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  • il y a 14 heures
Un an après son retour à la Maison Blanche, quel est le bilan de Donald Trump ? A-t-il raison de qualifier la situation économique de son pays de succès retentissant ? Les chiffres et les faits vont-ils dans le même sens ? Réponses avec notre invité spécial, Florence Pisani, cheffe économiste chez Candriam.
Le rejet de la politique de Donald Trump est très fort en ce qui concerne l'inflation... Des Américains qui souffrent de plus en plus de la vie chère, même quand ils gagnent bien leur vie. Reportage en Californie.
Et puis le gros moteur de l'économie américaine ce sont les investissements dans l'IA. Ce qui contribue de plus en plus à la croissance. Reportage dans un Data center d'Irvine en Californie Année de Production :

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00:00Générique
00:05Générique
00:10...
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00:25Bonjour
00:29nouveau numéro de Pourvixel
00:30!
00:30L'émission qui rend l'éco responsable sur Public Sénat.
00:33Aujourd'hui, on s'intéresse au bilan économique de Donovan.
00:35Un an après son retour à la Maison-Blanche.
00:37Alors si le président américain qualifie la situation...
00:40De situation économique et de succès retentissant, les chiffres et les faits vont-ils pour autant dans le même sens ?
00:45Les américains ont-ils raison ou tort de juger négativement sa politique économique ?
00:50Réponse avec notre invitée spéciale Florence Pizani, chef économiste chez Candriam.
00:54Bonjour.
00:55Et merci d'être avec nous sur Public Sénat.
00:57Aujourd'hui, question assez simple, est-ce que l'économie américaine...
01:00se porte mieux ou moins bien qu'il y a 12 mois, au moment où Donald Trump...
01:05revenait dans le bureau Oval ?
01:07Alors, il faut faire un tout petit retour en arrière, je crois qu'il faut rappeler...
01:10qu'avant son arrivée dans le bureau Oval, les fondations de l'économie américaine...
01:15étaient relativement solides, c'est une économie qui créait 170 000 emplois par mois...
01:20L'inflation était un peu élevée, mais elle était en train de décélérer, et donc les bases étaient relativement solides.
01:25On a aujourd'hui une économie qui continue à tourner, les chiffres de croissance restent...
01:30relativement bons, mais on commence à voir des...
01:35brèches, ou en tout cas des fondations, qui commencent à être un peu ébranlées, il y a un arrêt...
01:40des créations d'emplois, il faut rappeler que...
01:42On est passé de 170 000 en 2024...
01:45à 50 000 en 2025 en moyenne par mois, donc divisé par 3, c'est un gros freinage.
01:50moins de 50 000, il y a quasiment plus, en fait, d'offres d'emplois.
01:55Il y a un arrêt des recrutements, mais il n'y a pas de licenciement.
01:58Donc ça fait peu au total de créations d'emplois.
02:00mais c'est quand même un gros coup de frein, et sans l'américain, les américains, l'euro...
02:05Deuxième élément, l'inflation, elle était sur une tendance de décélération, elle a...
02:10arrêté de décélérer.
02:11Et les droits de douane, c'est en train de recréer un peu d'inflation.
02:15Les salaires qui avaient fortement progressé sont plutôt en train de décélérer.
02:20Et puis il y a toute une catégorie d'américains, et on y reviendra sûrement, qui ont...
02:25pas mal, hein, de vents contraires, il y a une hausse des...
02:30pour un certain nombre d'américains, des coûts de la santé, hein, qui est en train d'arriver...
02:35en janvier, il y a un certain nombre d'américains qui font partie des américains à bas revenus, qui ont...
02:40des bons alimentaires qui ont été coupés, hein, il y a une baisse des... des bons alimentaires, donc c'est vraiment...
02:45de la survie pour un certain nombre de ménages, on a un taux de chômage pour les noirs...
02:50américains qui est monté, le taux de chômage est un peu monté, mais le taux de chômage de certaines catégories...
02:55en particulier celui des noirs américains et des jeunes noirs américains, est fortement monté, hein.
03:00un point et demi de hausse, on est passé de 6 à 7,5%, et donc tout ça...
03:05c'est quand même des fondations qui ont quand même été un peu choquées, malgré un chiffre de croissance...
03:10le chiffre de croissance, pardon, mais il est hallucinant, autour de 3,5 à 4% en rythme...
03:15annuel, à la fois au deuxième et au troisième trimestre, et on parle de la quatrième trimestre qui serait...
03:19on n'a pas encore les chiffres...
03:20aussi très très fort, excellent performance...
03:22on met ça à son crédit, à Donald Trump ou pas ?
