- il y a 2 jours
Le 17 février, le Sénat auditionnait Shirin Ebadi, avocate et militante iranienne, lauréate du prix Nobel de la paix 2003. Cette ancienne juge, exilée à Londres depuis 2009, continue de défendre les droits des femmes et des enfants à travers le monde. Elle est venue devant les sénateurs de la commission des affaires étrangères et de la délégation aux droits des femmes du Sénat plaider pour un soutien international plus fort envers la population iranienne. Les Iraniens se révoltent depuis décembre 2025 contre le régime des mollahs, et sont réprimés dans le sang. Shirin Ebadi a appelé les Européens à saisir les biens des oligarques iraniens, à la manière dont ils se sont saisis des avoirs russes après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Revivez leurs échanges. Année de Production : 2025
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00:00:01Générique
00:00:10Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans 100% Sénat.
00:00:14L'avocate et militante iranienne Shirin Ebadi était auditionnée hier au Sénat,
00:00:19lauréate du prix Nobel de la paix en 2003.
00:00:22Elle dénonce des nations spectatrices d'un massacre suite à la répression féroce du gouvernement iranien
00:00:28contre la révolte populaire. On réécoute ensemble cette audition.
00:00:33Chers collègues, je vous propose de démarrer.
00:00:42C'est bon, tout le monde a son casque.
00:00:45J'ose pas.
00:00:47Pour l'instant, de toute façon, c'est nous qui parlons.
00:00:51Je comprends à peu près le français.
00:00:54Madame la vice-présidente de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées,
00:00:59chère Catherine Dumas,
00:01:01Madame la présidente du groupe d'amitié France-Iran,
00:01:04chère Olivia Richard,
00:01:07chers collègues, chère Shirin Ebadi,
00:01:10c'est avec beaucoup d'émotion et de solennité
00:01:13que nous vous accueillons cet après-midi en direct depuis Londres,
00:01:18votre lieu d'exil depuis 2009.
00:01:21La délégation aux droits des femmes que je préside,
00:01:24conjointement avec notre commission des affaires étrangères,
00:01:26de la défense et des forces armées,
00:01:28présidée par notre collègue Cédric Perrin
00:01:30et représentée aujourd'hui par sa vice-présidente Catherine Dumas,
00:01:34et notre groupe d'amitié France-Iran,
00:01:39présidée par Olivia Richard,
00:01:41a souhaité entendre votre voix,
00:01:44celle d'une avocate et militante iranienne
00:01:48des droits humains,
00:01:50d'une infatigable défenseure du mouvement
00:01:53Femmes-Vie-Liberté,
00:01:55et bien sûr,
00:01:56celle de la lauréate du prix Nobel de la paix en 2003.
00:02:01Nous avions déjà eu Nino Force,
00:02:03il y a un an, en janvier 2025,
00:02:05pour entendre Narjes Mohamadi,
00:02:08elle-même prix Nobel de la paix en 2023,
00:02:11militante pour les droits des femmes,
00:02:13les droits humains et la démocratie en Iran.
00:02:16Nous souhaitons lui exprimer à nouveau,
00:02:18solennellement, notre soutien.
00:02:21Comme vous le savez,
00:02:22elle a été arrêtée le 12 décembre dernier.
00:02:25Notre délégation avait alors fermement condamné
00:02:27cette arrestation arbitraire.
00:02:30Le 8 février dernier,
00:02:32il y a seulement quelques jours,
00:02:33elle a été condamnée à 6 ans de prison.
00:02:36Nous appelons ici à sa libération sans condition,
00:02:40ainsi qu'à celle de tous les militants et militantes
00:02:43arrêtés à ses côtés.
00:02:45Nous vivons aujourd'hui,
00:02:47j'ose le croire,
00:02:48un moment charnière de l'histoire de l'Iran.
00:02:51Dans un contexte de crise économique profonde,
00:02:54des manifestations de masse
00:02:56ont éclaté en janvier.
00:02:59Leur répression d'une extrême brutalité
00:03:03a entraîné un nombre très élevé de victimes.
00:03:08Au moins plusieurs milliers,
00:03:09mais certaines sources évoquent le chiffre vertigineux
00:03:13de 30 000, voire 40 000 morts,
00:03:16hommes, femmes, enfants,
00:03:20toutes générations confondues.
00:03:21La répression en Iran
00:03:24semble désormais s'inscrire
00:03:25dans une logique de survie du régime,
00:03:28alors même que sa légitimité politique
00:03:30est profondément contestée.
00:03:33L'Iran a connu plusieurs vagues de mobilisation
00:03:35au cours des dernières décennies.
00:03:37Vous décrivez vous-même,
00:03:40Madame Ebadi,
00:03:41votre pays comme un volcan en ébullition,
00:03:45marqué par une accumulation de crises
00:03:47en 2009, en 2019, en 2022 et aujourd'hui.
00:03:54Mais ce qui distingue la période actuelle
00:03:57est la transformation progressive
00:03:58de la contestation vers un rejet global
00:04:01du système politique et religieux lui-même.
00:04:06Votre propre trajectoire éclaire
00:04:08la profondeur de cette crise historique.
00:04:10En exprimant publiquement votre regret
00:04:13d'avoir soutenu la révolution de 1979
00:04:16et en présentant des excuses
00:04:19à la nouvelle génération,
00:04:21vous avez rappelé une leçon essentielle.
00:04:24Le renversement d'un ordre politique
00:04:26ne garantit pas en soi
00:04:28l'avènement de la liberté
00:04:30et de la démocratie.
00:04:32Aujourd'hui, vous insistez sur le fait
00:04:35que l'avenir politique de l'Iran
00:04:36doit être décidé par le peuple iranien lui-même
00:04:40à travers un processus démocratique
00:04:42et un référendum.
00:04:44L'émergence de figures d'opposition,
00:04:47vous évoquez notamment le nom de Reza Pallavi,
00:04:50le fils aîné du dernier chat d'Iran,
00:04:53et la réflexion sur des alternatives politiques possibles
00:04:56témoigne d'une société en quête
00:04:59d'un nouvel horizon.
00:05:00Dans ce contexte,
00:05:02la communauté internationale
00:05:04est confrontée à une responsabilité particulière.
00:05:07soutenir la société civile iranienne,
00:05:11défendre les droits fondamentaux
00:05:13et accompagner les aspirations légitimes
00:05:15du peuple iranien vers la démocratie.
00:05:18Nous ne devons pas oublier
00:05:19celles et ceux qui, en Iran,
00:05:21continuent de défendre la liberté,
00:05:24la justice et les droits humains
00:05:26au péril de leur vie.
00:05:28Notre audition aujourd'hui
00:05:30est aussi une manière de leur exprimer
00:05:31notre solidarité
00:05:32et de rappeler que leur combat est entendu.
00:05:36Madame Ebadi,
00:05:38votre parcours est la preuve
00:05:40que la défense de ces droits humains
00:05:41demeure possible,
00:05:43même dans les circonstances
00:05:44les plus adverses,
00:05:46et qu'elle constitue le fondement
00:05:48de toute société démocratique.
00:05:50À travers votre témoignage,
00:05:52nous souhaitons mieux comprendre
00:05:53les attentes du peuple iranien,
00:05:55les perspectives d'évolution du pays
00:05:58et le rôle que peuvent jouer
00:05:59les acteurs internationaux
00:06:01dans cette crise majeure.
00:06:03Afin de laisser le plus de temps possible
00:06:05à la prise de parole
00:06:06de Madame Ebadi,
00:06:07je cède immédiatement la parole
00:06:08à ma collègue Catherine Dumas,
00:06:10vice-présidente de la Commission
00:06:11des Affaires étrangères,
00:06:12de la Défense et des Forces armées.
00:06:17Merci.
00:06:18Merci, chère Dominique Vérien,
00:06:20présidente de la délégation
00:06:22aux droits des femmes
00:06:22et à l'égalité des chances
00:06:24entre les hommes et les femmes.
00:06:25Je voudrais saluer également
00:06:27Olivia Richard,
00:06:29qui est vice-présidente,
00:06:31présidente, pardon,
00:06:32du groupe interparlementaire
00:06:33d'amitié France-Iran.
00:06:35Saluer tous les collègues
00:06:36qui sont présents
00:06:37des deux commissions
00:06:38et puis bien sûr,
00:06:39vous saluez-vous,
00:06:40Madame Chirine Ebadi.
00:06:42Je voudrais remercier
00:06:43et féliciter Dominique Vérien
00:06:45pour son initiative salutaire
00:06:48après l'audition très marquante
00:06:50de Madame Narges Mouhamadi,
00:06:52qui est une autre militante
00:06:54infatigable des droits des Iraniens,
00:06:56à laquelle notre commission
00:06:58avait également été conviée,
00:07:00comme vous l'avez d'ailleurs rappelé.
00:07:02Alors, notre commission
00:07:02des affaires étrangères
00:07:04suit avec une grande attention
00:07:06la situation en Iran
00:07:07depuis plusieurs années.
00:07:08Nous avons notamment entendu
00:07:10en mars 2025
00:07:11le témoignage poignant
00:07:13des proches des otages français
00:07:15en Iran,
00:07:16heureusement depuis libérés,
00:07:18même si Cécile Collère
00:07:20et Jacques Paris
00:07:21restent sous contrôle judiciaire
00:07:23dans les murs
00:07:24de notre ambassade à Téhéran.
00:07:25Je serai moi-même également brève
00:07:28afin de vous laisser la parole,
00:07:30Madame,
00:07:31le plus de temps possible
00:07:32pour que vous puissiez vous exprimer.
00:07:34Vous avez tenu récemment
00:07:35des propos extrêmement fermes
00:07:37envers le régime.
00:07:39Outre vos regrets
00:07:40d'avoir soutenu
00:07:41la révolution de 1979,
00:07:43comme l'a rappelé la présidente,
00:07:45vous avez également envisagé
00:07:47une action ciblée
00:07:49contre l'ayatollah Khamenei
00:07:51et les principaux commandants
00:07:53des gardiens de la révolution.
00:07:55Je souhaiterais donc savoir
00:07:57si pour vous,
00:07:58cela suffirait à provoquer
00:08:01un effondrement du régime,
00:08:03ne risquons-nous pas finalement
00:08:05de substituer un tyran
00:08:07à un autre en agissant ainsi ?
00:08:09Il est d'ailleurs très difficile
00:08:11de lire les intentions
00:08:13de Donald Trump
00:08:14à l'égard de l'Iran.
00:08:16Or, c'est vrai,
00:08:17les Américains sont sans doute
00:08:18les seuls en mesure
00:08:20de mener une action d'envergure.
00:08:22Donc je voudrais céder la parole
00:08:23à Olivia Richard,
00:08:25mais je tiens à rappeler
00:08:26et à exprimer
00:08:27au nom de la Commission
00:08:29toute notre admiration
00:08:30pour votre courage,
00:08:32celui aussi des millions
00:08:34d'Iraniennes et d'Iraniens
00:08:35qui bravent encore aujourd'hui
00:08:37ce régime criminel
00:08:39au péril de leur vie.
00:08:44Merci, chers collègues.
00:08:46Madame la présidente
00:08:47de la délégation
00:08:47aux droits des femmes,
00:08:48chère Dominique Verrien,
00:08:50madame la vice-présidente
00:08:51de la Commission
00:08:51des affaires étrangères,
00:08:53défense et forces armées,
00:08:54chère Catherine Dumas,
00:08:56mes chers collègues,
00:08:57madame Chirine Ebadi,
00:08:58c'est un honneur tout particulier
00:09:00pour le groupe d'amitié
00:09:01France-Iran que je préside
00:09:02d'être conviée aujourd'hui
00:09:04à vous entendre
00:09:05et à échanger avec vous
00:09:07en visioconférence.
00:09:08Je veux à cet égard
00:09:09vous remercier très sincèrement,
00:09:11madame Dominique Verrien,
00:09:12chers collègues,
00:09:14ainsi que le président
00:09:15de la Commission
00:09:16des affaires étrangères
00:09:17d'avoir associé
00:09:17notre groupe d'amitié
00:09:18à cette audition.
00:09:20Ce geste témoigne
00:09:21de l'importance
00:09:22que nous attachons
00:09:23collectivement au Sénat,
00:09:25à la défense des droits humains
00:09:26et à la situation
00:09:27du peuple iranien.
00:09:29Je remercie également
00:09:30mes collègues du groupe d'amitié
00:09:31qui ont pu se rendre présents
00:09:32aujourd'hui.
00:09:33Notre groupe,
00:09:34composé de 16 membres,
00:09:36représente le pluralisme politique
00:09:37du Sénat
00:09:38et il est profondément investi
00:09:40pour la cause
00:09:40du peuple iranien.
00:09:42Au-delà de ses sensibilités
00:09:43partisanes,
00:09:44nous partageons
00:09:45une même conviction,
00:09:46celle que la dignité,
00:09:48la liberté et l'égalité
00:09:49ne connaissent pas
00:09:50de frontières.
00:09:51Le Sénat a récemment
00:09:52réaffirmé son soutien
00:09:53au peuple iranien
00:09:54en exprimant
00:09:55sa solidarité
00:09:57avec celles et ceux
00:09:58qui, au péril
00:09:59de leur liberté
00:09:59et parfois de leur vie,
00:10:01se mobilisent
00:10:02pour leurs droits fondamentaux.
00:10:04Ce soutien solennel
00:10:05traduit notre attachement
00:10:06aux aspirations légitimes
00:10:08du peuple iranien
00:10:08à la liberté,
00:10:09à l'état de droit
00:10:10et à l'égalité
00:10:12entre les femmes
00:10:12et les hommes.
00:10:13Madame,
00:10:14votre parcours
00:10:15incarne ses aspirations.
00:10:17Première femme juge
00:10:18en Iran,
00:10:19contrainte de renoncer
00:10:20à ses fonctions
00:10:21après la révolution islamique,
00:10:23vous avez fait
00:10:23de votre engagement
00:10:24pour les droits humains
00:10:25un combat
00:10:26de toute une vie.
00:10:27fondatrice d'organisations
00:10:29de défense des droits
00:10:30des enfants
00:10:30et de l'homme,
00:10:31avocate de nombreux dissidents,
00:10:33vous avez reçu en 2003
00:10:34le prix de maille
00:10:35de la paix
00:10:36pour votre action
00:10:37courageuse
00:10:38et déterminée
00:10:39en faveur
00:10:40de la démocratie
00:10:40et des droits
00:10:41des femmes.
00:10:42Vous étiez également
00:10:43présente
00:10:43en visioconférence
00:10:45lors du colloque
00:10:46« Femmes, vie, liberté,
00:10:47Iran, révolte ou révolution »
00:10:50organisé le 29 novembre 2022
00:10:52sous le haut patronage
00:10:53du président du Sénat,
00:10:55Gérard Larcher.
00:10:55Votre intervention
00:10:57avait profondément
00:10:58marqué les esprits
00:10:59et nourri notre réflexion
00:11:00collective
00:11:01sur la portée
00:11:01de ce mouvement.
00:11:03Aujourd'hui,
00:11:04alors que la situation
00:11:05en Iran
00:11:05demeure préoccupante
00:11:06et que les aspirations
00:11:07exprimées par la société civile
00:11:09continuent de se heurter
00:11:11à une répression sévère,
00:11:13votre éclairage
00:11:14nous est plus précieux
00:11:15que jamais.
00:11:16Madame Chirine Ebadi,
00:11:17au nom du groupe
00:11:18d'amitié France-Iran,
00:11:20je vous remercie
00:11:21d'avoir accepté
00:11:22d'échanger avec nous.
00:11:24Merci chers collègues.
00:11:26Sans plus attendre,
00:11:28je me tourne donc
00:11:28vers notre invitée,
00:11:30Chirine Ebadi,
00:11:32qui intervient en direct
00:11:33et en visioconférence
00:11:34depuis Londres.
00:11:36Elle s'exprimera en farci.
00:11:38Je vous invite donc
00:11:38à vous munir
00:11:39de vos casques
00:11:40de traduction
00:11:40Canal 1.
00:11:43Chirine Ebadi,
00:11:45bienvenue parmi nous.
00:11:46Nous vous écoutons.
00:11:56Madame la Présidente,
00:11:58Madame la Vice-présidente,
00:11:59Mesdames et Messieurs,
00:12:00je vous remercie
00:12:01de l'opportunité
00:12:03que vous m'offrez
00:12:04de m'exprimer
00:12:05sur la situation actuelle
00:12:06de l'Iran.
00:12:07Comme vous le savez,
00:12:09ces deux derniers mois,
00:12:10le peuple iranien
00:12:12est descendu dans la rue,
00:12:14comme il l'a fait
00:12:15à plusieurs reprises
00:12:16lors de la dernière décennie
00:12:18pour exprimer
00:12:20son mécontentement
00:12:21face à la gouvernance
00:12:22de la République islamique
00:12:24et pour demander
00:12:26de façon pacifique
00:12:27un changement de régime.
00:12:32Les premiers motifs
00:12:34de mécontentement
00:12:35étaient la dévaluation
00:12:37de la monnaie
00:12:38et la montée dramatique
00:12:43de la pauvreté
00:12:44qu'elle a provoquée.
00:12:46ainsi que la violation
00:12:47flagrante
00:12:48des droits humains
00:12:49et la corruption
00:12:50de l'administration.
00:12:52Les Iraniens
00:12:53sont descendus
00:12:54dans les rues
00:12:54de Téhéran
00:12:55et de 400 autres villes
00:12:57pour protester
00:12:58contre le régime
00:13:00de la République islamique.
00:13:03Un grand nombre
00:13:04parmi eux
00:13:05ont scandé
00:13:06le nom
00:13:06de Reza Pahlavi,
00:13:07le fils
00:13:08de l'ancien Shah,
00:13:10en l'appelant
00:13:11à revenir
00:13:11en Iran.
00:13:14Ce fait
00:13:15a provoqué
00:13:16la colère
00:13:17du régime
00:13:17et a engendré
00:13:19une répression
00:13:20plus féroce
00:13:21et plus cruelle
00:13:22que jamais.
00:13:25Ou plus précisément,
00:13:27il a déclenché
00:13:27une véritable guerre
00:13:29contre les manifestants.
00:13:31C'est avec des armes
00:13:33de guerre
00:13:33que les forces
00:13:34de l'ordre
00:13:34ont tiré
00:13:35contre le peuple
00:13:36sans défense
00:13:36et ont ainsi
00:13:37provoqué
00:13:37un massacre.
00:13:41D'après
00:13:41la rapporteure
00:13:42spéciale
00:13:43des Nations Unies
00:13:44sur la situation
00:13:45des droits
00:13:46de l'homme
00:13:46en Iran,
00:13:48ces faits
00:13:50relèvent
00:13:51de crimes
00:13:51contre l'humanité.
00:13:55Pour pouvoir
00:13:56dissimuler
00:13:57ces crimes,
00:13:58le gouvernement
00:13:59a immédiatement
00:14:01fait couper
00:14:02l'accès
00:14:02à Internet
00:14:03et jusqu'aux
00:14:04lignes
00:14:05de téléphone
00:14:05fixes
00:14:06pour éviter
00:14:08aux Iraniens
00:14:09de communiquer
00:14:10entre eux
00:14:10et de pouvoir
00:14:12révéler au monde
00:14:13le massacre
00:14:14en cours.
00:14:19Les lignes
00:14:20téléphoniques
00:14:21ont été coupées
00:14:22pendant deux jours
00:14:23pour les communications
00:14:24nationales
00:14:25et quatre jours
00:14:27à l'international.
00:14:33Internet
00:14:34a été
00:14:36totalement coupé
00:14:37pendant plus
00:14:37de 120 heures
00:14:38et lorsque
00:14:39le réseau
00:14:40a été rétabli,
00:14:42cela a été
00:14:43de façon
00:14:43erratique
00:14:44pendant plusieurs jours.
00:14:46Mais cela
00:14:48a suffi
00:14:48pour que des photos
00:14:49et des vidéos
00:14:50commencent à circuler
00:14:51et qu'un aperçu
00:14:53soit donné
00:14:54de l'étendue
00:14:55du massacre.
00:14:57Le nombre
00:14:58de victimes
00:14:58n'est pas
00:14:59encore établi,
00:15:01mais d'après
00:15:02les estimations
00:15:03des ONG,
00:15:06en deux jours,
00:15:08près de 60 000
00:15:09personnes
00:15:10ont été tuées.
00:15:13Le nombre
00:15:14de victimes
00:15:15était si élevé
00:15:16que les locaux
00:15:18de la morgue
00:15:19de Téhéran
00:15:20étaient submergés.
00:15:23les chambres
00:15:24froides
00:15:25et les salles
00:15:26allouées
00:15:26étaient saturées
00:15:30et les corps
00:15:31étaient empilés
00:15:32dans des espaces
00:15:33à ciel ouvert.
00:15:41Voir
00:15:42sur les trottoirs,
00:15:46des situations
00:15:47similaires
00:15:48ont été observées
00:15:49dans d'autres villes.
00:15:51comme en témoignent
00:15:53des images
00:15:54vérifiées.
00:15:57Les familles
00:15:58ont dû aller
00:15:59chercher
00:15:59les corps
00:16:00de leurs enfants,
00:16:01de leurs êtres
00:16:02chers,
00:16:03parmi ces amas
00:16:04de sacs mortuaires
00:16:05noirs.
00:16:13mais les forces
00:16:14de l'ordre
00:16:15refusaient
00:16:16de leur remettre
00:16:17leur dépouille
00:16:17et ils leur
00:16:18demandaient
00:16:19de verser
00:16:19une indemnité
00:16:20pour les balles
00:16:22qui avaient été
00:16:22tirées.
00:16:25ou parfois,
00:16:28ils leur exigeaient
00:16:31d'attester
00:16:32par écrit
00:16:33que leurs proches
00:16:34étaient tombés
00:16:34en martyrs
00:16:36des mains
00:16:36des manifestants.
00:16:40Lors de la première
00:16:42journée
00:16:46de remise
00:16:47des corps,
00:16:49ils sont
00:16:49ainsi parvenus
00:16:50à soutirer
00:16:51aux familles
00:16:51de l'argent
00:16:52ou ce type
00:16:53d'attestations.
00:16:56Mais les familles
00:16:57se sont mises
00:16:58à protester
00:16:58massivement.
00:17:00Elles ont bénéficié
00:17:01d'un soutien
00:17:02populaire.
00:17:05Ainsi,
00:17:06de crainte
00:17:07de voir
00:17:07ces protestations
00:17:08prendre plus
00:17:09d'ampleur,
00:17:10les autorités
00:17:11ont abandonné
00:17:12ces procédés.
00:17:15Une fois
00:17:15que les dépouilles
00:17:16ont pu être
00:17:17récupérées,
00:17:18les familles
00:17:18ont constaté
00:17:19que quelques
00:17:20victimes
00:17:21avaient été
00:17:22exécutées
00:17:22en ayant
00:17:23les mains
00:17:23attachées.
00:17:27Preuve
00:17:28d'une violence
00:17:28terrible
00:17:29exercée
00:17:30contre des personnes
00:17:31préalablement
00:17:32arrêtées.
00:17:41D'autres victimes
00:17:43portaient encore
00:17:44des perfusions.
00:17:48Preuve
00:17:49d'une autre
00:17:50horreur.
00:17:51L'intrusion
00:17:53d'agents
00:17:53dans les hôpitaux
00:17:55pour donner
00:17:56le coup de grâce
00:17:57aux blessés.
00:18:03Ces attaques
00:18:04des forces
00:18:05de l'ordre
00:18:05dans des hôpitaux
00:18:06pour procéder
00:18:07à des arrestations
00:18:08de blessés
00:18:09n'étaient pas
00:18:10sans précédent
00:18:10en Iran.
00:18:14Ce type
00:18:15d'intervention
00:18:16avait été observée
00:18:17lors de vagues
00:18:18de protestations
00:18:19précédentes,
00:18:20mais jamais
00:18:21avec un tel
00:18:22niveau de brutalité
00:18:24et de violence.
00:18:30À chaque fois
00:18:31que les soignants
00:18:33ont tenté
00:18:33de résister
00:18:34à leurs interventions,
00:18:35les forces
00:18:37de l'ordre
00:18:37les ont
00:18:38également
00:18:38arrêtées.
00:18:42Outre
00:18:43les décès,
00:18:46de nombreuses
00:18:48personnes
00:18:48ont perdu
00:18:49un oeil
00:18:49ou totalement
00:18:51la vue
00:18:52par des tirs
00:18:53de chevrotines.
00:18:59un hôpital
00:19:01ophtalmologique
00:19:02de Téhéran
00:19:03a révélé
00:19:05avoir pratiqué
00:19:06plus de 400
00:19:07énucléations
00:19:09oculaires
00:19:10à la suite
00:19:10de blessures
00:19:11par chevrotines.
00:19:16Parmi les victimes,
00:19:18on compte
00:19:19des enfants
00:19:20et des mineurs.
00:19:25d'après
00:19:27les membres
00:19:27du Conseil
00:19:28des enseignants,
00:19:33au moins
00:19:34230 élèves
00:19:36du secondaire
00:19:37ont été
00:19:38tués.
00:19:42Une simple
00:19:43comparaison
00:19:44permet
00:19:45de saisir
00:19:45la gravité
00:19:46du massacre
00:19:47perpétré
00:19:48par la République
00:19:48islamique.
00:19:50Lors de la guerre
00:19:52de 12 jours
00:19:53qui a eu lieu
00:19:54en juin
00:19:542025,
00:19:58Israël
00:19:59et les États-Unis
00:20:00ont attaqué
00:20:01l'Iran
00:20:01avec des armes
00:20:02de guerre
00:20:03en pointe.
00:20:08Et d'après
00:20:09les chiffres
00:20:10officiels
00:20:10publiés
00:20:11par l'État
00:20:12iranien,
00:20:13cette guerre
00:20:14a fait
00:20:151 200 morts.
00:20:17militares
00:20:19et civils
00:20:19confondus.
00:20:29Or,
00:20:30en seulement
00:20:31deux jours,
00:20:33le régime
00:20:34iranien
00:20:34a brutalement
00:20:35assassiné
00:20:36plus de
00:20:3760 000
00:20:39de ses propres
00:20:40citoyens.
00:20:49et hélas,
00:20:51le monde
00:20:51s'est contenté
00:20:53d'être
00:20:53spectateur
00:20:54de ce massacre.
00:20:57Certains
00:20:58gouvernements
00:20:58se sont tout au plus
00:20:59donné le mal
00:21:00de publier
00:21:01une déclaration
00:21:02pour exprimer
00:21:02leurs regrets.
00:21:05Quant
00:21:06au secrétaire
00:21:06général
00:21:07de l'ONU,
00:21:09sans exprimer
00:21:11la moindre
00:21:11condamnation,
00:21:13il a félicité
00:21:15ce régime
00:21:16criminel
00:21:16le 12 février
00:21:18à l'occasion
00:21:19de l'anniversaire
00:21:20de la révolution
00:21:21islamique.
