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  • il y a 7 semaines

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00:00Europe 1, Christine Kelly, émission spéciale sur Europe 1, 10h30, 13h, Europe 1 bouscule et ses programmes pour vous faire vivre, chers auditeurs d'Europe 1, la mobilisation des agriculteurs en France.
00:12Vous réagissez au 01 80 20 39 21 et Christine, nous sommes en ligne avec Alexandre Jardin, président du mouvement Les Gueux.
00:20Oui, nous avons réussi à joindre Alexandre Jardin. Alexandre, si vous permettez, je donne la parole à Eric Tegner qui est au studio avec nous juste avant parce que vous avez fait sur CNews une édition spéciale dès hier soir avec Gauthier Lebrecht.
00:32Vous avez suivi cette évolution minute par minute cette nuit. Quel regard portez-vous ce matin sur cette crise, ce mouvement inédit des agriculteurs et ces images inédites que nous voyons ce matin ?
00:43Oui, en effet Christine, hier soir c'était une soirée absolument folle parce que d'abord c'était les gens qui étaient choqués de voir des centaures qui avaient quand même été déployés avec l'aval de Matignon face à ces agriculteurs.
00:53On a vu des images vers 21h45 avec des agriculteurs qui levaient les mains devant les gendarmes qui leur disaient on n'est pas là pour s'en prendre à vous, on n'est pas des racailles, on n'est pas ceux qui caillassent habituellement les policiers.
01:03Il y avait les centaures qui entouraient tout ce groupe qui était à près de 100 km de Paris et finalement on a pu voir vers 22h15 les tracteurs qui ont fendu absolument les champs,
01:13donc qui sont partis vers Paris à ce moment-là et message à souligner c'est que les agriculteurs essaient de protéger évidemment les gendarmes pour qu'ils ne se fassent pas blessés par les tracteurs.
01:22Et donc à ce moment-là on a compris je pense que dans les différents ministères ils ont compris que les agriculteurs et les tracteurs étaient en route vers Paris avec un ensemble de convois à travers la France qui sont également dirigés vers Paris.
01:32On était en contact avec une autre équipe, il y avait notamment Boudouin-Wieselman de Frontières où on voyait le chat et la souris,
01:38c'est-à-dire qu'ils étaient un convoi de 7 tracteurs, 5 ont été mis en garde à vue, 2 autres sont partis à travers champs, ils se téraient, ils se cachaient et finalement ils ont reçu le go, le top,
01:48ils arrivent d'ici une vingtaine de minutes également à Paris, il y a une grande convergence et ils le disent tous, ils sont là uniquement pour aller échanger à l'Assemblée nationale et au Sénat de façon pacifique et c'est pour ça que ça les choque ces gardes à vue.
01:59Rappelons qu'il y a 20 personnes effectivement en garde à vue, le président de la coordination réelle occitanie en garde à vue,
02:06également moi il y a une image aussi qui m'a choqué, qui m'a pris aux tripes aussi parce qu'un agriculteur qui disait qu'entre les gendarmes, les forces de l'ordre pardon,
02:14et mon tracteur, je suis là, c'est-à-dire que je ne vais pas attaquer les forces de l'ordre.
02:19Alexandre Jardin, merci infiniment de répondre avec nous en direct sur Europe 1.
02:23Vous avez la France dans les tripes, qu'est-ce que la France vous dit ce matin, qu'est-ce que les agriculteurs vous disent ce matin ?
02:30Ce matin, place de l'étoile, avant le lever du soleil, il y avait une émotion incroyable, il y avait une fierté incroyable chez tous les gens qui accompagnaient les tracteurs.
02:43Et il y avait une image absolument saisissante, il y avait à l'arrière d'un tracteur, il y avait l'image d'une poupée impendue, il y avait un pendu inconnu au pied du soldat inconnu français.
03:00Et il y avait une espèce de fierté de tous ces gens quand on parlait avec eux, ils ne se battent pas pour eux.
03:06C'est incroyable la grandeur de cette profession.
03:10Ils ne se battent pas, ils se battent pour vous tous, pour nous tous.
03:13Ils se battent pour notre sécurité alimentaire, dans un contexte mondial où tout le monde devient fou,
03:20où s'il y avait un problème d'approvisionnement, si nous sommes trop dépendants de l'extérieur, il va y avoir un problème dans nos assiettes.
03:28Donc ils se battent pour des choses très fondamentales.
03:30Et puis tout à coup, il y a un CRS qui est venu me voir pour me demander de partir.
03:36Vous, Alexandre Jardin ?
03:37Oui, mais il l'a dit poliment, il m'a dit je suis embêté.
03:41Il me dit c'est nos officiers qui nous demandent.
03:46Et cette phrase, elle est incroyable.
03:48parce qu'on sent que le type, il sent bien que ça n'a rien à voir avec un combat ordinaire, un combat normal.
03:58On touche au fondamental, on touche à la nourriture.
