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  • il y a 7 semaines
Avec Marc Chassillan, ingénieur défense, professeur à l'École militaire (EMSST) de Paris

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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE-2025-12-22##

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Transcription
00:01Le Grand Matin Sud Radio, 6h-10h, Maxime Liedot.
00:06Il est 7h36 sur Sud Radio et on vous explique ce matin l'annonce du Président de la République.
00:12La France va construire un nouveau porte-avions, c'est historique et c'est, on s'en doute, un peu stratégique.
00:18Mais ça coûte combien ? A quoi ça sert vraiment ? Est-ce qu'on peut encore se le permettre ?
00:22Bonjour Marc Chassilian.
00:24Bonjour.
00:25Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:26Vous êtes ingénieur défense, professeur à l'école militaire de Paris.
00:30Et la première question, évidemment, qui est sur toutes les l'herbes, est-ce que cette annonce était attendue ?
00:36Oui, totalement. Il faut savoir que les études de ce porte-avions, elles ont démarré il y a déjà plusieurs années, environ 7-8 ans.
00:42Donc en fait, ce qu'a annoncé le Président Macron hier, c'est l'autorisation de mise en chantier de ce porte-avions.
00:48C'est-à-dire, en clair, on va découper des tôles et on va commencer à construire un bateau.
00:51Oui, c'est uniquement ça. Mais il me semble que c'était annoncé dans la loi de programmation militaire.
00:58Ça veut dire que tout roule, que les financements sont prévus.
01:02Il n'y a pas, malgré l'ambiance budgétaire, de doute sur la capacité à payer.
01:06Alors, quand on relit la loi de programmation militaire 2025-2030,
01:10on voit qu'il y a une ligne qui s'appelle le porte-avions nouvelle génération.
01:13Donc, normalement, cette ligne budgétaire a été créditée des montants nécessaires.
01:20Évidemment, les difficultés budgétaires actuelles que traverse la France
01:24ne facilitent pas forcément le lancement de tous les chantiers en même temps.
01:27Oui, ça c'est sûr.
01:28Alors, nous qui ne sommes pas ici dans ce studio et ceux qui nous écoutent habitués au jargon et au monde militaire,
01:33concrètement, ça va servir à quoi un deuxième porte-avions ?
01:36Parce qu'on avait déjà la sensation, si vous voulez, que le premier, il était très lourd,
01:39il coûtait très cher et qu'il passait plus de temps en réparation qu'en mer.
01:44Alors oui, c'est ce qu'on appelle l'équation du porte-avions, c'est-à-dire que 1 égale 0.
01:48C'est-à-dire qu'en fait, quand vous avez un porte-avions,
01:52il passe environ 30% de son temps en indisponibilité diverse et variée.
01:57Donc, vous n'en avez que 70% du temps utile, si j'ose dire.
02:01Par exemple, l'année prochaine, notre Charles de Gaulle va rentrer pour deux ans en grande réparation.
02:06Donc, notre marine n'aura plus de porte-avions en 2026-2027.
02:10Il ne faudrait pas que quelque chose de fâcheux arrive sur les mers pendant ce temps-là.
02:12Donc, quand on dit qu'on va avoir un deuxième porte-avions, en fait, non.
02:16Ce porte-avions qui a été annoncé par le président Macron va succéder au Charles de Gaulle.
02:21En fait, la marine nationale n'aura toujours qu'un seul porte-avions.
02:24Oui, c'est sûr.
02:25Donc, c'est quand même un peu moins extraordinaire que ce que semblait annoncer hier le président de la République.
02:30Malgré les dates, on sentait bien qu'il s'était non pas un deuxième porte-avions,
02:34mais vous le précisez avec nous ce matin, Marc Chassilan,
02:36mais seulement un porte-avions qui va se substituer au Charles de Gaulle dans quelques années.
02:41Est-ce que ça veut aussi dire, au vu des échéances, on a dit qu'on pourrait le voir en mer au début des années 2038 ?
02:50Est-ce que ça veut dire que ce sera aussi un porte-avions plus moderne,
02:53c'est-à-dire plus préparé potentiellement aux enjeux de demain ?
02:56On pense aux drones, notamment.
02:58Oui, bien sûr.
