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Le 12 février, la délégation sénatoriale à la prospective organisait une table-ronde sur le thème "Autorité, vérité, réseaux sociaux et médias”. Cette audition s’inscrit dans le cadre d’un travail de la délégation sur les valeurs à l’horizon 2050. Etaient entendus Pierre Rosanvallon, professeur honoraire au Collège de France, David Chavalarias, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et Antoine Bayet, directeur éditorial de l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Les trois intervenants ont chacun exposé leur vision de l’autorité et de la vérité, et la façon dont elles s’articulent avec les réseaux sociaux et les médias traditionnels. Ils ont tenté de dessiner les contours de ces notions à l’horizon 2050. Les questions de la manipulation des masses et de la fiabilité de l’information ont été soulevées. Revivez ces échanges. Année de Production : 2025
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00:00:10Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100% Sénat, l'émission
00:00:14qui vous fait vivre les travaux de la Haute Assemblée.
00:00:17On va parler de la délégation à la prospective du Sénat qui travaille sur l'avenir de notre société.
00:00:22Un avenir en question à l'ère de la désinformation sur les réseaux sociaux et à l'ère de la
00:00:28remise en question de la notion d'autorité.
00:00:30Pour parler de cette crise des valeurs à l'horizon 2050, les sénateurs ont auditionné chercheurs et intellectuels. Je vous
00:00:36laisse les écouter.
00:00:37Je peux parler d'un double point de vue, du point de vue d'un travail d'historien que j
00:00:42'ai fait sur l'autorité, mais également sur la confiance et la légitimité.
00:00:48J'avais d'abord commencé par un travail sur la légitimité. Et en second lieu, à partir d'une expérience
00:00:53que nous avons eue au Collège de France,
00:00:55j'ai animé avec Serge Haroche, qui était prix Nobel de physique, tout un travail sur science et démocratie.
00:01:02Et nous avons publié un livre qui s'appelait « Science et démocratie » et qui, justement, interrogeait les conditions
00:01:09dans lesquelles
00:01:10l'autorité scientifique pouvait retrouver une place dans nos sociétés où elle est bien malmenée.
00:01:18Alors, d'abord, la première approche plus historique et de théorie politique, c'est que cette question de l'autorité,
00:01:27bien sûr, elle est très ancienne,
00:01:30puisque c'est une conceptualisation qui est d'abord fondée sur la différence entre la notion de pouvoir et celle
00:01:38d'autorité.
00:01:39Et qui, pour simplifier, insiste sur le fait que le pouvoir est faible s'il n'est pas accompagné d
00:01:46'une autorité.
00:01:47Et un des grands penseurs au XIXe siècle, auquel j'ai consacré ma thèse, qui a réfléchi à cette question,
00:01:53c'est l'historien et qui a été Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, qui est François Guizot.
00:01:58François Guizot a écrit en 1820 un livre très pionnier qui s'appelait « Des moyens de gouvernement et d
00:02:07'opposition »
00:02:08et qui était une réflexion sur lesquelles le pouvoir semblait aussi impuissant alors qu'il disposait d'autant de moyens
00:02:16de gouvernement.
00:02:17Ils avaient des fonctionnaires, ils avaient de la police, ils avaient des douaniers,
00:02:20et pourtant, ils n'arrivaient pas vraiment à saisir la société.
00:02:25Donc, mon travail a été de voir comment, derrière les moyens ordinaires et classiques de gouvernement,
00:02:34qui se définissent, le pouvoir se définit par des capacités de donner des ordres,
00:02:38par des capacités de coercition, par des capacités de déterminer des règles,
00:02:43alors que les institutions invisibles, dont l'autorité, ne se décrètent pas.
00:02:51Le propre de l'autorité qui fait système avec la confiance et la légitimité,
00:02:55je pense qu'il est très important de voir que cela fait système,
00:02:59l'autorité, comme la confiance et comme la légitimité, vient d'en bas.
00:03:04Personne ne peut dire « J'ai l'autorité ».
00:03:07On vous reconnaît une autorité.
00:03:10Personne ne peut dire « Je suis la personne de confiance ».
00:03:14On doit vous reconnaître la confiance.
00:03:17Et c'est la même chose pour la légitimité.
00:03:20La légitimité, elle est moralement reconnue, elle n'est pas institutionnellement consacrée.
00:03:26Cette question de la légitimité, c'était un des grands débats de théorie politique au Moyen-Âge.
00:03:33Pour faire la différence, justement, entre un pouvoir temporel et le pouvoir spirituel.
00:03:38Et c'est ce qui affirmait la suprématie du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel.
00:03:44C'est qu'il avait une capacité d'influencer les esprits et de les diriger supérieure au pouvoir temporel.
00:03:52Et ça allait même très loin, puisqu'on a tiré de cette distinction une conclusion.
00:03:59C'est qu'il était permis de tuer un gouvernant quand il n'était pas doté d'une véritable autorité
00:04:08et véritablement légitime.
00:04:09C'est toute la théorie théologique du tyrannicide.
00:04:13Donc, c'est dire que ça allait très loin.
00:04:17Et de ce point de vue-là, il y a eu une grande réflexion pendant toute la période médiévale, et
00:04:25qui a continué bien sûr ensuite, sur comment se constitue une autorité.
00:04:29Et il y a eu un moment de formalisation de cette réflexion sur la formalisation de l'autorité, pour montrer
00:04:38qu'elle n'appartient pas simplement à des institutions ou à des personnes, mais qu'on peut la produire.
00:04:44Et le laboratoire de production de cette notion d'autorité était l'université.
00:04:51C'est dans l'université médiévale qu'on a inventé cette notion d'autorité.
00:04:56Et cette notion d'autorité, elle était très forte, parce qu'un maître universitaire était considéré comme quelqu'un qui,
00:05:06par son seul statut de maître universitaire, pouvait accéder à la canonisation.
00:05:14Dans les procès de canonisation, le fait d'être un maître universitaire était une preuve de canonisation extrêmement importante.
00:05:22Alors, comment se produisait, comment on a réfléchi la production de l'autorité à ce moment-là ?
00:05:28Eh bien, on l'a réfléchi comme n'étant pas simplement l'énoncé d'une parole de savoir, mais comme
00:05:34étant un mode de production spécifique du savoir.
00:05:37Et un mode de production du savoir dans la confrontation et dans la discussion, à travers notamment, je ne vous
00:05:47passe tous les détails techniques, mais ce qu'on a appelé les procédures quadlibétiques.
00:05:52C'est-à-dire qu'on mettait à l'ordre du jour des questions.
00:05:58Ces questions étaient ensuite, elles étaient réfléchies par tout un ensemble de personnes et qui s'affrontaient.
00:06:04Et il y avait celui qui était considéré comme le plus capable ou le plus âgé du groupe, qui proposait
00:06:12ensuite, quelques jours de réflexion après, une conclusion.
00:06:15C'est donc dire qu'il y avait, l'autorité est née d'une confrontation, d'une réflexion critique et
00:06:23non pas simplement de, je dirais, de la réflexion d'une seule personne.
00:06:30Donc, c'est très important de voir que, alors que le pouvoir, il se décrète immédiatement, vous avez le pouvoir,
00:06:38c'est un statut, un statut légal dont vous disposez.
00:06:41Alors que cette autorité, elle se produit de cette façon.
00:06:45Et bien sûr, ensuite, ce sera toute la réflexion qui ira exactement dans le même sens, mais non plus à
00:06:52partir de sujets théologiques ou philosophiques, sur ce que veut dire la démarche scientifique.
00:06:57La science n'existe pas, ce qui existe, c'est la démarche scientifique.
00:07:01Et j'y reviendrai tout à l'heure à propos du travail qu'on avait fait au Collège de France.
00:07:09Donc, l'autorité, elle est très importante, mais justement, elle ne se décrète pas.
00:07:15Elle ne se décrète pas et comme elle fait système avec la confiance, avec la légitimité, il faut voir aussi
00:07:21comment se construit la légitimité.
00:07:24Comment se construit la légitimité, c'est-à-dire comment on vous reconnaît comme légitime.
00:07:30Alors là, il y a des critères qui sont des critères de proximité, des critères de moralité.
00:07:37Et dans une période relativement récente, en tout cas pour l'historien, la personne qui a le plus produit de
00:07:45réflexion sur cette notion de légitimité,
00:07:48eh bien, c'est le général de Gaulle et son milieu.
00:07:49Le général de Gaulle et son milieu ont développé toute une réflexion théorique sur la légitimité.
00:07:58La légitimité qu'ils ont opposée à la légalité, parce que c'était justement la base de sa distinction entre
00:08:05la légitimité de Londres
00:08:07et ce qu'il appelait l'apparence de l'égalité du régime de Vichy.
00:08:14Donc, qu'est-ce qui fait reconnaître l'autorité ? Qu'est-ce qui fait reconnaître la légitimité ? Qu
00:08:21'est-ce qui donne la confiance ?
00:08:23Je pense qu'il y a deux éléments.
00:08:27Il y a un élément de liberté de la parole qui est une parole d'autorité.
00:08:37Et d'autre part, d'une recherche d'universalité.
00:08:42Alors, évidemment, cela pose une grande question en démocratie, parce que le propre de la démocratie est d'être fondé,
00:08:50organisé autour de la compétition entre des points de vue différents.
00:08:57Le propre de la démocratie, c'est d'organiser, en quelque sorte, la division des opinions.
00:09:08Et ça n'est pas la même chose que de faire un compromis et d'avoir une parole d'autorité.
00:09:14C'est deux choses extrêmement différentes.
00:09:17Un compromis, c'est qu'on partage en deux ou en trois, enfin, on partage des transactions, alors que l
00:09:25'autorité, elle est nécessairement une.
00:09:28Donc, en démocratie, la naissance de l'autorité est à la fois un problème, mais une nécessité très grande.
00:09:34Parce que les pères fondateurs de la démocratie pensaient que la démocratie devait terminer par être un régime d'unanimité
00:09:42et un régime d'unité.
00:09:46Il faut rappeler que pendant la Révolution française, les partis politiques étaient interdits pendant toute la période de 1789 à
00:09:561799.
00:09:57Et pourquoi les partis politiques étaient interdits ?
00:10:00Parce qu'il y avait le sentiment que les partis politiques, pour organiser leur compétition, en quelque sorte, construiraient leur
00:10:08désaccord de façon qui pourrait être fort loin de la réalité.
00:10:12Et c'est la raison aussi pour laquelle, une deuxième caractéristique connue des historiens, mais pas du grand public,
00:10:18pendant la Révolution française, on ne pouvait pas se porter candidat lors d'une élection.
00:10:22Les élections étaient des élections sans candidat.
00:10:25Pour une raison très simple, c'est qu'on disait, s'il y a des candidats, ça va être un
00:10:29bal des prétendants, un bal des prétentions.
00:10:33Donc, il faut déterminer quel est le plus vertueux, le plus talentueux, par un autre mode que la compétition.
00:10:42Alors, c'est une chose qui était travaillée de près par des historiens, je ne le développe pas maintenant,
00:10:48mais ça veut dire qu'il y a des élections qui duraient très longtemps.
00:10:52Des élections qui duraient très longtemps.
00:10:54Vous savez que c'était une élection à deux degrés pendant la Révolution française, enfin pendant la plus grande période.
00:11:00C'est-à-dire que les électeurs de base élisaient un électeur pour 1 000 personnes.
00:11:05Il y avait des groupes de base de 1 000, on élisait une personne, donc ça faisait 40 000 électeurs
00:11:11en France.
00:11:12Eh bien, comme on votait beaucoup pendant la Révolution française, dans les années 91 et 92, les électeurs parisiens s
00:11:19'étaient rassemblés 180 jours dans l'année.
00:11:22Donc, si on a introduit les candidatures, ensuite, c'est aussi par simplification, parce que cette procédure était très, très
00:11:29compliquée.
00:11:29Mais enfin, il y a tout de même quelque chose qui reste dans l'idée que la démocratie ne doit
00:11:35pas simplement être un régime de la concurrence et de la compétition,
00:11:39mais qu'elle devrait être un régime de l'unité et de l'unanimité.
00:11:45Donc, il y a une grande... ça ouvre toute une réflexion.
00:11:49Et cette réflexion, elle se lie justement aux conditions dans lesquelles une autorité peut apparaître.
00:11:55Là, je conclue très rapidement en parlant du travail qu'on avait fait au Collège de France sur l'autorité,
00:12:02en constatant, évidemment, le point de départ, c'est que quelqu'un a beau être pris Nobel,
00:12:09s'il rencontre des personnes, vont lui dire « Vous êtes peut-être pris Nobel, mais moi, j'ai vu
00:12:13sur Internet, vous vous trompez complètement ».
00:12:15Donc ça, c'est l'expérience qui était celle de tous les profs du Collège de France scientifique.
00:12:20C'est que, étant amenés à parler en public à différentes occasions, ils ont tous été confrontés à ce fait
00:12:28-là.
00:12:29Alors, comment le surmonter, ce fait-là ?
00:12:32Le constat auquel nous sommes... la réflexion à laquelle nous sommes arrivés est la suivante.
00:12:39C'est de dire que ce qui crée la confusion et la distinction, c'est le sentiment que le savant
00:12:49est une personne lointaine,
00:12:51que le savant se réfugie dans son olympe, qu'il est comme l'expert qui prétend pouvoir gouverner le monde
00:12:59alors qu'il est enfermé dans sa bulle.
00:13:02Et une réflexion historique nous a été faite à ce moment-là qui mérite d'être méditée.
00:13:09Aujourd'hui, c'est dans les milieux populaires, disons pour faire très vite, que cette dénégation de l'autorité scientifique
00:13:17est la plus forte.
00:13:18Et il y a une réflexion à faire sur ce qui se passait dans les années 30, parce que c
00:13:22'était le contraire.
00:13:23Parce que dans les années 30, il se trouve qu'il y avait des grands prix Nobel ou des grands
00:13:29savants qui étaient membres du Parti communiste.
00:13:32Et du coup, ces savants étaient considérés comme des amis du Parti, comme des membres du Parti.
00:13:38Et du coup, tout ce qu'ils pouvaient dire était considéré comme paroles d'évangile absolument immédiate.
00:13:46C'est-à-dire que c'est le fait qu'ils aient été proches qui les a rendus en quelque
00:13:53sorte crédibles.
00:13:54Une autre personne qui avait réfléchi à cela est Arago, quand il dirigeait l'Observatoire de Paris.
00:14:04Arago avait eu le souci, chaque semaine, d'organiser des grandes conférences pour le public, pour leur expliquer très pédagogiquement.
00:14:13Le travail qu'il faisait, comment ça marchait. Il était devenu un savant extrêmement populaire.
00:14:20Non pas parce que les gens pouvaient évaluer ses théories, mais parce qu'il apparaissait comme au service de la
00:14:29collectivité.
00:14:30Il apparaissait comme quelqu'un de proche de la collectivité.
00:14:35Donc, l'autorité, me semble-t-il, qui est indispensable dans le fonctionnement social, parce que l'autorité, c'est
00:14:44un économiseur d'arguments.
00:14:46L'autorité, c'est un économiseur d'institutions. C'est la même chose que la confiance.
00:14:52La confiance, dit-on, c'est un réducteur de complexité et c'est aussi un réducteur d'institutions.
00:14:58Donc, c'est fondamentalement important dans une société.
00:15:02Et cette dimension de la proximité, et en tout cas, il y aurait bien d'autres choses à dire, mais
00:15:08est une des clés essentielles de sa construction.
00:15:13Et nous avons un sérieux besoin de reconstruction d'autorité dans ce pays.
00:15:19C'est très clair. Il est évident que les domaines scientifiques sont des domaines qui sont directement concernés, mais pas
00:15:27seulement, hélas.
00:15:28Même en matière d'histoire, même en matière de choses beaucoup plus triviales, on voit à quel point l'autorité
00:15:37a du mal à s'imposer.
00:15:41Alors, une des choses aussi, c'est de montrer ce qu'est le métier de la production de l'autorité,
00:15:46ce qu'est le métier du chercheur.
00:15:47Et ça, c'est quelque chose de très intéressant, d'organiser des visites de laboratoire, par exemple, de montrer ce
00:15:54que c'est.
00:15:55Moi, j'ai assisté à des visites organisées au laboratoire de physique statistique au Collège de France, avec des petits
00:16:05groupes de jeunes.
00:16:06Et ce qui est frappant, c'est qu'on voit l'aspect extraordinaire de bricolage qu'il y a dans
00:16:12tout un ensemble de machines scientifiques que l'on construit.
00:16:15Et donc, on a une perception sensible, directe, de ce qu'est l'hésitation, le tâtonnement, le fait que la
00:16:26vérité scientifique n'existe pas en tant que telle.
00:16:30Ce qui existe, c'est la démarche scientifique avec des acquis qui se construisent dans le temps.
00:16:35Donc, c'est certainement des choses à développer.
00:16:39Et évidemment, la concurrence est très forte, mais on va en entendre parler, avec le travail des réseaux sociaux.
