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  • il y a 2 mois
Alors que l'Europe enregistre ces dernières années une montée importante des mouvements populistes, nous nous demandons quels en sont les caractéristiques avec Marc Lazar, professeur émérite à Sciences Po. Est-ce quelque chose de fondamentalement négatif ? Quels en sont les pendants ?

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Transcription
00:00Alors ce mot déjà, populisme, Marc Lazare, il est un peu mis à toutes les sauces,
00:05notamment par moi-même et nous autres journalistes, j'en prends ma part.
00:09On va peut-être commencer par une définition.
00:11Qu'est-ce qui caractérise le populisme ? Il y a quelques piliers.
00:14Oui, je crois que vous avez raison de rappeler que c'est un mot fourre-tout, un mot valise.
00:18C'est aussi instrumentalisé en politique pour accuser son adversaire d'être populiste
00:23ou au contraire d'ailleurs pour certains qui sont réclisés.
00:25Ce qu'on appelle avec une formule empruntée à la sociologie un renversement de stigmates.
00:31Donc il y a deux possibilités. Il y a une alternative où on dit c'est trop piégeux, c'est trop piégé
00:36et donc on n'utilise pas, ce qui est la position d'un certain nombre de personnes.
00:39Et puis d'autre part de dire on va se confronter à ça.
00:42Et si on se confronte, je crois qu'il y a trois définitions, il y en a beaucoup d'autres mais il y en a trois.
00:46On peut dire que d'un côté c'est une forme d'idéologie, une idéologie très souple,
00:50bizarrement très pragmatique mais qui repose sur l'idée qu'il y aurait une opposition essentielle,
00:55terme à terme, entre un peuple uni, vertueux, bon par essence, contre des élites corrompues.
01:02Ça c'est effectivement suggestif et intéressant.
01:05Il y a une deuxième définition qui consiste à dire que le peuple lui c'est une forme de stratégie
01:09et de style pour conquérir le pouvoir, voire pour le gérer.
01:12parce qu'on va utiliser ce qui est un des principes même de la politique,
01:15la démagogie, le simplisme, on va avoir non pas des adversaires mais des ennemis,
01:21ça c'est un élément très important, qu'on n'élimine pas actuellement par la violence physique,
01:26en tout cas en France, mais qu'on peut essayer de démolir par la rhétorique, symboliquement.
01:31Et puis la troisième exception, ça c'est très intéressant, ça vient entre autres d'un chercheur chilien
01:35mais aussi d'un chercheur italien.
01:36Le chercheur chilien s'appelle Pierro Stigui et l'italien Giovanni Orsina
01:40consiste à dire que le peuple lui c'est une forme d'expression d'une révolte du bas,
01:46d'une forme de culture populaire qui serait opposée à la culture dominante.
01:49Il faut prendre ça avec beaucoup de précaution
01:50et je termine parce que c'est des questions complexes,
01:53à chaque fois quand on veut ensuite étudier cas par cas,
01:57je crois qu'il faut faire preuve de beaucoup de nuances,
01:59beaucoup de doigtés pour à chaque fois essayer de déterminer
02:02en quoi ça relève de ces catégories.
02:04Parfois c'est un mélange des trois, parfois c'est l'une d'entre elles
02:07mais ce qui est fondamental, c'est ça qui m'a frappé,
02:11c'est qu'en France il y a une forme de récurrence dans notre histoire
02:13de ce phénomène-là avec ensuite des continuités et des ruptures.
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