00:00Emmanuel Macron a dénoncé le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme dans les relations internationales visant notamment la politique étrangère de Donald Trump.
00:08Le chef de l'État a tenu aujourd'hui son discours annuel devant les ambassadeurs français.
00:13Donc je vous propose d'écouter le président de la République.
00:15Nous évoluons dans un monde de grande puissance avec une vraie tentation de se partager le monde.
00:21Et je crois que ce qui s'est passé durant les derniers mois ou parfois les derniers jours n'a rien enlevé à ce constat.
00:26Et donc c'est le grand risque de l'ordre international dans lequel nous vivons.
00:30Les États-Unis sont une puissance établie mais qui se détourne progressivement de certains de ses alliés et s'affranchit de règles internationales qu'elles promouvaient encore récemment,
00:38qu'il s'agisse du commerce, de certains éléments de sécurité ou de certaines enceintes.
00:44Et la Chine est une puissance toujours montante qui doit faire le choix de partenariats diversifiés mais qui témoigne d'une agressivité commerciale de plus en plus désinhibée.
00:54Bon, est-ce que vous partagez cette analyse ? C'est une analyse, c'est presque un commentaire que fait le président de la République.
01:01C'est un constat qu'il fait, oui.
01:02Mais est-ce que vous êtes d'accord avec ce qu'il dit ?
01:04Oui, grosso modo, oui, je suis d'accord. Effectivement, c'est la montée des superpuissances, des États qui n'ont plus de complexe, en tout cas en ce qui concerne Trump.
01:12Là, il affiche ses ambitions territoriales. Mais moi, ce qui m'intéresserait davantage, c'est que faire ?
01:18Que doit faire la France ? Que doit faire l'Europe face à ces montées en puissance de ces États qui ont des idées impérialistes ?
01:25Qu'est-ce qu'on fait ?
01:26Emmanuel Macron, précisément, il vous répond peut-être lorsqu'il parlait tout à l'heure à la conférence des ambassadrices et des ambassadeurs à l'Élysée.
01:33La France ne menace pas ses alliés, dit-il.
01:35La France ne menace pas ses alliés ou ses partenaires. Parce que la France respecte tous ses partenaires.
01:43Et parce qu'à travers ce que nous avons bâti, nous avons montré aussi une chose.
01:47C'est que nous avions de la constance. Que nous étions fiables. Et qu'on pouvait s'appuyer sur nous.
01:54Parfois, on n'est pas les plus forts. Souvent, on n'est pas les plus grands.
01:58Mais là où on s'engage, on le fait. Nous, nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme.
02:05Mais nous, nous refusons aussi la vassalisation et le défaitisme.
02:09Mais ça veut dire quoi, nous refusons le nouvel impérialisme ?
02:12On a tellement bien refusé qu'on a été viré de toute l'Afrique, déjà.
02:15C'est exactement ce que je pensais. Je me disais, la diplomatie d'Emmanuel Macron
02:19les dix dernières années, parmi les échecs d'Emmanuel Macron,
02:22il y aura évidemment, dans la longue liste, peut-être dans les cinq premières places,
02:27la diplomatie française sous l'ère macroniste.
02:31Et notamment en Afrique, notamment au Proche-Orient, mais pas que.
02:34On a vu à quel point il était difficile aujourd'hui
02:37de porter la voix française sur des enjeux existentiels.
02:40Sur la politique de Donald Trump, pardon, le président de la République semble être surpris.
02:48Mais Donald Trump a annoncé, depuis son programme présidentiel,
02:53la politique qu'il allait mettre en œuvre, notamment contre l'immigration,
02:56notamment contre le narcotrafic.
02:58Alors, s'il fait référence à l'opération Maduro,
03:01excusez M. Donald Trump de vouloir préserver la sécurité de ses concitoyens,
03:05parce que le Venezuela était une zone de transit très importante,
03:09notamment concernant la cocaïne en Amérique.
03:12Et c'est un vrai enjeu de santé publique.
03:14Il y a des centaines de milliers de morts aux Etats-Unis à cause de la drogue.
03:18Après, sur le Groenland, Mme Medford-Erexen,
03:21je pense, il me semble que personne ne peut supputer l'avenir du Groenland.
03:26Les partenaires européens vont certainement se coaliser et discuter avec Donald Trump,
03:30mais Donald Trump n'a pas de vision impérialiste,
03:33bien au contraire, ça base Maga, l'aveu isolationniste.
03:37Donc, il se trompe complètement.
03:38Et c'est pourquoi j'ai interrogé tout à l'heure notre ami Georges Fenech
03:41sur les mots « le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme ».
03:44Vous avez dit « oui, je ne vois pas dans l'intervention au Venezuela du président Trump
03:50un nouveau colonialisme ».
03:52Il parle du Groenland.
03:53Il fait référence au Groenland, le président français.
03:56J'entends bien, mais le Groenland, d'abord, ce n'est pas fait, ça peut être un deal.
03:59Exactement.
04:00Je n'imagine pas non plus l'Amérique attaquer le Groenland.
04:04Je ne l'imagine pas.
04:05Mais attaquer ou quoi attaquer, c'est quand même une vision impérialiste.
04:07C'est quand même une vision impérialiste, le Groenland.
04:10Et même le Canada, il en parle.
04:11Il parle du Canada.
04:12Mais les zones d'influence, ce n'est pas forcément mal.
04:15Que l'Amérique ait une zone d'influence en Amérique latine,
04:18moi, ça peut me rassurer pour le monde entier.
04:21Je préfère être sous zone d'influence américaine
04:24que sous zone d'influence d'autres pays, parfois.
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