00:17:04Bonjour, Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs les Sénateurs.
00:17:09Merci de me permettre de contribuer à vos réflexions.
00:17:13Je vais vous présenter quelques travaux de recherche que l'on fait à l'Institut des systèmes complexes et puis
00:17:18dans la communauté en général qui analyse le web sur ces thèmes-là.
00:17:24Pour commencer, j'aimerais rappeler un petit peu le contexte dans lequel ces recherches ont lieu et ces résultats ont
00:17:30lieu.
00:17:31Vous en avez déjà vu dans les précédents commissions, mais je rappelle très rapidement.
00:17:34Non. Alors, je ne sais pas si ça marche, ça. Normalement, ça devrait marcher. Voilà. Très bien.
00:17:40Donc, déjà, sur la question de la distinction entre fait et opinion, cette citation de Hannah Arendt, que je trouve
00:17:47vraiment très éclairante.
00:17:48« Le sujet idéal du régime totalitaire n'est pas le nazi ou le communiste convaincu, mais des gens pour
00:17:54qui la distinction entre le fait et la fiction et la distinction entre le vrai et le faux n'existe
00:17:58plus. »
00:17:59Donc, ça souligne vraiment le danger que constitue le fait d'effacer ce genre de frontières.
00:18:04Et si on regarde la situation de l'Europe actuellement, il faut voir qu'elle est prise en tenaille entre
00:18:12des adversaires qui cherchent à l'aminer de l'intérieur.
00:18:17Donc, sur le flanc est, on a depuis très longtemps, mais de manière très, très officielle aussi.
00:18:22Donc là, par exemple, c'est une citation de Dimitri Medvedev qui explique que la Russie cherche à faire advenir
00:18:28des changements de régime en Europe de toutes les manières possibles,
00:18:31en soutenant certaines forces à l'intérieur de l'Europe. Et sur... Pardon, excusez-moi, c'est vrai que c
00:18:36'est un contre-intuitif.
00:18:38Et sur le front ouest, depuis donc quelques mois, on a les États-Unis avec, je rappelle donc l'intervention
00:18:44du vice-président J. Devance à Munich,
00:18:48qui a glacé un petit peu tout le monde. Donald Trump qui indique que l'Europe constitue un danger pour
00:18:54les États-Unis avec ses idées suicidaires
00:18:56dans les domaines de l'immigration et de l'énergie. Et la nouvelle politique américaine de sécurité nationale,
00:19:04donc la nouvelle stratégie de sécurité nationale, qui dit explicitement, d'une part, qu'il faut remettre la Russie au
00:19:12centre du jeu,
00:19:12d'autre part, qu'il faut que l'Europe se débrouille sans l'OTAN, et enfin, en gros, qu'il
00:19:18leur faut cultiver la résistance à la trajectoire actuelle de l'Europe
00:19:22au sein des nations, trajectoire étant celle qu'on vient de décrire, c'est-à-dire le fait qu'on
00:19:26a des politiques pro-environnementales,
00:19:29une certaine manière de traiter l'immigration qui diffère de celle qu'il conçoit. Et donc, on a deux acteurs
00:19:34majeurs
00:19:35qui ont des intentions d'agir sur les systèmes politiques en Europe et notamment en France.
00:19:42Et la manière dont ça va être fait et dont c'est fait, c'est déjà écrit. Je rappelle la
00:19:48doctrine soviétique à l'époque du KGB,
00:19:51qui est toujours la même en Russie actuellement. C'est documenté notamment par David Collomb ou Nicolas Hénin,
00:19:59qui dit que pour miner les démocraties de l'intérieur qui sont leurs ennemis, il s'agit de modifier la
00:20:05perception des citoyens
00:20:07de toutes les manières possibles, de manière, en fait, à ce qu'ils finissent par accepter le totalitarisme.
00:20:12Et maintenant, il indique que les premières cibles, ce sont les médias. C'est-à-dire qu'il faut arriver
00:20:19à cibler les médias.
00:20:21Donc là, on était en 1986. Maintenant, les médias, c'est aussi les médias sociaux.
00:20:24Et du côté du flanc ouest, vous avez par exemple Steve Bannon qui expliquait que la vraie véritable opposition,
00:20:31ce ne sont pas les démocrates, mais ce sont les médias. Et que la manière de traiter avec eux est...
00:20:36Donc cette expression est grossière, mais d'inonder la zone de merde, c'est-à-dire créer de la confusion.
00:20:42Et donc, des deux côtés, on a un objectif commun qui est donc de détacher les citoyens de leurs sources
00:20:48d'autorité,
00:20:48qu'elles soient politiques, scientifiques, médiatiques, c'est-à-dire des catégories sociales
00:20:55qui normalement ont certaines méthodes, des déontologies, une certaine éthique,
00:20:58et de les rattacher à des sources d'informations alternatives,
00:21:01notamment les réseaux sociaux ou des chaînes YouTube ou des choses comme ça.
00:21:05Et donc, il s'agit à la fois de désinformer, mais aussi de désorienter,
00:21:08ça c'est Steve Bannon qui le précise, et d'une certaine manière de conditionner au sens...
00:21:12Conditionnons un peu comme quand on voit dans Orange Mécanique,
00:21:14où une personne se fait conditionner en regardant des films de manière forcée.
00:21:20Et le web et les infrastructures numériques sont la clé de voûte.
00:21:23Et donc, ce que je vais vous montrer maintenant prend ça vraiment en compte.
00:21:27Essayez de vous montrer ça.
00:21:28Alors, je passe quelques exemples, en fait, de types d'interventions.
00:21:34Ce qu'il faut voir, c'est que maintenant, le web est évidemment internationalisé,
00:21:37les réseaux sociaux aussi, et depuis assez longtemps,
00:21:40c'est un exemple, par exemple, de 2017,
00:21:42on a des synergies transnationales pour essayer de, par exemple, déstabiliser les élections.
00:21:48Ça, ce sont les Macron-lix,
00:21:51qui ont été attribués très officiellement récemment par la présidence
00:21:55à une action de la Russie,
00:21:57c'est-à-dire cette fuite de documents de la campagne d'Emmanuel Macron
00:22:01à une minute, en fait, de la période de réserve de 2017.
00:22:04Donc, elle a été attribuée à la Russie.
00:22:06Mais en fait, ce n'est pas seulement ça.
00:22:07La fuite de documents a lieu, mais ensuite, elle a été reprise
00:22:10par des mouvements plutôt extrême droite américaines,
00:22:13puis rediffusée par leur équivalent en France,
00:22:15sur 48 heures, pour essayer, donc, d'instiguer le doute dans les votants,
00:22:20et de changer, de peser sur le résultat de l'élection.
00:22:23Donc là, on voit bien une action un petit peu transnationale,
00:22:27pas forcément coordonnée au sens où il y a une collusion,
00:22:29mais une synergie d'intérêts, convergents d'intérêts.
00:22:33Ça, c'était sur Twitter.
00:22:35On voit bien les deux masses qui ont mené ça.
00:22:39Ensuite, il y a aussi des actions, au-delà, on parle beaucoup de désinformation,
00:22:43notamment, par exemple, les Macron-Lix, il y avait beaucoup de désinformation.
00:22:45On disait que dedans, il y avait des scandales d'État,
00:22:47alors qu'il n'y avait rien de vraiment passionnant, au final.
00:22:51Au-delà des informations, il y a aussi tout ce qu'on appelle la guerre de l'opinion,
00:22:55ou aussi la guerre des mêmes, ce qu'eux-mêmes appellent la guerre des mêmes,
00:22:58c'est-à-dire qu'on va diffuser en masse sur les réseaux sociaux
00:23:02et puis d'autres, des sites d'informations, d'autres types de canaux,
00:23:07des unités d'information qui vont être là pour moduler l'opinion,
00:23:10sans forcément avoir un contenu vrai-faux.
00:23:13Donc là, par exemple, vous avez pour la liberté, pour l'Ukraine,
00:23:15on va à un espèce de cartoon où on comprend qu'en fait,
00:23:18on remet en cause à la fois la politique sanitaire et le soutien à l'Ukraine,
00:23:22mais c'est assez insidieux.
00:23:23Et on a pu détecter, notamment, toujours en 2017,
00:23:26et puis après, mais là je montre les exemples déjà anciens qu'on avait,
00:23:30des campagnes comme ça, dans l'entre-deux-tours,
00:23:33où il y avait des centaines de comptes, voire des milliers,
00:23:36qui se coordonnaient sur des forums, là c'est le forum 4chan,
00:23:40pour dire comment influencer sur les élections françaises.
00:23:45Ces personnes n'étaient pas français,
00:23:46et on a la signature ici, à cet endroit-là, de leur action,
00:23:51ça c'est vraiment l'entre-deux-tours,
00:23:53et on voit que dans l'entre-deux-tours,
00:23:54l'écosystème Twitter a été perturbé par des personnes
00:23:57qui se faisaient passer pour des Français,
00:23:59qui reprenaient en gros les vocabulaires de Fillon et Mélenchon,
00:24:03en essayant de dire qu'il faut voter pour Marine Le Pen
00:24:06et non pour Emmanuel Macron.
00:24:07Mais ces personnes-là n'étaient pas des votants français.
00:24:13Ensuite, de manière plus récente,
00:24:14on voit aussi que, ça s'appelle l'astroturfing,
00:24:17créer une foule factice pour créer l'illusion
00:24:21d'une adhésion d'une foule à une cause,
00:24:23et ainsi convaincre une partie de la population.
00:24:25Maintenant, ça se fait, en 2017,
00:24:27c'était fait avec des vraies personnes.
00:24:29Maintenant, ça se fait autant avec des vraies personnes
00:24:31qu'avec des faux comptes, des robots.
00:24:32Ici, vous avez l'exemple des élections allemandes de 2024,
00:24:35où l'AFD a été soutenue très officiellement par Elon Musk,
00:24:39qui allait même dans les meetings,
00:24:41mais qui s'est fait accompagner sur son réseau social.
00:24:44Alors, est-ce que c'est lui qui l'a organisé ?
00:24:45En tout cas, il a laissé faire par des robots.
00:24:48Ça, c'est le travail de Karine Cohen et Florent Lefebvre,
00:24:51où il montre que sa parole a été amplifiée artificiellement
00:24:54sur son réseau X à l'époque,
00:24:56donc pour porter sa parole plus loin,
00:24:58et porter la parole de l'AFD plus loin.
00:25:00Sachant que X est censé modérer les robots,
00:25:02puisque c'est contraire, en fait,
00:25:03à leurs conditions d'utilisation,
00:25:04on voit que là, il y a un conflit d'intérêt direct
00:25:06entre le propriétaire du réseau,
00:25:07son action dans l'espace public,
00:25:09et la réalité.
00:25:13Ensuite, autre type d'intervention.
00:25:15Donc ça, c'était des interventions externes,
00:25:17au sens où on a un espace numérique,
00:25:19et puis on va créer des faux comptes,
00:25:21de manière un petit peu contraire à leur utilisation d'utilisation,
00:25:24et on va essayer d'influencer l'espace d'opinion de manière externe.
00:25:28Maintenant, il y a des interventions totalement internes
00:25:30qui utilisent les outils mêmes de ces espaces.
00:25:32Alors, par exemple, pendant les élections européennes
00:25:35et législatives de 2024,
00:25:37Facebook, entreprise américaine,
00:25:39a vendu à la Russie les données des Français
00:25:41de manière à faire de la publicité ciblée
00:25:43pour favoriser un candidat aux élections européennes,
00:25:48pendant les campagnes et pendant les élections.
00:25:50Donc ça, ça a été repéré par Paul Bouchot,
00:25:53qui travaille à l'Institut du système complexe,
00:25:54et par exemple, il a repéré 38 000 pages
00:25:56de ces fameuses publicités
00:25:58qui ont eu 38 millions de vues à l'échelle européenne
00:26:00sur plusieurs pays,
00:26:01et donc ça, c'est une manière,
00:26:03avec l'hyperpersonnalisation,
00:26:04d'amener l'opinion à aller dans un sens.
00:26:07Alors, l'efficacité, on pourrait en discuter,
00:26:10mais en tout cas, c'est ce genre de technique qui existe.
00:26:13Et maintenant, je ne vais pas développer,
00:26:15mais on sait très bien que les robots
00:26:18deviennent de plus en plus sophistiqués.
00:26:19Avec les nouvelles intelligences artificielles
00:26:21de type GKGPT et des choses comme ça,
00:26:24on est capable de faire des agents en ligne
00:26:27qui seront plus vrais que nature
00:26:29et qui vont même aller discuter avec les internautes,
00:26:32qui vont pouvoir, par exemple,
00:26:34lire ce que les internautes ont écrit sur leur profil
00:26:36et adapter leur discours en fonction,
00:26:38qui vont faire de la veille, par exemple,
00:26:40sur les comptes de médias,
00:26:41pour que dès qu'il y a une information
00:26:43qui est sortie par le Parisien,
00:26:44le Monde ou le Figaro,
00:26:45elle est contextualisée par une masse de robots
00:26:47qui vont, en fait, se faire passer
00:26:49pour des électeurs et la contextualiser.
00:26:51Et donc, ça, là, on a vraiment
00:26:53un saut technologique depuis 2-3 ans.
00:26:59Ensuite, on a aussi une intervention interne,
00:27:01au sens où on a des figures d'autorité
00:27:03sur ces réseaux
00:27:05qui utilisent leur position d'autorité
00:27:07pour influencer l'opinion.
00:27:08C'est, par exemple, le cas d'Elon Musk
00:27:10avec un programme très clair.
00:27:12Ici, vous avez un message d'Elon Musk lui-même
00:27:14qui est très explicite,
00:27:16en plus d'être très misogyne,
00:27:17où vous voyez une personne
00:27:19qui domine une autre,
00:27:21il lui fait boire du lait,
00:27:22et la personne dominée, c'est Elon Musk.
00:27:25La personne dominante, pardon,
00:27:26c'est Elon Musk.
00:27:27La personne dominée, c'est Twitter.
00:27:29Et donc, il indique que son intention,
00:27:30c'est de gaver les 600 millions
00:27:32d'utilisateurs de Twitter
00:27:33avec son idéologie,
00:27:36sachant que le lait,
00:27:38ce n'est certainement pas un hasard,
00:27:39est un symbole de suprémacisme blanc.
00:27:42Et quand on regarde l'audience d'Elon Musk,
00:27:45elle est fabriquée sur Twitter
00:27:47de manière à ce qu'il soit prédominant.
00:27:50Ici, vous avez les vues
00:27:53des différents comptes influents
00:27:55pendant la campagne présidentielle américaine.
00:27:57Et vous voyez qu'Elon Musk
00:27:57a une place disproportionnée.
00:28:00le nombre de vues des tweets d'Elon Musk,
00:28:02c'est deux fois plus
00:28:03que l'ensemble des publicités politiques
00:28:04de tous les candidats
00:28:05et de toutes les personnalités politiques
00:28:07pendant la présidentielle américaine.
00:28:10Alors, j'en viens à voir
00:28:11comment on peut aussi intervenir
00:28:14sur l'infrastructure elle-même.
00:28:15Donc là, Elon Musk,
00:28:16il intervient en tant que personne,
00:28:17il a reconfiguré l'infrastructure
00:28:19pour être au centre,
00:28:19mais après, quand il s'exprime,
00:28:20c'est en tant que personne,
00:28:21il utilise cette infrastructure
00:28:22avec sa parole.
00:28:23Mais il y a quelque chose
00:28:24qui est plus pernicieux,
00:28:25c'est vraiment manipuler
00:28:26l'infrastructure elle-même,
00:28:27c'est-à-dire les algorithmes
00:28:30qui vont régir la circulation d'informations
00:28:32à l'intérieur de ces grandes infrastructures.
00:28:34Là, on est encore sur xTwitter,
00:28:36mais c'est des choses un peu similaires
00:28:37sur Facebook et sur LinkedIn
00:28:40et sur TikTok,
00:28:41chacun un peu à sa sauce.
00:28:43Mais ce qu'il faut bien comprendre,
00:28:44c'est qu'aujourd'hui,
00:28:46les opinions se forment majoritairement
00:28:47sur ce qu'on appelle des fils d'actualité
00:28:49quand on est sur les réseaux sociaux,
00:28:50c'est-à-dire cette page
00:28:51où le réseau social vous abreuve
00:28:52des informations qui viennent
00:28:54soi-disant de votre environnement social.
