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  • il y a 2 jours

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Transcription
00:00On va partir sur le terrain à l'Arc de Triomphe, rejoindre Pauline Trevzner et Laurence Ellarié.
00:03Vous êtes avec José Pérez, c'est ça de la coordination rurale, Pauline ?
00:09Exactement, Laurence, je suis avec José Pérez, car ici la mobilisation continue.
00:14Vous venez de vous entretenir avec la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard.
00:19Qu'est-ce qui ressort de ces discussions ?
00:21On a discuté cet après-midi avec la ministre, avec Madame Gennevard.
00:25On lui a demandé qu'elle s'engage à prendre la parole ce soir
00:28et qu'elle nous propose quelque chose ce soir.
00:31Les agriculteurs sont là, ils ont pu plus de 1000 km, ça fait 3-4 jours qu'ils n'ont pas dormi.
00:38Vous comprenez bien qu'ils sont venus là pour exprimer leur détresse.
00:42Si là, maintenant, on se fait virer comme des malpropres par les forces de l'ordre,
00:47parce que c'est ce qui va se passer malheureusement quand je vois le déploiement qui est en train d'être mis en place,
00:51c'est pas possible, les agriculteurs sont à bout, il faut leur porter une réponse.
00:57Et concrètement, quelles annonces vous attendez de la part de Madame Gennevard ?
01:02Il pourrait y en avoir plusieurs.
01:04En ce qui concerne l'ADNC, ça serait vaccination pour tous les troupeaux, fin de l'abattage total.
01:11Et on a porté un moratoire sur toute la réglementation franco-française.
01:16Ça suffit, toutes ces normes supplémentaires, toutes ces charges.
01:21Aujourd'hui, il y a une réglementation européenne qui est bien, bien, bien assez lourde.
01:25Et pourquoi en France, on met d'autres normes par-dessus ?
01:28On n'en peut plus.
01:29Aujourd'hui, dans ce pays, il faut que les agriculteurs se remettent à produire,
01:33puisqu'on est d'excellents agriculteurs.
01:36On a des terres, on a de l'eau, on a tout ce qu'il faut pour produire plus.
01:40Mais il nous manque un gouvernement qui nous aide à pousser l'agriculture vers l'avant.
01:46Vous appelez vos collègues à rester, à dormir ici, cette nuit, à rester plusieurs jours, s'il le faut ?
01:51Bien évidemment qu'il faut rester sur place.
01:53On est venu à Paris, on n'a pas fait, on n'a pas fait 1000 kilomètres, 1000...
01:57Certains arrivent de Corse, on n'a pas fait 1300 kilomètres pour partir sans réponse.
02:01Enfin, mais si la réponse de Mme Genevard, c'est de nous expulser comme ça par la force,
02:07et bien ça voudra dire que l'agriculture représente peu vraiment aux yeux du gouvernement français.
02:15Et je vous entendais dire tout à l'heure, vous appelez aussi tous les Français à venir vous soutenir ici, c'est ça ?
02:21Aujourd'hui, il faut que les Français soutiennent les agriculteurs.
02:26C'est grâce au soutien des Français que les agriculteurs vivront.
02:33Et inversement, bien évidemment qu'on appelle les Français à venir nous soutenir,
02:37parce que je trouverais ça complètement scandaleux qu'on soit viré comme ça par la force,
02:42sans rien avoir obtenu en basse.
02:44Merci beaucoup José Pérez.
02:45Vous l'avez entendu, Laurence, ici, il y a une grande colère, une détresse de ces agriculteurs
02:51qui devraient passer la nuit ici, en bas de l'arc de Triomphe.
02:56Pauline Trevner, Laurence Ellarié, merci beaucoup.
02:58On a entendu effectivement José Pérez, Eric Nolot.
03:02La situation risque de se tendre dans les minutes, dans les heures qui viennent,
03:06parce que ces agriculteurs sont épuisés, ils ont passé des jours sur la route,
03:10avec un déploiement de forces de l'ordre digne d'Apocalypse Now.
