00:00Bon, mais on ne désespère pas.
00:02On termine avec Gérard Carréau justement sur l'affaire Trump,
00:05parce qu'au-delà de l'affaire Maduro, il y a la projection,
00:10et effectivement ce que dit Trump, notamment sur le Groenland.
00:14Et là, je vous propose d'écouter ce qu'il a dit sur ce Groenland qu'il imagine colonisé.
00:21Nous avons besoin du Groenland, c'est une question de sécurité nationale.
00:24Pour l'instant, le Groenland est envahi de navires russes et chinois.
00:28Je le répète, nous avons besoin du Groenland.
00:31Bon, là les choses sont différentes, Gérard Carréau.
00:34Autant il y a une légitimité à intervenir pour les Etats-Unis,
00:38quasiment légitime défense sur un narcotrafiquant et protéger le reste de la planète,
00:43autant envahir le Groenland, il y a 56 000 habitants au Groenland,
00:48qui est souveraineté danoise, on n'est pas exactement dans le même registre.
00:53En effet, si vous voulez, autant je pense qu'il y a quand même une assez large,
00:57il n'y a pas eu de sondage encore, mais une assez large adhésion
01:00pour le changement de gouvernement qui a été effectué il y a deux jours,
01:07avec le renvoi d'un dictateur en prison,
01:10autant je pense que beaucoup de citoyens, même des gens qui sont de gauche après tout,
01:15peuvent penser que ce n'est pas une mauvaise chose, surtout pour le peuple en question,
01:20mais pour ce qui est du Groenland, c'est beaucoup plus compliqué, effectivement.
01:23Non, ne serait-ce que pour une petite raison,
01:26ce grand espace immense, il est actuellement, en termes de législation,
01:34il dépend d'un pays qui est membre de l'OTAN.
01:37Le Danemark.
01:40Le Danemark, ce n'est pas si simple de dire le Danemark,
01:43imaginez quand même un pays membre de l'OTAN,
01:46qui va effectivement, qui pourrait éventuellement être agressé d'une manière ou d'une autre.
01:52Bon, je pense que Trump, par contre, ce n'est pas la première fois qu'il le dit,
01:56et on a vu, ne serait-ce qu'avant-hier,
01:59on a vu que quand il dit quelque chose, et quand il a une idée fixe,
02:02il ne se résout pas à la remettre dans celle-là.
02:05Le but du Groenland, et ce matin, c'était intéressant d'ailleurs,
02:08parce qu'on était avec un professionnel du pétrole, si j'ose dire,
02:11un chef d'entreprise qui s'appelait Bernard Durog Daner,
02:14qui a monté plusieurs entreprises aux Etats-Unis,
02:18qui vit à Houston,
02:19et qui a investi massivement ces dernières années dans cette industrie du pétrole.
02:23Et il lui disait que l'enjeu pour les Etats-Unis, ce n'est pas le pétrole.
02:28Les Etats-Unis ont du pétrole, d'ailleurs, ils en revendent comme ils ont du gaz.
02:31En revanche, ils n'ont pas de minerai.
02:33Et le Groenland est une terre de minerai.
02:35C'est les terres rares.
02:36Donc, ils ne croyaient pas du tout au prétexte du pétrole pour avancer par Trump.
02:41C'est par Trump lui-même.
02:42Oui, mais...
02:43Avancer par Trump lui-même.
02:44Mais vous avez parfaitement raison, mais ce qu'il m'a dit hors antenne,
02:47il m'a dit, le problème, c'est qu'on a un président qui dit n'importe quoi, de temps en temps.
02:50Voilà ce qu'il disait très clairement.
02:52Et c'est vrai qu'il nous disait,
02:54ça n'a pas de sens d'aller chercher du pétrole au Venezuela.
02:57Pourquoi ? D'abord, parce qu'il faudrait investir massivement.
03:00Les puits sont dans un état où ils sont absolument inexploitables.
03:04Ce pétrole ne correspond pas à celui qui est mis sur le marché.
03:07Donc, on avait un avis d'expert, un avis de professionnel qui disait,
03:10même si on voulait sortir du pétrole du Venezuela,
03:13ce n'est pas avant deux ans, trois ans, quatre ans,
03:14parce qu'il faudrait des investissements massifs
03:16qu'aucune industrie ou aucune entreprise ne voudrait faire.