00:28:55Mais quand on fait un audit
00:28:58de ce genre de dispositif technique,
00:29:02on voit,
00:29:02ça c'est un article
00:29:03qui a été notamment
00:29:04l'idée encore par Paul Bouchot,
00:29:05on voit que vous avez
00:29:07un tiers de contenu
00:29:08qui est non sollicité,
00:29:09donc c'est à la main
00:29:10de la plateforme,
00:29:11et les deux tiers
00:29:12des contenus qui restent,
00:29:13eh bien,
00:29:14viennent effectivement
00:29:14de votre environnement social,
00:29:16mais ça ne peut vous montrer
00:29:17qu'une toute petite partie,
00:29:18puisque quand, par exemple,
00:29:18vous êtes abonné
00:29:19à en moyenne 300 ou 400 personnes,
00:29:21eh bien,
00:29:22vous ne voyez qu'une toute petite partie,
00:29:23et vous voyez en gros
00:29:24le haut de la pile
00:29:24de ce qui vous est présenté,
00:29:25ce qui vous permet
00:29:26en moyenne de voir
00:29:28uniquement 3%
00:29:29de la production
00:29:29de votre environnement social,
00:29:31qui sont choisis
00:29:32de manière très spécifique,
00:29:33et on a pu le mesurer,
00:29:35on a pu mesurer
00:29:36que dans les 3%
00:29:38qui vous arrivent,
00:29:39donc,
00:29:39de votre environnement social,
00:29:40donc vous pensez
00:29:41que c'est vos amis,
00:29:42etc.,
00:29:42eh bien,
00:29:43ces contenus
00:29:44qui se sont éditorialisés,
00:29:45c'est-à-dire qu'il y a
00:29:46un enrichissement
00:29:47à plus 49%
00:29:48de contenus dit toxiques,
00:29:50c'est-à-dire
00:29:51harcèlement,
00:29:52obscénité,
00:29:53injure,
00:29:54polémique,
00:29:55donc ça,
00:29:55ça se mesure
00:29:56de manière très très précise,
00:29:57on peut comparer
00:29:58ce que les gens
00:29:59auraient pu voir
00:29:59et ce qu'ils voient
00:30:00effectivement,
00:30:01et on voit
00:30:01qu'il y a systématiquement
00:30:02un décalage
00:30:03entre ce à quoi
00:30:04vous vous abonnez
00:30:05et ce que vous recevez
00:30:06sur des médias comme X,
00:30:07on peut même montrer
00:30:08que ça,
00:30:08c'est de manière
00:30:10consubstantielle
00:30:10à ce qu'on appelle
00:30:11la maximisation
00:30:12de l'engagement,
00:30:13c'est-à-dire
00:30:13cette stratégie
00:30:14qu'ont les grandes plateformes
00:30:15d'essayer de vous montrer
00:30:16des contenus
00:30:16qui vont générer
00:30:17du clic,
00:30:18du like
00:30:19ou des partages,
00:30:19mais sur le réseau
00:30:22X-Twitter,
00:30:23cette distorsion
00:30:24en fait du paysage
00:30:26donc vers les contenus toxiques
00:30:27a été aussi augmentée
00:30:28avec l'arrivée
00:30:29d'Elon Musk
00:30:30et les changements
00:30:31qu'il a fait
00:30:31dans son algorithme,
00:30:32c'est passé,
00:30:33on l'a mesuré
00:30:33de 32%
00:30:34à 49%
00:30:35en moyenne
00:30:36et ça n'a pas seulement
00:30:37un effet
00:30:37sur la circulation
00:30:38d'informations,
00:30:39ça a aussi un effet
00:30:39sur qui devient visible,
00:30:41c'est-à-dire que
00:30:42les personnes les plus toxiques
00:30:43du coup sont plus diffusées,
00:30:44du coup reçoivent
00:30:45plus de liens entrants
00:30:46et sur le moyen terme
00:30:47arrivent au centre
00:30:49du réseau.
00:30:49Il y a une surreprésentation
00:30:51dans les personnes
00:30:52les plus influentes
00:30:52dans le réseau
00:30:53de personnalités toxiques
00:30:54rien que de ce fait,
00:30:55c'est-à-dire de la machinerie
00:30:56du réseau social.
00:31:01Donc ça,
00:31:02il faut bien comprendre,
00:31:03c'est que
00:31:03dans une société
00:31:04où en gros
00:31:05vous avez 60%
00:31:07ou 70%
00:31:07de la population
00:31:08qui s'informe
00:31:10sur les réseaux sociaux,
00:31:1120% qui s'informe
00:31:12principalement
00:31:12sur les réseaux sociaux
00:31:13en France,
00:31:14c'est un cinquième,
00:31:14c'est énorme,
00:31:15vous changez une ligne de code
00:31:17sur un serveur centralisé
00:31:18d'une plateforme,
00:31:19vous dites que maintenant
00:31:19c'est tel ou tel contenu
00:31:21qui va être mis en avant
00:31:22et que vous changez tout.
00:31:24Quand Facebook
00:31:25a changé progressivement
00:31:26son algorithme
00:31:28qui a favorisé
00:31:29en gros
00:31:29le clash
00:31:30et l'hostilité,
00:31:31les médias
00:31:32ont dû s'adapter
00:31:33puisque sinon
00:31:33ils devenaient invisibles
00:31:34donc ils ont dû
00:31:34faire des unes sensationnelles,
00:31:36les politiques
00:31:36ont dû s'adapter
00:31:37sinon ils devenaient invisibles
00:31:38et donc du coup
00:31:39il fallait faire
00:31:40un peu des esclandres
00:31:41peut-être
00:31:42à l'Assemblée nationale
00:31:43et en fait
00:31:44on change vraiment
00:31:44tout l'espace
00:31:46informationnel.
00:31:50Maintenant
00:31:50ce qu'on voit aussi
00:31:51en France
00:31:52c'est que
00:31:53comme aux Etats-Unis
00:31:54ce n'est pas seulement
00:31:55les réseaux sociaux
00:31:55mais il y a
00:31:56une sorte d'hybridation
00:31:58entre ce qui se passe
00:31:58en ligne et hors ligne
00:31:59ce qui se passe aussi
00:32:00sur les réseaux sociaux
00:32:01et sur des médias
00:32:02plus traditionnels
00:32:03et l'émergence
00:32:03de médias
00:32:04qui vont relayer
00:32:05ce qui se passe
00:32:06sur les réseaux sociaux.
00:32:06aux Etats-Unis
00:32:07il y a eu
00:32:07d'abord
00:32:08Breitbart
00:32:08puis Fox News
00:32:09qui a accompagné
00:32:11l'arrivée
00:32:11de Donald Trump
00:32:12aujourd'hui
00:32:13on a par exemple
00:32:14sur ces news
00:32:14l'ex-patrone de RT
00:32:16donc un média
00:32:17qui a été interdit
00:32:18en Europe
00:32:18qui reprend
00:32:19des éléments
00:32:21de langage
00:32:21du Kremlin
00:32:23pour en fait
00:32:23parler à un public
00:32:24plus mainstream.
00:32:26On a la même chose
00:32:26aussi sur le climat
00:32:27ça c'est quota climat
00:32:28c'est très intéressant
00:32:29on pourra en parler
00:32:30si vous voulez.
00:32:31Donc ça c'est très important
00:32:32de voir que ce n'est pas
00:32:33juste les réseaux sociaux
00:32:34mais qu'il y a
00:32:35en gros une synergie
00:32:36entre réseaux sociaux
00:32:37et d'autres types
00:32:39de médias
00:32:39plus traditionnels.
00:32:41Alors avant d'aller
00:32:42très rapidement
00:32:43sur une prospective
00:32:432050
00:32:44juste pour décrypter
00:32:45un peu
00:32:45ce type de discours
00:32:47qui foisonne
00:32:47sur les réseaux sociaux
00:32:48et de manière générale
00:32:50sur les acteurs
00:32:51un peu antidémocratiques
00:32:52il faut voir
00:32:52qu'il y a une réelle
00:32:53bataille sémantique
00:32:54qui a par exemple
00:32:55très bien été écrite
00:32:56par Stéphanie Lamy
00:32:56c'est-à-dire
00:32:57on va faire une perversion
00:32:58du sens des mots
00:32:59on va réinterpréter
00:33:00ce que c'est
00:33:00que la liberté d'expression
00:33:01on va réinterpréter
00:33:03ce que c'est
00:33:04que la libre circulation
00:33:05ce que c'est
00:33:05c'est que la fraternité
00:33:06etc.
00:33:07Donc il y a vraiment
00:33:08un travail de fond
00:33:09qui est fait
00:33:09et qui passe
00:33:10par les réseaux sociaux
00:33:11par les mêmes
00:33:12et qui s'étend
00:33:13un petit peu
00:33:13au reste de la société
00:33:14il y a aussi
00:33:15donc une inversion
00:33:16des valeurs
00:33:17qui passe dans le discours
00:33:18alors une manière
00:33:19d'arriver à remettre
00:33:21les choses droit
00:33:21c'est de penser
00:33:22toute accusation
00:33:23est une confession
00:33:25quand Vladimir Poutine
00:33:27dit
00:33:27c'est l'OTAN
00:33:27qui m'attaque
00:33:28c'est qu'il va attaquer
00:33:30l'Ukraine
00:33:31quand Donald Trump
00:33:32dit
00:33:33les élections
00:33:34ont été volées
00:33:35c'est qu'il réfléchit
00:33:36à voler les élections
00:33:37et donc
00:33:38il y a à chaque fois
00:33:39des inversions de valeurs
00:33:41et puis
00:33:42il y a aussi
00:33:42beaucoup de désinformation
00:33:44et de mensonge
00:33:44dans tous ces comportements
00:33:48et l'objectif
00:33:50en fait
00:33:50c'est que vous croyez toujours
00:33:52ce qui va
00:33:52contre vos intérêts
00:33:53c'est-à-dire que soit
00:33:54on essaie de vous faire croire
00:33:55un mensonge
00:33:56soit on vous dit
00:33:57en vous mentant
00:33:58soit on vous dit
00:33:59quelque chose de vrai
00:33:59mais qui est tellement énorme
00:34:00que vous n'allez pas le croire
00:34:01et donc vous n'allez pas pouvoir
00:34:02vous préparer à temps
00:34:03à ce qui va arriver
00:34:03et après la personne
00:34:05pourra dire
00:34:05mais je vous l'avais dit
00:34:06et donc elle va retrouver
00:34:08une sorte d'autorité
00:34:09de cette manière
00:34:10et ce type-là
00:34:12de déclaration
00:34:13qui va s'avérer
00:34:14vrai
00:34:15qui est assez extrême
00:34:15s'appelle aussi
00:34:16dog-wisling
00:34:17c'est-à-dire
00:34:17c'est un message
00:34:18passé
00:34:19à vos
00:34:20à vos supporters
00:34:22et qui permet aussi
00:34:23de détecter
00:34:24qui va vous soutenir
00:34:26par la suite
00:34:28alors
00:34:30maintenant
00:34:30très rapidement
00:34:31la question
00:34:32c'était
00:34:32qu'est-ce qui va se passer
00:34:33en 2050
00:34:34alors
00:34:35en 2050
00:34:37c'est possible
00:34:38que l'alliance
00:34:39entre technologie
00:34:40et politique
00:34:41soit toujours là
00:34:42c'est-à-dire que
00:34:42les Etats-Unis
00:34:43sont en pleine conversion
00:34:44on ne sait pas
00:34:45s'ils iront jusqu'au bout
00:34:46de cette conversion-là
00:34:46mais ce type de régime
00:34:48peut durer très très longtemps
00:34:50et on voit déjà
00:34:51qu'ils vont utiliser
00:34:53et ils utilisent déjà
00:34:54toute l'infrastructure numérique
00:34:55et leur position
00:34:56dominante sur les infrastructures numériques
00:34:57pour négocier
00:34:58ou imposer leur volonté
00:35:00par exemple
00:35:00ils mettent
00:35:01les réseaux sociaux
00:35:03qui sont des infrastructures numériques
00:35:04dominantes américaines
00:35:05en Europe
00:35:06au même niveau
00:35:06que les équipements militaires
00:35:08ou que leur économie
00:35:10Donald Trump
00:35:11menace de mettre
00:35:12des droits de douane
00:35:13si on s'attaque à la tech
00:35:14J.D. Vance
00:35:15menace de se retirer
00:35:16de l'OTAN
00:35:17si on touche à X
00:35:18donc on voit
00:35:19l'importance
00:35:20en fait
00:35:20pour eux
00:35:21des infrastructures
00:35:22de réseaux sociaux
00:35:23parce que en fait
00:35:24les démocraties
00:35:24vont là
00:35:25où les opinions
00:35:26les mènent
00:35:26et si vous
00:35:27pilotez l'opinion
00:35:29et bien
00:35:29vous pilotez
00:35:31la démocratie
00:35:33je cite aussi
00:35:34comme exemple
00:35:34ce qui est arrivé
00:35:35au juge
00:35:36de la Cour pénale internationale
00:35:37à plusieurs juges
00:35:37le juge Guillou
00:35:38qui nous explique
00:35:39qu'on doit retrouver
00:35:40le chemin de la souveraineté numérique
00:35:41c'est aujourd'hui
00:35:42une condition
00:35:42de l'état de droit
00:35:43au niveau national
00:35:44et international
00:35:44ce juge
00:35:45du jour au lendemain
00:35:46s'est fait priver
00:35:47de son compte mail
00:35:48de toute possibilité
00:35:49de commander par Amazon
00:35:50de tous ses moyens
00:35:51de crédit bancaire
00:35:52de tout
00:35:53il a été devenu
00:35:54un paria numérique
00:35:55et l'Europe
00:35:56pour l'instant
00:35:56n'a rien pu faire
00:35:57puisque en fait
00:35:58c'est piloté
00:35:59depuis les Etats-Unis
00:36:02j'attire aussi
00:36:03l'attention
00:36:04sur des services
00:36:04comme par exemple
00:36:05Starlink
00:36:05qui sont
00:36:06dominants
00:36:07technologiquement
00:36:08et ils vont utiliser
00:36:09leur avancée technologique
00:36:10pour conquérir
00:36:11en fait
00:36:12tout ce qui est
00:36:13infrastructures
00:36:14de connectivité
00:36:14internet
00:36:15si on laisse
00:36:17Starlink
00:36:17à la libre concurrence
00:36:18c'est possible
00:36:19qu'en 2050
00:36:19l'internet
00:36:20soit entièrement
00:36:21opéré
00:36:22par des sociétés
00:36:23de type Starlink
00:36:23depuis l'espace
00:36:24et à ce moment-là
00:36:25ça veut dire
00:36:25que leurs propriétaires
00:36:26pourront dire
00:36:27à un pays
00:36:27si tu ne fais pas
00:36:28ce que je veux
00:36:29demain
00:36:30ou dans une minute
00:36:31tu n'as plus d'internet
00:36:32et là
00:36:33c'est la fin
00:36:33il n'y aura plus du tout
00:36:35les valeurs
00:36:35qui seront imposées
00:36:38par ce type d'acteurs
00:36:40alors
00:36:41qu'est-ce qu'on aimerait
00:36:42se poser en 2050
00:36:42trois questions
00:36:43que j'aimerais
00:36:43qu'on puisse se poser
00:36:44en 2050
00:36:47la première
00:36:47c'est
00:36:49comment a-t-on pu
00:36:50rester soumis
00:36:51à une tech
00:36:52autoritaire
00:36:53c'est Francesca Bria
00:36:55qui a cette expression-là
00:36:56de tech autoritaire
00:36:57c'est-à-dire
00:36:57on pilote
00:36:59la démocratie
00:37:00par des infrastructures
00:37:01technologiques
00:37:02qui sont autoritaires
00:37:03et pas d'autorité
00:37:04c'est-à-dire que
00:37:05contrairement à
00:37:06la construction
00:37:07d'une autorité normale
00:37:07on va être autoritaire
00:37:09au sens où
00:37:09on va imposer des choses
00:37:10et il n'y aura pas le choix
00:37:11et il faut savoir
00:37:13que des voies de sortie existent
00:37:14il faut a priori
00:37:15sortir à toute vitesse
00:37:17des infrastructures captives
00:37:18nous on a commencé
00:37:19à travailler
00:37:19sur la question
00:37:20des réseaux sociaux
00:37:21mais c'est beaucoup plus large
00:37:22encore une fois
00:37:23des choses comme Starlink
00:37:24posent problème
00:37:26une autre question
00:37:27qu'on peut se poser
00:37:27c'est
00:37:29comment a-t-on pu laisser
00:37:31les démocraties
00:37:32s'intoxiquer
00:37:33avec un mode de scrutin
00:37:35le mode de scrutin
00:37:37actuel
00:37:37est très vulnérable
00:37:38notamment dans un contexte
00:37:39informationnel
00:37:40tel qu'on le connaît
00:37:40maintenant
00:37:41en deux mots
00:37:42on a un contexte
00:37:43informationnel
00:37:44qui pousse
00:37:44à l'hostilité
00:37:45des échanges
00:37:45et qui donc
00:37:46du coup
00:37:46dans la préparation
00:37:47de premier tour
00:37:48que ce soit
00:37:48présidentielle
00:37:48législative
00:37:50ou municipale
00:37:51pousse en gros
00:37:52à créer des factions
00:37:53qui vont voir les autres
00:37:54comme des ennemis
00:37:55et pas comme des adversaires
00:37:56et ensuite
00:37:57au second tour
00:37:58vous n'avez plus que
00:37:59deux candidats
00:38:00dans la plupart des cas
00:38:01qui peuvent avoir
00:38:03un support
00:38:04assez faible
00:38:04en général
00:38:05on passe avec 20%
