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  • il y a 7 semaines
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Il n'y aura pas de trêve à Noël. C'est le message lancé par quelques milliers d'agriculteurs qui n'ont pas décidé de lever les blocages.
00:10Bonsoir, soyez les bienvenus dans BFM Grand Soir.
00:13Regardez ces images. On est dans différentes parties de France et plus particulièrement dans le sud-ouest.
00:18Le monde agricole ne veut pas relâcher la pression et les fêtes de fin d'année n'y changeront rien.
00:23Nous sommes sur deux autoroutes qui sont bloquées en ce moment même, en plein week-end de départ en vacances.
00:28Sur la A64 en Haute-Garonne et la A63 en Gironde.
00:34On part d'abord du côté de l'autoroute A64 à Carbone. C'est là que vous êtes Marion Roussel avec Chloé Barthaud.
00:40Bonsoir Marion. Alors ça fait des jours que vous êtes sur place et que vous suivez ces blocages pour nous.
00:45Alors si vous pensiez pouvoir rentrer chez vous, c'est raté parce qu'autour de vous, on a fait envoyer valser le courrier du Premier ministre.
00:53Oui tout à fait. Ici, il n'est pas question de quitter les lieux.
00:56Le mot d'ordre a été passé dès hier soir et il s'est poursuivi aujourd'hui toute la journée.
01:00Vous le voyez derrière moi, il y a encore des dizaines, des centaines de personnes qui sont présentes et qui répondent à l'appel des ultras de la A64
01:06pour continuer à bloquer cette autoroute depuis maintenant plus d'une semaine.
01:11Je suis avec Benjamin. Benjamin, vous êtes là depuis le début, vous aussi.
01:14Est-ce que ça peut tenir ? Le mot d'ordre, c'est de rester. Comment est-ce que vous envisagez ça ?
01:18Pour le moment, on n'a pas prévu de bouger. On va rester jusqu'à mardi, c'est sûr.
01:24Après, on verra les annonces qui sont faites et si elles nous conviennent, peut-être qu'on bougera.
01:30Mais pour le moment, on n'a pas prévu de bouger.
01:32Est-ce qu'il y a un espoir que ces annonces puissent avoir lieu ?
01:35On a l'impression que ça va de déception en déception.
01:37Ici, en tout cas, lorsqu'il y a des lettres de Sébastien Lecornu, des prises de parole de la ministre de l'Agriculture,
01:41est-ce qu'il y a encore l'espoir que quelque chose aboutisse bientôt ?
01:45On espère, nous, de tout cœur, parce que ce n'est pas avec plaisir qu'on est là.
01:49On verra bien s'il y a une évolution rapide.
01:53Nous, on espère vraiment que les annonces seront vraiment convaincantes.
01:57Vous l'avez compris, ici, le mot d'ordre, c'est de rester, de ne pas lâcher, de passer encore la nuit ici.
02:01Alors, tout est en train de s'organiser.
02:02Il y a le feu derrière moi qui est en train d'être alimenté pour réchauffer un peu les troupes.
02:06Et puis, on va s'organiser pour rester aussi la nuit,
02:08parce qu'il faut qu'il y ait toujours du monde sur le point de blocage
02:10pour que les forces de l'ordre ne puissent pas démonter ou déloger le point de blocage.
02:16On va rester ici encore, sans doute, plusieurs jours, en tout cas, en attendant des réponses.
02:20Merci beaucoup, Marion Roussel, depuis Carbone, qui est sur ce plateau pour en parler.
02:25Bruno Jeudy, bonsoir.
02:26Bonsoir, Amine.
02:26Thierry Arnaud, bonsoir.
02:28Bonsoir, Amine.
02:28Rocaille Adialo, bonsoir.
02:30Alors, vous faites partie des meubles, je ne vous présente plus.
02:32En revanche, vous, ce n'est pas encore le cas.
02:34Pierre-Marie Aubert, bonsoir.
02:35Bonsoir.
02:36Vous êtes directeur du programme politique agricole et alimentaire à l'IDRI.
02:39Soyez le bienvenu.
02:40On est aussi avec Éloane Espoulos.
02:42Bonsoir.
02:43Vous êtes président coordination rurale de l'Aveyron.
02:47Le message ce soir, c'est lequel ?
02:50Nous, on tient le choc.
02:53On est sur les barrages.
02:54On est à Barac-Ville, dans l'Aveyron.
02:56On est à Sèvres-le-Château.
