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Crise agricole : une réponse politique à la hauteur des attentes est-elle possible ?
Europe 1
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il y a 2 jours
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00:00
Écoutons un autre son de cloche, un autre syndicat, puisqu'on a été avec le président de la coordination rurale.
00:05
Je vous propose d'écouter le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, qui a pris la parole après son entretien avec Yaël Braun-Pivet.
00:13
Nous avons appelé, nous, à ce qu'on puisse obtenir un créneau pour avoir un texte.
00:16
C'était l'objet de cette rencontre avec la présidente de l'Assemblée nationale, de lui décrire la situation qu'il ne peut plus attendre,
00:22
et que nous avons besoin de réponses concrètes.
00:24
Et puis on lui a aussi parlé de ce qui s'est déjà passé, c'est-à-dire un certain nombre de lois, je pense à la loi sur les entraves,
00:29
qui a été promulguée, et pour lesquelles nous n'avons toujours pas un certain nombre de décrets d'application.
00:33
Donc si on veut restaurer la confiance, on a besoin que les engagements qui soient pris soient tenus.
00:38
Les agriculteurs aujourd'hui voient une crise de sens, une crise de la vision.
00:42
Nous n'avons pas de vision en Europe, nous n'avons pas de vision en France sur l'agriculture.
00:45
Il y a une crise économique qui frappe un certain nombre de producteurs, que ce soit en grande culture, que ce soit en viticulture,
00:50
que ce soit en élevage, que ce soit en production spécialisée.
00:53
Il faut apporter des réponses à ces producteurs.
00:55
Bon, voilà, donc ça c'est un autre son de cloche d'Aurélien Rousseau, non pas d'Aurélien Rousseau, mais d'Arnaud Rousseau,
01:04
parce qu'Aurélien Rousseau c'est quelqu'un d'autre, et c'est l'ancien ministre de la Santé.
01:08
Et écoutez, justement, il y a Elbron-Pivet qui s'exprimait après le passage devant l'Assemblée nationale de ce même Arnaud Rousseau.
01:16
Ils sont en colère, et donc c'est normal que cette colère s'exprime.
01:19
Moi j'ai toujours autorisé les manifestations devant l'Assemblée nationale, c'est la maison du peuple.
01:24
Les Français ont le droit de venir s'exprimer, d'exprimer leur colère devant l'Assemblée.
01:28
La moindre des choses, c'est que j'aille à leur rencontre.
01:30
Vous parlez d'action illégale ou de colère légitime ?
01:33
Ah non, mais moi, vous savez, les citoyens, quand ils expriment quelque chose qui est profondément ancré,
01:38
c'est toujours légitime, il faut entendre leur colère, il faut entendre leurs revendications.
01:45
Ils se battent, ils se battent pour l'agriculture, et c'est notre agriculture.
01:48
Donc ils se battent aussi pour nous, pour nous, tous les concitoyens, pour que nous ayons une alimentation de qualité.
01:55
Et donc c'est la raison pour laquelle moi je vais toujours à leur rencontre,
01:59
parce que c'est important, ils doivent savoir qu'ils sont écoutés par les élus de la nation.
02:03
C'est pas commun quand même qu'on aille voir Yael Broun-Pivet, il y a une ministre qui s'appelle Madame Genevard,
02:08
pourquoi est-ce qu'on va voir les présidents des deux chambres ?
02:10
Ils sont venus devant l'Assemblée nationale, donc il était normal, ils sont allés voir Gérard Larcher, le président du Sénat.
02:16
Oui, mais c'est pas elle qui prend les décisions.
02:17
Oui, mais enfin, elle est un porte-parole, elle peut dire, faire avancer les choses au Parlement,
02:23
puisque les suites de la loi sur les entraves, par exemple, il n'y a pas de décret d'application.
02:27
Donc elle peut alerter le gouvernement.
02:29
Mais il n'y a pas eu une récupération politique derrière tout ça,
02:31
parce qu'il y a eu quand même plusieurs personnalités politiques qui sont venues devant l'Assemblée nationale
02:35
pour soutenir, pas soutenir, pour dialoguer.
02:36
Il y a le bon ton de pleurer avec les agriculteurs,
02:39
qui incarnent d'une certaine façon le pot de terre contre le pot de fer,
02:42
et les sacrifiés de la mondialisation, et qui défendent les terroirs et le territoire profond.
02:46
Ce sont des relais d'opinion.
02:48
79% des Français soutiennent cette mobilisation.
02:51
Ce sont des relais d'opinion importants dans les campagnes, notamment autour des élections,
02:54
parce que les agriculteurs, autour c'est tout un environnement,
02:57
c'est des petits villages, c'est des familles, et donc ce sont des voix aussi électorales.
03:01
Ce qui est intéressant de souligner aussi à l'occasion de ce conflit,
03:03
c'est que la FNSEA, d'une certaine façon, elle, qui est un peu débordée par la coordination rurale,
03:10
elle a obtenu des choses.
03:11
Dans la lettre de Lecornu en début de semaine,
03:13
vous avez notamment un élargissement de la loi et de la réglementation sur les bassines et les méga-bassines,
03:20
vous avez un assouplissement des règlements sur les très grandes exploitations,
03:24
et donc la FNSEA, on voit bien, est mezzo-votché sur ce dossier,
03:28
parce qu'en réalité, à la fois, elle a intérêt sur le Mercosur,
03:32
mais qu'en plus, elle a obtenu, sur cette crise agricole, des avancées assez notables.
03:37
Donc ça montre aussi la fracture entre plusieurs agricultures,
03:40
et en réalité, l'agriculture du Sud-Ouest,
03:43
qui sont des petits élevages, qui sont des petites unités,
03:45
ou qui sont des secteurs viticoles de premier prix,
03:48
donc qui souffrent énormément de cette crise-là,
03:49
sont, eux, dans une détresse qui n'est pas forcément révélatrice
03:53
de l'ensemble du secteur agricole non plus.
03:54
Oui, et tous le disent, enfin, pour les aides à la PAC,
03:58
il est très très très difficile de les obtenir,
04:00
et qu'il suffit d'avoir mal coché une case ou quelque chose
04:04
pour leur dire, vous n'y avez pas droit,
04:06
et donc il y a un tracassin administratif, même au niveau européen, pour eux,
04:10
et qui fait qu'eux, ils assument qu'ils ne profitent pas de la PAC,
04:13
beaucoup moins que les plus grands.
04:15
Bien sûr.
04:16
À quel point cette PAC est verrouillée ?
04:18
Ce genre de manifestation, ici, en France, aujourd'hui,
04:21
ce n'est pas la première fois,
04:22
est-ce qu'à un moment donné,
04:24
il peut y avoir un renoncement à la PAC,
04:26
ou est-ce que Bruxelles est tellement verrouillée
04:28
qu'on n'arrivera jamais à détricoter ?
04:31
Renoncer à la PAC ne serait pas une bonne idée,
04:33
parce que pour l'agriculture française,
04:34
évidemment, ce seraient des subsides en moins.
04:36
Ce qui est mal foutu dans la PAC,
04:38
parce que c'est quand même un système qui est absurde,
04:40
c'est que c'est un système de subvention, si vous voulez, pérenne.
04:43
C'est-à-dire que, quels que soient les récoltes,
04:44
ou quels que soient les aléas climatiques,
04:47
vous avez une espèce de...
04:48
Il faudrait inverser, en fait, le système.
04:50
C'est-à-dire qu'il devrait y avoir un fonds européen
04:52
qui soit fait pour venir en aide
04:55
dans les moments de crise grave aux agriculteurs,
04:57
mais le reste du temps,
04:58
ils devraient être capables de fonctionner par eux-mêmes,
05:00
comme une filière économique qui fonctionne par elle-même,
05:03
avec probablement des prix
05:04
qui soient davantage rémunérateurs.
05:08
Il faut peut-être réguler les cours.
05:09
Mais ce système de PAC
05:10
est un système de perfusion permanente
05:12
qui a aussi, d'une certaine façon,
05:14
mal habitué le secteur agricole à ce système-là.
05:17
Oui, mais il y a des variations climatiques
05:19
qui font aujourd'hui que...
05:22
Mais la PAC ne tient pas compte.
05:23
Vous touchez la même chose
05:24
dans les années pleines comme dans les années creuses.
05:26
Mais c'est un peu la question que je pose.
05:27
Est-ce qu'on pourrait revenir à un système comme ça ?
05:29
Il faudrait.
05:30
Et ça, c'est le problème,
05:30
c'est que je parlais du verrouillage,
05:33
j'allais dire, européen à Bruxelles,
05:35
et c'est ça qu'on a...
05:36
Oui, c'est vrai.
05:37
C'est ça qu'on a tous ensemble constitué
05:39
en voulant une Europe commune.
05:41
Et on a verrouillé,
05:42
on a donné les clés pour verrouiller.
05:44
Et aujourd'hui, on ne peut plus le refaire.
05:45
Oui, mais avec une politique absente de la France
05:48
pour ses fonctionnaires européens,
05:50
en ne les choisissant pas pour se battre,
05:53
en choisissant...
05:54
Voilà, de choisir des représentants de la France
05:57
qui sont là parce qu'il faut leur donner quelque chose
06:00
et qui sont quelquefois pas à la hauteur des enjeux,
06:03
ni qui savent se battre.
06:04
Et c'est tragique.
06:05
Je ne pense pas que M. Séjourné soit un commissaire européen
06:07
qui aide beaucoup la France.
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