02:59Alors, d'abord, ce sera un porte-avions plus lourd,
03:01parce qu'il va devoir embarquer des avions qui sont plus gros et plus lourds,
03:04qui sont les succès sur rafale.
03:05Il embarquera aussi des drones.
03:06Et puis, surtout, ce qu'on voudra, c'est que ce porte-avions puisse augmenter
03:12ce qu'on appelle le rythme des opérations aériennes.
03:14Donc, en clair, on veut lancer plus d'avions au cours d'une même mission.
03:18Donc, on va rajouter une catapulte.
03:20Il y aura trois catapultes de lancement au lieu de deux sur le Charles de Gaulle.
03:23Donc, ça fait un pont d'un vol plus grand pour des avions plus lourds.
03:27Donc, ça fait forcément un porte-avions plus lourd.
03:29On va passer 45 000 tonnes à pratiquement 80 000.
03:32Mais c'est aussi un porte-avions qui disposera, en particulier,
03:37de défenses très solides vis-à-vis d'un certain nombre de menaces,
03:41comme les menaces sous-marines, les menaces aériennes, les drones ennemis, par exemple.
03:46Et puis, c'est aussi un porte-avions qui va être extrêmement durci
03:52du point de vue de la cybernétique, puisque vous savez qu'aujourd'hui,
03:56une des principales menaces qui pèse sur tous les systèmes numérisés,
03:59qu'ils soient militaires ou civils, c'est évidemment l'intrusion cyber.
04:02Donc, il va y avoir un très fort durcissement cyber de ce porte-avions,
04:07comme il est d'ailleurs à l'œuvre aujourd'hui sur nos fragates de défense et d'intervention.
04:11Mais il y a, on va dire, un petit point d'interrogation.
04:14Je ne veux pas noircir les esprits inutilement, Marc Chassinant,
04:16mais en lisant la presse ce matin, vous parliez des grandes catapultes de lancement.
04:23Deux choses. Est-ce que vous pouvez nous rappeler à quoi ça sert ?
04:25Et un autre sujet d'inquiétude dans ma question.
04:27On me dit que ces catapultes seraient en fait américaines.
04:30Quel est l'intérêt de se lancer dans une construction aussi considérable
04:33qu'un deuxième ou qu'un nouveau porte-avions
04:36pour avoir encore dessus des équipements américains
04:38dont on sait, un peu comme certains avions,
04:41qu'il suffit d'une petite embrouille avec le président actuel outre-Atlantique
04:45pour que tout puisse se couper ?
04:47Alors, il y a deux équipements majeurs à bord d'un porte-avions français
04:51qui sont d'origine américaine.
04:53Il y a d'abord les catapultes et il y a ensuite les avions radars.
04:56Les avions radars, ce sont les yeux du porte-avions.
04:58C'est grâce à ces avions radars que le porte-avions
05:00peut créer un périmètre de sûreté et de sécurité autour de lui.
05:04Alors, cette dépendance aux Américains, elle est quasiment obligatoire
05:07parce qu'on ne sait pas en France financer le développement
05:11de catapultes électromagnétiques simplement pour en fabriquer trois.
05:16Les Américains ont onze porte-avions avec quatre catapultes à bord.
05:19Donc, quand ils développent des catapultes, c'est pour en fabriquer une cinquantaine.
05:23Nous trois, c'est-à-dire que ça n'a aucune rentabilité économique ni industrielle.
05:27Donc, ce n'est pas plus gênant que ça ?
05:29Alors, c'est une dépendance, il faut l'accepter.
05:30Alors, c'est une dépendance, il faut l'accepter.
05:32C'est-à-dire qu'il faut prendre un certain nombre de précautions,
05:34en particulier sur les 40 ans de vie que va avoir ce porte-avions.
05:39Bon, ben, merci beaucoup Marc Chassilian d'avoir essayé de nous éclairer,
05:42d'avoir même réussi à nous éclairer sur cet enjeu
05:44qui est la construction d'un nouveau porte-avions,
05:46donc en mer potentiellement dans les années 2038.
05:49Merci beaucoup et je rappelle que vous êtes ingénieur défense
05:51et professeur à l'école militaire de Paris.
05:54Il est 7h42.
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