02:58On tient une autoroute et une nationale.
02:59Donc, toute mon équipe, toutes mes équipes sont sur place et bossent pour tenir les radars
03:05car on n'a rien obtenu.
03:07Et alors, vous avez l'intention de continuer à bloquer jusqu'à quand ?
03:13Est-ce que vous avez une deadline ou est-ce que vous dites qu'on n'a pas de limites ?
03:17Déjà, lundi, il y a une réunion avec les quatre éleveurs et quatre scientifiques par rapport à l'ADNEC.
03:23Ils vont essayer de trouver une solution pour un autre protocole qui arrête l'abattage total.
03:28Nous, on est une région d'élevage et on va être très vigilants sur la sortie de cette réunion de lundi.
03:40Restez avec nous, M. Nespoulos.
03:43Thierry Arnaud, pour qu'on comprenne bien de quoi il s'agit, on s'en souvient,
03:47beaucoup attendaient ce courrier, ce fameux courrier de Sébastien Lecornu.
03:51Et finalement, beaucoup se disent non satisfaits de ce qui était écrit dans la lettre.
03:56Pour quelles raisons ?
03:57Oui, parce que...
03:59Il ne va pas assez loin, finalement.
04:00C'est presque plus ce qu'il n'y a pas écrit dans la lettre.
04:02C'est-à-dire le fait de renoncer explicitement, clairement, à une politique d'abattage systématique,
04:07dans l'hypothèse où un cas apparaît.
04:09Mais le Premier ministre se doutait bien que son courrier n'allait pas produire un miracle
04:13et la disparition instantanée de ce mouvement.
04:16Ce qu'il espère...
04:17Il a tenté, en fait, il s'est dit, sur un malentendu, ça peut marcher ?
04:19Non, je pense qu'il essaie de déployer une stratégie qui passe par le vaccin.
04:24Ce qu'il a appelé le cordon vaccinal dans ces dix départements.
04:28Et ce qu'il espère, c'est que le mouvement sera suffisamment rapide
04:30pour produire le fait qu'il n'y ait plus de cas supplémentaires
04:35et que dans l'hypothèse d'un cas supplémentaire,
04:37après consultation de la communauté scientifique,
04:39on ne soit plus en obligation et en situation de procéder à cet abattage intégral.
04:45Quelle est la seule communication qu'il fait ce soir, le Premier ministre ?
04:48C'est pour nous donner un relevé des pourcentages,
04:50pour nous dire qu'il y a près de 50% des bovins qui sont vaccinés dans l'Ariège.
04:55On est, dit-il, à 70% dans l'Aude, à 100% dans les Pyrénées au total,
05:00orientales, pardon, et au total sur les dix départements à 20%.
05:03Donc, le but pour lui maintenant, c'est d'aller le plus vite possible,
05:07de déployer ce qu'il appelle dans son courrier ce cordon vaccinal,
05:10pour qu'au fond, ce débat sur abattage ou pas abattage,
05:13il n'est plus véritablement de raison d'être parce que le vaccin aura produit son effet.
05:17Pour l'instant, il n'est pas encore prévu de vacciner tous les troupeaux en France ?
05:20Non, mais dans ceux des dix départements qui sont concernés par l'épisodisme.
05:25Bruno Jeudy, il en est question, notamment dans la tribune dimanche,
05:30où on voit que quatre anciens ministres de l'Agriculture, eux,
05:33demandent finalement aux agriculteurs de faire confiance à la science.
05:38Oui, c'est un plaidoyer en faveur de la science qui est signé par quatre anciens ministres de l'Agriculture,
05:47dont Michel Barnier, ancien Premier ministre également,
05:50Marc Fénaud, prédécesseur de Madame Gennevard,
05:54et puis les anciens ministres Travers et de Normandie.
05:57Donc, ces quatre personnalités, j'allais dire, d'orientations politiques différentes,
06:02qui plaident à la fois pour la science,
06:04mais qui aussi lancent dans leur tribune une sorte d'appel à la raison, à l'apaisement,
06:10essayant de parler un peu aux agriculteurs, aux éleveurs,
06:17mettant dans leur courrier de l'empathie, comprenant aussi leurs difficultés,
06:22mais restant fermes sur la question en y expliquant que ce n'est ni l'État,
06:28ni finalement le gouvernement ou toutes leurs structures qu'il faut attaquer,
06:32mais le virus, c'est bien ça, et donc il faut défendre, finalement,
06:38le protocole aujourd'hui que le gouvernement impose,
06:41et que certaines organisations syndicales, pas toutes, contestent,
06:45et la stratégie a bien été expliquée par Thierry,
06:48une extension à 750 000 bovins de vaccinés.