00:21:30À ce jour,
00:21:32plus de
00:21:3430 000
00:21:34personnes
00:21:35ont été
00:21:35arrêtées.
00:21:38et certaines
00:21:39ont été
00:21:39condamnées
00:21:40à mort.
00:21:45Selon
00:21:46les statistiques
00:21:47publiées,
00:21:5037
00:21:51médecins,
00:21:53infirmières
00:21:54ou autres
00:21:55personnels
00:21:56soignants,
00:21:57dont
00:21:58un
00:22:00directeur
00:22:00d'hôpital,
00:22:03ont été
00:22:04arrêtés
00:22:05pour avoir
00:22:05résisté
00:22:06à l'arrestation
00:22:07de patients
00:22:08blessés.
00:22:13D'après
00:22:14l'ordre
00:22:15des médecins,
00:22:16au bout
00:22:17de 12 jours,
00:22:1911 d'entre eux
00:22:20ont été
00:22:21libérés
00:22:21sous caution,
00:22:23tandis que
00:22:24les autres
00:22:25sont toujours
00:22:26incarcérés.
00:22:39une des infirmières
00:22:41a même été
00:22:42condamnée
00:22:42à mort.
00:22:46Dans de telles
00:22:48circonstances,
00:22:49ni médecins
00:22:51sans frontières,
00:22:53ni l'Organisation
00:22:54mondiale
00:22:55de la santé
00:22:55n'ont émis
00:22:57de protestation,
00:22:59semblant
00:22:59fermer les yeux
00:23:00face à cette
00:23:01tragédie.
00:23:09Mesdames et messieurs,
00:23:12nous ne sommes pas
00:23:14seulement responsables
00:23:15de nos actes
00:23:15et de nos paroles,
00:23:16mais aussi
00:23:18de notre silence.
00:23:22Ne vous rendez pas
00:23:23complice
00:23:24de ces crimes
00:23:25par votre silence.
00:23:34parmi les victimes
00:23:36figurent au moins
00:23:37230 lycéens
00:23:42et plus de 100
00:23:45d'enfants
00:23:45travailleurs.
00:23:48Or,
00:23:49l'UNICEF,
00:23:54il se trouve
00:23:55que le conseil
00:23:56des enseignants
00:23:58a déclaré
00:23:59la journée
00:23:59de demain
00:24:00comme une journée
00:24:00de deuil.
00:24:02Ils ont demandé
00:24:03à tous les professeurs
00:24:05de ne pas se rendre
00:24:06dans leurs établissements.
00:24:11Et donc,
00:24:12l'UNICEF,
00:24:15bien qu'implanté
00:24:16en Iran
00:24:20ferme les yeux
00:24:21sur ce crime
00:24:22comme toujours
00:24:23et garde le silence.
00:24:30Dois-je rappeler
00:24:31une nouvelle fois
00:24:32ces devoirs
00:24:33à cette organisation ?
00:24:40Le peuple iranien
00:24:41n'est pas seulement
00:24:42en deuil.
00:24:46Il désespère aussi
00:24:48face à l'indifférence
00:24:50des organisations
00:24:51internationales
00:24:53et des gouvernements
00:24:55qui se prétendent
00:24:57démocrates.
00:25:03Le peuple iranien
00:25:05vous appelle
00:25:06à mettre en œuvre
00:25:08le principe
00:25:09de la responsabilité
00:25:11de protection
00:25:12à prouver
00:25:14lors du sommet mondial
00:25:16des Nations Unies
00:25:17en 2005.
00:25:26Empêchez le massacre
00:25:27des populations
00:25:28sans défense.
00:25:31Ne laissez pas
00:25:32votre silence
00:25:33et votre inaction
00:25:34à prouver
00:25:36les crimes
00:25:36de la République
00:25:37islamique d'Iran.
00:25:47Malgré ce bain de sang,
00:25:49le peuple iranien
00:25:50ne se tait pas.
00:25:55Notamment,
00:25:56les étudiants
00:25:57de la faculté
00:25:57de médecine
00:25:58ont boycotté
00:26:01leurs examens
00:26:03et ils expriment
00:26:05ainsi
00:26:05leur solidarité
00:26:06avec le peuple
00:26:07et exigent
00:26:10la libération
00:26:10des médecins
00:26:11et des autres
00:26:12prisonniers.
00:26:16À la moindre occasion,
00:26:19surtout la nuit,
00:26:23les cris de mort
00:26:24au guide suprême
00:26:27retentissent
00:26:28dans de nombreuses
00:26:29ruelles iraniennes.
00:26:31Je suis certaine,
00:26:34absolument certaine,
00:26:38que grâce
00:26:39à l'endurance
00:26:40de sa jeunesse,
00:26:41l'Iran sera
00:26:42bientôt libre.
00:26:45Car nous savons
00:26:47que la lumière
00:26:50triomphe toujours
00:26:51des ténèbres.
00:26:58je vous remercie
00:27:00de votre attention
00:27:05et je suis à votre disposition
00:27:10si vous souhaitez
00:27:12m'adresser des questions.
00:27:16Bien entendu,
00:27:17madame,
00:27:18et merci
00:27:19pour cette expression.
00:27:22Je pense que
00:27:23nous vous avons
00:27:25parfaitement
00:27:26entendus
00:27:27et j'espère
00:27:28avec vous
00:27:29que la lumière
00:27:30triomphe
00:27:31toujours
00:27:32des ténèbres.
00:27:33Je vais passer
00:27:34la parole
00:27:35à mes collègues
00:27:36qui auraient
00:27:37des questions.
00:27:38Je vois
00:27:40l'ordre d'Arcos,
00:27:41le temps
00:27:42de prendre
00:27:43les uns
00:27:44et les autres.
00:27:45Donc l'ordre d'Arcos.
00:27:48Difficile
00:27:49de reprendre
00:27:49la parole
00:27:49après vous,
00:27:50madame.
00:27:50Et bien évidemment,
00:27:52nous sommes tous
00:27:53très émus
00:27:53de vous entendre.
00:27:55J'aurais voulu
00:27:56revenir sur
00:27:57en effet
00:27:58la cause
00:27:59ou en tout cas
00:27:59une des causes
00:28:00de cette répression
00:28:01à nouveau
00:28:02qui est
00:28:03le nom
00:28:04du fils
00:28:05du chat
00:28:05d'Iran.
00:28:08D'un point
00:28:09de vue purement
00:28:11géopolitique
00:28:12ou historique.
00:28:13Est-ce que
00:28:14vous pensez
00:28:15que le peuple
00:28:15iranien
00:28:16regrette
00:28:18la monarchie
00:28:19de l'époque
00:28:20du chat
00:28:20ou est-ce que
00:28:22c'est juste
00:28:23la personne
00:28:24la mieux placée
00:28:26ou en tout cas
00:28:27la plus populaire
00:28:28que scandent
00:28:29les manifestants
00:28:30pour essayer
00:28:31de se délivrer
00:28:33du joug
00:28:33des mollas ?
00:28:42Une liste
00:28:43de questions.
00:28:44Je vous en prie
00:28:45madame.
00:28:56Je dois dire
00:28:57que
00:28:57l'ancien régime
00:29:01avait
00:29:02indéniablement
00:29:03des défauts.
00:29:08Ce n'est pas
00:29:08pour rien
00:29:09si le peuple
00:29:10iranien
00:29:10a pris
00:29:13la direction
00:29:13de cette révolution.
00:29:18Mais si on
00:29:19le compare
00:29:19avec le régime
00:29:20actuel
00:29:21et la situation
00:29:22que les Iraniens
00:29:24endurent
00:29:24aujourd'hui,
00:29:26bien sûr,
00:29:28le régime
00:29:28précédent
00:29:29était meilleur.
00:29:33La situation
00:29:34économique
00:29:35est telle
00:29:36en Iran
00:29:36aujourd'hui
00:29:40que dans
00:29:42certains magasins
00:29:43même le fromage
00:29:44est rationné.
00:29:49Le chômage
00:29:50fait rage
00:29:51comme jamais.
00:29:56et 70%
00:29:58des Iraniens
00:29:59vivent
00:29:59sous le seuil
00:30:00de la pauvreté.
00:30:04La corruption
00:30:05fait rage
00:30:06et l'ensemble
00:30:12de ce tableau
00:30:13rend tous
00:30:13les Iraniens
00:30:14extrêmement
00:30:14en colère.
00:30:20Et pourquoi
00:30:20est-ce qu'ils
00:30:21font appel
00:30:22à Reza Palavi ?
00:30:28Reza Palavi
00:30:30est le dauphin
00:30:31du roi
00:30:32déchu
00:30:33et il a
00:30:41déclaré
00:30:42qu'il pourrait
00:30:43prendre la tête
00:30:44d'une phase
00:30:46de transition
00:30:49dans l'objectif
00:30:51d'organiser
00:30:51des élections
00:30:52libres
00:30:52et un référendum
00:30:55qui permettent
00:30:56de déterminer
00:30:57le régime
00:30:57à venir
00:31:00et que ce soit
00:31:01le peuple iranien
00:31:02qui le choisisse.
00:31:04Est-ce qu'il choisirait
00:31:05une monarchie
00:31:06ou
00:31:07un autre type
00:31:08de régime ?
00:31:11de déterminer
00:31:13de déterminer
00:31:14lui ont fait
00:31:15confiance
00:31:16l'ont cru
00:31:17sur parole
00:31:19et l'ont accepté
00:31:20comme dirigeant
00:31:21d'une phase
00:31:22de transition.
00:31:32Jusqu'à la Saint-Valentin
00:31:33nous avons vu des Iraniens
00:31:42manifester partout
00:31:43dans le monde
00:31:48à l'appel de Reza Balavi.
00:31:53Il y a eu plus d'un million d'Iraniens de la diaspora
00:31:57qui ont défilé pour le soutenir.
00:32:01Et comme je l'ai dit tout à l'heure,
00:32:08en Iran aussi, lors des protestations,
00:32:11le seul nom qui a été entendu, qui a été scandé,
00:32:14est celui de Reza Balavi.
00:32:18Mais cela ne veut pas dire
00:32:21qu'il faut s'imaginer que tout le peuple iranien
00:32:27le respecte ou le choisit.
00:32:30Ce n'est pas le cas.
00:32:36S'il n'y a pas d'autres noms appelés,
00:32:40d'autres figures évoquées,
00:32:46il y a aussi de nombreux manifestants
00:32:49qui ont dit que nous ne reconnaissons pas cet homme
00:32:52et que nous ne voulons pas d'une monarchie.
00:32:57En résumé, pour vous répondre,
00:33:04je dirais que la violence qui a été déchaînée
00:33:09de cette façon-là
00:33:11est incontestablement due au fait
00:33:14qu'une alternative a été nommée
00:33:16et que Reza Balavi,
00:33:21le retour de Reza Balavi a été réclamé
00:33:24par certains manifestants.
00:33:26Donc, il y a eu une incarnation
00:33:28d'une alternative possible,
00:33:32ce qui a suscité l'effroi du régime en place.
00:33:36Et cet effroi
00:33:38a nourri la violence de cette répression.
00:33:46Mereza Balavi a dit plusieurs fois
00:33:49que c'est à travers les urnes
00:33:52que les Iraniens doivent choisir
00:33:54le régime à venir.
00:34:04Donc, en effet,
00:34:06la première aspiration des Iraniens,
00:34:12c'est que ce régime chute
00:34:15et qu'un référendum puisse être organisé.
00:34:21Et, pour ma part,
00:34:24j'estime que si ce jour heureux arrive
00:34:28où nous pourrons organiser
00:34:31ces élections libres,
00:34:33j'espère que les Nations unies
00:34:36placeront un observateur
00:34:39pour assister à ces élections
00:34:42et vérifier leurs résultats,
00:34:44pour que le peuple iranien
00:34:47puisse se sentir en confiance
00:34:49et choisir librement son gouvernement.
00:34:56Merci, madame.
00:34:57Je vais passer la parole
00:34:59à plusieurs d'entre nous.
00:35:04Tant Olivia Richa,
00:35:07notre présidente du groupe
00:35:08d'amitié France-Iran,
00:35:10ensuite Laurence Rossignol
00:35:13et ensuite M. Vessouz-Fort.
00:35:17Merci, madame la présidente.
00:35:19Chère madame,
00:35:20vous nous avez appelé
00:35:21à ne pas rester silencieux.
00:35:24La France soutient désormais
00:35:25l'inscription du corps
00:35:26des gardiens de la révolution islamique d'Iran
00:35:28sur la liste européenne
00:35:30des organisations terroristes.
00:35:32Cela fait écho à une résolution
00:35:34qui avait été adoptée à l'unanimité
00:35:36par le Sénat il y a quelque temps déjà.
00:35:39Qu'attendez-vous de la France ?
00:35:40Qu'attendez-vous de notre voix ?
00:35:43Que peut apporter la diplomatie française ?
00:35:46Laurence Rossignol.
00:35:49Madame, bonjour.
00:35:52Merci de cet entretien avec nous.
00:35:56Comme ma collègue,
00:35:58je d'abord relèverai que
00:35:59vous nous avez appelé à ne pas rester silencieux.
00:36:01c'est ce que nous essayons de faire,
00:36:03de ne pas rester silencieux.
00:36:05Et je ne vous cacherai pas
00:36:06qu'il est assez difficile
00:36:09de mobiliser largement
00:36:11la solidarité en faveur du peuple iranien
00:36:16et en particulier des femmes,
00:36:18de la jeunesse,
00:36:19de toute cette jeunesse.
