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  • il y a 6 semaines
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Générique
00:00La colère agricole retombera-t-elle avant Noël ?
00:14A l'approche des fêtes de fin d'année, le bras de fer est donc lancé entre le gouvernement et les agriculteurs.
00:20Il y avait cet après-midi 93 actions, un peu moins de 4000 personnes et 900 engins agricoles.
00:27Ce sont les chiffres du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.
00:31Et si Sébastien Lecornu parvenait à éteindre l'incendie ?
00:34Il y a quelques instants, le Premier ministre a adressé un courrier aux organisations agricoles.
00:39Partons justement dans le sud-ouest avec notre journaliste Marion Ressel.
00:43Bonsoir Marion.
00:45Cela fait déjà plus d'une semaine que les agriculteurs bloquent cette fameuse autoroute A64 sur laquelle vous vous trouvez.
00:53Qu'en dit-on sur place ?
00:57Eh bien ici, vous le voyez derrière moi, il n'y a pas le signe d'une inflexion du mouvement.
01:01Pour l'instant, il n'est pas question de quitter les lieux.
01:03Je suis avec Christophe, vous êtes éleveur en Haute-Garonne.
01:07Il y a eu cette lettre de Sébastien Lecornu, on l'a regardé rapidement ensemble juste avant.
01:11Cordon vaccinal étendu, la promesse de 750 000 vaccinations.
01:16Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a des réponses qui sont apportées ?
01:18Ou pour vous, ces mesures restent une déception ?
01:21Non, pour le moment, il n'y a rien de concret. Ça, c'est des choses qui avaient été annoncées déjà dans la semaine.
01:27Nous, on lui a soumis des propositions et pour le moment, il ne nous répond pas concrètement. Encore une fois.
01:32Annie Gennevar, la ministre de l'Agriculture, dit « Je suis à l'écoute des agriculteurs. »
01:37Et aussi, il faudrait lever les blocages pour Noël, il faut que les gens puissent circuler.
01:41Est-ce que pour vous, c'est entendable, cet argument de Noël ? Est-ce que cette écoute, vous la ressentez aussi ?
01:48Alors oui, on l'écoute. On ne la ressent pas beaucoup.
01:51Par contre, le blocage, ce n'est pas nous qui le faisons, c'est plutôt madame la ministre.
01:55Comme je vous dis, on y a soumis des mesures, on est force de proposition, notamment au niveau du protocole.
02:02Et au moment, pas de réponse.
02:03Donc là, en l'état, il n'est pas question de lever le camp.
02:07Tout à l'heure, il y a les gendarmes qui sont venus pour discuter avec les organisateurs.
02:11Vous restez ?
02:12Ah oui, bien sûr, oui. On l'a dit et redit et redit.
02:15Nous, on a fait des propositions.
02:19Pour le moment, on ne nous répond pas, donc on ne va pas bouger.
02:22Pas de souci.
02:23En tout cas, le mot d'ordre est tel quel ici, sur la 64 à Carbone.
02:27Malgré la lettre de Sébastien Lecornu, malgré les différents déplacements d'Annie Gennevar,
02:31et bien ici, le sentiment, c'est que concrètement, il n'y a pas grand-chose dans ces déclarations.
02:36En tout cas, pas assez, pas assez pour convaincre les agriculteurs ici présents
02:39qui se préparent à passer une nouvelle nuit sous ce pont de l'autoroute à 64.
02:44Merci beaucoup, Marion Roussel, depuis le sud-ouest en France.
02:48Et puis, on va partir maintenant dans l'Oise pour aller retrouver notre journaliste Pierre-Olivier Dantan.
02:53Bonsoir, Pierre-Olivier, vous êtes à Beauvais, juste devant la préfecture.
02:59Que se passe-t-il sur place ?
03:02Bien, tout à l'heure, on était sur l'autoroute à 16 au niveau du péage de Beauvais-Nord.
03:08Une opération escargot d'une cinquantaine d'agriculteurs, notamment les jeunes agriculteurs,
03:12qu'on a suivis en convoi jusqu'ici devant l'hôtel de la préfecture de l'Oise.
