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  • il y a 9 mois
Avec Philippe Cuq, chirurgien à Toulouse et co-président du syndicat "Le Bloc"

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##C_EST_A_LA_UNE-2026-01-12##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:07C'est à la une des médecins libéraux, spécialistes qui s'exilent symboliquement évidemment à Bruxelles
00:13pendant trois jours pour alerter sur la situation de la médecine libérale.
00:20Nous sommes avec Philippe Cuc qui est chirurgien à Toulouse, co-président du syndicat Le Bloc.
00:25Bonjour Philippe Cuc.
00:27Bonjour, bonjour.
00:27Vous êtes parti donc avec d'autres collègues à Bruxelles.
00:32Vous êtes plusieurs centaines, entre 1000 et 2000, c'est ça ?
00:37Oui, on était 1900 exactement inscrits pour le voyage à Bruxelles.
00:44Nous sommes un peu moins à cause de réquisitions importantes.
00:48Seule réponse que la ministre de la Santé a apportée aujourd'hui au problème de la médecine libérale.
00:55Oui, parce que si vous êtes parti en Belgique, là, c'est pour échapper, entre guillemets, aux réquisitions.
01:02À partir du moment où vous êtes en grève.
01:05Oui, c'est-à-dire que c'est un exil symbolique.
01:08C'est-à-dire qu'on voulait démontrer cette affaire, quand même, date depuis août 2025.
01:14Nous avons averti en août 2025.
01:17Et depuis, nous n'avons eu aucune réaction du gouvernement.
01:20Et nous voulons démontrer notre rôle aujourd'hui dans le système de santé français,
01:25en particulier au bloc opératoire.
01:28Nous opérons aujourd'hui 60% de la population française,
01:32dans des conditions qui sont reconnues dans le monde entier,
01:35et avec des conditions financières qui sont exceptionnelles,
01:39avec un reste à charge pour les patients,
01:41c'est-à-dire ceux qui restent à payer après les assurances maladies obligatoires
01:45et les assurances complémentaires, le plus bas d'Europe.
01:48Et on veut alerter sur ce sujet parce que, bien entendu,
01:52le projet de loi de financement de la Sécurité sociale
01:54n'a pas arrêté de taper sur la médecine libérale.
01:58– Oui, et la médecine libérale, vous sentez qu'elle est véritablement en danger ?
02:04Parce que certains, je vais me faire l'avocat des autres,
02:07disent « Mais attendez, les médecins, globalement, y compris dans les cliniques,
02:11ils gagnent plutôt bien leur vie. »
02:13Qu'est-ce que vous répondez à ces gens-là qui peuvent critiquer votre action ?
02:18– Si vous voulez, d'abord, ce sont des métiers extrêmement difficiles,
02:25de haute responsabilité.
02:26Ces médecins spécialistes travaillent souvent 60 heures, 70 heures par semaine
02:32avec des conditions d'astreinte, de garde.
02:36Voilà, donc ça, c'est une certitude.
02:38Et puis ensuite, nous avons un problème.
02:41C'est que les tarifs de sécurité sociale de nos actes
02:44sont probablement les plus bas d'Europe.
02:47Il y a des actes en chirurgie et en anesthésie
02:49qui n'ont pas été réévalués depuis 1990.
02:51Ce qui impose à ces médecins de prendre des compléments d'honoraires.
02:57Alors, certains disent « dépassement d'honoraires ».
02:59– Oui, c'est ça.
03:00– Nous, nous parlons de compléments d'honoraires.
03:02Pourquoi ? Parce que vous avez des tarifs, aujourd'hui,
03:04qui sont extrêmement bas de remboursement des actes.
03:08Et donc, pour pouvoir exercer, dans de bonnes conditions,
03:12avec les règles de conditions, des exigences de qualité,
03:17des exigences de sécurité, de l'innovation thérapeutique,
03:20nous sommes obligés de prendre des compléments d'honoraires.
03:24– Bon, est-ce que, d'une façon générale,
03:28les médecins libéraux, aujourd'hui, vous vous sentez vous-même maltraité ?