03:20En revanche, disait-il, le problème des États-Unis, c'est le minerai.
03:25Les minerais, nous n'en avons pas.
03:26Et qu'ils veulent récupérer aussi aux Ukrainiens.
03:28Exactement.
03:29Donc, d'où l'enjeu du Groenland.
03:31Et ça, moi j'ai beaucoup aimé cette parole ce matin
03:34de M. Bernard Duroch-Daner,
03:37parce que c'est une parole qu'on n'entend pas sur d'autres médias,
03:40sur d'autres chaînes,
03:40parce qu'on a affaire tout simplement à un professionnel
03:43qui sait de quoi il parle.
03:44Et vous étiez ce matin dans l'émission, Gérard Carreau,
03:46et comme moi, je pense que vous avez été plutôt convaincu.
03:48Oui, tout à fait, mais je pense qu'autant, si vous voulez,
03:51on peut faire un coup, un coup militaire réussi, formidable,
03:56comme ils l'ont fait cette fois-ci,
03:59mais autant pour le Groenland, ça ne peut passer, à mon avis,
04:03que par une négociation.
04:05Est-ce qu'effectivement, il peut y avoir un accord, un deal ?
04:08Avec le Danemark ?
04:09Avec Frédéric Sonne, oui.
04:10Il peut y avoir un deal, oui, tout à fait.
04:12Et je ne vois pas très bien, même si c'est un pays membre de l'OTAN,
04:16je ne vois pas très bien les pays de l'OTAN se réunir
04:20pour déclarer la guerre aux Etats-Unis.
04:21Juste une chose, la sous-question, c'est qui bénéficie des minerais du Groenland aujourd'hui ?
04:27Trump dit qu'il y a une invasion, entre guillemets, de navires chinois, de navires russes.
04:33Donc on retombe quand même toujours un peu dans la même histoire,
04:35parce qu'au Venezuela, c'est la même chose.
04:37Les Chinois et les Russes, c'était quand même extrêmement présent.
04:41Donc on voit bien qu'il y a cette bataille des deux mondes
04:45qui est là, qui est de plus en plus prégnante, de plus en plus présente.
04:49Et probablement qu'au Groenland, il y a ça aussi qui se joue,
04:52le face-à-face avec la Russie et la Chine.
04:55Si demain, Trump débarque au Groenland, c'est une crise absolue
04:59qui met en plus l'Union Européenne en première ligne,
05:02puisque le Groenland est rattaché au Danemark.
05:05C'est pourquoi il faut quand même être prudent,
05:06parce que là, on parle du Groenland, on peut parler de la Colombie,
05:08qu'est-ce qui va se passer pour le président colombien ?
05:10Trump lui a dit, je ne vais pas le citer,
05:12mais avec des mots très grossiers, de faire attention à lui.
05:15Il y a Cuba aussi, est-ce que Cuba va être entraîné
05:17dans la chute du dictateur vénézuélien ?
05:21Et j'entends ce que dit cet expert qui dit
05:23le pétrole n'est pas intéressant au Venezuela,
05:26ça ne veut pas dire que Trump n'y est pas allé pour ça,
05:28parce que lui-même le dit, il a quand même un mérite,
05:30c'est de dire ce qu'il pense devant les caméras.
05:33Donc il l'a dit lui-même.
05:33La limite de l'analyse de cet expert que nous avions ce matin,
05:38elle peut être politique.
05:40C'est-à-dire qu'il ne prenait pas en compte
05:42le pouvoir politique du pétrole.
05:45C'est-à-dire que si le pétrole, si les cours du pétrole,
05:48baissent de moitié prix ou s'effondrent,
05:51la Russie est en difficulté.
05:53Et l'Iran est en difficulté.
05:55Donc il y a effectivement pour Trump, pourquoi pas,
05:58une occasion stratégique de faire baisser le coût du pétrole
06:04et de mettre en difficulté ces deux empires.
06:07Mais ça, manifestement, ça ne peut pas se faire demain.
06:10Et on entre dans des choses, effectivement,
06:13j'allais dire, un peu précises, un peu techniques,
06:16où il faut savoir de quoi on parle.
06:18Et bien souvent, ceux que j'entends sur ces sujets-là,
06:21à droite ou à gauche,
06:22d'abord ils sont comme moi au départ,
06:23ils ne connaissent pas précisément les choses.
