00:28:55au niveau du crâne.
00:28:56Il semblait également
00:28:57souffrir d'hallucinations.
00:28:59Il a dû être ceinturé
00:29:00par plusieurs policiers
00:29:01puis sanglé
00:29:01pour être transporté
00:29:02à l'hôpital.
00:29:03Il a d'abord indiqué
00:29:04après avoir retrouvé
00:29:05ses esprits
00:29:05avoir été victime
00:29:06d'un malaise
00:29:07probablement dû
00:29:08à un surmenage.
00:29:09Mais d'après les premiers
00:29:09éléments de l'enquête,
00:29:10Antoine Vildieu
00:29:11était confronté
00:29:11ces derniers jours
00:29:12à des problèmes personnels
00:29:13qui pourraient expliquer
00:29:14une consommation importante
00:29:15de médicaments.
00:29:16C'est en tout cas
00:29:17ce qu'il aurait expliqué
00:29:18après avoir recouvré
00:29:19ses esprits
00:29:19dans le courant
00:29:20de la journée de dimanche
00:29:21lui-même indiqué cela
00:29:24avant de revenir
00:29:25sur ses propos
00:29:26et d'évoquer ce surmenage.
00:29:28Pour conclure,
00:29:28plusieurs personnes
00:29:29de son entourage
00:29:29ont évidemment été entendues
00:29:31dont son épouse
00:29:31qui a évoqué
00:29:32une altercation
00:29:33entre son époux
00:29:34et elle
00:29:34dans le courant
00:29:35de la semaine passée.
00:29:36Elle aurait été blessée
00:29:37légèrement au niveau
00:29:37des avant-bras
00:29:38mais n'a pas souhaité
00:29:39porter plainte.
00:29:39Une enquête est en cours
00:29:41de toute façon
00:29:41pour tenter de comprendre
00:29:42ce qui lui est arrivé.
00:29:43Nous sommes dans le fait divers.
00:29:45Ce n'est pas un événement politique
00:29:46mais ça prouve
00:29:46que les députés
00:29:47que l'épargne
00:29:48pour l'instant
00:29:48on n'en sait rien Péricault.
00:29:49Oui, oui, oui.
00:29:50Parce que pour se retrouver
00:29:51dans cet état
00:29:51il faut y aller quand même.
00:29:52Ce sont des êtres humains
00:29:54et ils sont confrontés
00:29:55comme tous les autres
00:29:56à des tensions
00:29:57et à des tragédies.
00:30:01On va passer
00:30:02à la suite Péricault.
00:30:04On a le temps
00:30:05de dire un mot
00:30:05sur Charlie.
00:30:06Très rapidement.
00:30:07Charlie Hebdo
00:30:08on a porté plainte
00:30:09en Suisse
00:30:10contre le dessin.
00:30:11Nous rappelons
00:30:12que la liberté d'expression
00:30:12est totale
00:30:13que l'humour
00:30:13de Charlie Hebdo
00:30:14au journal bête et méchant
00:30:15comme était
00:30:16le fondement d'Arakiri
00:30:17ses fondateurs
00:30:18ont toujours dit
00:30:19qu'ils sont là
00:30:19pour déranger
00:30:20que le dessin
00:30:22peut être maladroit
00:30:23et qu'il ait blessé
00:30:24des familles
00:30:24bien sûr
00:30:25mais c'est comme
00:30:25tous les autres dessins
00:30:26et Charlie l'a payé
00:30:27très cher dans sa vie
00:30:28dans son histoire
00:30:29avec ce qui s'est passé
00:30:31le 7 janvier 2015
00:30:32et de là
00:30:33à porter plainte
00:30:33peut-être que nous sortons
00:30:34un petit peu du cadre.
00:30:35Allez, c'est bientôt
00:30:36l'heure de vérité
00:30:36pour Marine Le Pen
00:30:37qui retourne devant
00:30:38les juges aujourd'hui.
00:30:40Sera-t-elle
00:30:40inéligible en 2027 ?
00:30:42On en parle dans un instant
00:30:42avec Maître Gilbert Collard.
00:30:44A tout de suite.
00:30:46Midi 14h
00:30:48Sud Radio
00:30:49La France
00:30:50dans tous ses états
00:30:51Marine Le Pen
00:30:52de retour devant les juges.
00:30:53Le procès en appel
00:30:54de l'affaire
00:30:54des assistants parlementaires
00:30:55européens
00:30:56s'ouvre aujourd'hui
00:30:56devant la cour d'appel
00:30:57de Paris.
00:30:58Lors du premier jugement
00:30:59rendu fin mars 2025
00:31:00Marine Le Pen
00:31:01avait été condamnée
00:31:02à 5 ans d'inéligibilité immédiate
00:31:03ainsi que 4 ans de prison
00:31:05dont 2 fermes
00:31:05et 100 000 euros d'amende.
00:31:07Une sanction
00:31:07qui, si elle était confirmée
00:31:09en appel,
00:31:09l'empêcherait
00:31:10de se présenter
00:31:11à l'élection présidentielle
00:31:12en 2027.
00:31:13On en parle avec
00:31:14Maître Gilbert Collard.
00:31:15Bonjour Maître.
00:31:16Oui, bonjour.
00:31:17Bonjour Maître Collard.
00:31:18Merci d'être sur Sud Radio
00:31:19aujourd'hui.
00:31:20Je commence par vous poser
00:31:21une question.
00:31:21Je pose une question
00:31:22à l'homme de loi.
00:31:24Est-ce qu'il est normal
00:31:25de façon institutionnelle
00:31:26et de façon démocratique
00:31:27que 3 magistrats,
00:31:293 fonctionnaires
00:31:29de la justice
00:31:30décident
00:31:32de l'avenir
00:31:33politique
00:31:34du peuple français
00:31:35et le pouvoir
00:31:36de décider
00:31:36si le peuple français
00:31:37pourra ou pas
00:31:38s'exprimer
00:31:39sur le choix
00:31:40d'un candidat ?
00:31:41Est-ce que là
00:31:41l'autorité judiciaire
00:31:42ainsi que la définissie
00:31:43les générales de Gaulle
00:31:44marchent un petit peu
00:31:46sur les plates-bandes
00:31:47des deux autres pouvoirs
00:31:48du législatif,
00:31:49de l'exécutif,
00:31:49tout simplement
00:31:50de la République ?
00:31:52C'est clair.
00:31:53À partir du moment
00:31:54où 3 magistrats,
00:31:56voire 2 peut-être
00:31:57parce qu'on ne sait pas
00:31:57exactement
00:31:58comment les votes
00:32:00se répartissent.
00:32:01En France,
00:32:02contrairement à l'Espagne,
00:32:04on ne sait pas
00:32:04dans quel sens
00:32:05les juges
00:32:06qui composent
00:32:07la juridiction
00:32:08votent,
00:32:08ce qui est dommage
00:32:09entre nous du reste.
00:32:10C'est absolument
00:32:11inimaginable
00:32:12que 3 juges
00:32:14censés juger
00:32:15au nom du peuple
00:32:16français en plus
00:32:17aillent contre
00:32:19la volonté électorale
00:32:20d'un peuple
00:32:21qui veut
00:32:22une candidate.
00:32:22Moi,
00:32:23je trouve ça
00:32:24de l'ordre
00:32:24de ce que Tocqueville
00:32:26appelait
00:32:26la démocratie
00:32:27autoritaire.
00:32:28Ce n'est pas concevable.
00:32:29Mais attention,
00:32:29attention,
00:32:30le juge
00:32:31a le pouvoir
00:32:32sur le politique
00:32:33parce que le politique
00:32:35a bêtement
00:32:36et sacrificiellement
00:32:38donné
00:32:38ce pouvoir
00:32:39au juge.
00:32:40Alors,
00:32:40ça nous renvoie
00:32:41aussi à
00:32:42l'irresponsabilité
00:32:43institutionnelle
00:32:45des politiques
00:32:46qui donnent
00:32:48des pouvoirs
00:32:48qui finalement
00:32:49sont nucléaires
00:32:50sur le plan
00:32:51démocratique
00:32:51à des juges
00:32:53qui ne devraient
00:32:53pas avoir
00:32:54ces pouvoirs
00:32:55parce que
00:32:55ça fait tomber
00:32:56le mur
00:32:57de la séparation
00:32:58des pouvoirs.
00:32:58Je crois que
00:32:59c'est une évidence.
00:33:00Ce qui est curieux,
00:33:00Maître Collard,
00:33:01et ce sont bien entendu
00:33:02des parlementaires,
00:33:03des responsabilités politiques
00:33:06qui ont décidé
00:33:07que les tribunaux
00:33:08auraient le droit
00:33:09désormais
00:33:09de valider
00:33:10ou pas
00:33:10l'éligibilité
00:33:12d'un représentant
00:33:13du peuple
00:33:14ou d'un candidat,
00:33:16ça a été validé
00:33:16par un vote
00:33:17à l'Assemblée nationale.
00:33:18Comme vous le dites,
00:33:18nous assumons
00:33:19totalement.
00:33:20Pour autant,
00:33:20c'est curieux
00:33:21que le Conseil constitutionnel
00:33:22si susceptible
00:33:23sur des questions
00:33:25de compétences
00:33:26et de constitutionnalité
00:33:27n'ait pas trouvé
00:33:28à redire
00:33:28à cette occasion
00:33:29en disant
00:33:29attention,
00:33:30il y a atteinte
00:33:31au pouvoir
00:33:31à la souveraineté
00:33:32du peuple.
00:33:33Alors,
00:33:33on aurait pu
00:33:34s'attendre
00:33:35à ce que
00:33:36le Conseil constitutionnel
00:33:37pour le coup
00:33:38défende la Constitution
00:33:39en disant
00:33:41attention,
00:33:42effectivement,
00:33:42il y a atteinte
00:33:43à la séparation
00:33:44des pouvoirs
00:33:45si chers
00:33:46à Montesquieu
00:33:46et qui est quand même
00:33:47le fondement
00:33:48de la vie démocratique.
00:33:50Alors,
00:33:50le Conseil constitutionnel
00:33:52a simplement dit
00:33:55que le juge
00:33:56doit veiller,
00:33:57je le cite,
00:33:58à la préservation
00:33:59de la liberté
00:34:00de l'électeur
00:34:01dans sa décision.
00:34:04Alors là,
00:34:05ça veut dire quoi
00:34:06au moment où le juge
00:34:07prononcerait
00:34:08une décision
00:34:09d'inéligibilité ?
00:34:11Comment veillerait-il
00:34:12à la préservation
00:34:13de la liberté
00:34:15de l'électeur ?
00:34:15Non,
00:34:15il la piétinerait.
00:34:17Alors,
00:34:17il y a quand même
00:34:17cette mise en garde
00:34:19du Conseil constitutionnel
00:34:21qui peut,
00:34:22à mon avis,
00:34:23peser
00:34:23sur les juges
00:34:24d'appel.
00:34:25Parce que c'est...
00:34:26Oui,
00:34:28je vous en prie.
00:34:28Non,
00:34:28non,
00:34:28non,
00:34:28je disais
00:34:29pour autant
00:34:30ils vont devoir
00:34:31se prononcer.
00:34:32Alors,
00:34:32là,
00:34:33on se pose la question.
00:34:34Marine Le Pen
00:34:35a été condamnée
00:34:36en première instance
00:34:38avec une exécution
00:34:39immédiate.
00:34:43Est-ce que
00:34:44le juge,
00:34:45quand il prend
00:34:46sa décision,
00:34:47la présidente la présente,
00:34:49a motivé en disant
00:34:50nous faisons
00:34:51l'exécution immédiate
00:34:52et l'inéligibilité
00:34:53parce que quelqu'un
00:34:54qui aurait été condamné,
00:34:56nous considérons
00:34:56qu'il ne peut pas
00:34:57se présenter.
00:34:58C'est une valeur morale.
00:34:59On n'est pas dans
00:35:00une valeur juridique,
00:35:00on est dans une valeur morale.
00:35:02Mais là,
00:35:03on est dans ce qui constitue
00:35:05la décrépétude
00:35:06de la vie judiciaire française.
00:35:08C'est l'idéologisation
00:35:10de la justice
00:35:11et du droit.
00:35:12C'est la nég...
00:35:13Moi,
00:35:13je me rappelle
00:35:13nos vieux maîtres
00:35:15de philosophie du droit
00:35:16nous disaient
00:35:17que le juge
00:35:18n'a pas à faire
00:35:19la morale.
00:35:21Ce n'est pas son rôle.
00:35:22Il n'est pas là pour ça.
00:35:23Mais on a maintenant
00:35:24une génération
00:35:25de magistrats
00:35:26et c'est moins rare
00:35:27en cours d'appel
00:35:27quand même,
00:35:28où on a beaucoup plus
00:35:29de rigueur juridique.
00:35:32C'est moins rare.
00:35:33Mais attention,
00:35:34ça peut arriver.
00:35:35On a des juges
00:35:35qui font la morale.
00:35:36des curés
00:35:38de la magistrature.
00:35:41Ils inventent
00:35:42des concepts
00:35:43comme celui
00:35:43d'atteinte
00:35:45à l'ordre public
00:35:46démocratique.