00:38:06et qui pourraient
00:38:07dans certains cas
00:38:08avoir même
00:38:09un rejet majoritaire
00:38:10c'est-à-dire
00:38:10une majorité de personnes
00:38:11qui sont contre
00:38:13ces deux candidats
00:38:14et pourtant
00:38:15il va bien falloir
00:38:15en choisir un
00:38:16et dans l'entre-deux-tours
00:38:19moduler la perception
00:38:20du moins pire
00:38:21puisqu'il s'agissera
00:38:22plutôt de voter contre
00:38:23plutôt que de voter pour
00:38:24avec les techniques
00:38:25de réseaux sociaux
00:38:26c'est assez facile
00:38:27on l'a vu
00:38:27j'en ai donné
00:38:28plusieurs exemples
00:38:29et donc
00:38:30on peut avoir
00:38:30un accident
00:38:31où une personne
00:38:32qui est rejetée
00:38:32majoritairement
00:38:33largement
00:38:34par la population
00:38:34est quand même
00:38:36élue
00:38:36et donc ça
00:38:37c'est vraiment
00:38:38une faille
00:38:38du scrutin du nominal
00:38:40ces failles sont connues
00:38:41depuis longtemps
00:38:43or il existe
00:38:44des scrutins alternatifs
00:38:45j'en mentionne juste un
00:38:46mais il y en a d'autres
00:38:47mais par exemple
00:38:48il y a le scrutin
00:38:49au changement majoritaire
00:38:50qui a été inventé
00:38:51par des français
00:38:52en 2006-2007
00:38:53qui a fait ses preuves
00:38:54dans des élections
00:38:55jusqu'à plusieurs centaines
00:38:56de milliers d'électeurs
00:38:57qui marche très bien
00:38:58et qui évite
00:38:59le vote utile
00:39:01il n'y a plus
00:39:01de division des voix
00:39:02il n'y a plus
00:39:03ce genre de danger
00:39:07en fait
00:39:07d'avoir un candidat
00:39:09rejeté
00:39:10qui soit élu
00:39:10et qui pourrait aussi
00:39:12être une bonne solution
00:39:12aussi à la baisse continue
00:39:14de la participation
00:39:15et qui aussi
00:39:16pourrait changer
00:39:16complètement
00:39:18les campagnes
00:39:19elles-mêmes
00:39:19puisqu'il ne s'agirait plus
00:39:20de voter tellement
00:39:21pour une personne
00:39:22mais d'abord
00:39:22de promouvoir des idées
00:39:23et ensuite
00:39:24de choisir les meilleures
00:39:24personnes
00:39:25sans qu'il y ait
00:39:27neutralisation
00:39:27entre personnes
00:39:28qui soient sur
00:39:28à peu près
00:39:29des programmes similaires
00:39:30et puis
00:39:31juste pour terminer
00:39:32une autre question
00:39:33que j'aimerais
00:39:33qu'on puisse se poser
00:39:34en 2050
00:39:34c'est comment
00:39:35on a pu se laisser
00:39:37pervertir
00:39:37les notions
00:39:38les valeurs socle
00:39:39de la démocratie française
00:39:40c'est-à-dire
00:39:41la liberté
00:39:41ce n'est pas
00:39:42la liberté
00:39:43d'être raciste
00:39:43ou d'opprimer
00:39:44l'égalité
00:39:45ce n'est pas
00:39:46incompatible
00:39:47avec le fait
00:39:47d'essayer de lutter
00:39:48contre les inégalités
00:39:49et de faire des mesures
00:39:50qui corrigent
00:39:51les inégalités
00:39:51et la fraternité
00:39:52ne se constitue pas
00:39:55en opposition
00:39:55avec des soi-disant
00:39:57ennemis extérieurs
00:39:58alliés à des ennemis
00:39:58de l'intérieur
00:39:59la fraternité
00:40:01c'est un autre type
00:40:02de valeur
00:40:02ce sont pourtant
00:40:03le genre d'acceptation
00:40:05qu'on essaie
00:40:05de nous faire passer
00:40:06en ligne
00:40:07et notamment
00:40:08via les magnats
00:40:10de la BITEC
00:40:11et donc ça serait bien
00:40:12qu'un jour
00:40:12on se demande
00:40:13qu'on arrive
00:40:14en fait
00:40:14à remettre
00:40:15les choses
00:40:16à l'endroit
00:40:16merci beaucoup
00:40:24Madame la Présidente
00:40:25Mesdames et Messieurs
00:40:27les Sénateurs
00:40:27cher Pierre Grosanvalon
00:40:28cher David Chavalarias
00:40:30c'est assez impressionnant
00:40:31pour le journaliste
00:40:32que je suis
00:40:32d'avoir à traiter
00:40:33un sujet aussi vaste
00:40:34et important
00:40:34que celui qui est l'objet
00:40:35de vos travaux
00:40:36autorité, vérité
00:40:37réseaux sociaux et médias
00:40:38c'est encore plus impressionnant
00:40:40de le faire
00:40:40en essayant d'adopter
00:40:41une posture de prospective
00:40:42puisque c'est un exercice
00:40:44qui invite toujours
00:40:45à l'humilité
00:40:46en complément
00:40:47de mes éminents
00:40:48prédécesseurs
00:40:48je vais vous parler
00:40:49comme journaliste
00:40:51et en mobilisant
00:40:51plusieurs travaux
00:40:52de long terme
00:40:52que j'ai pu mener
00:40:53je vais vous proposer
00:40:55de me suivre
00:40:55dans deux voyages
00:40:56successifs
00:40:57le premier voyage
00:40:59ce sera un voyage
00:40:59chez les décrocheurs
00:41:00de l'information
00:41:01pour vous partager
00:41:03quelques enseignements
00:41:04d'une enquête
00:41:05de terrain
00:41:05que j'ai effectivement
00:41:06conduite en 2022
00:41:08qui s'appelle
00:41:09voyage au pays
00:41:10de la dark information
00:41:11et ça va me permettre
00:41:12de vous emmener
00:41:13au contact
00:41:14des françaises
00:41:15et des français
00:41:15qui ont un point commun
00:41:17qui sont en défiance
00:41:18totale
00:41:19vis-à-vis de l'information
00:41:20classique
00:41:21ou plutôt
00:41:22tout simplement
00:41:23parce que j'aime pas
00:41:24ce terme d'information
00:41:25classique
00:41:26il est très compliqué
00:41:27autant que tel
00:41:28peut-être
00:41:29information produite
00:41:30dans un cadre
00:41:32professionnel
00:41:32mais parce que
00:41:34la guerre des mots
00:41:34a un sens
00:41:35qui par ces français
00:41:36qui rejettent l'information
00:41:37va plutôt être qualifié
00:41:38d'information
00:41:39mainstream
00:41:39bref
00:41:41ces français
00:41:42que je suis allé
00:41:43rencontrer
00:41:43ils sont tellement
00:41:44en défiance
00:41:44de l'information
00:41:45de cette information
00:41:47classique
00:41:47qu'ils ont créé
00:41:48des dispositifs
00:41:49de quasi-médias
00:41:51qui sont extrêmement
00:41:52puissants
00:41:52extrêmement structurés
00:41:54et je vais vous en dire
00:41:55un mot
00:41:55ils sont parfois
00:41:56même plus efficaces
00:41:57que les médias
00:41:57traditionnels
00:41:58pour capter
00:41:59pour toucher
00:41:59des publics
00:42:01le second voyage
00:42:02que je vous proposerai
00:42:03ce sera un voyage
00:42:03dans le temps
00:42:04effectivement
00:42:04à l'horizon 2050
00:42:05pour vous présenter
00:42:06les travaux
00:42:07qu'on a pu conduire
00:42:08dans le cadre
00:42:08des états généraux
00:42:09de l'information
00:42:10et je vous présenterai
00:42:11trois scénarios
00:42:12que nous avons esquissés
00:42:13autour des mondes
00:42:14de l'information
00:42:15en 2050
00:42:16la grille de raisonnement
00:42:17qui leur avait donné sens
00:42:19après ces deux voyages
00:42:21j'essaierai de vous partager
00:42:22quelques convictions
00:42:22peut-être un peu plus personnelles
00:42:23sur la question
00:42:24de la crise de vérité
00:42:27d'autorité
00:42:27que je vais essayer
00:42:28de revisiter peut-être
00:42:29un peu autour de l'enjeu
00:42:30d'une crise du contexte
00:42:31ce sont des mots
00:42:32qui ont été beaucoup prononcés
00:42:33jusqu'à présent
00:42:34ce sera l'occasion
00:42:36pour moi aussi
00:42:36de mettre un peu
00:42:37ma casquette
00:42:37de directeur éditorial
00:42:38de l'institut national
00:42:40de l'audiovisuel
00:42:41où on est confronté
00:42:42à cet enjeu
00:42:42de la guerre du contexte
00:42:44au quotidien
00:42:46le premier voyage
00:42:47que je vous propose
00:42:48c'est chez les décrocheurs
00:42:50de l'information
00:42:51ou alors
00:42:51si on reprend un peu
00:42:52les termes
00:42:53de votre réflexion
00:42:54c'est moment
00:42:55où l'autorité
00:42:55de l'information
00:42:56se déplace
00:42:59dans mon enquête
00:43:01je pars d'un constat
00:43:02qui pour être simple
00:43:03n'en est pas moins profondément
00:43:05dérangeant
00:43:05pour tout journaliste
00:43:07une partie croissante
00:43:09de nos publics
00:43:09une partie croissante
00:43:10de nos concitoyens
00:43:12ne croit plus
00:43:13dans l'information
00:43:14que l'on produit
00:43:15ne lui reconnaît plus
00:43:16aucune autorité
00:43:18particulière
00:43:19on peut choisir
00:43:19d'ignorer
00:43:20cette réalité
00:43:21comme journaliste
00:43:22on peut se dire
00:43:22tout cela au fond
00:43:23ne me concerne pas
00:43:24je suis à l'inverse
00:43:26convaincu
00:43:26que les journalistes
00:43:28doivent aller écouter
00:43:29ces décrocheurs
00:43:32en l'occurrence
00:43:32je vais vous livrer
00:43:33un enseignement
00:43:34de l'enquête
00:43:35que j'ai pu mener
00:43:35qui est assez saisissant
00:43:39ces français
00:43:40qui décrochent
00:43:40de l'information
00:43:41ils ne sont pas
00:43:42marginaux
00:43:43ils ne sont pas
00:43:44invisibles
00:43:44et ils sont même
00:43:46très souvent
00:43:46très insérés
00:43:48socialement
00:43:49ils sont majoritairement
00:43:51diplômés
00:43:51pardon
00:43:52et ils ont le point commun
00:43:53d'être très actifs
00:43:54numériquement
00:43:55pour le dire
00:43:56encore plus directement
00:43:57aucun des décrocheurs
00:43:59de l'information
00:44:00que j'ai pu rencontrer
00:44:02ne pourrait ni de près
00:44:04ni de loin
00:44:04ressembler
00:44:05à un cliché
00:44:06je ne sais pas
00:44:07bac moins 5
00:44:08par exemple
00:44:09les personnes
00:44:10que j'ai rencontrées
00:44:10sont des patrons
00:44:12des patronnes
00:44:13de start-up
00:44:13j'ai rencontré
00:44:14des retraités
00:44:15de la marine
00:44:16j'ai rencontré
00:44:17des médecins
00:44:18j'ai rencontré
00:44:19des avocats
00:44:19j'ai même rencontré
00:44:21des élus
00:44:22je vais vous donner
00:44:23un exemple
00:44:24très concret
00:44:25de ce travail
00:44:26j'ai eu
00:44:27par exemple
00:44:28l'occasion
00:44:28de documenter
00:44:29précisément
00:44:29l'explosion
00:44:30au printemps 2020
00:44:31d'un groupe
00:44:32Facebook
00:44:34intitulé
00:44:34Didier Raoult
00:44:35versus coronavirus
00:44:36si je suis tout à fait
00:44:38complet sur le titre
00:44:38de ce groupe
00:44:39il faut que
00:44:39je vous dise
00:44:40qu'il y a après ça
00:44:41un émoji
00:44:42je crois qu'on dit
00:44:43biscotto
00:44:43enfin voilà
00:44:44donc Didier Raoult
00:44:45versus coronavirus
00:44:46en quelques jours
00:44:48au moment même
00:44:49où les français
00:44:52consommaient massivement
00:44:53de l'information
00:44:54puisqu'on était
00:44:55à un moment
00:44:56où les journaux télévisés
00:44:58étaient très regardés
00:44:5913h
00:45:0020h
00:45:01à tel point
00:45:01que certains
00:45:02se disaient
00:45:02ça y est
00:45:03c'est la grand messe
00:45:04de l'information
00:45:04qu'on a retrouvée
00:45:07et bien au moment
00:45:08où il se passait ça
00:45:09dans le même temps
00:45:10le groupe Facebook
00:45:11dont je vous parle
00:45:12est passé de 0 à 370 000 membres
00:45:15en quelques jours
00:45:18je suis allé étudier
00:45:19encore un petit peu
00:45:20plus précisément
00:45:21les partages
00:45:23des contenus
00:45:23publiés
00:45:24sur ce groupe
00:45:25parce que
00:45:26quand un internaute
00:45:27partage un contenu
00:45:29ça marque une forme
00:45:30d'adhésion
00:45:30très forte
00:45:31avec ce contenu
00:45:32et bien
00:45:33à un moment
00:45:34de crise
00:45:35ouverte
00:45:35sur la deuxième semaine
00:45:37du premier confinement
00:45:38donc à un moment
00:45:39où l'information
00:45:40elle a une valeur
00:45:40vraiment extrêmement importante
00:45:43sur cette semaine
00:45:45précise là
00:45:46les contenus
00:45:48du groupe Facebook
00:45:49dont je vous parle
00:45:49avaient été plus
00:45:50partagés
00:45:51que l'ensemble
00:45:53des contenus
00:45:54diffusés
00:45:54sur Facebook
00:45:56par six médias
00:45:57d'information
00:45:58réunis
00:45:59BFM TV
00:46:01France Info
00:46:01CNews
00:46:02LCI
00:46:02Le Monde
00:46:02et Le Figaro
00:46:04vous êtes un utilisateur
00:46:05de Facebook
00:46:06pendant la deuxième semaine
00:46:07du confinement
00:46:07vous avez plus de chances
00:46:09de voir partager
00:46:10dans votre fil d'actualité
00:46:11un contenu issu
00:46:12de ce groupe
00:46:12qu'un contenu issu
00:46:14d'une page
00:46:15d'informations
00:46:16plus classique
00:46:17ce qui est
00:46:18pas plus classique
00:46:19pardon
00:46:20d'informations
00:46:20tout court
00:46:21ce qui est frappant
00:46:22c'est pas seulement
00:46:23la viralité
00:46:23c'est la forme
00:46:24c'est aussi à ça
00:46:25que je me suis attaché
00:46:26sur ce groupe Facebook
00:46:27sur les autres lieux
00:46:28de diffusion
00:46:28de cette dark information
00:46:30on va retrouver
00:46:30des dispositifs
00:46:31qui reprennent
00:46:32tous les codes
00:46:32de l'information
00:46:34professionnelle
00:46:35des interviews
00:46:36parfois même
00:46:37en studio
00:46:38on va retrouver
00:46:39des génériques
00:46:40bien faits
00:46:40des experts
00:46:41affichés
00:46:42un vocabulaire
00:46:43journalistique
00:46:43parfois même
00:46:45une mise en scène
00:46:45de la contradiction
00:46:47souvent orientée
00:46:48et pour tout dire
00:46:49souvent truquée
00:46:50j'ai appelé ça
00:46:52de l'information
00:46:52Canada Dry
00:46:53ça ressemble à de l'information
00:46:55ça a le goût de l'information
00:46:57mais en fait
00:46:57ça n'en est pas
00:46:58tout simplement
00:46:59parce qu'elle a été
00:47:00faussée
00:47:01parce qu'elle a été
00:47:01manipulée
00:47:02au nom d'intérêts
00:47:03militants
00:47:04politiques
00:47:05économiques
00:47:07en l'occurrence
00:47:07si je reviens
00:47:08sur le groupe Facebook
00:47:09dont je vous parlais
00:47:10ce que j'ai réussi
00:47:10à démontrer
00:47:11après enquête
00:47:12c'est qu'il y avait
00:47:13un lien direct
00:47:14entre l'IHU
00:47:16de Didier Raoult
00:47:17et le principal
00:47:18créateur
00:47:19du groupe
00:47:19qui était
00:47:20un entrepreneur
00:47:21donc très bien
00:47:22inséré
00:47:23dans la société
00:47:24évidemment
00:47:25ce lien n'était
00:47:26pas du tout
00:47:27connu
00:47:27ni explicité
00:47:28pour les audiences
00:47:31je vais vous citer
00:47:32un autre exemple
00:47:32marquant
00:47:33c'est le document
00:47:34documentaire
00:47:35ça me fait un petit peu
00:47:36mal au coeur
00:47:37de dire documentaire
00:47:38mais la vidéo
00:47:39intitulée
00:47:40Hold Up
00:47:42diffusée fin 2020
00:47:43qui a été vue
00:47:44par plusieurs millions
00:47:45de français
00:47:46là encore
00:47:47la force du dispositif
00:47:48c'est pas sa marginalité
00:47:50au contraire
00:47:50c'est sa capacité
00:47:51à produire
00:47:52une forme
00:47:52d'autorité
00:47:53alternative