06:53Je crois que le Premier ministre, en fait, on voit bien aussi
06:55qu'il compte aussi un petit peu sur le début de division chez les éleveurs,
07:01on voit bien, quand même, bon, ça reste essentiellement...
07:04Toutes les organisations agricoles, c'est vrai, ne sont pas d'accord entre elles.
07:07Elles ne sont pas toutes d'accord, c'est circonscrit globalement,
07:10plutôt à l'Occitanie, un petit peu dans les Hauts-de-France,
07:11il n'y a pas beaucoup de barrages, l'Ouest n'a pas embrayé,
07:14qui est une grosse terre d'élevage, donc on voit bien aussi que,
07:16je pense que le Premier ministre joue là-dessus,
07:18mais il retrouvera sur sa route très très rapidement les agriculteurs,
07:22et notamment début janvier, parce que le mois de janvier s'annonce extrêmement difficile,
07:25la DNC, Mme Gennevar a dit qu'elle priait tous les soirs
07:28pour qu'il n'y ait pas un nouveau cas de DNC,
07:30donc elle s'en remet quand même aux forces spirituelles
07:32pour essayer de prendre le relais des mesures qui ont été décidées.
07:36Ce sont ses mots ? Elle a dit qu'elle priait tous les soirs ?
07:38Non, mais elle dit qu'elle regarde le ciel et elle espère qu'il n'y aura pas un nouveau cas,
07:43donc c'est moi qui exagère un peu le propos,
07:46mais c'était presque ça, on voit bien que chez elle,
07:48il y a un peu...
07:49Et puis en plus, elle est un peu dans le collimateur des éleveurs
07:52et des deux organisations syndicales qui sont en pointe,
07:56la coordination rurale et la confédération paysanne.
07:59Oui, c'est drôle parce que vous parliez d'empathie il y a un instant dans ce courrier,
08:03et Rocaille Adiallo, vous, vous nous le dites depuis des jours,
08:06il y a un petit problème de communication au niveau du gouvernement
08:08qui se montre pas très sensible, en tout cas à certaines revendications des éleveurs,
08:15qui ont du mal à se mettre à leur place.
08:16C'est le problème que vous évoquiez à l'instant, c'est déjà le temps de réaction de la ministre,
08:19je pense qu'il y a vraiment jeté un doute quant à sa faculté à être en empathie,
08:23et je crois que même si effectivement ces quatre anciens ministres de l'agriculture
08:26se sont liés malgré les divergences politiques pour donner,
08:29en tout cas pour recommander aux agriculteurs de suivre le protocole scientifique,
08:33il reste quand même une incarnation d'un pouvoir qui semble toujours imposé,
08:36avec une forme de distance, des mesures qui ne font pas sens dans le quotidien des agriculteurs,
08:39et aujourd'hui le problème c'est davantage d'avoir le sentiment
08:43de se trouver dans une forme de démocratie qui est un petit peu désincarnée,
08:46et qui n'est pas vraiment propice à comprendre ce que vivent les agriculteurs
08:50et ce à quoi ils sont confrontés, en cas de suivi des mesures
08:53qui sont préconisées par le protocole.
08:57Et donc finalement, cette empathie-là, en fait je pense qu'elle ne peut être audible
09:01que si elle correspond vraiment à quelque chose qui soit conforme
09:04à ce que les agriculteurs ont, ce dont ils ont besoin en tout cas aujourd'hui,
09:08dans une situation qui de toutes les façons était structurellement extrêmement compliquée.
09:12Est-ce qu'il y a un problème de pédagogie ou de communication, Pierre-Marie Aubert ?
09:17Moi je pense qu'il y a deux choses qu'il faut prendre en compte.
09:19La première chose c'est que, d'un point de vue sur le protocole vaccinal,
09:22on a quand même assez de recul, même cette maladie est assez nouvelle pour l'Europe,
09:27mais elle a été très bien étudiée en Afrique et au Moyen-Orient.
09:30Donc on sait qu'effectivement, même si c'est extrêmement douloureux,
09:34l'abattage total en l'absence de couverture vaccinale,
09:37c'est une manière d'arrêter rapidement le déploiement de la maladie.
09:40On a assez de recul pour se dire qu'il faut abattre tout le troupeau,
09:42même les vaches qui ne sont pas malades.
09:44Tant que la couverture vaccinale n'est pas suffisante,
09:47c'est-à-dire 70 à 90% de la couverture vaccinale.
09:49C'est pour ça qu'on veut accélérer sur cette couverture vaccinale,
09:52et c'est une bonne chose, parce que ça permettra effectivement
09:54d'avoir un abattage partiel uniquement.
09:57Mais je pense qu'il faut prendre un pas de recul.
09:59Si on s'en tient à dire, ah, la DNC, qu'est-ce que c'est, le problème, pourquoi ?
10:03En fait, il faut regarder que l'élevage du Sud-Ouest,
10:06un élevage qu'on appelle allaitant,
10:07c'est-à-dire qu'on fait des animaux qui vont faire de la viande,
10:10plutôt contrairement à l'élevage laitier
10:12qui est dans le reste du croissant ouest de la France,
10:14cet élevage-là, il souffre depuis de nombreuses années.
10:17Il souffre pour des raisons sanitaires.
10:19La DNC, ce n'est pas la première crise.
10:21On a eu la MHE il y a deux ans,
10:22avec des taux de mortalité qui ont bondi de près de 40% au niveau des vaches,
10:26avec des taux d'infertilité qui ont baissé de quasiment 15%.
10:29Donc l'élevage souffre économiquement.
10:31Il souffre aussi parce que ses coûts de production,
10:32ils sont globalement plus élevés que ceux des grands concurrents internationaux
10:36sur un produit, la viande bovine,
10:38qui est devenue ce qu'on appelle une commodité,
10:40c'est-à-dire un produit qui s'échange sur la seule base de ses coûts de production.
10:44Et donc dans ce contexte-là, en fait, cet élevage-là,
10:46il est affaibli.
10:47Il est affaibli par les problèmes sanitaires,
10:49il est affaibli par les dynamiques commerciales
10:52et notamment la potentielle signature du Mercosur.
10:54Et donc là, la DNC, c'est encore une fois une goutte d'eau
10:57qui vient en fait encore mettre, quelque part,
11:01encore plus à mal des structures qui sont en difficulté.
11:05Je pense qu'il faut regarder ce qui s'est passé en Savoie
11:07pour comprendre aussi.
11:08Parce que ce qui s'est passé en Savoie, c'est extrêmement différent.
11:11On a dans les deux Savoies des élevages qui sont à dominant des élevages laitiers
11:15avec un produit qui n'est pas d'une commodité.
11:17On fait du reblochon, on fait du beaufort, etc.
11:18C'est-à-dire qu'ils se valorisent très bien sur des marchés.
11:21Et ces éleveurs-là, ils ont été capables d'encaisser le choc
11:23et de passer à autre chose en quelque sorte.
11:26Ce n'est pas du tout la même chose qui se passe aujourd'hui.
11:28Quand on parle à ces éleveurs, certains ont aussi peur
11:30que leurs animaux retombent malades parce que justement,
11:33ils ne sont pas vaccinés.
11:34Donc ils disent que finalement, cette affaire, elle est loin derrière eux.
11:37Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
11:38C'est un ras-le-bol général, monsieur Nespoulous ?
11:42Oui, c'est surtout une déconnexion quand je vous entends.
11:44En fait, on répète et on re-répète que les animaux, pour nous,
11:49sont des êtres qui nous ont été hérités par nos grands-parents.
11:54Donc nous, on fera tout pour les protéger.
11:56Et j'entends dans les campagnes dire,
11:59si on a la DNC qui arrive sur nos vaches, on ne le dira pas.
12:03Et c'est pour ça qu'elle se propage.
12:04C'est pour ça qu'on ne nous comprend pas.
12:06Et quand vous parlez de produits lambda,
12:08je ne sais pas comment vous dites, au niveau de la viande,
12:10je ne crois pas, on fait des produits de qualité.
12:12Ça n'a rien à voir avec les échanges du Mercosur.
12:15Nous, c'est de la viande qui va être produite comme il faut.
12:19Et du coup, je suis assez choqué d'entendre ça.
12:23Ensuite, la DNC, comment elle se propage ?
12:28C'est justement parce que vous ne nous écoutez pas
12:30et on vous dit qu'il y a le facteur humain.
12:33Il n'y a pas que la science.
12:34On vous entend parler des scientifiques,
12:37mais il y a aussi le facteur humain.