03:25alors, il faut faire attention, parce que le chiffre du premier trimestre, il avait été négatif, et donc...
03:30il y a eu beaucoup d'importations en début d'année, beaucoup moins en fin d'année, puisque les entreprises ont...
03:35puiser sur leur stock pour répondre à la demande, et ça, ça fait des chiffres un peu chaotiques...
03:40qui ont été très mauvais, plutôt mauvais, en tout début d'année, et qui sont...
03:45meilleures en fin d'année.
03:46Après, beaucoup d'experts nous avaient prédit le pire moment où Trump a imposé cette droite droite...
03:50au reste du monde, finalement, on voit bien, l'économie américaine ne s'est pas contractée, et l'inflation...
03:55n'est pas hors de portée, hors de contrôle.
03:58Complètement, complètement d'accord...
04:00Beaucoup de gens attendaient une récession, vous avez annoncé une récession.
04:03Nous, on n'y croyait pas. D'abord, il y a de l'inertie...
04:05On avait une économie qui était relativement solide. Ensuite, il faut s'améliorer...
04:10La hausse des droits de douane, elle met du temps à se produire. Il y a une partie qui a été...
04:15absorbée par les entreprises, et une partie qui a été reportée sur les ménages. Donc tout n'est pas porté...
04:20par les ménages. Et puis il faut se rappeler du gros mouvement de stock de début d'année. Les entreprises ont un peu...
04:25importées, se sont dépêchées d'importer avant la hausse des droits de douane. Et là, elles déstockent.
04:30Et donc, il va y avoir un deuxième temps où les entreprises vont se poser la question...
04:35de remonter leurs prix, soit d'écraser leurs marges pour essayer de continuer à écouler...
04:40leurs produits. Donc on n'a pas vu encore complètement les effets des droits de douane sur le consommateur américain.
04:45Mi-décembre, le président américain a vanté la télévision. Les résultats de sa politique économique...
04:50il faut dire que c'est nécessaire parce que sa cote de confiance s'est dangereusement affaissée en matière d'économie.
04:55Pour Ipsos Reuters, 58% des américains désapprouvent son action en matière...
05:00d'économie. C'est un niveau d'impopularité qui est inédit dans ce domaine.
05:05dans le domaine économique pour Donald Trump, qui s'est fait élire notamment là-dessus.
05:08Oui, c'est...
05:10C'est un niveau d'impopularité qui est tel qui commence à annoncer énormément de mesures.
05:15pour essayer de soutenir le pouvoir d'achat. On est rentré sur les trois dernières semaines dans un concours...
05:20pour les PIN où on annonce des mesures pour l'accessibilité au logement.
05:25des mesures éventuellement pour redonner du pouvoir d'achat aux ménages. On a parlé...
05:30d'un chèque de 2000 dollars. On a parlé d'interdire des achats.
05:35par les investisseurs institutionnelles d'immobilier pour faciliter l'accès au logement aux plus jeunes.
05:40On a parlé de faire acheter des prêts hypothécaires, des mortgages...
05:45des titres hypothécaires par Fannie Mae, Freddie Mac pour faire baisser le niveau des taux.
05:49Donc on...
05:50On est aujourd'hui...
05:51Ce sont des promesses ou...
05:52Beaucoup...
05:53Beaucoup sont des promesses.
05:54Europe...
05:55Il y aura quelques réalisations.
05:56C'est une année d'élections aussi aux Etats-Unis.
05:59C'est une année électorale.
06:00C'est une année dans laquelle il est obligé, il va essayer de regagner en particulier le vote populaire.
06:05Parce que dans la baisse du soutien des ménages, il est en train de perdre le vote.
06:10Votre populaire.
06:11Et il en a besoin pour continuer à gagner les élections.
06:14Soit...
06:1568% des Américains jugent que l'économie américaine se porte mal.
06:18Sondage mené par l'université...
06:20de Chicago pour l'agence Associates Press.
06:22Ils ont...
06:23Tant ou raison, les Américains, d'être...
06:25mécontent de sa politique économique.
06:26Bon, ça dépend si on est classe moyenne, classe supérieure...
06:29Exactement.
06:30C'est une partie qui a assez raison d'être assez mécontent.
06:33Il y avait des créations d'emplois, il n'y en a plus.
06:35Donc si vous êtes un jeune, vous avez du mal à vous insérer sur le marché du travail.
06:40Il y avait un pouvoir d'achat qui, finalement, se portait bien.
06:45Il est en train, le pouvoir d'achat, d'arrêter de progresser.
06:48Parce qu'il y a des hausses de droits de douane.
06:50Parce qu'il y a moins de transferts vis-à-vis de toute une catégorie de ménages.