00:35:47Ce qui n'est pas
00:35:48dans la loi,
00:35:49qui n'est pas dans les textes,
00:35:50mais qui est dans la tête
00:35:50d'un juge.
00:35:52Quand on lit
00:35:52le jugement
00:35:53de première instance,
00:35:54on a l'impression
00:35:55de lire un article
00:35:56du Monde.
00:35:57Si vous voyez
00:35:57ce que je veux dire.
00:35:58Tout à fait.
00:35:58D'ailleurs,
00:35:59j'allais vous poser
00:36:00la question.
00:36:01Est-ce que le juge
00:36:02à ce moment-là
00:36:03ne considère pas
00:36:04qu'il y a un discrédit
00:36:06sur la classe politique,
00:36:07je vais dire
00:36:08un désamour du peuple
00:36:09avec la classe politique,
00:36:10les politiciens
00:36:11ne font plus leur métier,
00:36:12c'est nous
00:36:12qui allons faire
00:36:13le boulot proprement.
00:36:14Est-ce qu'on n'a pas
00:36:14cette image-là ?
00:36:16Il faudrait faire attention
00:36:19quand même
00:36:19parce que l'opinion publique
00:36:20déteste autant les juges
00:36:22que les hommes politiques.
00:36:24Ça, c'est quand même
00:36:24à signaler.
00:36:26Mais c'est vrai
00:36:27qu'il y a une volonté
00:36:28d'une certaine magistrature.
00:36:30Moi, je n'aime pas
00:36:31généraliser
00:36:32parce que,
00:36:32comme disait mon père,
00:36:35la généralisation,
00:36:36c'est pour le général
00:36:37des cons,
00:36:38disait-il.
00:36:38Je n'aime pas généraliser.
00:36:41Une phrase très pertinente
00:36:42et tout à fait d'actualité.
00:36:44Il y a une vraie volonté
00:36:46de la part
00:36:47d'une certaine magistrature
00:36:48de remplacer
00:36:49le député,
00:36:52de remplacer le ministre,
00:36:54de remplacer le président.
00:36:55C'est une espèce
00:36:56d'euphorie du pouvoir
00:36:58qui est très dangereuse
00:37:00et, quand même,
00:37:01ne l'oublions pas,
00:37:02Tocqueville,
00:37:03tout ça,
00:37:03l'a décrit.
00:37:05Tocqueville l'a décrit
00:37:06ou il l'a dépeint.
00:37:06Ne l'oublions pas.
00:37:07C'est une perversion
00:37:08de la démocratie.
00:37:09On ne l'oublie pas
00:37:10et c'est bien dans la bouche
00:37:11de beaucoup d'observateurs.
00:37:13Maître Collard,
00:37:14si l'on va sur le fond
00:37:15de l'affaire,
00:37:17on a vu,
00:37:18j'allais dire,
00:37:19la stratégie de défense
00:37:21du RN et de Marine Le Pen
00:37:23en première instance.
00:37:25Vous,
00:37:26qui êtes avocat,
00:37:28si vous deviez la conseiller,
00:37:29je sais que c'est sensible
00:37:30pour vous,
00:37:30vous l'avez connue,
00:37:31vous avez été membre
00:37:31de ce parti,
00:37:32donc vous avez parlé
00:37:33avec prudence.
00:37:34En même temps,
00:37:34j'ai besoin de votre lucidité,
00:37:35votre franc-parler.
00:37:36Est-ce qu'ils doivent
00:37:37se maintenir dans le déni,
00:37:38à savoir,
00:37:39nous n'y sommes pour rien,
00:37:40tout ça,
00:37:40ce sont des accusations
00:37:41abusives,
00:37:43ce n'est pas vrai ?
00:37:44Ou est-ce qu'ils doivent
00:37:44faire des concessions
00:37:45à la Cour d'appel
00:37:46en disant,
00:37:46oui,
00:37:47effectivement,
00:37:48on a pu,
00:37:48à un moment,
00:37:49manquer de rigueur
00:37:50ou manquer de sérieux
00:37:51parce que le financement
00:37:52des partis politiques
00:37:53est compliqué ?
00:37:54En tout cas,
00:37:54faire des concessions
00:37:55au tribunal
00:37:56ou est-ce qu'il faut
00:37:57rester droit dans ses bottes
00:37:58et dire,
00:37:59ce n'est pas vrai,
00:37:59nous sommes totalement innocents
00:38:01et des victimes
00:38:01d'un complot ?
00:38:03Non,
00:38:03moi,
00:38:04si vous deviez,
00:38:04alors là,
00:38:05pour le coup,
00:38:05je vais me mettre
00:38:06dans le rôle
00:38:07d'un avocat
00:38:08qui conseillerait.
00:38:09C'est ce que je vous demande.
00:38:11J'irais sur le terrain
00:38:13de ce qu'on appelle
00:38:14en rhétorique
00:38:14les intermoiements.
00:38:16Je serais dans la concession.
00:38:19Je concèderais une évidence.
00:38:21C'est que tout le système
00:38:22fonctionnait comme ça
00:38:23pendant des années
00:38:25et des années
00:38:26et que...
00:38:27D'autres parties
00:38:28ont été confrontées
00:38:28au problème,
00:38:29en plus.
00:38:30D'autres...
00:38:30Et que Bérou
00:38:32a été relaxé
00:38:33au motif
00:38:33que l'intention
00:38:35frauduleuse
00:38:36n'y était pas.
00:38:36Et que,
00:38:37attention,
00:38:37dans le jugement
00:38:38condamnant Marine Le Pen
00:38:39en première instance,
00:38:40sauf erreur de ma part,
00:38:42mais je crois
00:38:43qu'il n'y a pas d'erreur
00:38:43parce que Louis Allium
00:38:45l'a confirmé ce matin,
00:38:47la présidente
00:38:48a justifié
00:38:50l'exécution immédiate
00:38:52par un motif,
00:38:52il y en a plusieurs,
00:38:53qui serait que Marine Le Pen
00:38:55n'avait pas pris conscience
00:38:56de la gravité
00:38:57de l'infraction.
00:38:59Mais si elle n'a pas
00:38:59pris conscience,
00:39:01c'est qu'il n'y a pas
00:39:01d'intention.
00:39:03C'est qu'il n'y a pas
00:39:04de lucidité.
00:39:05De fait.
00:39:05C'est qu'il n'y a pas...
00:39:07On est d'accord ?
00:39:07Si tant est que ça soit vrai.
00:39:08Si tant est que ça soit vrai,
00:39:09bien sûr, maître.
00:39:10Si tant est que ça soit vrai,
00:39:12évidemment, bien sûr,
00:39:12bien évidemment.
00:39:13Mais là,
00:39:13on est dans le raisonnement
00:39:15juridique,
00:39:15on est dans l'exercice,
00:39:16en quelque sorte.
00:39:17Je veux dire que tout le Parlement européen
00:39:21a fonctionné comme ça
00:39:22pendant des années,
00:39:24des années et des années.
00:39:26On pourrait même faire des procès
00:39:27post-mortem.
00:39:29Et c'est quand même franchement...
00:39:30Vous savez bien, maître,
00:39:31que depuis l'affaire Fillon,
00:39:32on a vu qu'avec quelle promptitude
00:39:33et quelle, j'allais dire,
00:39:35véhémence,
00:39:36la justice saisit quelquefois
00:39:37de certains dossiers politiques.
00:39:39Pour autant,
00:39:39si la condamnation est confirmée,
00:39:41que l'inigibilité est confirmée,
00:39:43est-ce que le plan B
00:39:44que nous connaissons aujourd'hui
00:39:45avec Jordan Bardella
00:39:46est un plan jouable
00:39:48ou c'est très risqué ?
00:39:49Ou quelque part,
00:39:50comme le dirait
00:39:51certains sondages,
00:39:52peut-être que Jordan Bardella
00:39:53aurait même plus de chances
00:39:54de l'emporter en 2027
00:39:56que Marine Le Pen.
00:39:56Quelle est votre sensibilité ?
00:39:58Votre sensation ?
00:39:59Moi, je me méfie énormément
00:40:01de ce qu'Audiard appelait
00:40:03le thermomètre
00:40:03qu'on met dans le cul du peuple,
00:40:05à savoir le sondage.
00:40:06Oui.
00:40:07Je m'en méfie beaucoup.
00:40:10Mais je fais partie
00:40:11de ces juristes,
00:40:12on est quelques-uns,
00:40:13à considérer que Marine Le Pen,
00:40:15si elle a ses 500 signatures,
00:40:17pourrait se présenter.
00:40:19Qui va dire,
00:40:21si elle a les 500 signatures,
00:40:23qu'elle n'a pas le droit
00:40:24de se présenter ?
00:40:25Alors, une fois qu'elle sera
00:40:26élue,
00:40:27si elle est élue,
00:40:29qui va dire
00:40:30qu'elle est inéligible ?
00:40:31Nos neuf tremblotants
00:40:32du Conseil constitutionnel ?
00:40:36Je pense qu'à ce moment-là,
00:40:37ils se souviendraient
00:40:37de Roland Dumas
00:40:38et de Jacques Chirac.
00:40:40La question reste posée.
00:40:42Maître Collard,
00:40:43ce que je vous propose,
00:40:44on va attendre
00:40:45l'attendu du jugement.
00:40:47Est-ce que vous serez disponible
00:40:48pour revenir nous le décrypter ?
00:40:49Une fois qu'il sera rendu,
00:40:50on vous attendra
00:40:51sur Sud Radio.
00:40:53Bien évidemment.
00:40:54Merci, Maître.
00:40:55A très bientôt.
00:40:56Merci, Maître.
00:40:56Eh bien, je suis très heureux,
00:40:59moi, Péric Olegas,
00:41:01petit élèvre,
00:41:02lecteur de Marcel Pagnol,
00:41:04de recevoir Nicolas Pagnol,
00:41:06le petit-fils de Marcel,
00:41:08fils de Frédéric,
00:41:09donc petit-fils de Marcel Pagnol
00:41:10et de Jacqueline Bouvier.
00:41:12Nicolas Pagnol témoigne,
00:41:14j'allais dire,
00:41:14de l'œuvre de son grand-père.
00:41:15Nous allons parler avec lui
00:41:17de cette époque,
00:41:18de cette certaine idée
00:41:18de la France,
00:41:19de cette sociologie,
00:41:20de cette culture.
00:41:21Oh, la littérature de Pagnol,
00:41:23elle a versé tous les élèves
00:41:24et moi, je sais que j'ai appris
00:41:25à lire le français.
00:41:27J'ai appris ce qu'était la France,
00:41:28j'ai appris ce qu'était l'âme française
00:41:30avec, bien entendu,
00:41:32la gloire de mon père,
00:41:33le château de ma mère.
00:41:34N'oublions pas le temps des secrets.
00:41:35Bien entendu, au cinéma,
00:41:36la trilogie marseillaise,
00:41:37Marius, Fanny, César,
00:41:39et puis Topaz,
00:41:41les autres films,
00:41:42La fille du puis-à-thier.
00:41:44Voilà, toute une époque,
00:41:46j'allais dire,
00:41:48une vision de la France
00:41:48à laquelle on s'accroche,
00:41:50dont on voudrait la continuité,
00:41:51qui est malmenée,
00:41:53qui se bat pour survivre,
00:41:54mais aujourd'hui,
00:41:55qui est portée encore dans les livres.
00:41:57Heureusement qu'on a là,
00:41:58par cette littérature
00:41:59de Marcel Pagnol,
00:41:59qu'on encourage à redécouvrir,
00:42:01qu'on encourage à vivre.
00:42:02Il faut s'en imprégner
00:42:03pour comprendre
00:42:04quelle époque
00:42:05et en quoi la France
00:42:06à l'époque était un rêve
00:42:07et pourquoi il y avait
00:42:08cette conscience
00:42:09de collectivité,
00:42:11de culture,
00:42:12de société.
00:42:13C'était ça, la République.
00:42:14Et Marcel Pagnol
00:42:15est un des descripteurs
00:42:16de la République
00:42:17que nous aimons,
00:42:17à laquelle nous sommes attachés.
00:42:18Nicolas Pagnol,
00:42:19merci d'être aujourd'hui
00:42:20à l'antenne
00:42:21de Sud Radio.
00:42:23Vous nous apportez
00:42:24ce souffle
00:42:25de la mémoire
00:42:26de Marcel Pagnol.
00:42:28Aujourd'hui,
00:42:29vous vous battez
00:42:30pour préserver
00:42:31cet impatrimoine.
00:42:33Est-ce que ce patrimoine
00:42:34se porte bien
00:42:34ou de temps en temps
00:42:35il a des signes
00:42:36de faiblesse ?
00:42:37Tout d'abord,
00:42:38merci de me recevoir
00:42:39et c'est toujours pour moi
00:42:40un grand plaisir
00:42:40de parler de l'œuvre
00:42:41de mon grand-père,
00:42:42de ce qu'il peut représenter
00:42:43aujourd'hui.
