00:00Certes, c'est vraiment ce qu'on appelle un homo soviéticus,
00:03parce qu'il a fait toute sa carrière d'abord au sein du KGB.
00:08Donc, bien sûr qu'il est rompu à ce qu'était l'idéologie soviétique,
00:14mais je ne pense pas qu'il aime beaucoup le communisme.
00:16Et sur le fond, ces modèles sont sans aucun doute plutôt les tsars d'avant 1917,
00:22des gens comme Nicolas Ier, etc., qui étaient des grands autocrates,
00:25qui avaient une importance à l'échelle de l'Europe de l'époque,
00:29et qui avaient un discours messianique, très souvent religieux aussi.
00:35Et même si on ne sait pas du tout s'il est croyant,
00:38il y a quand même une dimension, une utilisation de l'Église orthodoxe
00:42dans sa manière de relancer l'idée du monde russe, etc.
00:46Donc, on est dans une vieille histoire.
00:49Ça ne veut pas du tout dire que l'Union soviétique n'est pas dans son logiciel.
00:53D'autant qu'il a aussi pas mal joué sur cet anti-impérialisme de l'époque soviétique,
00:59pour faire de l'impérialisme sans enfer,
01:02ou en tout cas en le maquillant sous un jour qui plaît, par exemple, dans les pays du Sud.
01:12Donc, cette idée d'un anti-impérialisme contre l'Occident,
01:16et notamment contre les États-Unis,
01:17avec cette idée qu'on est contre l'OTAN et que l'OTAN nous menace,
01:21tout ça, bien évidemment, que c'est ancré dans la période soviétique.
01:25Donc, il fait la synthèse un peu, il bricole entre différentes idées.
01:32Évidemment, il y a une nostalgie pour la Grande-Russie,
01:33pour ces hommes forts qui ont été les empereurs russes,
01:37et bien sûr les dirigeants soviétiques.
01:38Mais ce qu'il anime profondément, c'est surtout une volonté de revanche.
01:43C'est la revanche pour se venger de la chute de l'Union soviétique,
01:47de cette espèce d'affront que tous les Russes ont,
01:49en tout cas dans la tête de Vladimir Poutine, subi en 1991.
01:54Et c'est ça qu'il anime profondément.
01:56On le disait tout à l'heure, il a quand même fait toute sa carrière au KGB,
02:00il était à Dresde au moment où le mur de Berlin s'effondre,
02:04et il le vit comme un drame personnel.
02:05Et donc c'est quelque chose qui l'anime profondément.
02:07Et donc est-ce que c'est, comment dire, une fascination pour la grandeur passée,
02:12ou l'envie de dire, je vais pouvoir retrouver cette grandeur
02:16et je vais pouvoir nous venger tous, moi et bien sûr tout le peuple russe.
02:19Il y a un petit peu ces deux éléments à mon avis.
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