- il y a 2 jours
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00:00– Punchline, 18h-19h, Pierre de Villeneuve sur Europe 1.
00:06– Avec autour de la table jusqu'à 19h, la journaliste du JDD, Hélène Rouet,
00:11Tugdual-Denis, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles,
00:13et le politologue Jean-Christophe Gallien.
00:15Je voudrais qu'on parle du Venezuela, de Maduro,
00:17qui pour l'instant est en prison jusqu'au 17 mars,
00:21date de la prochaine audience, qui clame toujours être le président du Venezuela,
00:24qui refuse toute opposition dans son pays,
00:29et qui clame être donc le président vénézuélien.
00:32On a vu le tweet d'Emmanuel Macron dimanche,
00:37félicitant presque Donald Trump pour cette intervention,
00:40débarrassant le monde du dictateur, du narco-trafiquant, du narco-bandit,
00:44qui était Nicolas Maduro.
00:46Hier, un petit bémol du président de la République en disant
00:49« Oui, il y a aussi le droit international qui aurait pu être respecté,
00:53ce n'était pas forcément une méthode ».
00:54Et aujourd'hui, voilà ce que dit Sébastien Lecornu,
00:58devant l'Assemblée nationale, il dénonce une opération militaire américaine illégale.
01:02Tout est illégal dans cette affaire.
01:04Le régime de Nicolas Maduro, le cycle électoral de 2024,
01:07l'opération militaire américaine qui contrevient à la Charte des Nations Unies,
01:12pas parce que l'opération est illégale qu'il ne faut pas se réjouir
01:15qu'un autre avenir soit possible pour le peuple vénézuélien,
01:19c'est la question évidemment de la transition,
01:21cette transition d'être démocratique,
01:24dans le même respect des valeurs et des fondamentaux du droit international.
01:27Elle doit se faire aussi probablement autour du président qui a été lui élu,
01:32en tout cas au regard de la diplomatie française
01:34et d'un certain nombre de pays dans le monde lors des dernières élections,
01:37et se faire évidemment dans le respect des valeurs et des droits fondamentaux
01:41du peuple vénézuélien.
01:42Jean-Christophe Gallien, pour Sébastien Lecornu, il n'y a rien qui va,
01:46mais dans cette petite déclaration, ce texte trait de 40 secondes,
01:50il n'y a pas non plus grand-chose qui va,
01:53on a envie de remettre les choses dans l'ordre en fait,
01:55on a l'impression que les feuilles sont mélangées.
01:57Il y a beaucoup de portes,
01:58il se l'a l'homme en vient pour certains d'entre nous de la montagne,
02:01c'est clair qu'il y a beaucoup, je vous voyais très bronzés,
02:04je me dis tiens,
02:05et donc oui, il y a un slalom spécial,
02:07mais là il rentre dans les piquets.
02:08Il est très spécial, c'est-à-dire que pour le coup,
02:11il y a une telle circonvolution,
02:12on commence par une entrée, on finit par,
02:14c'est incompréhensible, parce que ça voudrait être clair,
02:16on sent bien qu'il a envie d'être très clair,
02:18il a envie de dire, ça n'est pas acceptable du point de vue
02:20du droit international, ce qu'a d'ailleurs dit la France
02:22au Conseil de sécurité de l'ONU, la seule parole officielle
02:25à ce jour qui tienne et qui n'est pas bougée,
02:28et elle était officielle puisque c'était lundi matin
02:30au Conseil de sécurité de l'ONU, il n'y avait pas de vote,
02:31sinon la France en même temps avait dit qu'elle s'abstiendrait,
02:34donc elle ne veut pas de cette intervention,
02:35même si elle ne la condamnerait pas,
02:37et donc c'est quelque chose qui est assez diplomatique aujourd'hui pour la France.
02:40Maintenant, il y a une incapacité aujourd'hui,
02:43pourquoi ? Parce que de mon point de vue,
02:44il y avait une réunion aujourd'hui très importante sur l'Ukraine,
02:46il ne fallait absolument pas vexer
02:48des diplomaties américaines jusqu'à cet après-midi.
