00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:06Il est 7h12, c'est à la une.
00:08La tension ne retombe pas vraiment chez les agriculteurs, notamment en Occitanie.
00:12Nous sommes avec Vincent Labarte qui est agriculteur et vice-président de la région Occitanie en charge de l'agriculture.
00:19Bonjour Vincent Labarte.
00:21Bonjour.
00:21Bon, vous avez entendu hier les annonces du gouvernement d'Annie Gennevard qui est venue hier matin sur Sud Radio
00:30pour annoncer la mise en place d'un comité avec des représentants vétérinaires, d'agriculteurs, etc.
00:37Il faut que ça se mette en place, une vaccination un peu étendue, mais pas d'abattage toujours évidemment très sélectif.
00:45Avec Carole Delga, vous travaillez aussi sur les aides, sur ce dossier.
00:49Pour l'instant, ça ne fonctionne pas vraiment.
00:52Les agriculteurs restent mobilisés encore, Vincent Labarte, ce matin.
00:58Oui, tout à fait.
00:58La mobilisation est forte en Occitanie, mais également ailleurs.
01:03Et il faut impérativement trouver une réponse à apporter à ces agriculteurs qui sont plutôt dans le désarroi
01:08et qui condamnent plutôt la gestion finalement de la crise telle qu'elle a été menée,
01:13et notamment suite aux événements qui ont eu lieu à Nariège.
01:16Oui, c'est ça. Comment faire ? Comment avancer, Vincent Labarte ?
01:21Vous, vous êtes dans les deux camps, c'est-à-dire d'un point de vue politique et agriculteur.
01:27Donc vous connaissez aussi le dossier, bien sûr.
01:30Oui, tout à fait, je connais le dossier.
01:32Et puis j'ai une particularité aussi, c'est que malheureusement, sur mon exploitation,
01:35j'ai vécu deux abattages totales, parce que le premier avait été malmené.
01:40On nous avait conseillé de garder quelques animaux qui finalement ont contaminé trois ans plus tard
01:45les animaux que nous avions rachetés.
01:47Ça, c'était quand ça ? C'était quand Vincent Labarte ?
01:50C'était beaucoup plus tôt, c'était quelques années avant que je m'installe, dans les années 85.
01:56Et malheureusement, je sais exactement de quoi je parle.
01:58Donc c'est vraiment un sujet qu'il faut prendre à bras le corps,
02:01et il faut impérativement trouver le bon protocole.
02:04Il semble que le bon protocole aujourd'hui soit l'abattage,
02:07mais moi je ne peux pas me résigner à pratiquer l'abattage
02:11sans être certain que d'autres voies existent.
02:13Et c'est justement ce qu'a demandé la présidente de région,
02:17qui encore une fois a démontré sa capacité d'action et d'écoute,
02:21et a convaincu la ministre pour qu'on puisse mettre en place cette cellule de dialogue
02:24autour de ces questions d'évaluation du protocole qui avait été proposé
02:30à la fois par les éleveurs, les syndicats et les chambres d'agriculture de la région.
02:33Ça va se mettre en place quand alors ?
02:35Parce qu'on a du mal à voir, elle a dit que ça va se faire prochainement,
02:39mais quand cette semaine, la semaine prochaine, dans quelques semaines ?
02:43Alors clairement, je fais partie de ce comité,
02:46et nous avons notre première réunion ce soir à 18h15,
02:48avec à la fois les experts d'un côté, et puis les représentants de la région.
02:53Pour ma part, je suis le seul, entre guillemets, politique,
02:56et les autres sont plutôt des représentants de la profession.
02:58De la profession des agriculteurs qui peuvent être concernés également.
03:04Venant aussi de syndicats, de la coordination rurale,
03:07de la confédération paysanne, de la FNSEA ?
03:10Alors, ils viennent du GDS, des chambres d'agriculture,
03:14et chacun représente bien sûr sa coloration, mais moi je n'ai pas à juger de ça.
03:18Oui, bien sûr. Qu'est-ce qui pourrait être mis en place ?
03:22Parce que, ce que vous avez dit, vous aviez accepté l'abattage total de votre troupeau,
03:29ça ne satisfait pas évidemment tout le monde, on comprend.
03:33Bien sûr, ce n'est pas des bêtes d'élevage,
03:35c'est un troupeau bien souvent de vaches qu'on a sélectionné pendant des années,
03:39donc c'est autre chose.