00:36:20Vous avez largement évoqué
00:36:24les défaillances de l'ONU.
00:36:27Je voudrais vous poser deux questions.
00:36:30La première question,
00:36:31c'est comment vous expliquez
00:36:33cette passivité de l'ONU
00:36:35à l'égard de la situation en Iran,
00:36:38alors que dans certains autres conflits,
00:36:41l'ONU est beaucoup plus vocale, dirais-je.
00:36:46Et deuxièmement,
00:36:47je crois qu'il y a une rapporteure spéciale
00:36:51de l'ONU sur les droits de l'homme en Iran.
00:36:54Que fait-elle ?
00:36:57Est-ce pour vous un interlocuteur
00:36:59et un point d'appui ?
00:37:00Merci.
00:37:02Et maintenant, Jean-Marc Vessous-Fort.
00:37:06Merci. Bonjour, Madame.
00:37:08Personne ne doute évidemment
00:37:09du courage extraordinaire
00:37:10qui est celui du peuple iranien
00:37:12pour se défaire de la tyrannie.
00:37:15Néanmoins, considérez-vous aujourd'hui
00:37:17que pour se débarrasser
00:37:20des Mollahs et de ce régime,
00:37:23une intervention extérieure est nécessaire.
00:37:26Et dans ce cadre-là,
00:37:27attendez-vous encore quelque chose
00:37:28du président des États-Unis ?
00:37:31Je vous laisse répondre
00:37:33à ces trois questions
00:37:34et j'aurai ensuite
00:37:35trois autres questionnaires.
00:37:45Alors, d'abord, pour répondre
00:37:47à la première question,
00:37:50le Parlement européen
00:37:53et la Commission européenne
00:37:59ont en effet inscrit
00:38:02les gardiens de la révolution
00:38:03dans la liste
00:38:05des entités terroristes.
00:38:10Mieux vaut tard que jamais.
00:38:19mais peut mieux faire.
00:38:25Les choses
00:38:26qui restent à faire
00:38:28seraient, par exemple,
00:38:29de s'interroger
00:38:31des richesses iraniennes.
00:38:34Comme je vous disais,
00:38:36la corruption est extrêmement élevée
00:38:39en Iran.
00:38:42L'argent est sorti
00:38:48des usines,
00:38:49des châteaux sont à acheter
00:38:52à travers le monde,
00:38:54notamment l'Europe.
00:38:56Tous les bandits du monde,
00:38:58notamment les bandits iraniens,
00:39:00ont un faible pour l'Europe.
00:39:06Ce qui a été fait
00:39:08contre Poutine
00:39:10et les oligarques russes
00:39:13de confisquer leurs biens,
00:39:18pourquoi
00:39:19ça ne vaudrait pas
00:39:21pour les oligarques iraniens ?
00:39:27Leur argent,
00:39:29leurs châteaux,
00:39:31leurs biens,
00:39:33ils les ont obtenus
00:39:35aux dépenses
00:39:35du peuple iranien.
00:39:38Confisquez-les
00:39:39pour pouvoir
00:39:43les rendre
00:39:44à l'État
00:39:46qui représentera
00:39:48le peuple iranien
00:39:49le jour où nous atteindrons
00:39:50une liberté.
00:39:54ne donnez pas
00:39:56des visas
00:39:57à tous ces criminels.
00:40:00Comme je vous disais,
00:40:01ces gens-là
00:40:02aiment beaucoup
00:40:03la France,
00:40:05l'Europe,
00:40:06la France
00:40:06et plus particulièrement
00:40:07Paris.
00:40:08Leur famille s'y trouve.
00:40:11Il y a quelque chose
00:40:12de très rapide
00:40:13et de très facile
00:40:14à faire.
00:40:16Je suis très
00:40:18heureuse
00:40:18que
00:40:20la vice-présidente
00:40:22de la Commission
00:40:23des affaires étrangères
00:40:25soit présente.
00:40:30Il serait facile
00:40:32d'expulser
00:40:33l'ambassadeur d'Iran
00:40:35et de rappeler
00:40:37l'ambassadeur de France
00:40:38en Iran
00:40:40passer
00:40:41d'un niveau
00:40:44d'affaires
00:40:46traité
00:40:48par des ambassades
00:40:49à des affaires
00:40:51consulaires.
00:40:53Ce sont des mesures
00:40:54extrêmement pratiques
00:40:55quand je dis
00:40:58que les Européens
00:40:59sont dans
00:41:01l'inaction.
00:41:01c'est parce que
00:41:07j'estime
00:41:08que rédiger
00:41:09quelques mots
00:41:10pour
00:41:12condamner
00:41:14les actes
00:41:15du régime
00:41:16iranien
00:41:17ne vient guère
00:41:19en aide
00:41:19des Iraniens.
00:41:21Montrez pratiquement
00:41:22que vous les soutenez.
00:41:23Montrez-le
00:41:24par des actes.
00:41:27Pour la deuxième question,
00:41:32pourquoi l'ONU
00:41:33est-elle passive
00:41:35concernant l'Iran ?
00:41:37Je crains
00:41:38que ce ne soit pas
00:41:39à moi
00:41:39de répondre
00:41:40à cette question.
00:41:44Cela renvoie
00:41:46à la structure
00:41:46même
00:41:47des Nations Unies.
00:41:51Ce sont
00:41:52les États
00:41:53qui y sont représentés
00:41:54et non
00:41:55les peuples.
00:41:57Donc,
00:41:57les décisions
00:41:58qui y sont prises
00:42:01ne visent pas
00:42:02les intérêts
00:42:03des peuples.
00:42:07Quand Poutine
00:42:12a attaqué
00:42:12l'Ukraine,
00:42:26le Conseil
00:42:27de sécurité
00:42:29l'a présenté
00:42:32comme un crime
00:42:33de guerre
00:42:34et la Russie
00:42:34a opposé
00:42:35son veto.
00:42:38Comment peut-on
00:42:39dire
00:42:40que l'ONU
00:42:43peut réagir
00:42:47fortement
00:42:48et qu'en est-il
00:42:51de Netanyahou
00:42:53et des poursuites
00:42:56à la haine
00:42:57à la haine
00:42:57contre lui ?
00:42:59Et pour ce qui est
00:43:00de la rapporteure
00:43:02Madame
00:43:03Maïsato
00:43:03des affaires
00:43:06concernant
00:43:06les droits
00:43:07de l'homme
00:43:07en Iran,
00:43:08elle est extrêmement
00:43:10active
00:43:12et empathique.
00:43:16n'est-ce qu'à la haine
00:43:17Mais pour autant,
00:43:18le gouvernement
00:43:19iranien
00:43:20ne l'a jamais laissé
00:43:22se rendre
00:43:22sur le territoire
00:43:24iranien,
00:43:25ni elle,
00:43:26ni aucun autre rapporteur.
00:43:33Donc,
00:43:34dans de telles
00:43:34conditions,
00:43:35comment est-ce
00:43:36qu'elle peut
00:43:38vraiment
00:43:40examiner
00:43:41les faits ?
00:43:43Donc,
00:43:43il faut demander
00:43:44au régime
00:43:46iranien
00:43:47qu'est-ce
00:43:48qu'il a
00:43:48à cacher
00:43:49pour ne même
00:43:51pas oser
00:43:51laisser
00:43:52accès
00:43:54à son
00:43:54pays
00:43:55par les Nations
00:43:57Unies ?
00:44:00Par quelle
00:44:03manigance
00:44:04démoniaque
00:44:05est-ce
00:44:06qu'ils
00:44:06parviennent
00:44:07à dissuader
00:44:08l'UNICEF
00:44:09de protester
00:44:10contre la mort
00:44:11des enfants
00:44:11en Iran ?
00:44:13Ce n'est pas
00:44:13à moi
00:44:14qu'il faut poser
00:44:14ces questions,
00:44:15c'est à la République
00:44:16islamique.
00:44:20Pour autant,
00:44:22le peuple
00:44:22iranien
00:44:23et moi-même
00:44:23sommes très
00:44:24reconnaissants
00:44:25au Conseil
00:44:26des droits
00:44:29humains
00:44:29d'avoir
00:44:31créé
00:44:33cette commission
00:44:34de vérification
00:44:37des faits.
00:44:38Depuis
00:44:39le mouvement
00:44:41Femmes
00:44:41et Libertés
00:44:42et
00:44:44du nombre
00:44:45de victimes
00:44:46qu'il y a eu
00:44:47lors
00:44:48de cette
00:44:49vague
00:44:51de protestations,
00:44:52cette commission
00:44:54a été créée
00:44:57et c'est
00:44:58grâce à cela
00:44:59que lors
00:44:59des
00:45:02dernières
00:45:05la dernière
00:45:06vague
00:45:07de répression,
00:45:08leur mission
00:45:09a été
00:45:09renouvelée
00:45:10pendant deux ans
00:45:11afin de pouvoir
00:45:12continuer
00:45:13d'examiner
00:45:14les faits
00:45:14relatifs
00:45:15à cette
00:45:17nouvelle vague
00:45:17de répression.
00:45:23Donc,
00:45:27des listes
00:45:28sont établies
00:45:29des victimes
00:45:31et pourtant
00:45:33cette commission
00:45:34comme le rapporteur
00:45:36reste
00:45:40dans la difficulté
00:45:42de pouvoir
00:45:42ne serait-ce que
00:45:44recruter
00:45:45une équipe
00:45:46de chercheurs,
00:45:49une équipe.
00:45:51Ils n'ont
00:45:52aucun moyen
00:45:54pour pouvoir
00:45:55vérifier
00:45:56les rapports
00:45:57qu'ils reçoivent.
00:46:00Le budget
00:46:00qui leur est alloué
00:46:01est extrêmement
00:46:02faible.
00:46:06Voilà une autre
00:46:07chose
00:46:08que le gouvernement
00:46:09français
00:46:09pourrait faire,
00:46:10l'État français
00:46:11pourrait faire.
00:46:13allouer un budget
00:46:18aux rapporteurs
00:46:23des droits
00:46:24humains
00:46:24en Iran
00:46:25ainsi qu'à
00:46:26cette commission
00:46:27de vérification
00:46:28des faits.
00:46:30Quels aient
00:46:31les moyens
00:46:33pour pouvoir
00:46:34faire ce travail
00:46:35essentiel ?
00:46:42Et enfin,
00:46:43pour la question
00:46:44concernant
00:46:45l'intervention
00:46:47étrangère
00:46:49et où
00:46:50vous
00:46:50semblez
00:46:53m'accuser
00:46:55de vouloir
00:46:55demander
00:46:56de l'aide
00:46:56américaine,
00:46:57je vais vous dire
00:46:58que moi,
00:46:58je demanderai
00:46:59de l'aide
00:47:00au monde
00:47:01entier.
00:47:03Je n'attends
00:47:04rien
00:47:04de M.
00:47:05M. Trump,
00:47:06j'attends
00:47:06au monde
00:47:07entier
00:47:07d'ouvrir
00:47:07les yeux.
00:47:17Mes chers
00:47:18collègues,
00:47:21de même
00:47:21que je vous
00:47:22l'ai dit,
00:47:25lors de mon
00:47:26allocation,
00:47:28en 2005,
00:47:32le principe
00:47:33de responsabilité
00:47:34et de protection
00:47:35a été reconnu
00:47:36par l'ONU.
00:47:39Tous les États
00:47:40sont responsables
00:47:42de la protection
00:47:43des populations
00:47:45civiles.
00:47:50S'ils ne l'assurent pas
00:47:53et si eux-mêmes
00:47:58commettent
00:47:59des massacres
00:48:01des massacres,
00:48:01c'est la responsabilité
00:48:03des autres États,
00:48:05c'est la responsabilité
00:48:06des peuples
00:48:07du monde
00:48:11d'empêcher
00:48:12ces massacres.
00:48:13qui sont
00:48:16des massacres
00:48:18qui sont
00:48:18des massacres
00:48:18et des
00:48:19le principe
00:48:20R
00:48:20de paix,
00:48:24responsabilité
00:48:25de protection,
00:48:27je le rappelle
00:48:28au monde entier
00:48:29et à l'État
00:48:31français.
00:48:32Empêcher
00:48:33le massacre
00:48:40et puisque
00:48:42c'est le guide
00:48:43suprême
00:48:44qui a
00:48:45ordonné
00:48:46ces massacres
00:48:50exécutés
00:48:51par les gardiens
00:48:52de la révolution,
00:48:59donc ce guide
00:49:01qui a tant
00:49:03de sang
00:49:03sur les mains,
00:49:07en effet,
00:49:08sa suppression
00:49:09pourrait
00:49:12réduire
00:49:12les crimes
00:49:14commis
00:49:14contre le peuple
00:49:15iranien.
00:49:16Donc tout ce
00:49:17à quoi j'aspire,
00:49:19c'est que
00:49:20l'on cesse
00:49:21ce massacre
00:49:22et cette aspiration
00:49:23je l'exprime
00:49:24aussi
00:49:25à l'égard
00:49:26de l'État
00:49:26français.
00:49:30Précisé,
00:49:30je ne crois pas
00:49:32que notre collègue
00:49:33vous ait accusé
00:49:34de demander
00:49:35l'intervention
00:49:37des États-Unis
00:49:38mais plutôt
00:49:39comme c'est le seul
00:49:41président
00:49:41de pays
00:49:42qui a dit
00:49:43qu'il allait intervenir,
00:49:44est-ce que vous attendiez
00:49:45quelque chose de lui ?
00:49:46Il me semble être
00:49:47plutôt une question
00:49:48plus conforme
00:49:49à l'esprit
00:49:51et du coup
00:49:52je vais me permettre
00:49:53de vous poser
00:49:54deux questions.
