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  • il y a 6 semaines
C'est un moment de malaise qui n'aura pas apporté de réponse à l'utilisation des caméras cachées. Rapporteur commission d’enquête sur l’audiovisuel public, Charles Alloncle a interrogé Patrick Cohen sur l'utilisation de caméras cachées qu'il dénonce dans le cas de la captation de son échange avec les responsables du Parti Socialiste et non pas quand ces méthodes sont utilisées par des journalistes comme Elise Lucet ou Tristan Walecks, présentateur de Complément d'enquête :

"Filmé avec Thomas Legrand échangeant avec des cadres du PS sur une stratégie éditoriale contre Rachida Dati, vous dénoncez une captation illégitime .

Pourtant, vous soutenez régulièrement des journalistes utilisant caméras cachées et enregistrements à l’insu des personnes. Pourquoi ces méthodes seraient-elles acceptables quand elles visent les autres, mais inacceptables lorsqu’elles vous concernent ?"

"L'impartialité ne se mesure pas dans les bistrots, ni dans les chambres à coucher. Ou alors c'est qu'on a basculé dans un autre régime politique", a insisté M. Cohen, ne répondant pas vraiment sur le fond mais estimant que "quand une vidéo est ainsi faite en caméra cachée, il faut la diffuser en longueur".

La vidéo a été diffusée début septembre par le magazine de droite conservatrice L'Incorrect, et a valu aux deux journalistes, intervenants sur le service public, des accusations de partialité en faveur de la gauche. Face aux deux responsables socialistes, M. Legrand évoquait les stratégies de la gauche aux prochaines élections et lâchait, au sujet de la candidate de la droite parisienne, Rachida Dati: "Nous on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick (Cohen) et moi".

Concernant les propos tenus par Thomas Legrand à sa table en septembre, Patrick Cohen a affirmé dans la commission d'enquête qu'il ne les « condamne pas » « car il n’a « aucun doute sur les intentions » de son collègue.

Les deux journalistes ont dénoncé un montage et porté plainte. C'était un "rendez-vous que nos deux interlocuteurs politiques avaient sollicité", pour "discuter d'un positionnement, d'une stratégie que nous avions l'un et l'autre assez vivement critiquée", dans Libération pour M. Legrand et sur France Inter pour M. Cohen, a rappelé ce dernier devant les députés.

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Transcription
00:00Il ne s'agissait pas d'un simple échange informel entre journalistes et politiques, comme il en existe tous les jours, mais bien d'une rencontre à caractère politique visant à définir une ligne éditoriale dans le but de désavantager une candidate aux élections municipales.
00:14Les faits et les vidéos ont été révélés.
00:17Thomas Legrand a déclaré, je cite, « Nous, on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick Cohen et moi au sujet des élections municipales à Paris.
00:25Vous m'accusez de travestir vos propos, donc je me permets de les rappeler en introduction de notre échange. »
00:33Votre première réaction a été de contester la méthode en dénonçant une captation à votre insu, sans autorisation, jusqu'à confier à la tribune du dimanche.
00:41Je vous cite, « Tous les coups sont permis, c'est hallucinant, il s'agit d'un vol de conversation privée. »
00:47J'écoute pourtant régulièrement vos interventions, qui m'intéressent beaucoup,
00:51et vous ne vous êtes pourtant jamais offusqués publiquement de certaines méthodes employées par certains de vos confrères.
00:57Je pense notamment à Élise Lucet et Tristan Walex, qui recourent régulièrement à des caméras cachées,
01:02des conversations enregistrées à l'insu de personnes, ce qu'on pourrait qualifier d'embuscade filmée,
01:07parfois même jusqu'au domicile des intéressés.
01:10Au contraire, vous saluez même régulièrement leur travail et leur utilité dans le débat public.
01:15Je pourrais aussi citer, mais ce sera l'objet de ma deuxième question, les propos que vous avez eus sur les méthodes employées
01:22pour enregistrer M. Wauquiez lors de l'une de ses conférences à l'EM Lyon.
01:28M. Cohen, ma première question est simple.
01:30Pourquoi ces méthodes vous semblent-elles légitimes lorsqu'elles visent d'autres personnes,
01:35mais inacceptables lorsqu'elles vous visent vous ?
01:37Je n'ai aucun souvenir d'intervention concernant les méthodes pour les émissions que vous citez.
01:44Quant à Laurent Wauquiez, il délivrait des cours.
01:47Un cours face aux étudiants, est-ce qu'un cadre universitaire vous semble de même nature
01:51qu'une conversation informelle autour d'un café ?
01:56C'est marrant.
01:57Oui, M. Cohen, vous savez qu'il existe des cours magistraux et des cours qui ne sont pas enregistrés.
02:04Le cours que M. Wauquiez, et je le dis avec d'autant plus d'objectivité que j'ai eu un passif avec M. Wauquiez
02:09que je ne le porte pas personnellement dans mon cœur, que je ne fais pas partie du même parti que lui,
02:13mais le cours qu'il a dispensé était un cours confidentiel qui n'était pas filmé.
02:17M. Wauquiez, le jour même de ses révélations, a annoncé un dépôt de plainte qu'il n'a jamais déposé.
02:32Cette procédure judiciaire n'a jamais eu lieu.
02:35Nous avons annoncé, vous venez de me citer, mes propos dans la tribune dimanche,
02:39nous avons annoncé, Thomas Legrand et moi, un dépôt de plainte.
02:42Cette plainte a prospéré. Les auteurs de la vidéo, le responsable a été entendu et le parquet est chargé de l'enquête.
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