02:51Il y avait un message de quasi-sympathie au départ,
02:55il y a eu un message ensuite de critique relativement neutre,
02:57je vous le redis, au Conseil de sécurité de l'ONU,
02:59il y avait une posture, mais s'il y avait eu un vote,
03:01on aurait vetoisé, en tout cas on n'aurait pas vetoisé,
03:04mais on serait abstenu, ce qui équivaut à peu près la même chose,
03:06on n'aurait pas condamné l'intervention,
03:07et donc aujourd'hui, une fois que le soutien américain
03:12à ce qui s'est passé aujourd'hui à Paris,
03:14en tout cas à cette sortie positive,
03:16je pense qu'il y a une libération de la parole,
03:18comme dans d'autres pays, comme l'Espagne,
03:20il y a très peu de pays finalement européens
03:21qui ont critiqué l'intervention.
03:23Bonjour la souveraineté.
03:24Oui, moi j'ai le sentiment quand même, peut-être,
03:27mais j'ai quand même le sentiment que lundi matin,
03:29les choses paraissaient assez claires dans l'autre sens.
03:31Quand Maude Bréjon dit que le gouvernement
03:32ne s'est ni soutenu ni approuvé,
03:34ils ont quand même pris le risque à ce moment-là
03:37de vexer la diplomatie américaine.
03:39En réalité, ce qu'Emmanuel Macron a prouvé en quelques jours,
03:42c'est que sa position est complètement illisible.
03:44Parce qu'on part avec un tweet de Jean-Noël Barraud,
03:46représentant de la diplomatie française,
03:48qui effectivement, là, pour le coup, était très mesuré,
03:51invoque le droit international.
03:52Quelques heures après, Emmanuel Macron s'est exprimé
03:54aux alentours de 20h, c'était samedi.
03:56En plus, on apprend dans la foulée
03:57qu'il sort d'un coup de fil téléphonique avec Donald Trump.
04:00Et là, Emmanuel Macron fait un tweet,
04:02à l'image d'ailleurs de Bruno Retailleau,
04:04on pourrait même le comparer.
04:05Le peuple vénézuélien est aujourd'hui débarrassé
04:07de la dictature de Nicolas Maduro
04:08et ne peut que s'en réjouir.
04:10En confisquant le pouvoir
04:11et en piétinant les libertés fondamentales,
04:13Nicolas Maduro a porté une atteinte grave
04:15à la dignité de son propre peuple.
04:16La transition à venir de tête pacifique, etc.
04:19C'est l'impide.
04:21Donc en sous-texte, là,
04:21il est en train de se féliciter.
04:23Dimanche passe,
04:24et là, lundi matin, effectivement,
04:25Maude Bréjon s'exprime,
04:26Conseil des ministres, etc.
04:28Et là, la position change complètement.
04:30Nouveau tweet d'Emmanuel Macron
04:31qui, là, cette fois, invoque le droit international.
04:33Aujourd'hui, il y a Sébastien Lecornu.
04:34En réalité, honnêtement, c'est illisible.
04:37C'est dû en même temps, c'est illisible.
04:38Qu'en penser du côté de la gauche,
04:41Mathilde Panot,
04:42quand on l'interroge,
04:44en tout cas, elle a pris la parole.
04:45C'est peut-être plus lisible,
04:47mais on va écouter à la fois Mathilde Panot
04:48et la réponse que fait Sébastien Lecornu
04:50sur la question de savoir
04:52si M. Maduro est un dictateur ou pas.
04:54Maintenant, c'est à la libération.
04:55Et je crois que tous ceux qui ne demandent
04:56ne sont pas à la libération.
04:58Le retour au Venezuela.
04:58Le retour au Venezuela.
05:00Oui, bien sûr.
05:00Mais sinon, ça veut dire
05:01que vous cautionnez un kidnapping.
05:03Parce que vous considérez
05:04que Maduro n'a jamais été un dictateur.
05:05Je ne répondrai pas à cette question
05:07et je vais vous expliquer pourquoi.
05:08Je ne rentrerai pas
05:10dans ce que font les atlantismes B.A. ici
05:12qui essayent d'expliquer
05:14que l'agression qui a été faite au Venezuela
05:16serait une question de démocratie.
05:17Mais moi, je ne parle pas de l'agression.
05:19Si, si, moi, je vous parle de ça.
05:20Pourquoi est-ce qu'on parle de ça
05:21aujourd'hui de leur peuple ?
05:22Je vous parle des centaines de morts.
05:23Oui, oui, non mais d'accord.
05:25Moi, je parle aussi du peuple vénézuélien
05:27et le peuple vénézuélien a le droit
05:29de choisir lui-même son avenir.
05:30Ce n'est pas une puissance étrangère
05:32qui doit décider pour le peuple vénézuélien.
05:34Opération électorale viciée.
05:37Les résultats n'ont même pas été promulgués.
