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  • il y a 6 semaines
Dans son édito du 20/12/2025, Jules Torres revient sur la mascarade budgétaire qui touche actuellement la France.

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Transcription
00:00Oui, depuis des semaines, on le disait sur CNews, ce budget n'avait aucune chance de passer,
00:05aucune, pas de majorité absolue, pas de coalition assumée, pas de ligne idéologique claire.
00:09Et pourtant, certains ont persisté à jouer la comédie.
00:12Ils ont fait semblant de croire qu'une commission mixte paritaire pourrait accoucher d'un miracle politique.
00:18L'échec n'est donc pas une surprise.
00:20Ce qu'il est en revanche, c'est l'acharnement à entretenir, cette illusion.
00:23Ce budget était morné parce qu'il reposait sur une fiction institutionnelle,
00:28celle d'une assemblée capable de fixer un cap alors qu'elle est éclatée en bloc irréconciliable.
00:34Pendant des semaines, le spectacle a été affligeant, des milliers d'amendements empilés,
00:37toujours plus d'impôts, toujours plus de taxes, une réforme des retraites suspendue par les macronistes eux-mêmes,
00:43des dirigeants du Parti Socialiste qui faisaient chaque jour à l'Assemblée Nationale la pluie et le beau temps,
00:49des concessions vécues et prendies comme des victoires historiques alors qu'elles ne faisaient que repousser l'inévitable.
00:56Au final, on a bien compris que personne ne gouvernait.
00:59On a donc ainsi bricolé un budget socialiste par défaut, un empilement de mesures, des renoncements,
01:05des augmentations, des dépenses mal compensées et surtout une incapacité totale à assumer une trajectoire de redressement
01:12alors même que la dette publique française a atteint 3 482 milliards d'euros au troisième trimestre de 2025,
01:19soit 117% du PIB et malgré cela, on a laissé le pays perdre du temps, de l'énergie mais surtout de la crédibilité.
01:29Alors Jules, le gouvernement évoque désormais une loi spéciale.
01:32Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire et à quoi ça sert ?
01:34C'est très simple. Quand il y a un problème et que le politique ne fonctionne pas, on appelle qui ?
01:39On appelle le technicien. Voilà donc la loi spéciale, un texte d'urgence prévu dans la Constitution
01:43pour éviter en effet la paralysie totale de l'État.
01:46Elle permet de continuer à percevoir les impôts existants, de payer les fonctionnaires,
01:50d'assurer la trésorerie de l'État, de poursuivre l'emprunt et en bref,
01:54elle empêche, vous savez, ce shutdown à la française que l'on peut voir parfois aux États-Unis.
02:00Mais en revanche, la loi spéciale, elle ne règle rien parce que par définition, une loi spéciale,
02:04elle ne tranche pas, elle reconduit l'existant, elle gèle les choix, elle suspend les arbitrages,
02:10elle enterrine et elle repousse les réformes quand il y en a.
02:14En l'occurrence, en ce moment, il n'y en a pas.
02:16Bref, tout est renvoyé à plus tard, tout est renvoyé au mois de janvier.
02:20Pendant ce temps, l'État continue de fonctionner mais il n'avance donc plus,
02:23il gouverne à vue avec le minimum syndical et le minimum vital dans une forme de coma politique organisé.
02:29Et contrairement à ce que certains tentent de faire croire,
02:31cette paralysie, elle a un coût extrêmement concret.
02:34Les estimations circulent désormais ouvertement.
02:36On le tient de la ministre du Budget Amélie de Montchalin.
02:3912 milliards d'euros, c'est le coût d'une loi spéciale,
02:43des économies donc prévues qui sautent,
02:45des recettes attendues qui ne viendront jamais dans les caisses de l'État.
02:49Donc c'est un impact négatif pour tout, on l'a dit d'abord pour la crédibilité,
02:53mais surtout pour la croissance.
02:54C'est la facture donc de l'inaction,
02:56la facture d'un Parlement incapable de voter le moindre budget.
03:00Ce que vous nous dites, c'est qu'avec une Assemblée dans cet État,
03:02il est aujourd'hui quasiment impossible de voter une loi ou un budget.
03:05Mais oui, parce qu'en réalité, le problème, ce n'est pas le budget,
03:08ce n'est pas la loi spéciale.
03:09Le problème, c'est cette Assemblée telle qu'elle fonctionne aujourd'hui,
03:12telle qu'elle ne fonctionne plus dans cette configuration.
03:15Il ne sortira rien de bon de cette Assemblée,
03:18ni une bonne loi, ni un bon budget,
03:20ni une réforme structurante capable de préparer l'avenir.
03:23Cette Assemblée fabrique mécaniquement de la faiblesse,
03:26des compromis bancals quand ils existent,
03:28et surtout des blocages permanents quand ils échouent.
03:31On le voit bien sur le budget, mais aussi sur tout le reste.
03:33Chaque texte devient laborieux, extrêmement fragile,
03:36contesté avant même d'être appliqué,
03:38gouverné à coups de lois spéciales,
03:40de textes techniques ou de ruines institutionnelles.
03:43C'est accepter l'idée qu'un pays peut être piloté
03:46sans majorité claire, sans responsabilité claire,
03:49et surtout sans aucun cap clair et assumé.
03:51C'est donc une illusion de savoir qu'on pourrait avoir un budget.
03:55Il n'y aura pas de budget, peut-être une loi spéciale
03:58ou alors un budget socialiste,
04:00mais il faudra donc attendre la rentrée.
04:02François Fillon l'a dit cette semaine,
04:04la seule manière dans le Figaro,
04:06Eric l'a cité tout à l'heure,
04:07la seule manière aujourd'hui de sortir de la crise,
04:10c'est un retour aux urnes,
04:11par évidemment des élections législatives
04:14ou par une présidentielle anticipée.
04:16C'est une nécessité démocratique
04:18qui est aujourd'hui appelée par une majorité de franchise
04:22et qui pourrait permettre l'émergence d'une nouvelle majorité,
04:25une majorité claire,
04:26qui puisse faire voter des lois importantes pour le pays
04:29au vu de la situation catastrophique,
04:32par exemple de nos comptes publics
04:33ou par exemple de la situation dans les rues françaises.
04:36C'est donc à Emmanuel Macron de choisir
04:37de nouvelles législatives ou une nouvelle présidentielle.
04:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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