03:33Et maltraité en quoi, alors ?
03:35– Regardez, depuis le mois d'août, nous avons alerté de cet exil symbolique.
03:41– Oui.
03:42– Six mois, il n'y a pas eu un coup de téléphone du ministère,
03:47pas eu un coup de téléphone de Matignon.
03:49Nous sommes près de 2000 spécialistes du bloc opératoire.
03:55Nous avons quitté le territoire sans aucune réaction du gouvernement.
03:59Voilà. Alors, je sais bien que M. Lecornu est très occupé.
04:06Il a beaucoup de problèmes à régler.
04:07– Oui, il y a des changements en permanence de ministres de la Santé.
04:10– Bien sûr, bien sûr.
04:11Nous avons une conjoncture politique très complexe.
04:14Nous avons une conjoncture économique très complexe.
04:17Mais quand même, voyez, les agriculteurs sont reçus par M. Lecornu.
04:22Les agriculteurs que nous soutenons nourrissent la France.
04:27Les médecins soignent les Français, quand même.
04:30– Oui, oui.
04:31Bon, donc alors, vous êtes partis.
04:33Et certains aussi qui critiquent votre action,
04:37la manière en tout cas dont vous l'amenez,
04:39disent que ce n'est pas dangereux quand même d'échapper à ces réquisitions.
04:43Et à un moment donné, où dans les systèmes, dans les cliniques,
04:48comme dans les hôpitaux d'ailleurs, il y a une surcharge en cette période.
04:54– Alors, d'abord, il faut bien préciser les choses.
04:57La continuité des soins aux patients est assurée.
05:01C'est-à-dire qu'il n'y a personne qui est laissée abandonnée dans les services.
05:05Ça, c'est une première chose.
05:07La deuxième chose, c'est que la ministre a réquisitionné plusieurs milliers de médecins.
05:11– Nous avons nous-mêmes été très touchés par ça,
05:16puisque nous avons à peu près 400 médecins du groupe qui ont été réquisitionnés.
05:22– Oui.
05:23– D'accord ?
05:23Et ensuite, chacun doit prendre ses responsabilités.
05:27Nous avons averti depuis six mois de cette situation.
05:30– Oui, c'est ça.
05:31Mais là, vous croyez que ça va changer quelque chose à travers ces trois jours d'exil,
05:34Philippe Queux, qu'est-ce que vous espérez ?
05:37– C'est un avertissement.
05:38– Avertissement.
05:38– C'est un avertissement sérieux.
05:39C'est un avertissement sérieux, politique.
05:41Et sanitaire.
05:44Et nous espérons, parce que les conditions vont continuer à être difficiles,
05:49parce qu'il y a d'autres projets de loi qui vont encore taper sur la médecine libérale.
05:53Et donc, nous avertissons aujourd'hui que nous, on ne va pas se laisser faire maintenant.
06:00Donc, il y a vraiment une mobilisation, une colère de la profession,
06:03une colère de tous les médecins libéraux.
06:05Il y avait samedi à Paris une très grande manifestation,
06:08où il y avait plus de 15 000 médecins libéraux.
06:09– Et pour la première fois, dans une manifestation où il y avait des médecins,
06:15ça a été assez tendu.
06:17Habituellement, c'est plutôt calme.
06:19Là, je l'ai vu, j'ai eu des témoignages.
06:21Disons que c'était plutôt tendu.
06:23– Oui, oui, c'était tendu.
06:25Il y avait une réunion de tous les médecins,
06:28c'est-à-dire des plus jeunes, des externes, des internes, jusqu'au...
06:32Et donc, il y avait vraiment une très grande mobilisation
06:36et un ras-le-bol total.
06:38– Merci beaucoup, Philippe Cuc, d'avoir été en ligne avec nous,
06:42sur Angien à Toulouse, qu'au président du syndicat Le Bloc.
06:44Évidemment, on va continuer de parler de cette action
06:47et d'essayer d'éclairer au mieux, évidemment, l'ensemble des auditeurs.
06:51– Sous-titrage ST' 501

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