06:53Donc pour beaucoup d'Américains...
06:55La situation, leur situation financière s'est détériorée.
06:58Et on le voit, on le voit sur un certain...
07:00d'indicateurs.
07:01On commence à voir des taux de défauts sur des prêts hypothécaires aux ménages.
07:05les plus fragiles.
07:06Sur des prêts automobiles, pardon, aux ménages les plus fragiles.
07:09On voit des saisies d'automobiles.
07:10On a des taux d'intérêt sur le crédit à la consommation.
07:14Il veut placer...
07:15Il a dit qu'il voulait plafonner Donald Trump sur les cartes de crédit, les taux...
07:20Aujourd'hui, le taux d'intérêt monte jusqu'à 20, 30, 40%.
07:22C'est énorme.
07:23Aux Etats-Unis, il veut les plafonner...
07:25À 10% pendant un an.
07:26À 10%.
07:27On est au moins...
07:28En moyenne, on est à plus de 20% aujourd'hui.
07:30Ils veulent les placer...
07:30À juste titre.
07:31Il faut passer devant le Congrès.
07:33Et le paradoxe, c'est que maintenant...
07:35Il va s'appuyer sur les démocrates, puisque c'est des propositions qui avaient été faites par des sénateurs.
07:40Et des membres du Congrès démocrate qui, depuis des années, appellent...
07:45Un plafonnement des taux d'intérêt sur le crédit à la consommation.
07:48Le rejet de la politique de Trump est...
07:50Très fort en ce qui concerne l'inflation des Américains qui souffrent de plus en plus de la vie chère, même quand ils gagnent.
07:55Bien leur vie.
07:56Reportage en Californie, signé Manuel Aigre.
08:00L'inflation est aujourd'hui la première source de mécontentement aux États-Unis.
08:04Si la croissance...
08:05La croissance résiste, la hausse des prix continue de peser sur le quotidien de nombreux ménages.
08:10Selon plusieurs études, 9 Américains sur 10 auraient changé leur façon de croire.
08:15La Californie, c'est le rêve américain.
08:20De San Francisco à la Silicon Valley, en passant par les plages mythiques.
08:25et ses villas à plusieurs millions de dollars.
08:28La réussite semble partout.
08:30à portée de main.
08:31Mais depuis quelques années, pour beaucoup, ce rêve coûte de...
08:35de plus en plus cher.
08:38Arrivé aux États-Unis il y a 15 ans...
08:40Sabrina élève seule ses trois enfants.
08:43J'ai vu des choses changer.
08:45Au niveau des prix, surtout après le Covid.
08:48Des produits alimentaires...
08:50Des produits de tous les jours.
08:52Juste pour donner une idée.
08:55Est-ce que je pouvais acheter avec 500 dollars pour...
08:59pour la famille en...
09:00En un mois, pour un budget alimentaire,
09:02ça a augmenté à 1000 dollars.
09:05À Orange County, avant la pandémie, un revenu de 90 000 dollars par an...
09:10suffisait à une famille de 4 personnes pour appartenir à la classe moyenne.
09:14Aujourd'hui...
09:15pour conserver le même niveau de vie, il faut au moins 135 000 dollars.
09:20Pour s'en sortir, Sabrina ne compte plus ses heures.
09:24On cumule...
09:25plusieurs boulots.
09:26Donc moi, je travaille dans le droit à plein temps.
09:28Mais à côté de ça...
09:30J'ai développé ma propre compagnie.
09:32Puisqu'ici, c'est très facile, en fait, d'être auto-entreprise.
09:35Je fais du service traiteur, pâtisserie particulièrement.
09:40pour la cuisine française.
09:41Avec l'inflation, les ménages modestes et les classes moyennes...
09:45consacrent désormais l'essentiel de leur budget à des dépenses incompressibles.
09:49Se nourrissent...
09:50se déplacer...
09:51se loger...
09:52pour tenir...
09:53beaucoup se tournent vers les magasins...
09:55discount.
09:56Vous voyez, le parking est rempli.
09:58En un an, ces enseignes bombarde...
10:00les marchés ont gagné 8,5% de clients.
10:03Et dans le même temps...
10:05La bourse progresse.
10:06Et l'immobilier de luxe ne connaît pas la crise.
10:09Les écarts sont...
10:10extrêmement importants, oui, effectivement.
10:12C'est très commun de retrouver cette disparition.
10:15dans la sécurité sociale, dans un même parking, dans un même quartier.
10:20Ce supermarché est réputé pour ses prix bas.
10:23Les promotions sont omniprésentes.
10:25les étiquettes attirent l'oeil.