00:42:43Donc oui,
00:42:44j'administre
00:42:45le patrimoine
00:42:46de mon grand-père
00:42:47qui est encore
00:42:48très vivant
00:42:49dans la mémoire
00:42:50des Français
00:42:51ou à l'étranger.
00:42:54Alors,
00:42:55il se passe
00:42:55des choses magnifiques.
00:42:57Hier soir,
00:42:57j'étais à la centième
00:42:58de la représentation
00:42:59de Marius
00:43:00au Théâtre du Ranelag.
00:43:01La pièce de théâtre.
00:43:01N'oublions pas
00:43:02que c'est des pièces de théâtre
00:43:03d'abord la trilogie.
00:43:04Ensuite,
00:43:04Marcel Pagnol
00:43:04les met en cinéma.
00:43:06Exactement.
00:43:07La centième de Marius
00:43:09mise en scène
00:43:10par mon ami
00:43:10Jean-Philippe Daguerre,
00:43:12c'était plein.
00:43:13À chaque fois
00:43:13que nous organisons
00:43:14des événements,
00:43:15c'est à guichet fermé.
00:43:18Toutefois,
00:43:19j'ai l'impression
00:43:19qu'aujourd'hui...
00:43:21Ça parle
00:43:21à une génération
00:43:22plus qu'à une autre,
00:43:23peut-être que
00:43:23les toutes dernières générations.
00:43:25Voilà.
00:43:26Mon grand défi
00:43:27est de passer cette œuvre
00:43:29aux nouvelles générations,
00:43:30aux générations futures.
00:43:31J'ai l'impression
00:43:32que nous sommes
00:43:32sur une rupture
00:43:33civilisationnelle
00:43:34aujourd'hui.
00:43:35On fait table rase
00:43:36du passé,
00:43:38on veut un homme nouveau,
00:43:39on veut une nouvelle morale,
00:43:40une espèce de révolution culturelle
00:43:42qui s'opère
00:43:43en Occident.
00:43:46Et moi,
00:43:46mon rôle,
00:43:47en tout cas,
00:43:47en passant cette œuvre,
00:43:49c'est aussi
00:43:50de nous inscrire
00:43:52dans une continuité,
00:43:55dans cette belle continuité
00:43:56de l'universalisme
00:43:58de la République française,
00:44:00de sa diversité,
00:44:02de son dynamisme.
00:44:05Pagnol nous parle
00:44:05bien souvent
00:44:06de petits gens,
00:44:07mais de petits gens libres,
00:44:08de petits commerçants,
00:44:09de paysans.
00:44:10Alors aujourd'hui,
00:44:11c'est très important
00:44:12en plus.
00:44:13Et il nous dresse
00:44:14le portrait
00:44:16d'une France
00:44:16plurielle
00:44:18dans sa composition
00:44:20culturelle.
00:44:22Les Bretons,
00:44:23à l'époque,
00:44:23On peut parler
00:44:24de diversité.
00:44:24Avec des diversités
00:44:26qui avaient gardé
00:44:26leur identité régionale
00:44:28et tradition.
00:44:29Exactement,
00:44:30mais Pagnol
00:44:30est un universaliste
00:44:32parce qu'il écrit
00:44:33en français
00:44:34et non pas en provençal.
00:44:36Est-ce qu'il le parlait ?
00:44:37Je pense qu'il le parlait.
00:44:38Il parlait très bien
00:44:38de provençal.
00:44:39Malgré le fait
00:44:40qu'il soit fils
00:44:40d'un instituteur,
00:44:41Joseph,
00:44:42dont on voit bien
00:44:43la rigueur républicaine,
00:44:44mais à l'époque,
00:44:45la République respectait
00:44:46la diversité culturelle locale.
00:44:48Pas à l'école.
00:44:49Non, pas à l'école.
00:44:50Non, je dis
00:44:50que c'était dans la réalité.
00:44:51Et l'école,
00:44:52au contraire,
00:44:52les hussards noirs
00:44:53étaient là pour réprimer
00:44:54ceux qui ne parlaient pas le français.
00:44:56Exactement,
00:44:56mais Marcel,
00:44:57étant un grand latiniste,
00:44:58c'était très facile pour lui
00:44:59de parler le provençal.
00:45:00Et puis son grand-père,
00:45:02André Pagnol,
00:45:03qui était tailleur de pierres,
00:45:04parlait le provençal
00:45:05et quasiment pas le français.
00:45:06Donc,
00:45:06il le parlait très bien,
00:45:08il le comprenait
00:45:08sans aucun problème.
00:45:10Il a décidé
00:45:10d'écrire en français
00:45:11pour justement
00:45:12apporter cette culture au monde.
00:45:14C'est l'inverse du Félibridge,
00:45:15c'est l'inverse de Mistral
00:45:16ou d'Odé
00:45:17qui, eux,
00:45:17écrivaient en provençal.
00:45:19Même si Mistral,
00:45:20ensuite,
00:45:20a traduit ses oeuvres
00:45:21et a eu le prix Nobel
00:45:21en 1904.
00:45:23Le Félibridge,
00:45:24le Félibridge.
00:45:25J'ai gravé dans ma mémoire
00:45:26beaucoup de phrases,
00:45:28notamment la dernière phrase
00:45:29du château de ma mère,
00:45:31l'enterrement,
00:45:32qui est une phrase...
00:45:33Mon épouse me l'a relisé
00:45:34ce matin de mémoire,
00:45:35lui disant que je vous recevais,
00:45:37et moi,
00:45:37je vis tous les jours
00:45:38avec...
00:45:39Je suis né à Aubagne,
00:45:40sous le Gard-Laban,
00:45:41au temps des derniers chevriers.
00:45:44Et je me dis toujours
00:45:45où est-ce que je suis né,
00:45:46où sommes-nous nés,
00:45:47sous quelle montagne,
00:45:48et au temps des derniers quoi,
00:45:49qu'est-ce qui reste ?
00:45:50Et aujourd'hui,
00:45:50vous savez qu'on se bat
00:45:51pour savoir les derniers artisans.
00:45:52On va dans des villages
00:45:53qui sont totalement désertifiés
00:45:55dans le centre de la France.
00:45:56On voit des commerces d'artisans
00:45:57avec vendus,
00:45:58loués,
00:45:59à vendre.
00:46:01Cette France,
00:46:01bon,
00:46:02elle naît certainement plus
00:46:03qu'est-ce qu'elle s'était.
00:46:04Il y a pourtant des oasis
00:46:05en France,
00:46:06peut-être en Provence,
00:46:07quelque part,
00:46:08où on préserve
00:46:09la culture de Giono,
00:46:10la culture de Pagnole,
00:46:12où on recherche à revivre.
00:46:13Et quand je vois Marseille
00:46:14qui est totalement métamorphosée,
00:46:16mais quand je traverse ta ville,
00:46:17je suis ravagé de chagrin
00:46:19parce que je la connais,
00:46:20je l'aime.
00:46:20De temps en temps,
00:46:21vous tombez sur des endroits
00:46:22où il y a encore Marcel Pagnole
00:46:23qui est là
00:46:23et qui raconte une histoire.
00:46:24Oui, il y a encore
00:46:25cette identité traditionnelle
00:46:27qui existe
00:46:28dans toutes les régions de France.
00:46:30Dans toutes les régions de France,
00:46:30je crois qu'elle est surtout
00:46:31mise à mal.
00:46:32Et Marcel, d'ailleurs,
00:46:33avait fait un petit texte
00:46:36que j'ai retrouvé
00:46:37où il dit
00:46:39« Le problème,
00:46:40c'est que les politiques
00:46:41n'aiment pas les indépendants.
00:46:43Ils veulent des trusts,
00:46:44ils veulent des grands groupes
00:46:45parce que l'indépendant
00:46:46n'est pas rentable financièrement. »
00:46:48Ils veulent des choses formatées.
00:46:49Voilà, des choses formatées.
00:46:51Et donc,
00:46:52une fois que les prix
00:46:53seront fixés par les grands groupes,
00:46:55les indépendants mourront
00:46:56parce que ce n'est plus
00:46:57le producteur
00:46:58qui fixera son prix
00:46:59mais le grand groupe
00:46:59qui aura la main
00:47:00sur le prix d'acheter.
00:47:01C'est le drame
00:47:02des producteurs
00:47:02de lait français.
00:47:03On les paye
00:47:04une fois que le prix est fixé
00:47:05et en fonction
00:47:05de ce qu'on a envie
00:47:06de leur payer.
00:47:06Partout, partout, partout.
00:47:07Et donc,
00:47:07c'est pour ça
00:47:08que nous avons
00:47:08une disparition,
00:47:09d'après Marcel en tout cas,
00:47:10des petits paysans
00:47:12qui sont remplacés,
00:47:13leurs petites exploitations
00:47:14sont remplacées
00:47:15par de grandes exploitations
00:47:17financières en définitive.
00:47:19Et c'est de ça
00:47:19dont nous souffrons,
00:47:20je crois.
00:47:21C'est tout à fait.
00:47:22Sauf que Marcel Pagnol
00:47:23nous donne les clés
00:47:25d'une pérennité
00:47:27de la mémoire
00:47:28de cette transmission.
00:47:29On voit bien
00:47:29qu'il est lui-même
00:47:30le fils d'un instituteur extraordinaire.
00:47:32Il apprend à lire.
00:47:33Son père se rencontre.
00:47:34Il le raconte
00:47:35dans l'agard de mon père.
00:47:36Comme il l'attend son père,
00:47:38il est au fond de la classe
00:47:39et il a appris
00:47:39à lire tout seul
00:47:40à une époque
00:47:41où on n'avait pas
00:47:41la méthode globale.
00:47:42C'était encore
00:47:43la méthode cinémique
00:47:45et c'est pour ça
00:47:45qu'il apprend à lire tout seul.
00:47:47L'école est malade
00:47:48aujourd'hui
00:47:48par rapport à celle
00:47:48de Marcel Pagnol.
00:47:49Bien sûr,
00:47:50bien sûr que l'école est malade
00:47:51par rapport à celle
00:47:52de Marcel Pagnol
00:47:53parce que
00:47:54Marcel,
00:47:56c'est vraiment
00:47:56l'élève type
00:47:57de l'école
00:47:58de la Troisième République
00:47:59avec le roman national.
00:48:01Est-il vrai ?
00:48:01Est-il faux ?
00:48:02Ce n'est pas tant le problème.
00:48:03Le roman national
00:48:03permet d'avoir
00:48:04une communion
00:48:06autour d'un récit,
00:48:08une identité,
00:48:10une cohésion
00:48:11qui permet d'avancer.
00:48:12Et Marcel,
00:48:13c'est ça
00:48:13et c'est la grande culture.
00:48:15C'est la culture des classiques.
00:48:16On n'essaie pas
00:48:16de réinventer
00:48:17quoi que ce soit.
00:48:19On se base
00:48:19sur le savoir des anciens.
00:48:21On respecte le professeur
00:48:22et on étudie
00:48:24ce qui a déjà marché.
00:48:26l'aventurisme
00:48:27dans l'éducation,
00:48:29c'est toujours très dangereux
00:48:30parce que
00:48:30c'est très difficile
00:48:31de construire
00:48:32une société
00:48:32intelligente
00:48:33et cultivée.
00:48:34C'est très facile
00:48:35de descendre
00:48:36mais pour la remonter,
00:48:37c'est bien plus compliqué.
00:48:39Et Marcel est issu
00:48:40vraiment de cette école
00:48:41de la Troisième République
00:48:42qui mise
00:48:43sur l'éducation
00:48:45des classiques
00:48:45qui est peut-être
00:48:47aussi
00:48:48très très sévère.
00:48:50Il y avait
00:48:50le certificat d'études.
00:48:52Oui, bien sûr.
00:48:52Il y avait le certificat d'études
00:48:53qui valait réellement
00:48:54quelque chose.
00:48:54d'avoir le certificat d'études,
00:48:56ce n'était pas rien.
00:48:56Un certificat d'études
00:48:57d'il y a 30 ans
00:48:58vaut peut-être un peu plus
00:48:59que le bac d'aujourd'hui.
00:49:00En fait, je faisais
00:49:01de caricatures
00:49:01mais c'est ce que l'on dit.
00:49:03Et Marcel aussi,
00:49:05je pense,
00:49:05est un enfant
00:49:06de l'ascenseur social.
00:49:09C'est-à-dire
00:49:10que c'est une époque
00:49:10où le travail paye.
00:49:12Il avait une très belle phrase
00:49:13qu'il a écrite
00:49:15dans un livre
00:49:16qui s'appelle
00:49:16Cinématurgie de Paris
00:49:17où il dit
00:49:18« J'ai eu la chance
00:49:19de faire du cinéma
00:49:20à une époque
00:49:21où la nation
00:49:21n'appartenait pas encore
00:49:22à l'État
00:49:23et où le citoyen,
00:49:24seule source de richesse
00:49:25et de création,
00:49:27était libre
00:49:28tant que sa liberté
00:49:29n'empiétait pas
00:49:29sur celle de son voisin. »
00:49:30Donc les choses étaient très claires.
00:49:31Autrement dit,
00:49:32un vrai libéralisme.