05:41Police vénézuélienne pratiquant la torture,
05:44la détention sans raison,
05:46aucune séparation des pouvoirs.
05:48Pardon, on ne peut pas d'un côté dire
05:51que la police de la République,
05:52ici en France, tue,
05:54dire ici que nous ne sommes pas en démocratie
05:56et ne pas voir que le régime de Nicolas Maduro
05:58était une dictature.
06:00Voilà la réponse de Sébastien Lecornu
06:02à Mathilde Panot.
06:03Là, c'est un peu plus clair
06:04dans la bouche de Sébastien Lecornu.
06:06Là, il s'en sort bien, effectivement,
06:08tout d'un coup.
06:08Mais l'extrait précédent, honnêtement,
06:10c'est...
06:10Non mais, il y a un quart d'heure près.
06:12C'est ça qui est dément.
06:13On est dans l'hémicycle,
06:14on est dans la représentation nationale.
06:16C'est le macronisme, honnêtement,
06:18dans toute sa splendeur.
06:19Il y a le côté en même temps
06:20et puis il y a le côté tellement hypocrite,
06:22si vous voulez.
06:22Moi, j'ai trouvé la position
06:24de Marine Le Pen assez équilibrée.
06:25On en pense ce qu'on veut.
06:27Elle dit
06:27le principe de souveraineté
06:29est important
06:30et Maduro
06:31n'en demeure pas moins
06:33un salopard,
06:34pour le dire sans mot vulgaire.
06:37Ce qui est insupportable
06:37avec Emmanuel Macron,
06:39avec Sébastien Lecornu,
06:39avec tous ceux qui sont intoxiqués,
06:41en tout cas par ce progressisme
06:43en fin de carrière,
06:44c'est l'hypocrisie
06:46et le changement de pied
06:47et surtout, après,
06:49venir nous expliquer doctement
06:51qu'en fait, non,
06:51ils n'ont jamais changé d'avis
06:52et que c'est nous
06:53qui sont des imbéciles
06:54et qui n'ont jamais compris.
06:55Ce que je trouve pathétique,
06:56si vous voulez,
06:56dans cette affaire,
06:57c'est la faiblesse
06:59de l'Europe
07:00et de la France,
07:01l'Europe en général
07:02et la France en particulier,
07:03qui ne sont plus
07:04que des puissances civiles
07:05et c'est un oxymore,
07:06une puissance civile.
07:06Si vous n'êtes pas
07:07une puissance militaire,
07:08si vous n'êtes pas
07:08une puissance diplomatique,
07:09si vous n'êtes pas
07:09une puissance stratégique,
07:11vous n'êtes pas une puissance.
07:12Êtes une puissance morale,
07:13ça ne veut absolument rien dire.
07:15Donc Emmanuel Macron,
07:16que ce soit pour l'Ukraine,
07:17que ce soit pour le Venezuela,
07:19que ce soit pour
07:19je ne sais quelle partie du monde,
07:20Taïwan, demain,
07:21vous verrez,
07:22ça sera ça aussi.
07:23À part, si vous voulez,
07:24faire des grandes déclarations
07:25d'intention,
07:25faire des réunions
07:26avec son homologue allemand
07:27et son homologue anglais
07:29qui sont aussi impuissants
07:30que lui en termes
07:31d'armement
07:32et de puissance militaire,
07:34il ne fait absolument rien d'autre.
07:34Et cette impuissance,
07:35elle est confirmée
07:37par le général Pierre Devilliers,
07:39ancien chef d'état-major.
07:40Écoutez-le
07:41sur la puissance
07:43hypothétique de la France
07:45face à une opération
07:46comme celle
07:47de la capture de Maduro.
07:48Il était
07:48sur le Figaro TV hier.
07:52Ce qui est sûr,
07:52c'est que
07:53la France seule
07:54n'est pas capable
07:54de mener une telle opération.
07:56Ça, je vous le confirme.
07:57Cette opération
07:58est un succès tactique
07:59incontestable,
08:01mais elle illustre
08:02parfaitement
08:03ce que je sentais
08:04depuis 2017,
08:062015,
08:062017
08:07et qui était
08:08à l'origine
08:09de mon désaccord
08:09avec le président
08:10de la République.
08:11Retour des États-puissances,
08:12logique de pouvoir,
08:14de puissance,
08:15de force.
08:16Et ceux qui gagneront,
08:17ce seront ceux
08:18qui sont forts.