00:47:54en singeant
00:47:55des codes
00:47:57dans Hold Up
00:47:58il y a des interviews
00:48:00d'anciens ministres
00:48:00de professeurs
00:48:01de médecine
00:48:01de chercheurs
00:48:02tout est fait
00:48:03pour fabriquer
00:48:04un effet de crédibilité
00:48:05alors que les faits
00:48:06là encore
00:48:06vont être tronqués
00:48:07vont être manipulés
00:48:08je peux vous dire
00:48:10que j'ai interviewé
00:48:11un ancien ministre
00:48:12Philippe d'Ouste-Blazy
00:48:13qui apparaissait
00:48:14dans ce documentaire
00:48:15et qui se mordait
00:48:16les doigts encore
00:48:17au moment où je l'ai interrogé
00:48:18quelques mois plus tard
00:48:19d'avoir accepté
00:48:20de participer
00:48:21à cette vidéo
00:48:26je pense
00:48:26au fond
00:48:27qu'on n'est pas forcément
00:48:28face à une crise
00:48:29de l'intelligence collective
00:48:30en tout cas
00:48:31je l'espère
00:48:31en matière d'information
00:48:33on est face
00:48:34à une crise
00:48:34de la légitimité
00:48:35des médiations
00:48:36traditionnelles
00:48:37en matière d'information
00:48:38et pour en revenir
00:48:39à l'objet
00:48:40de votre commission
00:48:41ce que les décrocheurs
00:48:43de l'information
00:48:43ne se contentent pas
00:48:44de dire
00:48:45tout est faux
00:48:46ils disent
00:48:47ce n'est pas vous
00:48:48qui êtes légitime
00:48:49pour dire
00:48:50le vrai
00:48:53le second voyage
00:48:54que je vous propose
00:48:55c'est un voyage dans le temps
00:48:55effectivement
00:48:56et je vais vous partager
00:48:57les conclusions
00:48:58d'un rapport de prospective
00:48:59qui a été conduit
00:49:00dans le cadre
00:49:01des états généraux
00:49:02de l'information
00:49:02il portait sur le monde
00:49:04de l'information
00:49:04en 2050
00:49:05c'est un travail
00:49:06qui a été coordonné
00:49:07par l'INA
00:49:08je veux tout de suite préciser
00:49:09qu'il ne s'agissait pas
00:49:10de la partie de recommandation
00:49:11des états généraux
00:49:13de l'information
00:49:13mais bien d'une partie
00:49:14de prospective
00:49:16je salue mes co-autrices
00:49:18co-auteurs
00:49:19puisque c'était
00:49:19une oeuvre collective
00:49:21au sein de l'INA
00:49:22ce travail avait été mené
00:49:23avec Agnès Chauveau
00:49:24directrice générale déléguée
00:49:26de l'INA
00:49:26et François Quinton
00:49:27rédacteur en chef
00:49:28de la revue des médias
00:49:29de l'INA
00:49:30une revue qui analyse
00:49:31les évolutions des médias
00:49:32en dehors de l'INA
00:49:33il avait été conduit
00:49:34avec les regards
00:49:36et les expertises
00:49:37d'Antoine Bueno
00:49:37qui est auteur
00:49:38et prospectiviste
00:49:39qui d'ailleurs travaille
00:49:40dans cette belle maison
00:49:41qu'est le Sénat
00:49:43de Jérôme Ruskin
00:49:44le patron et fondateur
00:49:46de la revue
00:49:46Ouzbek Erika
00:49:47et de l'universitaire
00:49:48Nathalie Sonak
00:49:50la méthode
00:49:52qu'on a retenue
00:49:52pour essayer de se projeter
00:49:53en 2050
00:49:55a reposé
00:49:56sur la construction
00:49:57d'une matrice
00:49:57d'incidence
00:49:58on a identifié
00:50:00cinq grands chocs
00:50:01structurants
00:50:02technologiques
00:50:04économiques
00:50:05politiques et géopolitiques
00:50:07sociétales
00:50:08écologiques
00:50:09et on a étudié
00:50:10pour chacun
00:50:11de ces chocs
00:50:12les effets
00:50:13sur l'écosystème
00:50:15de l'information
00:50:15qu'on a lui-même
00:50:17décomposé
00:50:17dans ces mêmes
00:50:19cinq dimensions
00:50:20je donne un exemple
00:50:21concret
00:50:22beaucoup plus rapide
00:50:23de cette grille
00:50:24de lecture
00:50:26si on essaie
00:50:27de réfléchir
00:50:28à ce que peut provoquer
00:50:29un choc technologique
00:50:30par exemple
00:50:31tel qu'un développement
00:50:32exponentiel
00:50:33des sciences cognitives
00:50:34sur la composante
00:50:35technologique
00:50:36de l'information
00:50:37on peut imaginer
00:50:38peut-être
00:50:39de l'information
00:50:40délivrée
00:50:41sur un nouveau
00:50:42support
00:50:43que pourrait être
00:50:43je ne sais pas moi
00:50:44des implants neuronaux
00:50:45je ne suis absolument
00:50:47pas compétent
00:50:47pour vous dire
00:50:48si ce monde
00:50:49à la Star Trek
00:50:50peut advenir
00:50:50en revanche
00:50:51je pense qu'il faut
00:50:52l'envisager
00:50:53et qu'intellectuellement
00:50:54on doit s'interroger
00:50:55là-dessus
00:50:57le croisement
00:50:58de ces chocs
00:50:59va nous permettre
00:51:00de produire des hypothèses
00:51:01qui sont parfois
00:51:01dérangeantes
00:51:02et elles nous ont servi
00:51:03à construire
00:51:04trois scénarios
00:51:05contrastés
00:51:06sur les possibles
00:51:09les possibles
00:51:10mondes de l'information
00:51:11en 2050
00:51:12le premier scénario
00:51:14c'est un scénario
00:51:15qu'on pourrait qualifier
00:51:15de clair
00:51:17quoi qu'on puisse
00:51:18en discuter
00:51:19ce serait
00:51:20un scénario
00:51:21d'un miracle
00:51:22informationnel
00:51:23on imagine
00:51:24dans ce scénario
00:51:25qu'après une crise
00:51:27majeure
00:51:27les citoyens
00:51:29reprennent la main
00:51:29sur leur destin
00:51:30informationnel
00:51:31que l'information
00:51:32redevienne
00:51:33un bien commun
00:51:34ça veut dire
00:51:35peut-être
00:51:35que dans ce monde
00:51:36les audiences
00:51:38acceptent de payer
00:51:39pour s'informer
00:51:40qu'il n'y a plus
00:51:40forcément de financement
00:51:42par la publicité
00:51:43ça veut dire
00:51:43dans ce monde
00:51:44c'est un lien direct
00:51:45avec ce qui vient
00:51:46d'être dit
00:51:46par David Chavalarias
00:51:47les algorithmes
00:51:48soient audités
00:51:50on peut imaginer
00:51:52dans ce monde
00:51:52dans ce scénario
00:51:54que l'IA
00:51:55soit mise au service
00:51:56de la vérification
00:51:57et du contexte
00:51:59bref
00:52:00dans ce scénario là
00:52:01la confiance
00:52:01se reconstruit
00:52:03chance
00:52:04que cela advienne
00:52:05me semble
00:52:06assez limité
00:52:07le deuxième scénario
00:52:10est à l'inverse
00:52:11un scénario
00:52:11obscur
00:52:12c'est un scénario
00:52:14dans lequel
00:52:14l'information
00:52:15s'effondre
00:52:16dans lequel
00:52:16l'information
00:52:17meurt
00:52:17et disparaît
00:52:18on a même
00:52:19imaginé
00:52:20qu'en fait
00:52:20on a même
00:52:21analysé
00:52:22que l'information
00:52:23pouvait mourir
00:52:24au moins
00:52:25trois fois
00:52:26à l'horizon
00:52:272050
00:52:28sans forcément
00:52:29que cela
00:52:29émeuve
00:52:30beaucoup
00:52:31la première raison
00:52:32de la mort
00:52:33de l'information
00:52:33pourrait être
00:52:34tout simplement
00:52:34la disparition
00:52:35des conditions
00:52:36d'indépendance
00:52:37dans lesquelles
00:52:37produire de l'information
00:52:40deuxième manière
00:52:41d'imaginer
00:52:41et de projeter
00:52:42une mort
00:52:43de l'information
00:52:45c'est une forme
00:52:46de vote
00:52:46avec les pieds
00:52:47par les audiences
00:52:48elles-mêmes
00:52:49dans un monde
00:52:50où il serait devenu
00:52:51tellement compliqué
00:52:51de s'informer
00:52:52tellement difficile
00:52:55et l'effort
00:52:56à faire
00:52:56serait tellement
00:52:57énorme
00:52:58en fait
00:52:58il y a un moment
00:52:59où les citoyens
00:53:00peuvent tout simplement
00:53:00se détourner
00:53:01de l'information
00:53:02parce qu'ils sont
00:53:03fatigués
00:53:04de devoir
00:53:04en permanence
00:53:05s'interroger
00:53:06sur le vrai
00:53:07ou le faux
00:53:07la troisième
00:53:09possibilité
00:53:10de mort
00:53:10de l'information
00:53:11elle repose aussi
00:53:12pour l'impossibilité
00:53:13pour les journalistes
00:53:15de s'engager
00:53:16sur l'information
00:53:17le travail
00:53:18d'un journaliste
00:53:19c'est
00:53:20vous le savez
00:53:20un journaliste professionnel
00:53:22s'engage
00:53:22par exemple
00:53:23à corriger
00:53:23une information
00:53:24dès qu'il a connaissance
00:53:26d'avoir commis
00:53:27une erreur
00:53:28comment
00:53:29peut-on imaginer
00:53:31poursuivre
00:53:32cet engagement
00:53:32des journalistes
00:53:34dans un monde
00:53:34où le vrai
00:53:35et le faux
00:53:35deviennent
00:53:36indiscernables
00:53:38si je poursuis
00:53:40ce scénario
00:53:41on est aussi
00:53:42dans un monde
00:53:42où les plateformes
00:53:43dominent entièrement
00:53:44la distribution
00:53:45où l'information
00:53:46est un flux
00:53:46d'influence
00:53:47parmi d'autres
00:53:48on est clairement
00:53:49dans un scénario
00:53:50où la démocratie
00:53:51est devenue
00:53:51structurellement
00:53:52vulnérable
00:53:53le troisième scénario
00:53:55qui a globalement
00:53:58le plus de chances
00:53:58d'advenir
00:53:59puisqu'il est médian
00:54:00c'est un scénario
00:54:01clair-obscur
00:54:02la manière
00:54:04dont on
00:54:05l'a envisagé
00:54:07pourrait être
00:54:08d'arriver
00:54:09à une forme
00:54:09d'information
00:54:10qui devienne
00:54:11éclatée
00:54:11ça veut dire
00:54:12qu'elle coexiste
00:54:13sous plusieurs
00:54:14régimes
00:54:15de vérité
00:54:17auprès
00:54:18de différents
00:54:18publics
00:54:19également
00:54:20ça pourrait vouloir
00:54:21dire que
00:54:21certains publics
00:54:22disposent
00:54:23d'une information
00:54:24de haute qualité
00:54:24parce qu'ils en ont
00:54:26besoin
00:54:26professionnellement
00:54:27parce qu'ils ont
00:54:28les moyens
00:54:29d'y accéder
00:54:31et à l'inverse
00:54:32d'autres
00:54:33vivraient
00:54:33dans des bulles
00:54:34informationnelles
00:54:35fermées
00:54:36je vous ai dit
00:54:37aussi à quel point
00:54:38il y avait une forme
00:54:38d'humilité
00:54:39dans l'exercice
00:54:39de prospective
00:54:40donc je me dois
00:54:41de vous dire aussi
00:54:41que dans certains
00:54:43éléments qu'on avait
00:54:44envisagés
00:54:45à un horizon
00:54:4610 ou 15 ans
00:54:49sont advenus
00:54:50dans les 10 ou 15
00:54:51semaines
00:54:52qui ont suivi
00:54:53la publication
00:54:54de ce travail
00:54:55on imaginait
00:54:56par exemple
00:54:57une suspension
00:54:58d'élections
00:54:59en raison
00:54:59d'ingérence
00:55:00étrangère
00:55:01on l'avait
00:55:01plutôt située
00:55:02à l'horizon
00:55:042035
00:55:05qu'en décembre
00:55:072024
00:55:08en Roumanie
00:55:11si je devais
00:55:12tirer un fil
00:55:12commun
00:55:13entre les deux
00:55:14voyages
00:55:15que je viens
00:55:15de décrire
00:55:17je dirais
00:55:18qu'au-delà
00:55:18de la crise
00:55:20de vérité
00:55:20à laquelle
00:55:21on est confronté
00:55:22il me semble
00:55:24qu'on peut également
00:55:25parler d'une crise
00:55:25du contexte
00:55:27dans les univers
00:55:28de la dark information
00:55:29les faits existent
00:55:31parfois
00:55:31mais ils vont être
00:55:32décontextualisés
00:55:33extraits
00:55:33recomposés
00:55:34dans les scénarios
00:55:35prospectifs
00:55:36à l'horizon 2050
00:55:37de la même manière
00:55:38on est dans une
00:55:39aggravation
00:55:39de ce phénomène
00:55:40avec une fragmentation
00:55:41totale
00:55:42des récits
00:55:44or le contexte
00:55:46en matière d'information
00:55:47c'est pas une coquetterie
00:55:49c'est pas le septième
00:55:50paragraphe
00:55:51d'une dépêche AFP
00:55:52le contexte
00:55:54c'est la condition
00:55:55même
00:55:56et la possibilité
00:55:57du débat
00:55:57démocratique
00:55:58décontextualisé
00:55:59une image
00:56:00on l'a vu
00:56:01devient une arme
00:56:02sans les cinq secondes
00:56:03qu'il précède
00:56:04et les dix
00:56:05qu'il suive
00:56:06on peut faire dire
00:56:08à un extrait vidéo
00:56:09l'exact inverse
00:56:11de sa signification
00:56:12profonde
00:56:12bref
00:56:13sans contexte
00:56:14pour la comprendre
00:56:15une information
00:56:15elle n'a plus
00:56:16de sens
00:56:17je suis assez persuadé
00:56:19qu'il faut donner
00:56:20redonner le goût
00:56:22du contexte
00:56:24c'est une partie
00:56:25de
00:56:26j'ai la chance
00:56:27de pouvoir vous dire
00:56:27que c'est une partie
00:56:28de mon activité
00:56:29à l'Institut national
00:56:31de l'audiovisuel
00:56:31à l'INA
00:56:32en investissant
00:56:33les lieux même
00:56:34de la décontextualisation
00:56:36en y diffusant
00:56:37massivement
00:56:38des vidéos
00:56:39qui permettent
00:56:40d'éclairer l'actualité
00:56:41par le temps long
00:56:42de l'archive
00:56:43j'espère
00:56:44qu'on contribue
00:56:45à faire
00:56:46massivement
00:56:48prendre conscience
00:56:49du contexte
00:56:50de l'actualité
00:56:51des changements
00:56:53de société
00:56:53mais ça ne peut pas être
00:56:55la seule réponse
00:56:56par le contenu
00:57:00il est
00:57:01également
00:57:03indispensable
00:57:04il me semble
00:57:04de se dire
00:57:05qu'une partie
00:57:06de la réponse
00:57:06va passer
00:57:07dans un autre lieu
00:57:08qui va être
00:57:09les salles de classe
00:57:10qui va être
00:57:11notamment par l'éducation
00:57:13aux médias
00:57:13et à l'information
00:57:14qu'il est sans doute
00:57:15plus que jamais nécessaire
00:57:17d'étendre
00:57:17à l'éducation
00:57:18à l'IA
00:57:21cette éducation
00:57:22à l'IA
00:57:22elle ne peut pas
00:57:23se limiter
00:57:23d'ailleurs
00:57:23à l'apprentissage
00:57:24d'outils
00:57:24elle doit intégrer
00:57:25la compréhension
00:57:26des logiques
00:57:27des outils
00:57:27à de leurs biais
00:57:28de leurs effets
00:57:29sur la perception
00:57:30du réel
00:57:31il me semble
00:57:32effectivement
00:57:33qu'investir
00:57:34les salles de classe
00:57:35c'est un enjeu
00:57:35central
00:57:36il ne s'agit pas
00:57:37de former
00:57:37des experts
00:57:39juste
00:57:39des citoyens
00:57:40capables de se poser
00:57:41les bonnes questions
00:57:42d'où vient
00:57:43cette information
00:57:44dans quel contexte
00:57:46a-t-elle été produite
00:57:47que montre
00:57:48cette image
00:57:49que ne montre-t-elle pas
00:57:50que cache-t-elle
00:57:51que fait l'algorithme
00:57:53à mon attention
00:57:54et à mon jugement
00:57:57c'est aussi le moment
00:57:58où on se parlait
00:57:58de
00:57:59je reprends les termes
00:58:00d'ouvrir
00:58:01de montrer le métier
00:58:03je pense que
00:58:05cet enjeu
00:58:06dans les salles de classe
00:58:07implique aussi
00:58:08en matière d'information
00:58:10de raconter
00:58:11de partager
00:58:12et de montrer
00:58:14les coutures
00:58:14avec lesquelles
00:58:15l'information
00:58:16parfois se fabrique
00:58:17c'est quelque chose
00:58:18qui me semble
00:58:18très important
00:58:19et donc je reprends
00:58:20l'analogie du chercheur
00:58:21montrant le métier