00:49:55On parle
00:49:56de faire passer
00:49:58en Iran
00:49:59des terminaux
00:50:00Starlink.
00:50:01Est-ce que
00:50:02c'est le cas ?
00:50:03Est-ce que
00:50:03vous avez
00:50:05témoignage
00:50:06de ces terminaux
00:50:07qui seraient arrivés
00:50:08et de personnes
00:50:09qui s'en serviraient ?
00:50:10Et ensuite
00:50:11une deuxième question
00:50:12qui est
00:50:12est-ce qu'il y a
00:50:14une différence
00:50:14entre la ville
00:50:16et la campagne
00:50:17et est-ce que
00:50:18c'est l'ensemble
00:50:19du pays
00:50:20y compris
00:50:20ces campagnes
00:50:21qui cherchent
00:50:23effectivement
00:50:24à changer
00:50:25de régime
00:50:26ou est-ce qu'il y a
00:50:27encore une différence
00:50:28entre la ville
00:50:29et la campagne ?
00:50:30En complément
00:50:31de mes questions
00:50:32je vais passer
00:50:32la parole
00:50:33à Olivier Cadic
00:50:34puis Nicole
00:50:35Desranton.
00:50:36Olivier.
00:50:37Merci Madame
00:50:38Présidente.
00:50:39Merci Madame.
00:50:40Permettez-moi
00:50:41en préambule
00:50:42de vous remercier
00:50:43pour votre témoignage
00:50:44et votre action
00:50:46inspirante
00:50:46et également
00:50:47d'adresser
00:50:48une pensée sincère
00:50:49aux milliers
00:50:50de victimes
00:50:50du régime iranien
00:50:51et à leurs proches.
00:50:53Leur souffrance
00:50:54ne doit ni être
00:50:55banalisée
00:50:55ni oubliée
00:50:56et elle donne
00:50:57tout son sens
00:50:58aux échanges
00:50:58que nous avons
00:50:59aujourd'hui.
00:51:00Vous avez évoqué
00:51:01le principe
00:51:02de la responsabilité
00:51:03de protéger
00:51:04adopté par les Nations Unies
00:51:05en 2005
00:51:06au début
00:51:07de votre intervention
00:51:08vous êtes revenu dessus.
00:51:10Quelles mesures
00:51:10concrètes
00:51:11la communauté internationale
00:51:13pourrait-elle prendre
00:51:14aujourd'hui
00:51:15pour appliquer
00:51:16ce principe
00:51:17à la situation
00:51:18iranienne
00:51:19sans aggraver
00:51:21les souffrances
00:51:21de la population
00:51:22civile ?
00:51:23Quelles actions
00:51:24concrètes
00:51:25les États démocratiques
00:51:27devraient-ils
00:51:28mettre en œuvre
00:51:28pour protéger
00:51:29les défenseurs
00:51:30iraniens
00:51:31des droits humains
00:51:32et soutenir
00:51:33la société civile
00:51:34dans l'esprit
00:51:36de la responsabilité
00:51:37de protéger ?
00:51:38Je vous remercie.
00:51:40Nicole Duranton.
00:51:42Merci Madame
00:51:43Madame la Présidente.
00:51:44Bonjour Madame.
00:51:46Merci pour votre témoignage
00:51:48édifiant et émouvant.
00:51:50J'ai une question
00:51:51à vous poser
00:51:52concernant
00:51:53le programme nucléaire.
00:51:56Après plus de 40 années
00:51:57de sanctions internationales,
00:51:59l'Iran a non seulement
00:52:01poursuivi
00:52:02mais accéléré
00:52:03son programme nucléaire
00:52:04tandis que
00:52:05plus de la moitié
00:52:06de la population
00:52:07vit actuellement
00:52:08sous le seuil
00:52:10de pauvreté.
00:52:11Quel bilan
00:52:12tirez-vous
00:52:13de l'efficacité
00:52:14de cette stratégie
00:52:15de sanctions
00:52:16au regard
00:52:17de ses objectifs
00:52:18de non-prolifération
00:52:20et de son impact
00:52:21humanitaire ?
00:52:22Et quelle stratégie
00:52:23alternative
00:52:24donc engagement
00:52:26diplomatique
00:52:26renforcé,
00:52:28incitation économique
00:52:29conditionnelle
00:52:30serait susceptible
00:52:31de produire
00:52:32de meilleurs résultats ?
00:52:34Je vous remercie.
00:52:47Je vous remercie.
00:52:53Tout d'abord
00:52:54concernant
00:52:55les terminaux Starlink
00:53:01à l'aide
00:53:02des Iraniens
00:53:03de la diaspora.
00:53:08Il y avait
00:53:09déjà
00:53:10des terminaux
00:53:11qui avaient été
00:53:12envoyés
00:53:13en Iran.
00:53:15Il y a
00:53:16trois
00:53:17ou quatre
00:53:18groupes
00:53:18qui sont
00:53:19actifs
00:53:21pour
00:53:24faire parvenir
00:53:27ces terminaux
00:53:30en Iran.
00:53:31Et ça a été
00:53:32un des effets
00:53:35de cette
00:53:37catastrophe
00:53:38récente.
00:53:42C'est que
00:53:43Starlink
00:53:45peut aujourd'hui
00:53:46être utilisé
00:53:47en Iran
00:53:50gratuitement
00:53:51puisqu'il y avait
00:53:53précédemment
00:53:54un abonnement
00:53:55qui devait
00:53:56être
00:53:57versé.
00:54:00Or,
00:54:01Elon Musk
00:54:01a rendu
00:54:03l'accès
00:54:04gratuit
00:54:06pour les
00:54:08Iraniens.
00:54:09Et d'ailleurs,
00:54:10la plupart
00:54:10des informations
00:54:11que nous avons
00:54:12reçues
00:54:12depuis
00:54:15les événements,
00:54:16c'est grâce
00:54:17à ces terminaux
00:54:19qui étaient
00:54:19répartis
00:54:21à travers
00:54:21l'Iran
00:54:22grâce
00:54:23aux militants
00:54:25des droits
00:54:25de l'homme.
00:54:28Donc,
00:54:28je saisis
00:54:29l'occasion
00:54:30pour
00:54:33remercier
00:54:35Starlink,
00:54:37notamment
00:54:37pour la
00:54:38gratuité
00:54:40de l'accès
00:54:43qui,
00:54:44j'espère,
00:54:45sera maintenu
00:54:46jusqu'à la chute
00:54:47de ce régime
00:54:49criminel
00:54:49puisque c'est
00:54:51très important
00:54:54de maintenir
00:54:56cet accès
00:54:57au monde
00:54:58extérieur
00:54:58pour le
00:54:59peuple
00:55:00iranien.
00:55:02En ce qui
00:55:02concerne la
00:55:03différence
00:55:03entre les
00:55:05grandes villes
00:55:05et les
00:55:06campagnes
00:55:08et leur
00:55:09degré
00:55:09d'opposition
00:55:10au régime,
00:55:19certains
00:55:20s'imaginent
00:55:25qu'en effet
00:55:26la protestation
00:55:27est plutôt
00:55:28urbaine
00:55:30et que
00:55:30dans les campagnes
00:55:31les gens
00:55:32se contentent
00:55:33davantage
00:55:33de la situation
00:55:34présente.
00:55:36Mais cela
00:55:37n'est pas vrai.
00:55:38tout d'abord
00:55:40parce que
00:55:40la pauvreté
00:55:41touche
00:55:43aujourd'hui
00:55:44tous les
00:55:45Iraniens.
00:55:46Je dois
00:55:47à ce propos
00:55:48vous faire
00:55:49part
00:55:50d'un épisode
00:55:51qui a eu lieu
00:55:52hier
00:55:54dans un
00:55:55des villages
00:55:55près de
00:55:56Hamedan
00:55:57qui s'appelle
00:55:59Tchenardé.
00:56:04Un père
00:56:05et son fils
00:56:11avait été
00:56:12tué
00:56:12pendant
00:56:12des manifestations
00:56:15donc
00:56:16une
00:56:17manifestation
00:56:17qui a eu lieu
00:56:18dans un
00:56:19village
00:56:21et
00:56:22hier
00:56:23c'était
00:56:23la
00:56:25célébration
00:56:26du
00:56:2640e
00:56:27jour
00:56:28après
00:56:28leur
00:56:28décès.
00:56:31Dans
00:56:31les villages
00:56:32les gens
00:56:33se connaissent
00:56:33tous
00:56:34et donc
00:56:36la cérémonie
00:56:37de deuil
00:56:38avait été
00:56:39organisée
00:56:40à l'échelle
00:56:41du village.
00:56:45Et
00:56:46systématiquement
00:56:47ces cérémonies
00:56:48de deuil
00:56:49sont le lieu
00:56:51de protestation
00:56:52et de slogans
00:56:53qui sont
00:56:54dits
00:56:54par
00:56:55les proches
00:56:56des victimes.
00:56:59Les forces
00:57:00de l'ordre
00:57:00pour éviter
00:57:02ce type
00:57:02de rassemblement
00:57:10ont tiré
00:57:11sur
00:57:12les personnes
00:57:14qui participaient
00:57:15à la cérémonie.
00:57:20Ils ont
00:57:21arrêté
00:57:23un grand
00:57:23nombre
00:57:24de personnes
00:57:24des hommes
00:57:25des femmes
00:57:25des jeunes
00:57:26des personnes
00:57:27âgées
00:57:28et les ont
00:57:28tous
00:57:28emprisonnées.
00:57:35Simplement
00:57:36par crainte
00:57:37que pendant
00:57:39cette cérémonie
00:57:40de deuil
00:57:40il y ait
00:57:42de nouveau
00:57:43une protestation
00:57:44qui soit
00:57:45exprimée.
00:57:58ce régime
00:58:00n'a aucune
00:58:01assise
00:58:02populaire.
00:58:05Il ne tient
00:58:06que par
00:58:08la répression
00:58:08et par
00:58:11les balles.
00:58:12Si on lui
00:58:13retire son
00:58:14arme
00:58:15il chute
00:58:17immédiatement.
00:58:27Au sujet
00:58:29du principe
00:58:30de la responsabilité
00:58:32de protection
00:58:36et son
00:58:38application
00:58:38pratique.
00:58:43J'ai déjà
00:58:45évoqué
00:58:47la possibilité
00:58:48de renvoyer
00:58:51l'ambassadeur
00:58:51iranien
00:58:54il y a
00:58:55une vingtaine
00:58:56d'années
00:58:57en raison
00:58:59de
00:59:00tous
00:59:00les assassinats
00:59:01qui
00:59:03avaient
00:59:03été
00:59:04menées
00:59:05par
00:59:06des
00:59:08envoyés
00:59:10du gouvernement
00:59:12iranien
00:59:13à l'étranger
00:59:16en protestation
00:59:19contre
00:59:19ces assassinats
00:59:21les ambassadeurs
00:59:23iraniens
00:59:25avaient été
00:59:26renvoyés.
00:59:37et aucun
00:59:39pays
00:59:39de la commission
00:59:42européenne
00:59:43n'avait
00:59:44d'ambassadeurs
00:59:45présents
00:59:46en Iran
00:59:46en signe
00:59:47de protestation.
00:59:49L'ambassade
00:59:50était ouverte
00:59:51sans
00:59:52l'ambassadeur
00:59:54et cela
00:59:56a suffi
00:59:57pour faire
00:59:57cesser
00:59:58cette vague
00:59:59d'assassinats
01:00:00en Europe.
01:00:00ça n'a pas
01:00:02duré
01:00:02ça a été
01:00:03l'affaire
01:00:03de quelques
01:00:03années.
01:00:11Vous savez
01:00:12mieux que moi
01:00:13le nombre
01:00:13d'opposants
01:00:14qui ont été
01:00:16supprimés
01:00:16sur le sol
01:00:17français.
01:00:29Vous savez
01:00:30le nombre
01:00:31de citoyens
01:00:33français
01:00:33ou
01:00:34binationaux
01:00:35franco-iraniens
01:00:36innocents
01:00:37qui sont
01:00:38dans les
01:00:39geôles
01:00:39iraniennes.
01:00:44si on
01:00:45laisse
01:00:45faire
01:00:46ce régime
01:00:46il sera
01:00:47de plus
01:00:48en plus
01:00:48cruel
01:00:48de plus
01:00:50en plus
01:00:50violent
01:00:53et
01:00:57sa
01:00:58nuisance
01:00:59dépassera
01:01:00le peuple
01:01:00iranien
01:01:01pour
01:01:02atteindre
01:01:03les états
01:01:04européens.
01:01:07C'est
01:01:08précisément
01:01:08ce que
01:01:09j'essaye
01:01:09de prouver
01:01:10que la
01:01:10victoire
01:01:11de la
01:01:11démocratie
01:01:12en Iran
01:01:12sera
01:01:13non seulement
01:01:13bénéfique
01:01:14aux
01:01:14iraniens
01:01:15mais aussi
01:01:16aux
01:01:17états
01:01:17européens.
01:01:22Au lieu
01:01:23de vous
01:01:23adresser
01:01:24au gouvernement
01:01:26iranien
01:01:26adressez-vous
01:01:27au peuple
01:01:28iranien.
01:01:29Cela
01:01:30vaut mieux
01:01:30pour votre
01:01:31propre
01:01:31sécurité.
01:01:41en ce qui
01:01:42concerne
01:01:43la question
01:01:44du
01:01:44nucléaire
01:01:45qui
01:01:46sont
01:01:47pour
01:01:50quelles
01:01:52autres
01:01:52solutions
01:01:53on
01:01:54aurait.