03:40Oui, on est d'accord, bien que malheureusement,
03:44en élevage, c'est toujours compliqué d'avoir des sentiments,
03:47parce qu'évidemment, il faut aussi raison économique.
03:52Non, mais moi, ce que j'ai vécu, je veux que personne ne le revive.
03:54Donc, il faut impérativement que le protocole réponde clairement
03:58à la définition qui a été faite par les scientifiques,
04:01et surtout, réponde sur le terrain aux besoins.
04:04Donc, pour éviter que ça recommence,
04:05parce que moi, je peux vous assurer,
04:06la deuxième fois que vous abattez,
04:08les banques que vous ne suivez pas,
04:09les voisins vous regardent mal, etc., etc.
04:11Donc, c'est vraiment très compliqué.
04:12Donc, pour ce faire, il faut qu'on analyse le protocole
04:14qui était sérieux, qui a été proposé
04:16par les chambres d'agriculture et les représentants syndicaux.
04:20Il y a peut-être une voie de ce côté-là,
04:22il y a peut-être des choses à inventer
04:23qui nous permettraient effectivement d'éviter
04:26systématiquement l'abattage total.
04:28Peut-être, dans certains cas, il sera nécessaire,
04:30mais chaque fois que nous pouvons l'éviter,
04:32nous devons l'éviter.
04:33Oui, voilà.
04:34Et bon, vous allez discuter de ça ce soir,
04:38c'est ce que vous avez dit,
04:38avec cette première réunion.
04:41Quel message, là, vous faites passer
04:42à vos collègues agriculteurs
04:45qui sont mobilisés sur beaucoup de barrages ?
04:48Il y a environ 60-70 points.
04:51Alors, évidemment, ça bouge un petit peu partout en France
04:53et surtout beaucoup en Occitanie et dans le Sud-Ouest.
04:56Oui, évidemment, nous sommes une terre de confrontation,
05:00une terre de rugby et nous réagissons peut-être
05:01un peu plus vite que les autres.
05:03Mais il faut aussi que ça soit analysé de la bonne manière
05:05parce qu'en Occitanie, vous savez,
05:07on a d'abord beaucoup d'agriculteurs.
05:09L'élevage, il se trouve sur les zones défavorisées
05:11ou les zones de montagne.
05:12On a malheureusement aussi des plus petits revenus français.
05:14Donc, ce n'est pas pour rien si ces sujets démarrent ici.
05:17Et en plus, nous avons aussi les effets
05:18du réchauffement climatique qui, d'ailleurs,
05:20sur l'aspect sanitaire, doivent avoir une influence.
05:23Puisqu'on a été les premiers à prendre l'influenza aviaire,
05:26la MHE, la FCO, maintenant la DNC.
05:28Donc, il faut s'interroger aussi par rapport à ça.
05:30Ce que je voudrais dire à mes collègues agriculteurs,
05:32c'est la mobilisation, je la comprends.
05:36Mais pour autant, il faut aussi prendre un pas de recul
05:38et regarder et analyser les choses
05:40comme elles doivent être analysées.
05:42Cette crise cristallise.
05:44Il faut véritablement qu'on trouve la solution.
05:46Il faut qu'on fasse tout pour mesurer.
05:49Et le cas échéant, je l'espère en tous les cas,
05:51pour pouvoir éviter l'abattage.
05:54Mais vous savez aussi qu'il y a derrière
05:55le sujet des Mercosours,
05:56qui est quand même un sujet très préoccupant
05:59pour notre agriculture française.
06:00Voilà, absolument.
06:01On va en parler, bien sûr, d'ici la fin de la semaine,
06:04encore avec des discussions.
06:06Et puis là, on a vu hier,
06:08il y a eu un effort de fait
06:09pour qu'il y ait certaines mesures imposées
06:13dans les accords.
06:14Mais est-ce qu'ils seront signés ?
06:16La France fait de la résistance
06:18avec quelques autres pays.
06:19Merci Vincent Labarte, agriculteur,
06:21vice-président de la région Occitanie,
06:22en charge de l'agriculture,
06:23d'avoir été en direct avec nous ce matin
06:25sur Sud Radio.
06:26Je rappelle donc que ce soir,
06:27vous allez participer à cette première réunion
06:30avec des représentants, des experts, etc.
06:33et des agriculteurs,
06:34pour réfléchir effectivement
06:35autour des meilleurs protocoles
06:36qu'il faut mettre en place
06:37contre la dermatose.
06:39Sous-titrage Société Radio-Canada
06:41Sous-titrage Société Radio-Canada
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