03:16Une action encore une fois symbolique.
03:17Ils sont une quarantaine ici.
03:19Justement, Mathieu Carpentier, on a pu regarder tous les deux ensemble un petit peu cette lettre de Sébastien Lecornu.
03:24La France maintient ses exigences en cas de perturbation du marché.
03:27Elle n'acceptera pas cet accord en l'état.
03:29Vous, voilà, il y a une petite trêve peut-être avec les fêtes,
03:31mais le combat va repartir de sitôt après les fêtes.
03:34Voilà, une légère trêve pendant les fêtes.
03:37On sera toujours présent et on le démontrera.
03:40Même si c'est les fêtes, il y aura des petites actions de communication
03:43de la part des jeunes agriculteurs de l'Oise pour leur montrer qu'on ne lâchera rien.
03:47Et qu'on sera en pleine forme, motivés plus que jamais pour redémarrer au mois de janvier.
03:55Ce report, c'est déjà une petite victoire pour vous ?
03:57Alors, on peut peut-être appeler ça une petite victoire,
04:00mais tant que ces accords ne seront pas abandonnés, on ne lâchera rien.
04:05De toute façon, vous pouvez le voir, on est motivés.
04:08Nous, les jeunes agriculteurs, on va défendre notre avenir
04:10pour que les jeunes puissent s'installer, pour qu'on puisse vivre de notre métier
04:15et pas dans des conditions déloyales comme ce qui peut nous tomber dessus avec le Mercosur.
04:20Merci Mathieu, vous les voyez.
04:22Voilà cette quarantaine de jeunes agriculteurs ici, pour présents,
04:24pour cette action symbolique devant l'hôtel de la préfecture de l'Oise, ici à Beauvais.
04:28Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
04:30Et évidemment, on continue d'en parler sur ce plateau avec Aurore Malval.
04:34Bonsoir, grand reporter au service politique de Marianne.
04:37Stéphane Gallet, bonsoir, porte-parole nationale de la Confédération Paysanne et Éleveurs.
04:42Et Mathieu Zagrotsky, bonsoir.
04:44Vous êtes consultant Sécurité Intérieure, BFM TV.
04:47Stéphane Gallet, je vous sens sacrément en colère en entendant la déclaration
04:51de ce monsieur des jeunes agriculteurs.
04:54Oui, mais même avant, il y avait un monsieur de la FNSEA qui disait
05:01on va lever les blocages, mais je ne sais pas de quoi on cause en fait.
05:03Parce qu'il n'y a eu que la coordination urale et la Confédération Paysanne
05:07à bloquer les routes pour s'opposer à la stratégie sanitaire de la DNSE.
05:12Donc ils n'ont pas de raison de dire on va lever les blocages alors qu'ils n'étaient pas...
05:15Mais ils vont lever les blocages de quoi ? Ils n'y sont pas.
05:17Non mais c'est quand même un sketch.
05:21Je ne comprends pas ce qui se passe en fait.
05:22C'est une entourloupe de la FNSA pour faire croire qu'ils sont dans le game en fait.
05:26Mais ils n'y sont pas dans le game depuis le départ en fait.
05:28Ils sont à côté de la plaque.
05:29Ils ne sont pas au soutien des éleveurs.
05:31Je vous rappelle quand même que moi j'étais au dernier parlement du sanitaire.
05:34Ils ont voté contre la vaccination.
05:36On a un courrier où effectivement dans le sud...
05:40Alors justement parlons-en de ce courrier de Sébastien Lecornu.
05:44Je rappelle juste que vous vous étiez à Matignon aujourd'hui.
05:47Vous êtes allé à la rencontre du Premier ministre,
05:50notamment pour parler de la vaccination des bovins
05:53et de l'accord entre l'Union Européenne et le Mercosur.
05:56On vient de recevoir un courrier du Premier ministre justement.