01:01:55Est-ce
01:01:55que
01:01:56des
01:01:58mesures
01:01:58économiques
01:01:59telles
01:02:00que les
01:02:00sanctions
01:02:03peuvent
01:02:05laisser
01:02:06place
01:02:07à
01:02:08une
01:02:09stratégie
01:02:09politique ?
01:02:10Je pense
01:02:11que les
01:02:11deux
01:02:11stratégies
01:02:12peuvent
01:02:12être
01:02:13menées
01:02:14et doivent
01:02:14être
01:02:15menées
01:02:15de front.
01:02:22Les
01:02:23sanctions
01:02:25contre
01:02:26le régime
01:02:27directement,
01:02:28les sanctions
01:02:29économiques
01:02:29peuvent
01:02:30être plus
01:02:31sévères.
01:02:36Appauvrir
01:02:37le régime
01:02:38lui-même
01:02:42sur le
01:02:43plan
01:02:43politique,
01:02:44de
01:02:44nouveau,
01:02:45renvoyer
01:02:46l'ambassadeur
01:02:47iranien,
01:02:48pourquoi
01:02:49accepter
01:02:50d'avoir
01:02:50un
01:02:50ambassadeur
01:02:51d'un
01:02:51régime
01:02:51criminel ?
01:02:56Voilà
01:02:57un
01:02:58exemple
01:02:58de
01:02:58mesures
01:02:59politiques.
01:02:59J'espère
01:03:00vous avoir
01:03:00répondu.
01:03:06Merci
01:03:06beaucoup,
01:03:07Madame.
01:03:07Je vois
01:03:07que
01:03:08nous
01:03:08n'avons
01:03:09plus
01:03:09de
01:03:09prise
01:03:10de
01:03:10parole.
01:03:12Il
01:03:13me
01:03:13reste
01:03:13à
01:03:14vous
01:03:14remercier
01:03:15pour
01:03:15cet
01:03:16échange
01:03:17qui nous
01:03:18a permis,
01:03:19pour ceux
01:03:19qui étaient
01:03:19plus éloignés
01:03:20de cette
01:03:22réalité
01:03:23et de
01:03:24votre
01:03:24combat,
01:03:25de
01:03:26comprendre
01:03:27vos
01:03:28attentes.
01:03:30Sachez
01:03:31en tout
01:03:31état de
01:03:31cause
01:03:32que
01:03:35nous
01:03:35nous
01:03:36nous
01:03:36nous
01:03:36entendons,
01:03:37nous
01:03:38portons
01:03:39ce combat
01:03:40à vos côtés
01:03:42dans la
01:03:43mesure de
01:03:43notre
01:03:44moyen
01:03:45purement
01:03:45parlementaire
01:03:46en ce qui
01:03:47nous
01:03:47concerne,
01:03:48mais
01:03:49en tout cas
01:03:52vous ne
01:03:53parlez pas
01:03:53dans le
01:03:53vide.
01:03:55vous ne
01:03:56parlez pas
01:03:57dans le
01:03:57vide et
01:03:58nous
01:03:58vous
01:03:58entendons
01:03:58et
01:03:59si je
01:04:00dois
01:04:01émettre
01:04:02une
01:04:02conclusion,
01:04:03c'est
01:04:04d'espérer
01:04:05avec vous
01:04:06qu'effectivement
01:04:07la lumière
01:04:07viendra
01:04:08couvrir
01:04:08les
01:04:09ténèbres
01:04:13et
01:04:14que
01:04:15voilà,
01:04:16nous sommes
01:04:17aux côtés
01:04:17du peuple
01:04:18iranien
01:04:18assurément.
01:04:21Sachez
01:04:22que
01:04:22nous
01:04:23sommes
01:04:23à vos côtés
01:04:24et merci
01:04:25beaucoup
01:04:25madame
01:04:25pour
01:04:26cet
01:04:27échange.
01:04:35Je vous
01:04:36remercie
01:04:37à mon
01:04:37tour
01:04:38de
01:04:39l'opportunité
01:04:40que vous
01:04:40m'avez
01:04:41donnée
01:04:41de
01:04:42parler
01:04:43du peuple
01:04:44iranien
01:04:44et je
01:04:45vous
01:04:45remercie
01:04:45de l'attention
01:04:46que vous
01:04:46portez
01:04:47pour ce
01:04:47peuple.
01:04:48Et
01:04:49l'actualité
01:04:49au Sénat
01:04:50c'est aussi
01:04:50cette
01:04:50audition
01:04:51sur le
01:04:51retour
01:04:52des
01:04:52droits
01:04:52de douane
01:04:52sur la
01:04:53Seine.
01:04:53internationale
01:04:54l'économiste
01:04:55Agathe
01:04:55Demar est
01:04:56revenue
01:04:56entre autres
01:04:56sur les
01:04:57sanctions
01:04:58européennes
01:04:58appliquées
01:04:59à la
01:04:59Russie
01:04:59et sur
01:05:00l'état
01:05:00de l'économie
01:05:01russe.
01:05:02On réécoute
01:05:02ensemble
01:05:03son audition.
01:05:04Je suis ravie
01:05:05d'être parmi
01:05:06vous aujourd'hui
01:05:06et de discuter
01:05:07de ces sujets
01:05:08des sanctions
01:05:08mais aussi
01:05:09des guerres
01:05:09commerciales
01:05:09que Trump
01:05:10mène
01:05:10à la fois
01:05:11contre ses
01:05:12alliés
01:05:12et contre
01:05:13l'ensemble
01:05:14des pays
01:05:14du monde.
01:05:15Il y a
01:05:15quelque part
01:05:15deux sujets
01:05:16aujourd'hui
01:05:17pour ce propos
01:05:18il y a
01:05:18le sujet
01:05:18des sanctions
01:05:19et quand
01:05:19on parle
01:05:20de sanctions
01:05:20on va
01:05:20évidemment
01:05:20penser
01:05:21tout de suite
01:05:21aux sanctions
01:05:22contre la Russie
01:05:22et ensuite
01:05:23il y a
01:05:23le sujet
01:05:24de l'avenir
01:05:25des sanctions
01:05:26qui sera
01:05:26la deuxième partie
01:05:27de mon propos
01:05:27liminaire
01:05:28et enfin
01:05:29la question
01:05:30des guerres
01:05:31commerciales
01:05:31menées par
01:05:31Trump
01:05:31et de la
01:05:32potentielle
01:05:32réponse
01:05:33européenne
01:05:34face à
01:05:34ces guerres
01:05:34commerciales
01:05:35donc énormément
01:05:35de questions
01:05:36je vais essayer
01:05:37de rester
01:05:37brève
01:05:37et de m'en tenir
01:05:38à 15 minutes
01:05:395 minutes
01:05:40pour chacun
01:05:40de ces trois
01:05:41sujets
01:05:42alors la première
01:05:43question
01:05:43que j'aimerais
01:05:44évoquer
01:05:44c'est la question
01:05:45des sanctions
01:05:45contre la Russie
01:05:46puisque quand
01:05:46on parle
01:05:47de sanctions
01:05:47évidemment
01:05:48on s'intéresse
01:05:49généralement
01:05:50assez vite
01:05:51au sujet
01:05:52d'actualité
01:05:53du moment
01:05:53c'est vraiment
01:05:54la question
01:05:55des sanctions
01:05:55contre la Russie
01:05:56et de l'efficacité
01:05:57des sanctions
01:05:58contre la Russie
01:05:59et c'est le sujet
01:05:59dont j'aimerais
01:06:00discuter
01:06:00tout d'abord
01:06:01aujourd'hui
01:06:01alors
01:06:02le débat
01:06:03sur la question
01:06:04de l'efficacité
01:06:05des sanctions
01:06:05contre la Russie
01:06:06il me semble
01:06:07manque souvent
01:06:07de clarté
01:06:08quant aux objectifs
01:06:09de ces sanctions
01:06:10et je crois
01:06:10que c'est important
01:06:11en fait
01:06:11quand on veut
01:06:12essayer d'avoir
01:06:13une idée
01:06:14de l'efficacité
01:06:14des sanctions
01:06:15de poser leurs objectifs
01:06:16puisqu'évidemment
01:06:17il faut évaluer
01:06:18l'efficacité
01:06:19face à ces objectifs
01:06:21alors je crois
01:06:22que ce n'est pas
01:06:22un objectif
01:06:23d'effondrement
01:06:24économique
01:06:25de la Russie
01:06:26ce n'était pas le cas
01:06:27probablement
01:06:28parce que ça ne serait
01:06:28pas dans notre intérêt
01:06:30probablement pas
01:06:31non plus
01:06:31un changement
01:06:32de gouvernement
01:06:33à Moscou
01:06:33puisque nous n'avons
01:06:35pas la possibilité
01:06:36de penser
01:06:36que ça serait
01:06:37nécessairement
01:06:37dans notre intérêt
01:06:38non plus
01:06:38et enfin je crois
01:06:39qu'il est illusoire
01:06:40d'imaginer que les sanctions
01:06:41contre la Russie
01:06:42que les pays européens
01:06:44avec leurs alliés
01:06:44du G7 mettent en oeuvre
01:06:46aujourd'hui
01:06:46peuvent à elles seules
01:06:50amener à la fin
01:06:50de la guerre
01:06:51en Ukraine
01:06:52ce que je voudrais
01:06:53dire aujourd'hui
01:06:54sur cette partie
01:06:54sur les sanctions
01:06:55contre la Russie
01:06:56c'est que l'idée
01:06:57de ces sanctions
01:06:58c'est de peser
01:06:58sur la capacité
01:06:59de la Russie
01:07:00à faire la guerre
01:07:01en Ukraine
01:07:01à la fois dans le domaine
01:07:02économique et technologique
01:07:04alors évidemment
01:07:04il faut rester humble
01:07:06cela prend du temps
01:07:07surtout quand on est face
01:07:08à une économie
01:07:09de premier plan
01:07:10comme la Russie
01:07:10mais je crois
01:07:11que si on regarde
01:07:12les sanctions
01:07:12sous ce prisme
01:07:13de mettre du sable
01:07:14dans les rouages
01:07:15et de limiter
01:07:15la capacité
01:07:16de la Russie
01:07:16à faire la guerre
01:07:17alors il me paraît
01:07:18clair que ces sanctions
01:07:19fonctionnent
01:07:20tout d'abord
01:07:21on peut évidemment
01:07:22dire que ces sanctions
01:07:24sont un signal
01:07:24diplomatique fort
01:07:25mais également
01:07:27dans le domaine
01:07:27économique
01:07:28je crois que nous avons
01:07:29un certain nombre
01:07:29d'indicateurs
01:07:30aujourd'hui économiques
01:07:31russes
01:07:32qui montrent
01:07:32que les signaux
01:07:33sont au rouge
01:07:33pour le Kremlin
01:07:34et que la capacité
01:07:36de la Russie
01:07:36à faire la guerre
01:07:37devient compromise
01:07:38par une mauvaise
01:07:39situation fiscale
01:07:40et financière
01:07:42que veut-on dire
01:07:43quand on parle
01:07:43de la situation fiscale
01:07:44et bien ces sanctions
01:07:45que les pays européens
01:07:46et du G7
01:07:47mettent en oeuvre
01:07:47contre la Russie
01:07:48visent en tout premier lieu
01:07:50à limiter les recettes russes
01:07:51issues des exportations
01:07:52d'hydrocarbures
01:07:53et quand on regarde
01:07:54les dernières statistiques
01:07:56de ces derniers jours
01:07:57on voit que l'écart de prix
01:07:58entre le baril de Brent
01:07:59c'est à dire la référence
01:08:01pour le prix du pétrole
01:08:01et le baril d'Ural
01:08:03c'est à dire le pétrole russe
01:08:04s'établit à aujourd'hui
01:08:05près de 30 dollars
01:08:07c'est énorme
01:08:08pour la Russie
01:08:09et cela veut dire
01:08:10que les recettes
01:08:11issues des exportations
01:08:12d'hydrocarbures russes
01:08:13aujourd'hui
01:08:14ont chuté
01:08:14de 50% avant le début
01:08:16de la guerre
01:08:16à seulement 24%
01:08:17aujourd'hui
01:08:18et la Russie doit donc
01:08:19aujourd'hui faire des choix
01:08:21pour le financement
01:08:22de la guerre
01:08:22évidemment ce n'est pas
01:08:24une situation
01:08:25où elle devrait arrêter
01:08:26la guerre du jour au lendemain
01:08:27mais il faut faire des choix
01:08:28et ces choix sont coûteux
01:08:29notamment pour la paix sociale
01:08:31on a vu des hausses
01:08:32de la TVA par exemple
01:08:34ou des projets
01:08:34de nationalisation
01:08:35j'en viens à l'idée
01:08:37qui est souvent présentée
01:08:39dans les médias
01:08:40que la Russie bénéficie
01:08:42d'un endettement public
01:08:43très faible
01:08:43et que donc
01:08:44sa situation fiscale
01:08:45serait excellente
01:08:46je crois qu'il faut
01:08:47battre en brèche
01:08:48cette idée
01:08:49pourquoi ?
01:08:50puisque la Russie
01:08:51a bien un déficit fiscal
01:08:52et elle peine aujourd'hui
01:08:53à le financer
01:08:54comment financer
01:08:55un déficit fiscal ?
01:08:56vous pouvez avoir
01:08:56de l'endettement externe
01:08:58mais les sanctions
01:08:59restreignent cette capacité
01:09:00vous pouvez avoir
01:09:01de l'endettement domestique
01:09:02mais les banques russes
01:09:03aujourd'hui sont très réticentes
01:09:05à l'idée d'acheter
01:09:06plus de dettes
01:09:07parce qu'elles en ont déjà trop
01:09:08ou vous pouvez utiliser
01:09:10les ressources
01:09:10du fonds souverain russe
01:09:12mais on voit que
01:09:13ces recettes du fonds souverain russe
01:09:14en tout cas les recettes liquides
01:09:15s'épuisent
01:09:16et elles représentent
01:09:17seulement 50 milliards de dollars
01:09:19aujourd'hui
01:09:19c'est à dire moins de 8 mois
01:09:21de financement
01:09:22du déficit fiscal
01:09:23ce qui va poser
01:09:24très probablement
01:09:25des questions
01:09:26évidentes pour le pouvoir russe
01:09:28à court terme
01:09:29un petit mot
01:09:30sur l'aspect technologique
01:09:32puisque en plus
01:09:33de l'aspect économique
01:09:34et fiscal
01:09:34les sanctions
01:09:35visent à limiter
01:09:36la capacité de la Russie
01:09:37à obtenir des semi-conducteurs
01:09:38des produits
01:09:39de très haute technologie
01:09:40et là aussi
01:09:41je crois qu'il faut rester humble
01:09:42et la question
01:09:43est de mettre du sable
01:09:44dans les rouages
01:09:44quand on regarde
01:09:45les statistiques
01:09:46pour le prix
01:09:47des exportations chinoises
01:09:48vers la Russie
01:09:49on voit que
01:09:50le prix de ces exportations
01:09:51pour les produits
01:09:52high-tech
01:09:52sous sanctions
01:09:53ont augmenté
01:09:54de 87%
01:09:55depuis 2021
01:09:56alors que
01:09:57le prix de ces exportations
01:09:58vers d'autres pays
01:09:59n'a augmenté
01:10:00que de 9%
01:10:01qu'est-ce que cela veut dire ?
01:10:02Cela veut dire évidemment
01:10:03que la Russie parvient
01:10:04toujours à s'approvisionner
01:10:05par des circuits détournés
01:10:06mais que ces produits
01:10:08coûtent beaucoup plus cher
01:10:09et on en revient à l'idée
01:10:10que c'est donc plus difficile
01:10:12pour la Russie
01:10:13et que les sanctions
01:10:15mettent du sable
01:10:16dans les rouages
01:10:16et compliquent
01:10:18la capacité de la Russie
01:10:19à faire la guerre
01:10:19je termine sur cette idée
01:10:21des sanctions contre la Russie
01:10:23en évoquant l'idée
01:10:24que l'année 2006
01:10:25pourrait se dérouler
01:10:28de façon très différente
01:10:30avec deux scénarios
01:10:31principaux pour les sanctions
01:10:32on pourrait évoquer
01:10:33la possibilité
01:10:34d'un accord
01:10:35entre les Etats-Unis
01:10:36et la Russie
01:10:36visant à mettre fin
01:10:38à la guerre en Ukraine
01:10:39il y aurait très probablement
01:10:40une levée des sanctions
01:10:41américaines
01:10:42contre la Russie
01:10:43et des accords commerciaux
01:10:45des business deals
01:10:46qui sont si chers
01:10:47au président américain
01:10:48Donald Trump
01:10:48on voit que de tels accords
01:10:50sont déjà en préparation
01:10:51notamment dans le secteur
01:10:52des hydrocarbures
01:10:53cela poserait évidemment
01:10:54la question
01:10:55des sanctions européennes
01:10:57et plus largement
01:10:57des sanctions
01:10:58des autres pays du G7
01:11:00hors Etats-Unis
01:11:00puisque le secteur privé
01:11:02européen
01:11:03ferait très probablement
01:11:04pression
01:11:04sur les autorités
01:11:06à la fois françaises
01:11:07et européennes
01:11:08pour une levée des sanctions
01:11:09s'il n'y a pas d'accord
01:11:10entre les Etats-Unis
01:11:11et la Russie
01:11:12là on pourrait
01:11:13s'acheminer potentiellement
01:11:14vers un scénario
01:11:15d'un renforcement des sanctions
01:11:16on a vu que le dernier
01:11:18les dernières sanctions américaines
01:11:19qui ont été établies
01:11:20contre la Russie
01:11:21et notamment
01:11:21contre la flotte fantôme russe
01:11:23on pourra y revenir
01:11:23dans les questions
01:11:24ont eu un impact
01:11:25très important
01:11:26s'il y a plus de sanctions
01:11:28cela mettra la Russie
01:11:29dans une situation difficile
01:11:31notamment
01:11:31puisque les sanctions
01:11:33américaines
01:11:34sur l'uranium russe
01:11:35et l'embargo européen
01:11:37total sur les hydrocarbures
01:11:38russes
01:11:38devraient être mis en oeuvre
01:11:40en 2027
01:11:41je m'en tiens là
01:11:42pour la question
01:11:42des sanctions
01:11:43contre la Russie
01:11:43mais je crois que
01:11:44si on parlait de sanctions
01:11:45c'est un sujet important
01:11:46j'en viens à la deuxième partie
01:11:48de mon propos liminaire
01:11:49qui est celui
01:11:49de l'avenir des sanctions
01:11:51comme vous l'avez mentionné
01:11:53j'ai récemment publié un livre
01:11:54justement sur l'avenir des sanctions
01:11:56et l'idée générale
01:11:57de ce livre
01:11:57est que les sanctions
01:11:58c'est un petit peu
01:11:59comme les antibiotiques
01:12:00ce sont des outils cruciaux
01:12:02évidemment
01:12:02je crois que personne
01:12:03ne remettrait en cause
01:12:04l'importance des antibiotiques
01:12:05dans la médecine moderne
01:12:06mais si on les utilise trop
01:12:08à très long terme
01:12:09ces antibiotiques
01:12:10ou ces sanctions
01:12:11ont des effets secondaires
01:12:12et des résistances
01:12:14on voit aujourd'hui
01:12:16une volonté importante
01:12:17de la part
01:12:17de la plupart
01:12:18des pays émergents
01:12:19de développer
01:12:20leurs propres mécanismes
01:12:21financiers
01:12:22c'est à dire
01:12:22d'utiliser
01:12:24beaucoup moins
01:12:25les mécanismes financiers
01:12:26occidentaux
01:12:26et cela a du sens
01:12:27à la fois
01:12:28puisque ces pays émergents
01:12:30souhaitent disposer
01:12:31de leurs propres mécanismes
01:12:32mais également
01:12:32parce que
01:12:33éviter l'utilisation
01:12:34des mécanismes
01:12:35financiers
01:12:36occidentaux
01:12:37permet
01:12:37de se prémunir
01:12:39des sanctions
01:12:39ou de se vacciner
01:12:40contre les sanctions
01:12:41et on voit émerger
01:12:43trois tendances
01:12:44qui auront
01:12:44un impact important
01:12:45sur l'efficacité
01:12:46des sanctions
01:12:46à long terme
01:12:47la première tendance
01:12:48est évidemment
01:12:49celle de la dédollarisation
01:12:50alors je crois
01:12:51qu'il faut
01:12:52rester
01:12:54garder la tête froide
01:12:55sur ce sujet
01:12:55puisque le dollar
01:12:56reste la monnaie
01:12:58de référence
01:12:58dans le monde
01:12:59pour le commerce
01:12:59mais on voit
01:13:00qu'un certain nombre
01:13:01de pays
01:13:02par exemple la Chine
01:13:03mais aussi la Russie
01:13:05ont mené
01:13:05une politique
01:13:06de diversification
01:13:07de leurs réserves
01:13:08de change
01:13:08afin que ces réserves
01:13:09de change
01:13:10ne puissent pas
01:13:10être saisies
01:13:11par les pays occidentaux
01:13:12ou pas gelées
01:13:13par les pays occidentaux
01:13:14si elles sont
01:13:15libellées
01:13:15en dollars
01:13:16ou en euros
01:13:18la deuxième tendance
01:13:19c'est celle
01:13:20de l'établissement
01:13:21d'alternatives
01:13:22à SWIFT
01:13:22qu'est-ce que SWIFT ?
01:13:23SWIFT c'est un carnet
01:13:24d'adresses de banques
01:13:24il n'y a pas de flux financier
01:13:26qui transiterait par SWIFT
01:13:27qui est une coopérative
01:13:28en Belgique
01:13:28c'est un carnet d'adresses
01:13:30et on voit
01:13:30que la Chine
01:13:31notamment
01:13:31met en oeuvre
01:13:32une alternative
01:13:33à SWIFT
01:13:33qui s'appelle
01:13:34SIPS
01:13:34et qui connecte
01:13:36déjà plus de 1600
01:13:37banques à travers le monde
01:13:38dont toutes les banques
01:13:39européennes
01:13:39et la plupart des banques
01:13:40américaines
01:13:41et qu'est-ce que cela apporte
01:13:43SIPS
01:13:43et bien c'est un plan B
01:13:44si la Chine
01:13:45un jour
01:13:45venait à être déconnectée
01:13:47des mécanismes financiers
01:13:48occidentaux
01:13:49et enfin
01:13:50la troisième tendance
01:13:51c'est celle
01:13:52des monnaies digitales
01:13:53alors là aussi
01:13:53il y a beaucoup de discussions
01:13:55dans les médias
01:13:56mais on voit à nouveau
01:13:57que la Chine
01:13:58mène la danse
01:13:59avec son Iyuan
01:14:00qui permet
01:14:02à 300 millions
01:14:02de Chinois aujourd'hui
01:14:03de faire des transactions
01:14:04domestiques
01:14:05qui seraient totalement
01:14:06isolées des sanctions
01:14:07et l'autre atout
01:14:08de cette monnaie
01:14:09pour le pouvoir chinois
01:14:10c'est que évidemment
01:14:11cette monnaie permet
01:14:12de collecter des données
01:14:14sur la consommation
01:14:15et sur les habitudes
01:14:17des citoyens chinois
01:14:18aucun de ces instruments
01:14:20je crois que c'est important
01:14:21de le dire
01:14:21pris individuellement
01:14:23ne peut avoir d'impact
01:14:24sur l'efficacité
01:14:25des sanctions
01:14:25mais mis bout à bout
01:14:26ils auront très probablement
01:14:28une efficacité
01:14:29à long terme
01:14:30et ils pourraient
01:14:31graduellement
01:14:31diminuer
01:14:32l'efficacité
01:14:33des sanctions occidentales
01:14:34cela aura évidemment
01:14:35un impact important
01:14:37pour les pays occidentaux
01:14:38dont la France
01:14:39qui utilise les sanctions
01:14:40comme outils
01:14:40de politique étrangère
01:14:42et cela aura également
01:14:43des effets secondaires
01:14:44importants
01:14:44par exemple
01:14:45dans le domaine
01:14:45de la lutte
01:14:46contre le terrorisme
01:14:47puisque le suivi
01:14:50des flux financiers
01:14:51est un outil
01:14:53particulièrement important
01:14:54pour lutter
01:14:54contre le financement
01:14:55du terrorisme
01:14:56mais aussi
01:14:56le blanchiment d'argent
01:14:58sur la question
01:14:59de l'avenir des sanctions
01:15:00une idée
01:15:01avant que je termine
01:15:02et que je me penche
01:15:03sur la question
01:15:03des guerres commerciales
01:15:05je crois qu'on peut
01:15:06poser l'idée
01:15:07que les contrôles
01:15:08pardon
01:15:09les contrôles à l'exportation
01:15:10sur les technologies
01:15:11de pointe
01:15:11pourraient être
01:15:12les sanctions de demain
01:15:13et c'est aujourd'hui
01:15:14ce qu'on voit
01:15:15par exemple aux Etats-Unis
01:15:16on voit que les Etats-Unis
01:15:17utilisent de plus en plus
01:15:18les contrôles
01:15:19sur les exportations
01:15:20par exemple
01:15:21de semi-conducteurs
01:15:22vers la Chine
01:15:23pour mettre en oeuvre
01:15:24leur politique étrangère
01:15:25leur politique étrangère
01:15:26étant très focalisée
01:15:28sur le fait
01:15:29de ralentir
01:15:30les avancées économiques
01:15:31de la Chine
01:15:31et en fait
01:15:32cela a du sens
01:15:33si on pose deux hypothèses
01:15:35la première hypothèse
01:15:35étant que les sanctions financières
01:15:37pourraient devenir moins efficaces
01:15:38et la deuxième hypothèse
01:15:40étant que les affrontements
01:15:40de demain
01:15:41auront lieu
01:15:42dans le domaine
01:15:42des hautes technologies
01:15:44pour cette question
01:15:45je dirais qu'il y aura
01:15:46deux enjeux majeurs
01:15:47la première question
01:15:48ça va être
01:15:48quid de l'Union Européenne
01:15:50du Canada
01:15:51du Japon
01:15:51est-ce que nous nous alignons
01:15:53sur les Américains
01:15:54dans le domaine
01:15:54des contrôles
01:15:55sur les exportations
01:15:56dans quel domaine
01:15:57pourrait-on avoir
01:15:58une souveraineté technologique
01:15:59et également
01:16:00la deuxième question
01:16:01est celle de la réponse
01:16:02chinoise
01:16:03puisqu'on voit que
01:16:04le pouvoir chinois
01:16:05met aujourd'hui
01:16:05l'accent sur les dépenses
01:16:07de recherche
01:16:07et de développement
