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  • il y a 7 semaines

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Transcription
00:00Nous sommes en ligne avec Patrick Legras, bonjour.
00:02Oui, bonjour.
00:03Vous êtes président de la Coordination Rurale dans les Hauts-de-France et agriculteur à Beauval dans la Somme.
00:08Pourquoi est-ce que vous n'êtes pas à Paris ?
00:09Parce qu'il va y avoir certainement de la distance dans le temps, c'est-à-dire que moi j'y serai demain.
00:17Là, on a des collègues de l'Oise qui sont arrivés sur l'Arc de Triomphe, ils sont une dizaine.
00:24Le but aujourd'hui, c'est vraiment de durer, c'est-à-dire qu'on sait très bien que ça va être long,
00:29on sait très bien que les politiques vont essayer de se défiler.
00:32Donc, est-ce qu'on veut une agriculture plurielle, régionale,
00:36ou est-ce qu'on veut une agriculture agro-industrielle basée sur le défrichement de 75 millions d'hectares
00:43avec un bilan carbone qui n'arrive pas par contre quand il vient de l'extérieur ?
00:46C'est toute la question et on sait très bien qu'à ce niveau-là, tout le monde va se rejeter la pierre au niveau politique.
00:51Alors, vous ferez partie de la deuxième vague, si on peut dire comme ça.
00:55Vous dites, on va essayer de durer, mais durer pour obtenir quoi ?
00:59Puisqu'on le sait, maintenant le Mercosur va certainement être signé dans quelques jours, lundi.
01:03Donc, qu'est-ce que vous demandez ? Qu'est-ce que vous voulez exactement ?
01:07On veut du courage, c'est-à-dire du courage que M. Macron puisse dire qu'il vote contre le Mercosur.
01:14Un discours qu'il a parfois biaisé lorsqu'il a vu Lunaï ou Mileï.
01:19Donc, ça, c'est le premier point. Et la deuxième chose, sur les engagements franco-français,
01:24là, c'est l'Assemblée Générale, c'est le Sénat qui peuvent prendre des décisions
01:27qui nous promettent maintenant depuis trois ans et qui nous disent que ce sera dans le prochain gouvernement.
01:32On vient d'arriver. Enfin, le baratin politique d'un habituel, ce n'est pas un scoop.
01:35C'est le beau discours de ceux qui disent que ça va s'améliorer demain.
01:39Alors, l'Assemblée nationale. Et justement, Yael Brunbine va recevoir, là, dans une demi-heure,
01:45à peu près les syndicats agricoles, parmi lesquels la coordination rurale.
01:48Elle est venue à votre rencontre ce matin. Vous avez vu, elle a été chahutée.
01:52Il y a un projectile qui a été lancé contre elle. Est-ce que vous condamnez ces violences ?
01:57Non, mais les violences n'aboutissent à rien. Ça, on le sait.
02:01Mais le mensonge, c'est que les violences arrivent.
02:05Depuis trois ans, on nous dit qu'on va régler la crise agricole dans les trois mois.
02:09Je suis certain que M. Macron, lorsqu'il va venir encore au mois de février,
02:12il va nous donner un très beau discours en disant qu'il nous a entendus,
02:15que c'est en cours, que c'est tout ça. Mais c'est normal.
02:17C'est comme ça que nos politiques durent.
02:19Et les agriculteurs ne sont pas des syndicalistes de la politique.
02:24Ils font du syndicalisme pour défendre ceux qui crèvent et ceux qui se suicident.
02:27Donc, on est sur deux mondes totalement différents.
02:30On est sur un monde de technocrates, où on leur dit que la mondialisation
02:33permettra de baisser les coûts à la consommation.
02:37Et de l'autre côté, on a des agriculteurs qui ont des charges,
02:39qui ont des contraintes et qui veulent vivre de leur production.
02:41Donc, ce monde aujourd'hui, c'est tellement, entre guillemets,
02:45écartelé depuis des dizaines d'années, que là, on est à la rupture.
02:49Et la rupture, comment elle va se terminer ?
02:51Ça, je peux vous dire, c'est vrai que nous, on a une motivation,
02:55mais on ne peut pas vous dire comment ça va se terminer.
02:56Parce que si ça ne se concrétise pas dans les semaines,
03:00et non pas dans les mois qui viennent, mais dans les semaines qui viennent,
03:02je peux vous dire que ça va exploser.
03:05C'est obligatoire.
03:06Il y a eu quelques mesures qui ont été notamment annoncées par la ministre de l'Agriculture.
03:10Et comment avez-vous réagi ce matin quand Maude Bréjean dit
03:12que c'est inacceptable ? On ne laissera pas faire.
03:15Je vais vous dire, franchement, je m'en fous.
03:17Cette madame, cette bobo parisienne qui est très agréable, qui est une belle femme,
03:22qu'est-ce qu'elle représente pour l'agriculture et l'agriculteur ?
03:25Aujourd'hui, c'est normal qu'elle dise, qu'elle s'offusque cette dame qui est très bien,
03:29qui a son salaire, qui vit bien depuis des années, qui est bien entourée.
03:33C'est normal. On est sur des mondes totalement différents.
03:36Et c'est ça qu'il faut qu'ils comprennent.
03:38C'est que le monde de l'agriculture, c'est un monde, comme on a dit,
03:40et tout le monde sait, qui ne fait pas 35 heures par semaine.
03:43C'est un monde aujourd'hui qui n'a aucune sécurité,
03:45puisque tout dépend aussi des prix mondiaux et du climat.
03:49Donc quand vous avez une jeune femme qui vient et qui nous dit
03:52« On ne supporte pas ça », on comprend qu'on ne supporte pas.
03:55Mais comme j'ai dit, ça fait trois ans qu'on nous dit
03:58que le monde agricole va vivre de ses productions.
04:00Et qu'est-ce qu'on fait ? On nous amène des produits de l'autre bout du monde,
04:04de déforestation, et nous, on nous gonfle, il n'y a pas d'autre nom,
04:08avec des produits qui doivent être propres, qui doivent être beaux,
04:12avec un respect des gaz à effet de serre.
04:16Non mais il faut arrêter.
04:18Il faut arrêter de se foutre de la gueule des producteurs.
04:20Parce que c'est ça.
04:21Aujourd'hui, le drame, c'est que non seulement il y a des suicides,
04:24mais une grande partie ne vivent plus, quelles que soient les productions.
04:27Donc qu'est-ce qu'on fait ?
04:28Est-ce qu'on abandonne tout ?
04:30On nous donne de l'argent pour faire de l'écologie ?
04:33Et puis c'est tout.
04:33On dit, on ne produit plus.
04:35Patrick Legras, merci beaucoup.
04:36On a bien entendu votre colère, votre détresse.
04:39Également, je rappelle que vous êtes président de la Coordination Rurale
04:41dans les Hauts-de-France, agriculteur à Beauval dans la Somme,
04:43et vous serez donc demain, a priori,
04:46dans les manifestations, vraisemblablement à Paris,
04:49ou près de Paris.
04:50Merci d'avoir répondu à nos questions.
04:51Merci.
04:52Merci.
04:53Merci.
04:54Merci.
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