06:00Vous attendiez ce courrier pour voir quelles étaient les garanties
06:03que pouvait apporter Sébastien Lecornu.
06:05Qu'en dites-vous ce soir ?
06:06Déjà je l'ai reçu il y a 10 minutes.
06:09Donc excusez-moi mais j'ai juste eu le temps de le survoler.
06:12De ce que j'ai survolé, il n'y a pas les garanties qu'on nous avait posées sur la table,
06:16enfin les recommandations qu'on avait posées sur la table,
06:19à se voir une garantie pour lever l'abattage total.
06:22Donc je n'ai pas eu le temps d'analyser, je demande à mes collègues de le faire,
06:26mais je n'ai pas eu le temps d'analyser le courrier en détail.
06:28Si vous avez plus d'informations, je les veux bien.
06:30Alors justement, on va peut-être, Ormalval, vous avez regardé ce courrier.
06:35Avec moi, il est notamment question de la vaccination
06:37qui est généralisée dans différents départements.
06:40Pas partout en France pour l'instant, mais dans plusieurs départements.
06:43Sébastien Lecornu parle d'une vaccination massive de 750 000 bovins,
06:48mais qui sont exclusivement dans la zone du sud-ouest.
06:51C'est-à-dire un certain nombre de départements,
06:54les derniers là où l'épidémie était active en fait,
06:57et une sorte de département, enfin plusieurs départements, ceinture,
07:00tout autour d'eux.
07:01Mais cette vaccination est très circonscrite.
07:03Par exemple, elle ne concernera pas, en tout cas,
07:05elle ne concerne pas actuellement les départements de la Savoie
07:07ou qui avaient pu être touchés auparavant.
07:11Donc l'idée, ce serait de former un cordon sanitaire.
07:14Exactement.
07:14Et donc en fait, ce que dit Sébastien Lecornu,
07:17et ça c'est aussi la principale nouveauté,
07:19c'est-à-dire qu'il est prêt à ouvrir en fait une nouvelle conduite à tenir.
07:28Il dit, voilà, cette perspective de développement d'une immunité collective
07:31au sein de la future vaste zone vaccinale,
07:34donc cette fameuse zone dans le sud-ouest,
07:36nous autorise à réfléchir à une nouvelle conduite à tenir
07:38dès lors que des symptômes apparaîtraient dans un troupeau valablement vacciné,
07:43où j'imagine au bout d'une certaine durée peut-être après que le troupeau a été vacciné,
07:49situé au sein d'une zone où la vaccination a été suffisamment déployée.
07:53Donc ça veut dire, voilà, il y a des prérequis,
07:55il faut qu'il y ait suffisamment de troupeaux dans une zone circonscrite
08:00qui ont été valablement vaccinés.
08:02Et donc là, eh bien, une nouvelle conduite à tenir,
08:06cela pourrait vouloir dire, encore une fois,
08:08ce n'est pas non plus écrit noir sur blanc,
08:10mais que l'abattage systématique du troupeau ne serait plus la règle.
08:15Qu'est-ce que vous en dites, Stéphane Gallet ?
08:16Peut-être qu'on peut déjà avoir une réaction de M. Gallet dessus.
08:20Je pense que ce n'est pas forcément une bonne idée,
08:22parce que le risque, c'est que les gens attendent pour les déclarations.
08:26Nous, on a beaucoup insisté sur le fait que les éleveurs et les éleveuses
08:29puissent être les premiers acteurs, effectivement,
08:32de voir les premiers signes de la maladie au tout début,
08:37et puis d'être dans le déclaratif pour pouvoir enrayer la contagion.
08:42Donc d'être dans la transparence.
08:44Oui, mais du coup, la détection, c'est ça.
08:47L'urgence, c'est que les gens puissent détecter et agir au plus vite.
08:51Le risque de décaler, en fait, par rapport à la vaccination,
08:55en fait, c'est ça qu'il dit.
08:56Il faut une couverture vaccinale suffisante, une immunité garantie.
09:00Et en dehors de ça, on continue à abattre les troupeaux.
09:04En dehors de ça, on abattrait systématiquement l'entièreté du cheptel.
09:08Mais si jamais le troupeau est déjà vacciné,
09:11on n'abattrait pas tout le troupeau.
09:12Vous comprenez, le risque, c'est que les gens attendent
09:14d'arriver à la date de vaccination.
09:18Et du coup, on peut perdre en efficacité sur la maîtrise de la contagion.
09:23Dans la lettre aussi, Sébastien Lecornu parle justement
09:26de la question de la détection.
09:28Il dit qu'il souhaite accélérer les recherches sur les modalités
09:32de détection précoces du virus.
09:34Seul a même de nous aider à distinguer les animaux sains de ceux infectés.
09:38Donc il dit qu'il a demandé à la ministre de l'Agriculture
09:40de mobiliser les spécialistes du CIRAD,
09:42donc dans un effort de recherche particulier et massif,
09:45justement, pour essayer d'encourager les efforts de détection.
09:49Après, voilà, il y a au moins des ouvertures sur ce qu'on réclamait
09:53depuis le début, c'est étudier les alternatives à l'abattage systématique.
09:57Nous, c'est ce qu'on réclame depuis le départ,
10:00mais on n'a pas, pour l'instant, ça reste...
10:03Enfin, je vais lire le courrier en détail,
10:05mais on n'a pas, pour l'instant, des garanties directes
10:08de sortir de cet abattage systématique.
10:10Donc là, pour l'instant, quand vous entendez les grandes lignes,
10:12vous êtes plutôt déçus du courrier de Sébastien Lecornu.
10:15Oui, mais dans la même tournure de ce qu'on a vécu dans le rendez-vous.
10:19C'est-à-dire qu'il suspend un peu, en fonction de l'expérimentation,
10:24en fonction de l'étude qu'il dit scientifique avec un groupe d'experts,
10:30il suspend les troupeaux en les maintenant sur le protocole existant.
10:37Du coup, on n'est pas rassuré, parce que nous, ça fait six mois,
10:40ça fait six mois qu'on dénonce cette stratégie,
10:44et ça fait six mois que les éleveurs vivent avec la menace
10:47de voir leurs troupeaux abattus.
10:48Pour vous, ça ne règle pas tout, mais ça veut dire que
10:53ça ne va pas forcément lever tous les blocages.
10:57Ce qui bloque réellement, c'est ce que vous nous disiez.
10:59Peut-être, Mathieu Zadrotsky, un mot sur ces blocages.
11:02On sait que c'est la hantise du gouvernement,
11:04et que le gouvernement cherche absolument à lever tous les blocages
11:07avant Noël et les fêtes de fin d'année.
11:10Oui, il cherche à lever les blocages,
11:11mais il cherche à lever les blocages en n'utilisant pas la force,
11:14parce qu'encore une fois, ce seraient des images ou des situations assez impopulaires.
11:18Et puis, il y a aussi un autre aspect qui est important.
11:21Comment est-ce qu'on fait, pardon, mais sans la force, dans ces cas-là ?
11:24Lever les blocages sans la force, c'est grâce aux négociations ?
11:26Ça ne se passe pas sur le terrain ?
11:27Oui, exactement. Ça se passe sur le terrain, par la négociation.
11:30Alors là, il y avait cet agriculteur en Haute-Garonne,
11:34lors du premier duplex, qui disait, on vient de parler aux gendarmes,
11:36on vient de discuter avec les gendarmes.
11:37Je crois que c'est votre journaliste qui lui posait la question.
11:39Sur les points de blocage, les agriculteurs,
11:41ils sont en contact permanent avec les gendarmes locaux.
11:43C'est-à-dire que tous ces gens se connaissent sur le terrain.
11:46Il y a 3 000 brigades de gendarmerie en France,
11:48qui sont en zone rurale, principalement.
11:51Et donc, il y a d'abord cette phase de dialogue.
11:53On dit, voilà, maintenant, on a pour ordre de débloquer.
11:56On préfère ne pas user de la force.