01:16:08pour rattraper son retard
01:16:09technologique
01:16:10vis-à-vis des Etats-Unis
01:16:11et mettre en oeuvre
01:16:12une politique
01:16:13d'autonomie technologique
01:16:14en plus de la politique
01:16:15d'autonomie financière
01:16:16que nous venons d'évoquer
01:16:18la troisième partie
01:16:19de mon propos liminaire
01:16:20portera sur
01:16:22l'avenir
01:16:23alors je n'ai pas envie
01:16:24de parler de sanctions
01:16:25mais plutôt des outils
01:16:26économiques coercitives
01:16:27et évidemment
01:16:28il paraît important ici
01:16:30de parler des guerres
01:16:31commerciales menées
01:16:32par le président américain
01:16:33Donald Trump
01:16:34et de l'utilisation
01:16:35d'outils économiques
01:16:36contre les alliés
01:16:37des Etats-Unis
01:16:38puisqu'on parle bien
01:16:39de quelque chose
01:16:39de totalement différent
01:16:40quand on parlait
01:16:41de sanctions
01:16:42contre la Russie
01:16:42la Russie est un adversaire
01:16:44aujourd'hui
01:16:44ce qu'on voit aujourd'hui
01:16:46du pouvoir américain
01:16:47c'est l'utilisation
01:16:48d'outils économiques
01:16:49contre leurs propres alliés
01:16:51alors à nouveau
01:16:53j'aime me poser
01:16:54la question des objectifs
01:16:55des politiques qui sont
01:16:56mises en oeuvre
01:16:57et évidemment
01:16:57avec Donald Trump
01:16:58c'est très difficile
01:16:59d'avoir une vision claire
01:17:01des objectifs
01:17:02de l'administration Trump
01:17:03dans le domaine commercial
01:17:04avec les tarifs douaniers
01:17:06qui sont mis en oeuvre
01:17:07on entend parfois parler
01:17:08de relocalisation
01:17:09d'entreprises
01:17:10d'une volonté
01:17:10de l'administration
01:17:11à Washington
01:17:12de voir les entreprises
01:17:13internationales
01:17:14relocaliser leurs chaînes
01:17:15de production
01:17:15sur le sol américain
01:17:17ce n'est pas ce qu'on voit
01:17:18dans les données aujourd'hui
01:17:19puisque les entreprises
01:17:20disent à peu près toutes
01:17:21que les incertitudes
01:17:22sont trop importantes
01:17:23et qu'investir aux Etats-Unis
01:17:25aujourd'hui
01:17:25ce n'est probablement pas
01:17:27une très bonne idée
01:17:27on voit aussi
01:17:29l'administration Trump
01:17:29parler des recettes fiscales
01:17:31qui seraient très importantes
01:17:32issues des tarifs douaniers
01:17:34sur une base nette
01:17:35les tarifs douaniers
01:17:36vont avoir un impact
01:17:36sur la croissance
01:17:37et probablement
01:17:39alimenter l'inflation
01:17:39et il faut donc
01:17:41relativiser cette idée
01:17:42des recettes fiscales
01:17:42qui par ailleurs
01:17:43ne permettront pas
01:17:44de réduire le déficit fiscal
01:17:45américain
01:17:45de façon sensible
01:17:47je crois que
01:17:48quand on parle des objectifs
01:17:49de Trump
01:17:49en matière
01:17:50de tarifs douaniers
01:17:51il y a en fait
01:17:52deux objectifs principaux
01:17:53le premier objectif
01:17:54de Trump
01:17:55c'est de réduire
01:17:55le déficit commercial
01:17:56c'est une obsession
01:17:57de l'administration américaine
01:17:58il va probablement échouer
01:18:00le déficit commercial américain
01:18:02augmente
01:18:02nous disposons des données
01:18:03sur l'année 2025
01:18:05jusqu'à fin octobre
01:18:06et à ce stade
01:18:07le déficit commercial américain
01:18:09augmente
01:18:10car les tarifs
01:18:11la théorie économique
01:18:12veut que les tarifs douaniers
01:18:14ne sont pas
01:18:14un outil
01:18:15qui permet de réduire
01:18:16un déficit commercial
01:18:16je pourrais revenir là-dessus
01:18:17dans les questions
01:18:20donc
01:18:20première idée
01:18:21réduire le déficit commercial
01:18:22ça va être très difficile
01:18:23et deuxième idée
01:18:25l'administration Trump
01:18:26utilise très probablement
01:18:27les tarifs douaniers
01:18:28comme outil de pression
01:18:29sur les alliés
01:18:30pour un alignement
01:18:31des politiques vis-à-vis
01:18:32par exemple de la Chine
01:18:33mais on l'a vu plus récemment
01:18:34pour faire pression
01:18:35par exemple
01:18:36sur la question du Groenland
01:18:38tout cela pose la question
01:18:39de la réponse européenne
01:18:40qui est évidemment
01:18:41très difficile
01:18:42à mettre en oeuvre
01:18:43je dirais qu'il y a
01:18:44un affrontement
01:18:45entre l'analyse économique
01:18:47froide
01:18:48et la réponse politique
01:18:50à apporter
01:18:50je suis économiste
01:18:51et vais donc
01:18:52m'en tenir
01:18:53à une analyse économique
01:18:54je dirais que pour les européens
01:18:56il y a trois réponses
01:18:57à apporter
01:18:57la première réponse
01:18:58c'est d'éviter
01:18:58d'augmenter les dégâts
01:18:59des tarifs douaniers
01:19:01comme vous l'avez noté
01:19:03les tarifs douaniers
01:19:04à ce stade
01:19:05ont plutôt un impact
01:19:06sur l'économie américaine
01:19:07pourquoi ?
01:19:08puisque les importateurs américains
01:19:10absorbent 96%
01:19:11de leurs coûts
01:19:12il y avait
01:19:13une inquiétude
01:19:14je crois
01:19:15dans l'Union européenne
01:19:17laissant penser
01:19:17que les exportateurs
01:19:19européens
01:19:19allaient absorber
01:19:20le coût des tarifs
01:19:21ce n'est pas le cas
01:19:22c'est bien
01:19:22les importateurs américains
01:19:23et donc les consommateurs
01:19:25américains
01:19:25qui absorbent 96%
01:19:26de ces coûts
01:19:27selon une étude
01:19:28publiée récemment
01:19:29par le Kiel Institute
01:19:29aux Etats-Unis
01:19:30et on voit également
01:19:31comme vous l'avez noté
01:19:32que les exportations
01:19:34européennes vers les Etats-Unis
01:19:35ont augmenté
01:19:35en 2025
01:19:36je crois donc
01:19:37que le scénario
01:19:38catastrophe
01:19:38ne s'est pas réalisé
01:19:40cela étant
01:19:41l'Union européenne
01:19:42aujourd'hui
01:19:42doit probablement
01:19:43diversifier
01:19:44ces débouchés
01:19:44pour moins dépendre
01:19:45du marché européen
01:19:46qui reste son premier marché
01:19:47à l'export
01:19:48on ne peut que se féliciter
01:19:50de la conclusion
01:19:51de l'accord
01:19:51entre l'Union européenne
01:19:52et les pays du Mercosur
01:19:54on voit aussi
01:19:55l'accord avec l'Inde
01:19:56il y a eu l'Indonésie
01:19:57récemment
01:19:57c'est probablement
01:19:58une politique
01:19:59à mettre en oeuvre
01:19:59pour moins dépendre
01:20:00du marché américain
01:20:01et enfin
01:20:02je crois que ce qui sera
01:20:03crucial pour les européens
01:20:05ce sera de conserver
01:20:05leur unité
01:20:06puisque l'administration
01:20:07Trump
01:20:08va probablement
01:20:09essayer de jouer
01:20:10des dissensions
01:20:11entre les partenaires
01:20:12européens
01:20:13pour avancer
01:20:14ses intérêts
01:20:15et enfin
01:20:16je conclurai
01:20:17sur l'idée
01:20:17que l'année 2025
01:20:20n'a été que
01:20:21l'introduction
01:20:21de 4 ans de Trump
01:20:22et je crois
01:20:23qu'au-delà
01:20:24des questions commerciales
01:20:25il nous faut
01:20:25nous préparer
01:20:26au futur front
01:20:26des guerres économiques
01:20:28que les Etats-Unis
01:20:29vont peut-être
01:20:30essayer de mener
01:20:30contre nous
01:20:31je mentionnerai ici
01:20:32la question
01:20:32des guerres des monnaies
01:20:33il y a des projets
01:20:34aux Etats-Unis
01:20:35d'essayer d'engendrer
01:20:36une dépréciation
01:20:37du dollar américain
01:20:38vis-à-vis de l'euro
01:20:39c'est-à-dire
01:20:40de provoquer
01:20:40une appréciation
01:20:41de l'euro
01:20:41face au dollar américain
01:20:42un tel scénario
01:20:44pourrait avoir lieu
01:20:45si les Etats-Unis
01:20:46parviennent
01:20:46à contraindre
01:20:47les investisseurs
01:20:48européens
01:20:48à vendre
01:20:49leurs actifs
01:20:50de bon du trésor
01:20:51les Etats-Unis
01:20:52pourraient par exemple
01:20:53faire une telle demande
01:20:53lors du sommet du G7
01:20:55ou lors du sommet du G20
01:20:56qui sera sous présidence
01:20:57américaine cette année
01:20:59ce serait un scénario
01:21:01catastrophe
01:21:02pour l'Union européenne
01:21:04d'une part
01:21:04puisque l'Union européenne
01:21:05peinerait à y répondre
01:21:06puisque les actifs
01:21:07européens
01:21:08de bon du trésor
01:21:08américain
01:21:09sont fragmentés
01:21:10entre des centaines
01:21:11peut-être des milliers
01:21:12d'investisseurs
01:21:12notamment privés
01:21:13et également
01:21:14une appréciation
01:21:15de l'euro
01:21:16aurait un impact
01:21:16probablement
01:21:17plus important
01:21:18que les tarifs
01:21:19américains
01:21:19sur la compétitivité
01:21:21des exportateurs
01:21:22européens
01:21:22je m'en tiens là
01:21:24merci beaucoup
01:21:27merci madame
01:21:27on a une demande
01:21:29de questions
01:21:29je vous invite
01:21:30à vous inscrire
01:21:31vers Marc
01:21:31si vous souhaitez
01:21:32poser des questions
01:21:33à Clim et Lully
01:21:35oui
01:21:35merci président
01:21:36alors dans le prolongement
01:21:38de ce que vous avez
01:21:39soulevé
01:21:39vous avez parlé
01:21:40effectivement
01:21:40des sanctions
01:21:41contre la récide
01:21:42effectivement
01:21:43de l'importance
01:21:45de ce sujet
01:21:46vous avez parlé
01:21:47vous en avez parlé
01:21:48dans un livre
01:21:49vous avez effectivement
01:21:50parlé d'antibiotiques
01:21:51et justement
01:21:51des effets secondaires
01:21:52donc moi ma question
01:21:53elle va dans ce prolongement
01:21:55c'est derrière
01:21:55les sanctions économiques
01:21:56qui sont devenues
01:21:57effectivement
01:21:57comme vous dites
01:21:58un outil central
01:21:58de la géopolitique
01:21:59contemporaine
01:22:00donc à la lumière
01:22:02de votre expertise
01:22:03comment évaluer
01:22:04leur efficacité réelle
01:22:05notamment face
01:22:06à des puissances
01:22:06comme la Russie
01:22:07ou la Chine
01:22:08et quels risques
01:22:08ces instruments
01:22:09font-ils peser
01:22:10sur la stabilité
01:22:11de l'économie mondiale
01:22:12et sur les intérêts
01:22:13européens
01:22:23la question de l'efficacité
01:22:25des sanctions
01:22:25est très difficile
01:22:27à évaluer
01:22:28je crois que
01:22:29ce qui est intéressant
01:22:31c'est peut-être
01:22:31de se pencher
01:22:32sur une étude de cas
01:22:33je vais revenir
01:22:33à la question
01:22:34des sanctions
01:22:34contre la Russie
01:22:36le premier défi
01:22:37qui se pose
01:22:38quand on veut évaluer
01:22:39l'efficacité
01:22:39des sanctions
01:22:40contre la Russie
01:22:40c'est qu'on n'a pas accès
01:22:41à ce qui se serait
01:22:44passé sans les sanctions
01:22:45c'est-à-dire
01:22:46le coût de l'inaction
01:22:47ça c'est incantifiable
01:22:49puisque nous n'avons pas
01:22:50de boule de cristal
01:22:51pour savoir
01:22:51ce que Poutine aurait fait
01:22:52en l'absence de sanctions
01:22:55contre la Russie
01:22:56et la question se pose
01:22:57également en 2014
01:22:58si l'Union Européenne
01:22:59n'avait pas imposé
01:23:00de sanctions
01:23:00contre la Russie
01:23:01est-ce que Poutine
01:23:02à l'époque
01:23:02aurait essayé
01:23:04de grignoter
01:23:05encore plus
01:23:05du territoire ukrainien
01:23:07Vous venez de l'entendre
01:23:08l'économiste
01:23:09Agathe Demarret
01:23:10s'interroge
01:23:11sur la fin du libéralisme
01:23:12avec le retour
01:23:13des droits de douane
01:23:14aux frontières
01:23:15pour plus d'informations
01:23:16sur les auditions
01:23:17que vous venez de suivre
01:23:19rendez-vous
01:23:19sur notre site
01:23:21publicsénat.fr
01:23:22et puis on se retrouve
01:23:23très vite
01:23:23pour suivre ensemble
01:23:24d'autres auditions
01:23:25très belle journée
01:23:26sur les chaînes parlementaires
01:23:30Sous-titrage Société Radio-Canada
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