00:58:23du chercheur
00:58:25si on veut éviter
00:58:26que la crise du contexte
00:58:28ne devienne
00:58:28une crise durable
00:58:29de la démocratie
00:58:30l'enjeu
00:58:31semble assez clair
00:58:32il est question
00:58:33d'investir
00:58:34dans la transmission
00:58:34dans l'éducation
00:58:36dans la capacité
00:58:37collective
00:58:38à comprendre
00:58:38l'information
00:58:39pas juste
00:58:40et pas uniquement
00:58:41à la consommer
00:58:45merci beaucoup
00:58:46et je sais pas
00:58:46si vous le savez
00:58:47tous les trois
00:58:48mais il y a actuellement
00:58:49le ministère
00:58:50de l'éducation nationale
00:58:51met en consultation
00:58:52un programme
00:58:53désormais sur l'éducation
00:58:54aux médias
00:58:55et à l'information
00:58:56c'est à dire que
00:58:56jusqu'à présent
00:58:57et je l'ai découvert
00:58:58en les écoutant
00:58:59alors que je suis censée
00:59:00en avoir bénéficié
00:59:01mais ça m'a échappé
00:59:02depuis les années 1980
00:59:04tous les collégiens
00:59:05sont censés avoir
00:59:06une éducation
00:59:07enfin
00:59:07une sensibilisation
00:59:09à l'éducation
00:59:10aux médias
00:59:10et à l'information
00:59:11mais qui était en fait
00:59:11diffuse
00:59:12et qui était un peu
00:59:13au bon vouloir
00:59:14des professeurs
00:59:15s'ils mettaient en place
00:59:16des projets collectifs
00:59:17et donc là
00:59:18l'idée du ministère
00:59:19est de mettre en place
00:59:20un vrai programme
00:59:22avec un contenu
00:59:23et c'est ce fameux contenu
00:59:25là qui est actuellement
00:59:25en phase de consultation
00:59:28donc voilà
00:59:29je sais pas si l'un d'entre vous
00:59:30avait le sentiment
00:59:30d'avoir déjà eu ça
00:59:31t'as eu ça
00:59:33bien
00:59:34quatrième
00:59:35et est-ce que vous avez
00:59:36des questions
00:59:36à plein
00:59:37alors Thomas commence
00:59:40merci pour ces interventions
00:59:42qui se complétaient
00:59:43très très bien
00:59:46moi j'ai des questions
00:59:47sur les pistes
00:59:49d'optimisme
00:59:51ou de sortie
00:59:51de cette impasse
00:59:53dans laquelle on accélère
00:59:54en ce moment
00:59:55je pense pas
00:59:56qu'il y aura un retour
00:59:57à un ordre
00:59:58on va dire
00:59:59plus traditionnel
01:00:00de l'information
01:00:02avec la presse
01:00:03de référence
01:00:04qui ferait
01:00:05et construirait
01:00:06tout l'écosystème
01:00:08informationnel
01:00:08des gens
01:00:09du grand public
01:00:10mais je crois
01:00:12tout de même
01:00:12à la régulation
01:00:13et en réalité
01:00:14il y a deux modes
01:00:15de régulation
01:00:15il y a celle
01:00:16par le marché
01:00:17et on se demande
01:00:18pourquoi encore
01:00:19une plateforme
01:00:19comme X Twitter
01:00:20a une place
01:00:22aussi importante
01:00:22malgré son écosystème
01:00:24toxique
01:00:25que n'importe quel
01:00:25utilisateur subit
01:00:28il a des concurrents
01:00:29mais qui sont
01:00:29extrêmement marginaux
01:00:30et qui ne prennent pas
01:00:31et on a
01:00:33une prise
01:00:34d'importance
01:00:36de cette plateforme
01:00:36dans le débat public
01:00:39qui devient
01:00:40très problématique
01:00:41et l'autre régulation
01:00:42c'est celle
01:00:42qu'on est en train
01:00:43de mettre en place
01:00:44en Europe
01:00:44c'est la transparence
01:00:45et notamment
01:00:46le DSA
01:00:47qui demande
01:00:48beaucoup de transparence
01:00:50enfin qui inquiète
01:00:51d'ailleurs les plateformes
01:00:52parce qu'elle demande
01:00:52la transparence
01:00:53des algorithmes
01:00:54et la façon
01:00:55dont l'information
01:00:57ou ce qu'on reçoit
01:00:58est trié
01:00:59et je pense que
01:01:00la réponse
01:01:01de la démocratie
01:01:02ça a toujours été
01:01:03la transparence
01:01:03et vous l'avez dit
01:01:04même sur la production
01:01:05de l'information
01:01:05donc est-ce que ça
01:01:06c'est pas une piste
01:01:07de mettre la lumière
01:01:08et de quelque part
01:01:10ouvrir les boîtes noires
01:01:12qui organisent
01:01:13et structurent
01:01:14la façon
01:01:15dont on reçoit
01:01:16l'information
01:01:17et ces bulles
01:01:18ne sont pas
01:01:18des bulles artificielles
01:01:19elles sont créées
01:01:20par ces algorithmes
01:01:21et puis
01:01:22j'avais une deuxième question
01:01:24parce que ça n'a pas été
01:01:24encore abordé
01:01:25mais c'est normal
01:01:25parce que c'est en train
01:01:26de se développer
01:01:27à une vitesse folle
01:01:27c'est est-ce qu'on a étudié
01:01:30les dispositifs
01:01:31d'intelligence artificielle
01:01:32qui servent
01:01:33d'assistant personnel
01:01:34à beaucoup de personnes
01:01:35mais qui sont différents
01:01:36les uns les autres
01:01:37mais qui offrent
01:01:37les mêmes services
01:01:38est-ce qu'on a déjà
01:01:42analysé peut-être
01:01:43les biais
01:01:43que chaque service
01:01:44a par rapport à d'autres
01:01:45on sait que
01:01:46DeepSy
01:01:46que le chinois
01:01:47a quelque peu de mal
01:01:48à décrire
01:01:50certains événements
01:01:51de l'histoire de la Chine
01:01:51mais est-ce qu'on analyse
01:01:54ces outils
01:01:56comme des outils
01:01:56qui sont biaisés
01:01:57politiquement
01:01:58et qui pourraient avoir
01:01:59malgré ce qu'on en dit
01:02:00des biais
01:02:01qui sont par leur construction
01:02:04politique
01:02:04qui ferait que
01:02:05on utiliserait plutôt
01:02:06Tchad GPT
01:02:07dans certaines classes
01:02:08de la population
01:02:09et plutôt Gemini
01:02:10dans une autre
01:02:11moi j'ai l'impression
01:02:12que tout ça ouvre un champ
01:02:15assez vertigineux
01:02:16en termes de structuration
01:02:18du débat public
01:02:18et peut-être
01:02:20qu'il faudrait mettre
01:02:20aussi son nez
01:02:21là-dedans
01:02:27Je veux bien d'abord
01:02:28faire quelques remarques
01:02:30c'est juste que nos
01:02:33réunions de la délégation
01:02:34ont toujours un côté
01:02:35un peu d'actualité
01:02:36puisqu'hier
01:02:37on débattait
01:02:38sur la liberté académique
01:02:39c'est-à-dire
01:02:41que c'est un sujet
01:02:43qui est quand même
01:02:46présent
01:02:47et ça fait écho
01:02:48à tout ce que vous avez
01:02:49pu dire
01:02:49M. Rosan Vallon
01:02:51sur cette
01:02:52après
01:02:53j'ai une question
01:02:55comme ça déjà
01:02:56vous avez beaucoup parlé
01:02:58M. Chalarias
01:02:58des rapports
01:03:00entre l'influence
01:03:02USA
01:03:02Russie
01:03:03pas du tout
01:03:04de la Chine
01:03:06dans vos propos
01:03:07et puis après
01:03:09sur les réflexions
01:03:10sur la prospective
01:03:13et quand on voit
01:03:14la place
01:03:14que prend
01:03:17l'information
01:03:18même
01:03:18comme elle nous inonde
01:03:19ça me rappelle
01:03:21toujours un sondage
01:03:22qui avait
01:03:23une étude
01:03:24qui avait été faite
01:03:24en 2000
01:03:25savoir comment on verrait
01:03:262100
01:03:27en se basant
01:03:28sur ce qui avait été fait
01:03:29en 1900
01:03:29par rapport à l'an 2000
01:03:30on disait
01:03:31qu'on serait d'abord
01:03:33envahi
01:03:33inonder
01:03:34une place
01:03:35extrêmement prépondérante
01:03:36à l'information
01:03:37sur toutes ses formes
01:03:38et qu'on arriverait
01:03:40à une telle saturation
01:03:41qu'ensuite ça baissera
01:03:43et que l'éducation
01:03:44reprendrait sa place
01:03:45alors
01:03:46ça fait partie
01:03:47des scénarios
01:03:50je veux bien
01:03:51rester optimiste
01:03:52mais je ne sais pas
01:03:53si on est
01:03:54vraiment
01:03:55dans ce cas
01:03:56et puis enfin
01:03:56sur la dernière
01:03:58intervention
01:04:00il y a quand même
01:04:01le statut
01:04:02pour moi
01:04:03du journaliste
01:04:04parce que quand on parle
01:04:04d'information
01:04:06on ne sait jamais
01:04:07d'ailleurs
01:04:07si c'est un journaliste
01:04:08qui respecte
01:04:09des règles
01:04:09déontologiques
01:04:10qui s'expriment
01:04:11ou si c'est
01:04:12un intervenant
01:04:13ou si c'est
01:04:15un...
01:04:16et on n'a
01:04:18plus du tout
01:04:19de repères
01:04:20d'abord
01:04:21je pense qu'il y a
01:04:21le statut
01:04:22du journaliste
01:04:23on peut avoir
01:04:23sa carte de journalisme
01:04:25si on a plus de 50%
01:04:26de ses revenus
01:04:27qui viennent du journalisme
01:04:28enfin
01:04:29il n'y a pas
01:04:30un diplôme
01:04:33pour moi
01:04:33il manque
01:04:33peut-être même
01:04:34un ordre
01:04:35des journalistes
01:04:36qui puissent
01:04:36mettre des règles
01:04:38déontologiques
01:04:38qui soient
01:04:39toutes les mêmes
01:04:39parce que
01:04:42les instances
01:04:43déontologiques
01:04:43qui sont dans
01:04:44chaque média
01:04:45sont à gérométrie
01:04:46variable
01:04:46il y a une éthique
01:04:47des comités
01:04:48d'éthique
01:04:49mais qui n'ont pas
01:04:50la même éthique
01:04:52donc à mon avis
01:04:53ça manque
01:04:54un peu
01:04:55d'unité
01:04:58et quelque chose
01:04:58qui rassurerait
01:04:59puisque les sondages
01:05:00prouvent que
01:05:01s'il y avait par exemple
01:05:02un ordre des journalistes
01:05:03les gens feraient
01:05:04davantage confiance
01:05:06à l'information
01:05:07mais encore
01:05:08faudra-t-il
01:05:08repérer
01:05:09qui s'exprime
01:05:10est-ce que c'est
01:05:11un journaliste
01:05:12ou si c'est
01:05:13au contraire
01:05:13un rapporteur
01:05:15d'informations
01:05:17ou d'événements
01:05:19donc je ne sais pas
01:05:20je voudrais savoir
01:05:20ce que vous en pensez
01:05:21sur cette évolution
01:05:23vers une possibilité
01:05:25quand même
01:05:25de régulation
01:05:26non pas seulement
01:05:27du média
01:05:27mais même
01:05:28des journalistes
01:05:28qui sont quand même
01:05:29à la source
01:05:30de l'information
01:05:30et comment
01:05:31le faire passer
01:05:33d'ailleurs
01:05:33pour leur permettre
01:05:34de rester
01:05:36garder une indépendance
01:05:38par rapport
01:05:38aux structures
01:05:40qui les rémunèrent
01:05:42puisqu'on sait
01:05:43que c'est entre
01:05:44des grandes puissances
01:05:45maintenant
01:05:47financières
01:05:47qui dépendent
01:05:48les médias
01:05:48et puis rassurer
01:05:49de l'autre côté
01:05:51les lecteurs
01:05:52auditeurs
01:05:53ou intervention
01:06:00oui et merci
01:06:01pour cet échange
01:06:03bon manifestement
01:06:04vous faites autorité
01:06:04dans les domaines
01:06:06sur lesquels
01:06:07on est en train
01:06:08de travailler
01:06:08ce matin
01:06:09moi j'ai deux sujets
01:06:11sur
01:06:12alors ce qui est intéressant
01:06:13c'est que la prospective
01:06:14il y a un petit travail
01:06:16qui se fait à plusieurs endroits
01:06:17et presque en même temps
01:06:18et il y a deux jours
01:06:19on recevait le credoc
01:06:21notamment avec Bernard
01:06:22et puis Califé
01:06:23et on parlait
01:06:26de la question
01:06:26de l'individualité
01:06:27l'individualisme
01:06:28la question aussi
01:06:29de la coopération
01:06:31et puis
01:06:32la collaboration
01:06:33la distinction
01:06:34entre tous ces termes
01:06:36et dans vos propos
01:06:37on voit bien
01:06:39que les cibles
01:06:39individuelles
01:06:41sont vraiment
01:06:41enfin c'est
01:06:43on cible les gens
01:06:43de manière individuelle
01:06:44et à travers
01:06:47des objets
01:06:47de confiance
01:06:51et pour faire la boucle
01:06:53avec ce qu'on a évoqué
01:06:54il y a deux jours
01:06:55ensemble
01:06:56c'est qu'à un moment donné
01:06:57pour se sortir
01:06:58de ce mécanisme
01:07:00de réseau
01:07:01qui met en réseau
01:07:02des individualités
01:07:03est-ce que vous ne pensez pas
01:07:05que le développement
01:07:06de structures collectives
01:07:07d'espaces collectifs
01:07:08de coopération
01:07:09permette à un moment donné
01:07:10de sortir
01:07:11de cette emprise
01:07:12des réseaux sociaux
01:07:13et des attaques frontales
01:07:15qui sont à dessein
01:07:16et qui sont des objectifs
01:07:19de prise de pouvoir
01:07:20de façon à ce que
01:07:21les gens
01:07:22autour d'une table
01:07:22autour de dispositifs
01:07:23organisés
01:07:24permettent de coopérer
01:07:25ensemble
01:07:26et de retrouver
01:07:28de reprendre
01:07:29quelque part
01:07:29le pouvoir
01:07:29sur l'information
01:07:30et sur la production
01:07:32à partir de là
01:07:33d'une trajectoire
01:07:35de savoir
01:07:35et autre
01:07:35donc ça c'est
01:07:37mon premier sujet
01:07:37et puis mon deuxième sujet
01:07:38c'est presque
01:07:39un sujet local
01:07:40c'est qu'on entend
01:07:42souvent dans
01:07:42nos débats
01:07:43des mots
01:07:45et je le trouve
01:07:46de plus en plus
01:07:46alors moi je suis
01:07:47très sensible à ça
01:07:48parce que les mots
01:07:48ont du sens
01:07:50et à chaque fois
01:07:51qu'il y a une intervention
01:07:52dans l'hémicycle
01:07:52assez régulièrement
01:07:54on parle
01:07:55c'est un amendement
01:07:56ou une proposition
01:07:58de bon sens
01:07:59il faut être pragmatique
01:08:01il faut être raisonnable
01:08:02en responsabilité
01:08:03on entend ça régulièrement
01:08:04dans les hémicycles
01:08:07et moi je me pose
01:08:08la question
01:08:08si véritablement
01:08:09ces mots
01:08:09ont-ils leur place
01:08:11dans le débat démocratique
01:08:12qu'est-ce que ça renvoie
01:08:14et qu'est-ce que ça renseigne
01:08:15sur celles et ceux
01:08:16qui les utilisent
01:08:17à foison
01:08:18moi ça m'interroge
01:08:19à chaque fois
01:08:20parce que personnellement
01:08:21je trouve que ça
01:08:23ça ferme
01:08:24la capacité à débattre
01:08:26et je trouve
01:08:27qu'il y a des expressions
01:08:28comme ça
01:08:28qui arrivent ici
01:08:29et qui renseignent
01:08:30sur la façon
01:08:32dont aujourd'hui
01:08:32on fait vivre le débat
01:08:33et on ferme
01:08:35nous-mêmes
01:08:36dans le Parlement
01:08:39la capacité
01:08:40à autoriser
01:08:42quelque part
01:08:43la controverse
01:08:44merci
01:08:44je suis très sensible
01:08:46à tout ce que vous avez dit
01:08:46mais moi je n'ai rien
01:08:47à apporter
01:08:48sur ces questions-là
01:08:49en revanche
01:08:50il y a deux choses
01:08:51que je peux dire
01:08:51la première chose
01:08:52vous avez posé
01:08:52la question du bon sens
01:08:54la notion de bon sens
01:08:56a été inventée
01:08:58au 18ème siècle
01:08:59en Angleterre
01:09:00en Écosse
01:09:02comme une sorte
01:09:03de volonté
01:09:05de polémique
01:09:06contre tout
01:09:07un ensemble
01:09:09de savants
01:09:10prétentieux
01:09:11c'était
01:09:13une réponse
01:09:14pour simplifier
01:09:15de l'église
01:09:16écossaise
01:09:17à l'académie
01:09:19écossaise
01:09:20qui a reproché
01:09:22aux grands philosophes
01:09:24etc.