00:49:33Ah mais c'était
00:49:33un vrai libéral.
00:49:34Oui, oui.
00:49:35C'était un vrai libéral.
00:49:36Il défend dans son œuvre
00:49:37les petits commerçants,
00:49:39les petits artisans
00:49:40mais il n'est pas dupe non plus.
00:49:41Il y a aussi
00:49:42des confrontations sociales.
00:49:44Notamment,
00:49:45vous avez parlé
00:49:46de la fille du puis-à-thier
00:49:46dans votre introduction.
00:49:47Bien sûr.
00:49:48Quand Amoretti,
00:49:49Rému le puis-à-thier
00:49:50va voir Charpin
00:49:52le riche quincaillé
00:49:53de la ville.
00:49:56Ils ont un différent
00:49:56sur la paternité
00:49:58de la fille du puis-à-thier
00:49:59et Rému va dire
00:50:00à Charpin
00:50:01maintenant je sais
00:50:02qu'il faut se méfier
00:50:03des gens qui vendent
00:50:04des outils
00:50:04et qui ne s'en servent pas.
00:50:06Donc voilà,
00:50:07ce n'est pas parce qu'on est libéral
00:50:08qu'on est antisocial
00:50:09chez Pagnol.
00:50:11La communauté,
00:50:12c'est une communauté
00:50:13de valeurs
00:50:13et les valeurs
00:50:14c'est l'honnêteté,
00:50:16la fidélité,
00:50:17le travail.
00:50:18Cette bouleversante
00:50:19témoigne de la fracture sociale
00:50:20de l'époque
00:50:21avec en plus
00:50:22un mépris de classe évidemment
00:50:23avec la fille
00:50:24qui a été engrossée
00:50:25par le fils
00:50:26et la famille
00:50:27qui refuse de reconnaître
00:50:28cette réalité.
00:50:30Marcel Pagnol
00:50:31n'a pas d'idéologie
00:50:32particulière,
00:50:33c'est un démocrate,
00:50:34c'est un républicain,
00:50:35c'est un humaniste
00:50:36surtout.
00:50:36C'est un humaniste,
00:50:37démocrate républicain
00:50:38qui croit en l'individu,
00:50:41qui croit en la liberté
00:50:42de l'individu,
00:50:43en la création,
00:50:44dans le travail.
00:50:46Mais j'ai envie de dire,
00:50:47il est à l'image
00:50:48de son époque.
00:50:50Bosseur en plus.
00:50:51Bosseur,
00:50:51énormément bosseur,
00:50:52il a tout créé lui-même.
00:50:54Oui,
00:50:55ses laboratoires,
00:50:56ses studios,
00:50:56il était auteur,
00:50:57réalisateur,
00:50:58producteur,
00:50:59patron de studio,
00:51:00il avait un magazine de cinéma
00:51:03qui s'appelait
00:51:04Les Cahiers du Film.
00:51:05Que vous avez repris,
00:51:06je crois ?
00:51:06Non,
00:51:07je n'ai pas repris le magazine,
00:51:08non.
00:51:08Mais j'ai repris
00:51:08la société de production familiale.
00:51:12Oui,
00:51:13c'était un bosseur,
00:51:14un novateur,
00:51:15féru de nouvelles technologies.
00:51:17C'est lui qui va défendre
00:51:18le cinéma parlant
00:51:19dès 1930
00:51:20avec l'arrivée du cinéma parlant.
00:51:21Il faut bien vous rendre compte
00:51:22que le succès de Marius
00:51:23au cinéma,
00:51:25alors que tous les producteurs
00:51:26du Muet ne croient pas
00:51:27dans le cinéma parlant,
00:51:28le succès de Marius au cinéma
00:51:29produit par Paramount
00:51:30va sauver Paramount,
00:51:31monde,
00:51:32de la faillite
00:51:33après la crise de 1929.
00:51:34Bien sûr.
00:51:35C'est pour vous dire
00:51:35le rayonnement sonneur
00:51:37mais qui s'appuie
00:51:38sur le développement
00:51:40d'une nouvelle technologie.
00:51:41Je suis sûr qu'aujourd'hui
00:51:42il serait passionné d'IA.
00:51:45La nouvelle technologie
00:51:46fait toujours peur.
00:51:47Et lui n'aurait pas peur.
00:51:49Nous sommes avec Nicolas Pagnol.
00:51:52Si vous avez lu Marcel Pagnol,
00:51:53si, alors je parle
00:51:54à nos auditeurs
00:51:55du Midi de la France
00:51:56qui sont très nombreux,
00:51:58si vous avez des souvenirs,
00:51:59s'il y a des Marseillais,
00:51:59la trilogie marseillaise,
00:52:01appelez-nous,
00:52:02dites-nous vos souvenirs,
00:52:04ce qui vous a marqué,
00:52:04dites-nous ce que représente
00:52:05pour vous Marcel Pagnol
00:52:06et son oeuvre
00:52:07et si vous êtes encore attaché
00:52:08à cette vision
00:52:09de notre société,
00:52:10on se retrouve.
00:52:11Vous nous appelez
00:52:11au 0 826 300 300
00:52:14et Manuel Galasso
00:52:15prendra vos appels
00:52:16et transmettra
00:52:17votre question.
00:52:18A tout de suite.
00:52:19Disponible.
00:52:19Conditions sur Volkswagen.fr
00:52:20Pensez à covoiturer.
00:52:21Vous êtes bien sur Sud Radio
00:52:30et Perico Ligas
00:52:31reçoit avec beaucoup d'émotion
00:52:32Nicolas Pagnol,
00:52:34petit-fils de Marcel Pagnol
00:52:35parce que j'ai été bercé
00:52:36par cette littérature
00:52:37et que ces textes,
00:52:40ces images
00:52:40qui sont en moi
00:52:41servent et continuent
00:52:43à servir de repère
00:52:44et d'objectif
00:52:46parce qu'on aimerait bien
00:52:47retrouver ce monde
00:52:48alors il n'est pas
00:52:49totalement disparu
00:52:50mais pourtant
00:52:51on sait qu'il y a
00:52:52des aspects
00:52:52de la société française
00:52:53qui nous inquiètent
00:52:54et je dis souvent
00:52:55que pour me rassurer
00:52:56je relis
00:52:56de Marcel Pagnol.
00:52:58Vous-même,
00:52:58vous-même Nicolas,
00:52:59vous vous êtes imprégné
00:53:00de cette littérature,
00:53:01vous avez lu et relu,
00:53:02vous avez réfléchi,
00:53:04même on était en train
00:53:05d'évoquer à l'instant,
00:53:06il y a peut-être
00:53:06des dimensions philosophiques
00:53:07quelquefois
00:53:08dans la littérature de Pagnol.
00:53:09Oui, il y a des dimensions
00:53:11philosophiques
00:53:12sur la paternité,
00:53:14sur la maternité,
00:53:16sur l'amitié,
00:53:17la réussite,
00:53:19le pouvoir de l'argent
00:53:20par exemple
00:53:20dans Topaz,
00:53:21jusqu'où sommes-nous
00:53:22prêts à aller
00:53:23dans le reniement
00:53:25de nos valeurs
00:53:26pour l'enrichissement,
00:53:28le rapport à Dieu aussi,
00:53:30nous venons de publier
00:53:30aux éditions Fayard
00:53:31les sermons de Marcel Pagnol.
00:53:33Alors c'est tout de même...
00:53:34Il était croyant ou non ?
00:53:35Non, pas du tout,
00:53:36pas du tout.
00:53:36Votre arrière-grand-père
00:53:39est antikérical,
00:53:40Joseph est instituteur,
00:53:41votre arrière-grand-mère
00:53:42est plutôt chrétienne,
00:53:43elle.
00:53:44Tout à fait.
00:53:45Alors non Pagnol,
00:53:46pas croyant,
00:53:46mais avec une connexion
00:53:48évidente,
00:53:50un être peut-être
00:53:51supérieur.
00:53:53Il perd sa mère très jeune,
00:53:54Marcel,
00:53:54il a 15 ans,
00:53:55et ça m'est arrivé aussi.
00:53:57Il a dû forcer,
00:53:58peut-être comme moi,
00:53:59se réfugier
00:54:00à un moment donné
00:54:01pour trouver
00:54:02une justification
00:54:03à peut-être
00:54:05se réfugier vers Dieu,
00:54:06ou le rencontrer,
00:54:08je ne sais pas,
00:54:09mais en tout cas,
00:54:09le fait d'avoir écrit
00:54:10ses sermons
00:54:11n'est pas une preuve
00:54:12qu'il était croyant.
00:54:13Il écrit ses sermons
00:54:14parce qu'à l'époque,
00:54:15quand on exposait le problème,
00:54:17tout le monde venait
00:54:17à l'église du village
00:54:19pour en discuter,
00:54:20puis les deux grands
00:54:21de figures du village,
00:54:23l'instituteur
00:54:24et le curé.
00:54:25Mais à la lecture
00:54:25de ses sermons,
00:54:27on sent que quand même
00:54:27il y a quelque chose.
00:54:28Et puis à la fin de sa vie,
00:54:29il se fera confesser
00:54:31par son ami,
00:54:32le père Norbert Kalmels,
00:54:34il dira à ma grand-mère,
00:54:35je me sens meilleur,
00:54:37je me sens plus propre.
00:54:38Voilà.
00:54:38Ce n'est pas une psychanalyse,
00:54:39c'est une confession,
00:54:40mais on se purifie
00:54:42un petit peu l'âme.
00:54:43La France de Parcel Pagnol,
00:54:46elle est quoi ?
00:54:46Elle est la France
00:54:46du mérite républicain,
00:54:48elle est la France
00:54:49du sens du travail,
00:54:50du sens du devoir,
00:54:52une famille,
00:54:52pourtant une famille
00:54:53rationaliste.
00:54:55Alors,
00:54:55il y a peut-être
00:54:56effectivement une condition
00:54:56féminine
00:54:57qui est encore
00:54:58un petit peu en recul,
00:55:00pour autant,
00:55:00il y a beaucoup de tolérance,
00:55:02beaucoup de respect
00:55:02les uns vers les autres.
00:55:03La condition féminine
00:55:04dans l'oeuvre de Marcel Pagnol
00:55:06est très présente.
00:55:06C'est la femme
00:55:07qui fait avancer la société.
00:55:09Ça plairait énormément
00:55:10aux féministes d'aujourd'hui
00:55:11qui parlent beaucoup
00:55:12de patriarcat.
00:55:13Bien sûr.
00:55:14Effectivement,
00:55:14c'est une société
00:55:15très patriarcale
00:55:16et dans l'oeuvre de Marcel,
00:55:17c'est la femme ostracisée
00:55:18parce qu'elle a fauté
00:55:19qui, en fin de compte,
00:55:20fait évoluer la société
00:55:21et les mentalités.
00:55:24Marcel,
00:55:24oui,
00:55:25c'est,
00:55:26comment dire,
00:55:28cette société
00:55:29respecter les différences
00:55:31des autres,
00:55:32mais dans le respect
00:55:33d'eux-mêmes.
00:55:34C'est celle qui permettait
00:55:35l'intégration,
00:55:36nous sommes bien d'accord.
00:55:37Tout à fait, l'intégration,
00:55:37vous n'avez aucune différence
00:55:39d'un homme ou d'une femme
00:55:41à l'autre,
00:55:42seul le mérite
00:55:43vous permettait
00:55:45d'avancer.
00:55:47C'est l'universalisme français
00:55:48du 20ème, quoi.
00:55:52Et il le relate
00:55:53de façon très simple
00:55:55et très accessible
00:55:55parce que pour lui,
00:55:56c'est son quotidien.
00:55:57C'est la réalité
00:55:58de la sociologie française
00:55:59qu'il décrit là,
00:56:00dans l'instant.
00:56:01Oui,
00:56:01une société qui semble
00:56:02plus simple,
00:56:03je ne sais pas si elle était
00:56:04vraiment beaucoup plus simple,
00:56:06mais il était plus simple.
00:56:07Il y avait des tensions,
00:56:07il y avait encore
00:56:08un petit peu de lutte des classes.
00:56:10Bien sûr,
00:56:10il y a le Front populaire
00:56:11en 1937,
00:56:12il y a la cagoule,
00:56:14tout ça,
00:56:15bon,
00:56:16ça se tape dessus
00:56:17quand même
00:56:17assez régulièrement
00:56:18en France,
00:56:19mais en campagne,
00:56:21c'est beaucoup plus simple.
00:56:21Il faut bien dire qu'à l'époque,
00:56:22il y avait je ne sais combien
00:56:23de millions de paysans
00:56:24en France,
00:56:25donc une société agraire
00:56:27avec des hommes
00:56:29vraisemblablement plus humains
00:56:31parce que le rapport
00:56:32à la terre,
00:56:33je crois,
00:56:33nous rapproche
00:56:34de notre humanité
00:56:35bien plus que le rapport
00:56:37à la terrasse des cafés
00:56:38ou le rapport urbain.