03:13Ils sont désormais entourés de forces de l'ordre sur l'arc de Triomphe,
03:17comme des voyous, comme des délinquants, alors qu'ils n'ont rien cassé,
03:20que tout s'est déroulé dans le calme.
03:22C'est tellement symbolique de ce qui se passe dans notre pays.
03:25Oui, surtout que la tactique, dans les précédentes crises, c'est attendre que ça passe.
03:29Et là, on sent que ça ne va pas passer.
03:30qu'il y a le Mercosur en plus de la crise structurelle,
03:34et que s'il n'y a pas des choses qui sont annoncées, des choses concrètes,
03:36des choses auxquelles vous pouvez croire, ça va en effet mal se passer.
03:40Et que là, on ne rentrerait pas chez vous comme ça.
03:42Je vais vous dire, Pierre, on ne demande pas des annonces, on veut de l'écrit.
03:46Il y a deux ans, quand on est sortis,
03:48M. Attal, comme j'ai vu, il y a été sur le barrage à Carbone,
03:51il a vendu du rêve.
03:52Il a annoncé des choses que les Français ont crues,
03:55et nous, on a eu zéro.
03:57Le prêt de l'État, aucun agriculteur autour de moi l'a eu.
04:01Personne.
04:02Personne ?
04:03Non, c'était impossible.
04:05Impossible d'avoir accès.
04:06Il y avait trop de contraintes.
04:07Impossible.
04:09Eugénie Bastier, vous avez dit qu'il y a eu une crise il y a deux ans.
04:11Qu'est-ce qui s'est passé depuis ?
04:13Il y a eu la dissolution, et on est dans un pays bloqué.
04:15Pourquoi on n'est pas...
04:15Il y a une responsabilité politique aussi.
04:16On n'est pas sortis dans la rue, parce qu'on n'avait personne avec qui échanger.
04:20Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'on est dans un pays bloqué,
04:21et qu'une solution au problème agricole exigerait une grande loi agricole
04:25avec une assemblée qui puisse la voter, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
04:29Et la loi Duplomb, qui a été votée l'été dernier,
04:32vous avez vu qu'elle a été censurée partiellement par le Conseil constitutionnel.
04:34Donc il y a un double enjeu.
04:36Il y a un enjeu d'avoir une majorité qui puisse voter cette loi,
04:38et de ne pas se censurer par le Conseil constitutionnel pour des motifs spécieux.
04:41Catherine Ney, à l'instant, confirmation de ce qu'on vous disait,
04:44il y a déjà quelques minutes sur C'est nous et Europe 1.
04:46Emmanuel Macron ne signera pas l'accord du Mercos sur la signature
04:51de l'accord ne constituera pas la fin de l'histoire,
04:54dit le Président de la République.
04:55Qu'est-ce que ça veut dire ?
04:57La fin de l'histoire, pour lui, la fin de l'histoire, c'est dans un an et demi.
05:00Oui, c'est ça.
05:01Non, mais c'est tragique, parce qu'on voit les changements depuis 10 ans.
05:08Et le chiffre que je vous ai donné tout à l'heure, pour la première fois,
05:13ce qui était quand même le revenu dans notre commerce extérieur,
05:17qui est toujours déficient.
05:18Il y avait toujours des revenus.
05:21Enfin, je veux dire, c'était 4 milliards encore en 2024,
05:25et cette année, cet été, 47 millions.
05:27Et on voit qu'il n'y a plus rien.
05:29Et donc, c'est ça qui fait peur,
05:31parce qu'on est en train de perdre tout un pan de ce qui était notre fierté,
05:35je pense, grand pays agricole.
05:37Et surtout, avec les normes qui ont été imposées aux agriculteurs,
05:42d'autres pays européens ont développé leur agriculture,
05:46l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas,
05:49et ils vendent en Europe et exportent plus que nous.
05:52Donc là, on est mauvais, mais sur tous les tableaux.
05:56– Louis Dragnel, quand le président Macron dit
05:57« ce n'est pas la fin de l'histoire »,
05:58en fait, il raconte des carabistouilles.
06:00C'est la fin de l'histoire, c'est terminé.
06:02Le Mercosur, il sera appliqué.
06:04Lundi, Mme van der Leyen sera au Paraguay pour signer l'accord.
06:07– Bien sûr.
06:07– Et c'est terminato.
06:08– Le problème, c'est que tout le monde ment depuis le début sur 6 soirs,
06:12mais y compris des gens de différents partis politiques
06:15qui disent « je ne vous abandonnerai pas ».
06:17En réalité, le Mercosur a été engagé il y a 25 ans.
06:21C'était il y a très très longtemps qu'il fallait se réveiller.
06:24Par ailleurs, il y a d'autres dispositions du Mercosur
06:27qui sont très intéressantes pour certains secteurs de l'économie française.
06:31Je pense à l'industrie, je pense à ce qui reste d'une partie de l'industrie.
06:35Je pense au luxe en France.
06:37Et ce qui est vrai, et personne ne le dit,
06:39c'est que toutes ces entreprises, et les politiques le savent,
06:42ont intérêt à la signature de cet accord.
06:45Et par ailleurs, c'est aussi le symptôme du fait
06:47que la France aujourd'hui est très minoritaire,
06:50très peu écoutée à Bruxelles.
06:52On a perdu, Emmanuel Macron prétend avoir une influence
06:55et une aura à Bruxelles qu'il n'a absolument pas.
06:57Ce sont les Allemands qui conduisent la politique européenne
06:59ou Sula von der Leyen à la tête de la Commission.
07:02Ce sont les Allemands qui ont trusté tous les postes.
07:04Et puis je rappelle qu'il y a un péché aussi historique
07:06dans la classe politique française.
07:07On n'a jamais, quels que soient les partis politiques,
07:10les politiques français ont envoyé
07:13les ministres déchus du gouvernement,
07:16les politiques en voie de garage.
07:19Mais la réalité, c'est que le Parlement européen,
07:21par exemple, n'a jamais été,
07:23on n'a jamais envoyé les cadors des partis politiques.
07:26Donc ce n'est pas un endroit où on investissait.
07:28Là où les Allemands envoyaient l'élite,
07:30l'aristocratie de leur classe politique.
07:31Un dernier mot, Benjamin Loche.
07:32J'aimerais juste avoir votre réaction
07:33au fait qu'Emmanuel Macron dit,
07:34ce n'est pas la fin de l'histoire,
07:35on ne signe pas le traité du Mercosur.
07:37Qu'est-ce que vous lui dites au président ce soir ?
07:38Un moment depuis des années.
07:40Et le problème de notre politique aujourd'hui,
07:42c'est qu'on a un noyau de personnes
07:44qui sont là à profiter du système sans travailler.
07:48On en est là.
07:49Nos politiques ne foutent plus rien,
07:51ne se remettent même pas en question
07:52et ne veulent pas savoir.
07:54Ils ont leurs petits avantages,
07:55ils sont mis au chaud chez eux
07:57parce qu'ils vont travailler quand ils veulent,
07:58quand on va voir l'Assemblée.
07:59Je ne sais pas, tout le matin je suis au travail,
08:01l'Assemblée, il y a un siège sur deux qu'est vide.
08:03On a un souci quand même en France.
08:05Ils sont en circonscription,
08:06ils sont en région.
08:07Ils sont en circonscription.
08:08Quand on veut voir nos députés,
08:10ils ne sont jamais là.
08:10Nos députés dans mon département,
08:12on est restés 15 jours sur l'autoroute.
08:14On en a vu un.
08:16Après, un autre nous a contacté pour nous dire
08:17qu'il avait reçu un mail de Mme Vendvark,
08:20ça serait bien qu'il vienne à notre rencontre.
08:21Et un autre, une fois fini,
08:23nous a appelé pour nous dire
08:24j'ai organisé une réunion
08:25où on va tous se réunir.
08:26c'est n'importe quoi.
08:28Merci Benjamin Lost,
08:29on est de tout cœur avec vous.
08:30On va évidemment continuer à suivre
08:31cette actualité de la crise agricole
08:33sur CNews et sur Europe.
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