08:18Et nous sommes maintenant
08:19du côté des faibles
08:20après avoir délabré
08:22nos outils de défense
08:23pendant des décennies
08:25depuis la chute
08:25du mur de Berlin.
08:26Bon, voilà,
08:27il ne nous reste
08:27que nos yeux pour pleurer.
08:29Jean-Christophe Gallien.
08:31On rappelle que Pierre de Villiers
08:32est parti pour 850 millions
08:33d'euros
08:34sur lesquels
08:35il n'était pas d'accord
08:35avec le président Macron.
08:37Je crois qu'il y a
08:38un duel d'égo,
08:39il y a des histoires
08:39qui sont d'ailleurs
08:40du niveau
08:41de cette présidence.
08:43Maintenant,
08:44ça date de plus longtemps
08:44qu'Emmanuel Macron,
08:45ce que vous décrivez,
08:46c'est l'affaiblissement
08:48stratégique et militaire
08:49et la capacité
08:50de peser
08:51dans les affaires du monde,
08:52même dans un monde
08:52qui était un peu
08:53moins multipolaire
08:54qu'aujourd'hui
08:56et moins complexe.
08:57C'était déjà le cas.
08:58Donc, en réalité,
08:58aujourd'hui,
08:59Macron y ajoute
08:59une bonne dose de moraline.
09:01Si on est honnête,
09:02on peut même rappelons
09:04de 2008
09:05quand Nicolas Sarkozy
09:06se sent en soutien
09:07avec Vladimir Poutine.
09:08Enfin, ouais,
09:08ça date d'un petit moment,
09:10même Jacques Chirac
09:10à une période.
09:11Il y a un problème,
09:12effectivement,
09:13pour l'Europe
09:14de se penser
09:14en tant que puissance
09:15et en tant que puissance
09:15hormis son soutien
09:17par l'OTAN
09:19et donc par les États-Unis.
09:19Aujourd'hui,
09:20c'est complexe.
09:20Il y aura un défi,
09:21d'ailleurs,
09:21qui va venir très rapidement,
09:23très rapidement,
09:23qui sera un vrai défi concret
09:27s'il y a quelque chose
09:28qui se passe.
09:28Ça sera le Groenland.
09:29Au-delà de la blague,
09:30au-delà de l'entertainment
09:31aujourd'hui.
09:31Vous parlez non pas
09:33au conditionnel,
09:33vous parlez au futur.
09:34Ça veut dire que pour vous,
09:36c'est acté.
09:37Il est trop...
09:38Les Américains font
09:39ce qu'ils veulent déjà
09:39au Groenland.
09:40Ce n'est pas une réalité concrète
09:41aujourd'hui.
09:42C'est qu'il y a une vraie base,
09:43une demi-base
09:44qui est un peu plus planquée.
09:45L'opération
09:46qu'ils peuvent faire sur place
09:47est assez libre.
09:49Maintenant,
09:49les déclarations
09:50qui sont des déclarations
09:50qui ne sont plus
09:51déclarations de show,
09:57plus précis.
09:58On sent des choses
09:58se dérouler.
09:59C'est un enjeu
09:59qui est tellement stratégique
10:00à la fois pour l'Europe,
10:02évidemment,
10:02mais beaucoup pour les États-Unis
10:03avec le changement
10:04des routes maritimes.
10:06Pour l'Europe, certes,
10:07mais rappelons que le Groenland
10:08n'est pas dans l'Union européenne.
10:09Oui, il n'est pas dans l'Union européenne,
10:09mais c'est le Danemark.
10:11C'est comme si vous prenez...
10:12Mais le Danemark
10:13a une sorte de protectorat
10:14sur le Groenland.
10:15Exactement.
10:16Mais c'est un enjeu central
10:17quand même pour...
10:18C'est un mur le disant.
10:18Oui, mais exactement.
10:19C'est un enjeu central.
10:21Évidemment,
10:27une vraie question,
10:28c'est pour répondre
10:28à ce que vous dites
10:29et pour valider
10:30ce que vous dites quasiment.
10:31C'est-à-dire qu'en réalité,
10:32on a quelque chose
10:33qui aujourd'hui
10:33va être très rapidement à défi.