10:27Selon Sabrina, pour rester compétitif...
10:30il y a une explication.
10:31Ce qui est particulier, c'est qu'on n'a pas forcément des rayons extra...
10:35bien présenté.
10:36On va dire les fruits et légumes sont un peu à l'arrache.
10:40Il n'y a pas forcément un grand service à la clientèle.
10:43Tout est un peu...
10:45Il faut toujours bien regarder ses fruits et légumes.
10:48Alors, dans les autres boutiques...
10:50on peut trouver une botte de persil à 1,99$.
10:53Là, on en a trois pour...
10:55trois pour un.
10:56Il faut connaître un peu ses produits, il faut connaître...
11:00les différents magasins.
11:01Et puis, avec le temps, on devient un peu un expert.
11:04Pour...
11:05beaucoup d'Américains, la vie devient plus chère.
11:08Dans ce contexte déjà tendu...
11:10les droits de douane ont accentué la pression sur le pouvoir d'achat.
11:14Pour les produits...
11:15n'importe où on est dans le rayon de la confiture ici,
11:18il me semblait que le pot de...
11:20la confiture était aux environs de 5 dollars.
11:23Aujourd'hui, vous avez à...
11:257,99$, c'est une grosse différence.
11:28Un calcul...
11:30permanent, une adaptation quotidienne dans une Amérique où l'économie tient.
11:35mais où tout le monde n'avance plus au même rythme.
11:41Florence Pisani, on vient de le voir dans le reportage,
11:44la vie courante...
11:45est de plus en plus chère aux États-Unis,
11:47même quand on gagne bien sa vie.
11:49Oui, alors...
11:50tout n'est pas Donald Trump.
11:51Il faut mettre les choses en perspective.
11:53Pendant la pandémie, on a des prix...
11:55qui sont fortement montés.
11:57Je vous donne un exemple depuis 2020.
12:00on a par exemple les prix de la viande,
12:03qui sont montés de presque 50%.
12:05Le prix du café est monté de 50%.
12:07Mais ce que constatent les Américains,
12:09c'est que la première...
12:10remesse qui avait été faite par Donald Trump,
12:11que ces prix allaient rebaisser,
12:13il ne la tient pas.
12:14C'est-à-dire que les niveaux...
12:15des prix continuent de monter,
12:17en particulier sur des produits
12:19qui sont relativement visibles.
12:20Donald Trump qui demande aux Américains
12:21de lui laisser un petit peu de temps,
12:22lui accorder du temps,
12:23plus de temps,
12:24pour faire chuter les prix.
12:25Oui.
12:26On ne voit pas bien
12:27comment il va faire chuter les prix.
12:29Alors, une fois que l'effet des droits...
12:30de la douane sera passée,
12:31effectivement,
12:32on aura des hausses de prix
12:33qui seront plus modérées.
12:35Je pense que pendant encore
12:36un petit moment,
12:37on va voir des prix.
12:39C'est difficile.
12:40de voir les prix rebaisser.
12:41Ils ne vont pas rebaisser.
12:42Ils vont peut-être monter
12:43un peu moins vite dans un an.
12:44Oui.
12:45l'inflation qui reste élevée,
12:46mais la consommation américaine,
12:47des Américains,
12:48reste dynamique.
12:49Il n'y a pas une contradiction.
12:50Alors, elle est très tirée
12:52par la consommation des ménages
12:53les plus aisés.
12:54C'est ça, en fait.
12:55Quand vous regardez...
12:55Si vous regardez les ventes de voitures,
12:57il y a plus de la moitié.
13:00des ventes de voitures
13:02qui tiennent aux ménages
13:03qui gagnent plus de 150 000 dollars.
13:05En 2019,
13:06dans les ventes de voitures,
13:07ces ménages représentaient
13:08le tiers des achats de voitures.
13:10Donc, il y a une augmentation
13:12dans la consommation,
13:13dans la dynamique de consommation.
13:15de la part de la consommation
13:16des ménages les plus aisés.
13:17Donc, une économie américaine
13:18qui tourne de plus en plus
13:19à deux vitesses.
13:20avec des Américains qui sont aisés,
13:22qui ont profité peut-être
13:23de la hausse de Wall Street,
13:24des marchés.
13:25financiers,
13:26des baisses d'impôts de Trump aussi.
13:28Et l'autre côté,
13:29des moins aisés qui...
13:30qui supportent les droits de douane
13:31et qui savent la ceinture.
13:32C'est une économie qu'on appelle en cas,
13:33c'est ça ?
13:34Avec...
13:35Oui.
13:35Alors, à deux vitesses
13:36pour plusieurs raisons.