12:38Et il y a eu des bêtises faites dues justement à l'abattage total
12:41et la peur de perdre tout son troupeau.
12:44Donc tout ça, c'est une...
12:47Comment dire ?
12:47Il y a un mur entre nous et les politiques
12:50qui n'entendent pas le terrain.
12:52Donc on l'a redit.
12:53Et sur la mortalité de la DNC,
12:55on a vu à la Réunion en 92,
12:57c'était...
12:58Je ne comprends pas que personne n'en analyse plus fortement ce cas-là.
13:02En 92, il y a eu la DNC à la Réunion
13:03et il y a eu 1% de mortalité.
13:07Donc il faut déclasser cette maladie.
13:10Il faut aussi trouver des solutions avec l'Italie et l'Espagne
13:14pour arriver à exporter.
13:17Du coup, on pourra vacciner toute la France
13:19et au moins on sera tranquille.
13:20Mais avant, il faut négocier avec l'Italie et l'Espagne,
13:23sachant que l'ACR ou la CONF,
13:25on le dit ça depuis juillet, juillet.
13:27Mais alors, on l'imagine, M. Nespoulos,
13:30ça doit vous faire sourire
13:31quand vous entendez que la ministre de l'Agriculture
13:33implore le ciel
13:34en espérant qu'il n'y ait pas de nouveau cas de DNC.
13:38Ah ben si, elle en est réduite à ça.
13:40Nous aussi, on est très stressés
13:42et on va passer des mauvaises fêtes à cause de ça.
13:45La peur au vendre d'avoir allé sauver un élevage
13:48parce qu'on ira tous de nouveau, on vous le dit.
13:50Nous, si elle monte dans l'Aveyron,
13:52c'est 5 fois plus de bovins qu'en arrière.
13:54J'aurais imaginé le nombre d'éleveurs face aux hélicoptères.
13:57Donc, j'espère que...
13:59J'ai rencontré M. Lecornu, il y était hier.
14:00Je faisais partie de la délégation CR.
14:03On a vu un Premier ministre quand même à l'écoute.
14:07Cependant, on a vu des conseillers
14:08complètement sur le frein à main
14:10en train de lui dire
14:11« C'est pas possible, c'est pas possible ».
14:13On aimerait avoir une volonté.
14:15On voit que M. Lecornu a la volonté de nous aider
14:19mais il va falloir un peu lui laisser les rênes
14:22et le laisser aller de l'avant
14:24pour trouver des solutions.
14:25Et nous, sauver notre élevage
14:27et surtout l'espoir
14:29parce que c'est de l'espoir qu'il nous faut.
14:31Merci beaucoup, M. Nespoulos,
14:33d'avoir été avec nous.
14:35Je voudrais faire réagir aussi
14:37Alexis Robtin qui est avec nous.
14:38Bonsoir.
14:39Vous êtes le vice-président des Jeunes agriculteurs.
14:42Ce soir, quelle est votre position ?
14:45Parce qu'on le disait,
14:45toutes les organisations agricoles
14:46ne sont pas sur la même ligne.
14:48Oui, tout à fait.
14:51Sur le sujet de la dermatose modulaire,
14:53on est sur la même position depuis le début.
14:56On fait confiance à la science
14:58et on applique le protocole sanitaire
15:00qui a fonctionné aussi bien dans les Savoies
15:03que dans les autres départements
15:04qu'on peut toucher.
15:05Et on appelle à la responsabilité collective
15:07de l'ensemble des éleveurs.
15:08quand j'entends le collègue
15:10qui dit que certains éleveurs
15:12ne veulent pas déclarer les cas de maladie.
15:15C'est mettre en péril
15:15l'ensemble de l'élevage
15:16de leur département,
15:18de leur région
15:19et plus largement l'élevage français.
15:21Que dites-vous à ceux
15:23qui vous reprochent,
15:24pas à vous particulièrement,
15:26mais qui reprochent à certains
15:27de manquer d'empathie ?
15:29On parle quand même
15:30de troupeaux entiers,
15:31de dizaines d'années de travail,
15:34du travail de plusieurs générations.
15:38Oui, bien sûr.
15:38Il y a ce côté affectif.
15:40Je suis moi-même éleveur.
15:42Si j'étais amené
15:44à devoir abattre mon troupeau
15:46où ça fait des dizaines d'années
15:48qu'on le constitue,
15:49forcément ce serait dramatique
15:50et extrêmement douloureux
15:52et j'espère ne pas en arriver là.