10:35Si sur ce terrain-là,
10:36il y a une réaction
10:37qui est juste d'agiter les drapeaux
10:38et de dire attention,
10:39ce n'est pas possible
10:39d'aller faire un sitting là-bas
10:40avec des avions qui arrivent
10:42et dire on est européen,
10:43on est européen,
10:43ce que d'ailleurs
10:44les habitants du Groenland
10:46ne le sont pas forcément toujours,
10:47même s'ils revendiquent
10:48aujourd'hui un lien très fort
10:49avec le Danemark
10:49face à cette pression américaine,
10:51on aura pour le coup
10:52la concrétisation affirmée
10:55dans une zone
10:56qui est beaucoup plus proche
10:56qu'on ne le croit
10:57pour nous
10:58et beaucoup plus stratégique
10:59qu'on ne le croit
10:59d'un déficit
11:00et voire d'un déclin européen
11:02affirmé.
11:02Hélène Roué.
11:03Ce qui est très tendancieux
11:04avec le Groenland,
11:05je parle sous votre contrôle,
11:06Pierre,
11:06parce qu'il était avec nous hier,
11:07mais Nicolas Baverez
11:08sous-entendait
11:09et le disait même
11:11que le Groenland
11:11était dans ce qu'on appelle
11:13la doctrine Monroe.
11:14Donc effectivement,
11:14Donald Trump,
11:15Donald Trump a priori,
11:16vous l'avez dit,
11:17va faire un peu ce qu'il veut là-bas.
11:19Pour revenir sur le sujet
11:20de l'effacement de l'Europe
11:22parce que c'est ça
11:22qui est effectivement
11:23le plus effarant,
11:24là on a vraiment l'impression
11:25Emmanuel Macron,
11:27on est dans une fin de règne,
11:28il y a un nouvel ordre mondial
11:29qui est en train de se jouer,
11:30que ce soit du côté
11:32de la Chine avec Taïwan,
11:33la Russie avec l'Ukraine,
11:34Donald Trump avec les Amériques
11:36et on n'est absolument pas dedans
11:38et c'est vrai qu'on n'a
11:38aucune horizon,
11:40aucune vision
11:41parce qu'effectivement
11:42Emmanuel Macron,
11:42on le voit,
11:43il essaye avec,
11:44sur un autre sujet,
11:45sur la coalition des volontaires
11:46aujourd'hui,
11:47il essaye d'exister
11:48mais en réalité,
11:49il n'a plus
11:50la voix,
11:50c'est-à-dire qu'en fait,
11:51là il y a un vrai enjeu
11:52pour Emmanuel Macron,
11:54c'est que la France
11:54est en train de perdre
11:55en visibilité
11:55et Emmanuel Macron
11:57doit faire en sorte,
11:58si vous voulez,
11:58de ne pas carrément disparaître
12:00du radar international
12:01plutôt que d'essayer
12:02de peser
12:03ce qui à mon avis
12:03est terminé jusqu'en 2027.
12:05En tout cas,
12:05ce que fait Trump,
12:07c'est que,
12:08un,
12:08il satisfait l'électorat américain,
12:10ça c'est la Rose Bell,
12:12comment ?
12:12C'est un point essentiel,
12:13une partie de l'opération
12:14à vocation interne
12:15et le vote latino
12:16important.
12:17Exactement,
12:18et ce qui est englobé
12:19là-dedans,
12:20c'est qu'il fait du business.
12:21C'est-à-dire que les personnes
12:22qui entourent Donald Trump
12:23aujourd'hui,
12:24je crois que c'est
12:25Vincent Herouet ce matin
12:26qui parlait de Rubio.
12:28Rubio,
12:28il est inexistant.
12:30Non,
12:31c'est pas Vincent Herouet
12:32mais c'est un autre spécialiste
12:32que j'entendais,
12:33il avait tout à fait raison
12:34de dire que Rubio
12:35est on the side
12:36pour parler en bon français.
12:37C'est-à-dire que
12:38les personnes qui décident,
12:39c'est Whitcoff,
12:41homme d'argent,
12:42c'est Jared Kushner,
12:43homme d'argent,
12:44regardez l'ambassadeur
12:45qu'on a en France
12:46à Paris, Charles Kushner,
12:48c'est un homme d'argent,
12:49c'est-à-dire que c'est tous
12:49des financiers.
12:50Donc oui, évidemment,
12:51il y a du business à faire
12:53là où il y a des terres rares,
12:54là où il y a des minerais,
12:55là où il y a du pétrole.
12:56Ça c'est une première chose.
12:57Et ce que disait Nicolas Baverez
12:58hier,
12:59c'est que Trump,
13:00en faisant ce coup de poker
13:02de vouloir,
13:03si vous voulez,
13:05au nom de la doctrine Monroe
13:06ou que sais-je,
13:07ou de la doctrine Trump
13:08peut-être que dans quelques années,
13:09nos enfants,
13:10nos petits-enfants,
13:11nous disions
13:12c'est la doctrine du Donald.
