00:00Gauthier Le Bret, on apprend, parce que les infos arrivent toutes les minutes,
00:04que LR, les Républicains, sont en train de débattre de leur participation au nom au gouvernement
00:10après la crise de dimanche soir.
00:11Tout le monde a claqué la porte.
00:13Donc là, c'est grotesque, franchement c'est pathétique.
00:20Là, la ligne qui l'emporterait serait la participation pour l'instant.
00:24Et on me dit que la décision collective sera prise ce soir.
00:28J'aime bien ce terme, la décision collective, alors qu'on sait très bien que...
00:31Le gouvernement dirigé par qui ?
00:32Mais donc par Sébastien Lecornu, avec le socle commun ?
00:35Oui, mais c'est-à-dire qu'on reprend la même méthode.
00:38C'est-à-dire le socle commun, ce qui n'a pas fonctionné dimanche
00:41et qui a créé la démission du Premier ministre lundi.
00:44C'est censuré automatiquement par le Rassemblement national, on vient de l'écouter.
00:48Les écolos, les communistes, LFI et le PS, ils font quoi ? Ils ne vont pas censurer ?
00:51Il paraît qu'il faudrait obtenir la non-censure du PS.
00:53Oui, la non-censure du PS que Lecornu 1 était en train de ne pas obtenir.
00:58Avec Olivier Faure, qui le matin de la démission de Sébastien Lecornu dit
01:01« Vraisemblablement, on va le censurer cette semaine après son discours de politique générale. »
01:05C'est possible, Michel Cotta ? Ça peut se tenir debout ?
01:08Je trouve que le mouvement des Républicains n'est pas complètement absurde.
01:13C'est vrai que Bruno Rotaillot s'est très mal débrouillé dimanche soir,
01:17qu'il n'aurait jamais dû faire un tweet,
01:19il aurait dû parler directement au président de la République
01:22et négocié le départ de Bruno Le Maire.
01:26Mais c'est vrai aussi que, d'une certaine façon, il a accepté et il a gagné sur ce combat.
01:32Ils se sont retirés dans un premier temps en disant « Je ne peux plus faire confiance,
01:35on n'a pas eu confiance comme des enfants dans la cour de l'école. »
01:38Mais s'ils ont une ou deux assurances de la part de Lecornu,
01:44ça prouvera premièrement que Lecornu est quand même un négociateur
01:46qui aurait mérité d'être Premier ministre alors qu'il ne veut plus l'être.
01:50Et deuxièmement, il y a peut-être une voix, il y a peut-être un trou de souris,
01:53celui qu'on cherche, celui qui cherche, celui qui cherche tous,
01:57auquel les Républicains ne pourraient pas dire non.
01:59Le PS pourrait ne pas censurer et les alliés du PS pourraient censurer.
02:05C'est une nouvelle rupture à l'intérieur de la gauche.
02:07Oui, mais je ne vois pas.
02:08Le PS ne censure pas, alors qu'ils se sont rêvés dans le siège de Sébastien Lecornu
02:13et qu'ils ont tous fait des tweets au moment où Lecornu 2 est évoqué
02:19pour dire « C'est hors de question, on censure, on n'acceptera pas ça, c'est nous »
02:22ou « La censure ».
02:23Tout est possible.
02:24Qu'ils l'ont fait probablement pour ne pas perdre les filles quand même
02:27et qu'il y a les municipales effectivement aussi en ligne de mire de tous.
02:31C'est-à-dire qu'à la fin, ça se termine quand même par une des raisons.
02:32C'était une des raisons aussi de l'LR.
02:35D'ailleurs, l'LR, ils se sont fait tenser par leur cadre justement
02:39pour Bruno Le Maire et il y avait cette idée aussi de
02:42maintenant on a des élections municipales et sur le terrain.
02:45On y est à la fin, c'est demain.
02:47Et les socialistes, eux, veulent être élus et ils ne veulent effectivement pas
02:50qu'il y ait des décisions qui se dévoient.