13:37Et c'est la même chose, en fait,
13:38pour la dynamique de l'investissement.
13:40Si vous regardez l'investissement
13:41aux Etats-Unis,
13:42on voit beaucoup d'investissements
13:43dans l'intelligence artificielle.
13:45Et dans le reste de l'économie,
13:46il n'y a pas de progression
13:47de l'investissement.
13:48Donc, là aussi,
13:49elle est à deux vitesses mais...
13:50elle est à deux vitesses aussi,
13:51sur la consommation.
13:52Et ce qui est inquiétant,
13:54c'est le ralentissement.
13:55la dynamique de création d'emplois.
13:57Et c'est ça qui donne
13:58une fondation un peu plus fragile.
14:00à cette dynamique de croissance,
14:02c'est que si demain,
14:04la bourse...
14:05a tendance à progresser moins vite,
14:07voir si elle se mettait à baisser,
14:08le risque, à ce moment-là,
14:09ce serait de...
14:10voire des licenciements
14:12et donc des destructions d'emplois,
14:13cette fois-ci, ce matin.
14:15avec une situation,
14:16encore une fois,
14:17des classes populaires américaines
14:18qui se dégradent.
14:19Qui se dégradent avec,
14:20en plus...
14:20un certain nombre d'entraves.
14:22Si vous regardez les prêts étudiants,
14:24les remboursements...
14:25qui ont été suspendus sous Joe Biden,
14:26ils reprennent.
14:27Et dans la loi,
14:28il y a des saisies sur le salaire.
14:30Donc, les étudiants qui n'ont pas remboursé leurs prêts
14:32vont voir leur salaire saisi.
14:35on commence à voir des défauts
14:36sur les prêts automobiles des ménages.
14:40qui gagnent le moins des ménages.
14:42Donc, ça crate, ça commence à...
14:43Il y a des signes de tension financière.
14:45pour les ménages.
14:46Et c'est là les signes de difficultés.
14:48Et c'est là aussi que Donald Trump...
14:50perd,
14:51dans le vote populaire,
14:52perd des voix.
14:54Il a...
14:55perdu aussi beaucoup auprès des électeurs noirs américains.
14:58Si vous regardez,
14:59il y a, je crois...
15:00une baisse de popularité.
15:02Il perd 60 points dans certaines catégories,
15:04auprès de certains...
15:05certaines catégories de ménages.
15:06Il a promis Donald Trump,
15:07on l'a dit,
15:08un chèque de 2000 dollars
15:09à tous les américains.
15:10sauf les gens à haut revenu,
15:12je le cite.
15:13C'est une façon de répondre,
15:14évidemment, aux électeurs.
15:15pas contents par l'évolution de leur pouvoir d'achat.
15:17Il y a des élections de mi-mandat qui arrivent.
15:19Est-ce que ce chèque verra le jour ?
15:20Comment il est financé ?
15:21Alors, d'abord,
15:22ça coûterait très cher,
15:23sa mesure de donner un...
15:25un chèque de 2000 dollars.
15:26Même si on exclut les très hauts revenus,
15:28ça dépend où on fixe la barre.
15:30Si on met tous les américains,
15:31ça coûte 600 milliards.
15:32Donc, si on met la moitié des américains,
15:34c'est quand même trois...
15:35300 milliards.
15:36Aujourd'hui...
15:37Ce que rapportent les droits de douane,
15:38aujourd'hui,
15:39300 milliards sur un an ?
15:40En rythme annuel.
15:41Sur un an.
15:42C'est-à-dire, il faudrait qu'ils continuent
15:44à collecter des droits de douane.
15:45à ce rythme-là.
15:46Et ça permettrait de le financer.
15:48Mais ça dégraderait l'équilibre budget.
15:50Parce qu'il faut rappeler qu'il a voté
15:52une grande et belle loi budgétaire
15:54dans laquelle...
15:55Elle s'appelle.
15:56C'est comme ça qu'elle s'appelle.
15:57C'est comme ça qu'il l'appelle.
15:58Certains sont mauvaise langue et disent...
16:00Elle ne peut pas être grande et belle à la fois.
16:02Ce qui n'est pas complètement faux.
16:03Donc, c'est une grosse loi budgétaire.
16:05Et dedans, il y a effectivement...
16:07Sur dix ans, il y a 3000 millions.
16:10Plus de 300 milliards par an
16:12de recettes liées aux droits de douane
16:14qui permettent...
16:15de maintenir le déficit public à six points de PIB.
16:18Si on enlève ces recettes...
16:19Ce qui est déjà énorme.
16:20Parce que nous, en France, à 5%,
16:21on se dit qu'on est trop endettés,
16:23qu'il y a trop de déficits.