01:09:24de prétendre
01:09:25avoir la vérité
01:09:26alors que l'église
01:09:27dit non
01:09:27la vérité
01:09:28ce sont les choses
01:09:30qui viennent d'en bas
01:09:30et ce mot
01:09:32common sense
01:09:33vous le savez
01:09:33c'est le mot
01:09:34qui a fait
01:09:35la révolution
01:09:36américaine
01:09:36c'est le titre
01:09:38du best-seller
01:09:39de Thomas Penn
01:09:40et la révolution
01:09:41américaine
01:09:43se lie
01:09:44en quelque sorte
01:09:45à ce mot
01:09:46de bon sens
01:09:47alors ce mot
01:09:48de bon sens
01:09:48il est à la fois
01:09:49un écran
01:09:50et une protestation
01:09:52il est un écran
01:09:53parce qu'on fait appel
01:09:55au bon sens
01:09:55ça veut dire
01:09:56bon au fond
01:09:57tout le monde sait
01:09:58qu'il y a
01:10:00quelques idées
01:10:00qu'il faut garder
01:10:01et le reste
01:10:02ne compte pas
01:10:02mais un écran
01:10:03parce que justement
01:10:04le bon sens
01:10:05c'est éviter
01:10:07de s'interroger
01:10:07en profondeur
01:10:08très souvent
01:10:09donc là
01:10:10il y a toute une littérature
01:10:12intellectuelle
01:10:12sur la théorie
01:10:14du bon sens
01:10:14et du common sense
01:10:16mais il est évident
01:10:17que très souvent
01:10:18c'est un argument
01:10:18et pas la description
01:10:21d'une vérité
01:10:23le deuxième fait
01:10:24très important
01:10:24et là
01:10:25c'est aussi
01:10:26une expérience
01:10:27que j'ai eue
01:10:27d'accompagner
01:10:28la première
01:10:30mini conférence
01:10:31citoyenne
01:10:32sur la vaccination
01:10:33que dirigeait
01:10:34Alain Fischer
01:10:34et qui a eu
01:10:37pour résultat
01:10:37que la ministre
01:10:39de la santé
01:10:40de l'époque
01:10:41était Marisol Touraine
01:10:42a accru
01:10:43le nombre
01:10:43de vaccinations
01:10:44obligatoires
01:10:45pour les enfants
01:10:45dans un contexte
01:10:47où il y avait
01:10:47aussi de la discussion
01:10:49sur les vaccinations
01:10:50et ce que j'ai vu
01:10:52à ce moment là
01:10:52c'est qu'il y avait
01:10:54une imperméabilité
01:10:56totale
01:10:57de toute une partie
01:10:58de l'opinion
01:10:58aux arguments
01:10:59scientifiques
01:11:00et donc
01:11:01la seule réponse
01:11:03que l'on pouvait avoir
01:11:04à ce moment là
01:11:05c'est qu'une parole
01:11:07pèse
01:11:08si elle accepte
01:11:10de prendre en compte
01:11:11les indéterminations
01:11:13les questions
01:11:14et même
01:11:15les préjugés
01:11:16il faut être
01:11:18accueillant
01:11:19aux préjugés
01:11:19accueillant
01:11:20aux indéterminations
01:11:22accueillant
01:11:23aux questions
01:11:23et ensuite
01:11:24en disant
01:11:25il est normal
01:11:26de se poser des questions
01:11:27je comprends
01:11:28que ça n'aille pas
01:11:29de soi
01:11:29et ensuite
01:11:31de construire
01:11:33son point de vue
01:11:34mais il ne faut pas dire
01:11:35nous nous sommes réunis
01:11:38avec
01:11:3820 personnalités
01:11:40qui ont
01:11:41auditionné
01:11:42de quantités
01:11:43de personnes savantes
01:11:44et nous pouvons vous dire
01:11:45que voilà ce qu'il faut
01:11:46penser des vaccins
01:11:49il faut
01:11:50accepter
01:11:51je dirais
01:11:52de prendre en charge
01:11:53l'indétermination
01:11:55la démocratie
01:11:56c'est ça peut-être
01:11:57accepter
01:11:58de prendre en charge
01:11:58l'indétermination
01:12:00les erreurs
01:12:01les questions
01:12:02de tous
01:12:03et ce qui est commun
01:12:05ça n'est pas d'abord
01:12:06le résultat
01:12:07de la vérité
01:12:08ce qui est commun
01:12:09c'est
01:12:09la commune
01:12:12acceptation
01:12:13des types
01:12:14de préjugés
01:12:16même
01:12:16ou d'interrogation
01:12:18c'est pour cela
01:12:19que
01:12:19l'idée
01:12:20qu'il faut corriger
01:12:22simplement
01:12:22les biais cognitifs
01:12:24est à la fois
01:12:25théoriquement vrai
01:12:26mais pratiquement fausse
01:12:28et moi je partage
01:12:29tout à fait
01:12:30beaucoup de livres
01:12:30ont été écrits
01:12:31sur les biais cognitifs
01:12:32et les livres
01:12:33dont je partage
01:12:34100%
01:12:35les analyses
01:12:36etc
01:12:37mais ça n'est pas
01:12:38en pensant
01:12:38qu'on peut
01:12:40rééduquer les cerveaux
01:12:42pour simplifier
01:12:43et alors
01:12:43évidemment
01:12:44en commençant
01:12:44par les cerveaux
01:12:45des enfants
01:12:45parce que tout de suite
01:12:46on dit
01:12:47c'est à l'école
01:12:47bien sûr
01:12:48c'est très bien
01:12:49qu'il y ait
01:12:49cette formation
01:12:50à l'école
01:12:50mais cette formation
01:12:51n'empêche pas
01:12:52tout un ensemble
01:12:53de choses
01:12:53on le voit bien
01:12:54donc c'est tout au long
01:12:56de la vie
01:12:57sur tous les problèmes
01:12:58qu'il faut avoir
01:13:01une politique
01:13:02qui ne soit pas
01:13:03simplement celle
01:13:03de correction
01:13:04des erreurs
01:13:05mais une politique
01:13:06de bienveillance
01:13:08je dirais
01:13:09à l'égard
01:13:10de ce qu'on peut
01:13:13considérer
01:13:13comme des aberrations
01:13:14intellectuelles
01:13:15peut-être
01:13:16mais enfin
01:13:16il faut les accueillir
01:13:19sinon
01:13:19ça veut dire
01:13:20qu'on n'accueille pas
01:13:20les personnes
01:13:21donc c'est là
01:13:23qu'il y a le problème
01:13:24c'est que
01:13:25si
01:13:27la démocratie
01:13:28c'est le régime
01:13:28où on pense
01:13:29qu'on peut faire avancer
01:13:30une collectivité
01:13:31et on peut faire avancer
01:13:33cette collectivité
01:13:34si on est ouvert
01:13:35à tout
01:13:35à tous
01:13:37et tous
01:13:38ils sont avec
01:13:39leurs questions
01:13:41leurs inepties
01:13:42peut-être
01:13:43eux-mêmes
01:13:43mais
01:13:45on ne répond pas
01:13:46à une ineptie
01:13:46en disant
01:13:47vous êtes un imbécile
01:13:47voilà
01:13:48c'est aussi ça
01:13:50la démocratie
01:13:59merci pour
01:14:00toutes ces questions
01:14:01donc je vais répondre
01:14:02à quelques-unes
01:14:03rapidement
01:14:04sur la
01:14:05déjà la question
01:14:05de la Chine
01:14:06alors
01:14:06c'était surtout
01:14:08une question de temps
01:14:09il y a des très bons
01:14:10rapports sur
01:14:11la désinformation
01:14:12chinoise
01:14:12notamment
01:14:13du LIRSEM
01:14:14avec Paul Charon
01:14:16il explique
01:14:16qu'en matière
01:14:17de désinformation
01:14:18elle dépasse peut-être
01:14:19l'élève
01:14:20dépasse le mètre
01:14:21par rapport à la Russie
01:14:22ceci dit
01:14:23j'ai choisi
01:14:23de faire ce choix-là
01:14:24parce que
01:14:25il y a quand même
01:14:26des interactions
01:14:27un petit peu différentes
01:14:27c'est-à-dire que la Russie
01:14:28et les Etats-Unis
01:14:29ont une sorte
01:14:29d'intérêt convergent
01:14:31à affaiblir
01:14:32l'Europe
01:14:33et j'ai l'impression
01:14:34mais je ne suis pas spécialiste
01:14:34mais que la Russie
01:14:35elle essaie plutôt
01:14:37de regagner du statut
01:14:38à elle
01:14:39c'est-à-dire qu'elle essaie
01:14:40de monter son statut
01:14:41au niveau international
01:14:42en faisant ce genre
01:14:42d'influence
01:14:43et évidemment
01:14:43s'il y a des détracteurs
01:14:44elle va dessus
01:14:47ils ont une volonté
01:14:48vraiment d'affaiblir
01:14:49des destructions
01:14:51l'un n'est pas forcément
01:14:52meilleur que l'autre
01:14:52mais en tout cas
01:14:53il y a des convergences
01:14:54sur les attitudes
01:14:54de la Russie
01:14:56et des Etats-Unis
01:14:57il y a évidemment
01:14:58beaucoup à dire
01:14:59sur la Chine
01:15:00et TikTok
01:15:01en tant qu'infrastructure
01:15:02est problématique
01:15:03sur la question
01:15:04de la régulation
01:15:07vous avez raison
01:15:08on peut vraiment
01:15:08se demander
01:15:09pourquoi X
01:15:10est encore là
01:15:11pourquoi la plupart
01:15:12des politiques
01:15:12communiquent encore sur X
01:15:13pourquoi pour certains politiques
01:15:15on doit aller sur X
01:15:15pour entendre ce qu'ils disent
01:15:17et pourquoi les journalistes
01:15:18disent machin
01:15:19a dit ça sur X
01:15:20et qu'ils ne puissent pas
01:15:21le dire sur un autre réseau
01:15:23mais ce qu'il faut bien comprendre
01:15:24c'est que la régulation
01:15:25des très grandes plateformes numériques
01:15:26donc c'est une prérogative
01:15:27de l'Europe
01:15:29et donc
01:15:33la France dépend un petit peu
01:15:34en termes de subsidiarité
01:15:35de ce que va faire l'Europe
01:15:36or au niveau de l'Europe
01:15:37c'est très politique
01:15:38et géopolitique
01:15:39tout de suite
01:15:40et comme je vous l'ai montré
01:15:42à l'heure actuelle
01:15:43et c'est aussi les échos
01:15:44qu'on a de la Commission européenne
01:15:45et du Parlement européen
01:15:47en gros pour l'instant
01:15:48l'attitude c'est
01:15:49de ne pas trop faire de vagues
01:15:50parce que les adversaires
01:15:52si on les prend frontalement
01:15:53si par exemple
01:15:53ça va directement
01:15:54à l'attaque américaine
01:15:55de manière très frontale
01:15:56et bien en fait
01:15:57les réactions peuvent être
01:15:58tellement importantes
01:15:59que ça peut être
01:16:00contre-productif
01:16:01et on n'a pas
01:16:01la capacité actuellement
01:16:03par exemple
01:16:03de se passer
01:16:03de l'aide américaine
01:16:05contre la Russie
01:16:07par exemple
01:16:07en tout cas
01:16:08c'est ce que j'ai compris
01:16:08donc le temps
01:16:10de la régulation
01:16:11on a des bons outils
01:16:13mais le temps
01:16:13de la régulation
01:16:14sur le temps
01:16:15de les appliquer
01:16:15risque d'être plus longue
01:16:17que le temps
01:16:17de destruction
01:16:18de la démocratie
01:16:19donc c'est pour ça
01:16:19qu'il faut arriver aussi
01:16:21à penser des pistes alternatives
01:16:22et c'est pour ça
01:16:23que moi je travaille beaucoup
01:16:24sur la question
01:16:24d'aller avec les citoyens
01:16:26à la fois
01:16:26de leur faire comprendre
01:16:28les enjeux
01:16:28mais aussi de leur redonner
01:16:30une liberté de mouvement
01:16:30dans ces espaces numériques
01:16:31pour qu'ils puissent aller
01:16:32là où est leur intérêt
01:16:34et pas seulement
01:16:35là où ils ont l'impression
01:16:36de ne pas trop perdre
01:16:37parce qu'actuellement
01:16:38on a des choses captives
01:16:39sur les infrastructures captives
01:16:42pardon
01:16:42sur la question
01:16:43donc après
01:16:44aussi de l'IA
01:16:45et des biais
01:16:46donc en fait
01:16:48les algorithmes
01:16:48de recommandation
01:16:49donc qui amplifient
01:16:50la toxicité notamment
01:16:51et après les IA
01:16:52tout ça
01:16:53ce sont des infrastructures
01:16:54d'intermédiation
01:16:55et c'est toujours
01:16:55dans l'idée
01:16:56de moduler la perception
01:16:57à l'échelle
01:16:58d'une population
01:16:59de la réalité
01:17:00des enjeux
01:17:01l'IA va presque plus loin
01:17:02puisqu'on a un agent
01:17:04conversationnel
01:17:05qui synthétise encore plus
01:17:07il y a encore moins
01:17:07de possibilités
01:17:08d'aller chercher
01:17:08les différentes références
01:17:10et donc il y a
01:17:11un très grand enjeu
01:17:12sur la pénétration
01:17:13des IA conversationnels
01:17:16auprès des citoyens
01:17:17et de la manière
01:17:17dont en fait
01:17:18elles peuvent conditionner
01:17:19parce que par exemple
01:17:20quand vous voyez
01:17:21que Grock se met
01:17:22à faire du négationnisme
01:17:23c'est pas par hasard
01:17:24c'est que Elon Musk
01:17:25a fait une expérimentation
01:17:26en demandant à Grock
01:17:28d'être moins politiquement correct
01:17:29il a dû changer
01:17:30une ligne
01:17:31dans son prompt
01:17:32et à l'échelle
01:17:33de ses centaines
01:17:34de millions d'utilisateurs
01:17:35tout a changé
01:17:37et l'expression
01:17:39politiquement incorrect
01:17:40en fait
01:17:40elle vient de 4chan
01:17:42et sur 4chan
01:17:43c'est un forum
01:17:46avec une section
01:17:47extrême droite
01:17:47très forte
01:17:48qui s'appelle
01:17:49politiquement incorrect
01:17:50et donc en fait
01:17:51quand on dit à Grock
01:17:52d'aller vers là
01:17:52en fait effectivement
01:17:53normalement
01:17:54il va vers le négationnisme
01:17:55donc on voit bien
01:17:56qu'on a des infrastructures
01:17:57de plus en plus centralisées
01:17:58de plus en plus opaques
01:17:59de plus en plus facilement pilotables
01:18:01on peut faire par exemple
01:18:02des tests psychologiques
01:18:03on peut demander à Grock
01:18:04ou n'importe quel IA
01:18:05fait des tests psychologiques
01:18:06sur certains utilisateurs
01:18:08pour savoir
01:18:08quelles sont leurs failles
01:18:09et il va poser des questions
01:18:11de manière incidente
01:18:11pour récupérer des failles
01:18:12ça c'est tout à fait possible
01:18:14donc ça c'est vraiment
01:18:16important à comprendre
01:18:17et autant l'IA
01:18:18que les algorithmes
01:18:20peuvent exploiter des biais
01:18:21et après évidemment
01:18:22je suis complètement d'accord
01:18:23sur le fait
01:18:23qu'on ne va pas se mettre
01:18:24à essayer de corriger
01:18:24les biais humains intrinsèques
01:18:26par contre on peut
01:18:27effectivement se dire
01:18:28une exploitation massive
01:18:30des biais humains
01:18:30qui sont naturels
01:18:31par exemple le biais de négativité
01:18:33devrait poser problème
01:18:34et devrait être interprété
01:18:35comme un risque systémique
01:18:36et donc être corrigé
01:18:38par les plateformes
01:18:38on ne devrait pas pouvoir
01:18:39exploiter certains types
01:18:41de biais à l'échelle
01:18:42sur ce genre de choses
01:18:44sur les
01:18:46sur la question
01:18:47donc du canal de diffusion
01:18:48effectivement
01:18:49le canal de diffusion
01:18:49a une importance
01:18:50de fait à partir du moment
01:18:52où vous mettez de l'image
01:18:53par exemple
01:18:53plutôt que du texte
01:18:54vous appelez
01:18:56d'autres types de raisonnements
01:18:58vous appelez
01:18:58des raisonnements
01:19:00je ne suis pas
01:19:02spécialiste directement
01:19:03mais en gros
01:19:04on sait qu'on a
01:19:04plusieurs manières
01:19:05de raisonner
01:19:05on parle de système 1
01:19:06système 2
01:19:07par exemple
01:19:07donc plus rationnellement
01:19:09et logiquement
01:19:09ou plus émotionnellement
01:19:10et dès que vous amenez
01:19:11de l'image
01:19:12vous basculez
01:19:13sur un type de raisonnement
01:19:14qui est plus
01:19:15appelé système 1
01:19:16c'est à dire émotionnel
01:19:17pas forcément rationnel
01:19:19et rapide
01:19:20et donc
01:19:21vous pouvez moduler
01:19:23en fait
01:19:23la part des deux systèmes
01:19:24et par exemple
01:19:26si dans une élection
01:19:27d'un coup
01:19:27vous votez
01:19:28les britanniques
01:19:29sortent de l'Europe
01:19:31et puis quelques mois après
01:19:32ils disent
01:19:32mais qu'est-ce qu'on a fait
01:19:33et bien
01:19:34ils se sont
01:19:35beaucoup
01:19:35je pense
01:19:36se sont fait
01:19:36un peu manipuler
01:19:37sur un spectre émotionnel
01:19:41et sur la question
01:19:42donc d'après
01:19:42comment on peut faire
01:19:43et la piste du contexte
01:19:46tous les intervenants
01:19:47ici ont parlé
01:19:47de l'importance
01:19:48du contexte
01:19:49et pour moi
01:19:50effectivement
01:19:50c'est important
01:19:51c'est sur les choses
01:19:51sur lesquelles
01:19:52on travaille directement
01:19:53en termes d'espace
01:19:54informationnel
01:19:54c'est à dire que
01:19:56quand il y a eu
01:19:57cette vague
01:19:58de désinformation
01:19:58à des premiers réflexes
01:19:59c'est de dire
01:19:59on va faire du fact-checking
01:20:00en gros on va dire aux gens
01:20:01qu'est-ce qui est vrai
01:20:02qu'est-ce qu'il faut
01:20:03alors c'est important
01:20:05pour que les journalistes
01:20:06aient des repères
01:20:06c'est important
01:20:07qu'on puisse partager
01:20:08ces repères
01:20:08et qu'il y ait des méthodologies
01:20:09mais la réaction
01:20:11souvent c'est de dire
01:20:11mais c'est pas
01:20:12qui êtes-vous
01:20:13pour me dire
01:20:13ce qui est vrai
01:20:13ce qui est faux
01:20:14si moi j'ai envie
01:20:14de croire ça
01:20:15j'ai le droit
01:20:15donc en fait
01:20:16vraiment l'enjeu
01:20:17c'est de redonner
01:20:18du contexte à l'information
01:20:19comme le disait
01:20:20Antoine Bayer
01:20:21une information
01:20:28comme un petit peu
01:20:28les images
01:20:29que vous avez montré
01:20:29sur les cartes
01:20:30c'est d'arriver
01:20:31à contextualiser
01:20:32qui est en train
01:20:33de dire quoi
01:20:33mais qui peint au sens
01:20:35d'une personne
01:20:35il ne s'agit pas de dire
01:20:36ah c'est un tel
01:20:37mais plutôt qui
01:20:38en termes d'origine sociale
01:20:39de groupe social
01:20:39de groupe de militantisme
01:20:41et c'est quelque chose
01:20:41qu'on a déjà testé
01:20:42sur X Twitter à l'époque
01:20:44donc on avait
01:20:45on donnait ça aux journalistes
01:20:46on avait des cartes
01:20:47de l'espace politique
01:20:48ils pouvaient demander
01:20:48n'importe quoi
01:20:49et puis on allumait la zone
01:20:51où la chose
01:20:52était en train de se diffuser
01:20:53et ça peut être
01:20:54en bien ou en mal
01:20:55c'est-à-dire que
01:20:58l'alerte ou localiser
01:20:59parce que c'est un groupe
01:21:00d'influence étrangère
01:21:01qui a mis des bottes
01:21:02et qui veut le faire
01:21:02mais donc arriver
01:21:03à redonner du contexte
01:21:05et il y a plein de leviers
01:21:06on a fait de la recherche dessus
01:21:08il y a plein de leviers pour ça
01:21:09mais développer en gros
01:21:10des infrastructures
01:21:11ou des modes
01:21:13des services publics
01:21:14des communs numériques
01:21:15qui permettent
01:21:16à tout un chacun
01:21:16sur une question quelconque
01:21:18de dire ah oui
01:21:19qui est en train
01:21:19de diffuser ça
01:21:20et encore une fois
01:21:21c'est plutôt
01:21:22quel groupe
01:21:22quelle tendance
01:21:23ceux qui diffusent ça
01:21:24ils ont diffusé quoi avant
01:21:25parce que par exemple
01:21:26une des manières
01:21:27très efficaces
01:21:28de comprendre
01:21:29que vous êtes en train
01:21:30de vous faire tromper
01:21:31c'est de retourner
01:21:33à la personne
01:21:33qui a créé le contenu
01:21:34et vous regardez
01:21:35les contenus
01:21:35qu'elle a créé avant
01:21:36et en fait vous voyez
01:21:37que c'est quelqu'un
01:21:37qui est monoméact
01:21:38uniquement sur un thème
01:21:39et qui visiblement
01:21:40travaille de 8h à 17h
01:21:41sur ce thème là
01:21:42donc voilà
01:21:44arriver à développer
01:21:45des dispositifs
01:21:46qui recréent du contexte
01:21:47je pense que c'est
01:21:47très très important
01:21:48et justement ça permet
01:21:49de passer à côté
01:21:51ce côté
01:21:52de l'honneur de leçon
01:21:53même si c'est important
01:21:54aussi de faire du fact-checking
01:21:57voilà
01:21:57et encore une fois
01:21:59vraiment très important
01:22:00c'est arriver
01:22:01à redonner
01:22:02une liberté de circulation
01:22:03dans ces espaces numériques
01:22:04il faut que
01:22:05les utilisateurs
01:22:07puissent aller
01:22:07là où est leur intérêt
01:22:09et pas
01:22:09là où est capter
01:22:10leur audience
01:22:11ou leur contenu
01:22:12de l'éditorial
01:22:13et ça c'est vraiment
01:22:14indispensable
01:22:14et ça c'est sur les réseaux sociaux
01:22:16et puis plus généralement
01:22:17aussi
01:22:17donc une émancipation
01:22:19des différents services numériques
01:22:20et la bonne nouvelle
01:22:21c'est que c'est possible
01:22:21parce que le numérique
01:22:22ça se change
01:22:24facilement
01:22:24enfin je veux dire
01:22:25c'est pas
01:22:25c'est pas comme si on changeait
01:22:27tout le système routier
01:22:28changer de compte
01:22:29d'un réseau social
01:22:30ça se fait en deux minutes
01:22:31mais par contre
01:22:31il faut le faire
01:22:32de manière synchronisée
01:22:33collective
01:22:34voilà
01:22:34c'est juste une question
01:22:36de coordination
01:22:41je vais commencer
01:22:42en parlant
01:22:43de cette question
01:22:43de canal
01:22:44et des effets
01:22:44qu'il produit
01:22:46et je vais vous donner
01:22:46une date
01:22:47inconnue
01:22:48dans l'histoire
01:22:48de l'information
01:22:49et qui pourtant
01:22:50est fondamentale
01:22:52et pour vous dire
01:22:54que oui
01:22:54définitivement
01:22:55le canal
01:22:55a une importance
01:22:56clé
01:22:58le 12 septembre
01:23:002013
01:23:00est une date
01:23:01dans l'histoire
01:23:02de l'information
01:23:03qui est très importante
01:23:04c'est le jour
01:23:05où Meta
01:23:06à l'époque
01:23:07c'était Facebook
01:23:08a décidé
01:23:09d'activer
01:23:11la fonctionnalité
01:23:12qui s'appelle
01:23:13l'autoplay
01:23:14sur le fil
01:23:15des abonnés
01:23:17l'autoplay
01:23:18ça veut dire
01:23:18qu'un abonné
01:23:19qu'un utilisateur
01:23:20de Facebook
01:23:21lorsqu'il parcourt
01:23:22et lorsqu'il descend
01:23:23sa page
01:23:24a une vidéo
01:23:25qui se lance
01:23:26automatiquement
01:23:27l'autoplay
01:23:28il n'a plus à cliquer
01:23:30pour qu'une vidéo
01:23:31se déclenche
01:23:32cette fonctionnalité
01:23:34a directement
01:23:36donné naissance
01:23:38à des médias
01:23:39vidéo
01:23:40cette fonctionnalité
01:23:41a directement
01:23:42changé
01:23:43la manière
01:23:44dont un sujet
01:23:45vidéo
01:23:45est construit
01:23:47parce que
01:23:48au moment où vous
01:23:49pardon pour les anglicismes
01:23:51mais c'est le terme
01:23:51au moment où vous
01:23:53scrollez
01:23:53au moment où vous
01:23:54descendez votre page
01:23:55il faut attirer
01:23:57l'attention
01:23:57du lecteur
01:23:58pour qu'il reste
01:23:59au-delà des trois
01:24:00premières secondes
01:24:01et qu'il regarde
01:24:02et qu'il visionne
01:24:03une vidéo
01:24:04au-delà des trois
01:24:05premières secondes
01:24:05quand on est dans ce
01:24:07contexte de diffusion
01:24:08de l'information
01:24:09on n'est pas en train
01:24:10de produire un sujet
01:24:13pour inventeur
01:24:14ni même pour une chaîne
01:24:15d'infos
01:24:16il y a donc
01:24:17une influence
01:24:18très directe
01:24:19sur les contenus
01:24:20et ça a des incidences
01:24:22sur la manière
01:24:23dont on va produire
01:24:24de l'information
01:24:25c'est assez
01:24:27vertigineux
01:24:28comme réflexion
01:24:31comme incidence
01:24:32parce que
01:24:33c'est une décision
01:24:35qui a été prise
01:24:35dans les équipes
01:24:36produites
01:24:37d'un acteur
01:24:39de la technologie
01:24:40qui cherchait
01:24:41à ce moment-là
01:24:42à rattraper
01:24:43son retard
01:24:43sur son principal
01:24:44concurrent
01:24:45YouTube
01:24:45en matière
01:24:46de consommation
01:24:47de vidéos vues
01:24:48et donc
01:24:49ça a des incidences
01:24:50évidemment
01:24:51ça a d'énormes
01:24:52incidences
01:24:54autour de toutes
01:24:55les questions
01:24:55sur le journalisme
01:24:57sur le statut
01:24:57du journalisme
01:25:00donc
01:25:00je vais repartir
01:25:02de la loi
01:25:03puisque c'est elle
01:25:03qui définit
01:25:04ce qu'est un journaliste
01:25:06aujourd'hui
01:25:06un journaliste
01:25:07et celui
01:25:07qui tire 50%
01:25:08de ses revenus
01:25:09de l'exercice
01:25:11du journalisme
01:25:13l'appréciation
01:25:14de cette qualité
01:25:17est confiée
01:25:18à un organisme
01:25:19paritaire
01:25:20une commission
01:25:20paritaire
01:25:21associant
01:25:21des représentants
01:25:22de salariés
01:25:23des représentants
01:25:24patronaux
01:25:24c'est la commission
01:25:25d'identité
01:25:26des journalistes
01:25:28professionnels
01:25:28avec
01:25:30cette définition
01:25:34globalement
01:25:34à peu près
01:25:3530 000 personnes
01:25:35chaque année
01:25:36se voient délivrer
01:25:38une carte de presse
01:25:40est-ce que c'est
01:25:41globalement satisfaisant
01:25:42est-ce que c'est
01:25:42globalement insatisfaisant
01:25:43comme mode de régulation
01:25:45je ne sais pas
01:25:46ce que je peux vous dire
01:25:47c'est que ça peut conduire
01:25:48à certaines aberrations
01:25:49je vais vous en citer
01:25:51une je pense
01:25:52à laquelle vous serez
01:25:52particulièrement sensible
01:25:54les équipes de
01:25:56Russia Today
01:25:56France
01:25:58lorsque Russia Today
01:25:59était autorisé
01:26:00en France
01:26:01avait une carte de presse
01:26:03de journaliste
01:26:04professionnel
01:26:05à l'inverse
01:26:06certains
01:26:07lauréats
01:26:08du prix Albert Londres
01:26:10parce qu'ils vont
01:26:10travailler
01:26:11pour des sociétés
01:26:12de production
01:26:13sur des formats longs
01:26:14de documentaires
01:26:15n'auront pas
01:26:16de carte de presse
01:26:17bon
01:26:18je vous laisse
01:26:19ça à l'appréciation
01:26:20après tout système
01:26:21a forcément
01:26:22ses limites
01:26:23il y a une règle
01:26:24elle est celle-ci
01:26:25c'est la loi
01:26:26qui en décide
01:26:26et elle est confiée
01:26:27après ça
01:26:28à l'appréciation
01:26:30de cet organisme
01:26:31de cet organisme
01:26:32paritaire
01:26:34cela n'est pas
01:26:36mon rôle
01:26:37que d'y répondre
01:26:38quoi qu'il en soit
01:26:39les audiences
01:26:40se contrefichent
01:26:41je vais être très direct
01:26:42aussi
01:26:43de savoir
01:26:43si un contenu
01:26:44a été produit
01:26:45par un journaliste
01:26:46détenteur
01:26:47d'une carte de presse
01:26:48ou pas
01:26:48ce que je vous raconte
01:26:49c'est la loi
01:26:50c'est la manière
01:26:50dont elle s'applique
01:26:51mais après ça
01:26:52je pense que les audiences
01:26:53effectivement
01:26:53elles s'en fichent
01:26:57ce qui me semble important
01:26:59et du coup
01:27:00là c'est une évolution
01:27:01même
01:27:01de la formation
01:27:03au journalisme
01:27:04c'est une évolution
01:27:04même du scope
01:27:05qu'embrasse
01:27:06le travail
01:27:07de journaliste
01:27:08il nous s'agit
01:27:09et c'est une difficulté
01:27:11supplémentaire
01:27:12il ne s'agit pas seulement
01:27:13de produire
01:27:14de l'information
01:27:14de la recouper
01:27:16de s'engager
01:27:17sur sa véracité
01:27:19ou non
01:27:19comme je pouvais
01:27:20l'expliquer
01:27:22il y a une dimension
01:27:23supplémentaire
01:27:24je le pense
01:27:25j'en suis assez convaincu
01:27:26dans le journalisme
01:27:26aujourd'hui
01:27:26pour regagner
01:27:27la confiance
01:27:27des audiences
01:27:28qui est de montrer
01:27:29la fabrication
01:27:31d'expliciter
01:27:32la manière
01:27:32dont l'information
01:27:33se produit
01:27:35ça peut vouloir dire
01:27:37à certains moments
01:27:37qu'un journaliste
01:27:38dit je ne sais pas
01:27:40ce qui est assez
01:27:41contre-intuitif
01:27:42mais pour autant
01:27:43qui peut être
01:27:44une réalité
01:27:45voilà pour cette audition
01:27:46au Sénat
01:27:47qui portait sur
01:27:48la crise des valeurs
01:27:48d'autorité
01:27:49et de vérité
01:27:50à l'horizon 2050
01:27:52c'est la fin de cette émission
01:27:53merci de l'avoir suivie
01:27:54continuez à suivre
01:27:55l'actualité politique
01:27:56et parlementaire
01:27:57sur notre site internet
01:27:57publicsénat.fr
01:27:58je vous souhaite
01:27:59une très bonne suite
01:28:00des programmes
01:28:00sur Public Sénat
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