06:28Et notre métier de journaliste, c'est précisément d'aller,
06:31pourquoi pas, à la source des faits,
06:33et de le transmettre au public ?
06:35Oui, mais ce n'est pas les journalistes qui ont inventé
06:37la quête du pétrole, c'est Trump qui l'a dit encore une fois.
06:39Sauf que la presse française, elle est tout simplement anti-Trump.
06:43Donc elle est anti-Trump primaire.
06:45Donc moi, je lis à droite, à gauche,
06:47ce que je lis depuis trois jours,
06:49je pourrais l'écrire avant.
06:51Donc il y a un souci dans cette presse,
06:55aujourd'hui, je citais l'Humanité,
06:58je citais Libération, mais même d'autres...
06:59Mais vous avez raison, Pascal.
07:00Avec des gens qui ne connaissent assez peu ce dont ils parlent,
07:03et c'est ça qui peut nous ennuyer de temps en temps.
07:05Vous avez raison.
07:06Non que je connaisse plus, d'ailleurs,
07:08mais j'essaye simplement de mettre en relation
07:10ceux qui connaissent plus avec le public.
07:12Entendons-nous bien, je ne donne de leçons à personne.
07:14Vous avez raison, cher Pascal,
07:15quand vous parlez de la presse,
07:16c'est de l'idée en Irak d'installer la démocratie.
07:19Trump, il agit de façon très ponctuelle.
07:21Ça a bien marché.
07:22Exactement, lorsqu'on s'en est soumis,
07:24avec l'Iran, etc.
07:25Les armes de destruction massive, l'idée, c'est pas...
07:28Effectivement, c'était à l'époque de Chirac,
07:29Tony Blair, etc.
07:30C'est une évidence.
07:31Donc, il y a la critique de Trump,
07:32parce que c'est un homme de droite, etc.
07:34Mais il y a aussi la géostratégie,
07:36la planification d'une nouvelle géostratégie
07:38qui est liée à la doctrine Trump,
07:40c'est-à-dire assurer les intérêts américains
07:42dans des zones géostratégiques
07:44qui confortent son économie.
07:45Vous savez, par exemple, que l'Algérie,
07:48parce que Trump, c'est sa façon de gérer,
07:50c'est l'art du deal,
07:50il discute au départ,
07:52si son interlocuteur lui oppose,
07:55là, il agit.
07:55C'est ce qui s'est passé avec Maduro.
07:57Il l'a prévenu il y a bien longtemps, Maduro.
07:58Et Maduro ne l'a pas écouté.
08:00Il s'en est suivi ce qu'il s'en est suivi.
08:02Trump a parlé à l'Algérie.
08:03Il lui a dit,
08:04je vais installer Chevron et ExxonMobil
08:06pour précisément contrer la Chine et la Russie
08:09qui convoitent le Sahara et les hydrocarbures
08:11absolument algériens.
08:13Tebboune s'est couché,
08:14Tebboune a accepté,
08:14il n'y a pas eu de révolution à l'Algérie.
08:15Alors, c'est le nouvel ordre mondial
08:17dont on parle avec, pourquoi pas,
08:19Xi Jinping qui demande Taïwan,
08:22Poutine qui demande l'Ukraine,
08:23et Trump qui demanderait le Groenland.
08:28Mais Gérard, ce qui est intéressant,
08:29c'est qu'aujourd'hui,
08:30et on le voit bien par les réactions des uns et des autres,
08:33chacun est décontenancé parfois.
08:34D'où ses réactions parfois feront renversé
08:36parce qu'on entre dans une nouvelle ère, peut-être,
08:40où la grille de lecture n'est plus la même.
08:42Oui, non mais tout à fait.
08:44Si vous voulez simplement,
08:45autant je peux imaginer,
08:48et même j'imagine au fond de moi-même,
08:50quelque chose qui se passe pour Cuba,
08:53je parle disons à période de six mois
08:55ou un an ou deux ans,
08:57quelque chose se passant à Cuba
08:59pour virer effectivement
09:01les dirigeants actuels de Cuba,
09:03sous une forme ou sous une autre.
09:05Idem, si vous voulez, pour la Colombie.
09:07De la même manière, je ne crois pas une seconde
09:09à une action de type militaro-industriel
09:12de Trump sur le Groenland.
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