16:24Eux, ils sont à 6.
16:25pendant dix ans.
16:26Donc, il n'y a pas du tout de trajectoire de rééquilibrage
16:29pendant les dix prochaines années.
16:30Personne ne vient les embêter.
16:31Et pour l'instant, ils ne sont pas embêtés.
16:34Et donc, si vous enlevez...
16:35les droits de douane,
16:36vous détériorez l'équilibre assez.
16:37Donc, si vous commencez à les redistribuer...
16:40vous avez un autre problème
16:42qui est celui de l'équilibre budgétaire.
16:43Dit autrement, il a fait...
16:45beaucoup de promesses.
16:46Et il y avait les 3-3 de Bessent,
16:493% de croissance.
16:503% de déficit budgétaire
16:52et 3 millions de barils par jour.
16:54Il peut...
16:55ne pas tenir toutes ces promesses en même temps.
16:57On le disait, le gros moteur de l'économie américaine...
17:00ce sont les investissements dans l'intelligence artificielle
17:02qui contribuent de plus en plus à la croissance.
17:05sans ce reportage.
17:06Toujours en Californie avec Manuel Lecq.
17:07Regardez.
17:08500 milliards de dollars.
17:10C'est l'investissement annoncé par les Etats-Unis
17:12pour accélérer le développement de l'intelligence artificielle.
17:15Mais ce n'est qu'une partie de l'argent engagé.
17:18Car derrière les fonds publics...
17:20les acteurs privés ont lancé une véritable course.
17:22Objectif, prendre de l'avance sur la Chine.
17:25et sur l'Europe.
17:29Direction...
17:30Irvine, en Californie.
17:32Après des semaines de négociations,
17:34nous avons obtenu une...
17:35Une autorisation rare.
17:36Filmer à l'intérieur d'un bâtiment ultra-sécurisé.
17:39Un data center.
17:40Sur des centaines de mètres,
17:42des milliers de serveurs tournent jour et nuit.
17:44C'est ici...
17:45que se concentre une partie de la puissance de calcul
17:48qui fait fonctionner l'intelligence artificielle.
17:50américaine.
17:51We're just starting the AI revolution.
17:53The US is making heavy investments.
17:55in data centers and in AI.
17:58And I will hope that that investment...
18:00pays off and we are a leader in AI in the future.
18:03Because it's about efficiency.
18:05You can get things done much faster with AI.
18:08With fewer human interventions.
18:10in June.
18:11And oftentimes fewer errors
18:12when it comes to data processing and things.
18:14Prendre...
18:15l'avance sur le reste du monde.
18:17Automatiser toujours davantage.
18:19Mais aussi...
18:20Consommer toujours plus d'électricité à 60% fossiles.
18:24Selon certains experts...
18:25d'ici 2030, près de 7% de toute l'électricité consommée aux Etats-Unis.
18:30pourrait être dédié au data center.
18:34Why...
18:35does AI need so much of it?
18:37It's because of the compute.
18:38So AI uses much more...
18:40to compute in terms of processing power...
18:43to do the tasks that...
18:45that it is required to do.
18:46Um...
18:47and it's constantly reaching out to the internet...
18:49reading...
18:50information...
18:51analyze information...
18:52and to make that possible...
18:53it needs elevated power.
18:54They...
18:55require...
18:56additional...
18:57electricity...
18:58cooling...
18:59and also...
19:00connectivity.
19:01Derrière cette puissance de calcul...
19:03une contrainte majeure...
19:04la chaleur...
19:05ici...
19:06une dizaine de climatiseurs comme celui-ci...
19:08fonctionnent jour et nuit.
19:09S'ils...
19:10s'arrêtent...
19:11la température grimpe en quelques minutes...
19:13jusqu'à atteindre 70 degrés.
19:15les serveurs surchauffent...
19:16et tout s'arrête.
19:18Est-ce que vous pensez que le développement...
19:20des data centers...
19:21peut faire grimper le prix de l'électricité...
19:23pour les américains ?
19:24Aïe...
19:25oui, je crois que c'est...
19:26je crois que c'est...
19:27parce que...
19:28en tout cas...
19:29la demande pour...
19:30de l'électricité...
19:31d'automne...
19:32l'électricité...
19:33d' tracteur...
19:34de l'électricité...
19:35de l'électricité...
19:36de l'électricité...
19:37du-
19:35Aux Etats-Unis,
19:40la révolution de l'intelligence artificielle
19:42ne fait que commencer.
19:45Pour obtenir cette promesse, encore faudra-t-il pouvoir l'alimenter.