13:13C'est la doctrine américaine.
13:14C'est la doctrine américaine.
13:16Il va effectivement
13:17camper les Amériques,
13:19les Amériques,
13:19c'est-à-dire toute l'Amérique,
13:21y compris Centrale
13:21et l'Amérique du Sud,
13:23mais il ouvre une porte
13:24également,
13:25dans ce cas-là,
13:26sur l'ordre mondial,
13:28à Poutine,
13:29sur l'Ukraine,
13:30puisqu'il lui,
13:31d'une certaine manière,
13:32il lui donne le pas droit,
13:32et sur la Chine,
13:33sur Taïwan.
13:34Soyons clairs
13:35sur l'affaire du Venezuela.
13:36Jean-Christophe Gallien.
13:36Sur l'affaire du Venezuela.
13:38Alors j'ai aucun élément
13:39qui permet de le faire,
13:40je connais bien cette partie
13:41de l'Amérique du Sud,
13:42mais aucun élément
13:43qui peut permettre de dire
13:43qu'il y a une conversation
13:45qui a dû avoir lieu
13:46avec Vladimir Poutine.
13:47C'est impossible
13:48ou quasiment impossible
13:49aujourd'hui
13:49qu'il n'y ait pas
13:50une conversation,
13:51qu'il n'y ait pas
13:51cet accueil relativement mesuré,
13:53parce qu'on parlait
13:54de difficulté à s'exprimer.
13:56Les plus durs
13:56ont été les Espagnols,
13:57plus durs presque
13:57que les Chinois
13:58ou que les Russes
13:59dans cette affaire-là.
14:00Ceux qui ont le plus à perdre,
14:00c'est les Chinois aujourd'hui
14:01en Amérique du Sud.
14:02La Russie,
14:03c'est pas tout à fait le sujet.
14:04Donc il y a quelque chose
14:05qui se déroule
14:06autour de cette séparation.
14:07Moi, je suis moins d'accord
14:08avec vous sur l'idée
14:09qu'on ne doit être absolument
14:10que fort.
14:11On doit porter autre chose
14:12que la puissance de force
14:13et d'armée.
14:14Notre Europe ne doit pas
14:15être considérée
14:16comme une faiblesse.
14:18Elle doit se réarmer,
14:19elle doit se reconfigurer
14:20du point de vue stratégique,
14:21mais elle ne doit pas
14:21abandonner l'idée.
14:22Et c'est toute la difficulté
14:23de poser une validation
14:25ou pas du droit international
14:26sur cette affaire
14:26ou du multilatéralisme
14:27du côté de l'ONU.
14:29On ne peut pas abandonner
14:30à simplement l'idée
14:31que la force sera
14:32le rapport de force
14:33diplomatique et géopolitique
14:35dans le prochain avenir.
14:36Il y a déjà l'économie
14:36dont vous parlez.
14:37Et quand vous parlez de Trump,
14:39oui, ces quelques personnes
14:40aujourd'hui font des affaires.
14:41Dans l'affaire vénézuélienne,
14:42ce n'est pas autre chose
14:43que la démocratie vénézuélienne
14:44qui intéresse Donald Trump.
14:45C'est en gros
14:46le pétrole vénézuélien
14:47qui doit devenir
14:49un pétrole américain.
14:50On n'a pas compris
14:50ce que vous avez dit,
14:50Jean-Christophe Gallin,
14:51parce que du coup,
14:52vous dites,
14:52se réarmer certes,
14:53mais...
14:54Mais ne pas abandonner
14:55des principes
14:56qui ont fabriqué
14:57la capacité de vivre
14:58dans un monde
14:58qui aujourd'hui
14:59est très chahuté.
15:00Moi aussi,
15:01c'est très important.
15:02C'est ce qu'on disait
15:05en 475 ou en 476
15:07juste avant la chute de Rome.
15:08Vous avez besoin
15:08d'être fort
15:09pour pouvoir l'affirmer.
15:09Vous avez besoin
15:10de fort pour l'affirmer.
15:11C'est ce qu'on appelle
15:11le smart power.
15:12Ce n'est pas que du hard,
15:13ce n'est pas que du soft.
15:14C'est du smart power.
15:15Aujourd'hui,
15:16on peut faire autrement.
15:16Moi, là où je ne suis pas
15:17d'accord avec vous,
15:18c'est que le seul truc
15:19qu'on n'a pas abandonné,
15:20c'est justement
15:20notre moulin à parole.