11:58Est-ce que c'est une bonne idée, ça, de dire,
12:00on vous donne l'ordre de débloquer les routes ?
12:02Alors, ce n'est pas que c'est une bonne idée, c'est la doctrine.
12:04C'est que, globalement, il y a une graduation de l'usage de la force.
12:09C'est que, d'abord, on émet, on négocie, on émet des sommations,
12:13on demande aux gens de partir.
12:15Certains points vont peut-être se débloquer de cette façon-là,
12:17de manière pacifique.
12:19Et il y a d'autres endroits où ça va se passer, sans doute,
12:21de façon peut-être plus musclée.
12:23Mais est-ce que ce n'est pas une crainte pour les forces de l'ordre,
12:25quand on a un gouvernement qui dit, bon, maintenant, ça suffit,
12:28vous allez arrêter de bloquer ?
12:29Est-ce que ce n'est pas justement ce genre de phrases
12:31que peuvent redouter les forces de l'ordre ?
12:32Bien sûr, parce que, je le disais à l'instant,
12:36ça donnerait des situations tendues,
12:40ça donnerait des situations forcément filmées et impopulaires
12:43qui rejailliraient sur l'image des forces de l'ordre.
12:46Et puis aussi, on peut imaginer qu'il y a une bonne partie
12:48des forces de l'ordre, et notamment ces gendarmes dont je parle,
12:50qui ne prendrait pas un plaisir particulier,
12:53à déloger des agriculteurs que par ailleurs ils connaissent
12:55et avec lesquels ils peuvent par ailleurs sympathiser
12:58par rapport à leur cause.
13:00Oui, Stéphane Gallet, vous nous le disiez,
13:02Sébastien Lecornu n'a pas chômé aujourd'hui.
13:04Il a reçu beaucoup d'organisations agricoles,
13:07les quatre principales.
13:08Notamment, vous étiez invité à Matignon.
13:11Comment est-ce que vous l'avez senti, le Premier ministre ?
13:14On a entendu quelques retours plutôt positifs sur lui.
13:18Il a l'air d'avoir trouvé une méthode, en tout cas, pour discuter.
13:23Il nous a entendus.
13:25Je pense qu'il nous a entendus, mais il ne nous a pas écoutés.
13:28Je pense qu'il y a une distinction.
13:30C'est-à-dire que nous, on portait, je lui ai dit,
13:32on porte le désespoir de la colère agricole.
13:36Enfin, on porte toutes les revendications
13:38qui s'expriment depuis des semaines dans les campagnes.
13:42Et encore une fois, qui exprime ce désespoir des éleveurs et des éleveuses.
13:49Et il n'a pas apporté, je suis désolé de le dire,
13:51mais il n'a pas apporté une solution, un engagement politique impactant.
13:58Impactant réellement pour que les paysans et les paysannes
14:02soient rassurés sur leur devenir, soient rassurés sur leur avenir.
14:05Enfin, moi, je n'ai rien entendu dans la réunion
14:09qui me disent, enfin, on a été écoutés par les pouvoirs publics.
14:13Mais alors, vous espérez quoi aujourd'hui ?
14:15Parce que, je me souviens, la semaine dernière, on en parlait ensemble.
14:18Vous nous disiez, je ne veux plus avoir affaire à la ministre de l'Agriculture,
14:22à Annie Gennevar, ça ne sert plus à rien.
14:23Moi, je veux parler au Premier ministre.
14:26Vous dites qu'il ne vous a pas écouté, qu'il vous a juste entendu.
14:31On en est où maintenant ?
14:32Je lui ai dit, à la fin de la réunion, on est dans une situation de blocage.
14:35On est dans une situation de blocage, puisque nous, on avait,
14:38je pense qu'on n'est pas des fous furieux,
14:40on avait toute une série de propositions très concrètes.
14:44Et je pense qu'il avait, encore une fois, besoin d'avoir un engagement assez fort.
14:49Parce que, je le répète, je lui ai dit aussi,
14:51ce n'est pas une crise sanitaire.