19:50On voit l'engouement, Florence Pisani.
19:55Pour l'intelligence artificielle, pour les centres de données,
19:57les data centers, avec des investissements.
20:00On a vu un reportage qui sont colossaux, gigantesques,
20:03à l'échelle macro, quand on regarde les chiffres, c'est 500.
20:05milliards pour l'an dernier,
20:07annoncés par les grandes entreprises de la tech américaine.
20:10Etats, Alphabet, Microsoft, Amazon, et j'en oublie.
20:13Et tout ça croit de 25%.
20:15Est-ce que ça commence à se voir
20:17et à avoir un impact macroéconomique
20:19sur l'activité au stade de l'entreprise ?
20:20Alors, ça a un impact macroéconomique,
20:22il est beaucoup plus faible que les chiffres que vous citez.
20:25quand on regarde la construction de centres de données,
20:28c'est aujourd'hui à peu près...
20:3050 milliards par an.
20:32Et ces chiffres-là, c'est ce qui a été donné
20:33par les grands acteurs.
20:35Ils annoncent 500,
20:36mais il y a beaucoup dedans,
20:37il faut faire attention,
20:38eux, ils annoncent le coût de...
20:40leurs investissements,
20:41mais leurs investissements,
20:42ça peut être des ordinateurs,
20:43des achats...
20:45semi-conducteurs qui sont parfois
20:46des produits intermédiaires
20:48pour la comptabilité nationale
20:48parce que c'est importé.
20:50Donc on voit par exemple
20:51une explosion de l'investissement en ordinateurs.
20:55en logiciels,
20:56il y en a une partie qui est importée,
20:57qui est produite par le reste du monde.
21:00Il faut juste faire un tout petit peu attention
21:01quand vous regardez ce qu'apporte
21:03l'intelligence...
21:05artificielle à la croissance,
21:06c'est...
21:0720%.
21:07Les économistes de la COFAS
21:08estiment que ces investissements...
21:10dans l'IA,
21:10c'est 20% de la croissance américaine
21:12aujourd'hui.
21:13C'est pas mal déjà.
21:14Oui, c'est déjà...
21:15On n'a pas ça en France.
21:16On a des taux de croissance
21:17dans ces secteurs-là
21:18qui sont de 30...
21:2040-50%,
21:21donc ça croît très vite,
21:22mais c'est relativement petit.
21:24Et il faut...
21:25Il faut rappeler que de l'autre côté,
21:27Donald Trump a quand même arrêté
21:28tout l'investissement.
21:30dans le vert
21:30qui avait été promu par Joe Biden.
21:33Donc, il y avait avant lui...
21:35des constructions de murs d'usines
21:36aux Etats-Unis.
21:37C'est ce qu'avait fait Joe Biden.
21:38Il essayait de réindustrialiser...
21:40les Etats-Unis
21:40et il avait fait des programmes
21:42pour construire des usines
21:43à la fois de semi-conclus
21:45conducteurs,
21:45mais aussi de batteries
21:46pour des véhicules électriques.
21:48Et tout ça, par contre,
21:49c'est en train de...
21:50s'arrêter.
21:50Et quand vous regardez
21:51le programme d'investissement
21:53de construction de murs d'usines,
21:54c'était...
21:55plus de 100 milliards.
21:56C'était 120 milliards
21:57de dollars supplémentaires
21:59qui avaient...
22:00qui avaient été investis.
22:00Si vous regardez
22:01les centres de données,
22:02aujourd'hui,
22:03c'est 50 milliards.
22:05Donc, en rythme annuel,
22:06on n'est pas sur les mêmes masses.
22:07Mais oui,
22:08l'investissement artificiel...
22:09l'investissement...
22:10en intelligence artificielle,
22:11c'est un gros moteur
22:12de cette croissance
22:13aujourd'hui aux Etats-Unis.
22:15Après ces investissements
22:16dans l'IA,
22:17dans l'intelligence artificielle,
22:19bizarrement,
22:19ça stimule...
22:20peu le marché du travail
22:21et peu la consommation.
22:22Pourquoi ?
22:23Parce que finalement,
22:24il n'y a pas besoin de...
22:25C'est des investissements
22:26très productifs.
22:27C'est des investissements...
22:28D'abord, c'est des investissements...
22:28Il faut les bâtir,
22:29il faut les construire.
22:30Il faut les construire,
22:31mais ça emploie relativement
22:32peu de personnes.
22:33Une fois que ça tourne ?
22:33Une fois que ça tourne,
22:34on a les...
22:35les centres de données,
22:35les ordinateurs...
22:36Et vous avez besoin
22:37de quelques techniciens
22:38pour vérifier que tout tourne.