15:24Vous allez finir dehors
15:25à vous battre.
15:27Moi, je ne veux pas
15:28de sang dans ce studio.
15:29Je vous préviens.
15:29Je parle de notre capacité
15:34en tant qu'Européens
15:34à être des moulins à parole
15:35et justement
15:39à réaffirmer
15:40en sautant sur notre chaise
15:42les grands principes.
15:44Moi, je pense que
15:44les Européens
15:45doivent se poser
15:45les mêmes questions
15:46que les Chinois,
15:47les mêmes questions
15:47que les Russes,
15:48les mêmes questions
15:48que les Américains.
15:49C'est-à-dire,
15:49c'est quoi notre zone de sécurité ?
15:51C'est quoi une politique
15:52de défense sérieuse ?
15:54Et avec ce genre de questions,
15:56peut-être aussi envisager
15:57une alliance militaire
15:59européenne ?
15:59Alors, pas sous l'égide
16:01de l'UE,
16:01pas une Europe de la défense,
16:03mais comme ce que fait
16:05Airbus,
16:06comme ce qu'on fait
16:08au niveau de la conquête
16:09spatiale au plan européen,
16:11c'est-à-dire une alliance
16:13cohérente, homogène
16:16de pays qui ont des
16:17convergences géostratégiques
16:19sur le continent européen
16:21et qui passent des contrats,
16:25si vous voulez,
16:26militaires,
16:27d'autoprotection
16:29les uns les autres,
16:29mais aussi avec des clauses
16:31d'achat d'arbres européens.
16:33Les Danois,
16:34ils sautent sur leur chaise
16:35sur le Groenland,
16:36mais ils achètent
16:36des chaises américaines.
16:37Non, mais je veux dire,
16:38on est chez les fous.
16:38C'est ça,
16:39c'est-à-dire qu'il y a,
16:40vous avez raison,
16:41après chaque chute de régime,
16:44il y a des errances.
16:45Dans ces errances,
16:46on peut trouver une voie.
16:47La voie de la diplomatie
16:48et du business
16:50peut en être une,
16:51mais simplement,
16:52il faut qu'on redescende.
16:54Et pour l'instant,
16:55on n'est pas du tout
16:55dans la redescente
16:56puisque chacun montre
16:57ses muscles,
16:58si j'ose dire,
16:58que ce soit Poutine,
16:59ou que ce soit Donald Trump.
17:01Sauf nous.
17:01Nous, on slip kangourou
17:02avec des bras tout frais.
17:04On n'a plus de munitions.
17:06L'Europe,
17:07là, l'Europe,
17:08je vous dis,
17:08on a fait 5 minutes
17:10sur,
17:10alors Emmanuel Macron,
17:11il a dit ça samedi à 20h,
17:13et puis lundi matin,
17:13on est là en train
17:15de commenter des tweets
17:15et des réactions,
17:16on est là,
17:17on contemple,
17:18on regarde,
17:18et pendant ce temps,
17:19effectivement,
17:19il y a tous les autres
17:20qui avancent.
17:20Et comme le disait
17:21Nicolas Baverez hier,
17:22je reviens encore là-dessus,
17:23on peut ne pas l'aimer,
17:24mais...
17:24Elle est à fond sur Baverez.
17:25Elle est totalement
17:27elle a un t-shirt.
17:28Figurez-vous que c'est son nom.
17:31Non, mais comme il disait,
17:32effectivement,
17:32on peut ne pas aimer
17:33cette nouvelle ordre mondiale.
17:34En attendant,
17:35il y a les choses qui avancent
17:36et si on ne prend pas le train
17:37pendant ce temps,
17:38on sera complètement
17:39off du radar.
17:40Oui, alors comment on fait ?
17:42Déjà, il faut régler
17:42les problèmes intra-infra-europés.
17:44Aujourd'hui,
17:44on fait face à une Allemagne
17:46qui est très prédatrice.
17:47Parler d'Airbus,
17:48aujourd'hui,
17:48on n'est même pas capable
17:49de se mettre d'accord
17:50sur le futur avion de chasse
17:51entre nous.
17:54Donc, vous voyez,
17:54c'est un problème déjà
17:55très concret
17:55puisque là,
17:56c'est la force,
17:56achetable éventuellement
17:57par tous les pays européens,
17:58produit par l'Union européenne,
18:00un des pays de l'Union européenne,
18:01sur un accord de consortium
18:02qui existe pourtant
18:03et qui est valide
18:04et très valable
18:04sur l'aviation civile,
18:06mais sur l'aviation militaire,
18:07on n'y arrive pas.