00:56:41On sent bien d'ailleurs
00:56:42dans le château de ma mère
00:56:43que la famille Pagnol,
00:56:44ce sont des citadins de Marseille,
00:56:46ils prennent le tramway
00:56:47et ils découvrent un univers
00:56:48qui est carrément,
00:56:49j'allais dire,
00:56:49exotique presque
00:56:50avec ce paysage
00:56:51de cette montagne
00:56:53autour d'Aubagne
00:56:54à Allô
00:56:55avec la ferme
00:56:55des Bastides Neuf
00:56:56et on sent bien
00:56:57qu'il y a une découverte
00:56:58du petit garçon de la ville
00:56:59qui découvre la campagne.
00:57:01Nous avons Olivier
00:57:02qui nous appelle,
00:57:03figurez-vous,
00:57:04de Cavaillon.
00:57:04Alors je ne sais pas
00:57:05si on a goûté
00:57:06des melons
00:57:06mais enfin,
00:57:07on a une connotation
00:57:08pagnolienne.
00:57:08Bonjour Olivier !
00:57:10Oui, bonjour Olivier !
00:57:11Bonjour à vous deux !
00:57:13Est-ce que vous êtes lecteur
00:57:14de...
00:57:14Est-ce que vous êtes lecteur...
00:57:15Vous avez été lecteur
00:57:17de Marcel Pagnol ?
00:57:19Oui, j'ai été lecteur
00:57:20de Marcel Pagnol,
00:57:20j'avais 10-11 ans,
00:57:21j'ai lu les trois,
00:57:22là les trois premiers,
00:57:23le temps des secrets
00:57:24parce que j'avais le même âge
00:57:25à peu près que lui
00:57:26quand il écrit,
00:57:27la gloire de mon père
00:57:28et la chanson de ma mère
00:57:29et plus tard après
00:57:29Jean de Florett
00:57:30et j'étais passionné
00:57:31de lecture déjà
00:57:32et de Marcel Pagnol
00:57:32et Jules Verne,
00:57:33j'étais les deux
00:57:34et en fait,
00:57:35j'étais à Beauclusem
00:57:36donc j'étais à 100 km
00:57:36de Marseille,
00:57:37le hasard a fait
00:57:38que j'ai fait
00:57:38la fac des sports
00:57:40à Marseille
00:57:40donc j'habitais pas très loin
00:57:41à Aubagne
00:57:42et puis après
00:57:43j'ai été prof
00:57:43d'éducation physique
00:57:45à Aubagne
00:57:46avec en habitant
00:57:46Lascour,
00:57:47Roquevert
00:57:48donc tous les collines
00:57:49Vous êtes en plein territoire
00:57:50en plein territoire
00:57:51pagnolien, voilà.
00:57:52Oui, je suis dedans, oui.
00:57:54Qu'est-ce que vous inspire
00:57:54cette littérature ?
00:57:56C'est une époque révolue
00:57:57ou vous continuez encore
00:57:59à la vivre quelquefois ?
00:58:01Oui, c'est un peu révolu
00:58:02mais après quand on habite
00:58:02dans le coin,
00:58:03dans les collines, etc.,
00:58:04il y a encore tous les gens
00:58:04qui sont passionnés
00:58:06par les balades dans les collines.
00:58:07Moi, je ne suis pas chasseur
00:58:08mais il y a toujours
00:58:08les chasseurs,
00:58:09la chasse à la grippe, etc.
00:58:11Et puis l'instit
00:58:12et puis la figure du village
00:58:13qui était l'instit
00:58:14à l'époque
00:58:15avec le curé,
00:58:16c'est vrai que
00:58:16comme vous disiez tout à l'heure,
00:58:17c'est un truc
00:58:18qui est un peu passé
00:58:19mais voilà,
00:58:20qui nous rappelle
00:58:21nos valeurs
00:58:22et notre culture de base,
00:58:23nos racines.
00:58:24Moi, ce qui m'avait marqué,
00:58:25je disais à votre standardiste
00:58:27c'est la lecture
00:58:28de cette phrase
00:58:28qui est attribuée à Pagnole
00:58:30mais qui n'est pas de Pagnole.
00:58:32Ils ne pensaient pas
00:58:32que c'était impossible
00:58:33donc ils l'ont fait.
00:58:34C'était, je crois,
00:58:34de Mark Twain.
00:58:35Oui, tout à fait.
00:58:37Mark Twain.
00:58:38Et c'est vrai
00:58:39que ça m'a beaucoup inspiré
00:58:41après pendant mes études
00:58:42et tout le temps
00:58:42par rapport à l'imaginaire,
00:58:44à la passion,
00:58:45à la famille,
00:58:46à la culture,
00:58:47aux valeurs de base.
00:58:49Vous vous êtes enraciné
00:58:50dans votre territoire.
00:58:50Vous vous sentez,
00:58:51vous n'êtes peut-être
00:58:51pas d'origine provençale
00:58:52mais vous vous sentez aussi
00:58:53provençal
00:58:54en plus de citoyens français.
00:58:55Moi, je suis provençal d'abord,
00:58:59français après
00:58:59et français s'il en reste
00:59:01comme les Malouins.
00:59:02Donc, je suis reclusé
00:59:03au départ
00:59:04et provençal après
00:59:05et français s'il en reste.
00:59:06Mais ça ne vous empêche pas
00:59:07d'être un excellent français
00:59:08même en considérant
00:59:09qu'on peut être breton.
00:59:10Moi, je suis basque.
00:59:11Voilà, les Alsaciens
00:59:12sont Alsaciens d'abord,
00:59:13les Basques
00:59:14mais on fait
00:59:14des bons citoyens français
00:59:15parce qu'on aime
00:59:16vivre ensemble.
00:59:17On est en plein
00:59:18dans l'esprit Pagnole,
00:59:19Nicolas.
00:59:20Oui, on est à 100%
00:59:21dans l'esprit Pagnole
00:59:23parce que
00:59:26monsieur nous parle
00:59:27Olivier de Cavaillon.
00:59:29Olivier de Cavaillon.
00:59:30On dirait un personnage,
00:59:31je ne sais pas dire
00:59:31Olivier de Cavaillon.
00:59:32Il y avait Lili Desbelans
00:59:35et là, on a Olivier de Cavaillon.
00:59:36Il nous parle
00:59:36de choses simples.
00:59:37Il nous parle de, oui,
00:59:38la chasse à la grive,
00:59:39les balades dans les collines
00:59:40et puis
00:59:41je ressens aussi
00:59:43un amour de l'enfance,
00:59:45l'enfance perdue,
00:59:46l'enfance idéalisée.
00:59:49Qui nous manque
00:59:49terriblement aujourd'hui
00:59:50et qu'on a envie
00:59:51de transmettre au nôtre,
00:59:52à nos enfants.
00:59:52Oui, une enfance qui,
00:59:54moi, me semble beaucoup plus simple
00:59:55que celle que vivent
00:59:56nos enfants aujourd'hui,
00:59:57beaucoup plus innocente.
00:59:59D'ailleurs,
01:00:00quand on fait relire,
01:00:01quand on fait lire
01:00:02pour la première fois
01:00:03à des adolescents,
01:00:05ils vous disent
01:00:05mais c'est un monde,
01:00:06on dirait que c'était hier,
01:00:08que c'est pas si loin que ça
01:00:10parce qu'ils sentent bien
01:00:11qu'il reste
01:00:11des humeurs,
01:00:14j'allais dire,
01:00:14des propensions
01:00:15à vouloir partager
01:00:16cette lecture de la nature,
01:00:17à partager ses émotions
01:00:19de la scène de vacances
01:00:21en famille
01:00:21et il y a une nostalgie permanente
01:00:24qui est dans la lecture
01:00:24de Marcel Pagnol.
01:00:26Ah oui,
01:00:26il y a une nostalgie
01:00:27mais au-delà
01:00:28de la nature,
01:00:32les souvenirs d'enfance
01:00:33par exemple,
01:00:33la gloire,
01:00:34le château,
01:00:34le temps des secrets,
01:00:35le temps des amours,
01:00:36ce sont des livres initiatiques.
01:00:39La gloire de mon père,
01:00:40c'est le livre initiatique
01:00:41du passage à l'adolescence
01:00:43où on s'aperçoit
01:00:43que son père n'est pas Dieu.
01:00:44Mais c'est aussi
01:00:45le livre initiatique
01:00:45de la paternité,
01:00:46comment devient ton père ?
01:00:47Et puis le château de ma mère,
01:00:48c'est le livre initiatique
01:00:49de l'amitié.
01:00:50Et tous les enfants
01:00:51du monde entier
01:00:51se posent les mêmes questions
01:00:53sur leurs parents,
01:00:55sur leurs amis,
01:00:56sur l'amour.
01:00:57Et c'est de ça
01:00:58dont nous parle Marcel.
01:00:59Et la Provence
01:00:59n'est que le théâtre
01:01:00de cette enfance
01:01:02qui est totalement universelle.
01:01:04Mais quel théâtre ?
01:01:05Parce que la Provence
01:01:05est pour moi,
01:01:06je pense,
01:01:06l'un des plus beaux endroits
01:01:07du monde.
01:01:08Olivier,
01:01:08il vous arrive de partager
01:01:09justement ces émotions
01:01:10pagnoliennes
01:01:11avec des amis,
01:01:12avec votre famille,
01:01:13avec des enfants ?
01:01:14Oui,
01:01:14on est tous bercés dedans.
01:01:15De toute façon,
01:01:16mon père était...
01:01:17On l'appelait
01:01:18Jean de Florette,
01:01:18il ressemblait beaucoup
01:01:19à Yves Montan.
01:01:21Donc,
01:01:21il avait l'accent,
01:01:21il avait la posture,
01:01:22etc.
01:01:23Donc,
01:01:23on était bercés là-dedans.
01:01:24Le papé.
01:01:25Oui,
01:01:26le papé,
01:01:26même en étant
01:01:27dans une région
01:01:28juste limitrophe,
01:01:29en parlant provençal aussi,
01:01:30notamment,
01:01:31etc.
01:01:31Et quand vous vous écoutez
01:01:33en parler,
01:01:33en fait,
01:01:33je me disais que
01:01:34c'est vrai que moi,
01:01:35j'ai vécu ça,
01:01:35c'est la liberté totale
01:01:36quand tu es enfant
01:01:37et que tu passes
01:01:38des journées dehors
01:01:39dans la colline
01:01:40et qu'en fait,
01:01:40il n'y a pas de risque,
01:01:42il n'y a pas de peur,
01:01:43il n'y a pas de crainte.
01:01:43Mais oui.
01:01:44Il n'y a pas le numérique,
01:01:45il n'y a pas le télésonde,
01:01:45etc.
01:01:46Et tu es vraiment
01:01:46que tu te confrontes
01:01:47à la vraie vie,
01:01:48à la vraie vie,
01:01:49à la liberté surtout.
01:01:49On peut même se faire peur
01:01:50quelquefois de se perdre
01:01:52et de ne plus avoir de repères.
01:01:53On n'a plus de...
01:01:55Oui,
01:01:55mais c'est bon,
01:01:56c'est le village gaulois.
01:01:58C'est-à-dire qu'en fait,
01:01:59il n'y a pas de risque.
01:02:00Il n'y a pas de risque
01:02:00et au contraire,
01:02:01le risque,
01:02:01c'est d'apprendre.
01:02:02D'apprendre de la vie,
01:02:03de la nature,
01:02:03des animaux
01:02:04et en fait,
01:02:05il y a un petit peu beau
01:02:06et qu'il y a un peu dommage
01:02:07de l'avoir perdu un peu.
01:02:08Autrement,
01:02:08c'est compliqué.
01:02:09Merci pour ce témoignage,
01:02:11Olivier Vousse.
01:02:12Vous aussi,
01:02:13auditeur de Sud Radio,
01:02:15si vous avez lu Marcel Pagnol,
01:02:16si vous connaissez cette histoire,
01:02:17ce territoire
01:02:18ou même si vous avez envie
01:02:19de parler de la trilogie marseillaise
01:02:21et de toutes les valeurs
01:02:22que ça suppose,
01:02:23appelez-nous
01:02:23au 0826 300 300.
01:02:26Emmanuel Galasso
01:02:26prendra votre question
01:02:28à votre appel.
01:02:28A tout de suite.
01:02:30Cette semaine,
01:02:32réveillez-vous
01:02:32avec Patrick Roche.
01:02:33Midi 14h,
01:02:35Sud Radio,
01:02:36la France dans tous ses états.
01:02:39Et oui,
01:02:39vous êtes bien sur Sud Radio
01:02:40et on est encore mieux aujourd'hui
01:02:41parce que je reçois
01:02:42Nicolas Pagnol.
01:02:44Surtout,
01:02:44appelez-nous
01:02:44lecteur,
01:02:46lecteur de Pagnol,
01:02:47ami provençois,
01:02:48marseillais du sud de la France
01:02:49mais même du nord
01:02:50parce que Marcel Pagnol
01:02:51se lit à Strasbourg,
01:02:52à Lille et à Brest
01:02:53sans aucun problème.
01:02:54Je reçois,
01:02:55vous l'avez compris,
01:02:56Nicolas Pagnol
01:02:57et nous essayons
01:02:58de retracer
01:02:59une certaine époque,
01:03:00une certaine idée
01:03:02de la France
01:03:02quelque part
01:03:03en parlant
01:03:04de ce formidable
01:03:05artiste,
01:03:06écrivain,
01:03:07non seulement
01:03:08Marcel Pagnol
01:03:09a écrit des romans
01:03:10et des textes
01:03:11des restes prodigieux,
01:03:12c'est un homme de théâtre,
01:03:13c'est un homme de cinéma,
01:03:16c'est un homme à tout faire.
01:03:17Comment se fait-il
01:03:18qu'il y ait cette purie
01:03:18des disciplinités
01:03:20chez Marcel Pagnol
01:03:21et qu'à chaque fois
01:03:22ça donne quelque chose
01:03:22qui tient la route ?
01:03:24Il sait écrire,
01:03:25il sait jouer
01:03:26et il sait filmer.
01:03:26A mon avis,
01:03:28c'est quelqu'un
01:03:28qui devait s'ennuyer
01:03:29assez rapidement.
01:03:30Comme tous les gens
01:03:30excessivement intelligents,
01:03:32je considère mon grand-père
01:03:33comme un des plus grands génies
01:03:34du XXe siècle.
01:03:36C'est assez prétentieux
01:03:37de ma part.
01:03:37On disait au niveau
01:03:38de l'industrie cinématographique,
01:03:39il est le Charlie Chaplin
01:03:41français
01:03:42au niveau des concepts,
01:03:43au niveau des technologies.
01:03:45De l'indépendance.
01:03:46De l'indépendance,
01:03:46le nom de sa société
01:03:47et les artistes associés.
01:03:49Voilà.
01:03:49Il y a une collusion
01:03:53entre les deux personnages
01:03:54de ce Gédit
01:03:54qui passe en permanence.
01:03:56C'est la fusion permanente
01:03:57dans le cerveau.
01:03:58Il y a une volonté de liberté.
01:03:59Il y a une volonté de liberté
01:04:01de ne pas dépendre
01:04:02d'un producteur,
01:04:03d'un distributeur
01:04:04ou de quoi que ce soit,
01:04:04de tout faire soi-même
01:04:06pour pouvoir faire une œuvre
01:04:07et non pas des produits,
01:04:09des films.
01:04:10Pagnol a fait une œuvre au cinéma.
01:04:12On voit deux images,
01:04:13on sait que c'est du Pagnol.
01:04:14Il n'y a pas à discuter,
01:04:15on le voit tout de suite.
01:04:17Et puis un talent d'écriture,
01:04:18surtout,
01:04:19je pense que c'était un fin
01:04:20connaisseur de l'âme humaine,
01:04:22des relations humaines.
01:04:23Et l'art dramatique,
01:04:25c'est ça.
01:04:26C'est ça,
01:04:26c'est créer des personnages
01:04:27crédibles
01:04:28qui existent
01:04:29tout de suite
01:04:30aux yeux des spectateurs.
01:04:30L'art du quotidien,
01:04:32mis en littérature,
01:04:33avec des sentiments simples,
01:04:34directs,
01:04:35et on se dit
01:04:35mais nous avons tous vécu
01:04:37ce genre de situation,
01:04:38ce genre d'émotions,
01:04:39de sensations,
01:04:40on a l'impression
01:04:41de les avoir vécues.
01:04:41Il les raconte
01:04:42comme si c'était là.
01:04:43C'est ça,
01:04:43il vous prend par la main,
01:04:44il vous raconte une histoire,
01:04:46c'est l'art.
01:04:47Il s'inscrit vraiment
01:04:48dans cette grande tradition
01:04:49orale provençale
01:04:51que lui va mettre par écrit.
01:04:52Mais c'est Fernandez
01:04:52qui disait à Marseille,
01:04:54à Marseille,
01:04:54tu n'es pas un écrivain,
01:04:55tu es un parleur qui écrit.
01:04:56Et il le colorie,
01:04:57évidemment,
01:04:57il donne une couleur,
01:04:58il donne un son,
01:04:58il donne une couleur,
01:05:00j'allais dire même un parfum.
01:05:01C'est ça,
01:05:02oui,
01:05:02ce parfum provençal,
01:05:03parce qu'il est profondément
01:05:05provençal,
01:05:05Marseille.
01:05:06C'est l'amour de sa vie.
01:05:08D'ailleurs,
01:05:08quand il arrive devant
01:05:09le garlabant,
01:05:10il dit,
01:05:10je sentis naître
01:05:11un amour en moi
01:05:11qui durerait toute ma vie.
01:05:13Enfin,
01:05:13sur les collines,
01:05:14la Bastide Neuve.
01:05:15C'est son univers.
01:05:16C'est sa muse.
01:05:16C'est sa muse.
01:05:18Et un paradis.
01:05:18Et un paradis.
01:05:19Bien sûr.
01:05:21Donc,
01:05:21un talent,
01:05:22un amour,
01:05:22une proximité
01:05:23avec son public
01:05:24et surtout,
01:05:26je pense que c'était
01:05:27quelqu'un de très humble.
01:05:30Il ne se considérait pas
01:05:32comme un grand artiste.
01:05:33Il écrira d'ailleurs,
01:05:35l'auteur fait des œuvres
01:05:36sans rien y comprendre
01:05:37comme le figuier
01:05:38fait des figues.
01:05:39Il n'essaye pas
01:05:42de révolutionner
01:05:43quoi que ce soit
01:05:43pour se mettre en avant
01:05:44et prouver qu'il est
01:05:45plus intelligent que les autres.
01:05:46Il nous prend par la main.
01:05:47Il nous accompagne
01:05:48dans ses histoires
01:05:48avec le cœur.
01:05:51Nous avons
01:05:52Marie-Christine
01:05:54qui nous appelle
01:05:55il faut que je mette
01:05:56mes lunettes.
01:05:58Marie-Christine
01:05:59qui nous appelle
01:05:59Dévry.
01:06:00Vous voyez,
01:06:00on n'est pas en Provence,
01:06:01on est dans l'Essonne
01:06:03et pourtant,
01:06:04ça n'empêche pas
01:06:05de dire
01:06:05de Marcel Pagnol.
01:06:06Marie-Christine,
01:06:07vous êtes une lectrice
01:06:08de Marcel Pagnol
01:06:09ou dans votre jeunesse
01:06:09est-ce que vous avez lu
01:06:10Le Château de ma Mère
01:06:12ou La Gloire de mon Père ?
01:06:14Oui,
01:06:14mais c'était mieux que ça.
01:06:16C'est un témoignage
01:06:17d'admiration
01:06:17envers ce grand homme
01:06:18parce que j'ai eu
01:06:19la chance
01:06:20de pouvoir le rencontrer
01:06:21grâce,
01:06:22oui,
01:06:24chez lui,
01:06:25grâce à mon professeur
01:06:27d'art dramatique
01:06:29de l'époque,
01:06:30René Simon.
01:06:32Professeur d'informatique,
01:06:33oui, oui.
01:06:34Non, non,
01:06:35d'art dramatique.
01:06:35D'art dramatique, pardon.
01:06:36Les cours Simon.
01:06:38Les cours Simon.
01:06:39Les cours Simon,
01:06:40les fameux cours Simon.
01:06:41À l'époque,
01:06:42c'était le sommum.
01:06:43Qui ont formé
01:06:44beaucoup de grands acteurs
01:06:44qui ont formé
01:06:45le cours Simon.
01:06:46Tout à fait,
01:06:46tout à fait,
01:06:47sauf moi.
01:06:48Voilà,
01:06:48mais c'est pas grave,
01:06:49je ne sais pas.
01:06:50Donc,
01:06:51je disais,
01:06:52René Simon m'a amené
01:06:53chez Pagnol,
01:06:55chez M. Pagnol,
01:06:56et je crois que c'était
01:06:58un hôtel particulier
01:06:59qui était à côté
01:07:00de l'Arc de Trionge.
01:07:02à Paris donc,
01:07:04bien sûr.
01:07:05Oui,
01:07:05oui,
01:07:05bien sûr,
01:07:06bien sûr.
01:07:07Et durant tout l'entretien...
01:07:09Quel âge aviez-vous ?
01:07:11Quel âge aviez-vous ?
01:07:12Une vingtaine d'années.
01:07:13Vous étiez très impressionnée
01:07:14devant le personnage ou non ?
01:07:15Absolument,
01:07:16bien sûr,
01:07:17imaginez.
01:07:19Et donc,
01:07:20j'étais tout le temps
01:07:22de l'entretien,
01:07:25j'étais devant une fenêtre
01:07:26qui donnait sur un jardin
01:07:27avec des fleurs,
01:07:28et également
01:07:30une table ronde
01:07:31recouverte d'une nappe en soie
01:07:33où il y avait
01:07:34une quantité de tortues.
01:07:35Il y en avait même
01:07:36qui montaient
01:07:37parce que sa femme
01:07:38aimait beaucoup
01:07:39les tortues.
01:07:39Ah, mais des vraies tortues ?
01:07:41Non, non, non, d'accord.
01:07:42Non, non, non, non, non, non.
01:07:43Vous disiez qu'ils montaient,
01:07:44c'est pour ça.
01:07:45Oui, ils collectionnaient
01:07:46des statues
01:07:47ou des objets
01:07:49en forme de tortues.
01:07:50Vous avez pas...
01:07:50Je crois que c'était sa femme.
01:07:51Oui, c'était ma grand-mère.
01:07:52C'était Jacqueline Bouvier.
01:07:54Oui, oui, oui, oui,
01:07:55ce que j'avais dit.
01:07:56Il vous a reçu comment ?
01:07:57Il vous a parlé ?
01:07:58Vous avez évoqué
01:07:59sa littérature
01:08:00ou des souvenirs ?
01:08:02Il n'a pas beaucoup...
01:08:03Non, il ne s'est pas
01:08:04beaucoup adressé à moi.
01:08:05Mais bon, surtout regarder.
01:08:07Je pense que peut-être
01:08:07Simon voulait son avis
01:08:09par rapport à moi.
01:08:11Mais non, il y a surtout...
01:08:13L'entretien, c'était
01:08:14surtout entre Simon et lui.
01:08:16Voilà.
01:08:18Et non, en fait, non.
01:08:20Sûrement, j'ai dû lire
01:08:21deux, trois mots,
01:08:22quelques phrases.
01:08:24Vous avez senti du charisme
01:08:26dans le personnage ou non ?
01:08:27Il y avait quelque chose
01:08:28qui s'est dégagé
01:08:28de sa personnalité.
01:08:31Une très grande gentillesse,
01:08:33d'abord.
01:08:35Vraiment un homme charmant
01:08:36et qui certainement...
01:08:39Comment dire ?
01:08:41Il avait une façon
01:08:42de me regarder
01:08:43qui veut...
01:08:45À travers moi.
01:08:47Vous voyez,
01:08:47il avait...
01:08:48J'ai l'impression...
01:08:48C'est ça que j'ai pensé
01:08:49que Simon m'avait amené
01:08:52chez lui.
01:08:54Il a émis un jugement
01:08:56intérieurement
01:08:57dont il a partagé
01:08:59certainement à Simon
01:09:00après.
01:09:01Vous voyez ?
01:09:02Mais je pense qu'il avait
01:09:03cette faculté
01:09:04de deviner
01:09:06au travers des êtres.
01:09:07Je pense que...
01:09:09Son fils pourra peut-être
01:09:11le dire ou quoi.
01:09:12Son petit-fils.
01:09:13Son petit-fils.
01:09:14Ah, son petit-fils.
01:09:15Et il avait une grande,
01:09:16grande...
01:09:17Oui, il a dit ma grand-mère.
01:09:18Il avait une grande...
01:09:21Une très grande gentillesse.
01:09:23C'est ça qui m'a frappée.
01:09:24Vraiment, en plus de ça.
01:09:25C'est la gentillesse
01:09:26des grands hommes.
01:09:28Merci pour ce témoignage,
01:09:29bien sûr.
01:09:30Merci Marie-Christine.
01:09:31C'est important
01:09:32parce que pour Nicolas
01:09:33d'entendre quelqu'un
01:09:35qui a rencontré
01:09:35son grand-père de visu
01:09:37puisque lui ne l'a pas connu.
01:09:38Ça correspond un petit peu
01:09:39à l'idée qu'on se fait
01:09:40du personnage
01:09:41ou non,
01:09:41ce que Marie-Christine
01:09:42nous explique.
01:09:43Tout à fait.
01:09:43un homme d'une grande gentillesse,
01:09:48d'une grande acuité.
01:09:50Il faut savoir
01:09:50qu'il a aidé
01:09:52Michel Simon...
01:09:52Pas Michel.
01:09:54Jules.
01:09:54Simon a monté le cours.
01:09:56Le cours Simon.
01:09:57Il y avait le cours Simon
01:09:58et le cours Florent
01:09:58qui étaient des cours
01:09:59où ils sont sortis
01:10:00beaucoup de personnalités.
01:10:01Et oui,
01:10:01d'une grande acuité
01:10:02sur les autres.