15:54Mais vraiment,
15:55il faut essayer
15:56de mettre ce côté affect
15:59le plus possible.
16:01On est forcément touché,
16:03mais il faut penser au collectif,
16:06penser à ses voisins
16:07et penser vraiment
16:09à l'ensemble de la filière
16:10et l'ensemble de l'élevage français.
16:12Parce qu'on parle de ça.
16:13Si jamais c'est amené
16:14à toucher plus largement la France,
16:18moi je viens de la région
16:19des Pays de la Loire,
16:21le nombre de bovins,
16:22c'est comme le disait
16:23le monsieur dans l'Aveyron,
16:24dans l'Aveyron,
16:25le nombre de bovins
16:25est exponentiel
16:26par rapport aux zones
16:27qui sont déjà touchées.
16:28ça peut être vite très dramatique
16:29et on ne sera pas
16:31sur des volumes abattus
16:33de 3 ou 4 000 bovins
16:35comme ça peut l'être aujourd'hui,
16:36ramenés à 16 millions,
16:37mais on sera sur beaucoup plus.
16:40Thierry Arnaud,
16:41c'est vrai qu'on est frappé
16:42par ces différentes positions.
16:45Comment est-ce qu'on explique
16:46que certains agriculteurs
16:48ne se sont pas résignés,
16:50mais en tout cas
16:50font complètement confiance
16:51en la science
16:53et d'autres ont décidé
16:54de se mobiliser
16:54parce qu'ils trouvent
16:55que c'est complètement injuste
16:56et que le gouvernement
16:56va dans le mur ?
16:57Oui, alors ça dépend
16:58déjà des situations individuelles
17:01dans lesquelles se trouvent
17:02les exploitations,
17:04bien sûr,
17:04ça dépend des régions
17:05dans lesquelles elles se trouvent
17:06parce que vous avez observé
17:08effectivement,
17:08et Bruno le rappelait tout à l'heure,
17:10que ces mouvements
17:11sont concentrés quand même
17:12dans une partie du sud-ouest
17:14en particulier
17:15et qu'il y a d'autres zones
17:16d'élevage importantes
17:18qui ne se sont pas mobilisées.
17:20Et puis il y a aussi,
17:22ça reflète également,
17:24outre ces situations personnelles
17:25qui, il faut le reconnaître,
17:26sont parfois très difficiles,
17:28une forme de rivalité
17:29dans ces mouvements
17:30syndicaux agricoles.
17:32Il y a la FNSEA
17:33qui est de loin
17:34le principal syndical
17:36aujourd'hui,
17:37mais il y a deux mouvements,
17:38la Confédération aux Paysannes
17:39et la Coordination Rurale
17:40qui montent
17:42et il y a aussi
17:44ce jeu d'influence
17:45qui est en train
17:45de se faire.
17:47Ce sont des syndicats
17:48qui sont aussi
17:49en situation de concurrence
17:50et c'est une partie
17:52de l'explication.
17:53Beaucoup de politiques aussi,
17:54sans doute,
17:54des arrières-pensées politiques
17:55chez ces syndicats.
17:57Thierry le disait,
17:57la Coordination Rurale
17:58qui monte beaucoup
17:59et qui conteste
18:00à peu près
18:00toutes les décisions
18:02gouvernementales.
18:03Donc c'est une position politique
18:04et ils en ont bien
18:05le droit.
18:07Pour faire simple,
18:08il y en a une qui est
18:08plutôt classée,
18:09on va dire,
18:10droite de la droite
18:10et extrême droite.
18:12Et puis la Confédération Paysanne
18:13plutôt classée
18:14assez à gauche.
18:17Et puis il y a aussi
18:17une logique,
18:18Confédération Paysanne,
18:19c'est une logique aussi
18:19plutôt
18:20d'agriculture productiviste,
18:23une agriculture
18:24moins tournée
18:25vers l'export,
18:26moins tournée
18:27vers la recherche
18:27de marché
18:28et au fond
18:29plus isolationniste.
18:31Donc il y a aussi,
18:32on retrouve
18:33dans les attitudes
18:35par rapport
18:36à cette malheureuse
18:38épisoderie,
18:39aussi un modèle agricole
18:41qui est défendu.
18:42Donc il y a des logiques
18:43syndicales,
18:44des logiques politiques
18:44qui sont aussi portées
18:45dans ces réactions
18:48divergentes.