14:53Enfin, c'est une crise sanitaire, mais c'est d'abord une crise politique.
14:56Et il faut régler ça avec un engagement politique.
15:00Parce que la stratégie sanitaire, je l'ai dit aussi beaucoup,
15:03c'est que la stratégie sanitaire, elle est guidée par des intérêts économiques,
15:07elle est guidée par des intentions politiques.
15:11Donc, nous, ce qu'on demandait, c'est à revoir ses intentions,
15:13c'est-à-dire faire passer en priorité la protection des troupeaux
15:18et la défense des éleveurs et des éleveuses.
15:20Eh bien, sur le plateau, enfin, sur la table ronde
15:24où il y avait tous les ministres concernés,
15:28avec le Premier ministre, il y avait aussi le ministre du Commerce,
15:32le ministre de l'Export, enfin, le ministre des Affaires Européennes.
15:37Du coup, on ne comprenait pas bien, nous, ce qu'ils faisaient là,
15:40mais en fait, parce que leur intention, c'est encore une fois,
15:43elle est purement économique.
15:45On peut le comprendre.
15:46Mais nous, on était venu discuter de la crise sanitaire, vous comprenez ?
15:50Et c'est sur ce sujet de la crise sanitaire
15:53qu'on n'a pas été écoutés.
15:57Et dans la réponse dans le courrier, il est beaucoup question, effectivement,
16:00Il est question d'autre chose, d'ailleurs.
16:02De l'apport, des exports, mais il n'est pas question
16:05de répondre à la souffrance et à la colère des paysans.
16:10Il est question notamment d'une réunion en janvier.
16:14Le gouvernement a l'intention de discuter avec vous en janvier.
16:18Est-ce que pour vous, là aussi, c'est une porte ouverte ?
16:20Ou vous dites, bon, on essaie de gagner du temps ?
16:22Alors, moi, il y a un dialogue.
16:23Je peux reconnaître ça.
16:25C'est qu'il y a un dialogue.
16:26Et nous, on a demandé cette réunion en janvier
16:27pour continuer à pousser nos propositions.
16:30Mais ce n'est pas parce qu'il y a un dialogue qu'on ait entendu.
16:32Vous voyez, c'est une différence.
16:33Je peux reconnaître la méthode.
16:35Elle est intéressante dans le dialogue.
16:36Alors qu'avant, on avait parfois une fin de non-recevoir
16:39de la part d'Anne Genevar,
16:40c'est-à-dire qu'elle n'écoutait qu'un seul syndicat.
16:42Mais ça, c'est plutôt une bonne chose, le dialogue.
16:46Nous, on appelle ça.
16:47Mais ça ne veut pas pour autant dire
16:48qu'on ait, encore une fois, écouté.
16:51Et que cette écoute, elle est importante
16:52parce qu'elle ne vient pas de nulle part.
16:55La crise, la situation de tension,
16:58elle ne date pas de l'Ariège.
17:00Elle date de la Haute-Savoie-Savoie.
17:03C'est-à-dire depuis le mois de juillet.
17:05De l'été dernier, oui.
17:05Donc, depuis le mois de juillet,
17:07on ne cesse de répéter qu'il faut changer de paradigme.
17:10Et du coup, on avance.
17:13Ils avancent vers ce qu'on nous propose,
17:15mais avec beaucoup de retard.
17:17Et ce retard, en fait,
17:19il a mis tous les éleveurs et les éleveuses
17:21dans une situation très difficile.
17:23Donc, c'est plus...
17:24Enfin, ils n'ont déjà pas anticipé.
17:26Ils ont déjà beaucoup de retard
17:28sur la méthode et sur le fond.
17:31Et ils arrivent avec des réponses tiennes.
17:32Et maintenant, ils vous demandent
17:33de sauver le Noël des Français.
17:36Oui, c'est ça.
17:37Aurore Malval, est-ce que, d'après vous,
17:39le gouvernement s'y prend bien ?
17:41C'est vrai que là, il y a eu une petite accélération.