01:10:03Oui,
01:10:04d'avoir un jugement
01:10:04assez rapide
01:10:05ayant fréquenté
01:10:07tellement de personnes
01:10:09et de personnalités
01:10:10incroyables
01:10:11et différentes
01:10:13il devait assez vite
01:10:14piger qui était qui.
01:10:15Je suis très touché
01:10:17par ce détail
01:10:18des tortues
01:10:19parce que,
01:10:20bien sûr,
01:10:20j'ai habité
01:10:21dans cet hôtel particulier.
01:10:23J'ai accompagné
01:10:23ma grand-mère
01:10:24jusqu'à son départ
01:10:25quand elle est tombée malade.
01:10:26J'étais habité avec elle
01:10:27et je vois très bien
01:10:29cette table
01:10:29où elle est positionnée.
01:10:30Je vois très bien
01:10:30tous ces petits bibelots.
01:10:31chaque année
01:10:33avec mon frère
01:10:33on lui offrait
01:10:34et aussi
01:10:34on rajoutait
01:10:35à cette collection.
01:10:39Marcel était le même
01:10:41avec les puissants
01:10:42ou avec les petits gens ?
01:10:45Il était ami
01:10:46avec aussi bien...
01:10:47Il était accessible
01:10:48à tout le monde.
01:10:48À tout le monde.
01:10:49On le sent
01:10:50dans sa littérature,
01:10:52on le sent
01:10:52dans le cinéma.
01:10:54La trilogie marseillaise,
01:10:55il a une...
01:10:57Je vais dire,
01:10:57il a un amour
01:10:58pour sa ville.
01:10:59Il cherche à envoyer
01:11:00un message.
01:11:01Il aime la sociologie marseillais.
01:11:02Il veut la garder
01:11:03telle qu'elle est
01:11:04quand il fait cette trilogie
01:11:05Marius Fanny César.
01:11:06On sent qu'il veut faire
01:11:07un tableau
01:11:08d'une société
01:11:09à laquelle il tient
01:11:10et dont il veut rire,
01:11:12dont il veut montrer
01:11:13les cartes
01:11:13et le...
01:11:13À la fois la tragique
01:11:15et le comique.
01:11:16On sent qu'il est attaché
01:11:17à cette personnalité
01:11:18de la ville de Marseille.
01:11:19Oh oui, il aimait sa ville.
01:11:21D'ailleurs,
01:11:21dans la préface de Marius,
01:11:22il dit
01:11:23c'est après 5 ans
01:11:23de vie parisienne
01:11:25que je me suis aperçu
01:11:25que j'aimais Marseille.
01:11:26Car bien souvent,
01:11:28c'est une déclaration
01:11:31d'amour
01:11:32à sa ville,
01:11:33à son petit peuple joyeux
01:11:35comme il l'appelle,
01:11:37aux fraîches marseillaises,
01:11:39aux éventaires
01:11:39de coquillages,
01:11:41à ce verbe haut,
01:11:44à cette mentalité sudiste
01:11:48où on se dit
01:11:49des choses terribles
01:11:50et puis ensuite
01:11:50on se rabiboche.
01:11:51Ça peut nous faire penser
01:11:52aussi à la relation
01:11:53que Marcel a eue
01:11:54avec Rému.
01:11:54Alors, j'allais vous le dire,
01:11:56Rému incarne,
01:11:57ils étaient faits
01:11:58pour se rencontrer.
01:11:59Rému incarne
01:11:59l'âme Pagnolienne.
01:12:02Marcel Pagnoli,
01:12:03de lui,
01:12:03c'est un orgue.
01:12:04L'orgue.
01:12:05Oui, l'orgue.
01:12:05L'orgue de sa voix.
01:12:07Et la présence.
01:12:09Bien sûr,
01:12:09la présence.
01:12:10Et tout de suite,
01:12:10il a voulu
01:12:11que Rému
01:12:12interprète
01:12:14le rôle de César
01:12:14au théâtre
01:12:15dès 1929.
01:12:16Marcel avait déjà eu
01:12:17un très très grand succès
01:12:18avec Topaz
01:12:19qui n'est absolument pas
01:12:20une pièce marseillaise.
01:12:21Bien sûr.
01:12:21Donc, il s'aperçoit
01:12:22qu'il est de Marseille
01:12:22parce qu'il habite à Paris
01:12:23et que sa ville lui manque.
01:12:24Il écrit Marius
01:12:26et tout de suite,
01:12:27il va proposer à Rému
01:12:28de prendre le rôle de Panisse.
01:12:30Au début.
01:12:31Au début,
01:12:31c'est le rôle de Panisse.
01:12:32Qui sera joué
01:12:33ensuite par Charpin.
01:12:35Qui sera joué par l'acteur.
01:12:36Charpin,
01:12:36c'est le nom de l'acteur.
01:12:37Voilà, Charpin,
01:12:38il dit Charpin
01:12:38est moins connu que moi
01:12:39donc moi,
01:12:40je veux que la pièce
01:12:40se passe chez moi,
01:12:41je veux jouer le rôle de César.
01:12:43Ce n'est pas à M. Rému
01:12:44d'aller chez Charpin,
01:12:44c'est à Charpin
01:12:45de venir chez Rému.
01:12:46Alors, tu m'écris
01:12:47quelques phrases de plus
01:12:48et je te ferai quelque chose.
01:12:49Et c'est une rencontre
01:12:50incroyable,
01:12:51Pagnol et Rému.
01:12:52C'est un couple
01:12:53cinématographique
01:12:54inédit.
01:12:56Peut-être
01:12:57Ford
01:12:59et
01:13:00John Wayne
01:13:04qui sont indissociables.
01:13:06Pagnol et Rému,
01:13:07c'est la même chose.
01:13:08Et Pagnol écrivait
01:13:09pour Rému
01:13:09parce qu'il savait
01:13:10exactement à quel moment
01:13:11il allait moduler sa voix
01:13:12de telle manière.
01:13:13il connaissait
01:13:14la personnalité.
01:13:15Jules-Auguste
01:13:16Murer
01:13:17et Rému
01:13:18et l'inversion
01:13:19de Murer
01:13:20en Rému
01:13:21qui est de Toulon.
01:13:22Donc là aussi,
01:13:23c'est un pays
01:13:23si l'on peut dire.
01:13:25Et il y aura
01:13:26un respect mutuel
01:13:28et en même temps
01:13:28une complicité énorme
01:13:29entre les deux.
01:13:30Oui, une complicité énorme.
01:13:31Les deux hommes
01:13:32sont radicalement différents.
01:13:33Rému a arrêté l'école
01:13:34à 12 ans.
01:13:34Pagnol a fait
01:13:35de grandes études.
01:13:36Il traduit Shakespeare,
01:13:37il traduit Virgile,
01:13:38il traduit Goethe.
01:13:39Rému est un instinctif.
01:13:40Mais les deux
01:13:41sont réunis
01:13:42par un amour.
01:13:43du théâtre.
01:13:45Et Rému
01:13:46a le pif.
01:13:47Il a le nez.
01:13:49Il sait tout de suite
01:13:50si la pièce est bonne ou pas.
01:13:51Il sait quel rôle il veut.
01:13:53Le travail bien fait
01:13:54les réunit aussi.
01:13:56Et une démesure.
01:13:57Les deux ont une démesure
01:13:58d'ambition.
01:14:00D'ambition.
01:14:02Une démesure
01:14:04de sentiment
01:14:05envers la vie.
01:14:07De vouloir manger la vie.
01:14:08Une soif de vie.
01:14:09Une soif de vie.
01:14:10Nous sommes avec Nicolas Pagnol.
01:14:12Appelez-nous au 0826 300 300
01:14:14si vous avez lu Marcel Pagnol.
01:14:15Si vous avez connu cette époque.
01:14:17Si vous en rêvez encore.
01:14:19Ou est-ce qu'il y a des passages
01:14:20qui vous ont marqué.
01:14:21Vous nous appelez.
01:14:22Emmanuel Galasso attendra
01:14:23votre appel.
01:14:23Et on se retrouve avec
01:14:24Nicolas Pagnol
01:14:24dans quelques instants.
01:14:25A tout de suite.
01:14:28Midi 14h.
01:14:30Sud Radio.
01:14:31La France dans tous ses états.
01:14:33Vous êtes bien sûr.
01:14:34Sud Radio.
01:14:35Et Péricault Légas
01:14:36reçoit Nicolas Pagnol.
01:14:37Nous évoquons cette époque
01:14:39de rêve.
01:14:40De cette France
01:14:40où tout le monde se rassemblait.
01:14:41Cette France de la diversité.
01:14:43Cette littérature
01:14:44où les enfants lisaient
01:14:45parce que les enfants
01:14:45ne lisent plus.
01:14:47Et Marcel Pagnol
01:14:47a accompagné
01:14:48beaucoup de générations
01:14:49dans cette initiation
01:14:50à lire des beaux livres.
01:14:51Les grands récits.
01:14:52Nicolas Pagnol.
01:14:52La France aujourd'hui.
01:14:54On le disait au début
01:14:54de l'émission.
01:14:55Elle ne ressemble pas tellement
01:14:56ou pas tout le temps
01:14:57à celle que votre grand-père
01:14:58Marcel Pagnol a commu
01:15:00et a aimé
01:15:00celle qu'il a décrite.
01:15:01Qu'est-ce qui vous fait
01:15:02le plus peur aujourd'hui
01:15:03dans cette régression ?
01:15:05Jean-Paul Brigheli
01:15:05qui est un enseignant marseigné
01:15:07a écrit La famille du Crétin.
01:15:08L'école est malade.
01:15:10Si Marcel voyait ça
01:15:11si votre arrière-grand-père
01:15:12Joseph voyait ce que c'est
01:15:13de vue,
01:15:13c'est l'inquiétude.
01:15:15Vous pensez
01:15:15qu'il y a une chance
01:15:16de sursaut
01:15:17quelque part
01:15:18de préserver cette continuité
01:15:20ou il y a un délitement
01:15:21quand même
01:15:22qui commence à devenir inquiétant.
01:15:24Je pense qu'il y a un délitement
01:15:25qui commence à devenir inquiétant
01:15:26qui est dû
01:15:27sans doute
01:15:29en partie
01:15:30à l'éducation
01:15:31mais aussi
01:15:32aux réseaux sociaux
01:15:33au manque de concentration
01:15:36des enfants.
01:15:37Il y a un livre
01:15:37qui avait été écrit
01:15:38il y a quelques années
01:15:38La Génération Poisson Rouge
01:15:40ça veut dire que
01:15:41le temps d'attention
01:15:43sur un réseau social
01:15:44est de 5 secondes
01:15:45à peu près
01:15:45et les élèves aujourd'hui
01:15:46ma femme est institutrice
01:15:47on en parle assez régulièrement
01:15:48les élèves aujourd'hui
01:15:49n'ont plus de capacité
01:15:50de concentration
01:15:51donc plus de capacité
01:15:53d'analyse
01:15:53et ils sont
01:15:54totalement livrés
01:15:56à toutes sortes
01:15:57de propagande
01:15:57que cette propagande
01:15:59soit publicitaire
01:16:01politique
01:16:01historique
01:16:02voilà
01:16:04et il me semble
01:16:05que l'autodétermination
01:16:06est en train
01:16:07de s'effacer
01:16:08parce que
01:16:08l'autodétermination
01:16:09l'esprit critique
01:16:11repose
01:16:11De l'individu
01:16:12le droit de l'individu
01:16:13à s'assumer
01:16:14et à se développer
01:16:15Exactement
01:16:15et à prendre des décisions
01:16:16en pleine conscience
01:16:17repose sur une éducation
01:16:19forte
01:16:19sur des bases solides
01:16:21Et un peu de culture
01:16:22Et la culture
01:16:23Un peu de connaissance générale
01:16:25Est-ce qu'il y a
01:16:26un rebond possible ?