04:02Et hier, je me suis engueulé avec le patron d'un très grand journal français qui me disait
04:07tu te trompes de combat, il ne faut pas soutenir ces gens parce que ça ne représente que 5% financièrement des accords du Mercosur.
04:16Et de tout à coup, je lui dis mais enfin, tu es dingue, tu manges trois fois par jour.
04:20La valeur de ce que tu manges, elle n'est pas monétaire.
04:24Elle est de l'ordre du fondamental.
04:28Et puis, je voulais aussi dire que là, en arrivant à l'Assemblée, après,
04:33je viens de croiser Mercadal qui va chercher des tracteurs qui sont bloqués.
04:38Il y a un Guillaume Mercadal, oui.
04:39Oui, oui.
04:41Un leader syndical.
04:43Qui va chercher des tracteurs bloqués devant la tour Eiffel.
04:46Ils partaient.
04:48Et puis, j'ai été boire un café dans le café qui est juste en face de l'Assemblée,
04:51la brasserie de Bourbon.
04:53Et il y avait des gens de la coordination rurale qui étaient là avec leur bonnet.
04:58Ils avaient caché leur bonnet.
05:00Et puis, il y a eu un débat avec des députés.
05:02Je ne vais pas sortir les noms parce que ce serait incorrect,
05:05mais ils avaient tous des couleurs différentes.
05:07Et il y a eu un moment qui était bouleversant dans ce café.
05:14Pierre Guillaume Mercadal ?
05:16Non, non, non.
05:17Les députés ?
05:18Les autres ?
05:18Les politiques ?
05:19Oui, oui.
05:20Parce qu'ils avaient des couleurs différentes.
05:23Oui, racontez-nous.
05:25Et ils sentaient bien qu'il y avait...
05:29qu'on touchait au fondamental,
05:30qu'on ne pouvait pas juste s'écharper en faire des trucs merdiques de politique.
05:36C'est pour ça qu'ils ont raison de mener un combat fondamental.
05:41Ne serait-ce que ce moment-là que je viens de vivre,
05:43dans la brasserie, le Bourbon, en face de l'Assemblée,
05:47on voit bien que les députés,
05:49merde, ils ne sont pas cons.
05:51Quand on leur parle réellement, humainement,
05:54et qu'on leur dit, mais enfin, qui va entretenir les paysages ?
05:56Qui va assurer la sécurité des assiettes de nos familles ?
06:01Là, pendant que je vous parle, d'ailleurs,
06:02je vois arriver des dizaines de cars de police...
06:06Vous êtes où précisément ?
06:07Rappelez-nous, Alexandre Jardin.
06:08Vous êtes où précisément à Paris ?
06:10Placier Palais-Bourbon,
06:12je suis juste en face de l'Assemblée.
06:14Placier Nationale.
06:15Là, je vois arriver des colonnes de camions,
06:20probablement parce que Mercadal a dû aller débloquer les tracteurs.
06:24Mais ce que je veux dire, c'est que ce que je l'ai vu dans ce café,
06:29tout à coup, les députés n'étaient plus des couleurs politiques,
06:32ils étaient des hommes, ils étaient des femmes.
06:33Alors, j'aime bien ce que vous dites, Alexandre Jardin,
06:35parce que vous avez vu des députés qui n'ont pas eu de couleurs politiques
06:40et qui s'entendent.
06:40Mais vous savez, Alexandre Jardin, moi j'aime bien cette émotion hors Assemblée Nationale.
06:45Moi, je veux de l'émotion à l'Assemblée Nationale.
06:47Je veux des décisions à l'Assemblée Nationale.
06:49Je veux des décisions au niveau de l'exécutif.
06:52Je veux des décisions au gouvernement.
06:54Et c'est ce que veulent aussi les agriculteurs.
06:56On en a marre aussi, Alexandre Jardin,
06:58et vous êtes d'accord avec moi, j'en suis sûre,
07:00d'avoir cette émotion dès qu'on est dans un café,
07:02d'avoir cette émotion quand on est en tête-à-tête face à un agriculteur,
07:05d'avoir cette émotion quand on n'est pas assis à l'Assemblée Nationale.
07:08Mais lorsqu'il faut voter, lorsqu'il faut se mobiliser pour les Français,
07:11lorsqu'il faut se mobiliser pour la France qui crève,
07:13là, ce matin, sous nos yeux,
07:15ils sont où, nos politiques ?
07:16On marque une pause, on revient dans un instant sur Europe 1.
07:19Et vous réagissez aussi, chers auditeurs d'Europe 1,
07:21au 01-80-20-39-21,
07:23émission spéciale Europe 1,
07:26bouscule ses programmes pour vous faire vivre au plus près
07:28la mobilisation des agriculteurs.
07:3210h56, vous écoutez Christine Kéliévo sur Europe 1.
07:34– Europe 1, Europe 1, Christine Kéliévo.
07:40– Hashtag agriculteur en colère,
07:43hashtag la France qui meurt sous nos yeux.