18:50Et ce n'est pas toujours
18:52le cas,
18:52notamment sur ces questions
18:54notamment lorsqu'il s'agit
18:56des éleveurs
18:57où il peut y avoir
18:58en janvier 2024,
19:00lorsqu'il y a eu
19:01le grand mouvement,
19:02le précédent mouvement,
19:03il y avait vraiment
19:04toutes les organisations
19:05syndicales
19:05qui étaient
19:06sur les barrages.
19:09Cette fois-ci,
19:09ce n'est pas le cas.
19:10La FNSEA a choisi
19:11de jouer le jeu
19:12du gouvernement
19:13et d'ailleurs,
19:14c'est mis un peu
19:14en difficulté
19:15parce qu'on voit bien
19:16que le gouvernement
19:16a aussi un peu patiné.
19:18Ils sont obligés
19:19d'expliquer une position.
19:21Ça a marché.
19:22Ça a été compris
19:23dans les Alpes,
19:25les départements
19:26de Savoie
19:27et du Doubs.
19:28Même si ça a été
19:29très mal vécu.
19:30Mal vécu,
19:30mais c'est forcément
19:31mal vécu.
19:32Rabattre un troupeau,
19:35c'est une catastrophe
19:36pour un éleveur.
19:38Mais ça a été
19:38en tous les cas,
19:40quand vous ramenez ça
19:40à une échelle plus large,
19:41ça peut être compris.
19:43Ce n'est pas du tout
19:43compris en Occitanie
19:44parce qu'en Occitanie,
19:46lorsque les autorités
19:46sont allées là-bas,
19:47on leur a dit
19:48que les éleveurs
19:49de Savoie,
19:50les éleveurs du Doubs,
19:51ça n'a rien à voir
19:51avec les éleveurs
19:52de l'Ariège.
19:53Ils ont été très surpris
19:54d'ailleurs
19:55quand vous discutez
19:55avec les préfets
19:56du secteur.
19:57Ils vous disent
19:58qu'on ne peut pas parler
20:00des autres endroits
20:02du territoire
20:02aux éleveurs
20:03de l'Ariège
20:05ou des Pyrénées
20:07orientales.
20:08C'est vrai qu'il y a eu
20:09un problème de méthode
20:09aussi.
20:10C'est vrai que ces images
20:11d'une gendarmerie
20:13qui charge,
20:15l'hélicoptère,
20:16alors est-ce que c'était
20:16évitable ou pas ?
20:17On ne sait pas,
20:17mais en tout cas,
20:18ça a certainement
20:19contribué à radicaliser
20:22le mouvement.
20:23Simplement pour ajouter
20:24d'un mot,
20:25Émilie,
20:25que ça dépend aussi
20:26des sujets.
20:27Il y a deux véritables
20:28divisions,
20:28on l'a vu,
20:29sur cette épidémie
20:30de dermatose.
20:32Les syndicats agricoles
20:32sont unis,
20:33par exemple,
20:34pour contester
20:34l'accord du Mercosso.
20:36On le voit,
20:38en tout cas,
20:38la colère n'est pas
20:39retombée partout,
20:40c'est ce qu'on disait.
20:41On va regarder
20:41cette carte de France
20:42où, justement,
20:4350 actions
20:45ont été
20:46comptabilisées
20:47aujourd'hui,
20:491619 personnes
20:51dans les rues.
20:52C'est vrai que
20:53c'est un petit peu
20:54moins qu'hier,
20:55puisqu'hier,
20:55on était à 93 actions.
20:57Malgré tout,
20:58il reste encore
20:59du monde
21:00sur les routes
21:01et on le voit bien,
21:02le gouvernement
21:02a bien du mal
21:03à faire baisser
21:05la pression.
21:06D'ailleurs,
21:06on avait entendu
21:07Laurent Nunez,
21:08le ministre de l'Intérieur,
21:09dire que les blocages
21:10c'est terminé.
21:11Là,
21:11on a la preuve que...
21:12Pas de nouveaux blocages,
21:13il a dit précisément.
21:15Il n'était pas question
21:16de faire disparaître
21:18ce qui existait,
21:19mais il s'était opposé
21:22à la mise en place
21:22de nouveaux blocages.
21:23Donc,
21:24les précédents blocages
21:25pouvaient rester ?
21:26Les précédents blocages
21:27pouvaient rester
21:29à condition
21:29de respecter l'ordre,
21:32de respecter
21:32un certain nombre de règles
21:33et de faire ce qu'ils font
21:33aujourd'hui.