01:16:27Oui je le pense
01:16:27parce qu'il y a tout de même
01:16:28des forces
01:16:29qui vont en ce sens
01:16:31Maintenant
01:16:32il est plus facile
01:16:34de descendre
01:16:34que de remonter
01:16:35je crois que ce sera
01:16:35assez dur
01:16:36il faut une volonté
01:16:38politique
01:16:39forte
01:16:40pour repartir
01:16:41sur des bases saines
01:16:42et puis faire en sorte
01:16:44que l'éducation
01:16:44redevienne
01:16:46de l'instruction
01:16:47Quand on lit Pagnol
01:16:48ce qu'on se dit
01:16:49on a envie
01:16:50d'en faire un message politique
01:16:51on ne veut pas
01:16:52il n'y a pas de problème
01:16:53de grand remplacement
01:16:54même si peut-être
01:16:54ça peut se poser un jour
01:16:55on ne rejette rien
01:16:57on veut juste
01:16:58la continuité
01:16:58de cet univers
01:16:59que Marcel Pagnol
01:17:00décrivait
01:17:00dans sa sérénité
01:17:02dans sa
01:17:03j'allais dire
01:17:03dans sa tranquillité
01:17:04dans cette continuité
01:17:06sociologique
01:17:06qui était celle
01:17:07de la vie française
01:17:08de tous les jours
01:17:09oui bien sûr
01:17:09parce qu'il y avait aussi
01:17:10à l'époque
01:17:10c'était une société
01:17:11beaucoup plus raide
01:17:12que la nôtre
01:17:12il ne fallait pas
01:17:13aller tuer
01:17:14qui que ce soit
01:17:15ou aller voler
01:17:15parce que la sanction
01:17:17était très sévère
01:17:19et la société
01:17:19protégeait le citoyen
01:17:21sans assistana
01:17:22pour autant
01:17:23voilà
01:17:23sans assistana
01:17:24pour autant
01:17:25donc
01:17:25on verra
01:17:28on verra
01:17:28je reste confiant
01:17:29parce que la France
01:17:30est un très grand pays
01:17:30et je pense que
01:17:32le plus grand danger
01:17:33qui est face à nous
01:17:34c'est celui du communautarisme
01:17:35et il faut bien comprendre
01:17:37que la France
01:17:37n'a pas vocation
01:17:38à être un pays anglo-saxon
01:17:39anglo-saxon
01:17:40une vision à l'anglo-saxonne
01:17:42des communautés
01:17:43la France est universaliste
01:17:45et chaque citoyen
01:17:46doit être égal
01:17:48à l'autre
01:17:49devant la loi
01:17:50quelle que soit son origine
01:17:51quelle que soit
01:17:52son appartenance sexuelle
01:17:55son orientation
01:17:55la loi est la même pour tous
01:17:57et il n'y a pas à faire d'exception
01:17:58c'est le sujet
01:17:59que nous évoquions
01:17:59avant votre arrivée
01:18:00avec Dries Galli
01:18:01sur le projet
01:18:02du président public
01:18:03de ce haut commissariat
01:18:04à la diversité
01:18:05et à la diaspora
01:18:06nous sommes en ligne
01:18:07avec Gisèle
01:18:08qui nous appelle d'Avignon
01:18:09voyez on est reparti
01:18:10en terre provençale
01:18:10dans le comte à Venessin
01:18:12Gisèle
01:18:13vous êtes également
01:18:14une lectrice
01:18:15de Marcel Pagnol
01:18:15ou est-ce qu'il a accompagné
01:18:16une partie de votre enfance ?
01:18:19Eh bien déjà
01:18:20je vous remercie
01:18:21d'avoir pris mon appel
01:18:23imaginez-vous
01:18:24que le hasard des choses
01:18:26peut-être qu'il n'y a pas
01:18:27de hasard
01:18:27je me trouve
01:18:28près du lycée d'Avignon
01:18:30où j'ai été interrogée
01:18:32le jour de mon bac français
01:18:34sur Marcel Pagnol
01:18:36sur le texte
01:18:37je sais de me rappeler
01:18:38je crois que c'était
01:18:39un de Beaumune
01:18:40de Beaumune
01:18:41d'accord
01:18:42et ensuite
01:18:44il y avait eu
01:18:45un entretien
01:18:46avec le professeur
01:18:48qui m'examinait
01:18:49et j'avais eu
01:18:50une bonne note
01:18:52encore un bon souvenir
01:18:53avec Marcel
01:18:54je suis provençale
01:18:57de souche
01:18:57de génération
01:18:58en génération
01:18:59quelqu'un de la terre
01:19:01j'ai également
01:19:02passé l'épreuve
01:19:04en candidat libre
01:19:07de provençale
01:19:09qui était l'épreuve
01:19:11facultative
01:19:12en vue du repêchage
01:19:14si j'avais eu besoin
01:19:15du repêchage
01:19:16pour le bac
01:19:16Vous êtes d'Avignon même
01:19:18Gisèle ?
01:19:18Non
01:19:19je suis du pied
01:19:20du Mont-Bantou
01:19:21à quel endroit ?
01:19:23à Bédaride
01:19:24par exemple
01:19:25peut-être ?
01:19:26Non
01:19:26beaucoup plus haut
01:19:27je suis à Bedouin
01:19:28Ah oui
01:19:29à Bedouin
01:19:30vous êtes carrément
01:19:30sur les flancs du vent
01:19:32du vent tout
01:19:32Vraiment
01:19:33à partir du départ
01:19:36de tous les cyclistes
01:19:37qui vont faire
01:19:38le géant de Provence
01:19:39Et voilà
01:19:40La littérature
01:19:42de Marcel Pagnol
01:19:43vous vous souvenez
01:19:43de ce texte
01:19:44évidemment de l'examen
01:19:45est-ce qu'il y a
01:19:45un autre ouvrage
01:19:46qui vous a plus marqué
01:19:47peut-être
01:19:48qu'un autre ?
01:19:49Oh bien
01:19:50j'aime tout ce qui est
01:19:51Marcel Pagnol
01:19:53Voilà
01:19:53Vous vous reconnaissez
01:19:55dans cette société
01:19:57dans cette philosophie ?
01:19:59Tout à fait
01:19:59même au-delà
01:20:00parce qu'ensuite
01:20:01je me suis mariée
01:20:03dans une famille
01:20:04au sud d'Avignon
01:20:05très provençale
01:20:07encore plus que moi
01:20:08Est-ce que je peux
01:20:10vous demander
01:20:10votre nom de famille
01:20:11Gisèle ?
01:20:12Mon nom de famille ?
01:20:13Oui
01:20:14Ginox
01:20:15Ah ben vous êtes totalement
01:20:17alors ça c'est vraiment
01:20:17un patronyme
01:20:18qui est propre à Provence
01:20:20rien que votre accent
01:20:21et votre voix
01:20:22nous témoignent
01:20:23d'un passé
01:20:23et j'allais dire
01:20:25de valeurs
01:20:25qui ont été préservées
01:20:26que vous avez
01:20:26dans votre cœur
01:20:27et dans votre esprit
01:20:28c'est touchant Nicolas Pagnol
01:20:30d'avoir le témoignage
01:20:30de Gisèle
01:20:31qui nous raconte
01:20:32qu'elle est encore
01:20:32restée fidèle
01:20:33à ses valeurs
01:20:34à cette époque
01:20:35Oui et puis c'est touchant
01:20:36d'entendre madame
01:20:37nous parler de son bac
01:20:39qui d'après ce que je peux comprendre
01:20:40ne remonte pas à hier
01:20:41Non
01:20:42Et elle s'est souvenu
01:20:43qu'elle avait été interrogée
01:20:45sur Marcel Pagnol
01:20:46Moi elle ne me demandait pas
01:20:48sur qui j'étais interrogé
01:20:49lors de mon bac français
01:20:50Je ne me rappelle pas
01:20:51Mais je ne me rappelle pas
01:20:51Mais ce que je veux dire par là
01:20:54c'est qu'il y a un attachement
01:20:55des français
01:20:56à la figure de l'oeuvre
01:20:57de Marcel Pagnol
01:20:58Il est au-delà
01:20:59de l'écrivain
01:21:00ou du cinéaste
01:21:01ou du romancier
01:21:02Il fait partie de la famille
01:21:02de tous les français
01:21:03C'est un peu le
01:21:04soit le grand-père
01:21:05de tous les français
01:21:06soit le petit enfant
01:21:07que nous avons tous rêvé d'être
01:21:08Voilà
01:21:09Il y a quelque chose
01:21:09de l'enfance
01:21:10et de la bienveillance familiale
01:21:13Et en plus
01:21:13c'est quelqu'un qui
01:21:14politiquement
01:21:15on évoquait cette anecdote
01:21:18on lui confie
01:21:20pendant la guerre
01:21:20son comportement
01:21:21est irréprochable
01:21:22on lui confie
01:21:23la commission de contrôle
01:21:24de savoir qui on garde
01:21:25et qui on ne garde pas
01:21:26Il réunit
01:21:27j'allais dire
01:21:27tous les acteurs
01:21:28les auteurs importants
01:21:29autour de lui
01:21:30un jour
01:21:31Il leur dit
01:21:31qui a pris position
01:21:33contre les allemands
01:21:34qui a gardé les juifs
01:21:35on lui répond personne
01:21:36et lui dit
01:21:37on dissous l'assemblée
01:21:39on ne se révéra pas
01:21:40Oui c'était lorsqu'il était
01:21:41président de la SACD
01:21:42en 1944
01:21:43donc pour apaiser
01:21:44un peu la situation
01:21:46la SACD
01:21:47le nomme président
01:21:48et il y a un comité
01:21:49d'épuration
01:21:50qui se réunit
01:21:51et beaucoup d'auteurs
01:21:52ont des dossiers
01:21:53les uns sur les autres
01:21:54enfin bon
01:21:55tout ça est un peu sale
01:21:56et Marcel dira
01:21:58oui voilà
01:21:58effectivement
01:21:59que tous ceux
01:21:59qui ont fait acte de résistance
01:22:00ou sauver des juifs
01:22:01autour de ce bureau
01:22:02lèvent la main
01:22:03personne n'a levé la main
01:22:04il a dit
01:22:04c'est la première fois
01:22:05et la dernière fois
01:22:06que nous nous réunissons
01:22:07C'était un homme
01:22:08épris de liberté
01:22:08et le monde auquel il croit
01:22:10est un monde de liberté
01:22:11alors d'initiative
01:22:13de courage
01:22:13de responsabilité
01:22:15de dignité
01:22:15et de dignité
01:22:16c'est la dignité
01:22:17qui me choque
01:22:19qui me saute aux yeux
01:22:20quand je regarde
01:22:21ces films
01:22:22que je lis
01:22:23ces livres
01:22:23tous ces hommes
01:22:24sont dignes
01:22:25quel que soit
01:22:25leur position
01:22:27quel que soit
01:22:27ce qu'ils affrontent
01:22:31comme événement
01:22:32dans la vie
01:22:32ils veulent rester dignes
01:22:33ils veulent rester debout
01:22:34ils veulent rester droits
01:22:35ils veulent avancer
01:22:36Qu'est-ce que vous avez écrit
01:22:37Nicolas Pagnol
01:22:38en ce sens
01:22:38pour rappeler justement
01:22:39le témoignage de votre grand-père
01:22:41il y a un ouvrage
01:22:41parmi d'autres ?
01:22:42Il y a beaucoup d'ouvrages
01:22:43j'ai publié aux éditions
01:22:45Robert Laffont
01:22:45l'intégralité de sa correspondance
01:22:47alors avec Rému
01:22:49Cocteau
01:22:50Coda
01:22:50C'est extraordinaire
01:22:52même avec Cary Grant
01:22:53ou William Weiler
01:22:54Il avait qu'un des adresses
01:22:56prodigieux
01:22:57mondial
01:22:57Le monde venait à Pagnol
01:22:59Pagnol ne bougeait pas
01:23:01de chez lui
01:23:01il disait d'ailleurs
01:23:01l'universel
01:23:02on l'atteint
01:23:02en restant chez soi
01:23:03le monde venait à Pagnol
01:23:04et aussi un très beau livre
01:23:06aux éditions Flammarion
01:23:08qui s'appelle
01:23:08Marcel Pagnol
01:23:11c'est un beau livre
01:23:13c'est poème d'enfance
01:23:16qu'il écrit
01:23:16au décès de sa mère
01:23:17aux éditions
01:23:18Michel Laffont
01:23:19le livre de la nature
01:23:20très joliment illustré
01:23:22quand il est derrière le cercueil
01:23:23je tenais le petit Paul Parbamin
01:23:26qui va encore
01:23:26une barbe
01:23:27qui va mourir
01:23:28et Lily
01:23:29qui sera traversée
01:23:31par une balle
01:23:31en 1916
01:23:32on invite évidemment
01:23:34nos auditeurs
01:23:35à lire
01:23:36la trilogie
01:23:38Château
01:23:38enfin quoi trilogie
01:23:39je garde mon père
01:23:41Château de ma mère
01:23:42tant des secrets
01:23:43et tant des amours
01:23:44n'oublions pas
01:23:44la trilogie
01:23:45Marseillaise
01:23:46à revoir
01:23:47à réécouter
01:23:48et puis tous les autres
01:23:49chefs-d'oeuvre
01:23:49cinématographiques
01:23:50en tout cas pour les enfants
01:23:51lisez du Marcel Pagnol
01:23:53ça vous donnera du baume au coeur
01:23:54et vous comprendrez
01:23:55la France qu'on aime
01:23:56et laquelle on est attaché
01:23:58merci Nicolas Pagnol
01:23:59d'avoir été parmi nous
01:24:00je n'écarte pas le fait
01:24:01de vous recevoir
01:24:02parce qu'on a encore
01:24:02beaucoup de choses
01:24:03à se dire
01:24:04et vous avez surtout
01:24:04sensibilisé les auditeurs
01:24:06de Sud Radio
01:24:07quant à nous
01:24:07je vous dis
01:24:08à demain
01:24:09à demain
01:24:09pour une nouvelle France
01:24:10dans tous ses états
01:24:11et là nous vous laissons
01:24:12dans les bras charmeurs
01:24:13de Brigitte
01:24:13de Brigitte Lae
01:24:14à bientôt
01:24:15Sud Radio
01:24:17Sous-titrage
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