18:07Mais même les deux avionneurs français
18:09ne sont pas d'accord.
18:10Exactement.
18:10Donc, on n'y arrive pas.
18:11Donc, aujourd'hui,
18:11il y a un prédateur très puissant
18:13qui s'est remis en marche
18:14à l'Allemagne
18:14qui est très présent
18:16à la Commission européenne,
18:17extrêmement présent
18:17et qui est présent
18:18pratiquement partout,
18:19même sur des terrains de chasse
18:19qui étaient l'automne
18:20auparavant,
18:20en Afrique par exemple,
18:21avec l'argent de l'Europe
18:22en particulier.
18:23Mais il est présent
18:23sur tous les terres.
18:24Il est présent sur le Mercosur aussi
18:25parce qu'on vende
18:26des voitures allemandes.
18:27On est bien d'accord.
18:28Donc, on a des combats
18:29à mener
18:29à l'intérieur de ces 27.
18:31On est 27
18:31et depuis qu'on est 27,
18:32on s'est largement renationalisé.
18:34C'était plus facile à 12.
18:35C'était pas facile à 15.
18:36À 24 déjà, c'était compliqué.
18:37Quand on est passé à 28,
18:38très compliqué.
18:38À 27, c'est compliqué.
18:39C'est le principe du dîner.
18:40Exactement.
18:41Au dîner à 4, au dîner à 20.
18:42Et là, ça s'est renationalisé.
18:43C'est-à-dire que c'est très clairement
18:44des gens qui viennent
18:44avec leurs enjeux nationaux
18:46à Bruxelles,
18:46même à l'intérieur
18:47des services de la Commission,
18:48si vous voulez.
18:49Et au Parlement,
18:49on n'en parle même pas,
18:50mais c'est moins puissant.
18:51Et donc, à partir de là,
18:52vous avez ça.
18:52Donc, le Conseil européen
18:53doit être très habité.
18:54Et nous, on a du mal à l'habiter.
18:56C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
18:57Emmanuel Macron,
18:57vous l'avait dit,
18:58le Conseil des chefs d'État
18:58et de gouvernement,
18:59c'est pas la rétacité.
19:00On est tous là autour de cette table.
19:01C'est-à-dire qu'il faut une voix forte.
19:03Et pour l'instant,
19:03on a du mal à la trouver.
19:05Mais seul,
19:05bon courage aussi.
19:07Même avec notre place
19:08au Conseil de sécurité,
19:09avec notre armée nucléaire,
19:10c'est compliqué.
19:10Et honnêtement,
19:11la réplication de Macron
19:12sur le plan international.
19:12Parce qu'en France,
19:14les commentateurs sont bien magnanimes.
19:15Ils disent toujours,
19:16bon, voilà,
19:17on a une assemblée ingouvernable,
19:18on n'arrive pas à trouver de budget.
19:19Mais bon, franchement,
19:19sur la scène internationale,
19:20Emmanuel Macron,
19:21c'est quand même là
19:21où il arrive un peu
19:22à reprendre de l'air
19:24et gonfler ses voiles.
19:25En fait, pas du tout.
19:26Il faut lire les journaux étrangers
19:27ou parler avec des gens
19:29des chancelleries
19:30de différents pays.
19:31Macron est aujourd'hui ridicule.
19:32Et je peux vous dire
19:32que ce qui s'est passé
19:33pour le Venezuela
19:34ne va pas vraiment rehausser sa cote.
19:3610 secondes.
19:36Oui, pour reprendre
19:37votre théorie du dîner.
19:39D'ailleurs, aujourd'hui,
19:39la coalition des volontaires,
19:40il y avait une trentaine
19:40de chefs d'État
19:41qui étaient à Paris.
19:42Je ne sais pas si vous avez
19:43déjà fait une réunion
19:43à 30 personnes,
19:44mais c'est compliqué de s'écouter.
19:45Voilà, c'est compliqué.
19:46Quand on ne sait pas dire,
19:47on dit que c'est compliqué.
19:48Compliziert.
19:49Ganz compliziert.
19:50Donc, filmal.
19:51Merci à vous tous.
19:5318h56 dans 4 minutes.
19:55Europe 1 soir.
19:56Je vous retrouve
19:56avec beaucoup de plaisir
19:57sur Europe 1.
19:57A tout de suite.
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