07:45Alexandre Jardin, vous étiez en ligne avec nous,
07:47vous étiez en train de nous raconter comment,
07:49vous voyez, des députés, des politiques,
07:52dans des cafés, le cœur sur la main,
07:55face aux agriculteurs, mais où sont-ils
07:57lorsqu'il faut passer à l'action ?
07:59Alexandre Jardin, vous êtes au cœur de Paris,
08:01au cœur des agriculteurs, au milieu d'eux.
08:03Vous êtes président, je rappelle, du mouvement Dégueux.
08:07Que pouvez-vous nous témoigner à l'heure qu'il est ?
08:08– Il n'est même pas possible, en réalité,
08:13que le Mercosur inclue l'agriculture.
08:19Donc, ils ont raison de se battre,
08:22parce que, dans la réalité,
08:24on ne peut pas avoir une destruction
08:25de notre base agricole.
08:27c'est quasiment une utopie d'avoir pu croire
08:32que la nation l'accepterait.
08:36Donc, je pense que là, on va rentrer
08:37dans un principe de vérité.
08:41C'est que la nation française,
08:42c'est bien que c'est sa bouffe,
08:45c'est sa nourriture.
08:45C'est vraiment sa bouffe.
08:49– Ça va ?
08:50– Je suis à l'heure sur Europe.
08:53– Bon, mais ça va, faites-vous plaisir en même temps, Alexandre.
08:56La France est en train de mourir sous nos yeux
08:57et que vous faites des câlins dans la rue.
08:59– Non, mais je n'ose même pas vous dire
09:02qu'ils sont les politiques
09:04qui, en réalité, viennent soutenir.
09:07– Ah ben, si, si, si.
09:08Mais au contraire, dites-nous, non, non,
09:09ça m'intéresse, Alexandre Jardin.
09:10Non, mais dites-moi qui sont les politiques que vous voyez.
09:12– Non, ben, c'est un mec de gauche.
09:17– Dit-il honteusement.
09:18– Non, mais ce que je veux dire,
09:20c'est que tout est en train de bouger.
09:22À un moment, il va y avoir une union nationale.
09:25Parce que c'est ce que le peuple veut.
09:26– Qu'est-ce que vous entendez par union nationale, Alexandre Jardin ?
09:30– C'est une cause d'union nationale.
09:32On ne peut pas se foutre sur la gueule
09:34sur des questions alimentaires.
09:36Ce n'est pas possible.
09:37C'est complètement absurde.
09:38Je sors là du bar, comme j'avais froid,
09:43du Bourbon.
09:45Il y avait au Zing,
09:47il y avait deux CRS qui avaient froid
09:49qui venaient prendre un café.
09:53Et il y avait deux agriculteurs d'accordéation rurale
09:56qui prenaient leur café au même Zing.
09:58Ça y est, je les vois sortir.
10:00Bon.
10:01À un moment, c'est le même.
10:03C'est le même peuple.
10:05C'est le même peuple.
10:06– Merci beaucoup, Alexandre Jardin.
10:09Je sais qu'on a beaucoup de choses à dire.
10:10Je vais peut-être vous rappeler,
10:11parce qu'on est ensemble en direct
10:12sur Open jusqu'à 13h.
10:14Je vais peut-être vous rappeler au grand matinale.
10:18Vous êtes au cœur des agriculteurs.
10:20Vous avez témoigné.
10:21Vous avez dit que c'est une...
10:22de ce qui se passe, de ce que vous voyez.
10:24Et vous avez dit que c'est une cause d'union nationale.
10:27Et je rappelle que ce que nous voyons là,
10:29sous nos yeux,
10:30c'est peut-être la cristallisation
10:32de toute la définition de ce qui se passe en France.
10:35Lorsqu'on voit l'insécurité,
10:37l'impossibilité des pouvoirs
10:39à faire face à l'insécurité,
10:41mais cette force, ces centaures,
10:43ces gros machins
10:45qui viennent devant nos agriculteurs,
10:47ces petits agriculteurs
10:48qui n'ont même pas d'armes entre les mains,
10:50qui n'ont pas de couteaux entre les mains.
10:52Lorsque je vois ces normes,
10:53et que ces agriculteurs
10:54qui croulent sous les normes,
10:56ils sont en train de crier
10:56« Abattons, arrêtons avec les normes ! »
10:59Ça aussi, combien de Français
11:00dans tout leur quotidien
11:03sont en train de crier
11:04« Abattons les normes ! »
11:05Cette archi-structure
11:07des directives européennes
11:09que la France est obligée d'appliquer,
11:10puisque la France a décidé
11:11que les directives européennes
11:12sont supérieures
11:13aux directives françaises,
11:15aux lois françaises,
11:16contrairement à l'Allemagne.
11:17Ça aussi, c'est le symbole même
11:19de ce qui se passe aussi
11:20avec les agriculteurs.
11:21Lorsqu'on voit le pouvoir d'achat,
11:23tous les problèmes de la France
11:24convergent avec les agriculteurs.
11:26Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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