21:34D'ailleurs,
21:34ils le disent,
21:35ils restent là,
21:35ils sont en place,
21:37ils n'empêchent pas,
21:38ils n'empêchent pas,
21:39par exemple,
21:40les gens de rejoindre
21:41leur famille
21:41à l'occasion des fêtes
21:42de fin d'année.
21:43Tous ceux que vous avez
21:44entendus comme moi
21:44sur notre antenne
21:45au cours des dernières heures
21:46ont bien précisé
21:47qu'ils étaient là.
21:48Vous avez raison de dire
21:49qu'ils y sont
21:49et qu'ils ont l'intention
21:50d'y rester aussi longtemps
21:52qu'ils n'auront pas
21:52obtenu satisfaction.
21:54Mais pour autant...
21:54Ils ne s'aiment pas
21:55le chaos sur les routes
21:56au premier jour
21:58des vacances scolaires.
21:58C'est plus une occupation
21:59des lieux
22:00sur lesquels ils se trouvent
22:01qu'un véritable blocage.
22:02Oui, c'est bien ça,
22:03Marion Roussel.
22:03Justement,
22:04vous êtes toujours
22:04sur la A64
22:06à carbone
22:07et on laisse passer
22:08les usagers
22:10de la route.
22:13Oui, enfin,
22:14il y a une petite déviation
22:15sur 2 km environ
22:17qui crée
22:17certains ralentissements
22:18dans la journée
22:19mais au plus,
22:19ça rajoute environ
22:20un quart d'heure
22:21sur le trajet.
22:22Alors ici,
22:22en tout cas,
22:22ce qui est sûr,
22:23c'est que cette déviation
22:23n'est pas amenée
22:24à être levée tout de suite.
22:25On compte rester le blocage
22:26n'est pas du tout levé.
22:27Vous le voyez,
22:28il y a encore
22:28beaucoup de monde
22:29ce soir
22:29sur ce point de blocage
22:31qui est en place
22:32depuis plus d'une semaine.
22:33Je suis avec Cédric Baron.
22:34Vous êtes l'un des agriculteurs
22:35qui participent
22:36à ce blocage
22:36depuis le début.
22:38Comment est-ce que
22:38vous envisagez
22:39les prochains jours ?
22:40On l'a compris,
22:40vous ne comptez pas partir.
22:41Est-ce que ça peut tenir ?
22:42Comment est le moral ?
22:43Ça fait une semaine,
22:44c'est long.
22:45Ça va, ça va.
22:46On se remplace,
22:47donc on reprend de l'énergie,
22:49le moral est là.
22:52On va tenir.
22:53On va tenir.
22:54Tant qu'on n'a pas
22:55de réponse claire
22:56à nos revendications,
22:57on restera sur le pont.
22:59Est-ce que vous envisagez
23:00une inflexion pour Noël ?
23:02On parle de mardi.
23:03Est-ce que ça,
23:04c'est envisageable ?
23:04Est-ce que c'est entendable
23:05cette histoire,
23:06cette demande même
23:08de respecter
23:09une trêve de Noël
23:10pour que les gens
23:10puissent circuler ?
23:11Nous, les agriculteurs,
23:12on soigne nos animaux
23:13toute l'année.
23:14On ne sait pas ce que c'est
23:14ni Noël
23:15ni le premier de l'an.
23:16Pour nous,
23:16ça ne va rien nous changer.
23:17Donc, soit ici,
23:18le 24 ou le 25,
23:20ça fera pareil.
23:22Voilà.
23:22Vous attendez des réponses
23:23concrètes ?
23:24Vous attendez une réunion ?
23:25Oui, on attend des réponses,
23:27on a des revendications.
23:28Jusqu'à aujourd'hui,
23:28on n'a pas été entendus,
23:29donc on restera
23:30sous ce pont.
23:31Vous l'avez compris,
23:32le mot d'ordre est très clair.
23:34La ligne de conduite
23:35à suivre,
23:35c'est de rester,
23:36c'est de continuer
23:36à se mobiliser.
23:37Le mot avait été aussi passé
23:38hier lors d'une prise de parole.
23:40Jérôme Baye,
23:40l'une des figures
23:41de ce mouvement.
23:42Ici, on s'apprête
23:46demain matin,
23:46les jours suivants,
23:47s'il le faut.
23:48Merci beaucoup,
23:49Marion Roussel.
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