17:43On a vu Annie Gennevar plusieurs fois
17:45sur le terrain ces derniers jours.
17:48Et notamment aujourd'hui.
17:49Encore, elle était en déplacement dans les Yvelines.
17:52À Gambay, on voit Sébastien Lecornu
17:54qui consulte à tour de bras.
17:55Bon, on sent qu'il y a urgence.
17:58Oui, oui, on sent qu'il y a urgence.
18:00On sent d'ailleurs la gravité
18:02de la prise de conscience du gouvernement.
18:04Parce que lorsque c'est...
18:05Enfin, le fait que ce soit Sébastien Lecornu
18:06qui s'en occupe,
18:08c'est clair que c'était une demande des agriculteurs.
18:10Et ça montre un petit peu la gravité de la situation.
18:13Annie Gennevar, moi, je trouve quand même
18:15qu'elle est, depuis le début de cette crise,
18:16un petit peu à contre-temps.
18:18Et même là, lorsqu'elle demande aux agriculteurs,
18:20finalement, de cesser les blocages,
18:21parce que ce n'est pas très sympa
18:22de faire tout ça pendant les vacances des Français,
18:24j'ai le sentiment que, pareil,
18:26on n'est pas tout à fait quand même
18:27à la hauteur des attentes et de la crise.
18:31Heureusement, on a, du côté du gouvernement,
18:34en tout cas du côté de Sébastien Lecornu,
18:36cette volonté de dialogue,
18:39cette lettre quand même de quatre pages
18:41qui a été envoyée,
18:42qui répond d'ailleurs à plusieurs demandes.
18:45Parce que, bien sûr,
18:46on a une crise qui est multifactorielle.
18:48Évidemment, il y a la DNC,
18:50mais il y a aussi le Mercosur,
18:52il y a aussi la PAC,
18:52la renégociation de la PAC.
18:54D'ailleurs, Sébastien Lecornu en parle.
18:55Il dit qu'il ne faut pas un euro en moins pour la PAC.
18:59Il est aussi question des taxes carbone.
19:03Donc, voilà, c'est tous ces facteurs-là
19:05qui créent un climat explosif,
19:07potentiellement explosif.
19:09Et puis aussi, je pense,
19:10une crise de confiance des agriculteurs
19:13et même, d'ailleurs, plus largement,
19:15un petit peu des Français vis-à-vis des exécutifs.
19:16Une crise qui dure déjà
19:17depuis des dizaines et des dizaines d'années.
19:20Et oui, et qui a été amplifiée.
19:21Et notamment là,
19:22qui se manifeste particulièrement,
19:24en fait, avec cette question de la science,
19:25du consensus scientifique.
19:28On l'a vu naître
19:29pendant la gestion de l'épidémie de Covid.
19:31Et là, on se retrouve aussi
19:33face aux mêmes réflexes
19:35qui sont, voilà,
19:36on nous ment,
19:37la méthode scientifique n'est pas la bonne.
19:40Et d'ailleurs, Sébastien Lecornu,
19:41il essaie de recoudre,
19:43en fait,
19:43ce lien entre les scientifiques
19:46et les agriculteurs.
19:47Il demande, justement,
19:48il y a cette réunion
19:50qui est prévue
19:51entre, justement,
19:53des scientifiques
19:53sous l'égide de la ministre de l'Agriculture
19:55avec des professionnels,
19:57des agriculteurs,
19:58pour essayer de remettre
20:00du lien et de la confiance
20:01entre ces deux mondes.
20:02Là, on assiste aussi
20:04à une remise en cause
20:05assez dure
20:05ces derniers jours.
20:07Et nous repartirons
20:08sur le terrain
20:09dans un petit instant,
20:10en tout cas,
20:11pendant cette soirée,
20:12pour comprendre
20:13jusqu'où va cette colère
20:14des agriculteurs
20:15et si elle est sur le point
20:16de retomber
20:16après ce courrier
20:18envoyé par le Premier ministre.
20:19de l'Agriculture.
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