22:40Mais ça emploie relativement
22:41peu de main-d'oeuvre.
22:42C'est là aussi que l'idée de...
22:45déindustrialiser massivement
22:46et surtout créer
22:46des millions d'emplois,
22:48il va avoir du mal
22:49à tenir ça.
22:50ça promet sur la création
22:51de millions d'emplois manufacturiers.
22:52Au final, on est en droit
22:53de douter de la solidité de...
22:55des communes américaines.
22:56Parce que c'est vrai que c'est...
22:57pas bizarre,
22:57mais c'est contradictoire
22:58d'avoir une si forte croissance.
23:00avec un marché du travail
23:01on en parlait tout à l'heure
23:02mais un marché du travail
23:04qui est en perte de vitesse.
23:05C'est difficile d'avoir
23:06une grille de lecture claire.
23:09On peut comprendre.
23:10pourquoi il est en perte de vitesse.
23:11Un, parce que c'est une économie
23:12qui est relativement productive
23:13et on voit des gains de productivité.
23:15Est-ce qu'on ne sait pas
23:15si ces gains de productivité
23:17sont durables
23:18ou cycliques ?
23:20que les entreprises
23:20sont dans une position d'attente.
23:22Elles n'ont pas de visibilité
23:23sur les droits de douane.
23:25Elles ne savent pas demain
23:26si on ne va pas monter
23:27d'autres droits de douane
23:28ou en baisser d'autres.
23:30C'est quand même de l'incertitude
23:31qui conduit les entreprises
23:32à être naturellement prudentes.
23:34Et puis un deuxième élément
23:35pendant la pandémie
23:36on a beaucoup recruté
23:37et là les entreprises
23:38digèrent aussi un peu.
23:40Il n'a pour le coup
23:41rien à voir avec Trump.
23:42Et pour le coup
23:43rien à voir avec Trump
23:44et rien à voir avec Trump.
23:45rien à voir non plus forcément
23:46avec les gains liés
23:47à l'intelligence artificielle.
23:49Ceux-là on les apprend.
23:50s'ils arrivent demain
23:52il y aura un vrai problème.
23:55à voir comment employer
23:56les gens qui perdent leur emploi.
23:58La seule certitude
23:58c'est que la croissance américaine
24:00et l'activité là-bas
24:00repose de plus en plus
24:01sur une base étroite
24:02des consommateurs
24:03qui sont riches
24:04et l'intelligence
24:05artificielle.
24:06C'est ça aujourd'hui
24:06la réalité.
24:07La réalité de cette économie
24:08c'est que c'est une base étroite.
24:10C'est quand même
24:11une économie qui tourne.
24:12On est en campagne électorale
24:13vous l'avez dit tout à l'heure.
24:15En tout cas on commence
24:15la campagne électorale
24:17et je pense que Donald Trump
24:18va essayer.
24:20de tenir cette économie
24:21au moins jusqu'à la fin
24:23des mid-term.
24:24Avec plus de pragmatisme.
24:25Avec du pragmatisme
24:27il en a toujours eu
24:27parce que rappelez-vous
24:28que dans la grande
24:29et belle loi budgétaire
24:30il y a toute une partie
24:31de coupes budgétaires
24:31pour les plus pauvres
24:32qui sont reportées
24:34à jour.
24:35juste après
24:35les élections présidentielles
24:37et il y a toute une partie
24:38de mesures de baisse d'impôt.
24:40qui ont été promises
24:40pendant quatre ans
24:41la durée de son mandat présidentiel.
24:43Donc il y a toujours eu
24:44un peu de pragmatisme.
24:45dans sa politique.
24:46Le bilan au final
24:47un an après son arrivée
24:48son retour à la Maison Blanche.
24:50qu'est-ce qui l'emporte ?
24:52Une économie plus duale
24:53une croissance qui tient
24:54mais une économie plus duale
24:55qui est quand même
24:55de plus en plus duale
24:57et dont la solidité repose.
25:00sur la croissance
25:01de la consommation
25:02d'une petite fraction
25:03des ménages américains.
25:04Donc
25:05fragile.
25:05Et donc fragile.
25:06Merci pour cet entretien.
25:08Merci à vous Florence Pizani
25:09chef économiste.
25:10chez Kandriam.
25:11Merci.
25:11Merci.
25:12Voilà c'est la fin de pourvu
25:13que cette dure l'émission
25:13qui rend les co-responsables.
25:15tournée depuis le bivouac
25:16de L'Oréal France.
25:17Pourvu que ça dure
25:18c'est aussi du replay
25:19sur Public Safety.
25:20Sénat.fr
25:20A très vite.
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