02:53Ou alors une partie de l'LR peut exploser
02:56et il y a une partie de l'LR qui va vers l'Union de la droite,
02:59de ce que demande Bardella plus d'ailleurs que Marine Le Pen.
03:03Bon, alors c'est cette voie-là.
03:05Mais en attendant, je ne vois pas ce que les Républicains ont à y gagner, c'est vrai.
03:10Sauf si dans la corbeille de la mariée,
03:13dans le corbeille des mariés, c'est le mariage collectif,
03:16ils ont trouvé quelque chose à se dire.
03:18Ils peuvent exploser pour une droite, pardon,
03:20une droite, effectivement, la dissolution de l'LR,
03:24il faut au moins qu'il y ait quelque chose à gagner.
03:26Parce que là, pour l'instant,
03:27parce qu'un gouvernement,
03:29un gouvernement maintenant,
03:31qu'est-ce qu'ils vont gagner réellement ?
03:33Il y a une chose, parce que vraisemblablement, ça ne tiendra pas,
03:38c'est juste pour dire que ce n'est pas de notre faute
03:40si la gauche arrive au pouvoir.
03:41Voilà.
03:42L'LR a peur d'une chose, d'être tenu responsable,
03:45de l'arriver au pouvoir d'un premier ministre de gauche
03:47et de faire des passations de pouvoir
03:48avec des ministres de gauche,
03:50pour ceux qui sont en poste.
03:52Donc, si LR dit
03:52qu'on veut bien participer au socle commun,
03:55que ça ne marche pas, que c'est censuré,
03:56ce n'est pas de notre faute
03:57si la gauche arrive au pouvoir.
03:58Puisque nous, on a dit qu'on voulait bien participer
04:00au socle commun.
04:01Voilà pourquoi LR pourrait prendre cette décision.
04:03C'est sûr que LR,
04:05qui ressusciterait la gauche plurielle,
04:08de Lionel Jospin,
04:09c'est ça.
04:10Mais ça serait la gauche plurielle de Lionel Jospin.
04:12Il y avait des communistes qui ont au gouvernement,
04:14entre 1997 et 2002,
04:15en même temps que des écologistes et des socialistes.
04:18Donc, c'est sûr que c'est quelque chose
04:19qui peut être destructeur dans l'opinion publique.
04:23Je voudrais juste ajouter deux petites remarques,
04:25si vous permettez.
04:26D'abord, on peut avoir une pression
04:29sur les marchés financiers
04:30qui contraignent l'exécutif
04:32à prendre une décision.
04:33dans un certain sens.
04:35On l'a même.
04:36On l'a.
04:36Oui, mais elle peut être encore plus...
04:37Je rappelle que Silvio Berlusconi,
04:39il y a un précédent,
04:40en Italie, fin 2011,
04:42il a dû démissionner
04:43sous la pression des marchés financiers
04:45parce que la dette italienne
04:46devenait trop coûteuse à financer.
04:48On n'y est pas.
04:48On n'y est pas,
04:49mais ça peut venir.
04:50Ici, ça peut venir,
04:51ça peut se dégrader.
04:53On entre dans la zone
04:55où tout est possible.
04:57C'est le triangle des Bermudes, là,
04:58Michel.
04:59Non, mais on attend,
04:59pour revenir,
05:00on attend justement
05:01la notation de la France
05:03fin octobre.
05:04Donc, on verra.
05:04La dette de l'État français
05:05coûte déjà plus cher, en fait,
05:07que la dette italienne.
05:09Non, non, privée.
05:09En France,
05:10c'est un des seuls pays,
05:11je lisais cette analyse,
05:12un des seuls pays,
05:13effectivement,
05:14qui, dans le monde occidental,
05:16même de l'histoire
05:16des pays développés,
05:19était dans cette situation.
05:20paradoxale
05:20où les investisseurs
05:21font si peu confiance
05:22à l'État français,
05:24en l'occurrence,
05:24qu'ils prêtent de l'argent
05:26à taux plus faible
05:28aux privés français
05:29qu'à l'État.
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