Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 mois
Dans son édito du 28/09/2025, Jules Torres revient sur la première prise de parole de Nicolas Sarkozy depuis sa condamnation.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Deux des livres de chevet de Nicolas Sarkozy résument la tragédie qu'il est en train de traverser.
00:04Voyage au bout de la nuit, eh bien pour l'épreuve, le conte de Montecristo pour la revanche.
00:09L'ancien président se débat aujourd'hui et désormais entre les ténèbres de Céline et le faux procès de Dumas.
00:15Douze années d'instruction, des centaines d'heures d'interrogatoire et au bout du tunnel, une condamnation bâtie sur une hypothèse.
00:20Voilà la nuit, mais au cœur de cette nuit, Nicolas Sarkozy endousse les habits des demandantes,
00:25le banni du château d'If, humilié mais debout, comme Céline, il a traversé les ténèbres, comme Dantès, il rêve déjà de revanche.
00:32Il a compris que ce procès le dépasse Nicolas Sarkozy, qu'il n'est plus seulement injusticiable, mais le miroir d'une justice qui vacille.
00:38Ce n'est pas moi qui suis humilié, mais la France, tranche-t-il, l'attaque est frontale.
00:42Ce procès et cette condamnation, ce n'est plus le sien, ce n'est plus la sienne, mais celui d'une institution qui, à ses yeux, s'est écartée de l'état de droit.
00:50Alors Nicolas Sarkozy se campe en homme debout, à la manière de Dantès, condamné sur un faux.
00:55Il transforme l'humiliation en énergie de combat, l'injustice comme moteur et la résilience comme arme.
01:00Alors après ce portrait de l'homme debout, une question demeure.
01:04Sur quels fondements précis repose cette condamnation ?
01:06C'est une excellente question.
01:08À quoi l'a-t-on vraiment condamné ?
01:11Pas d'argent libyen dans sa campagne de 2007, pas de pacte de corruption avec Kadhafi,
01:15pas d'enrichissement personnel, ne reste qu'un bricolage de fin d'instruction,
01:19une association de malfaiteurs sorti du chapeau in extremis, bâti donc sur une hypothèse,
01:25voilà donc la République des juges, la culpabilité par présomption, l'inversion de la charge de la preuve.
01:30Et comme si cela ne suffisait pas, on ajoute l'exécution provisoire,
01:34une arme exceptionnelle, rarement utilisée dans ce cas-là.
01:36Pourquoi alors ? Pour prévenir d'un trouble à l'ordre public, avancent les magistrats.
01:41Mais quel trouble ? L'homme s'est présenté à toutes les audiences,
01:44il n'a jamais fui, jamais insulté, il est l'un des visages les plus connus de France.
01:48Le seul trouble, raille Nicolas Sarkozy dans l'interview,
01:51c'est d'avoir vu la salle d'un restaurant vendredi matin se lever pour l'applaudir après le jugement.
01:56Là encore, une incohérence.
01:58Et les comparaisons Nicolas Sarkozy en fait dans cette interview du GDD,
02:01par exemple dans l'affaire de François Bayrou et des assistants parlementaires.
02:04Le même tribunal expliquait qu'on ne peut pas condamner sur une simple hypothèse.
02:08Un ministre socialiste, Jérôme Cahuzac, pour ne pas le citer,
02:12avait été pris, souvenez-vous, la main dans le sac avec un compte offshore.
02:16Il n'a jamais vu l'ombre d'une cellule.
02:18Là aussi, deux poids, deux mesures, Nicolas Sarkozy en est convaincu.
02:22Et il retourne évidemment l'arme contre les juges.
02:24Ce n'est pas moi qui suis humilié, c'est la France, on l'a dit.
02:27C'est sans doute la phrase la plus importante de l'interview.
02:30Car quand la justice donne le sentiment de régler ses comptes,
02:32eh bien c'est l'état de droit qui vacille.
02:33Alors justement, au-delà du jugement, cette interrogation,
02:38quelle est désormais son objectif central dans ce combat ?
02:41C'est très clair, il ne demande ni pitié, ni grâce présidentielle.
02:45Pour être gracié, dit-il, il faut reconnaître sa culpabilité.
02:49Jamais je ne reconnaîtrai quelque chose que je n'ai pas fait.
02:52Sa bataille donc n'est pas seulement judiciaire, elle est existentielle.
02:55Il ne quémande pas la clémence, mais la vérité, son nom lavé, son honnêteté reconnu.
02:59Un combat qu'il assume au long cours.
03:01Comme Montecristo, il s'arme de patience et de ténacité.
03:0412 années d'instruction n'ont pas eu raison de lui.
03:075 années d'enfermement n'ébranleront pas davantage sa volonté.
03:10Derrière cette posture, Nicolas Sarkozy a une obsession.
03:13Prouver son innocence, non seulement pour lui, mais pour ce qu'il croit être la justice.
03:17En se posant en victime d'un état de droit dévoyé,
03:20il tente de transformer son sort personnel en un symbole collectif.
03:24C'est un pari risqué, car il pourrait devenir l'incarnation d'une France qui doute de ses juges.
03:28On sait que par exemple, il y a 80% des Français qui considèrent la justice comme laxiste.
03:33Eh bien, il pourrait aggraver cela.
03:36Reste une image extrêmement forte, quasiment cinématographique.
03:39Vous savez, cet homme qui court, Nicolas Sarkozy, fait un footing tous les matins,
03:42qui a été salué depuis cette condamnation par des inconnus,
03:45rattrapé ces démons qui ont décidé, Nicolas Sarkozy a décidé de ne pas plier.
03:50C'est donc la résilience d'un homme et d'un président.
03:53Debout, comme Céline, on l'a dit, le voyage se fait au bout de la nuit,
03:57dans les télèbres de l'instruction interminable.
03:59Mais comme chez Dantès, on l'a dit, c'est Montecristo qui surgit,
04:02le banni humilié, transmuant l'injustice en force et la prison en promesse de revanche.
04:07La justice l'a condamné, lui veut convaincre l'histoire.
04:10Abattu peut-être, mais jamais à terre, comme dirait Charette.
04:13Seul le verdict sera la vérité.
04:15Sous-titrage Société Radio-Canada
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations